Les Sept Souffrance d’Ali ibn AbiTalib
 

- Les SeptSouffrance

d’Ali ibn AbiTalib

après la mort

du Prophète deDieu

Patience et soumission

devant la mort

du Prophète de Dieu

(l’an 11 de l’hégire)

Pour commencer, je dois dire qu’excepter avec le Messager de Dieu, je n’ai jamais été proche et intime avec aucun autre homme…

Il représentait pour moi, ce havre de paix, de confiance et de sérénité. Seule vers lui pouvais-je me tourner, et m’approcher spirituellement avoir une intimité mentale.

Cela pour diverses raisons…

Car dans mon enfance, il me garait toujours à ses côtés. Il prenait soin des membres de ma famille, et faisait disparaître ma tristesse et ma solitude. Il m’avait aussi libéré de toute préoccupation pour la subsistance ma famille et moi, et quand je devenais pauvre, et que j’avais les mains vides, c’était lui et lui seul, qui pourvoyait toujours, non seulement à ses besoins personnels, mais aussi aux besoins de mes enfants.

Bien entendu, ces exemples sont uniquement des exemples limités et brefs, et représentent mes affaires terrestres dans ce bas monde, quand en vérité, plus que tout cela, il fit tout son effort pour me guider à atteindre les hauts degrés de la transcendance morale et spirituelle, pour que je puisse prendre pleinement connaissance et conscience du Dieu Omnipotent…

Par conséquent, il est parfaitement évident qu’après la disparition du Messager de Dieu, quel terrible malheur descendit sur ma personne et m’empoigna tout entier corps et âme…

Un malheur dont même les montagnes les plus solides, et les plus constantes, ne pouvaient supporter…

En ce temps-là, je voyais certains membres de ma famille qui ne pouvaient supporter cette tragédie, car ils ne pouvaient prendre patience devant ce fait terrible qui nous était survenus…

Ce décès, avait déversé la coupe de leur patience et endurance, et ils étaient sans cesse agités, de sorte qu’ils n’avaient plus aucune envie d’écouter à quoique ce soit, ou de proférer quoique ce soit.

Certes, certains des membres d’Abdoul Moutalib, invitaient les membres de ma famille à la patience, mais eux aussi les accompagnaient dans leurs larmes, leurs pleurs, et leurs lamentations qui n’en finissaient pas…

Dans tout cela, moi seul je prenais patience, et avait choisi le silence, comme mon seul refuge…

Pendant ce temps triste, j’exécutais ce que le Messager de Dieu m’avait ordonné pour ses funérailles.

De sorte que ce fut moi qui le préparai pour son ultime lieu de repos, je lui fis ses ultimes ablutions, et lui mis son suaire mortuaire, et m’acquittai de la prière de la mort pour son illustre personne, jusqu’à ce que je l’enterrasse…

Ensuite je ne mis plus mon « Aba » [manteau Arabe], que pour m’acquitter de la prière, et cela, jusqu’à ce que je puisse finalement rassembler par ordre chronologique le Livre de Dieu [le Sain Coran], et que je m’acquitte de tous les engagements que cette sainte personne m’avait enjoint d’exécuter [après sa mort].

Sache, que rien de ces faits, ne m’a empêché de faire mon vrai travail. Ni les pleurs, ni les larmes qui coulaient le long des joues, ni les soupirs qui me brûlaient le cœur, ni les tristesses de l’âme, ni la grandeur impensable de cette affreuse tragédie…

Et malgré tout cela, je m’acquittai de tous les devoirs obligatoires qui se trouvaient dans le Droit Divin, et celui de Son Prophète, et je terminai ma mission.

Et sachez que je faisais tout cela, pendant que je prenais refuge dans la patience, et que je mettais tout cela au compte de Dieu, et que je supportais passivement…

N’était-ce point ainsi ?

Et tous de répondre : « Si, c’était bel et bien ainsi, ô commandant des croyants. »

L’homme eut des larmes aux jeux, et il soupira douloureusement pour n’avoir pas eu l’honneur et le privilège de rencontrer le Prophète de Dieu, au temps où il était encore de ce monde…

La Formation de Saghifeyeh Bani Saad

(L’an 11 de l’hégire)

Le Messager de Dieu, non seulement durant toute sa vie, ait présenté comme son successeur, mais aussi dans divers évènements avait répété cela, et insisté sue ce point. Finalement pour l’ultime fois, devant une multitude de Musulmans, il me nomma « commandant des croyants » [il m’accorda le tire du « commandant »] et demanda à tous ceux qui étaient présents en ce jour, de me prêter serment d’allégeance, pour m’obéir et me suivre. Il demanda à ceux qui se trouvaient ce jour-là en ce lieu, de mettre au courant tous ceux qui avaient été absents, et qui n’avaient pas été présents à cet évènement important.[1]

Les gens savaient cela, et se souvenaient parfaitement bien qu’au temps du Prophète de Dieu, c’était moi qui faisais parvenir ses commandements aux autres, et que je délivrais ses messages, ou bien pendant les expéditions et les voyages, c’était moi le commandant en chef de son armée.

Par conséquent, c’était plus qu’improbable que des gens voulussent s’opposer contre moi, pour cela ou pour d’autres prétextes.

Malgré cela, le Messager de Dieu décide pendant sa maladie- qui se termina avec sa mort- d’envoyer une armée de Médine à Rome, et dont le commandant en chef n’était autre qu’Ossamah ibn Zeyd.

Le Messager de Dieu, afin de rassembler cette armée, ne divisa ni ne sépara point les hommes des tribus d’Aoss, de Khaz’raj et d’autres encore. Il leur ordonna à tous, de se préparer pour cette expédition, surtout parce que ces hommes me voyaient d’un œil rancunier et plein d’inimité. Car j’avais tué, soit leurs pères, soit leurs frères, soit leurs fils, ou même leurs proches parents durant les guerres passées.

Il envoya aussi des hommes qui appartenaient au groupe des Mohagérin [immigrés], ou des Ansars ou de simples Musulmans et tous ceux qui s’étaient rapprochés les uns aux autres, pour embrasser l’Islam, comme leur religion définitive ; mais il y avait aussi des Monafiqin [conspirateurs et ennemis cachés de l’Islam] parmi ces hommes ; cependant le Prophète de Dieu désirait que tous, eussent un rôle dans cette expédition militaire.

Ils voulaient que le cœur de tous qui restaient auprès de son lit de mort, fût pacifique et cordial, et que personne ne dit la moindre parole blessante devant lui, pour produire involontairement un désagrément parmi les hommes présents, eût la moindre pensée de s’opposer à moi pour ma welayat, ou pour faire une objection à cette décision, ou bien pour désobéir à son commandement, après sa mort…

Le prophète de Dieu avait tant insisté pour le rassemblement de cette armée, et que tous devaient suivre Ossamah, et il avait donné un ordre tellement catégorique et sans discussion aux hommes, que personne n’eut le courage de s’opposer à ce commandement inexorable.

Malgré tout cela, après le trépas du Prophète de Dieu, tous les généraux et tous les commandants qui se trouvaient sous l’ordre d’Ossamah ibn Zeyd, lâchèrent leurs postes de commandements, et refusèrent ouvertement d’obéir aux ordres formels que le Messager de Dieu avait donnés avant sa mort. Ils ignorèrent Ossamah, et ne se virent plus en devoir de se soumettre à ses décisions, et au lieu de le suivre dans sa mission, ils le délaissèrent parmi ses soldats…

Tout cela était dû au fait qu’ils voulaient retourner au plus vite à Médine, pour piétiner et ignorer le serment d’allégeance qu’ils avaient prêté au Prophète de Dieu selon le Commandement Divin. Ils voulaient tous, sans exception, renier la promesse et le pacte qu’ils avaient conclus avec l’Envoyé de Dieu, concernant ma Welayat…

Par conséquent, ils se réunirent tous dans un lieu qui se nommait Sahifah Bani Saad, et firent un rassemblement là.

Ils profitèrent de cette occasion, pour briser leur serment d’allégeance envers moi, et sans se donner la peine de prendre en conseil, les enfants et les descendants d’Abdoul motaleb, ou de demander leurs opinions, ou bien même sans me demander de les libérer de leur serment, ils prêtèrent de nouveaux serments d’allégeance les uns avec les autres, et conspirèrent contre ma personne.

Moi, durant toute cette période, j’étais en deuil de mon bien-aimé Prophète, et tout occupé à faire les préparations pour ses funérailles et son enterrement.

Car en vérité, ce devoir moral envers le Messager de Dieu, avait une importance primordiale et encore plus grande pour moi que d’autres choses, et les autres choses ne m’intéressaient point, jusqu’à me faire oublier mon premier devoir.

Mais sache, ô frère juif, qu’après la disparition du Prophète de Dieu, et dont personne ne pouvait plus remplir sa place vide dans son cœur, désormais en deuil et plein de tristesse, cette conspiration m’apparut comme un grand coup douloureux, et cela créa une souffrance terrible dans mon cœur …

Mais je pris quand même patience, et devant cet évènement inattendu, et dont je ne m’y attendais pas du tout, ne perdis jamais mon endurance ou ma patience…

N’était-ce point ainsi… ?

Et tous de répondre : « Si, c’était bel et bien ainsi, ô commandant des croyants. »

L’homme avec des larmes aux jeux, soupira douloureusement, car il suffoquait d’impatience et de colère contre tous ceux qui avaient eu la haine d’Ali dans leur cœur, et qui avaient semé les grains de la mésentente et de la conspiration dans les cœurs des ignorants, pendant que dans son cœur, il sentait uniquement la croissance de son amour pur et son estime infini envers le commandant des croyants…

L’Usurpation du calife

(L’an 11 à 35 de l’hégire)

Celui qui, après la disparition du Prophète de Dieu se redressa pour obtenir le califat [et il n’était autre qu’Aboukacar], à chaque occasion qu’il me voyait, et proprement pour l’injustice qu’il m’avait fait, s’excusait confusément, et blâmait toujours son ami [Omar] pour avoir usurpé mon droit, et pour avoir brisé son serment d’allégeance envers ma personne. Et à chaque fois, il me demandait pardon, et suppliait pour que je l’absolve.

D’un autre côté, je me disais qu’avec le passage du temps, son époque à lui atteindrait aussi sa fin, et que j’obtiendrais tôt ou tard, le droit légitime qui m’était dû.

Ce même droit que Dieu Omnipotent avait décidé et établi pour moi.

En plus, je ne voulais créer aucun désaccord, aucun problème dans les affaires de l’Islam, qui était une religion toute jeune et toute nouvelle ; et je ne voulais pour rien au monde, me redresser et combattre certaines personnes pour obtenir justice, et ce qui était mon droit légitime. Je ne voulais chercher l’approbation ou la désapprobation de personne, car je devinais qu’en fin de compte, il y aurait toutes sortes de désagréments et d’oppositions ouvertement proférées contre moi.

Entre temps, parmi les fidèles compagnons du Prophète de Dieu, c'est-à-dire ceux qui pour moi, représentaient la bienveillance et l’amitié, et qui adoraient sincèrement Dieu et Son Messager, et qui croyaient fermement et profondément à Son Livre [Le Coran] et à l’Islam, il existait certains qui venaient me voir, n cachette ou ouvertement, et qui m’invitaient à demander justice, et de reprendre le droit qui m’appartenait certainement.

Ils étaient prêts à sacrifier leur vie pour ma cause, et restaient fidèles et loyaux envers le serment qu’ils m’avaient prêté. Mais je les invitais toujours à la douceur et à la patience. J’espérais ainsi, qu’avec l’Aide Divine, nous pourrions reprendre mon droit usurpé, sans qu’il eût des guerres et des carnages…

D’un autre côté, après la disparition du Messager de Dieu, beaucoup de personnes ont eu des doutes quant à la légitimité de mon droit, et en plus, tombèrent dans la trappe de la convoitise, et furent tentés d’obtenir pour eux-mêmes le califat. Ainsi, chaque tribu voulait que le commandement sur les autres croyants, fût obtenu pour l’un des leurs.

Bien entendu, pendant que chacun pensait à soi, ils étaient unanimement d’accord sur un point unique : et c’était le fait de retirer et d’éloigner le califat, de mes mains, et de se l’approprier injustement, en piétinant le Droit Divin.

Par conséquent, lorsque le premier [Abou bakr] mourut, son ami le plus proche, Omar, prit le pouvoir entre ses mains.

Mais lui aussi agit ainsi en toute injustice, et de nouveau, le droit qui m’appartenait par Ordre Divin, fut usurpé, et on commit l’injustice contre ma personne.

De nouveau les compagnons intimes du Messager de Dieu vinrent me voir. Que ce soit ceux qui étaient encore en vie et qui moururent sous peu à leur tour, ou bien ceux qui sont encore en vie.

Ce groupe fidèle et loyal, me fit la même proposition qu’il avait déjà faite, pendant le Califat d’Abou Bakar.

Mais je ne voulus rien entendre, et décidai comme toujours, de prendre patience, et je remis ainsi mes affaires, entre les mains de Dieu.

De même, je craignais que tous ces hommes qui avaient été unifiés et rassemblés de par le commandement de notre Vénérable Messager, soit par la force de l’épée, soit par la douceur des paroles, soit par des menaces, ou bien par la clémence et la chevalerie que le Prophète avait montrées à leur égard, s’éparpillassent…

Seul moi, parmi tous ceux qui avaient connu l’Envoyé de Dieu, je sais combien le Messager de Dieu s’était efforcé, et avait souffert terriblement pour rapprocher le cœur de ces hommes, les uns aux autres, en toute douceur, gentillesse et patience… !

Il avait toujours fait son impossible pour remplir le ventre affamé de ces hommes, et avait pourvu à leurs besoins quotidiens, et leur avait donné une place pour s’établir, pour qu’ils pussent la nommer comme leur vraie maison…

Pendant que nous, de la famille du Prophète de Dieu, nous avions toujours constituées des feuilles des palmiers, et notre repas journalier, n’était autre des dattes.

Nous ne possédions aucun tapis, aucune couverture pour nous protéger, et souvent nos vêtements étaient utilisés par les différents membres de notre famille.

Et combien de nuits, nous passâmes les heures nocturnes avec un ventre affamé, et la faim dévorante qui nous empoignait et nous déchirait le corps… !

Parfois il arrivait qu’après des guerres, Dieu nous faisait bénéficier de certains butins, qui nous étaient spécialement destinés, et que d’autres n’en avaient point droit. Mais le Messager de Dieu, tout en sachant parfaitement notre situation tragique et terrible, et tout en sachant la pauvreté dans laquelle nous nous débattions, offrait ces butins aux autres, pour que les cœurs de ces hommes se tournassent encore plus vers l’Islam.

Par conséquent, après avoir été un témoin oculaire de tout ce que le Prophète de Dieu avait fait pour ces hommes, et toutes les souffrances qu’il avait dues supporter pour leur compte, et tout en sachant très bien que j’étais le plus approprié pour être au courant de ces faits, el était dans mon devoir, de ne point laisser arriver aucune désunification de leur part. Il m’incombait de ne pas les guider vers un point, où il n’y aurait plus aucun retour en arrière. Il m’incombait de préserver intacts et unis, ces groupes d’hommes.

En même temps, si je voulais commencer à demander de l’aide, pour obtenir mon droit usurper, j’étais sûr et certain qu’il y aurait des hommes qui se relèveraient pour venir à mes cotés, et prendre mon parti, et défendre ma cause…

Ainsi, il y aurait des guerres, et il n’y avait que deux solutions :

Ou bien nombre d’hommes seraient tués, ou bien ceux qui ne voulaient point m’aider, et ne voulaient en aucun cas m’obéir et se soumettre à ma volonté, deviendraient indubitablement des athées…

Et comme Dieu Omnipotent avait annoncé que ma position par rapport au Prophète de Dieu, était comme la position d’Aaron, par rapport à Moise, et qu’il était plus que probable que le Tourment que Dieu avait envoyé au peuple de Moise- Pour avoir désobéi aux ordres d’Aaron- pouvait de nouveau descendre à tout instant sur ce peuple aussi, alors je me vis obligé de boire la coupe de la tristesse, et de garder prisonnières, mes respirations suffoquées, et d’endurer tout cela, en prenant encore et toujours patience… Et de laisser Dieu faire ce qu’Il avait décidé dans Sa Providence.

Ainsi, je croyais fermement que par cette patience, il me serait accordé sûrement une récompense encore plus grande ; de même, Dieu pouvait pardonner et montrer Sa Clémence envers ce peuple, dont je viens de vous le décrire.

Et sache que « Le Commandement de Dieu, est un décret inéluctable »[2]

O^ frère juif ! Si je ne m’étais pas comporté en homme patient, et que j’avais fait tout mon possible pour reprendre mon droit usurpé, sans doute ma supériorité et mon mérite auraient été découverts, car les compagnons du Messager de Dieu, que ce soit ceux qui ne sont plus parmi nous, ou bien ceux qui sont ici présents, ils savent tous que mon argument et ma preuve sont encore plus clairs et plus solides, et que les membres de ma famille étaient tous, illustres et éminents !

En plus, j’ai des supériorités et des accomplissements brillants qui datent d’un lointain passé, et en plus, à cause de ma parenté avec le Messager de Dieu, et puis ma supériorité dans la succession, et aussi le fait d’avoir été son exécuteur testamentaire, je suis supérieur et le plus adapté à tous les autres hommes de ma connaissance.

Et à part cela, le Messager de Dieu avait fait son testament or, le jour de rassemblement à Ghadir khom, et ce qu’il avait prononcé pour ma personne.

Sache que personne ne devait s’opposer à cela, et à cause du serment qu’ils m’avaient prêté, seul moi je pouvais succéder à Mohammad [que Dieu accorde la gloire et la paix, à lui et à sa sainte famille], et personne d’autre, à part moi !

En effet…quand le Messager de Dieu s’envola au Ciel, la Wélayat [la direction] du peuple Musulman résidait dans son pouvoir et chez lui, et cela ne se trouvait point dans les mains d’autres hommes, où chez d’autres personnes !

Seuls les membres de la famille du Prophète- que Dieu avait éloigné tout mal de leurs personnes à pouvoir occuper la position du Califat.

En fait, ils étaient les plus appropriés pour cette responsabilité.

N’était-ce point ainsi… ?

Et tous de répondre : « Si, c’était bel et bien ainsi, ô commandant de croyants »

L’homme qui avait des larmes aux yeux, n’en pouvant plus, laissa couler ses pleurs, le long de ses joues…

Le conseil de six pour califat

(L’an 24 de l’hégire)

Celui qui, injustement, prit le pouvoir entre ses mains après Abou Bakar, me demandait toujours conseil en toutes choses, et cherchait sans exception mon avis sur tous les problèmes difficiles de l’état.

Ni moi, ni aucun de mes compagnons, nous ne nous rappelons pas qu’il ait jamais pris conseil d’un autre homme, à part moi. C’est pour cela qu’après la mort d’Abou Bakar, je pensais que le Droit Divin me serait rendu finalement, et que cela se réaliserait enfin…

Par conséquent, quand il mourut soudainement lui aussi, et qu’apparemment il n’eut point le temps nécessaire durant son califat, de choisir un successeur pour lui, j’étais certain qu’on me donnera justice, et que l’aurait avec beaucoup de tranquillité, et comme je le désirais. C'est-à-dire sans guerre ni violence.

Je pensais que Dieu Omnipotent mettrait devant mon chemin ce qui était bien pour le bien du peuple du Messager de Dieu, et selon ce que j’aspirais et souhaitais sincèrement.

Mais l’histoire prit un autre tour…

Omar avait choisi six candidats pour succéder après lui, et moi je n’étais que la sixième personne ! En plus, je ne possédais point des droits égaux avec les cinq autres candidats…

Omar avait complètement ignoré et négligé tous les évènements passés, tous les sacrifices et même l’héritage et la parenté qui m’avaient lié à l’Envoyé de Dieu, jusqu’à même oublier cette vérité incontestable que j’avais été le gendre du Messager de Dieu. Il avait tout ignoré, tout en sachant parfaitement bien que parmi ces cinq autres hommes, j’étais le plus approprié, le plus digne et le plus convenable.

Ainsi, il laissa le son du choix du nouveau successeur, à un conseil de six, et son fils Abdullah, fut employé à s’occuper de nous six hommes.

De sorte que si l’un de nous refusait de participer à cette candidature, ou qui objectait à la formation de ce conseil, il avait le plein droit de le tuer sans discussion !

Et toi, ô mon frère juif ! Tu ne pourras jamais deviner combien était dur et difficile, de ce comporté en homme endurant pendant cette dure période…

Ainsi, ils se mirent à discuter au sujet de la succession, et chacun se sentait le plus digne pour occuper la position du califat, et d’être le successeur du Prophète de Dieu ! Durant tout ce temps, je restai silencieux, sans proférer un mot.

Et à chaque fois qu’ils me posaient des questions, je parlais uniquement des temps passés, et des services que j’avais rendus et de leurs oppositions avec moi.

Evidemment tous, savaient très bien tout cela, et se souvenaient parfaitement de tous ces faits et gestes, mais je répétais ces souvenirs, et leur rappelais que seul moi, j’étais dignement qualifié pour occuper ce poste, pour le peuple Musulman ; car le Prophète de Dieu m’avait choisi de par le Commandement Divin, et avait demandé à tous ces hommes, de me prêter serment d’allégeance pour le califat, et pour la succession qui me revenait de droit, et il avait insisté abondamment sur ses deux faits…

Mais hélas, l’amour du pouvoir et de gouverner, le fait d’obtenir la liberté de commander ou d’interdire quoique ce soit au peuple, et l’amour matériel pour ce monde-ci, et le plus important de tout : le fait d’avoir obéi [pour des années] à ces deux hommes qui avaient usurpé ma place les obligèrent d’ignorer le droit qui m’appartenait certainement par Ordre Divin, et de l’usurper ignominieusement encore une fois…

Cependant, à chaque fois qu’une occasion se présentait, je leur rappelais les scènes du Jugement Dernier, et je les empêchais de commettre des erreurs.

Mais chacun d’eux, n’enjoignait que si je voulais qu’ils votassent pour moi, je devais leur garantir de les choisir après moi, comme mon successeur.

Enfin…durant ce temps étrange et enfiévré, l’un des hommes, fut tenté de choisir Osman Ibn Affan, car il espérait atteindre un rang élevé durant le califat d’Ousmane. Ainsi il le choisit, et tout se brouilla, et je ne fus plus le candidat éventuel qui allait être élu.

La chose étrange était le fait qu’Ousmane était proprement l’homme le moins qualifié pour occuper ce poste, et le plus incapable !

Il n’avait même pas participé dans la guerre de Badr, qui avait était une guerre tellement importante que beaucoup, par le fait d’y avoir participé, annonçaient toujours cela avec une grande fierté, et se sentaient honorés ! Il ne possédait aucune de qualités et des supériorités que Dieu avait pourvues le Messager de Dieu et sa famille. Il était complètement démuni sur ce point…

J’étais sûr et certain que ces mêmes hommes qui avaient élu Ousmane, avant même l’arrivée de crépuscule de ce même jour, regretteraient d’avoir agi si hâtivement. Et ce fut exactement ainsi.

Ils se retirèrent subitement en arrière. Chacun, accusait son voisin d’avoir fait le mauvais choix, et en même temps, blâmait non seulement les autres, mais aussi lui-même.

Sous peu, ces mêmes hommes qui avaient choisi Ousmane pour être le calife des Musulmans, le nommèrent comme un polythéiste et un mécréant, et se mirent à le haïr, de sorte qu’Ousmane s’excusa et se montra penaud et repentant ; il était même prêt à démissionner pour réparer les fautes et les erreurs qu’il avait commis durant son califat, depuis peu…

O^ frère juif ! Ce tourment, était encore plus grave et encore plus cuisant que tous les autres tourments que j’avais dus supporter durant toutes ces années, et il en fallait de peu pour que l’océan de ma patience devînt orageux, agité et houleux…

Cet évènement est encore par trop cuisant et insupportable, pour que je puisse vous le décrire, ou bien qu’il vous soit possible de l’imaginer.

Mais je dus le supporter comme les autres choses que j’avais supportées, et je savais que je devais rester endurant et patient.

Eh oui… le même jour où Osman fut élu comme calife, les autres membres du conseil vinrent me voir en cachette, et m’incitèrent à reprendre mon droit usurpé, et de le renverser. Ils me jurèrent fidélité et voulurent me prêter serment d’allégeance jusqu’à leur dernier souffle, et de m’obéir à reprendre mon droit, pour que Dieu Omnipotent aussi de Son côté, m’octroyât justice.

Mais frère juif ! Rien ne put m’inciter à faire cela !

Ce qui m’empêchait de faire une telle chose, était ce qui m’avait obligé à garder le silence durant le calife de ces deux premiers califes : je n’aimais pas voir mourir mes vrais amis ! Je ne voulais aucunement que mes chers et doux compagnons qui avaient été aussi les plus proches compagnons de l’Envoyé de Dieu, et qui étaient tous, sans exception, des hommes vertueux et pieux, mourussent dans une guerre quelconque…

Je savais de même, que si je leur demandais de prendre l’arme pour ma cause, ils le feraient en un clin d’œil !

De même, tous me connaissent et savent combien m’est doux, mourir… La mort m’apparaît comme une eau fraîche et transparente, qui est tenue dans une coupe, dans la main d’un homme assoiffé, dans un jour chaud et torride, sous un ciel brûlant !

Sachez que mon oncle bien-aimé, messire Hamzah, mon frère Jafar, mon oncle Obaydah, et moi-même avions juré fidélité à Dieu. Mes compagnons, donnèrent leur vie pour ce serment et ce pacte avec Dieu, et seul moi, je suis resté encore en vie ; et mon Seigneur avait fait descendre ce verset pour nous, et en notre nom : «Il est permis les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Dieu. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils n’ont varié aucunement [dans leur engagement]» sourate Al-Ahzab, verset 23

Bref, si je restai silencieux devant Ibn Affan et ne proférait mot, et ne commettais aucune action contre lui, c’était parce que je savais très bien que tôt ou tard, avec son mauvais caractère et son humeur désagréable, il arriverait à une fin non désirable et ténébreuse.

Je savais que bientôt des hommes qui lui voulaient du mal, se rapprocheraient de ses proches parents pour conspirer, et pour le faire tuer ou le mettre de coté, et lui retirer son califat. Il y avait aussi ses proches et sets es intimes qui avaient exactement cette même pensée dans leurs têtes, et qui attendaient une occasion propice pour le supprimer eux-mêmes.

Par conséquent, comme toujours, je restais dans mon coin et je prenais patience, jusqu’à ce qu’arriva finalement ce moment.

Et pendant tout ce temps, je n’avais jamais médis de lui, ou agi méchamment contre Osman.

On assassina Osman, et soudain tous se ruèrent vers moi, pour me faire accepter le califat. Ils ne savaient pas que durant cette période, et en considérant le meurtre qui avait été commis contre la personne d’Osman, et en devinant ou sachant les mauvaises intentions de ces hommes qui m’entouraient, je ne voulais aucunement accepter le califat, et que rien, moins que cela ne m’attirait ! Je savais très bien que le but de ces hommes, n’était rien d’autre que d’atteindre à la richesse matérielle et au pouvoir, et de commettre toutes de tyrannie dans ce monde.

Et je savais qu’ils ne pourraient jamais réaliser ces souhaits chez ma personne, et avec moi, et que je n’exaucerais jamais leurs désirs de gloire ou de pouvoir !

Cependant, en dépit du fait qu’ils savaient eux-mêmes que jamais ils ne pourraient atteindre à ces choses, avec ma personne, ils durent cependant accepter mon califat.

Sous peu, après que je devinsse calife, deux de ces hommes [Talihah et Zoubayr] se désespérèrent et retournèrent chez eux, les mains vides.

Dès ce jour, ils se mirent à conspirer et s’opposer à moi. Ils se mirent à semer les grains de l’insatisfaction et de la conspiration dans les cœurs des gens.

N’était-ce point ainsi… ?

Et tous de répondre : « si, c’était bel et bien ainsi ; ô commandant des croyants ».

L’homme pleurait maintenant en silence…

La Guerre de Jamal

(L’an 36 de l’Hégire)

Ceux qui m’avaient prêté serment d’allégeance [c’est-à-dire Talhah et Zubair], en voyant qu’ils n’avaient pas pu obtenir le gouvernement de deux des plus grandes villes de l’Irak, de par les méchancetés de cette femme (Aicha) se rebellèrent contre moi, tout en sachant parfaitement bien que j’avais été choisi, non seulement comme le successeur du Prophète de Dieu, mis aussi comme le tuteur et le responsable des affaires de cette femme, par l’Envoyé de Dieu, lui-même.

Mais ces deux hommes, encouragèrent Aicha à se mettre sur un chameau, et la menèrent de ci, deçà, dans les déserts, jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à Hawabb.

Après que les fameux chiens eurent commencé à aboyer contre Aicha, et après chaque pas qu’ils eurent pris dans cette aventure malsaine, ils regrettèrent de plus en lus ce qu’ils avaient commencé, et sur leurs traits apparaissaient les signes d’un amer repentir, et d’un douloureux regret…

Et combien apparaissait laid et indigne ce qu’ils commettaient, parmi les gens qui les avaient vus et connus à l’époque où avait vécu le Prophète de Dieu, et à une autre époque, plus récente, où j’avais finalement accepté le Califat. Ils m’avaient prêté serment d’allégeance, et agissaient ensuite de cette manière…

Finalement cette armée arriva en Egypte. Les égyptiens ont des mains courtes, de longues barbes, une attitude irraisonnable et des croyances faibles et sans fondement… Ils étaient plutôt des navigateurs et des nomades, et avaient été formés ainsi, sans plus…

Cette femme les fit sortir de leurs villes, et ces hommes, ignorants tous les faits, brandirent leurs épées en l’air, et sans en savoir plus, initièrent sottement une guerre violente…

Moi, dans tout cela, je devais choisir une seule voie.

Mais les deux voies qui s’ouvraient devant moi, étaient toutes deux désagréables, et je ne voulais entrer en aucune d’elles : ou bien je devais les laisser faire ; et alors ils continuaient à insister sur leurs erreurs, et ne voulaient revenir vers le Droit Chemin.

Ou bien il fallait que je me redressasse devant eux, et alors commençait une chose que je ne voulais aucunement initier moi-même…

Ainsi, avant toute chose, j’essayais de raisonner avec eux, et de finir mon argument envers eux.

Je les fis craindre la fin et la conclusion de cette histoire, et je leur préparais le terrain pour qu’ils m’offrissent des excuses, et en finir avec cette histoire.

Je proposais de même à cette femme, de retourner chez elle. J’essayais aussi de rappeler ceux qui les accompagnaient, de se souvenir du pacte et du serment qui les liaient à moi, et je leur demandai de ne pas piétiner leur engagement envers Dieu, avec ma personne.

Pour cela, je fis tout ce qui était en mon pouvoir, et je me mis même à parler et discuter en privée avec leurs chefs. Le cœur de l’un d’eux, fut influencé par mes paroles et il [Zubair] se rendit compte et revint à moi.

J’interpellais ensuite les autres, et répétais ces même choses, mais je ne vis hélas rien que de l’inimité, de la rébellion, de l’ignorance et de l’irraisonnement…

Ainsi, quand ils refusèrent tout, excepté la guerre, je dus monter sur mon cheval, et prendre l’arme contre eux, malgré moi. Et tout se finit avec leur regret, leur destruction et leur total anéantissement.

En effet, je fus obligé d’accepter de faire cette guerre. Car en fin de compte, je pus me passer de leurs fautes, et les pardonner pour leurs insolences, mais avant cela je ne pouvais faire cela, comme je le pus à la fin de cette histoire. Car si j’avais fait cela avant, je les aurais aidés dans leurs programmes futurs qui n’étaient rien d’autres que la mise en exécution d’un carnage et d’une tuerie incroyable, d’un grand nombre de gens…

En plus, j’aurais fortifié l’autorité des femmes, tout en sachant que pour témoigner de quelque chose, ou bien pour la division de l’héritage, les femmes sont différentes des hommes. C’est –à- dire que j’aurais commis la même erreur que les Romains et les habitants de Saba, et les peuples d’autrefois…

Bref, j’étais obligé de mener une guerre que je ne voulais faire.

Ni à son début, ni à sa fin.

Je voyais cela comme un évènement étrange et incompréhensible : dans lequel j’avais laissé agir librement une femme ambitieuse pour un certain temps, et qui, ironie du sort, était le commandant d’une armée d’hommes, et qui faisaient tout ce qui leur plaisait…

Malgré cela, je ne voulais toujours pas initier cette guerre. Pour cela, je leur rappelais certains faits, je leur offrais des arguments, je retardais la date de la guerre, je négociais, j’envoyais toutes sortes d’ambassadeurs, je les menaçais même parfois et les faisais craindre beaucoup de choses, et j’allais meme jusqu’à les pardonner quasiment… J’acceptais tout ce qu’ils exigeaient de moi, et j’allais meme jusqu’à leur accorder ce qu’ils n’avaient pas « osé » me demander directement…

Mais ils ne voulaient faire que la guerre, et je dus hélas, me battra avec eux, et cela makgré moi.

Dieu fit ce qu’Il avait décidé dans Sa Province, et Il était Témoin de mes faits et gestes, comme Il était Témoin de leurs faits et gestes.

N’était-ce point ainsi… ?

Et tous de répondre : « Si, c’était bel et bien ainsi, ô Commandant des croyants. »

L’homme qui pleurait, se rappela la guerre où Saffoura, [l’épouse de Moise] avait commencé contre Joshua ibn Noun.

Et il fut désolé et triste pour Ali.

La guerre de Séffine

(L'an 36-37 de l'Hégire)

La sixième épreuve était la guerre avec le fils de Hind [L'épouse d'Abou Sofiyan], et celle qui dévora le foie de messire Hamza [Que les Salutations Divines lui parviennent!] dans la bataille d'Ouhd en toute cruauté, pour se venger de lui.

C'est-à- dire avec Muawiya, et en fin de compte, l'acceptation de la décision de ''Hakameyne''

C'est –à- dire fait la guerre avec un libéré, qui, du temps de l'élection de Mohammad comme le Prophète de Dieu, et jusqu'à la conquête de la Mecque, avait toujours été le pire ennemi de Dieu, du Prophète de Dieu et des Croyants.

Le jour où la Mecque fut conquise par nous, l'Envoyé de Dieu, demanda à lui et à son père (Abou Sofiyan) de me prêter serment d'allégeance, et il répéta ce serment en diverses occasions [trois autres fois encore].

Ce même Abou Sofiyan, était celui qui au début du Califat d'Abou Bakr, était le premier homme à venir me saluer comme le commandant des croyants, et qui m'encourageait de reprendre mon droit usurpé, de ces hommes ambitieux, et qui renouvelait à chaque fois, son serment d'allégeance avec moi, en toute hypocrisie, et en toute ruse…

Ainsi, lorsque Muawiya vit que Dieu m'avait retourné mon droit légitime, et m'avait donné justice, et avait [finalement] établir la droit à sa juste place, il devint absolument triste et frustré pour n'avoir pas été choisi comme me quatrième calife des Musulmans, et de n'avoir pont reçu ce qu'il aspirait tellement à s'approprier injustement, et cela, sans eu le moindre mérite!

Enragé et envieux, il se tourna alors vers Amro Ibn Ass, et se mit à le cajoler, en lui promettant de lui offrir le gouvernement de l'Egypte.

Quand en vérité, il ne méritait pas de tout de recevoir un sou plus que ce qui lui revenait par droit; de même il était défendu au responsable des Biens communs, de lui payer un sou [un Dirham], plus qu'il n'en avait droit selon la loi commune.

Bref, Muawiya, à l'aide d'Amro Ibn Ass, attaqua les villes, et ils se mirent à anéantir les habitants, par le fer et le sang.

Entre temps, tous ceux qui leur prêtèrent serment, restèrent à l'abri de leurs attaques, et quiconque osait s'opposer à eux, trouvaient subitement la mort…

Sou peu, je me trouvais face à face avec un Muawiya qui avait piétiné et ignoré le serment d'allégeance qu'il m'avait prêté en nombre d'occasions, et qui voulait me sacrifier et me faire du mal, pour réaliser ses mauvaises intentions, et son ambition démesurée…

J'entendais par-ci, par-là, toutes sortes de rumeur, et je savais qu'il était en train de semer les grains du mécontentement, de la rébellion et de la méchanceté autour de lui.

Il fit tant de mal que finalement, un nommé Aour Saghif [Moghirat Ibn Choubeh] vint me voir, et me proposa de laisser à Muawiya le gouvernement de certaines villes qui étaient sous sa direction.

Certes, cette proposition, du point de vue pratique et mondain, était très bonne, si je pouvais en même temps, trouver un prétexte valable devant Dieu Omnipotent, pour éloigner tout blâme et toute accusation de ma personne, pour avoir ainsi agi…

Pour cela, je pris conseil avec mes proches amis et compagnons, et les mis au courant de la proposition d'Aour.

Ceux envers qui j'avais une confiance absolue, et dont je savais qu'ils avaient toujours pris les intérêts de Dieu, de Son Prophète et des croyants à cœur, et qu'ils les préféraient par-dessus toutes les autres choses.

Mais eux-aussi avaient les mêmes sentiments d'inquiétude et de malaise que j'avais ressentis au fin fond de mon âme. Ils craignaient que je remise aux mains de Muawiya le gouvernement de ces régions nommées, ou bien que je lui accordasse un certain pouvoir exécutif pour les affaires des Musulmans.

Que Dieu me préserve de l'arrivée d'un jour où Dieu me verrait prendre des âmes perdues comme mes amis et mes assistants! Loin de moi de tout cela!

Par conséquent, en deux occasions, j'envoyai des hommes en ambassade, vers Muawiya: une fois, un homme de la tribu de Bajilah, et une fois un homme de la tribu d'Ach'ariyin, pour qu'ils l'avertissent.

Mais à chaque fois, hélas, ils choisirent les biens de ce bas monde, et acceptèrent de se soumettre à la volonté de Muawiya et de se joindre à lui…

Après ces évènements, quand je vie qu'il était en train d'ignorer les choses que Dieu nous avait ordonnés de respecter, et qu'il continuait à commettre des insolences et des choses disgracieuses, je pris conseil avec les compagnons de Mohammad [Que Dieu accorde la Gloire et la Pais à lui et sa famille], qui s'étaient trouvés dans la guerre de Badr et dans Bey'at, et qui avaient satisfait Dieu par leurs actions. Je pris aussi conseil avec d'autres personnes dignes et honorables parmi les Musulmans, et ceux qui s'étaient soumis à nous, et je leur parlai d'une guerre éventuelle avec Muawiya.

Ils étaient tous, sans exception, absolument d'accord sur le fait que nous devions faire la guerre avec lui, et de lui couper à jamais, ses moyens pour atteindre au pouvoir.

Ainsi, après avoir décidé de commencer une guerre, je décidai de lui envoyer quand même des lettres, et de lui faire entendre raison avec les ambassadeurs que je lui avais envoyés.

J'espérais qu'il se retirait en arrière, et qu'il se soumettrait à mes ordres. Mais il me répondit isolement, et m'écrivit des lettres présomptueuses dans lesquelles il refusait catégoriquement toute soumission en vers ma personne. En fait, c'était lui au contraire, qui voulait décider prendre à ma place!

En plus, il avait annoncé des conditions qui ne satisfaisaient ni Dieu, ni Son Prophète, ni aucun des musulmans.

Aucune des conditions, n'étaient acceptables!

Parmi ses conditions, il y avait une qui était inadmissible: il voulait que je lui envoyasse un des compagnons intimes de l'Envoyé de Dieu chez lui, [à rester comme son hottage]!

Un homme comme Ammar Ibn Yasser…!

Et où pouvais-je trouver un autre homme tel que lui? Je jure devant Dieu que j'avais toujours vu l'Envoyé de Dieu, accompagné de non moins de quatre ou cinq compagnons qui l'entouraient en toute occasion, et dont le cinquième se révélait toujours être ce même Ammar!

Et si ce groupe se composait par hasard de six hommes, alors le sixième était certainement Ammar!

En effet…Muawiya avait proposé des conditions et nommé des hommes, que je devais envoyer à lui, pour qu'il pût les tuer, pour venger ainsi le sang versé d'Osman. Il pouvait soit les tuer par le fer, soit les faire pendre…. Quand en vérité, personne n'encercla la maison d'Osman, et personne ne le tua, excepté Muawiya lui-même, les membres de la propre famille d'Osman, et ses proches intimes!

C'est-à-dire ceux mêmes qui, dans le Saint Coran, sont nommés ''Chajaratu Mal'ounah'' [l'arbre maudit cité dans le Saint Coran]!([i])

Bref, quand il eut la certitude que je ne cédais à aucune des ses conditions, il augmenta sa rébellion et s'entoura de toutes sortes d'hommes ignorants, irraisonnables et pleins de défauts.

Il les trompa d'une telle manière, et leur offrit tant de biens terrestres qu'ils ne virent plus que lui, et ils devinrent son esclave, corps et âme.

Nous aussi de notre coté, nous les effrayions de la Punition Divine, et nous leur préparions le terrain pur leur repentir. Nous sommes même allés jusqu'à les inviter à obéir le Livre de Dieu, avant de commencer la guerre. Mais hélas, malgré tous nos efforts, ils continuèrent à augmenter leurs tyrannies et leur rébellion….

Ainsi nous les combattîmes, et comme dans le passé, et dans diverses occasions, quand Dieu Omnipotent nous avait faits les vainqueurs victorieux contre nos ennemis, nous les vainquîmes, et de nouveau nous pûmes sortir victorieux de cette épreuve.

Dans cette bataille, la propre bannière du Prophète de Dieu, que Dieu avait toujours vaincu puissamment tous ceux qui avaient appartenu au parti du diable avec cette même bannière!

- fut tenue par nos mains, pendant que Muawiya de son côté, avait tenu la bannière de son père dans ses mains. C'est-à- dire cette même bannière que j'avais toujours vue dans toutes les guerres, et que j'avais combattre de toutes mes forces, aux cotés de l'Envoyé de Dieu!

En effet! Ma mort s'était rapproche sensiblement de Muawiya, et il n'avait d'autre choix que de prendre la fuite devant nos armées! Il monta malgré lui sur sa monture, et dût renverser la bannière à laquelle il y tenait tant! Il ne savait plus que faire et tout ébahi, voulait trouver un moyen astucieux pour nous tromper.

A la fin Amro, Ibn Ass lui proposa une idée diabolique et géniale: celle d'enfoncer des corans sur la pointe de lances, et d'inviter les gens vers eux-mêmes, de par le Commandement du Coran!

Il avait dit à Muawiya: Le fils d'Abou Taleb et ses partisans sont tous des hommes intelligents, conscients et vertueux! Quand au commencement de la bataille, ils invitèrent de par le nom du Coran à aller vers eux, et qu'ils ne reçurent aucune réponse de ta part, si par contra tu les adjures maintenant à cela, ils seront obligés de te donner une réponse positive!

Muawiya qui avait clairement qu'il n'avait ni le moyen de se sauver en arrière, ni de nous attaquer de front, exécuta la proposition diabolique d'Amro Ibn Ass, et ordonna qu'on s'enfonça des Corans sur la pointe des lances de leurs soldats!

Ainsi, il fit semblant d'inviter les gens, de par le Commandement du Saint Coran, vers lui-même…

Dans ce stratagème aventures et très risqué, il ne resta que très peu d'amis. C'est-à-dire des hommes qui étaient mes compagnons de toujours, et qui, par une intuition Divine, avaient fait le Jihad contre ces ennemis de Dieu, et dont certaine hélas, avaient trouvé la mort proprement dans cette même bataille…

Les autres, c'est-à-dire toute mon armée, cédèrent à la fourberie astucieuse de Muawiya, et pensèrent par erreur que le fils de Hind, les invitait vraiment vers le Commandement Divin, et vers l'allégeance qu'ils devaient avoir envers ce Commandement…

Ainsi, ils l'écoutèrent et tous, acceptèrent sa fausse invitation!

Bien-entendu je leur parlai beaucoup et m'efforçais beaucoup à les dissuader d'accepter cette invitation trompeuse. Je leur dis que cette proposition, était uniquement une astuce malicieuse de la part de Muawiya et d'Amro Ibn Ass, et qu'ils étaient des hommes qui avaient toujours piétiné et ignoré tout serment, et que par conséquent ils ne pouvaient rester fidèles à aucun serment; mais personne ne m'écouta et ne voulut,'obéir hélas! Ils insistaient étrangement à vouloir écouter Muawiya, que je le voulusse au pas! Que je répugnasse à cela ou pas!

Je savais même que certains de ces hommes avaient dit à leurs compagnons: "Si Ali ne voudra pas accepter cela, il aura un destin comme Osman…Ou alors, nous le livrerons à Muawiya!"

Seul Dieu sait combien je dus m'efforcer pour leur faire comprendre qu'ils se trompaient, et qu'ils devaient m'obéir, et me laisser faire selon ma décision…!

Mais ils refusaient sans cesse de céder à mes ordres, et quand finalement je leur demandais de me donner un délai, le temps de traire une camelle, ou bien le temps de la course d'un cheval, tous excepté ce Sheikh([ii]), et les membres de ma famille, refusèrent ma demande…

Je jure devant Dieu que je n'avais aucun obstacle quant à l'exécution de programme que je m'étais fixé clairement. Mon unique crainte était de voir mourir ces deux [Hasan et Hussein], et que les descendants de race de l'Envoyé de Dieu fussent expiré… C'est-à-dire la lignée qui devait continuer à subsister pour le peuple Musulman.

De même, je craignais que ces deux autres [Abdoullah Ibn Jafar et Mohammad Ibn Hanafih]([iii]) fussent tué eux aussi; car je savais que ces deux, avaient uniquement participé dans cette guerre, à cause de moi et pour moi.

Par conséquent, je pris patience devant ces hommes et leurs décisions erronées. Mais dès que nous leur retirâmes la ponte de nos épées de leurs visages, et que la guerre se termina sans qu'aucun des partis ne fût sorti victorieux, ils se mirent à intervenir dans toutes les choses et d'exprimer insolemment leurs opinions…

Ils choisirent tous les votes, et optèrent pour toutes les choses qu'ils voulaient eux-mêmes, et en fin de compte, ils jetèrent irrespectueusement le Saint Cora d'un coté, et retirèrent leur invitation qui avait été proférée selon le Commandement du Coran!

Ils proposèrent ensuite la décision unanime [Hakimiyatt].

Je n'avais encore jamais choisi quelqu'un pour juger dans la religion de Dieu; car sans aucun doute, je voyais cela comme un grand péché. Mais que pouvais-je faire quand des hommes tels que Muawiya et mes amis ignorants, ne voulaient point se contenter d'une autre chose…?!

En dépit de cela, quand je voulus choisir quelqu'un comme Ibn Abbas qui étais mon parents, et dont il me plaisait le raisonnement et le monde de penser, ou bien un autre homme tel que Malek Achtar, en qui j'avais une confiance absolue pour sa croyance religieuse et sa profonde piété, hélas, le fils de Hind [Muawiya] n'accepta point ces deux candidats proposés…

Il s'était tellement enorgueilli qu'il refusait tout homme que je lui proposais, et il insista sur ses dires, et cela se faisait, uniquement parce que mes amis ignorants et sots, le protégeaient indubitablement.

De toute façon, je voyais se resserrer de plus en plus le cercle vicieux de l'élection d'un juge, soit de la part de Muawiya, soit de la part de ceux qui étaient dans mon parti, et qui agissaient sottement.

Je me déclarai alors exempt d'eux, à mon Dieu Omnipotent, et je leur laissais le soin des affaires.

Ils choisirent Abou Moussa Achtar([iv]), et Amre ibn Ass le trompa tellement que même l'orient et l'occident de ce monde terrestre en prirent connaissance!

Finalement, cet homme trompé, après l'affaire de Hakimiyatt, n'avait plus rien que des regrets et de l'amertume.

N'était-ce point ainsi…?

Et tous de répondre: "Si, c'était bel et ainsi, ô Commandants de croyants.''

L'homme qui pleurait, attira l'attention de tous les autres. Mais il pensait à la conclusion de ces tourments; car dans les Ecritures qui avaient été descendues à Moise, il y avait des prédictions concernant le Martyr du successeur du dernier et ultime Prophète de Dieu.

Et il savait que bientôt, le commandant des croyants allait parler aussi de ce fait conclusif…