Aperçu des Grandes Ames de l’Humanité
 
Septième Imam Successeur MOUSSA AL-KADHEM BEN JA'FAR AS-SADEQ Que la Paix soit avec lui

Nom : Moussa Al-Kadhem Ben Ja'afar As-Sâdeq, que la Paix soit avec lui.
Position : Septième Imam successeur au Prophète Mohammed (pslf).
Nom du père : Ja'afar As-Sâdeq Ben Mohammed Al-Bâqir (s)
Nom de la mère : Dame Hamida Al-Mussafat, d'origine andalouse.
Nom familier : Abu Al-Hassan, Abu Ibrahim.
Nom honorifique : Al-Kadhem ; Al-Abd As-Sâlih..
Lieu et date de naissance : Médine, le 07 Safar de l'an 129 de l'Hégire-28.10.746 après le Prophète Jésus (s).
Date de décès : Mort empoisonné le 25 Rajab de l'an 183 de l'Hégire-01.09.799 après le Prophète Jésus (s).

Lieu des funérailles : Sainte Al-Kazimiyyah, Irak.

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La division se subdivise encore un peu plus

L A Culture islamique mohammadienne, celle transmise par les glorieux Ahlu Beyti Rassoul Allah-Les Gens de la Demeure du Messager de Çááå-Dieu (pslf) nommés aussi le groupe des " Douze Imams Supérieurs Infaillibles " (s) dont l'Imam Moussa al-Kadhem (s) en est le septième, c'est la seule chose que la dynastie abbasside risque de ne pas comprendre, parce que les califes-monarques qui font exister le système dynastique ne sont pas, comme les gens de la Famille purifiée du Prophète Mohammed (pslf), imprégnés d'un fervent et total désir de faire mieux et autre chose que de faire vivre les peuples dans les principes de l'idéologie-système de la vieille Ignorance-Jahiliyyah.

C'est pourquoi il ne faut pas se confondre sur l'apparence des débuts de cette dynastie qui n'était après tout qu'une adaptation hypocrite de la contestation face au mal social généré par la dynastie précédente alors en place à la tête des affaires musulmanes. Le régime de l'une était identique à celui de l'autre, c'est-à-dire mauvais, très mauvais pour le peuple musulman et non musulman : " L'Imam Moussa al-Kadhem (s) sera mis à la tête de l'Imamat par son père, juste au moment où al-Mansour s'était imposé comme dirigeant des Musulmans et successeur du Messager de Çááå-Dieu, exalté soit-IL. Aussi avait-il installé des espions partout, chargés de rechercher le nom porté par l'Imam (s).

" Dans ce but, ils arrêtaient toute personne soupçonnée à laquelle ils faisaient subir des tortures pour lui extorquer ses connaissances à propos du nom qu'ils recherchaient. A vrai dire, après le décès du sixième Imam As-Sâdeq (s), le calife Al-Mansour établira divers programmes d'extermination de toute tentative d'alliance avec la Famille du Prophète Mohammed (pslf).

" Il constituera des groupes de pressions divers, allant jusqu'à payer, pour se les allier, des savants qui étaient à cette époque considérés comme les conseillers à la cour des rois. Après les avoir corrompus par l'argent, il leur demandera de créer des écoles afin de propager un enseignement contraire et opposé à celui de l'esprit islamique de l'Université Ahlul Beyt mis en place par les Imams antérieurs, dans le malicieux espoir de détourner les gens de la richesse des connaissances religieuses, politiques, juridiques, économiques, morales et sociales détenues par la Famille du Prophète (pslf).

" Ce perfide calife allouera d'importants moyens financiers à cette idée, facilitant ainsi le remplissage des écoles de la sédition. Son règne sera le plus ténébreux et le plus corrosif de l'Histoire musulmane, allant même jusqu'à encourager la création d'une centaine de sectes ".

L'Imam Al-Kadhem (s) doit faire face aux prétentions de l'ego rebelle
Si l'on jette quelque regard de curiosité sur certains écrits, l'on y découvre l'incommodité à subir dans la lecture d'ouvrages faits par des gens au service : primo, de leur propre conception du monde ; secundo, à leur soumission à une doctrine politique ou religieuse ; tertio, à leur incompétence, il en résulte qu'en dehors de l'école des Ahlul Beyt-ãÐåÈ Ãåá ÇáÈíÊ rares sont les livres qui relatent la réelle Histoire Sainte de la Religion de l'Islam, ses fondements, ses buts, ses douleurs et la raison de ses martyrs.

Dans ces livres écrits par des esprits qui se sont volontairement ou involontairement éloignés des principes de vie de la Sainte Alliance : Prophète Mohammed (pslf)-Imam Ali (s) l'on n'y voit pas toujours la vérité : les faits y sont déguisés, les raisons n'y sont point rapportées dans toute leur force de vérité, et encore moins avec une entière exactitude. Dans d'autres, il faut lire un grand nombre de termes injustes à l'égard des Gens de la Demeure Prophétique / Ãåá ÇáÈíÊ ÇáäÈæÉ et de leurs partisans qui, d'un point de vue de Croyant et de Croyante sont des propos inutiles au service d'une querelle des passions de l'ego soucieux de préserver sa prédominance au détriment du véritable sujet et objet : l'Islam.

Cependant, les esprits justes, doux, modérés des Imams (s) ne sont pas atteints par les conclusions de l'opinion personnelle désireuse de faire sienne la profonde Pensée coranique, la Tradition théologique, politique, économique, juridique et sociologique du Prophète Mohammed (pslf), et la Culture islamique mohammadienne. Ils demeurent tranquilles et sereins dans l'étendue de leur connaissance de Çááå-Dieu en Qui ils ont placé toute leur confiance et la force de leur lumière qui leur permet de dire comme l'Imam Moussa al-Khadhem (s) : "Çááå-Dieu ne descend pas, IL n'en a pas besoin, IL voit de près comme de loin ; le lointain n'est pas éloigné de Lui et le proche n'est pas près de Lui ; IL n'a besoin de rien mais tout à besoin de Lui ; il n'y a de dieu que Lui, le Tout-Puissant, le Sage … Soyez vigilants quand vous LE qualifiez, ne LE limitez par aucun manque ou excédent, ni mouvement ni disparition, ni lever ou coucher. Çááå-Dieu, gloire à Lui, est au-dessus des descriptions, des qualificatifs et des illusions ".

Sans cesse grand et sage

La fausse grandeur dynastique de l'ego totalitaire opposé aux Gens de la Demeure Prophétique /Ãåá ÇáÈíÊ ÇáäÈæÉ rendait violent, envieux et jaloux, car sa vraie petitesse lui était insupportable face à la véritable grandeur libre, douce, familière, populaire des Douze Imams Successeurs au Prophète Mohammed (pslf). Ce type de grandeur donnée par Çááå-Dieu à Ses Amis se laisse toucher et aimer, elle ne perd rien à être vue de près et plus on la connaît et plus on s'enrichit, car elle se courbe par bonté vers les assoiffés de vérité. Son caractère est noble et facile, il inspire la confiance et le respect, et fait que les Ahlu Beyti Rassoul Allah (s) sont réellement les Guides de l'islamité originelle faite de croyance monothéiste et de sociabilité.

La sagesse de l'Imam Moussa Al-Khadhem (s) c'est une guérison du mal de l'ambition à laquelle il (s) enseigne le seul bien capable d'élever, contenu dans la vertu toute pure et toute simple de la modestie, dès l'instant qu'elle est enseignée sous la forme de trois qualités fondamentales au bon comportement : "… ne préside une assemblée qu'un homme ayant ces trois qualités : il répond quand on le questionne ; il parle lorsque les autres ne peuvent rien dire et indique ce qui est bon pour la réforme. Qui n'en a aucune et préside, est un sot ".

L'enseignement de l'Imam Moussa al-Khadhem (s), prolongement de l'enseignement des Imams antérieurs, dévoile la possibilité d'orienter les combinaisons infinies qui apparaissent généralement dans tous les hommes, sous différentes formes : de la puissance, de la richesse, du génie, de la noblesse, de la force, de l'intellect créatif et imaginatif, de la capacité, de la vertu, de la faiblesse, de la stupidité, de la pauvreté, de l'impuissance, de la bassesse, etc. Ces différentes combinaisons mêlées ensembles et confuses, ont besoin d'être guidées pour en définir ce qui est valide pour l'homme de ce qui ne l'est pas. L'Imam Moussa al-Khadhem (s), connaisseur de ce qui est fort et faible chez chacun, n'établit pas de différence de supériorité entre lui et les autres, comme c'est si souvent le cas entre nous qui établissons dans nos rapports avec les autres soit les principes de l'égalité, de la supériorité, de la familiarité, du respect, de la déférence, de la fierté et du mépris.

Chez lui (s) le contact est constamment basé sur le droit à la dignité dû à la Créature de Çááå-Dieu et à la sagesse dont IL l'a abondamment imprégnée : " O Hishâm ! le Christ a dit à ses disciples : Quant à la sagesse, les gens sont de deux sortes : l'un qui la maîtrise en paroles et est sincère en actes, et l'autre qui la maîtrise en paroles mais la perd par ses mauvaises actions. Il y a une grande différence entre les deux… Faites de vos cœurs le domaine de la piété, n'en faites pas le refuge de vos passions. Le plus angoissé d'entre vous, lors des épreuves, est celui qui est le plus attaché à ce monde, le plus patient d'entre vous, lors des malheurs, est celui qui est le plus détaché de ce monde…".

Pour conclure, les propos de l'Imam (s) font dire que peu importe ceux qui partent les premiers avec ardeur, l'important c'est de marcher lentement mais constamment, prendre des mesures et les suivre, résoudre par l'action généreuse et tranquille ce qu'il faut faire et ce qu'il faut dire.

Puisque rien de positif et de durable ne peut être attendu du pouvoir de fait abbasside, l'absence de perspectives nourrit le rêve de venir auprès de l'homme qui sait : l'Imam Moussa Al-Kadhem (pslf). Qui plus est, l'école Ahlul Beyt est là, plus présente que jamais dans les preuves qu'elle est le centre immuable de tout savoir, plus proche aussi des esprits du fait qu'elle enseigne, transmet, éduque de façon cohérente et solidaire tout ce qui est conforme avec la Pensée coranique et l'Immaculée Tradition du Prophète Mohammed (pslf). Rien d'étonnant, donc, à ce que cette pensée religieuse et sociale ouverte sur les mondes stimule l'intérêt d'apprendre de l'élite intellectuelle saine, studieuse, scientifique et pieuse. Aussi, parce que cette élite se heurte à de multiples blocages sociaux imposés par le système dynastique.

L'enseignement islamique de l'Imam Moussa Al-Kadhem (s) plaît pour la simple raison qu'il est extrapolable au monde entier, parce qu'il constitue le moyen majeur de conjurer le spectre de l'Ignorance ; parce qu'il démontre que la mise à l'endroit du commun des mortels est en marche depuis La Sainte Mecque, Médine et Kufa : "Moussa Al-Kadhem reste, devant le sunnisme, un homme fort respectable par sa science et la profondeur de sa foi. Le hanbalite Abu Hâtim Al-Râzi le considérait comme un saint homme méritant le titre de " véridique " et comme l'un de ceux que l'on pouvait prendre en toute confiance pour guides. Les deux grands traditionalistes sunnites Al-Tirmidhi et Ibn Mâjah citent des hadiths en sa faveur ".

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Huitième Imam Successeur ALI AL-REDH? BEN MOUSSA AL-KADHEM Que la Paix soit avec lui

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Nom : Ali Al-Redhâ Ben Moussa Al-Kadhem, que la Paix soit avec lui.
Position : Huitième Imam successeur au Prophète Mohammed (pslf).
Nom du père : Moussa Al-Kadhem Ben Ja'afar As-Sâdeq (s)
Nom de la mère : Dame Najma.
Nom familier : Abu Al-Hassan.
Nom honorifique : Ar-Ridhâ.
Lieu et date de naissance : Médine, le 11 Dhi al-Qi'dah de l'an 148 de l'Hégire-29.12.765 après le Prophète Jésus (s).
Date de décès : Mort empoisonné le 17 Safar de l'an 203 de l'Hégire-24.08.818 après le Prophète Jésus (s).
Lieu des funérailles : Sainte Machad (Tûs-Khurasan), Iran.

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Le modèle de l'affabilité

D ANS la société de l'époque de l'Imam Ali al-Ridhâ (s), la coutume du pouvoir était la même que celle présente dans les empires qui dominaient le monde avant l'Islam, c'est-à-dire que la raison et la sagesse sont écartées par la violence et la brutalité des avides de puissance.

En effet, on peut dire que depuis le Sublime retour de l'âme du Prophète Mohammed (pslf) auprès de Son Seigneur, les sages et les érudits ont été souvent contraints d'accepter l'incompétence à la tête des affaires suite au fait d'avoir délaissé le pacte du Sermon de Ghadir Khumm.

Si l'on devait définir l'esprit de politesse et de gentillesse, en fixer la pratique dans les différentes situations que traverse la vie d'un homme, s'en approcher pour s'y perfectionner, le suivre par imitation, alors c'est auprès de l'Imam Ali al-Redhâ (s) qu'il est raisonnable de se diriger. Non pas que les autres Imams (s) en aient été privés, mais les circonstances politiques du temps de l'Imam (s) ont été très nécessiteuses de l'éclosion de la politesse et de la bienveillance islamiques des Ahlu Beyti Rassoul Allah (s) : " Vous n'êtes pas capables de satisfaire tout le monde avec vos biens. Tâchez donc de satisfaire les gens par l'amabilité et la gentillesse ".

C'est pourquoi il est bon de sans cesse recourir à la source familiale de la Demeure du Saint Prophète Mohammed (pslf), à la source de la grâce et de la divine miséricorde, à la source de toute bonté et de toute pureté, afin de pouvoir distinguer ce qui participe à l'élévation de l'innéité de croyance monothéiste et de sociabilité de ce qui lui est hostile, l'abaisse et la contraint au silence.

Aussi, est-ce au moment où les Croyants et les Croyantes entreprennent le pèlerinage aux sources du savoir que sont les Prophètes (pse) et Imams (s), que quelques jaloux éprouvent le besoin de leur nuire par de vives attaques portées aux valeurs de la Culture islamique mohammadienne : " Méfiez-vous de l'avidité et de la jalousie car ce sont là les deux vices qui ont fait périr les peuples anciens ".

L'Imam Ali Al-Redha (s) maintient les bases communes à la Croyance monothéiste

L'esprit belliciste dynastique qui l'entoure veut troubler par les ruses ordinaires de l'ego rebelle les Croyants et les Croyantes en cherchant à inspirer des craintes excessives et de pénibles perplexités pour affaiblir l'émergence de l'islamité originelle, ébranler la foi, afin de faire renoncer à la source d'eau pure de toute souillure auprès de laquelle il est bon d'accomplir les grandes et les petites ablutions. Les Musulmans ne s'inquiéteront pas de ces artifices et de ces contraintes imposées. Ils les rejetteront toutes en se riant de cet esprit misérable et jamais ils n'abandonneront la voie des Ahlu Beyti Rassoul Allah à cause de ces attaques.

Dans ce sens, l'Imam (s) continue l'action enseignante et éducatrice destinée à faire comprendre le rôle joué par les valeurs du Monothéisme pur dans toute société. C'est pour lui (s) une nécessité sine qua non pour maintenir durablement la Croyance et la Foi dans les siècles. Il y a, en effet, une base commune à tous les Croyants et Croyantes dans les principes et les valeurs universellement admis du Monothéisme pur, c'est l'Unicité de Çááå-Dieu, Une et Indivisible présentée à l'humanité dans un Message unique et soutenu par le postulat : Il n'y a de Çááå-Dieu que Çááå-Dieu : "Çááå-Dieu, déclare l'Imam Redhâ, que la Paix soit avec lui, S'est qualifié Lui même par des noms, conviant les créatures lorsqu'IL les créa, les astreignit à Son service et les éprouva de Le prier par ces noms. IL S'est donc nommé Oyant, Voyant, Pouvant, Sustentateur (Qayyûm), Parlant (Nâtiq), Apparent, Caché, Doux, Informé, Fort, Tout Puissant, Sage, Savant et autres noms semblables. Lorsque ceux qui nous détestent et nous renient ont vu ces noms alors qu'ils avaient entendu que nous enseignons que rien n'est pareil à Çááå-Dieu et qu'aucune créature n'a les mêmes qualités (hâlât) que Lui ils nous ont fait dire : " Puisque vous prétendez que Çááå-Dieu n'a pas de pareil ni de semblable, comment êtes vous associés à Lui en Ses plus beaux noms, usant d'eux pour vous dénommer entre vous? Car c'est là un indice que vous êtes pareils à Lui en totalité ou partie de ses qualités, puisque ces excellents noms vous réunissent.

" On leur répondra que Çááå-Dieu a attaché (alzama) à Ses serviteurs certains de Ses Noms avec une différence de sens ('alà khtilâfi l-ma'ânî), tout comme un même nom peut rassembler deux sens différents, ainsi que l'indique l'usage permis et usité dans le langage courant, [langage] qui est celui par lequel Çááå-Dieu s'est adressé aux créatures, leur parlant au moyen de ce qui leur est intelligible (kallamahum bimâ ya'qilûn) afin qu'il y ait envers eux un argument pour tout ce qu'ils gâchent (fi tady'i mâ dayya'û). Ainsi on dit de quelqu'un qu'il est un chien, un âne, un taureau, un sucre, un fruit amer (littéralement : une coloquinte, 'alqama) et un lion, tout cela contrairement à ce qu'il est et à ses qualités (hâlât) : ces noms n'ont pas été appliqués selon les sens pour lesquels ils ont été établis, parce que l'homme n'est pas un lion ni un chien. Comprends cela, que Çááå-Dieu te fasse miséricorde ! "

Agir selon les conseils du Prophète Mohammed (pslf) demandant de suivre Les Gens de sa Demeure-Ahlu Beyti Rassoul Allah (s) après son Sublime retour vers Çááå-Dieu, exalté soit-il. Ne pas se priver de vivre pleinement l'islamité originelle faite de croyance monothéiste en s'attachant à eux (s), remèdes des troubles de la conscience et des peines du cœur. Se décharger de ce qui pèse car à quoi revient-il de vivre toujours dans la confusion des doctrines, sans cesse dans le trouble, éloignés chaque jour davantage de la sourate La Table Servie et de son verset : " Les incrédules désespèrent aujourd'hui de vous éloigner de votre Religion, Ne les craignez pas ! Craignez-Moi ! Aujourd'hui j'ai rendu votre Religion parfaite ; J'ai parachevé ma grâce sur vous ; J'agrée l'ISLAM comme étant votre Religion ".

L'Imam Ali Al-Redha (s) refuse d'être la caution morale du dynaste abbasside

Après un siècle et demi de présence des Imams parmi les gens, un dirigeant tentera d'associer le huitième d'entre eux au pouvoir, alors qu'il eut été du devoir du dynaste en question de s'abandonner aux conseils du Guide-Calife des Musulmans qui tenait sa place de Çááå-Dieu, exalté soit-IL et de Son Prophète (pslf).
A l'égal de tous ses prédécesseurs, ce dynaste pensait de toute façon être capable de se conduire et de juger par lui-même, même si l'expérience passée avait prouvé l'erreur funeste d'une telle prétention et dont le dernier terme inévitable était la guerre : " Le calife Mamoum voulut désigner l'Imam comme héritier présomptif.
L'Imam déclinera son offre, car il prévoyait la ruse du calife. Toutefois, Mamoum le forcera d'accepter le titre de successeur. Mais l'Imam n'acceptera cette offre forcée qu'à condition de ne prendre aucune part à l'administration du gouvernement ".

Quoi qu'il en soit des intentions du calife, rien ne découvre mieux dans quelle disposition il était à l'égard des sciences et des belles-lettres maîtrisées par l'Imam Ali al-Ridha (s) et de quelle utilité il les croit dans l'état. L'habitude de ses prédécesseurs était davantage celle de parler que de laisser parler l'Imam qu'ils voulaient faire taire et ainsi interdire la voix de la connaissance et l'accès à la juste interprétation de l'unité de contexte et de rassemblement Coran-Sunna.

Le calife dans l'illusion de son pouvoir croit que l'Imam va s'attacher à lui. Alors que l'Imam enseigne que celui qui s'attache à une créature tombera comme elle et avec elle, et que celui qui s'attache à Çááå-Dieu sera affermi car IL est l'Ami qui ne nous quitte jamais, vivant ou décédé. La méfiance de l'Imam (s) à l'égard du calife repose sur ses propos destinés à ennoblir le comportement : " Ce n'est pas un honnête homme qui t'a trahi ; c'est toi qui as pris un traître pour un homme honnête… Çááå-Dieu n'accepte pas les actes de dévotion d'un serviteur tant que celui-ci a dans son cœur des présomptions à l'égard d'un croyant… Celui qui s'occupe d'une affaire sans en avoir la compétence est pareil au voyageur empruntant la mauvaise route : plus il s'y précipite et plus il s'éloigne du bon chemin ".

L'Imam (s) avait compris que le calife voulait en lui la caution morale nécessaire à son pouvoir, mais le Saint Imam (s) ne désirait pas servir une lignée de dirigeants qui n'avaient jamais fait preuve de sincérité, d'autant que ce Mamoum avait eu accès au pouvoir en assassinant son propre frère : " J'accepte de devenir ton héritier présomptif à condition que je n'ordonne ni interdise rien et que je ne participe ni à l'administration, ni aux affaires judiciaires, ni aux nominations, ni aux démissions ".

Façon, on ne peut plus polie, de faire comprendre le refus d'être une caution morale. Cependant, cette proposition de la part du calife, qui finira par accepter les conditions de l'Imam (s), va permettre à ce dernier de guider les Musulmans sur la juste voie. Dès lors, il y aura une diffusion abondante des principes théologiques, politiques, juridiques, économiques, sociologiques de la Sainte Alliance : Prophète Mohammed (pslf)-Imam Ali (s). Son action ne durera, certes, que trois années, mais elle marquera en profondeur l'Histoire Sainte islamique de l'humanité.

L'Imam Ali Al-Redhâ (s) et le dirigeant Al-Mâmoun

Al-Mâmoun, soutenu par des éléments orientaux, songea un moment à transférer sa capitale de Bagdad à Marw, mais quelques temps après sa victoire, il décida sagement de revenir à la cité impériale. Puis, dans cette année de son règne, de nombreux soulèvements éclateront dans l'ensemble des territoires musulmans.

Les partisans de Ali (s) se feront entendre à la Sainte Mecque, à Médine, au Yémen, à Bassorah (Iraq) et à Kufa (Iraq). Sentant le danger l'encercler de toutes parts, Al-Mamoun fut embarrassé. Pour se sortir de cette situation périlleuse, il fit croire à la population de son intention de démissionner à l'avantage de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) auquel il cédait le pouvoir califien, et ce, afin de tranquilliser les Alides qui dirigeaient des révoltes contre son gouvernement et les amener à la paix civile. Al-Mâmoun était loin d'être persuadé de l'acceptation de son intention par l'Imam Ali Al-Redhâ (s) mais sur l'insistance de son ministre Al-Fadhl ben Sahl il se décidera à faire transmettre à l'Imam (s) son projet.

Il écrira à l'Imam (s) pour l'inviter à une rencontre à Marw. Cependant, l'Imam (s) invoquait toujours une bonne excuse pour justifier son impossibilité à satisfaire le désir du calife. Mais l'insistance soutenue du calife finira par décider l'Imam (s) à le rencontrer, convaincu que le fils du cruel Haroun Al-Rachid ne pouvait avoir aucune affection et compassion envers le fils du septième Imam Moussa Al-Kadhem (s). Pour mettre un terme aux incessantes invitations l'Imam (s) prendra alors la décision de se rendre à Marw : " Ainsi, le septième calife abbasside, Al-Ma'mûn, était le contemporain de l'Imam Ali Al-Redhâ (s). Ayant accédé au pouvoir après avoir tué son frère Al-Amîn, il pensait que la meilleure façon de mettre fin à l'anxiété et à l'affliction que son acte avait laissées en lui, était de détruire la racine et les branches du Chi'isme par des moyens autres que la force et la coercition. Pour atteindre cet objectif, Al-Ma'mûn adopta une nouvelle politique. Il pensa nommer l'Imam Ali Al-Redhâ (s) comme son héritier présomptif, estimant qu'en l'impliquant dans les ténébreuses affaires de son califat, il le compromettrait aux yeux de ses partisans, et que son image de piété et d'intégrité serait ternie, et que, par voie de conséquence, le caractère Sacré de l'institution de l'Imamat s'effondrerait tout seul.

" En poursuivant une telle politique, il pouvait espérer tirer un autre avantage, à savoir l'affaiblissement du mouvement d'opposition des Ahlul Beyt (s) contre les Abbassides, étant donné que les premiers nommés croiraient à tort que puisque le califat serait transféré automatiquement à eux (Ahlul Beyt (s)), en vertu de la nomination de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) comme héritier présomptif, il était inutile de poursuivre la lutte sanglante contre les Abbassides. Une fois qu'il aurait atteint ces deux objectifs, pensait Al-Ma'mûn, il ne lui resterait plus qu'à éliminer, sans trop de risques, l'Imam Ali Al-Redhâ (s)".

Un voyage sans retour

L'Imam Ali Al-Redhâ (s) sera accompagné des hommes d'Al-Ma'mûn, entouré d'honneur et de respect dans la compagnie de certains notables de Médine. Le tracé du voyage avait été décidé par le calife, il évitait tous les territoires où dominaient les chiites qui auraient pu honorer et rencontrer leur Imam. Malgré tout, les gens se placeront sur le passage de l'Imam, l'accueilleront avec ferveur conscients qu'ils étaient d'être en présence d'un petit fils du Prophète Mohammed (pslf). Ils loueront et glorifieront Çááå-Dieu tout au long du parcours de Médine à Marw. Toutefois, l'Imam (s) remarquera des manœuvres de la part des hommes d'Al-Mamoun ayant pour but de l'empêcher d'avoir des échanges avec les populations, mais à chaque occasion propice il (s) leur adressera la parole envers et contre tout.
Lorsque le cortège arrivera à Nechapur, les habitants désireux de voir de près le petit fils du Messager (pslf) de Çááå-Dieu se lanceront à sa rencontre, ce fut un événement plein de chaleur et de gratitude : une foule immense acclamait son Imam (s). Les savants, impatients d'écouter les conseils judicieux du Saint Imam (s) demanderont courtoisement à la foule de calmer sa ferveur : l'Imam avait tant de choses à leur communiquer dans un temps si limité.

La lumière du savoir et de la connaissance éclairait son visage, ses lèvres se mirent à bouger et sa voix parviendra jusqu'à la foule.
L'Imam Ali Al-Redhâ (s) : " Mon père Moussa Al-Kadhem (s) m'a rapporté le hadith suivant qu'il (s) tenait de son père Ja'afar as Sâdeq (s) qui le tenait de son père Mohammed Al-Bâqir (s) qui le tenait de son père Ali Zayn Al-Abidin (s) qui le tenait de son père Al-Hossein (s), le martyre de Karbala, qui le tenait de son père Ali ibn abi Taleb (s) qui a dit : " Mon bien aimé est la prunelle de mes yeux : le Messager (pslf) de Çááå-Dieu m'a dit que l'Ange Gabriel (s) lui avait révélé ceci :
J'ai entendu le Seigneur des Mondes, exalté soit IL, dire : la formule : "Il n'y a de Çááå-Dieu que Çááå-Dieu" c'est ma forteresse et celui qui y pénètre ne connaîtra pas mon châtiment ".

" Les gens qui s'étaient rassemblés autour du palanquin de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) pensaient qu'il (s) en avait fini de leur parler, mais à leur grande surprise il (s) réapparut de derrière le rideau de protection du palanquin en ajoutant au hadith les paroles suivantes : " Toutefois, cela dépend entièrement de quelques conditions, et je suis considéré comme l'une de ces conditions ".

" Le Saint Imam (s) confirmait ainsi que l'adoration de Çááå-Dieu, exalté soit IL, ne pouvait être parfaite qu'en connaissant l'Imam de son époque et en suivant les Douze Imams Immaculés (s). En bref, une personne dévote [un chiite sincère] est celle qui accepte les recommandations des Saints Imams. Ce qui sous entendait que le règne cruel des monarques était contraire au Monothéisme pur ".

Des milliers de rapporteurs ont fait mention de ce hadith de l'Imam (s) qui fut rapporté de père en fils au sein de la Famille du Prophète (pslf) au point que certains disaient que : " si cette chaîne de transmetteurs de la famille prophétique était contée à un homme dépressif il retrouverait la tranquillité et l'équilibre ".

Parler aux Croyants et aux Croyantes, aux populations, à la multitude musulmane et non musulmane, l'opportunité du discours est immémoriale, et le fond est si rare que, s'il vient à être perçu, la certitude, la crédibilité, bref la puissance de la formule de l'Unicité de Çááå-Dieu, exalté soit IL, son interprétation salutaire et la condition représentée par l'Imam (s), bref la Vérité sur le destin individuel et collectif, sont instantanément perceptibles pour les esprits ouverts à la Religion Immuable d'Abraham (s).

Telle est l'instantanéité du miracle de la Guidance Imamat en ce moment où l'Imam Ali Al-Redhâ (s) parle, conseille, propose, apparaît à tous tout au long de son long périple comme le seul Guide, le seul salut et est en fait et en droit le seul capable de mener la vie sur les chemins qui mènent au Jardins du " Salam de l'Islam ".
Avant la sienne, une autre voix s'était fait entendre, celle de la dynastie abbasside, qui avait tenté de rassurer et d'apaiser. Mais elle avait semé la panique, le désespoir.

En vérité, l'Imam Ali Al-Redhâ (s) était bien le Guide : les populations avaient compris. Ce que, pour son destin personnel, le calife Al-Mamoun et avec lui sa nombreuse cour, refusaient d'accepter avec sincérité. Telle fut la réalité, qui n'obtint jamais et librement, sans aucune contrainte exercée sur les populations, pareilles unanimité et ferveur populaires ? Telle fut légitimée la Guidance de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) tout au long du parcours de Médine (Arabie) à Marw en passant par Bassorah, Khuramshahr, Ahwâz, Ray, Nechapour et combien d'autres villes, bourgs et villages. Telle fut la légitimité du Guide de la Patrie musulmane : par la foi et le consentement populaire.

Puis l'Imam (s) poursuivra sa route vers Marw où l'attendait avec impatience le calife Al-Mamoun qui le reçut avec beaucoup de condescendance, de respect et d'égards, l'installant dans une prestigieuse demeure. Les populations interprétaient la présence de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) comme une preuve de la Miséricorde de Çááå-Dieu. Une source de bonheur et de tranquillité, une espérance concrète de Justice et de Paix et d'éloignement des tristes événements des temps passés, une fin des conflits et des révoltes pour accéder au pouvoir, allant même jusqu'à croire que le calife allait enfin rendre le pouvoir usurpé à ses ayants droit. Les populations croyaient que l'un d'eux venait d'arriver pour enfin gouverner le monde musulman. Le guider sur les chemins qui mènent aux jardins du " Salam de l'Islam ", veiller sur les populations comme le faisait son grand-père, le Messager (pslf) de Çááå-Dieu, exalté soit IL.

Vains espoirs, illusions sans lendemains car ces braves gens ignoraient les véritables intentions du calife Al-Mâmoun qui, rappelons le, était le responsable de la mort de son frère Al-Amin pour lui retirer le pouvoir.

Par contre, l'Imam (s), lui, connaissait les vilains projets du calife, il (s) savait que ce dernier n'était en rien sincère dans sa décision de démissionner en sa faveur. Une rapide analyse de l'appareil gouvernemental du calife, un rapide coup d'œil sur les ministres, administrateurs, gouverneurs, secrétaires, juges, savants de la cour, tous bien accrochés au système dynastique menaient à la conclusion que Al-Mâmoun proposait à l'Imam (s) un pouvoir fantoche et dominé par tous les gens déjà en place, bien calés dans leurs prérogatives. C'est la raison pour laquelle l'Imam (s) refusait purement et simplement la proposition d'Al-Mâmoun qui consistait finalement à asseoir l'Imam (s) au sein même de tous ses ennemis prêts à lui interdire de prononcer une seule parole et de faire un geste.

Alors le rusé Al-Mâmoun voyant l'échec de sa stratégie politicienne assuré tentera une autre manœuvre : proposer à l'Imam (s) ni plus ni moins sa succession au pouvoir après lui : " Al-Mâmoun élabora alors un plan nouveau pour résoudre les difficultés accumulées depuis soixante douze années de dynastie abbasside et qu'aucun de ses prédécesseurs n'avaient pu régler définitivement. Sa décision de désigner le huitième Imam comme son successeur comportait deux objectifs : primo, inclure les descendants du Prophète (pslf) au sein de l'appareil gouvernemental afin de les neutraliser, d'étouffer leur esprit de révolte légitime puisque eux mêmes seraient dans les arcanes du pouvoir ; secundo, anéantir la spiritualité monothéiste de la croyance populaire et rompre le lien qui rattachait l'âme populaire à son Imam.
" Ces objectifs pouvaient être atteints à condition que l'Imam accepte de s'engouffrer dans la vie mondaine et se perdre dans la politique dynastique que les Imams et les chiites avaient considéré de tous temps comme perverse et incompétente. Une fois ces objectifs atteints, l'édifice religieux imamite devait s'effondrer et cesser d'être un danger pour le système dynastique. Ces desseins une fois accomplis, les Abbassides auraient eu la voie libre pour se débarrasser de l'Imam (s) ".

L'Imam Ali Al-Redhâ (s) refusera encore une fois la nouvelle proposition du calife dont la formulation ne faisait pressentir aucune sincère affection envers la famille du Prophète Mohammed (pslf) ni envers l'Imam (s) bien entendu. Ce dernier percevait dans le cœur du calife l'animosité, la jalousie, l'amertume, qui se reflétaient dans les propos d'Al-Mâmoun et qui ne pouvaient échapper à l'Intelligence Islamique de l'Imam (s).

Il (s) savait, aussi, que tout cela correspondait à l'esprit comploteur de l'ego rebelle. Il (s) avait compris qu'une fois en place, ses disciples seraient plus facilement connus et, que s'ils entreprenaient d'éradiquer les tares introduites par la société dynastique abbasside, ils buteraient, dès les premiers pas, sur le problème social et moral suivant : ses disciples ne seront pas défendus par des normes juridiques islamiques mais condamnés sans aucune procédure.

Il (s) n'était pas dupe, la machine judiciaire dynastique, faite pour broyer les Croyants et les Croyantes rattachés à l'école Ahlul Beyt, appartenait à un puissant système de cruauté, de répression et d'homicides volontaires prémédités. Dans ces conditions, la décision de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) réclamait beaucoup de réflexion humaine, une longue étude de probabilité. Il (s) a en face de lui (s) une équipe de décideurs abbassides formés à la ruse et aux tactiques de toutes sortes, peu habitués à obéir aux règles islamiques de la morale politique mais fervents adeptes de la duperie et du Faux. Alors, Al-Mâmoun se fera menaçant : " Vous vous opposer sans cesse à mes désirs malgré que je vous garantisse votre sécurité. Par Çááå-Dieu ! Je jure ! Si vous n'acceptez pas de régner je vous y obligerai et si vous maintenez votre refus je vous assassinerai ! ".

" De toute évidence, l'Imam (s) avait dès le début estimé cette conclusion brutale et cruelle de la part du calife car lorsqu'il (s) pénétra, avant son départ de Médine, dans la mosquée sacrée de son grand père (pslf) pour lui faire ses adieux à chaudes larmes, il (s) a dit : " Je pars loin de mon grand père : le Messager (pslf) de Çááå-Dieu, exalté soit-IL, et mon destin en est jeté : je mourrai dans le statut de l'émigré". Il avait pressenti cette fin de vie.

" Persuadé de ce pressentiment, l'Imam (s) acceptera finalement l'offre du calife sous certaines conditions qu'il (s) énumérera clairement dans ses propos : "
J'accepte à condition que je n'aie ni à nommer, ni à démettre, ni à réviser un décret ou une tradition prophétique, je me satisferai du rôle de conseiller ". Le calife Al-Mâmoun acceptera sans sourciller les conditions posées par l'Imam (s). Le serment d'allégeance à l'Imam (s) aura lieu en présence des membres du gouvernement et le témoignage d'un nombre important de la population. Le calife distribuera de l'argent et des cadeaux, les poètes déclameront des vers élogieux. Pour sceller cet événement, le calife donnera l'ordre d'inscrire sur les monnaies le nom de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) et que tout discours soit précédé du Nom de Çááå-Dieu exalté soit IL, de l'imploration de Sa Grâce et de Sa Miséricorde au nom du calife et à celui de l'Imam (s). Dans la province de Khurassan, l'Imam Ali Al-Redhâ (s) organisera des débats contradictoires [pour établir la vérité] avec des savants, des médecins, des scientifiques et d'autres penseurs. Son savoir et l'immensité de ses connaissances faisaient la grande admiration de tous, y compris du calife qui venait assister aux débats tout en faisant mine d'encourager la science et la recherche.

" Toutefois, il laissait apparaître par son comportement, sa jalousie et son envie face à la position élevée par Çááå-Dieu de l'Imam (s). Dès que l'Imam (s) remarquait les signes de ces deux maladies de l'âme du calife, il (s) abrégeait volontairement les débats, limitait ses discours, levait la séance, d'autant qu'il (s) avait compris que les deux secrétaires qui lui avaient été imposés n'étaient en fait que deux espions à la solde du calife. L'Imam (s) souffrait énormément dans son for intérieur de cette situation au point où il souhaitait la décision de Çááå-Dieu de le rappeler aux côtés de sa famille et du Prophète Mohammed (pslf) pour être libéré de cette vie entourée de périls et de menaces permanentes. L'Imam : ? Mon Dieu ! Si ma libération de ce que j'endure ne peut se faire que dans mon Sublime retour vers Toi, alors, hâte le dès maintenant !".

Toutefois, la présence de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) au sein et à la tête de l'appareil gouvernemental du système dynastique bien qu'insupportable pour lui (s) sera pour la Religion Immuable d'un grand bienfait : " Al-Ma'mûn offrit d'abord le califat, et ensuite le poste d'héritier présomptif à l'Imam Ali Al-Redhâ (s). Mais ce n'est finalement que sous la contrainte et la menace que ce dernier accepta de participer au califat, en assortissant son acceptation forcée de la condition qu'il ne serait pas impliqué dans la nomination et les mutations des fonctionnaires, ni dans l'administration des affaires de l'état. Cette affaire réglée, l'Imam Ali Al-Redhâ (s) s'occupa essentiellement de la réforme et de l'éducation des gens ; dans la mesure du possible, il engageait des discussions et des débats avec les théologiens d'autres courants juridiques religieux. Dans ses discours et réflexions, il soulignait la vraie signification des Enseignements islamiques. Al-Ma'mûn lui même s'intéressait beaucoup à ce genre de discussions religieuses. Les discours et les dits de l'Imam Al-Redhâ (s) sur les Enseignements islamiques sont presque aussi nombreux que ceux de l'Imam 'Ali ibn Abi Tâlib (s), et dépassent en nombre ceux des autres Imams.

L'un des plus grands services que l'Imam Al-Redhâ (s) nous a laissé comme legs, est le fait que les Traditions relatives à Ahlul Beyt, et disponibles chez les Musulmans Chi'ites de l'époque, lui furent soumises pour vérification, et il en rejeta un bon nombre qu'il considéra comme étant délibérément inventées de toutes pièces par des falsificateurs mal intentionnés. Grâce à lui donc, les Traditions Chi'ites sont dépouillées de ces narrations fabriquées et fausses ".

Une prière inachevée

Le jour de l'Aïd El Fitr [fête commémorant la fin du mois de Jeûne : Ramadhan] qui eut lieu dans la même année où fut portée l'allégeance à l'Imam (s), Al-Mamoun lui (s) demandera de faire le sermon et de guider la prière de l'Aïd. L'Imam (s) rappellera au calife les conditions de son accord qui lui donnaient le droit de refuser de guider la prière. Al-Mâmoun insista sous le prétexte de vouloir rapprocher les gens de leur Imam (s), de leur faire connaître davantage ses mérites ? Finalement, l'Imam (s) accepta sous certaines conditions d'être le Guide de la prière : il (s) la voulait dans la pure Tradition du Prophète Mohammed (pslf) et telle que l'avait réalisée l'Imam Ali (s). Sur ce point, le calife donnera carte blanche à l'Imam (s). La bonne nouvelle de la Guidance de la prière par le Saint Imam (s) parviendra à tout le monde.

Dès l'aube de ce jour merveilleux et béni de l'Aïd El Fitr, les gens, parés de leurs plus beaux habits, se mirent en route. Le calife envoya un cortège composé des grands officiers de ses armées, ainsi que des notables et personnalités du gouvernement, le tout précédé de cavaliers richement décorés qui suivaient l'Imam Ali Al-Redhâ (s) jusqu'au lieu de l'office [traditionnellement pour cette occasion célébré en plein air]. A noter aussi qu'après avoir accompli le Ghosl bain rituel, de s'être habillé de ses plus beaux vêtements, de s'être posé sur la tête un turban blanc dont un pan tombait sur sa poitrine et l'autre sur son dos, de s'être parfumé, l'Imam (s) sortira de sa demeure et entreprendra d'aller à pied jusqu'au lieu de l'office.

Alors, les membres du cortège califien en feront de même, et tout le monde se mit à marcher derrière l'Imam (s). Il (s) lèvera les yeux au ciel et dira : ALLAHU AKBAR! Çááå-Dieu EST LE PLUS GRAND ! Les gens reprendront en un immense écho la voix de l'Imam (s). De partout l'on pouvait entendre des voix qui louaient la Grandeur de Çááå-Dieu, exalté soit IL, et répéter sans cesse : ALLAHU AKBAR ! Çááå-Dieu EST LE PLUS GRAND ! La multitude avait pris possession des routes et chemins comme cela ne s'était jamais vu auparavant dans la province et à Marw.

En fait, le désir caché du calife était celui de croire que l'Imam (s) saisirait cette occasion de guider la prière pour s'exhiber à la manière des rois, des empereurs, des califes toujours avides de faire valoir leur personne, de montrer la puissance de leur orgueil, d'imposer la domination de leur vanité et de soumettre les gens à la crainte de leur cruauté. Mauvais calculs de la part du calife qui n'avait pu imaginer que l'Imam (s), lui, donnait à cette occasion l'opportunité tant espérée de montrer et faire ressentir aux populations la dimension et la profondeur spirituelle de l'événement annuel de l'Office de l'Aïd El-Fitr dans lequel se manifestent et s'élèvent vers Le Très Haut tous les signes de la piété et de l'adoration de Çááå-Dieu dans les voix qui louent et glorifient le Seigneur des Mondes.
Là encore, le calife fera preuve d'incrédulité dans ses jugements limités à l'écho de son "moi".

Inquiet de la tournure que prenait l'événement, de l'impact religieux et social de la Guidance de l'Imam (s), le calife lui enverra un émissaire chargé de lui dire ceci : " Nous vous avons chargé plus que ce que vous pouvez porter, nous vous avons suivi, ô fils du Messager (pslf) de Çááå-Dieu ! Cependant notre désir à votre égard c'est que vous preniez un temps de repos, revenez auprès de nous et laissez que la prière soit guidée par celui qui en avait la charge civile avant vous ".
C'était là ce que souhaitait l'Imam (s) depuis le début. Il (s) cédera la place à la personne désignée par le dirigeant abbasside.

" Je mourrai en émigré "
Dès ce jour où le dirigeant abbasside pris conscience de la chaleur et de la ferveur des populations à l'égard de l'Imam (s), l'attirance naturelle qu'il (s) exerçait sur les cœurs des gens, Al-Mâmoun développa en lui encore davantage le ressentiment de l'amertume allant jusqu'à se remémorer le comportement de son père dynaste Harun Al-Rachid à l'égard de l'Imam Moussa Al-Kadhem (s) et les propos qu'il tenait : " Un jour, lorsqu'il était enfant, le calife avait constaté que son père honorait et respectait l'Imam de son temps : Moussa Al-Kadhem (s). Ce qui l'amena à demander à son père : Qui est cet homme envers lequel tu fais preuve de tant d'égards en te levant pour l'accueillir, en t'asseyant à ses côtés ? - Son père Al-Rachid répondit : C'est l'Imam des peuples, l'argument de Çááå-Dieu pour Ses créatures, Son Successeur du Prophète (pslf) pour Ses serviteurs ! - Le fils Al-Mâmoun : N'as tu pas, toi aussi, toutes ses qualités. - Le père : Moi je suis le guide qui s'impose par la force et la contrainte tandis que l'Imam Moussa Al-Kadhem (s) est le guide qui mène à la Vérité. Par Çááå-Dieu ! ô mon fils ! Il a le droit pour lui (s) sur moi et sur toutes les créatures, d'être celui à qui il a été donné de prendre la relève du Messager (pslf) de Çááå-Dieu. - Le fils : Puisque tu sais tout cela, écarte toi du trône et remets le aux ayants droit ! - Le père : ô mon fils ! Le pouvoir est stérile, certes, mais par Çááå-Dieu ! Si tu tentes de me le prendre, je suis prêt à t'enlever ce qui t'est le plus nécessaire pour vivre!".

Le calife Al-Mamoun digne fils de son père, se remémora cette discussion, surtout les mots de la dernière phrase de son père qui ne cessaient de résonner dans ses oreilles. Pour quelle raison abandonnerait il l'enseignement de son père, lui qui avait assassiné son propre frère, mis à mort des centaines d'opposants, fait massacrer des milliers de manifestants rien que pour préserver la dynastie abbasside dont il était un pur produit et un enfant. Pour quel motif devrait il remettre le pouvoir dynastique à un homme (s) qui en fin de compte le dévoilait dans ses intentions d'imposer ses visions de dynaste, que les gens admiraient avec ferveur et compassion, le (s) respectaient avec beaucoup de retenue, pour lequel (s) les cœurs frémissaient dès qu'il (s) s'absentait ? En se souvenant de son enfance, en se rattachant à la mémoire familiale du clan des Abbassides, le dynaste prendra la décision de se libérer de sa promesse de remettre le pouvoir à l'Imam (s) et pire encore il envisagea de se débarrasser du Saint homme de la descendance du Prophète Mohammed (pslf) par sa fille Fatima Az-Zahra (s).
La présence de l'Imam Ali Al-Redhâ (s) au sein de l'appareil gouvernemental n'aura durée que quelques années. Il (s) sera empoisonné, trouvant ainsi le martyre à Tous en l'an 203 de l'Hégire /825. L'on accusa à propos Al-Mamoun de l'homicide, mais il refusa catégoriquement d'endosser la culpabilité de l'acte, allant jusqu'à porter le deuil et faire preuve d'un grand chagrin. L'Imam (s) sera inhumé à Mached (R.I. d'Iran) où s'élève son Mausolée que des millions de pèlerins visitent jour et nuit tout au long de l'année et en provenance du monde entier. L'Imam Ali Al-Redhâ (s) a dit : " Celui qui me visitera au lieu de mon émigration, sera avec moi et au même rang le Jour de la Résurrection ! ".

Sur lui et sur sa famille la meilleure des salutations et la plus belle des paix. *

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