Aperçu des Grandes Ames de l’Humanité
 
Le mouvement-évolution mohammadien

Le Prophète Mohammed (pslf) se dresse, dans l'histoire de l'humanité, au service de la dignité et de la liberté, au service du Droit à la vraie spiritualité et de son complément la bonne sociabilité. C'est de lui (pslf), par l'intermédiaire des ses Douze Imams successeurs (s), que s'est répandu dans le monde l'héritage islamique qui fait du respect de la Créature de Çááå-Dieu le fondement de la dignité et de la liberté, et des lois islamiques de la Chari'à la base de l'ordre religieux et social. Le Droit étant l'un des éléments de l'essence même de la Civilisation islamique mohammadienne, les populations concernées par l'expansion de l'Islam ne manqueront jamais d'en souligner les bienfaits, et encore aujourd'hui, des auteurs indépendants en font toujours l'éloge : " L'attache de l'Islam aux religions précédentes est telle que le Coran pose comme condition indispensable aux Croyants (mu'minûn), la foi dans les écritures anciennes ".

Le Droit musulman ne fut élaboré que progressivement, à la cadence de la Sagesse divine mise au service de vingt-trois années pour révéler la règle générale complète et finie qu'est le Coran inimitable. D'elle et du modèle global qu'est la Sunna va se construire la Chari'â qui détermine les comportements religieux et sociaux en Islam : " Comme sa tâche essentielle consistait dans la création et la consolidation d'un nouveau mode de vie, Mohammed ne pouvait pas matériellement trop brusquer les choses. Son devoir exigeait, à priori, de codifier et de faire admettre progressivement mais d'une manière irréversible l'ensemble des règles coraniques en tant que nouvelles règles de la société nouvelle. ?tant l'arbitre suprême de la Communauté qu'il présidait, il ne pouvait pas non plus prendre partie catégoriquement pour ou contre une des fractions de ses disciples. Son appel s'adressait à tous pour créer une entente qui lui permettrait d'arriver à une cohésion permanente parmi les éléments forts disparates de l'Umma. Ses recommandations perpétuelles aux Muhâdjirûn pour considérer les Ansâr comme leurs frères, ainsi que sa politique de tolérance appliquée à ses anciens ennemis, révèlent ce souci primordial qui était le sien de vouloir sauvegarder l'unité de la Communauté ".

Le Droit ainsi établi vise essentiellement à l'application progressive des règles du Pouvoir juridique islamique, en opposition avec la méthode des mesures immédiates contraignantes. La Chari'â est avant tout le Code réfléchi et précis de la voie du Salam et à ce titre elle doit s'élaborer pour durer et non au titre de l'éphémère de tout ce qui se fait et s'impose par la force et la ruse. Elle peut être considérée comme le Code de la science des bons comportements et des statuts nobles, de leur défense compte tenu du fait que l'Islam donne à la personne une existence légale qu'elle soit libre ou esclave selon la définition islamique. Plutôt qu'un droit au sens restreint du terme, le Droit islamique se présente comme la formulation universelle de tous les Droits et Devoirs encadrés par la notion de licite et de l'illicite à laquelle s'ajoutent les positions intermédiaires de l'acte recommandé sans être obligatoire et de l'acte déconseillé sans être formellement interdit.

Pareille échelle de valeurs ne peut s'établir qu'à travers une Culture généreuse et ouverte aux appréciations des nombreux cas d'espèce dus aux différences présentes en chacun des peuples. Ce qui porte le Droit islamique à continuellement défendre ou autoriser, à s'adapter donc à l'évolution tout en maintenent la règle immuable des interdits et en légiférant sur les positions intermédiaires. Les juristes musulmans, pour le moins ceux rattachés à l'?cole des Ahlul Beyt, sont donc très imprégnés de la manière juridique de raisonner, de classer et de qualifier les problèmes posés aux différentes époques.

Le mouvement-évolution mohammadien n'ignore ni ce qui est Vrai ni ce qui est Faux, ni ce qui est Bon ni ce qui est Mauvais dans la partie de vie du plan terrestre mais il s'attache avant tout à ce qui est immuable, essentiel, permanent et fait lever le regard de l'homme vers Le Haut, le Très-Haut, il le fait marcher avec droiture et certitude sur la terre et sous le ciel, sous tous les astres et par tous les chemins jusqu'au jour où il s'élancera sur l'unique chemin de son retour vers son Créateur. C'est à la Gloire de Çááå-Dieu et à celle de Ses Prophètes (pse) qu'il est due la connaissance d'avoir placé la Religion Immuable au sein même de l'humanité pour satisfaire ses besoins continuels de prospérité spirituelle, intellectuelle, morale et sociale.

Au moment même où le Rappel rend à l'homme le Droit à la vraie spiritualité et à la bonne sociabilité et le relève par le fait de la déchéance imposée par des doctrines-systèmes fondées sur la volonté propre, mal orientée et en définitive nuisible, il fait connaître les grands principes de son affranchissement du " statut de sujet-esclave " pour pénétrer dans le " statut de l'homme libre ", il lui fait comprendre que le despotisme n'est pas une fin en soi, que les iniquités, les inégalités, les misères incomparables ne sont pas des programmes de société voulus par Çááå-Dieu mais bien par les hommes à l'esprit dominateur : " Mohammed a développé son action dans une société déterminée, dans un milieu social, économique, politique et religieux bien défini. Il a fait admettre à son peuple une nouvelle vision du monde et un nouveau modèle de vie. Il ne pouvait manquer de se heurter à la résistance de ceux pour qui le statu quo général était fort avantageux. Devant l'opposition des riches, des idolâtres, des judéo-chrétiens, des tribus et des ambitions, il montra une habileté exemplaire et un réalisme permanent. Son réalisme l'amena, tout au long de sa mission, à céder parfois sur les questions subsidiaires, mais il conservait l'essentiel de son projet qui consistait à fonder un système politico-religieux sur les bases de la nouvelle religion ".

Malgré tout, le Prophète Mohammed (pslf), à la cadence de la Révélation de la règle générale du Saint Coran, n'appellera ni à la soumission au régime du pouvoir de fait ni à la révolution, mais à la résistance héroïque, à la défense des Droits de Çááå-Dieu et à la pratique des Devoirs. Il (pslf) n'entreprend pas de changer par des mesures contraignantes immédiates la situation catastrophique de son temps mais de prendre appui sur l'éducation d'un monde déjà bien vieux, bien corrompu, dirigé par le vieil ordre pré-islamique qui l'a toujours mené à reculons.

Certes, le Prophète (pslf) dénonce le Mal, il (pslf) défend le Bien sans pour autant avoir la haine au cœur, raison, aussi, qui fait que nombreux sont ceux qui sont pleins d'affection à son égard. A l'image des Prophètes antérieurs (pse), il (pslf) pénètre le monde en douceur pour lui apporter les références d'une vie vraie et bonne. En quelques décennies et jusqu'à aujourd'hui la Religion Immuable nommée par Çááå-Dieu Islam couvre le monde du mouvement-évolution mohammadien. Il se répand à l'Est, à l'Ouest, au Nord, au Sud ; il pénètre dans le vieil ordre pré-islamique couvrant le monde, nombre de tribus, de peuples, de nations, d'empires, s'ouvrent à l'Islam et nulle part il inquiète parce qu'il apporte le Salam unificateur de sociétés les plus diverses. Çááå-Dieu a voulu le monde dans l'Islam parce qu'il est le système géothéologique, géopolitique et géosociologique idéal, universel, à vocation internationale, portant un regard fait de tolérance sur toutes les variétés et toutes les formes sociales, pour autant que celles-ci soient orientées au Bien, et un regard fait de patience pour poursuivre son œuvre de libération de la spiritualité, d'émancipation de la condition, en un mot d'éradication du mal.

Le Rappel énoncé par le Prophète Mohammed (pslf) est contemporain à une mutation du monde, d'un ébranlement des sociétés construites sur le modèle impérial. Partout se fissuraient ou éclataient les contrats impériaux. Et la grande question du mode de cohésion des peuples dans leur diversité était à l'ordre du jour. Cette mutation des principes impériaux, l'effondrement des empires, réclamaient des repères solides et bien enracinés pour permettre aux identités collectives de se re-situer dans une islamité commune et une finalité identique : dignité et liberté.

A la politique du pessimisme du culte des idoles et des préjugés va succéder l'optimisme cultuel et culturel du Monothéisme pur nommé par Çááå-Dieu : Islam où chacun doit accepter les différences ethno-culturelles pour apprendre de l'autre et non vouloir le dominer tel cela avait lieu dans l'environnement direct tribal ou impérial de l'époque de l'événement mohammadien : " Dans la société arabe traditionnelle fondée sur la structure tribale, la liberté a toujours été assimilée à la souveraineté de la tribu, ou du clan : une tribu n'est libre et ne peut prétendre à des droits qu'en se libérant de la tutelle de ses ennemis et en les soumettant à la sienne. La liberté ne se conçoit qu'à travers et par la négation de celle du camp adverse. A l'intérieur de la tribu, la liberté et les droits des individus n'étaient concevables que sous l'angle de la place de chacun et de sa fonction dans l'ordre patriarcal de la tribu […] ".

Avec le Prophète Mohammed (pslf), l'Envoyé dans une période de transition comprenant l'effondrement du culte impérial, l'effritement du culte du " moi je ", le palais de l'idolâtrie allait avoir sa première brèche ; certes il ne se brisera pas immédiatement, il en reste des vestiges mais l'Edifice du Commandement : Instaurez le Bien ! Eradiquez le Mal ! allait se construire sur les fondations solides de la Sainte bi-unité Coran-Sunna. Enfin, les pas de l'homme allaient se poser sur les semences fertiles de l'Islam et non plus sur les débris des idoles et des préjugés. Et le bonheur sera que les semences fécondes de l'Islam se verront et se voient encore de nos jours pour jusqu'à la fin des temps car la Mission du Prophète Mohammed (pslf) : " avait pour but d'une part, de purifier des impuretés la Religion d'Abraham, père commun de toutes les religions monothéistes (continuation), et d'autre part, de fonder une religion parfaite, basée sur des lois et des règles précises (législation) ".

Le mouvement-évolution mohammadien est en vérité le processus libérateur de dimension universelle dont le premier principe est l'instauration de l'état Constitutionnel de Médine, reposant sur une Constitution écrite prenant appui sur les sciences humaines et sociales énoncées dans les Saints Versets du Coran véridique. Même s'il est reconnu que le Prophète Mohammed (pslf) devait avant tout arbitrer entre les tribus, l'idéal constitutionnel prenant appui sur un document écrit est lui bien réel et prometteur d'un changement politique et sociologique dans la façon de concevoir le pouvoir : " Le Gouvernement islamique ne ressemble à aucun autre système gouvernemental actuellement en vigueur. […] Le Gouvernement islamique n'est ni despotique, ni absolutiste, mais constitutionnel, bien sûr pas au sens courant du terme actuellement (qui désigne des régimes) où les lois sont approuvées par des personnes et une majorité, mais constitutionnel dans le sens où les dirigeants sont tenus par un ensemble de conditions défini par le Coran et la Tradition du Prophète (pslf) et qui représente en fait les décrets et lois islamiques qui doivent être respectés et appliqués. De ce fait, le Gouvernement islamique est le Gouvernement de la Loi de Çááå-Dieu sur le peuple ".

En ce qui concerne cet idéal mohammadien du pouvoir de droit reposant sur un document écrit, il est convenable de le considérer comme un acte politique désireux de concrétiser le droit à la liberté d'expression et d'opinion des différentes croyances et des différentes tribus qui composaient la communauté multiconfessionnelle de Médine. De toute évidence, le document écrit accepté par ses adhérents servait à légitimé le rôle du Prophète (pslf) et l'existence de l'état constitutionnel de Médine chargé d'organiser la vie civile, d'unir et de rassembler par-delà les différences et les coutumes respectives. Premier pas, donc, vers un ralliement autour d'un document écrit considéré à juste titre comme Constitution de l'état de Médine et base du régime constitutionnel islamique : " La Constitution est la référence suprême du pays ; elle respecte les droits fondamentaux de tous les individus et groupes ".

Ce mouvement-évolution mohammadien fera que devant une telle modernité de vie spirituelle, intellectuelle, morale et sociale, les mentalités n'opéreront pas aussi vite que souhaité par les Croyants et les Croyantes les changements dont elles avaient pourtant besoin parce que les voies de l'idolâtrie, du polythéisme et des préjugés claniques ne voulaient pas céder la place au Chemin qui allait aborder la réalité du présent et la construction de l'avenir.

Les grands apports des Prophètes ont toujours été longs à s'intégrer dans les voies cérébrales d'hier. Certes, on peut abattre des idoles et les murs de leurs palais, mais longtemps après demeurent encore dans la pensée des barrières qui constituent de véritables malformations mentales. Donc, se réjouir de posséder les références islamiques de vie vraie et bonne de la Sainte bi-unité Coran-Sunna, du modèle de prospérité spirituelle, intellectuelle, morale et sociale dans la personne du Prophète Mohammed (pslf) et dans les gens de la Demeure du Messager de Çááå-Dieu (pslf) - Ahlu Beyti Rassoul Allah (s).

En comprenant bien l'importance du Rappel il peut être vu combien il y a un besoin de véritables références de vie vraie et bonne, de pratiques spirituelles et sociales authentiques, de participation toujours plus éclairée à la réflexion et aux actions communautaires pour construire l'édifice : Justice-A'dala et Paix-Salam de l'Islam.

Dans le Rappel de la règle générale du Monothéisme, géothéologie et géopolitique ne font qu'un, ainsi que la Loi et la Morale ; le séculier est rivé au religieux et tout bon commandement vient de Çááå-Dieu. Le Prophète Mohammed (pslf) va instituer, dès lors, les règles de la vie vraie et bonne voulue par Çááå-Dieu, non seulement pour maintenir glorieuse et haute la spiritualité mais également pour posséder des bonnes manières, pratiquer une hygiène quotidienne corporelle, alimentaire, vestimentaire, réussir un mariage, réaliser un divorce honorable pour les deux parties, bien traiter l'épouse, les parents, les enfants, les voisins, les ennemis, prendre soin de l'environnement humain et de l'environnement naturel, de la flore, du milieu marin et des animaux, affranchir en tant qu'acte méritoire les esclaves, respecter les règles commerciales, financières et économiques, établir une bonne politique, régler ou reporter les dettes du débiteur ou bien encore les transformer en aumônes volontaires si celui-ci invoque des raisons légitimes et inopposables à son impossibilité de s'acquitter de la dette, honorer les contrats, les engagements, les testaments, entreprendre des activités, châtier le crime, légiférer, établir la Paix, repousser la Guerre et être prêt pour la défense armée, etc.

Autrement dit, la Sunna du Prophète Mohammed (pslf) vient reconfirmer et compléter pour toutes les époques, les Lois et les Règles divines qui forgent la vraie vie spirituelle, intellectuelle, morale et sociale, raison faisant que la Sunna en prenant appui sur le Coran forme avec Le Livre la base scientifique de tout ce qui se pense et se réalise en Islam : de l'état constitutionnel de Médine à la façon d'enseigner à exister à l'enfant.

Béchir Torki, universitaire tunisien, spécialiste de physique nucléaire, déclare à propos du Coran : " Le Coran est indubitablement une révélation divine. Il est aussi, en un sens, un ouvrage de science. Mais cela ne signifie pas qu'il renferme des équations, ou des théories scientifiques. Cela signifie seulement qu'il procède du même esprit qui anime la science dans son essence. C'est tout comme lorsqu'on dit que le Coran est un miracle esthétique. Cela ne signifie pas qu'il est un traité de rhétorique. Cela signifie seulement qu'il procède du même esprit qui anime la rhétorique dans son essence ".

Le Prophète Mohammed (pslf) est l'origine du modèle du rapport géothéologique et géopolitique franc, adulte, mûr, pluraliste, tout simplement à la Gloire de Çááå-Dieu et de la vie qu'IL a étendue sur Terre. Au-delà des critiques discriminatoires, le modèle islamique continue de séduire par son universalité, par son modèle qui n'est l'œuvre ni d'une dynastie ni d'un parti politique mais un modèle de communauté née de la libre adhésion aux références islamiques du Monothéisme pur nommé par Çááå-Dieu : Islam. L'Islam doit sa pérennité sur le plan terrestre à l'obligation de ses disciples de s'unir dans la Croyance pour garantir leur indépendance socio-culturelle et leurs droits. La communauté islamique est par conséquent une communauté de volonté à vivre pleinement l'islamité originelle faite de croyance monothéiste et de belle et bonne sociabilité de la Créature de Çááå-Dieu.

Donc, l'année du début de l'Ultime Révélation coranique revêt pour l'humanité une importance géothéologique, géopolitique, juridique, économique et géosociologique majeure dans la mesure où débute la transformation d'un monde figé dans le passéisme impérial pleinement régressif.

Selon la Constitution de l'état de Médine, l'unité se réalisera par une étonnante stabilité, même si des épreuves seront imposées de l'extérieur à l'institution islamique du Gouvernement. L'originalité de l'état de Médine tiendra au fait qu'il est l'exemple de modernité politique et pour l'essentiel non conflictuel mais prête à défendre l'égalité constitutionnelle de plusieurs croyances à l'intérieur de la Nation de l'Islam.

En général, tout le monde admet aujourd'hui l'avancée géothéologique et géopolitique majeure portée par l'événement mohammadien que des études plus anciennes et de caractère souvent intolérant et polémique tendaient à travestir, à amoindrir, à détourner de la réflexion. Toutes les écoles musulmanes de jurisprudence s'accordent des positions communes faisant l'éloge de la valeur religieuse et politique du Message dont la nature divine est ressentie au-delà de la communauté musulmane par des théologiens et auteurs non musulmans voire non croyants.

Nombreux sont ceux qui aujourd'hui insistent sur le caractère exceptionnel, transcendant et durable de l'événement mohammadien fait de vraie spiritualité et d'organisation des sociétés par-delà leurs différences parce que : " De façon générale, le but des missions prophétiques est que les hommes, par le biais de relations sociales justes, soient organisés et éduqués, qu'ils retrouvent le sens de l'humanité ".

A noter, aussi, que la richesse en documents historiques détenus par l'?cole des Ahlul Beyt, parvenus par l'intermédiaire des Gens de la Demeure du Messager de Çááå-Dieu (pslf)-Ahlu Beyti Rassoul Allah (s), place sur un terrain fertile ceux qui veulent être vrais et sincères avec la personnalité exceptionnelle du Prophète Mohammed (pslf) car, : " Il ne s'agit pas seulement d'un simple chef politique ou d'un grand chef spirituel. Il est avant tout un Prophète, mais un Prophète dont la religion ne distingue nullement le politique du spirituel. Mohammed était doté d'un immense pouvoir politique qui n'était pourtant pas un pouvoir absolu. Il était bien sûr limité par le Coran, ce qui réduisait largement son degré d'" absolutisme ". Ce même Coran lui dictait le principe de la Consultation (al-Shurâ), titre d'une sourate, ce qui montre l'importance et la valeur de ce principe dans l'Islam. Cependant, le pouvoir de la dernière décision appartenait au Prophète, qui régnait dans la légalité, car son pouvoir était basé non seulement sur la Révélation elle-même, mais aussi en rapport avec celle-là sur le droit qui en résultait, c'est-à-dire sur un système de règles établies. Sa légitimité résidait dans ces règles pour la simple raison que le " porteur du pouvoir est légitimé par les règles ; son pouvoir n'est légitimé qu'en tant qu'il correspond à ces règles ". Les sources en provenance des Gens de la Demeure ont une origine unique et décrivent parfaitement bien la vie intime, religieuse, sociale, politique, diplomatique du Prophète (pslf) Elles sont les sources utilisables, vérifiables, qui se sont transmises du Prophète Mohammed (pslf) à sa fille Fatima Az-Zahra (s), à son successeur Ali Ibn Abi Tâleb (s), et de ceux-ci à leurs enfants, les deuxième et troisième Imam Al-Hassan et Al-Hossein (s), et d'eux aux neuf autres Imams (s) du Cycle de la Guidance. Ils seront tous les transmetteurs agréés de la Tradition du Prophète (pslf) que le grand nombre de leurs élèves prendra par écrit. Ils compileront les hadiths dans des livres tels ceux-ci : " […] en prenant l'exemple des " 4 livres ", celui d'al-Kulaynî contient 16100 traditions, celui d'Ibn Bâbûye 9044 et les deux ouvrages d'al-Tûsî, Tahdhîb al-ahkâm et Istibsâr, respectivement 13590 et 5511. De ces quelques 38000 traditions près de 8000 proviennent d'al-Bâqir [cinquième Imam] et 12000 de Ja'afar [sixième Imam] ".

Le Prophète Mohammed (pslf) : l'Envoyé pour unir les hommes

Le Messager de Çááå-Dieu (pslf) pénètre le monde d'ici-bas à une époque où il était nécessaire de prendre en considération le jeu des forces néfastes et nuisibles de l'idolâtrie, empêchant l'évolution spirituelle, intellectuelle, morale et sociale des peuples, au point où une sourate descendra à propos de l'idolâtrie : " Les chroniques islamiques révèlent que la sourate Kafirun-Les Incrédules a été révélée à propos du paganisme et qu'elle vise aussi certains chefs païens Quraïch tels que Walid Ibn Muqayrah ; 'As Ibn Wa'ïl ; Harith Ibn Qays' ; 'Umiyat Ibn Kalaf et d'autres. Ils viendront voir le Prophète (pslf) et lui diront : " ô Mohammed ! Suit notre croyance et nous suivrons la tienne en te laissant jouir de tous tes privilèges. Durant une année nous adorerons nos dieux et l'année suivante nous adorerons ton Çááå-Dieu. Si ta croyance est la meilleure, nous la pratiquerons à tes côtés ; et si notre croyance est la meilleure, tu la pratiqueras à nos côtés. Le Prophète (pslf) dira : Je prends refuge auprès de Çááå-Dieu, je ne fais aucune compétition de ce genre. Ils répliqueront ceci : Tu dois toucher certains de nos dieux, de toute évidence, et en recevoir un signe et une annonce. Si tu acceptes cette proposition, nous t'approuverons et nous adorerons ton Çááå-Dieu. Le Prophète (pslf) leur répondra : J'attends les ordres de mon Seigneur ! ".

Dès lors, une Sainte Alliance se mit en place à La Mecque puis confirmée à Médine l'accueillante. A La Mecque : "Pour preuve, cet événement de force majeure ayant eu lieu au tout début de l'avènement de l'Islam, lorsque le Prophète (pslf) invita ses proches et qui durant l'invitation leur fit connaître son Successeur. Cette invitation faisait suite à l'Ordre de Çááå-Dieu : "æ ÃäÐÑ ÚÔíÑÊß ÇáÃÞÑÈíä? - wa 'andhir ashirtak al-aqrabin - Avertis tes partisans les plus proches ".

; ses proches se rassemblèrent dans la demeure de son oncle Abu Tâleb. Les présents étaient au nombre d'environ quarante parmi lesquels il y avait ses nombreux oncles dont Abu Tâleb, Hamzah Abbas et Abu Lahab. Lorsque se termina le repas, le Saint Prophète (pslf) s'adressa à l'assemblée ; cet événement fut transmis comme faisant partie de la Sunna et rapporté dans tous les recueils de hadiths authentiques, dans les ouvrages d'Histoire, dans les biographies concernant le Saint Prophète (pslf).

"Le message transmis par le Saint Prophète (pslf) à l'assemblée de ses proches réunis dans la demeure de son oncle Abu Tâleb était composé de ces paroles : "ô Bani Abdi Muttaleb ! Je ne connais aucun jeune arabe parmi vous qui soit venu porteur d'une excellence meilleure de celle que je vous apporte. Je vous apporte le Bien de la vie immédiate du monde d'ici-Dounia, et le Bien de la vie ultime du Monde de l'Au-delà-Al-Akhira".

"Toute l'assemblée demeura sans prendre aucune responsabilité sur la question excepté Ali (s), le plus jeune de tous les présents qui se leva et déclara : "Anâ ya Rassoul Çááå-Allah akounou wa ziraka 'ala mâ ba'athaka Çááå-Allah.- Moi, ? Messager de Çááå-Dieu ! Je serai ton premier ministre dans ce pour quoi Çááå-Dieu t'a envoyé".

"Le Messager de Çááå-Dieu (pslf) s'empara de la main de Ali (s), s'adressant aux présents d'entre ses proches les plus immédiats, il (pslf) déclara : "Inna Hâdhâ Akhi wa Waciyyi wa Khalifati fikoum (aw alaykoum) fasma'ou lahou wa ati'ou. - Celui-ci est mon Frère, mon Héritier, mon Successeur parmi vous (ou au-dessus de vous), écoutez-le et obéissez-lui".

"Les présents à l'Invitation ricanèrent. Ils dirent à Abi Tâleb : Il t'ordonne d'écouter ton fils, de lui obéir en qualité de ton Commandeur. "L'événement ci-dessus et son message ont été rapportés dans des ouvrages par un grand nombre de savants célèbres et de traditionalistes reconnus sérieux, comme Ibn Ishaq, Ibn Jarir, Ibn Abu Hatam, Ibn Mardawayh et Abu Na'im ; l'imam Bayhaqi les a cités dans ses ouvrages Sunan et Dala'il ; Tha'labi et Tabari les ont cités dans leurs commentaires concernant la Sourate Al-Shu'ara, - Les Poètes, 26 - ; Tabari les a rapportés dans son ouvrage Tarikh Al-'Uman wa Al-Muluk - Histoire des différents peuples et de leurs dirigeants -, volume 2, page 217, d'après une variante dans les paroles ; Allamah Ibn 'Athir les a cités parmi les hadiths universellement acceptés dans son ouvrage Tarikh Al-Kamil, volume 2, page 22, sous le titre "Çááå-Dieu ordonna à Son Messager de faire connaître sa Prophétie" ; Abd Al-Fida les a cités dans le volume 1, page 116 de son œuvre concernant les premiers à avoir embrassé l'Islam ; l'imam Abu Ja'far Al-Iskafi Mu'tazali les a rapportés dans son ouvrage Naqd Al-'Uthmaniyyah et prouvé pleinement leur authenticité ; Allamah Halabi les a cités dans son célèbre ouvrage Sirah Al-Halabiyah dans un chapitre duquel il développe la retraite du Prophète (pslf) et de ses Compagnons dans la demeure de Arqam. -

A Médine : "C'est un fait connu celui du Prophète (pslf) consacrant la fraternité entre ses Compagnons par deux fois ; lors de la première fois la fraternité fut consacrée entre Abu Bakr et Omar, entre Othman et Abd Al-Rahman Ibn Awf ; et lors de la seconde fois, la fraternité fut consacrée entre Omar et 'Atban Ibn Malik. Mais, tel cela est connu de tous, lors des deux fois Ali (s) fut toujours consacré frère du Messager de Çááå-Dieu (pslf). Par pur esprit d'être bref, nous ne citerons pas ici tous les hadiths authentiques concernant ce sujet et transmis à travers des sources reconnues fiables comme Ibn Abbas, Ibn Omar, Zayd Ibn Arqam, Zayd Ibn Abu Awfi, Anas Ibn Malik, Hudhayfah Ibn Yuman, Makhduj Ibn Yazid, Omar Ibn Al-Khattab, Bara' Ibn Azib, Ali Ibn Abu Tâleb (s), etc., tous ont reconnu que le Messager de Çááå-Dieu (pslf) avait déclaré : "Tu es mon frère dans ce monde et dans le Monde à venir". Le Prophète (pslf) posa sa main sur la tête de Ali(s) et déclara : "En vérité il est mon Frère, l'Exécuteur de mon testament et mon Successeur parmi vous ; écoutez-le et obéissez-lui".

Au milieu des ruines impériales et du chaos où s'affrontent depuis trop longtemps déjà les mauvais projets de société, la Religion d'Abraham (psl) nommée par Çááå-Dieu Islam, va exercer sur la société civile une influence spirituelle, intellectuelle, morale et sociale en conformité avec la nature de la vraie vie, et une influence résolument portée au Bien en direction des principes dégradants élaborés par des idéologies et des doctrines imposées par des condamnations et des persécutions.

En considérant les faits dans leur ensemble, l'une des admirables sagesses du Prophète (pslf) en droit fil avec la ligne suivie par ses prédécesseurs (pse) sera de ne pas être resté étranger avec le monde, de ne pas avoir fait preuve d'esprit étroit et exclusif, de ne pas avoir attaché à telle ou telle promesse qui lui était faite son honneur. Il (pslf) va vivre en bonne relation avec les gouvernants les plus divers : chefs de tribus juives, chrétiennes, idolâtres, chefs d'empire romain, persan, etc. ; ce sont ces chefs qui ne tiendront pas les traités et engagements conclus avec le Prophète Mohammed (pslf), qui lui imposeront des batailles auxquelles le Prophète (pslf) répond pour se défendre ou se prémunir des mauvaises intentions de l'esprit conquérant de ses détracteurs.

Rapprocher, mettre un terme à l'hostilité, ramener les uns et les autres à se comprendre, à s'accepter par-delà leurs différences et leurs origines, telle est la générosité de la Religion Immuable : " La Communauté musulmane était composée d'éléments divers. Autour de Mohammed se trouvait le groupe des Compagnons qui était divisé en deux parties : les Immigrants (Muhâdjirûn) et les Auxiliaires (Ansâr). Les Compagnons n'appartenaient ni à une couche sociale spécifique, ni à une tribu déterminée, ni même à une nationalité propre. D'origines différentes, ils étaient aussi d'âges différents. En ce qui concerne l'origine sociale, il faut dire qu'un homme aussi " noble " et riche que 'Othmân était placé en sa qualité de compagnon (sahâbi), au même rang qu'un autre comme 'Ammar dont les parents étaient des esclaves affranchis. L'âge non plus n'était pas important. 'Obaydallah b. Harith (âgé de soixante et un ans au moment de l'hidjra) et 'Ali jouissaient formellement des mêmes droits. L'appartenance ethnique non plus n'empêchait personne de devenir compagnon du Prophète. L'on sait que Salman (persan) jouissait auprès des Compagnons d'une grande popularité ".

L'Islam est né sur le plan terrestre en même temps que la nécessité pour le monde de tourner la page des horreurs, des condamnations et des persécutions. Il est et demeure l'associé de tous les travaux qui ouvrent les chantiers de la spiritualisation et de la socialisation de la nature humaine.

Quelle était, spirituellement et matériellement parlant, la grande question, la question suprême qui préoccupait, en ce début de 7e siècle après Jésus (s), les esprits ? C'est là la question qui se posait entre ceux qui reconnaissaient et adhéraient à l'absolu de l'Unicité de Çááå-Dieu, exalté soit IL, et ceux qui ne reconnaissaient pas encore l'Ordre Souverain. La question posée, pour appeler les choses par leur nom, se situait entre les partisans respectueux du Monothéisme pur transmis par les Prophètes et notamment ceux considérés comme Grands, tels : Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Mohammed, et les partisans d'un Monothéisme de convenance ou de l'idolâtrie. C'est à dire, aussi, de doctrines entachées de rites idolâtres et de gestes superstitieux.

Parmi les premiers il y a donc les Grandes Ames de l'Histoire de l'humanité : les Prophètes, leurs successeurs, puis leurs disciples. Ils sont à considérer comme les meilleurs à faire subsister dans le Monde des hommes le Principe de l'Unicité de Çááå-Dieu. Principe ne pouvant être ni associer ni partager avec une quelconque doctrine de la multiplicité de dieux. Puis, parmi les seconds et les derniers se situent tous ceux qui sont à mi chemin entre l'incrédulité et la Croyance.

Çááå-Dieu, exalté soit IL, s'est plu pour le salut présent et futur, à ce que la Croyance et la Foi en son Unicité Une et Indivisible, ainsi que le respect et la soumission à Son Ordre, se dévoilent au monde et à l'âme humaine. Cela, à travers la " Religion Immuable d'Abraham " nommée par Çááå-Dieu : Islam ; Religion des grands esprits comme des esprits simples, des régions les plus arides comme des régions les plus verdoyantes, des Nations les plus riches comme des Nations les plus démunies, aucun lieu n'a été abandonné des Signes de la Miséricorde divine.

" Notre Seigneur! Tu embrasses toute chose en ta Miséricorde et en ta Science".

" Qui donc professe une meilleure Religion que celui qui se soumet à Çááå-Dieu, que celui qui fait le bien, celui qui suit la Religion d'Abraham, un vrai Croyant ? Çááå-Dieu a pris Abraham pour Ami ".

" Nous t'avons ensuite révélé " Suis la Religion d'Abraham, un vrai Croyant". Il n'était pas au nombre des polythéistes ".

" Lorsque son Seigneur éprouva Abraham par certains ordres et que celui ci les eut accomplis, Çááå-Dieu dit : " Je vais faire de toi un Imam pour les hommes", Abraham dit : " Et pour ma descendance aussi ? ". Le Seigneur dit : " Mon alliance ne concerne pas les injustes ".

L'influence vraiment efficace et régénératrice de la Pensée monothéiste rappelée à l'hégémonie de l'idolâtrie, d'abord au niveau local de La Sainte Mecque ; puis au niveau régional de l'Arabie, pour finir enfin, de nos jours, au niveau international, reste prometteuse d'avenir meilleur. Elle va faire éclore le bourgeon des principes humanisants du Monothéisme pur de toute allégeance au polythéisme sous toutes ses formes et complicités superficielles.

Les esprits allaient donc, avec certitude, travailler à ranimer et à propager la foi en l'Unicité de Çááå-Dieu. C'est un moment historique que celui-là où la prospérité, et notamment la prospérité spirituelle, intellectuelle, morale et sociale, sera bien installée pour permettre aux esprits une libre approche aux principes du Monothéisme pur. La liberté de conscience sera aussi présente au grand rendez-vous de l'histoire des hommes pour empêcher que les croyances n'enfantent pas la tyrannie et l'oppression des esprits. En cela, la Religion naturelle à l'homme est avant tout non contraignante ni opprimante. Le Saint Coran interpelle en matière de liberté religieuse il y a mille cinq cents ans déjà.

" Pas de contrainte en Religion ! La voie droite se distingue de l'erreur! ".

" Grâce au Nom de Çááå-Dieu, Le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux. " Dis : " ô Vous les incrédules je n'adore pas ce que vous adorez vous n'adorez pas ce que j'adore. Mais je n'adore pas ce que vous adorez ; vous, vous n'adorez pas ce que j'adore. A vous votre religion, à moi ma Religion ".

Le rappel de ces vérités essentielles concernant la liberté religieuse eut lieu quinze siècles en arrière. En France, par exemple, il faudra attendre l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 pour que la liberté religieuse soit dans le principe acquise [Article 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.] : " La Constitution civile du clergé, le 2 juillet 1790, tente d'en organiser l'usage. L'article 354 de la Constitution de l'an 3 proclame la séparation de l'?glise et de l'état, mais le concordat du 15 juillet 1801 rétablit la religion catholique comme religion d'état. Elle devient " religion de la majorité des Français " dans la Charte de 1814. La séparation définitive de l'?glise et de l'état est proclamée par la loi du 9 décembre 1905. La loi du 2 janvier 1907 organise l'exercice du culte par le biais d'associations cultuelles ".

Il faudra attendre le 7 décembre 1965 pour qu'un début "d'Islamisation" apparaisse lors du Concile de Vatican 2. Au terme de la quatrième et dernière session, une Déclaration reconnaissait enfin, sans le citer, le principe islamique de la liberté religieuse et de ses diverses manifestations personnelles et communautaires dans la vie quotidienne : " Déclaration d'ailleurs, qui ne fut ni une constitution ni un décret mais une manifestation de l'?glise Catholique de : " ce qui était acquis déjà, au moins dans la logique profonde de sa vie la plus authentique ".

Rejoindre l'autorité morale et bienveillante de la Culture Islamique mohammadienne établie depuis des siècles est une réelle avancée dans les relations humaines pour défendre les intérêts monothéistes communs aux Livres révélés. Ce qui amène à dire que les amis de la liberté de conscience peuvent avancer sans crainte vers Çááå-Dieu, Un et Indivisible et s'adonner à la pratique de Son " Culte Pur " dans lequel il n'a pas été prévu de prosternation devant des symboles, récurrence du culte des idolâtres. Donc, en ce début de 7e siècle après Jésus, la Croyance, la Foi, et la piété monothéistes pures reviendront au-devant de la scène publique géothéologique et géopolitique. Elles ne ramèneront à leur suite ni l'injustice de la division de l'Unicité de Çááå-Dieu, ni la violence qu'engendre l'erreur et l'incertitude de l'hégémonie polythéiste, ni l'effroyable intolérance religieuse qui perdurera, malgré tout, au sein de certaines Nations et doctrines : " [ ... ] En vertu du concordat de 1515, conclu par Léon 10 et François 1e, la religion catholique, apostolique et romaine est en effet religion d'état. En principe, tout Français doit la professer à l'exclusion de toute autre. L'Edit de Nantes lui même, en accordant au protestantisme un régime de simple tolérance, n'avait pas mis les deux cultes sur pied d'égalité, et cet édit, Louis 14 l'a révoqué. Jusque 1787, seuls les catholiques possèdent un état civil, car les registres paroissiaux en tiennent lieu ; sans baptême catholique, pas d'existence légale pour les enfants considérés comme bâtards et frappés de déshérence ; sans contrat sacrement, pas d'union légale pour les époux considérés comme vivant en concubinage. L'édit de 1787 a bien permis aux réformés (protestants) de faire constater naissances et mariages par les juges du lieu, sans recourir au ministère du curé. Mais cette mesure toute récente rencontre encore une vive opposition et le discrédit demeure. La concession se limite en outre à l'état civil ; le culte public des autres confessions reste frappé d'interdit... ".

Le Président iranien Mohammed Khatami ira jusqu'à considérer l'atteinte à la liberté durant les siècles concernés comme " l'une des plus grandes tragédies de l'Histoire de l'humanité " : " [ ... ] Mais malheureusement, durant le 16e, 17e et encore 18e siècle, il y eut une sérieuse contradiction entre les principes de la Religion et de la liberté. Selon mon opinion, l'une des plus grandes tragédies de l'Histoire de l'Humanité fut cette tragique contradiction entre la Religion et la Liberté au détriment de l'une et de l'autre et à celui des créatures humaines qui les nécessitent dans leur globalité. Les Pieux désirent une doctrine qui associe l'adoration de Çááå-Dieu liée à la dignité humaine et à la liberté... ".

Quoi qu'il en soit, la Religion Immuable nommée par Çááå-Dieu Islam élève l'homme de l'état inférieur à la condition spirituelle et temporelle supérieure ; elle lui enseigne à s'employer à donner à la vraie vie le but qui lui est propre : le Bien. C'est dans les activités, les événements, que l'Islam apprend à l'homme à se connaître, à se comporter en humain, certes libre, mais responsable de ses actes. La Culture islamique mohammadienne étant le dépôt où l'homme peut puiser les réponses aux questions de sa prospérité religieuse et sociale, de sa plénitude selon le Dessein de Çááå-Dieu. Et ceci est une œuvre que l'homme est libre d'accomplir ou libre de s'y refuser pour rester là où il est dans ce monde inférieur ; qu'il se prête à se laisser enseigner la vraie spiritualité directement attachée au Très-Haut et à la bonne sociabilité pour donner un sens plein à sa vie d'ici-bas ou qu'il y résiste, l'Islam lui demande au minimum de se rendre compte de sa démarche et qu'il sache les résultats positifs escomptés d'un côté et les conséquences désastreuses dues au mauvais choix.

Le savant musulman Seyyed Qotb, contemporain au 20e siècle après Jésus (s), précise et rappelle à propos de l'Islam : " L'Islam n'est point une déclaration pour la libération de l'être arabe. Il n'est pas non plus une mission réservée aux seuls Arabes mais il est destiné à l'être humain, au genre humain : son champ d'action est la terre, toute la terre. Car Çááå-Dieu, le Très-Haut, n'est pas le Çááå-Dieu des Arabes uniquement ni même le Çááå-Dieu de ceux qui croient à l'Islam exclusivement, Çááå-Dieu est le Çááå-Dieu de tous ".

La vie est considérée par l'enseignement islamique comme une opportunité de perfectionnement continuel. Dès le milieu familial, l'Islam appelle à ouvrir les yeux de l'élève à la glorieuse faculté d'apprendre et de connaître, d'anticiper, de choisir et de décider, de saisir l'opportunité de se mettre au service de son propre perfectionnement spirituel et développement temporel.

L'exemple du modèle éducatif étant les Prophètes (pse) qui ont rappelé les règles essentielles, immuables et fondamentales de la vraie vie, nul doute qu'ils (pse) ont présidé eux-mêmes à l'éducation que l'homme doit donner à sa vie pour qu'elle soit vraie et bonne, spirituellement bien orientée vers Le Haut, Le Très-Haut et socialement bien vécue. Là, dans l'enseignement des Prophètes (pse) se trouve tout le nécessaire pour construire l'homme intérieur et l'homme extérieur ; pour apprendre à mettre l'Intelligence-Al-'aql au service de la sagesse et de la vertu, à celui de la bonne orientation et de la juste ouverture religieuse, morale et sociale : " […] il [le Prophète Mohammed (pslf)] restreignit, mais sans pouvoir les éliminer complètement, les expéditions de pillage entre les tribus et donna à toute l'Arabie, implicitement à tout l'Islam, un sens nouveau de l'unité, un plus grand espace de coopération et de loyauté. " Car les Croyants sont tous frères ". Les distinctions de rang ou de race, si vives parmi les tribus, furent atténuées par la similitude de la croyance. […] C'était une noble conception qui fit de diverses nations répandues sur les continents un seul peuple […] ".

L'Islam est donc ouvert au principe que tout est perfectible dans la vie humaine, que tout est une question d'éducation qui donne à chaque jour de l'existence la préparation judicieuse pour s'ouvrir au jour suivant, pour fournir à chaque âge de la vie les degrés qui y correspondent et qui lui ouvrent l'accès à l'âge qui vient après lui. Enfance, adolescence, âge adulte, grand âge, tous les âges ont des degrés à atteindre pour passer d'un âge à l'autre sinon il y a stagnation dans un âge inachevé, mal construit et par voie de conséquences fermeture à la perfectibilité. La Culture islamique mohammadienne a évidemment bien mesuré chaque période d'âges et programmé les étapes à franchir pour que l'homme devienne un homme humain c'est-à-dire religieux et social, libre et digne, ouvert et responsable, fraternel et solidaire, penseur, auteur et acteur.

Sa Sainteté le Prophète Mohammed (pslf) ouvre l'ère continuelle du bon propos

Le Prophète Mohammed (pslf) annonce tout : sur les diverses stations de la spiritualité ; sur les diverses situations sociales réglées par deux tendances, celle de croire et celle de ne pas croire ; sur la vie individuelle et communautaire ; sur les liens, les pensées, les intentions, les actions qui entrent dans le tissu de la vie et agissent sur elle selon qu'il s'agit d'une société construite sur les règles de la Croyance ou sur les principes de la non croyance. Et parce que le sujet est infiniment vaste il y a lieu de lui fournir le bon propos avant que le très grand âge n'approche, satisfait des âges précédents et des degrés qu'ils ont atteints, ou insatisfait de toute une vie passée à s'affaiblir, à s'enfoncer toujours dans le plus bas du monde d'ici-bas, à ne jamais porter le regard vers le lointain du monde d'en haut, à vivre toujours détaché des autres et de soi-même.

Avec la venue du Prophète Mohammed (pslf) s'ouvre l'ère du Rappel du bon propos pour satisfaire l'âme, le cœur, l'esprit et le corps, pour qu'ils se portent au-delà du lieu de passage obligé qu'est le monde d'ici-bas où par conséquent la Religion du bon propos est essentielle pour que le voyage sur la terre soit intérieur, méditatif, religieux et social. Le dernier Rappel du bon propos transmis par la voix du Prophète Mohammed (pslf) viendra encore plus étendu et plus précis que les précédents, voulu par Çááå-Dieu davantage prêt à se répandre partout où il y a vie d'homme. Il peut être dit, sans exagération, que les promesses sont réalisées à en juger par la présence islamique sur tous les continents. Le premier jour où commença la Révélation et les jours que dura la Descente des versets coraniques forment la période où tout bascule dans l'ère continue du bon propos de l'Islam.

Le Prophète Mohammed (pslf), à son époque, est le seul à poser le Rappel de la Religion du bon propos, le plus puissant moyen de prospérité spirituelle et de progrès matériel. Les Prophètes (pse) qui lui (pslf) sont antérieurs se sont de tout temps conformé à la pratique du principe du bon propos, dans la sphère de la spiritualité comme dans celle de la sociabilité. Le Rappel transmis par le Dernier des Prophètes (pse) n'a pas échappé à cette Loi de Çááå-Dieu commune à tous Ses Messagers (pse).

Il y aura de multiples raisons qui pousseront le Prophète Mohammed (pslf) à prendre bien des soins, à tenir bien des dialogues pour que le bon propos demeure intact au milieu de cette époque et de celles à venir. Cette belle Renaissance du bon propos va permette d'atteindre une chaleureuse harmonie entre les Croyants et les Croyantes, et ils sauront en faire l'honneur de tous les temps. Entre les gens de la Croyance monothéiste pure et les autres, le Saint Prophète Mohammed (pslf) entretiendra des dialogues forgés sur le bon propos géothéologique, géopolitique et géosociologique, éclairant aux différences reconnues et acceptées, tel l'enseigne la Sainte écriture du Coran ?levé : "ô Vous les hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d'entre vous, auprès de Çááå-Dieu, est le plus pieux d'entre vous. Çááå-Dieu est Celui qui sait et qui est bien informé ".

Ces Paroles de Çááå-Dieu, exalté soit IL, vont être appliquées. Elles le sont encore par ceux qui sont enseignés auprès de la Culture Islamique mohammadienne dans laquelle il n'y a ni haine, ni mensonge, ni calomnie. Le Coran énonce un discours de la bonne entente par la parole bonne et juste. La parole qui, ni offense ni blesse les sentiments du cœur. Il est donc impossible d'ignorer davantage et de ne pas honorer hautement un Livre qui propose des œuvres bonnes. Il en fait une si belle profession de foi monothéiste renouvelée par Abraham, Moïse, Jésus et Mohammed, Paix et salutations sur eux, sur la Famille d'Abraham et sur la Famille purifiée de Mohammed.

Ce début de 7e siècle après le Prophète Jésus (s), tout porté comme ses prédécesseurs à l'idolâtrie et à la multiplicité des dieux, débute par la Renaissance de la Pensée monothéiste et l'instauration de la Culture Islamique mohammadienne pour que l'Unicité de Çááå-Dieu, exalté soit IL, soit hautement honnorée d'un grand et généreux élan des gens de la Croyance tellement aptes à comprendre le postulat de l'Unicité et celui de la Prophétie : " Il n'y a de Çááå-Dieu que Çááå-Dieu !

Mohammed est Son Messager et Son Prophète! ". Ils seront si naturellement appelés à s'y joindre pour qu'enfin l'humanité se détende dans les jardins paisibles du "Salam de l'Islam". La liberté de conscience présente dans la Pensée coranique et dans la Tradition de vie du Messager de Dieu (pslf) en totalité consacrée au Parti de Dieu sera dorénavant à considérer pour établir la Paix religieuse et sociale en tant que le fondement des textes qui apparaîtront dans ce sens même si l'origine islamique de la tolérance religieuse institutionnalisée ne sera pas mentionnée. Ce qui sera notamment le cas dans les textes traitant de la tolérance et de la liberté religieuse de la Déclaration de l'ONU du 18 décembre 1982, et dans ceux de la Déclaration conciliaire de Vatican 2 du 7 décembre 1965.

Le discours coranique, la tradition mohammadienne, la Culture Islamique mohammadienne respirent tout ensemble la liberté religieuse éclairée par la Révélation des principes du Monothéisme pur révélés aux hommes tout au long du Cycle de la Révélation : Prophétie. Cycle qui prendra fin glorieusement avec le Sceau des Prophètes, le Bien Aimé Mohammed (pslf), cédant la place au Dessein de Çááå-Dieu suivant : le Cycle de la Guidance : Imamat, lieu de la sauvegarde du postulat de l'Unicité et de celui de la Prophétie. Sauvegarde nécessaire pour conformer la conduite cultuelle et culturelle aux principes du Monothéisme pur ; pour établir la différence entre les conclusions de l'interprétation personnelle de la Sainte écriture, si convaincue qu'elle pourra être, et un enseignement erroné des références de vie du Saint Prophète Mohammed (pslf).

Sublime Créature de Çááå-Dieu rattachée au Grand Prophète Abraham (psl) par le premier de ses enfants : le Prophète Ismaël (s) : " Le tombeau de l'honoré Gaïdar, le Kédar biblique, se trouve à Khodâbandeh. Cette ville est l'une des plus petites villes d'Iran. […] Les historiens relatent qu'Ismaël a eu douze fils. L'aîné, Gaïdar, succéda à l'honoré Ismaël lorsque celui-ci décéda à l'âge de 130 ans. Il invita par la suite, les gens au monothéisme. Allameh Madjlessi, auteur de " Bihar al-Anwar " énumérant les ancêtres du Prophète de l'Islam, que le salut de Çááå-Dieu soit sur lui et sur ses descendants, cite l'honoré Kédar trentième ancêtre du Prophète ". " Dis : " Ceux qui savent et les ignorants sont ils égaux ? ". Les hommes doués d'intelligence sont les seuls qui réfléchissent ".

" Celui qui dirige les hommes vers la Vérité n'est il pas plus digne d'être suivi que celui qui ne dirige les hommes que dans la mesure où il est lui même dirigé ? […]".