L'Au-Delà
 

L'Au-Delà

L'agonie et la sortie de ce monde (la mort)

Par la Grâce de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

{Nous sommes à Dieu et vers Lui nous retournons}

Quels que soient le lieu, le moment, la situation dans lesquels se trouve l'homme, il ne peut échapper à la mort.

Tout le monde est amené à connaître la mort. La mort est le terme de chacune d'entre nous.

Quand l'Heure arrive, nul ne peut l'arrêter, aucune puissance terrestre ne peut intervenir.

C'est l'heure du Départ de ce monde où tout est encore possible.., l'Heure du retour à Dieu.., l'Heure de la Vérité …

C'est le moment de la descente de l'Ange de la Mort accompagné de ses aides,

un grand nombre d'anges aux figures noires se pressant autour du corps, toutes plus effrayantes les unes que les autres !

L'Ange de la mort se présente au mourant, qui ne s'est pas préparé à ce moment,

sous une forme effrayante et lui dit d'une voix terrifiante : " ? âme, quitte ce corps et va vers ton Seigneur ! " en essayant de l'attirer à lui. L'âme, effrayée, cherche refuge dans le corps, ce compagnon inséparable, objet de toute son attention en ce monde..

Elle se rappelle tous ces plaisirs goûtés, ces désirs assouvis.

Pourquoi quitter ce monde ? Elle se sent seule, assoiffée, désemparée..

C'est alors que le diable Satan apparaît au chevet du mourant et lui dit :

" Si tu as peur de souffrir et si tu veux être délivré de tes frayeurs, dis une fois, une seule fois, que Dieu n'est pas Unique (que Dieu nous en préserve !) mais qu'ils sont deux. "

Ou encore, le voyant assoiffé, il lui dit : " Si tu désires boire, dis que personne n'a créé la terre. "

Si le mourant le repousse, Satan se place à ses pieds et lui fait miroiter un verre d'eau en disant :

" Si tu désires boire, dis tout simplement que tu ne crois pas aux Prophètes. " (Que Dieu nous en préserve !)

Le mourant à la foi faible devient alors la proie de Satan.

Tout ce qu'il a adoré et vénéré en ce monde ici-bas s'est gravé en lui, en son âme et lui rend difficile cette épreuve. Il voit l'Au-delà comme un vide ou un monde plein de souffrances et de châtiments.

Son âme a peur et s'accroche de plus bel au corps.

Mais l'Heure est arrivée ! L'Ange de la Mort ne peut attendre ! Il arrache son âme en lui infligeant d'horribles tortures, comme si toutes les fibres du cœur se déchiraient. Le Messager de Dieu(s) décrivit ce moment - pourtant qualifié par lui comme le moins difficile pour l'agonisant - par cette image : " C'est comme si vous jetiez une branche d'épines dans de la soie. En la retirant, les épines arrachent des lambeaux de soie qui seraient les fibres du cœur. "

Arrivent les autres anges qui s'emparent de l'âme qui exhale une puanteur d'animal en décomposition et l'enveloppent dans un linge grossier… Les dernières minutes de la mort sont des moments d'une dure épreuve.. Ah !.. Ah !..

" Qui serait dans une situation pire que la mienne !

Je suis transporté dans cette situation dans ma tombe que je n'ai pas préparée pour mon sommeil ni n'ai tapissée de bonnes actions sur lesquelles m'allonger.

Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Je ne pleure pas et je ne sais pas ce que je vais devenir.

Je vois mon âme qui m'a trahi et mes jours qui m'ont trompé.

Déjà les ailes [de l'Ange] de la Mort battent au-dessus de ma tête.

Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Je ne me mets pas à pleurer !

à pleurer pour la sortie de mon âme.. "

L'invocation d'Abî Hamzeh ath-Thumâlî

Mafâtîh al-Jinân pp659-661 aux Ed. B.A.A.

Par la Grâce de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux {Certes, nous sommes à Dieu et vers Lui nous retournons}

Qu'est-ce que la mort ? (1)

Avant de continuer à décrire les affres au moment de la mort et après, faisons une halte et réfléchissons sur la signification de la mort et sur ce que l'on peut en déduire au niveau de la connaissance de l'homme et de notre vie sur terre.

Est-ce que la mort est la disparition, la fin, l'anéantissement total ou une transformation, une évolution, un passage d'un monde à un autre ? Cette question a préoccupé le genre humain en tout temps et en tout lieu. Certains en ont cherché la réponse en eux-mêmes, d'autres se sont contentés de croire en ce que les autres ont dit.

Nous, les Musulmans, nous revenons au Coran pour y trouver la réponse et nous croyons à la justesse de sa réponse dans la mesure où nous croyons en ce Livre divin. Le noble Coran a une réponse particulière à cette question en tant qu'il emploie un mot particulier pour en parler, le mot " tawaffâ " et non pas le mot " mawt " (la mort). " Tawaffâ " au niveau linguistique veut dire " al-istîfâ " (dans le sens de " recouvrement intégral "). On dit " tawaffî al-mâl " dans le sens de " prendre intégralement l'argent " ou de le prendre totalement sans aucun manque.

Cette expression est employée douze fois dans le noble Coran et à chaque fois pour indiquer la mort comme une opération de remise (ou la remise par l'Ange chargé de cela) de la personnalité véritable, parfaite de l'homme au moment de la mort.

On peut en déduire que :

-1)La mort n'est pas la disparition, le néant, mais le passage d'une monde vers un autre et que la vie de l'homme se poursuit d'une autre façon.

-2)Le corps de l'homme (ses membres, ses organes..) ne représente pas la personnalité réelle de l'homme et n'exprime pas le " moi " véritable de l'existence humaine, parce que le corps n'est pas transféré dans l'autre monde, mais reste dans ce monde et se décompose progressivement.

Ce qui représente notre réelle personnalité, notre " moi " véritable est ce que le Coran a exprimé par le mot " âme " parfois et par le mot " esprit " d'autres fois.

-3)Cet esprit (ou âme) occupe, dans son niveau d'existence, un monde plus élevé que celui de la matière et des choses matérielles, bien qu'il soit le résultat du perfectionnement substantiel dans [le monde de] la nature - ainsi [le monde de] la nature suit le perfectionnement substantiel et sa transformation en esprit ou âme -. Le monde existentiel et le niveau réel de l'esprit (ou de l'âme) changent et s'élèvent vers un niveau plus élevé, c'est-à-dire il apparaît être de l'espèce d'un autre monde qui est le monde de " derrière la nature " (" métaphysique "). Par la mort, l'esprit ou l'âme se déplace vers un monde d'une origine, de la sorte de l'esprit. En d'autres termes, au moment de la mort, l'opération de cette vérité sublimée se libère de la vérité matérielle.

Le noble Coran indique, dans certains versets, l'existence de cette vérité sublimée dans l'homme et mentionne que cette vérité est autre qu'un élément de " la boue malléable " à partir de laquelle a été formé le corps de l'homme : {Et lorsque ton Seigneur dit aux Anges : " Je vais créer un homme d'une argile extraite d'une boue malléable. Quand Je l'aurai harmonieusement formé et que Je lui aurai insufflé de Mon Esprit, alors jetez-vous prosternés devant lui. "} (29-30/XV)

La question de l'esprit (ou de l'âme) et de sa persistance après la mort est une des questions maîtresses des connaissances islamiques. La moitié des connaissances originelles se dresse sur le principe du " fondement de l'esprit ", de son indépendance du corps et de sa persistance après la mort. Il en est de même en ce qui concerne la valeur réelle de l'homme. Elle se fonde également sur ce principe. Et c'est la première des leçons que l'on découvre quand on réfléchit sur la réalité de la mort, sur notre propre mort.

D'après Shahîd Mutaharî " al-Hayât al-Khâlidat aw al-Hayât al-Ukhrâ " Chap. 1 Mahiyyah al-mawt

Par la Grâce de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

{Certes, nous sommes à Dieu et vers Lui nous retournons}

Qu'est-ce que la mort ? (2)

Dans cette seconde partie, nous allons citer des versets qui parlent de la mort en terme de " tawaffâ ", faisant allusion à des actes de l'homme après la mort, comme la parole, le souhait, la demande.

1-{Les Anges disent aux injustes envers eux-mêmes qu'ils ont emportés (tawaffâhum) : " Dans quel état étiez-vous ? " " Nous étions des opprimés sur terre. " Ils disent : " La terre de Dieu n'est-elle pas assez vaste pour que vous émigriez ? " Voilà ceux dont le refuge est l'Enfer. Et quel mauvais devenir !} (97/Les Femmes IV)

Ce verset parle des opprimés qui se sont fait du tort, c'est-à-dire à ceux qui se sont pliés à l'ambiance de la corruption sous le prétexte de leur impuissance à la changer. Et les Anges leur font des reproches après leur mort et refusent leurs arguments pour se disculper dans la mesure où ils pouvaient émigrer de l'endroit corrompu où ils se trouvaient vers un autre moins corrompu. Ils leur font porter la responsabilité du fait que l'oppression s'est emparée d'eux, même !, ils les considèrent comme faisant partie du groupe des oppresseurs. Et cela est un rappel pour ceux qui vivent dans une ambiance semblable.

Ce verset parle d'abord de la mort en terme de " tawaffâ " (reprise, enlèvement) puis rapporte un dialogue qui a lieu entre les Anges et l'homme quelques secondes après ce " tawaffâ ". Ce dialogue révèle que l'homme, après son transfert de cette vie sur terre, parle avec des existences qui ont pour nom " Anges ", bien sûr pas de la façon dont nous avons l'habitude en cette vie.

2-{Et ils disent : " Quand nous serons perdus dans la terre, redeviendrons-nous une création nouvelle ? " Même, ils ne croient pas à la rencontre avec leur Seigneur. Dis : " L'Ange de la mort qui est chargé de vous, vous prendra (yatawaffâkum). Ensuite, vous serez ramenés vers Votre Seigneur. "} (10-11/XXXII)

Ce verset fait allusion à une des confusions que (véhiculent) ceux qui nient la Résurrection et une autre vie après celle-ci. Ils disent : " Comment notre corps qui est réduit en poussière et se disperse dans la terre après sa mort, peut-il ressusciter une seconde fois ? "

La réponse à cette confusion se trouve ailleurs, dans un autre verset : {Il cite pour Nous un exemple, tandis qu'il oublie sa propre création ; il dit : " Qui va redonner la vie à des ossements une fois réduits en poussière ? " Dis : " Celui qui les a créés une première fois les fera revivre. Et Il est Lui Savant de toute création. "} (78-79/XXXVI)

Quant au onzième verset de la sourate as-Sajdat (la Prosternation XXXII), il confirme le maintien de la personnalité véritable de l'homme (c'est-à-dire la persistance de l'esprit) après la mort.

3-{Dieu reçoit (yatawaffâ) les âmes au moment de leur mort ainsi que celles qui ne meurent pas au cours de leur sommeil. Il retient celles à qui Il a décrété la mort tandis qu'Il renvoie les autres jusqu'à un terme fixé. Il y a certainement là des signes pour des gens qui réfléchissent.} (42/XXXIX)

Ce verset clarifie la confusion entre le sommeil et la mort, entre la conscience, l'éveil et la Résurrection. Le sommeil est une petite mort, une faible mort alors que la mort est un grand sommeil, un sommeil profond.

Dans les deux cas, l'âme de l'homme se déplace d'un monde à un autre, avec la différence que l'homme n'est pas conscient (de lui-même) durant le sommeil et ne sait pas, au moment de son réveil, qu'il revient en vérité, d'un voyage, alors qu'il sera conscient de toute chose au moment de la mort.

La question du sommeil et de la mort est une question compliquée difficile à bien saisir. Ce que nous pouvons comprendre c'est qu'il s'agit d'un ensemble de changements qui arrivent au niveau physiologique du corps et pas autre chose. Quant au changement au niveau de l'esprit durant les deux états du sommeil et de la mort, il n'y a pas moyen d'en avoir connaissance.

De ces trois versets évoqués, nous pouvons comprendre clairement que la mort, selon le noble Coran, n'est pas une disparition, un anéantissement mais un passage d'un monde vers un autre.

D'après Shahîd Mutaharî " al-Hayât al-Khâlidat aw al-Hayât al-Ukhrâ " Fin du chap. 1 Mahiyyah al-mawt

Par la Grâce de Son Nom {Certes, nous sommes à Dieu et c'est vers Lui que nous retournons}

Comment les Infaillibles(p) qualifient-ils la mort ?

*La mort n'est qu'un passage

Le Prophète Mohammed(s) décrit la mort comme suit : " Le monde ici-bas (ad-dunia) est la prison des croyants et le paradis des incroyants ; Et la mort est le pont (passage-al-jisr) des premiers pour leur Paradis et le pont (le passage-al-jisr) des derniers pour leur Enfer. " (in Bihâr al-Anwâr vol.6 p154)

L'Imam al-Hussein(p) fils de 'Alî, le Prince des croyants(p) disait à ses compagnons : " La mort n'est qu'un viaduc (passage-qantarat) qui vous permet de passer des malheurs et des calamités aux Paradis spacieux et au Bienfait permanent. Alors qui d'entre vous déteste de passer de la prison au palais ? " (in Bihâr al-Anwâr vol.6 p154)

L'Imam al-Bâqer(p) interrogé sur ce qu'est la mort, répondit : " Elle est un sommeil qui vient à vous chaque nuit sauf qu'il est long. Il ne s'achève que le Jour du Jugement Dernier. " (in Bihâr al-Anwâr vol.6 p155)

*Vers où ?

Si la mort est un passage de ce monde dans lequel nous nous trouvons vers un autre monde, quelles sont les différences entre ces deux mondes ?

{Et nous n'avons attribué l'immortalité à aucun homme avant toi. Est-ce que, si tu meurs, eux sont éternels ? Toute âme va goûter la mort.}

(34-35/XXI) C'est-à-dire comment peuvent-ils prétendre à l'éternité en ce monde alors que la nature de ce monde est d'être éphémère ?

Le Prince des croyants(p) dit : " ô vous les gens, nous avons été créés ainsi que vous pour subsister, non pour disparaître, mais vous vous déplacez d'une demeure à une autre. " (in al-Irshâd, d'al-Mufîd p127)

Et il(p) dit à son fils : " ô mon fils, sache que c'est pour l'Au-delà que tu as été créé et non pour ce monde ici-bas. " (in Nahja al-Balâgha- Hikam 264)

Ainsi ce monde est passager et éphémère alors que l'autre monde a cette particularité d'être permanent, éternel. Il est notre monde réel pour lequel nous avons été créés, correspondant à notre nature originelle.

*Est-on assuré de ce que l'on va trouver dans l'autre monde ?

{L'ivresse de la mort arrive avec la Vérité. Voilà ce dont tu t'écartais.} (19/L).

Si la mort n'est qu'un passage, un voyage de plus vers notre demeure véritable, conforme à notre réelle nature, pourquoi en avons-nous peur ? Parce qu'elle nous prend par surprise ? par instinct de survie de rester (et maintenir l'espèce) ? par crainte de perdre ce qui a été acquis durant notre vie ? par appréhension de ce qui va se passer après, que l'on ne connait pas ? par peur des comptes ?

Le Prince des croyants(p) disait : " Aujourd'hui les actes sans jugement et demain le jugement sans actes. " (in Nahja al-Balâgha- Hikam 41) Pas de rattrapage possible.. Alors, " Crains Dieu dont la Rencontre est inévitable, en dehors Duquel, il n'y a pas de fin pour toi. " (in Nahja al-Balâgha- Hikam 245)

Dans ce cas la meilleure assurance est de " multiplier l'évocation de la mort. Le Messager de Dieu(s) disait : " Multipliez l'évocation de la mort, car cela anéantit les plaisirs. " Et sachez que ce qu'il y a après la mort est pire que la mort pour celui à qui Dieu n'a pas pardonné et n'a pas fait miséricorde. " (du Prince des croyants(p), de Ses recommandations à Mohammed fils d'Abû Bakr ,in Bihâr al-Anwâr, vol. 33, p545)

Par la [grâce du] Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux {Certes, nous sommes à Dieu et c'est vers Lui que nous retournons.}

Où l'Ange de la mort nous emmène-t-il ?

L'homme après la mort n'entre pas directement dans le monde du Grand Jour du " Dressement " ((al-Qiyâmat " qui se dresse ") plus connu sous le nom du Jour du Jugement dernier), comme cela est indiqué dans les Livres célestes et la sunna.

Pourquoi ? Parce que le Grand Jour du " Dressement " englobe tous les êtres humains, des premiers aux derniers, qui se trouvent réunis tous ensemble. Alors qu'ici, nous nous interrogeons sur ce qui va nous arriver après la mort de chacun d'entre nous, les autres restant encore en vie sur terre.

D'autre part, quand le noble Coran parle du Grand Jour du " Dressement ", il dit qu'il est précédé par de changements généraux dans l'ensemble de l'Univers. Il parle d'enroulement (takwîr) du soleil, d'obscurcissement des étoiles, d'ébullition et d'explosion des mers, de rupture du ciel, de dispersion des astres, de transformation des montagnes en quelque chose comme du flocon de laine cardée et d'autres phénomènes visibles encore. (cf. les sourates 81, L'Enroulement, 82, La Rupture et 101 Celle qui fracasse).

Ainsi, selon le noble Coran, tout l'univers va se diriger vers l'effondrement, la destruction et l'anéantissement. Un autre monde sera créé, régi par d'autres lois, par un autre système de régime totalement différent de ce qui existe dans ce monde.

Son moment n'est pas connu. Peut-être que l'actuel système universel va durer des millions ou des milliards d'années avant que n'arrive ce grand changement global. Dieu Seul le sait.

Quand l'homme meurt, il ne s'agit pas de cela. Alors s'il n'est plus en ce monde et n'est pas encore dans cet Autre Monde qui vient après le Grand Jour du Dressement (al-Qiyâmah), où est-il ?

Quand l'homme meurt, il entre directement dans un monde intermédiaire entre ce monde (ad-Dunia) et cet autre (l'Au-delà), appelé dans le Coran " Barzakh " (qui veut dire littéralement qui " sépare deux choses " soit " intermédiaire "). Cette étape dure à partir du moment de la mort jusqu'au moment où se dressera le Grand Jour.

En résumé, selon l'avis du noble Coran, la mort de l'homme indique le passage à une étape suivante avant celle finale :

-D'abord le passage dans un monde limité, amené à disparaître, comme ce monde ici-bas, qui est le " monde intermédiaire " (barzakh)

-puis l'entrée dans le monde illimité qui est le " monde d'al-Qiyâmat ", la seconde étape de la vie éternelle, marquée par le Grand Jour qui concerne l'ensemble des individus et tout l'univers, qui fait entrer l'univers dans son ensemble dans une nouvelle étape, dans une vie nouvelle, dans un ordre nouveau.

D'après Shahîd Mutaharî in " al-Hayât al-Khâlidat aw al-Hayât al-Ukhrâ ", chap. p4 et6

Le monde intermédiaire (al-barzakh)

" Al-barzakh " (" l'intervalle ", " l'intermédiaire ") est ce qui sépare deux choses. C'est par ce mot que Dieu a qualifié cette période qui sépare la mort du Jour du Dressement (" al-Qiyâmah " plus connu en français sous le nom du Jour du " Jugement Dernier ") :

{Lorsque la mort s'approche de l'un d'eux, il dit : " Mon Seigneur, ramenez-moi afin que je fasse de bonnes actions dans ce que j'ai délaissé. " Non ! C'est seulement une parole qu'il a prononcée. Derrière eux, il y a un " intervalle " (barzakh) jusqu'au Jour où ils seront ressuscités.}

(v.99-100, s.23 Les Croyants)

Les savants de l'Islam ont ensuite pris ce mot " barzakh " cité uniquement dans ce verset pour qualifier, de façon générale, le monde qui sépare la vie en ce monde et le monde du Dressement (al-Qiyâmah), d'où le nom du " monde intermédiaire " ('âlimu-l-barzakh).

Le verset cité ci-dessus évoque le regret des gens après leur mort et leur demande de retourner sur terre. De là on peut affirmer l'existence d'une autre sorte de vie pour l'homme après sa mort durant laquelle l'homme vit dans un état de conscience et de sentiments. Durant cette période entre la mort et le Grand Jour du Dressement, il ressent de la joie et de la douleur qui sont liées à ses pensées et à ses actes durant la vie en ce monde.

Une quinzaine de versets environ parlent d'un monde après la mort. Tous confirment clairement que l'homme jouit d'une sorte de vie entre la période de la mort et le Jour du Dressement, qu'il ressent du plaisir et de la souffrance. Ils peuvent être répartis en trois groupes :

1-ceux qui présentent un dialogue entre les Anges et les morts (vertueux ou pervertisseurs). (comme les v. 97/4 Les Femmes - 100/23 Les Croyants) 2-ceux qui affirment que l'homme jouit de Bienfaits divins après le dialogue [avec les Anges] et avant le Jour du Dressement (comme les v.32/16 Les Abeilles - 26-27/36 Ya Sîn)

3-ceux qui ne commencent pas par une discussion entre les Anges et l'homme, et qui parlent directement de la vie des morts (vertueux ou vils), du bonheur des uns et du malheur des autres durant la période entre la mort et le Jour du Dressement. (comme les v.169-170/3 ?l 'Imran - 45-46/23 Les Croyants)

Il apparait, dans ces versets, que dans ce monde intermédiaire il y a :

-un matin et un soir, des semaines, des mois et des années au contraire du monde après le Grand Jour du Dressement où ces temps auront disparu ;

-des gens qui veulent parler aux gens qui sont encore sur terre alors qu'après le Grand Jour il n'y aura plus personne sur terre ;

-des Paradis et un Enfer autres que ceux éternels après le Jour du Dressement.

D'autres caractéristiques de ce monde " intermédiaire " apparaîtront par la suite.

D'après Shahîd Mutaharî in " al-Hayât al-Khâlidat aw al-Hayât al-Ukhrâ ", chap. p5

Etes-vous sûrs que demain vous serez encore en vie ?

{Toute âme goûtera la mort} (35/XXI).

Mais quand ? où ? comment ? Nul ne sait quand il va mourir. Nul ne sait où il va mourir. {Aucune âme ne sait dans quelle terre elle va mourir.} (34/XXXI).

{Cependant quand vient le terme fixé par Dieu, il ne saurait être différé, si vous saviez !} (4/LXXI)

{Dieu n'accorde jamais de délai à une âme si son terme est arrivé. Dieu est bien informé de ce que vous faites.} (34-35/XXI) {Si leur terme est arrivé, ils ne peuvent le retarder d'une heure, ni l'avancer.} (61/XVI) Le moment de la mort est fixé mais inconnu de nous et quand son terme arrive, nul ne peut le repousser. Sans doute, un des secrets de cela est que l'homme ait toujours en tête le caractère éphémère de ce monde et qu'il se tienne toujours prêt.

Le Prince des croyants(p) disait : " Si l'homme voyait le terme [le moment de la mort] et son devenir [dans l'autre monde], il détesterait certainement l'espoir [qui l'a fait toujours repousser au lendemain ce qu'il devait faire, pensant qu'il y a le temps]. " (in Nahja al-Balâgha- Hikam 337)

" Est-ce que vous sentez [l'Ange de la mort] quand il entre dans une maison ?

Est-ce que vous le voyez quand il emporte quelqu'un [prend son âme] ? Même ! comment il emporte le fœtus du ventre de sa mère ? Pénètre-t-il en lui par certains de ses membres ? Ou bien l'esprit lui répond-il avec l'Autorisation de Dieu ? Ou bien loge-t-il avec lui dans les entrailles de la [mère] ? " du Prince des croyants(p), Nahja al-Balâgha Sermon 112

{L'ivresse de la mort arrive avec la Vérité.} (19/L)

" Sachez, ô serviteurs de Dieu, qu'il n'y a pas d'échappatoire à la mort ! Prenez garde à la mort et à son imminence ! Prenez vos dispositions, car elle arrive avec un Ordre grandiose et une Affaire terrible , avec un bien dépourvu de tout mal à jamais, ou un mal dépourvu de tout bien pour toujours. Qui est plus proche du Paradis que celui qui a œuvré pour lui ? Et qui est plus proche de l'Enfer que celui qui a œuvré pour lui ô vous êtes la proie de la mort ; si vous vous dressez, elle vous prend ; et si vous la fuyez, elle vous rattrape. Elle est plus collée à vous que votre ombre. La mort est pendue à votre toupet Alors que la vie en ce monde se plie derrière vous. " du Prince des croyants(p), in Ses recommandations à Mohammed fils d'Abû Bakr, Nahja al-Balâgha Partie 3, N°27 (ou 260)

Une façon particulière de mourir : le martyre (1)

Quand on parle de "martyre", on parle en premier lieu de la mort, de sa propre mort et de la mort des autres. Personne ne peut nier qu'un jour il va mourir. C'est une évidence pour tout le monde, qu'il soit croyant ou non, qu'il soit homme ou femme, jeune ou vieux. Où sont tous ceux qui se disaient immortels et se prenaient pour des dieux comme Pharaon? Où sont les grandes civilisations? Seuls, certains vestiges témoignent de leur passage.

De même, tout le monde peut constater qu'il y a différentes façons de mourir. Certains meurent dans leur lit, d'autres lors de catastrophes dites naturelles, d'autres au combat ou encore dans un accident de voiture..etc Certains meurent jeunes, d'autres vieux, certains en bonne santé, d'autres malades ; certains disparaissent brusquement, d'autres après une longue agonie. Cependant, toute mort n'est pas considérée comme un martyre.

Le martyre est une façon particulière de mourir. Dans l'Islam, il signifie: 'mourir pour Dieu, dans le chemin de Dieu'. Durant les guerres, le martyr est celui qui est tué dans le chemin de Dieu. L'Imam Hussein(p) à Karbalâ' est 'mort en direction de Dieu, sur le chemin de Dieu'. Que veut dire 'mourir sur le chemin de Dieu' ? C'est mourir sur le chemin que Dieu a tracé pour nous, qu'Il nous a ordonné de suivre. (C'est par exemple, le chemin de la défense des déshérités, de l'honneur de l'Islam, de l'humanité, c'est par exemple, prendre les armes contre les occupants au risque d'être tué.)

Le martyr est - selon les critères islamiques - celui qui a atteint le degré de "martyre", c'est-à-dire qui a dépensé ses efforts sur la voie des objectifs islamiques sublimes, dans le but de réaliser les valeurs humaines réelles. L'homme martyr, selon la conception islamique, atteint - par son martyre - le degré le plus élevé que l'homme peut atteindre sur la voie de son perfectionnement. Le Messager de Dieu(s) avait dit à l'Imam Hussein(p) : "Il y a pour toi une demeure auprès de Dieu que tu ne peux atteindre que par le martyre."

Le martyre n'est donc pas un acte suicidaire, ni un acte de désespoir (de ne pas pouvoir profiter de la vie d'ici-bas), ni du 'nihilisme' (où plus rien ne compterait) ni un 'fanatisme mortifère'. Au contraire, il est le summum de la vie (pour lui et pour les autres), le summum du respect du côté sacré de la vie. C'est le summum de l'obéissance aux ordres de Dieu qui nous appelle à appliquer la Justice, à aimer les autres…

La question du martyre est avant tout liée aux croyances, à la vision que l'on a de la vie et de la mort. Celui qui croit en Dieu et qui sait que la vie sur terre (ad-dunia) est appelée à disparaître, qu'elle n'est qu'une charogne ("jîfat"), une chose éphémère et que l'Au-delà est sa vie véritable, se souciera plus de l'Au-delà que de ce moment temporaire sur terre. Ou plutôt, il cherchera sur terre ce qui pourra lui apporter de meilleures provisions pour l'Au-delà.

Celui qui croit à l'enfer et au Paradis (et à ses degrés), comme sanction de nos actes sur terre et qui croit aux Promesses de Dieu et à Sa Rencontre le Jour du Jugement, fera alors plus attention à la façon de mener sa vie sur terre. Il cherchera le meilleur à suivre pour arriver au meilleur résultat pour sa vie véritable, éternelle. Il trouvera l'Islam qui lui indiquera la voie à suivre, qui lui donnera des exemples en la personne du Prophète Mohammed(s) puis en sa famille bénie, les Saints Imams(p), qui lui montreront le meilleur chemin à suivre sur terre.

Au contraire de l'Occident qui préfère réfléchir sur la façon de mourir d'un point de vue matériel, sur comment alléger les souffrances de la mort, au lieu de méditer sur la signification de la mort elle-même, ou sur ses conséquences dans l'Au-delà ou encore sur ses implications sur la vie d'ici-bas. C'est pourquoi la plupart des gens dans ce monde ont peur de la mort, parce qu'ils la voient comme une fin, la fin de leur propre vie, aimée ou détestée.

(Voir Le Martyre de l'Imam Hussein(p) aux Ed. BAA pp211-213)

Les conditions du martyre

Nous avons vu que le martyre est une façon particulière de mourir. Il répond cependant à des conditions bien précises.

Shahîd Mutaharî(qs) disait que deux piliers fondamentaux devaient être considérés pour parler de martyre.

oLe premier concerne la sainteté de l'objectif. La mort doit survenir sur le chemin de la réalisation de cet objectif sacré, c'est-à-dire qu'elle doit avoir lieu sur le chemin de Dieu. L'Imam Khomeini(qs) précisa : " Le Maître des martyrs fut tué et il n'était pas avide de récompenses. Cela ne représentait pas grand chose pour lui. Non! Il s'était soulevé pour sauver la religion, raviver l'Islam et la faire progresser. " (…) " Le Prophète(s) s'exposa à des défaites militaires durant certaines guerres, ainsi que le Prince des croyants(p) contre Mû'âwiya. Il en fut de même pour le Maître des martyrs, sauf qu'il fut tué en obéissant à Dieu, dans la proximité de Dieu, sur le chemin de Dieu. Et ce qui arriva ne fit qu'augmenter sa sublimité. C'est pourquoi il n'est pas question de défaite ni d'échec pour l'Imam(p). Tout cela n'était qu'une sorte d'obéissance à Dieu. "

oLe second pilier concerne la connaissance et la conscience du candidat au martyre. C'est-à-dire, quand il est tué, il sait ce qu'il fait et en est tout à fait conscient.

Shahîd Mutaharî donna ensuite d'autres caractéristiques : " Dans le martyre, il y a deux aspects, deux faces, la face sainte se rapportant au tué et la face hideuse, criminelle se rapportant au tueur. Le martyre, en tant qu'impliquant des qualités sublimes comme la clairvoyance, le libre-choix et un objectif saint, loin de toute tendance égoïste, est un acte héroïque qui inspire admiration et fierté. Seule, cette sorte de mort dépasse la vie en grandeur, en sainteté et en importance. Le martyre de l'Imam Hussein(p) c'est la résistance clairvoyante, intelligente sur le chemin d'un objectif sacré. Ainsi l'Imam Hussein(p), bien que connaissant le sort qui lui était réservé en prenant une ferme position, refusa de prêter allégeance au despote de façon catégorique et répugna à garder le silence, considérant la dissimulation comme un péché pouvant entraîner d'autres péchés.

L'autre face de la tragédie de Karbalâ" est représentée par la laideur des criminels et de leurs crimes et par la déchéance et l'ignominie de leurs passions. "

Le martyre est la voie la plus courte pour arriver à Dieu.

Aussi, avoir l'esprit du martyre, c'est mener sa vie avec la motivation de rechercher ce qui pourrait permettre l'accès à ce haut degré qu'est le martyre, c'est-à-dire la recherche de la satisfaction de Dieu avec sincérité.

Et ce qui différencie les différents niveaux du martyre, c'est le degré de sincérité, d'intégrité, de loyauté (al-ikhlâs) vis-à-vis de Dieu, le degré d'adoration, de soumission à Dieu, de la crainte de Dieu (at-taqwâ). Le martyre de l'Imam al-Hussein(p) est différent de celui d'al-Hor et cela revient à la personne, à la qualité de sa relation avec Dieu, de son rapport avec le monde d'ici-bas, selon qu'il s'est attaché à la vie d'ici-bas avec tous ses ornements ou qu'il s'en est servi comme tremplin pour obtenir la meilleure place dans l'Au-delà.

Voir Le Martyre de l'Imam Hussein(p) aux Ed. BAA pp228 reprenant Le soulèvement de 'Ashûrâ', Imam Khomeyni(qs), Institut pour l'éd. et la publi. des œuvres de l'Imam Khomeyni(qs) p39 et Shahîd yatahadath a'n shahîd, Shahîd Mutaharî, Ed. B.A.A., pp15-17

La relation entre la vie en ce monde et ce qu'il y a après

Dans un propos rapporté, le Messager de Dieu(s) dit : " Ce monde-ci est le lieu de semence pour l'Au-delà. " (in Majmû'at Warâm, vol.1 p183)

montrant ainsi qu'il n'y a pas de séparation entre ce monde sur terre et l'Au-delà. Même ! Que ce sont les fruits des graines que l'homme a plantées de ses mains durant sa vie en ce monde qu'il va retrouver dans cette autre vie. C'est-à-dire, l'homme décide, détermine durant sa vie sur terre cette autre vie.

Ainsi toute graine qu'il va semer en ce monde, bonne ou mauvaise, va entraîner un fruit, bon ou mauvais, dans cet autre monde. Et de même qu'il est impossible de récolter du blé en ce monde si l'on plante de l'orge, ou des coloquintes si l'on plante des palmiers dattiers, de même il est impossible que l'homme sème de bonnes graines en ce monde et qu'il trouve un mauvais résultat dans l'Au-delà. Il en est de même pour le contraire.

La foi, les croyances justes, réelles, la morale élevée loin de la jalousie, des ruses, de la trahison, de la rancune, de la tricherie, tous les actes justes orientés vers le service de l'individu et de la société, comme les bonnes actions, les œuvres de bienfaisance, tout cela construit une vie heureuse, éternelle pour l'individu.

De même, l'absence de foi, de croyances justes, le mauvais comportement, l'égoïsme, l'égocentrisme, l'injustice, l'ostentation, l'extorsion de biens, le mensonge, l'injustice, les accusations mensongères, la trahison, la médisance, la calomnie, l'abstention d'actes d'adoration et autres entraînent une vie malheureuse pour l'homme après la mort.

Le Prince des croyants(p) disait : " Aujourd'hui, des actes et pas de jugement et demain un jugement et pas d'actes. " (in Nahja al-Balâgha, De ses propos 41 ou 42 p143), confirmant non seulement que c'est le résultat de nos actes que nous trouverons dans l'Au-delà, mais aussi que dans l'Au-delà il ne sera plus possible d'agir.

Dieu dit dans Son noble Livre : {Au cou de chaque homme, Nous avons attaché son devenir [résultats de ses actes] et le Jour du Jugement (" Dressement "), Nous lui sortirons un écrit (livre) qu'il trouvera déroulé.} (v.13/17 Le Voyage Nocturne)

L'Imam Abû Ja'far, al-Bâqer(p) dit, à propos de ce verset : " Son bien et son mal sont avec lui jusqu'à ce que lui soit donné son livre de ses actes le Jour du Jugement Dernier, le Jour de la Résurrection. " (in Bihâr, vol.7 p312)

D'après Shahîd Mutaharî in " al-Hayât al-Khâlidat aw al-Hayât al-Ukhrâ ", chap. p7 pp27-28

L'agonie

{Lorsque [l'âme] remonte à la gorge et qu'à ce moment vous regardez, et Nous sommes plus Proche de lui que vous, mais vous ne voyez pas. Pourquoi donc, si vous croyez que vous n'avez pas de compte à rendre, ne la [l'âme] faites-vous pas revenir, si vous êtes véridiques ? } (83-87/LVI)

L'agonie est le moment où l'âme quitte le corps pour aller dans un autre monde, l'Au-delà. L'âme commence à se retirer des extrémités du corps [à en prendre le contrôle], à monter jusqu'à la gorge pour sortir de la captivité du corps et commencer le voyage dans le monde intermédiaire (al-barzakh).

L'Imam as-Sajjâd(p) disait que c'était l'un des pires moments pour l'homme.

{Si tu voyais les injustes, au moment des affres de la mort, lorsque les Anges tendent leurs mains : " Laissez sortir vos âmes. Aujourd'hui, vous êtes rétribués par le châtiment de l'humiliation.. "} (93/6 al-An'âm/Les Troupeaux)

Un jour, l'Imam Ali(p) eut mal aux yeux. Le Prophète(s) lui rendit visite et l'entendant se plaindre lui demanda: "Cries-tu par angoisse ou par douleur ? " L'Imam Ali(p) répondit: " ô Messager de Dieu, je n'ai jamais souffert d'une douleur plus forte que celle-là." Le Prophète(P) lui dit alors : "ô 'Alî, lorsque l'Ange de la mort descend pour prendre l'esprit [l'âme] de l'incroyant (kâfir), il descend tenant une broche de feu avec quoi il arrache son esprit [l'âme] qui se met à crier : " C'est l'Enfer " [à cause de l'intensité de la douleur]". L'Imam Ali(p) s'assit et dit :

"ô Messager de Dieu, répète-moi ce hadith, car ce que tu m'as dit m'a fait oublier ma douleur ". Puis il(p) lui(s) demanda : " Est-ce que quelqu'un de ta Communauté peut être touché par cela ? " Le Prophète répondit : " Oui, un gouvernant injuste, quelqu'un qui s'approprie les biens d'un orphelin injustement et celui qui fait un faux témoignage ". (rapporté par l'Imam al-Sâdiq(p) in Al-Kafî d'al-Kulainî vol.3 p 253 H10)

Pour certains c'est l'ivresse de la mort

{L'ivresse de la mort arrive avec la Vérité. Voilà ce dont tu t'écartais.} (19/L-Qâf)

D'un côté la douleur, les forces qui abandonnent le corps, la langue qui se noue. De l'autre les pleurs de la famille, la séparation de tout ce qui lui est cher, biens, famille, actes…

Plus la personne est attachée à ce monde, plus la séparation sera pénible et plus les ivresses de la mort difficiles. " Si l'homme est touché par l'amour pour ce monde et le suivi des passions, et que le monde ici-bas a pris place dans son cœur, il se dégage de tout, à l'exception des choses de ce monde, et devient hostile à Dieu, aux serviteurs de Dieu, aux Prophètes, aux Proches-Elus, aux Anges. (que Dieu nous en protège ). Il ressent à leur égard de la rancune, de la haine. Au moment de sa mort, arrivent les Anges de Dieu pour prendre son âme. Il ressent alors un très grand déplaisir et de l'aversion parce qu'ils veulent le séparer de ce à quoi il est accroché, des choses qu'il a affectionnées et aimées et parce qu'ils veulent le séparer de ce monde qui représente tout pour lui… c'est pourquoi il ressent de la haine et de l'aversion envers eux. Et son issue sera qu'il sortira de ce monde en étant un ennemi de Dieu (qu'Il soit Glorifié !). (Que Dieu nous en préserve !) (Le Jihâd le plus grand, de l'imam Khomeyni(qs) p91)

Les derniers moments de l'homme :

Son entrée dans le monde " intermédiaire "

(décrits par le Prince des croyants(p))

" ..Et il voit ceux qui sont pris [morts] sans qu'ils s'y attendent - dans la mesure où il n'y a pas d'annulation ni de retour -, comment est tombé sur eux ce qu'ils ignoraient, [comment] est venue à eux la séparation de ce monde dont ils se croyaient assurés. Ils s'avancent vers ce qui leur a été promis de l'Au-delà.

Ce qui descend sur eux est indescriptible.

L'ivresse de la mort et les soupirs devant ce qui est perdu s'emparent d'eux. Leurs extrémités s'immobilisent et leur couleur change.

Ensuite, la mort pénètre davantage en eux, un trouble survient en eux, entre eux et leur parole [ils ne peuvent plus parler].

Il [le mort] est maintenant parmi les membres de sa famille, il regarde de ses yeux et entend de son oreille, la raison encore saine et le cœur (intelligent) maintenu. Il réfléchit sur ce à quoi il a employé sa vie, sur ce à quoi il a passé son temps.

Il se rappelle les biens qu'il a rassemblés, fermant les yeux sur leur origine, les prenant de [sources] claires et de [sources] ambiguës. Les suites/conséquences de leur amoncellement [de façon illicite] l'accompagnent.

Il assiste à leur perte alors qu'ils vont rester pour ceux qu'il laisse derrière lui qui vont en profiter et prendre du plaisir avec. Ainsi pour autre que lui, la réussite sans fatigue alors que pour lui c'est le fardeau sur son dos ; les gages de l'homme sont alors fermés [il ne peut plus rien faire].

Il se mord les doigts, de regret, devant ce qui apparait de son ordre au moment de la mort, [au moment où] lui est retiré ce qu'il désirait les jours de sa vie. Il souhaite alors que celui qui le convoitait et le jalousait, possède tout [ce qu'il avait] et lui non.

La mort s'empare de tout son corps au point que sa langue se mêle à son ouïe [ces deux organes ne fonctionnant plus].

Il est parmi les membres de sa famille, mais il ne parle plus de sa langue, ni n'entend de son ouïe. Il promène son regard sur leurs visages et voit leurs lèvres remuer, mais il n'entend pas leurs propos en retour.

Ensuite, la mort se colle davantage à lui. Sa vue est saisie comme son ouïe l'a été précédemment. Son âme (l'esprit) sort de son corps et il devient un cadavre parmi les membres de sa famille, qui s'attristent à ses côtés, qui s'éloignent de sa proximité. Il ne console plus celui qui pleure, ni ne répond à celui qui l'appelle.

Il est ensuite porté à son tombeau dans la terre où ils le laissent à ses actes.

Puis, ils arrêtent de lui rendre visite .. "

(in Nahja al-Balâgha, du Prince des croyants(p)- Sermon N°109)

La vision de l'Ange de la mort au moment de l'Agonie

C'est alors que l'Ange de la mort s'approche du mourant.

" Il est rapporté du Prophète Ibrahim(p) l'ami intime de Dieu (al-khalîl). Un jour il(p) demanda à l'Ange de la mort(p) : " Est-ce que tu peux me montrer l'aspect que tu as quand tu prends l'âme d'un débauché ? " Il lui dit : " Ecarte-toi de moi. "

Il(p) s'écarta de lui puis se tourna vers lui. Il(p) vit alors un homme noir, aux poils hérissés, à l'odeur mauvaise, portant des vêtements noirs.

De sa bouche et de son nez sortaient des flammes de feu et de la fumée. Le Prophète Ibrahim(p) perdit connaissance. Quand il(p) revint à lui, l'Ange de la mort avait repris son apparence première.

Il(p) s'exclama alors : " ô Ange de la mort, si le débauché ne trouve au moment de sa mort que la forme de ton visage, il aura son compte. " " (in Bihâr al-Anwâr, vol.6 p143 Bâb 5 H8 citant Jâmi' al-Akhbâr, Fasl 135 p170)

" Il est rapporté du Prophète Ibrahim(p) l'ami intime de Dieu (al-Khalîl). Homme jaloux, il avait une maison particulière où il effectuait ses actes d'adoration. Quand il en sortait, il fermait la porte à clef. Un jour qu'il(p) entra à l'intérieur de sa maison, il y trouva un homme sous une belle apparence. Il(p) lui demanda : " Qui t'a fait entrer dans ma maison ?

-Son propriétaire.

-Je suis le propriétaire.

-M'y a fait entrer celui qui la possède plus que moi et toi.

-Qui es-tu ? lui demanda alors Ibrahim(p).

-Je suis l'Ange de la mort. " (in al-Kâfî, vol.8 p392 H589)

Il(p) lui demanda alors de lui montrer son aspect quand il prenait l'âme des croyants. L'ange de la mort se présenta alors sous le plus bel aspect, avec un beau visage, les plus beaux vêtements et dégageant une bonne odeur. Il(p) dit alors que si le croyant ne trouvait que cela au moment de sa mort, il trouverait son compte. (rapporté par le savant al-Kashânî in al-Mahajjah al-Baydâ'vol.8)