Les principes de l'union islamique
 
6-L'Organisation de la Conférence Islamique

La formation de l'Union interparlementaire

Le plan de la formation de l'Union interparlementaire islamique compte parmi les initiatives précieuses des pays islamiques, et nous devons rendre hommage à ceux qui ont franchi des pas dans cette direction. Pourtant, ce qui garantit sa continuité et son progrès, c'est l'examen des programmes du monde de l'Islam et la volonté de trouver des solutions et de les présenter aux pays islamiques, d'une part, et à l'OCI, de l'autre, car le règlement des problèmes complexes du monde de l'Islam ne sera possible qu'avec la participation active de tous les pays islamiques et leurs efforts collectifs, dans le cadre des organisations islamiques, comme l'OCI.

(Message à l'occasion de la formation de l'Union interparlementaire islamique, le 15 juin 1999)

Le parlement islamique

Les problèmes internationaux ne seront réglés que par la coopération inter-islamique. Nous souhaitons la formation d'un parlement islamique qui regroupe les représentants de l'Ummah, afin de profiter des grandes capacités des Musulmans, dans les prises de décisions concernant le règlement de leurs problèmes. (Message, à l'occasion de la formation de l'Union inter-parlementaire islamique, le 15 juin 1999)

La place privilégiée de l'OCI

Cette organisation peut être le symbole de la véritable unité des pays islamique dans la résolution de leurs questions et pour leurs intérêts communs. Elle peut parler au nom de ses membres, revendiquer et agir, et jouir d'une puissance financière, économique et politique, et jouer le rôle de médiatrice dans le règlement des problèmes entre ces membres. Elle peut coordonner les efforts pour atteindre un objectif commun, juger et donner des consultations, partout, où cela s'avère nécessaire. (Cérémonies d'inauguration du 8ème Sommet de l'OCI, le 9 décembre 1997)

L'OCI, protectrice de la sécurité et la dignité des Musulmans

L'existence d'une organisation puissante peut faire reculer, d'une part, les étrangers de la région, par un langage empreint de dignité islamique, et, de l'autre, neutraliser tout prétexte pour cette présence inconvenante, de même qu'au moment où cela s'avère nécessaire, une force des pays islamiques peut garantir la sécurité et la paix dans la région. A présent, les minorités musulmanes, dans certains pays du monde, souffrent énormément de discriminations. C'est le devoir de tous les Musulmans de les aider. Mais pour une aide sérieuse et acceptable, dans le cadre des relations internationales, un centre inter-islamique est indispensable, et le meilleur centre, c'est l'OCI. Il y a des dizaines de travaux inachevés qui, pour chacun d'entre eux, exigent les efforts de tous les pays islamiques. (Cérémonies d'inauguration du 8ème Sommet de l'OCI, le 9 décembre 1997)

Les coopérations économiques dans le monde de l'Islam

Aujourd'hui, le monde de l'Islam détient bien moins de 20% du commerce mondial, en comparaison avec son taux démographique. Et en ce qui concerne le commerce inter-islamique, il est encore très inférieur. Etant donné l'influence de l'économie sur la politique, l'OCI doit jouer un rôle plus actif dans le domaine économique.

Aujourd'hui, certains pays islamiques sont dotés de précieuses possibilités et capacités scientifiques, industrielles, culturelles dont d'autres pays ont besoin.

L'OCI peut intervenir, effectivement, dans la distribution équitable et rationnelle de ces possibilités et capacités. A l'aide de ces comités spéciaux, l'OCI peut s'occuper de ces travaux et régler les problèmes par les efforts efficaces de ses membres. En vue de rendre plus actif l'OCI, nous n'avons besoin que d'une volonté collective et des aides financières des pays islamiques riches. L'opposition éventuelle des pays qui subissent des préjudices de l'unité islamique ne pourra, aucunement, dresser des obstacles sur ce chemin, si nous sommes dotés d'une ferme volonté. (Cérémonie d'inauguration du 8ème Sommet de l'OCI, le 9 décembre 1997)

La proposition de l'adhésion de l'OCI, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité

L'OCI doit suivre de près ses résolutions, jusqu'à leur application totale, pour que ses réunions se traduisent par des acquis pour les peuples des pays membres. En outre, elle doit pouvoir créer l'Union inter-parlementaire, réaliser un marché commun, créer une cour islamique, et, finalement, représenter 55 pays islamiques et un milliard et plusieurs centaines de millions musulmans, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, de même qu'elle doit pouvoir jouir du droit de veto, tant que ce droit existera. C'est ce que doit être l'avenir de l'Ummah islamique. (Cérémonies d'inauguration du 8ème Sommet de l'OCI, le 9 décembre 1997)

7-La question de la Palestine

La Palestine, la première question du monde de l'lslam

Aujourd'hui, la Palestine est la première question du monde de l'Islam et de la Communauté internationale. Dans toutes les questions du monde islamique et, notamment, la question palestinienne, on voit les mains sales de l'Arrogance mondiale, et, notamment, celles des Etats-Unis et du régime sioniste, et, aujourd'hui, les intérêts du régime sioniste, au Moyen-Orient, sont ceux des Etats-Unis. (Rencontre avec les responsables de la RII et les ambassadeurs des pays islamiques, le 30 octobre 2006)

La nécessité de la défense de la Palestine

Nous qualifions d'obligatoire la défense des opprimés palestiniens et nous croyons que tous les gouvernements islamiques doivent faire leur devoir dans la défense tous azimuts de la Palestine. (Rencontre avec les responsables de la RII et les ambassadeurs des pays islamiques, le 30 octobre 2006)

La Palestine ; la scène de l'initiative du monde islamique

Aujourd'hui nous devons prendre l'initiative. Jusqu'à présent, ce sont toujours les ennemis qui ont pris l'initiative et nous nous contentions de nous plaindre. La Palestine est devenue, aujourd'hui, le territoire des Sionistes, dans le cadre des dizaines d'initiatives prises par l'ennemi. Ils ont, d'abord, acheté des terres, puis ils ont armé les Sionistes immigrés. Ils ont, ensuite, fait éclater des guerres civiles et diviser la Palestine, en occupant une partie de ce pays arabo-islamique. Puis, ils l'ont occupé totalement, en annexant des parties de l'Egypte, de la Syrie et de la Jordanie. Jusqu'à présent, seulement, une fois, les voisins arabes ont pris l'initiative et c'est durant la guerre de 1973 de la Syrie et de l'Egypte contre le régime sioniste, qui n'a pas atteint tous ses objectifs, en raison des interventions des Occidentaux et, notamment, des Etats-Unis, en faveur de Tel-Aviv, mais qui était, pourtant, tout à l'honneur des Arabes et qui a libéré une partie des territoires arabes. Depuis, les Sionistes et leurs alliés occidentaux, sous la houlette des Etats-Unis, ont toujours pris l'initiative, tout en scandant des slogans démagogiques, en faveur du compromis, mais avec l'objectif principal d'asseoir définitivement l'usurpation des territoires palestiniens, tandis qu'ils obtenaient des concessions à tire-larigot de leurs rivaux arabes. En tant que gouvernements islamiques, nous devons renforcer les aides aux pays de la première ligne du front, dans l'objectif de libérer la Palestine. (Cérémonies d'inauguration du 8ème Sommet de l'OCI, le 9 décembre 1997)

Le devoir du monde de l'Islam face à la Palestine

Mes chers frères et sœurs ! Cette situation fait offense à la grandeur islamique et est très loin de la solution des problèmes des peuples musulmans. Tous les gouvernements islamiques doivent prendre part à la restitution des droits du peuple palestinien et le monde de l'Islam doit sortir de sa passivité. Ces devoirs sont, à présent, seulement, accomplis par les braves jeunes palestiniens et libanais à qui l'on doit rendre hommage. Notre opposition à ce que l'on appelle les pourparlers de paix du Moyen-Orient tient de sa nature injuste, humiliante, irrationnelle et arrogante. Le principe imposé de la paix contre la terre, à savoir, le régime sioniste rend les territoires occupés, pour que nous reconnaissions que la Palestine lui appartient, est le propos le plus injuste. L'ironie de l'histoire, c'est que, même, le régime sioniste a qualifié ce principe d'inconvenant et l'a rejeté. Le temps de répondre à cet esprit arrogant n'est-il pas encore venu ? Si nos relations restent fraternelles, nous pouvons le faire. Que peuvent faire les Etats-Unis devant le front uni des pays islamiques, de l'Indonésie jusqu'au nord de l'Afrique ?

Aujourd'hui, l'Arrogance espère voir poindre la discorde dans ce front. Le temps n'est il pas venu de consolider notre front ? La présence d'un ennemi comme le régime sioniste au sein des territoires islamiques, pourrait nous rapprocher les uns des autres, mais l'Arrogance a fait disparaître ce danger. Aujourd'hui, nous avons plus peur de nous-mêmes que de l'ennemi. Les tentations, les mensonges et les propagandes diaboliques ont fait que les pays islamiques se regardent en chiens de faïence. (Cérémonies d'inauguration du 8ème Sommet de l'OCI, le 9 décembre 1997)

Si le monde de l'Islam était uni, la Palestine ne serait pas seule aujourd'hui. Le gouvernement élu palestinien ne devrait pas être, aujourd'hui, mis sous pressions, et être menacé d'un arrêt des aides, s'il ne renonce pas à ses principes. Le monde de l'Islam doit apporter, à l'unanimité, son soutien au peuple et aux responsables palestiniens. Si cela arrive, ceux qui ont causé le malheur du peuple palestinien ne peuvent plus poursuivre leurs exactions. Tant de crimes sont commis contre le peuple palestinien. Les Européens qui se targuent d'être les défenseurs des Droits de l'Homme restent, étrangement, sourds, muets et aveugles, prenant position contre le gouvernement palestinien qui est élu par les votes des Palestiniens. Et tout cela, à cause de la discorde et des divergences, au sein du monde de l'Islam. Et tout cela, à cause de l'égoïsme des élites et des hommes d'Etat musulmans. (Discours, en présence des responsables iraniens, au jour anniversaire de la bienheureuse naissance du Prophète de l'Islam, le 16 avril 2006)

La RII défend les droits du peuple palestinien

La RII se distingue par le fait qu'elle ne tient compte d'aucune considération dans la défense d'un peuple musulman agressé, de la même façon qu'elle a condamné l'occupation de l'Afghanistan par l'armée Rouge de l'ex-URSS. Les efforts des ennemis de l'Islam sont concentrés sur cet objectif qui est d'utiliser le régime sioniste, en tant que base contre le monde de l'Islam, et ce, alors que nombre de problèmes d'aujourd'hui des Musulmans sont créés, en raison de la présence du régime sioniste, au sein du monde de l'Islam, et nous ne pouvons pas oblitérer cette question. L'identité islamique exige que nous défendions les droits du monde de l'Islam, et, sur cette base, la RII défend, comme tous les autres Musulmans, la question de la Palestine, estimant que le peuple palestinien, contrairement à ceux qui parlent en son nom, n'acceptera jamais que même une infime partie de ses territoires reste sous l'occupation des Sionistes. (Rencontre avec des dizaines de milliers de Chiites et de Sunnites enthousiastes de Torbat-e Jam, le 31 août 2001)

8- Le phénomène d'éveil islamique : le bilan de ces dernières décennies

La définition :

"Il faut que nous nous ressaisissons, que nous comprenions que notre décision marquera un tournant de l'histoire de l'Islam. Nous ne sommes pas les seuls à être concernés par cette décision. Aujourd'hui, aucune autre perspective ne se présente à l'Oumma islamique, si ce n'est celle de reprendre confiance en soi, d'éviter se perdre dans de mauvaise calcules et de résister à la tyrannie ; nous conseillons à tous les musulmans de considérer à sa juste valeur ce qui fait leur force, à savoir le leg que la religion musulmane leur a laissé : la dignité, l'honneur, le respect de soi, la volonté de faire valoir leurs droits. Aux musulmans, il faut une connaissance élargie de leur histoire, de leur civilisation, une conaissance sur quoi il convient de s'appuyer pour braver humiliation et mépris, innimité et rancune. C'est cela notre message et notre souhait dans un monde dominé par les sionistes"( discours prononcé devant les autorités du pays à l'occasion de la date anniversaire de la bien heureuse naissance du noble prophète de l'Islam)

La gestation du phénomène d'éveil islamique

"Aujourd'hui, alors que la vague d'éveil musulman traverse tous les contrées islamiques, qu'elle s'étend grâce à la résistancee, à la bravoure et à la scincerité des dirigeants musulmans à l'ensemble de la terre de l'Islam et qu'elle implique tant bien l'élite que l'homme de la rue, il est normal que l'arrogance mondiale et ses principales figures cherchent par tous les moyens possibles et imaginables à prolonger leur ascendence sur le monde musulman" ( Message adressé au grand congrès du Hajj)

"Après des décennies de léthargie mortelle et préjudiciable qui a fini par mettre son destin, ses richesses materielles et humaines entre les mains des énnemis, voici le monde de l'Islam enfin réssucité par ce souffle d'éveil qui traverse ses territoires et qui appelle à mettre en pratique les enseignements sublimes de l'Islam, une application posée aujourd'hui comme une véritable exigence " (message adressé au congrès du Hajj)

"Aujourd'hui la donne a changé ; l'éveil musulman est une réalité indéniable, un phénomène perceptible qui se traduit par un vaste mouvement général qui manifeste un désir de retourner à la source, de renouer avec les instructions dr l'Islam pur. C'est aux intellectuels et aux politiques musulmans de capitaliser ce mouvement, d'en tirer le maximum de bénéfice ; ce sera une lourde erreur de la part des autorités des états musulmans que de craindre cet éveil qui anime la jeunesse musulmane et d'y voir un péril. Au contraire, à la lumière du resaississement général qui s'est emparé du monde de l'Islam, celui-ci sera à même de réhabiliter le crédit et la place qui lui ont otés les puissances hégémoniques" ( Audience accordée aux responsables iraniens à l'occasion du 17 de la lune rabi Aval).

Le nécessaire retour à l'Islam d'origine

"Aujou'dhui, le monde de l'Islam n'a qu'un seul s'il désire de retrouver son aura et son préstige d'antan : le retour à l'Islam originel. un Islam authentique lavé de tout soupçon de fanatisme;Un islam différent de cette réligion fabriquée par les médias occidentaux dont le visage est si violent si inhumain. l'Islam auquel il faut se fier n'est niaméricain ni occidental . C'est un "islam mohammedin", tel que décrit par le défunt fondateur de la RI, l'Imam Khomeyni( son âme repose au paradis) et qui tient tout de la tradition et qui s'oppose on ne peut plus farouchement à cette pseudo croyance que l'imam appelait Islam américanisé. C'est l'Islam fondé sur le principe d'unicité de dieu et celui d'unité des ames et des espritz des croyants. Malade dans sa chaire, l'oumma ne peut que se retourner à cette foi primaire s'il souhaite se guérir. ce qui semble affoler l'arrogance à l'heure où nous somme c'est notre marche vers cet Islam pur" ( Rencontre avec les responsables gouvernementaux)

La révolution islamique, apothéose du mouvement d'éveil

"Le point de départ de cette déferlente d'éveil et de resaississement remonte à plus d'une vingtaine d'années, à la victoire de la révolution islamique en Iran . une victoire qui a hissé au sommet du pays le drapeau de l'islam et qui a préludé la naissance d'un état coranique au coeur d'une région si hautement sensible. cette victoire a redonné de l'espoir, de la confiance aux Musulmans qui ont vu leur dignité et leur honneur réhabilitées. (Audience accordée aux responsables à l'occasion de la date anniversaire de la bienheureuse naissance du prophete de l'Islam).

Les obstacles internes devant le rapprochement des madhahib et l'unité des Musulmans

Nous rencontrons toujours différentes sortes de problèmes et d'obstacles devant la réalisation du projet du rapprochement des écoles islamiques, visant à renforcer l'unité et la solidarité des Musulmans du monde entier. Ces obstacles sont tantôt "internes" tantôt "externes". En ce qui concerne les obstacles internes, il s'agit des problèmes dont l'origine remonte à l'attitude des Musulmans eux-mêmes.

Autrement dit, ces problèmes proviennent des visions étroites, l'esprit borné et les conceptions superficielles qui dominent malheureusement certains milieux musulmans. Cela engendre évidemment des actes provocateurs et dangereux qui nuisent au rapprochement des Musulmans les uns des autres. Quant aux obstacles externes, ce sont des problèmes issus des conspirations, des politiques divisionnistes et des complots directs ou indirects des grandes puissances colonialistes qui ne supportent pas l'idée même de l'unité et de la solidarité des Musulmans. Ces puissances cherchent, par tous leurs moyens, à créer la division, la discorde, voire le conflit parmi les nations musulmanes, afin d'empêcher la formation d'un front uni de l'Oumma islamique.

* * *

Les obstacles externes devant l'unité et la grandeur du monde musulman s'avèrent, sans aucun doute, très dangereux. Il incombe donc à tous les Musulmans du monde d'essayer de trouver une solution adéquate pour faire face à ces problèmes, en profitant de l'expérience du passé, permettant de découvrir des méthodes pratiques afin de surmonter ces obstacles externes. Là, c'est une nécessité irréfutable, vitale et urgente que nous ne pouvons absolument pas nier. Cependant, lorsque nous procédons à une comparaison entre les obstacles externes et internes devant le rapprochement des écoles islamiques, nous constatons très clairement que le danger des obstacles internes est indéniablement plus grand et plus destructeur, et que ses conséquences pourront être beaucoup plus tragiques. En réalité, une communauté ou une nation qui souffre de divergence et de conflit internes devra s'attendre à un sort tragique, celui du déclin et de la décadence.

Une telle société est condamnée à l'effondrement et à l'anéantissement. C'est la raison pour laquelle, les grandes puissances arrogantes dont les régimes hégémoniques, et les dirigeants de l'associationnisme, de la mécréance et de l'hypocrisie ont essayé, à des époques historiques différentes, de profiter de l'existence de ces obstacles internes au sein du monde musulman, pour porter préjudicie aux intérêts des nations islamiques. Ces obstacles peuvent avoirs des formes très variées dont la tension politique ou sociale, les conflits destructeurs, les guerres d'usure, etc. qui menaceraient les fondements de l'unité islamique. Ceci étant dit, les puissances arrogantes misent sur ces difficultés internes des Musulmans, car elles estiment que cela leur épargnerait la mobilisation de leurs moyens matériels, leur énergie et leur budget pour créer des différends parmi les Musulmans. Il faut admettre qu'elles ne se trompent pas tellement dans leurs calculs, car il n'est plus nécessaire de procéder à la provocation ou à la tentation pour nuire à celui qui avance lui-même sur le chemin de la décadence et de l'anéantissement !

Pour réaliser l'objectif sacré qu'est le rapprochement et l'unité des écoles islamiques, et pour former un front uni et puissant, composé de tous les Musulmans du monde, il faut commencer évidemment par l'identification des obstacles internes qui se dressent devant l'unité et la solidarité des musulmans. Il convient ensuite de les étudier minutieusement afin de trouver les méthodes et les mécanismes appropriés pour les surmonter.

Nous croyons que les pensées profondes et limpides du grand penseur musulman, le martyr Morteza Motahari pourront nous permettre d'approfondir nos connaissances sur les obstacles internes qui existent devant le projet de l'unité des Musulmans. Dans ses ouvrages, le martyr Motahari procède à une analyse générale de ces obstacles, et nous propose des méthodes pour réaliser l'unité islamique. Il encourage tous les Musulmans à réfléchir profondément à ces problèmes, et à contribuer très activement aux efforts destinés à trouver des solutions théoriques et pratiques dans ce domaine.

Dans l'optique du martyr Motahari, la notion de "malentendu" joue un rôle clé. Selon lui, le malentendu est l'un des obstacles majeurs devant le projet du rapprochement et de l'unité des écoles et des confessions musulmanes. Il empêche alors le processus de la prise de conscience par rapport aux réalités qui pourraient faciliter, ô combien, l'unité et la solidarité parmi les Musulmans.

Pour expliquer clairement son point de vue, et pour diagnostiquer le grand danger des malentendus qui existent malheureusement parmi les Musulmans, le maître Morteza Motahari décide d'abord de présenter une définition générale et précise de ce qu'il appelle "entente" et "malentendu". A ce propos, il a écrit :

"L'entente veut dire se comprendre, tandis que le malentendu veut dire le contraire, c'est-à-dire la divergence d'interprétation entre personnes qui croyaient se comprendre. Il est évident que pour bien se comprendre et bien se connaître, les gens doivent s'efforcer de se connaître les un les autres tels qu'ils sont. Le problème de se méconnaître provient justement du fait que les gens n'arrivent pas à se comprendre et à se connaître tels qu'ils sont en réalité. Cela les induit directement à l'illusion par rapport aux autres… Le malentendu entre les personnes est toujours, et dans tous les cas, préjudiciable à leurs intérêts de part et d'autre. Car le malentendu est un facteur d'égarement et d'obscurantisme."

En ce qui concerne les malentendus qui existent parmi les Musulmans, et leur rôle destructeur dans la création des tensions et des divisions parmi eux, empêchant le rapprochement et l'unité, ce grand penseur musulman a écrit :

"Outre les éléments de discorde qui sont apparus parmi les Musulmans, et les facteurs différents qui sont à l'origine de la diversité des écoles, des confessions et des sectes, l'un des malheurs des Musulmans puise sa source dans les malentendus malheureusement très nombreux qui existent entre eux. En d'autres termes, au-delà des divergences idéologiques et doctrinales, les Musulmans souffrent également de nombreuses illusions qu'ils caressent les uns par rapport aux autres. Dans le passé et à présent, il y a malheureusement des fauteurs de trouble qui se sont efforcés et qui s'efforcent toujours d'attiser le feu de méfiance parmi les adeptes des différentes écoles islamiques. Le danger qui menace les Musulmans par ces malentendus et ces méfiances est, en réalité, plus grand et plus grave que le danger des divergences de vue idéologiques et doctrinales."

Dans ce passage, le martyr Motahari met en relief trois questions importantes :

- En premier lieu, le malentendu et la méconnaissance des idées, des pensées et des points de vue des autres sont considérés comme une "maladie" pour l'Oumma islamique, car ils sont à l'origine des mauvaises interprétations de ce que sont les autres Musulmans.

- En deuxième lieu, cette maladie doit être absolument prise au sérieux, car elle dilapide la puissance et l'énergie de l'Oumma islamique qui s'occuperait des problèmes internes. Cette maladie est la source de nombreuses pertes pour tous les pays et toutes les nations islamiques. Ses conséquences sont tragiques : la division, la haine, la rancune, la querelle et le conflit parmi les Musulmans. Cela dilapide inutilement les moyens et les forces des Musulmans pour s'occuper des problèmes superflus et infructueux.

- En dernier lieu, dans chaque tension, division ou conflit, nous pouvons trouver la trace des éléments corrompus qui cherchent à attiser le feu de division et de dissension, pour que le mal se propage partout et qu'il anéantisse tout. Ces individus et ces groupes s'infiltrent dans le champ opposé afin de procéder à des actes hypocrites pour renforcer les malentendus et les illusions qui sont à l'origine de chaque querelle.

Ce type d'agissements provocateurs renforce malheureusement les méfiances et les malentendus parmi les Musulmans adeptes de différentes écoles et confessions. Par conséquent, ils barrent le chemin qui conduirait à l'entente, à la fraternité, à l'unité et à la solidarité parmi les Musulmans.

Les malentendus qui existent entre les Musulmans de confession sunnite et de confession chiite semblent beaucoup plus dangereux que les divergences de vue purement religieuses ou doctrinales qui existent entre eux. Par conséquent, en premier lieu, il faut absolument éviter de minimiser l'importance de ces malentendus et de les considérer comme négligeables. En second lieu, simultanément aux efforts destinés à résoudre les différends religieux et doctrinaux au niveau des questions idéologiques, il faut procéder également à mettre l'accent sur la nécessité du rapprochement et les responsabilités communes de toutes les écoles et confessions islamiques. Dans ce sens, il convient alors de lutter contre les mauvaises interprétations et les méconnaissances réciproques, en y accordant une sensibilité extrême.

Le martyr Morteza Motahari croit que la menace, qui est proférée par les malentendus, est relativement beaucoup plus grave par rapport aux divergences de vue religieuses, idéologiques ou doctrinales. Pour expliquer son point de vue dans ce domaine, il écrit :

"Les divergences de vue religieuses qui existent parmi les Musulmans, adeptes de différentes écoles et confessions, ne sont pas tellement graves pour pouvoir empêcher la marche vers l'unité et la fraternité, car notre religion nous apprend que les croyants sont des frères ( ÇäãÇ Çáãæãäæä ÇÎæå ). Les Musulmans adorent le même Dieu unique, et ils disent tous que Dieu est unique et qu'il n'y a d'autres divinités que Lui ( áÇ Çáå ÇáÇ Çááå ).

Ils croient tous à la mission prophétique du noble Mohammad (SA) et reconnaissent qu'il est le sceau des prophètes et le dernier messager de Dieu.

Les Musulmans croient tous en le Coran et le considèrent comme la parole du Seigneur et le dernier Livre révélé par Dieu. Les Musulmans se tournent tous vers la Kaaba pour prier. Ils observent tous le jeûne en un temps précis, c'est-à-dire au mois de ramadan. Les Musulmans célèbrent tous la fête de Fitr, marquant la fin du mois du jeûne. Les Musulmans participent tous aux cérémonies annuelles du Hadj, pèlerinage de la maison de Dieu à la Mecque. Ils aiment tous les descendants du noble Prophète (SA) et les respectent tous. Voilà autant de points communs pour nouer les cœurs des Musulmans les uns aux autres, et pour renforcer chez eux le sentiment de fraternité islamique. Mais hélas, les malentendus, les mauvaises interprétations et les mauvaises illusions que les adeptes de différentes écoles et confessions islamiques ont les uns par rapport aux autres, sont toujours là et ils ternissent les relations parmi les Musulmans.

Pour justifier l'idée selon laquelle, les illusions et les mauvaises interprétations menaceraient davantage le principe de l'unité et de la solidarité des Musulmans, par rapport au danger des différences et des divergences de vue religieuses, idéologiques et doctrinales, nous pouvons dire que ce type de divergences de vue idéologiques et doctrinales ont un caractère constant. En d'autres termes, la nature et le contenu de ce type de divergences de vue sont stables et ne changent pas avec le temps. Or, en ce qui concerne les malentendus et les méconnaissances qui existent parmi les Musulmans, le problème c'est que ce type de problèmes se varie et se diversifie au passage du temps, et il peut prendre des dimensions plus graves attisant le feu de division et de discorde parmi les adeptes de différentes écoles et confessions islamiques. Ceci étant dit, les malentendus et les mauvaises interprétations peuvent devenir plus dangereux et plus inquiétants par rapport aux différends d'ordre religieux, idéologique ou doctrinal. Les éléments malveillants qui cherchent toujours à intensifier ces tensions et ces divisions parmi les Musulmans, ont bien compris que pour réaliser leurs desseins contre les Musulmans ils devront concentrer leurs efforts dans le domaine des malentendus et des méconnaissances afin d'en créer davantage, sinon ils savent que les différends qui pourraient exister parmi les Musulmans sur des questions telles que le principe de l'imamat ou du califat sont des divergences de vue ayant un caractère simple et stable, sans être des obstacles majeurs devant le projet du rapprochement des écoles islamiques et de l'unité des Musulmans. Par conséquent, pour surmonter les obstacles qui existent devant la réalisation du projet de l'unité islamique, il faut d'abord remédier aux malentendus et les dissiper, car ce sont ces malentendus qui constituent l'obstacle le plus important devant le rapprochement des adeptes de différentes écoles et confessions islamiques.

Le maître Morteza Motahari insiste sur le fait que tous ces différends et obstacles qui existent devant l'unité et la solidarité des Musulmans ne sont pas de la même nature que les malentendus dont il a évoqué les origines. En effet, le martyr Motahari croit que les mauvaises idées que les différents groupes se font les uns des autres constituent, à leur tour, de grands obstacles devant le projet du rapprochement. Là, il insiste sur le rôle destructeur des éléments divisionnistes et hypocrites, d'où l'avertissement qu'il lance en ces termes :

"Nous devons tous œuvrer pour lutter contre les différends qui proviennent malheureusement de la mauvaise interprétation et de la méconnaissance parmi les différentes écoles islamiques. Nous devons les aider à se connaître les un les autres tels qu'ils sont en réalité. Ils doivent se voir tels qu'ils sont pour qu'ils puissent effacer de leur imaginaire les mensonges historiques et les illusions non fondées à propos de leurs frères et sœurs musulmans."

En conclusion, nous pouvons dire que les pensées du maître Morteza Motahari, en ce qui concerne la réalisation du projet sacré du rapprochement des écoles islamiques, peuvent être classifiées en trois groupes de solutions :

- L'examen et l'identification de tous les malentendus et les méconnaissances que les autres Musulmans peuvent avoir à propos des chiites, et surtout des chiites iraniens.

- L'examen et l'identification de tous les malentendus et méconnaissances qui peuvent exister parmi les chiites en ce qui concerne les Musulmans adeptes d'autres écoles islamiques.

- La recherche des solutions pratiques pour réduire le taux de ces malentendus afin de pouvoir les éliminer définitivement.

Les solutions que nous propose le martyr Morteza Motahari sont à la fois "théorique et intellectuels" et "objectifs et pratiques". Il s'agit d'élaborer des efforts sincères et désintéressés, fondés sur un esprit de liberté, loin du fanatisme sous toutes ses formes, pour défendre et développer les intérêts du monde musulman, et pour se battre contre les grandes puissances mondiales et leurs vassaux qui ne cessent jamais leurs conspirations et desseins contre l'unité et la solidarité parmi les Musulmans. Et ce d'autant plus que ces ennemis développent de plus en plus leur animosité à l'encontre de l'ensemble des nations musulmanes, en mettant en péril tous les pays islamiques. Il incombe donc aux penseurs, aux intellectuels, aux oulémas et à tous organes concernés de contribuer à cette tâche pour réaliser le projet du rapprochement dans tous les domaines.

Les pensées politiques des personnalités musulmanes de l’époque contemporaine

La période contemporaine de l’histoire d’Iran est une période qui commence, selon les historiens, au début du règne du roi Agha Mohammad Khan, fondateur de la dynastie Qadjar, et qui continue jusqu’à nos jours. En Europe, cette période historique coïncide avec les événements survenus après la révolution française (1789).

Pendant cette période, de très grands savants sont apparus dans le monde de l’Islam, et ils ont développé leurs pensées politiques portant sur diverses questions dont l’Etat, les conditions requises aux gouverneurs, les voies permettant de compenser l’arriération des pays musulmans, etc. Dans le présent article, nous familiariserons nos lecteurs avec les pensées et les réflexions politiques des grands penseurs musulmans de l’époque contemporaine.

Seyed Jamaleddin Assadabadi :

Dans l’histoire iranienne, Seyed Jamaleddin Assadabadi est une personnalité particulièrement respectée, qui a été surnommée « nouveau penseur », « chef pacificateur », « pôle des sciences », « personnalité rare du temps présent » ou « signe de grandeur du Seigneur ». Seyed Jamaleddin Assadabadi est né en 1838 dans le quartier Seyedan de l’Imamzadeh Ahmad, du village d’Assadabad, près de la ville de Hamadan. Son père était Seyed Safdar et sa mère Seyedeh Sakineh Beygom. Seyed Jamaleddin Assadabadi a fait ses études d’abord à Ghazvin, ensuite à Téhéran et dans la ville sainte de Nadjaf, où il a profité des cours de grands maîtres, tel que le Cheikh Morteza Ansari. Plus tard, il s’est rendu en Inde. Après cette période, Seyed Jamaleddin s’est donné pour mission d’éveiller la conscience des musulmans dans différents pays par rapport à l’oppression que leur infligeaient les colonialistes étrangers et les gouverneurs despotiques intérieurs. Ainsi, a-t-il poursuivi ses activités politiques dans plusieurs pays dont l’Afghanistan, l’Egypte, l’Iran, l’Empire ottoman, l’Angleterre et la France. Finalement à l’âge de 59 ans, Seyed Jamaleddin a été empoisonné sur ordre du Sultan Abdel Hamid à Istanbul, alors qu’il n’avait que 59 ans.

Seyed Jamaleddin Assadabadi a vécu une période historique très névralgique où les puissances hégémoniques et les colonialistes avaient dominé les pays islamiques, et les musulmans vivaient une époque de déclin et de décadence générale. Cela a amené Seyed Jamaleddin à connaître et à identifier les raisons principales du déclin de la civilisation islamique, afin de trouver des solutions permettant de sauver les peuples musulmans. Autrement dit, dans l’optique de Seyed Jamaleddin, il y avait plusieurs facteurs qui étaient responsables de cette arriération, et qui empêchaient le développement et le progrès des communautés musulmanes, à savoir :

1- Le despotisme intérieur ;

2- L’ignorance et l’inconscience politique et sociale des masses populaires dans les pays musulmans, ce qui était la cause de leur arriération dans le domaine des sciences, de la culture et de la civilisation ;

3- La mauvaise influence des croyances superstitieuses sur les musulmans, en les éloignant du véritable Islam d’antan ;

4- La division et la discorde parmi les musulmans tant dans les domaines religieux que non religieux ;

5- L’influence néfaste du colonialisme occidental.

Du point de vue de Seyed Jamaleddin Assadabadi, le despotisme intérieur et le colonialisme étranger étaient les deux maux les plus importants et les plus chroniques dont souffraient les communautés islamiques. En d’autres termes, il était d’avis qu’il fallait chercher les principales raisons de la faiblesse et du déclin des sociétés musulmanes dans le sentiment d’infériorité par rapport à la civilisation occidentale, mais aussi l’éloignement des musulmans de la raison et du rationalisme, ainsi que leur paresse généralisée, et enfin la discorde qui régnait dans les relations parmi les différents Etats islamiques.

Pour remédier à ces maux, Seyed Jamaleddin Assadabadi proposait plusieurs solutions :

1- Se battre contre le despotisme des pouvoirs tyrans à l’intérieur ;

2- Se fournir des moyens permettant l’accès aux sciences et aux technologies modernes ;

3- Se retourner vers le véritable Islam d’antan, en écartant les croyances superstitieuses et les mauvaises pensées que l’on avait attribuées à l’Islam pendant de longs siècles ;

4- Renforcer la foi en l’Islam et aux enseignements religieux ;

5- Se battre contre le colonialisme étranger ;

6- Œuvrer dans la voie de l’unité islamique ;

7- Souffler l’esprit de la lutte, du combat et du Djihad dans le corps agonisant de la communauté islamique ;

8- Se battre contre le sentiment d’infériorité face à la civilisation occidentale.

En réalité, Seyed Jamaleddin Assadabadi, poursuivait pendant toute sa vie deux objectifs très importants : En premier lieu, il œuvrait pour souffler une nouvelle âme dans le corps de la civilisation orientale, et en second lieu, il s’efforçait d’inciter les musulmans à se battre contre l’influence et la domination de l’Occident. En d’autres termes, il essayait d’éveiller les peuples et de les conduire vers une prise de conscience par rapport à leur situation, pour ensuite les unir contre le colonialisme et le despotisme.

Mohammad Abduh :

Le cheikh Mohammad Abduh est né en 1849 dans la localité Nasr dans la province égyptienne de Bohairah. Dès l’âge de dix ans, il s’est mis à étudier les sciences islamiques à l’école Ahmadi. Plus tard, il a poursuivi ses études à l’Université Al-Azhar. Lors du premier voyage de Seyed Jamaleddin Assadabadi en Egypte, Mohammad Abduh a fait sa connaissance et il a subi son influence. Il a réussi ensuite à obtenir le diplôme scientifique de l’Université Al-Azhar, et il a commencé ses activités professionnelles d’abord comme instituteur, ensuite comme journaliste. Sa carrière journaliste lui a permis d’entamer ses activités politiques. Cependant, il a décidé d’abandonner, après quelque temps, ses activités politiques pour se donner entièrement aux œuvres intellectuelles et religieuses afin d’améliorer les conditions de vie de ses compatriotes égyptiens. En réalité, il estimait que le combat politique ne pouvait pas créer les changements et les réformes sociales profondes qu’il souhaitait pour son pays. C’est la raison pour laquelle, il a consacré toute sa vie à déclencher une réforme sociale, intellectuelle et religieuse au sein de la société égyptienne. Vers la fin de sa vie, il souffrait du cancer, et il est décédé en 1905.

La vie politique et sociale du cheikh Mohammad Abduh, et ses activités de pacificateur étaient fortement influencées par la personnalité et les enseignements de Seyed Jamaleddin Assadabadi. C’est pourquoi nous pouvons trouver de nombreuses affinités et points communs entre les pensées et les opinions de Mohammad Abduh et celles de Seyed Jamaleddin Assadabadi, à savoir :

1- L’Islam a le potentiel nécessaire pour assurer la gestion convenable et décente des affaires sociales, tout en garantissant le bonheur et le salut spirituels de l’homme dans ce monde et dans l’au-delà. Pour réaliser cet objectif, il faut que les musulmans, surtout les oulémas, exploitent les possibilités et les moyens de l’Idjtihad. Dans le même temps, il faut essayer de développer et d’enrichir les connaissances plus rationnelles des musulmans par rapport à leur religion.

2- L’Islam que nous avons hérité de nos ancêtres a été malheureusement manipulé et falsifié, en raison des perceptions injustes, irréelles et illogiques que les gens y ont rajoutées au cours des siècles. Par conséquent, pour que nous puissions atteindre nos objectifs sublimes tels que le bonheur des musulmans dans ce monde et dans l’au-delà, nous devons absolument nous retourner vers les principes d’origine de l’Islam pur.

3- L’unité du monde de l’Islam est une nécessité indéniable. Cette unité est une condition sine qua none de la réalisation des objectifs que Seyed Jamaleddin Assadabadi et le chaikh Mohammad Abduh s’étaient fixés. Dans le même sens, ces deux personnalités s’étaient opposées au fanatisme sectaire sous toutes ses formes pour renforcer l’unité du monde de l’Islam.

Malgré ces ressemblances et ces points communs dans les pensées et les opinions de Seyed Jamaleddin Assadabadi et le cheikh Mohammad Abduh, il y avait cependant certaines différences entre leurs points de vue. Ces différences proviennent surtout des efforts du cheikh Mohammad Abduh pour sauver les pensées et les croyances religieuses des musulmans face à la crise que leur avait infligée l’affrontement avec la culture et la civilisation occidentales. Abduh croyait que pour pouvoir relever ces défis nouveaux, il fallait essayer d’augmenter et d’exploiter les capacités de l’Islam à apporter des réponses nouvelles à ces nouvelles questions. Par conséquent, il a développé des idées importantes que Seyed Jamaleddin Assadabadi n’avait jamais traitées dans ses œuvres, à savoir :

1- Il faut créer un système juridique moderne à l’intérieur de la jurisprudence islamique, capable de répondre aux nouvelles questions qui se posent à l’âge de la modernité ;

2- La crédibilité et la valeur du consensus dépendent de l’intérêt et de l’importance que l’opinion publique lui accordera ;

3- Le principe de la consultation dans les traditions islamiques est, en réalité, assimilable avec les principes fondamentaux de la démocratie.

Contrairement au cheikh Mohammad Abduh, Seyed Jamaleddin Assadabadi avait une attitude plutôt révolutionnaire. Pour lui, « le combat contre le despotisme et le colonialisme » était une priorité indéniable du monde de l’Islam. Or, le cheikh Mohammad Abduh était partisan d’une réforme progressive, car il croyait à l’efficacité d’une démarche passant par l’éducation religieuse et les réformes islamiques. En d’autres termes, il donnait la priorité à l’éducation et aux réformes religieuses et culturelles par rapport à l’action politique. Par conséquent, la pensée politique du cheikh Mohammad Abduh était essentiellement caractérisée par l’importance qu’il accordait à la raison et à l’Idjtihad. Ceci étant dit, il disait que depuis des époques lointaines, les portes de l’Idjtihad avaient été fermées sur les oulémas des écoles sunnites, et la raison était devenue un élément isolé et oublié dans la pensée et la réflexion jurisprudentielles.

Cette croyance a amené le cheikh Mohammad Abduh à essayer de revivifier l’idée de l’Idjtihad au sein du monde sunnite pour que la jurisprudence religieuse soit de nouveau capable de répondre aux questions qui se posent à l’époque contemporaine. Pour justifier sa démarche, le cheikh Mohammad Abduh disait que le Coran était pour les musulmans le livre de la raison et de l’argument. Par conséquent, les musulmans des premiers temps de l’Islam se servaient à la fois de la religion et de la raison, comme le Coran et la Sunna le conseillaient. Ils avançait donc l’idée selon laquelle il faut avoir recours à l’Idjtihad, à l’argumentation et au raisonnement religieux pour pouvoir d’abord s’assurer d’une bonne compréhension de la religion, et de répondre ensuite correctement aux besoins contemporains. Abduh croyait que la vraie foi est celle qui se fonde sur la raison et l’argument logique.