LE FIQH DE L'IMAM AS–SADIQ (A.S) OU (LA JURISPRUDENCE ARGUMENTE'E DE L'E'COLE CHIITE) VOLUME 2
 
Les caractéristiques de la bête qui doit être sacrifiée

La bête que le pèlerin doit sacrifier en offrande à Mina doit réunir les conditions suivantes:

1- Elle doit appartenir à l’une des espèces suivantes: les chameaux, les ovins ou les bovins[593]. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Pour participer aux bienfaits du pèlerinage et invoquer le Nom du Seigneur aux jours fixés, en immolant la bête prise sur le bétail que Dieu leur a accordé. Mangez–en vous–mêmes et donnez–en à manger aux pauvres démunis.», et le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «La meilleur [offrande] est le chameau, la moyenne est la vache, et la médiocre est le mouton.» en réponse à celui qui lui a dit: «Qu’est–ce que c’est que l’offrande?»[594]

2- Si la bête que le pèlerin veut sacrifier est un chameau (ou une chamelle), elle devra être âgée de cinq à six ans. Si elle est une vache (ou un bœuf), elle devra être âgée de un à deux ans. Si elle est une chèvre (ou un bouc), elle devra avoir entre un et deux ans. Et si elle est un mouton (ou une brebis), elle devra avoir plus de six mois.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, cet avis n’est pas controversé. Il s’appuie sur le hadith authentique rapporté par al–‘Ays et où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le Commandeur des croyants Ali (a.s) disait: «[Le pèlerin] pourra [sacrifier] un chameau ayant entre cinq et six ans, une vache ayant entre un an et deux ans, ou un mouton ayant plus de six mois.».»[595]

3- Elle doit être exempte de défauts. La preuve pour cela est le hadith rapporté par Ali Ibn Jaâfar et où son frère (l’Imam al–Kadhim (a.s)) a dit: «Oui, à moins qu’elle ne soit destinée au sacrifice obligatoire car, [pour qu’une bête puisse être sacrifiée en offrande obligatoire], elle ne doit avoir aucun défaut.» en réponse à celui qui lui a dit: «Que devra faire un homme si, après avoir acheté une bête pour la sacrifier en offrande, il se rend compte que celle–ci est borgne?»[596], et le hadith qui a été rapporté par l’Imam al–Baqir (a.s) et où le Prophète (a.s.s) a dit: «Ne sacrifie pas une bête boiteuse, très maigre ou écornée, et ni [une bête] dont les oreilles sont percées ou coupées.»[597]

Les jurisconsultes ont dit qu’il est recommandé au pèlerin d’offrir en sacrifice une chamelle, une vache ou un bélier. Leur preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [Si un pèlerin veut sacrifier] une grosse bête, il pourra se contenter d’un chameau ou d’un bœuf, mais il vaut mieux [qu’il offre en sacrifice] une chamelle ou une vache. [Et s’il veut sacrifier un mouton], il vaut mieux qu’il soit un bélier.»[598]

Les jurisconsultes ont dit aussi qu’il est recommandé au pèlerin d’invoquer Dieu au moment de l’immolation de la bête, et qu’il lui est recommandé d’égorger lui–même celle–ci, ou de poser sa main sur celle de l’égorgeur au moment de son égorgement.

Le moment et l’endroit où doit être immolée l’offrande

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Est–il permis au pèlerin d’immoler son offrande à la Mecque?» et l’Imam (a.s) lui a dit: «Si [son offrande] est destinée au sacrifice obligatoire, il ne pourra l’immoler qu’a Mina. Et si elle n’est pas [destinée au sacrifice] obligatoire, il pourra l’immoler à la Mecque.»[599]

Quelqu’un a dit aussi à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Quel est le délai du sacrifice à Mina?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Quatre jours; et trois jours dans les autres régions.»[600]

Les jurisconsultes sont unanimes à dire que le lieu de l’immolation de l’offrande est Mina. Et à propos du moment de son immolation, cheikh al–Ardabili a dit dans son ouvrage intitulé charh al–irchad: «Les expressions citées dans les ouvrages de nos jurisconsultes laissent entendre que celui qui se trouve à Mina a quatre jours pour immoler une bête, et celui qui se trouve ailleurs a trois jours pour le faire, et cela à partir du jour de l’Aïd.»[601]

Il va sans dire que, au moment de l’immolation de l’offrande, le pèlerin doit avoir an–niyya (l’intention de se rapprocher de Dieu), car le sacrifice est un rite qui fait partie des ‘ibadat.

Que devra faire le pèlerin de son offrande après son immolation?

Après l’immolation de l’offrande, il est recommandé au pèlerin de donner un tiers de celle–ci en aumône et un tiers en cadeau, et garder le reste pour lui même.

Question: Le pèlerin doit–il obligatoirement manger du tiers de l’offrande qui lui est destiné?

Réponse: Certains jurisconsultes ont dit qu’il doit obligatoirement en manger, d’autres (comme l’auteur d’al–jawahir) ont dit qu’il n’est pas obligé d’en manger.

A mon avis, c’est la dernières fetwa qui est juste. Quant au verset coranique qui dit: «Mangez–en», il veut seulement détromper les gens qui croyaient que l’islam a approuvé la règle établie par les païens à l’époque préislamique, et selon laquelle il est interdit au pèlerin de manger la chair de son offrande.

A propos de ce même verset, l’auteur d’al–jawahir a dit: «Peut–être, il veut seulement dire qu’il est recommandé au propriétaire de l’offrande de manger une partie de celle–ci pour consoler les pauvres et faire preuve d’humilité.»[602]

La compensation de l’offrande

Dieu a dit dans le Coran: «Et lorsque vous serez en sûreté, que celui qui fait ‘omra –ut–tamattu‘ avant le hajj [sacrifie] comme offrande ce qui [lui] est aisé. Et qui ne trouve pas [de quoi offrir un sacrifice devra observer] un jeûne de trois jours pendant le hajj et de sept [autres] lorsque vous serez revenus: ce sont dix [jours] complets.»[603]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si un pèlerin ayant accompli hajj ut–tamattu‘ n’a pas de quoi acheter une offrande, il devra observer un jeûne de trois jours pendant le hajj, et cela du septième au neuvième jour du mois de Dhou–lhijja, [et il devra observer] un jeûne de sept jours en arrivant chez lui: ce sont dix jours complets en compensation de l’offrande.»[604]

Les jurisconsultes ont dit ceci: si le pèlerin n’a pas de quoi acheter une bête à sacrifier en offrande, il devra compenser par un jeûne de dix jours (trois jours à la Mecque et sept jours en arrivant chez lui). Et d’après eux, si, avant le septième jour du mois de Dhou–lhijja, le pèlerin estime qu’il ne pourra pas acheter une offrande à temps, il devra jeûner du septième jour jusqu’au neuvième jour de ce même mois. Et s’il ne se rend compte de cela qu’au moment du sacrifice, il devra observer un jeûne de trois jours à la Mecque (et cela à partir du treizième jour du mois de Dhou–lhijja), et un jeûne de sept jours chez lui. Et s’il n’observe pas le jeûne pendant la période du hajj (c’est–à–dire avant la fin du mois de Dhou–lhijja), il devra charger quelqu’un de confiance de sacrifier une bête à sa place avant la fin de cette période où bien l’année suivante.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «C’est cet avis qui jouit d’une réputation. Et d’après l’auteur de l’ouvrage intitulé al–ghounya, il fait l’unanimité. Et à ma connaissance, le seul jurisconsulte qui ne l’a pas admis est Ibn Idriss.»[605]

3– La coupe des cheveux ou le rasage de la tête

Après avoir lancé les cailloux sur jamrat–ul–‘aqaba et sacrifié une bête, le pèlerin devra se couper les cheveux ou se raser la tête.

D’après les jurisconsultes, les trois rites qui s’accomplissent à Mina doivent être accomplis dans l’ordre. C’est–à–dire le pèlerin doit d’abord lancer les cailloux sur jamrat–ul–‘aqaba, ensuite il devra sacrifier une bête, puis se raser la tête ou se couper les cheveux. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Et ne vous raser pas la tête avant que l’offrande parvienne au lieu de son [immolation].»[606], le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quand tu auras fini de lancer les cailloux sur al–jamra, achète ton offrande.»[607], et celui où il a dit: «Quand tu auras immolé ton offrande, rase ta tête.»[608]

Si un pèlerin rase sa tête avant qu’il immole son offrande ou bien immole celle–ci avant de lancer les cailloux sur jamrat–ul–‘aqaba, et fait cela volontairement, il aura commis un péché, mais il ne sera pas obligé d’accomplir une nouvelle fois ces trois rites.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, cet avis n’est pas controversé. Et d’après l’auteur d’al–madarik, nos jurisconsultes ont la certitude qu’il est juste.»[609]

D’après certains hadiths d’Ahl–ul–bayt (a.s)[610], si un pèlerin rase sa tête avant d’immoler son offrande, il devra se raser la tête une nouvelle fois.

Le retour à la Mecque

Après avoir accompli les trois rites que nous venons de citer, le pèlerin ayant accompli ‘omra–ut–tamattu‘ devra retourner à la Mecque le même jour.

Quant aux autres pèlerins, ils pourront y retourner un autre jour. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Celui qui [se rendra à la Mecque] pour accomplir hajj–ut–tamattu‘ ne pourra passer la nuit à Mina qu’après avoir visité la Maison [de Dieu], et cela le jour du sacrifice.»[611], et le hadith où il a dit: «Quant à celui [qui se rendra à la Mecque] pour accomplir hajj–ul–qiran ou hajj–ul–ifrad, il a le temps [pour visiter la Maison de Dieu].»[612]

Certains jurisconsultes (comme l’auteur d’al–jawahir) ont dit qu’il est permis à celui qui se rendra à la Mecque pour accomplir hajj–ut–tamattu‘ de passer la nuit à Mina avant de visiter la Maison de Dieu, mais il lui est déconseillé de le faire.

Cet avis s’appuie sur plusieurs hadiths d’Ahl–ul–bayt (a.s) dont celui où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Rends–toi à la Maison [de Dieu] le jour de l’immolation, car il est déconseillé au pèlerin [ayant l’intention] d’accomplir hajj–ut–tamattu‘ de s’y rende ultérieurement, à moins qu’il n’ait un empêchement. Quant à celui [qui veut accomplir] hajj–ul–ifrad, il a le temps [pour s’y rendre].»[613]

Quoi qu’il en soit, après l’étape de Mina, tous les pèlerins devront se rendre à la Maison sacrée pour y accomplir certains rites obligatoires pour tous, a savoir: le tawaf du pèlerinage et ses deux raka‘at, as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa, et le tawaf des femmes (il est obligatoire même pour les femmes) et ses deux raka‘at.

Remarque

D’après l’auteur d’al–hada’iq[614], la plupart des jurisconsultes ont dit que le pèlerin se désacralise en trois étapes. Après la première désacralisation (c’est–à–dire dès qu’il aura rasé sa tête à Mina), il pourra faire tout ce qu’il lui était interdit par al–ihram, sauf deux chose: se parfumer ou avoir des rapports sexuels. Après la deuxième (c’est–à–dire dès qu’il aura fini de faire as–sa‘y), il pourra faire tout ce qui lui était interdit par al–ihram, sauf l’amour. Après la troisième désacralisation (c’est–à–dire dès qu’il aura fini de faire les deux raka‘at du tawaf des femmes), il pourra faire tout ce qui lui était interdit par al–ihram.

Cet avis s’appuie sur le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Dès que l’homme aura fini d’immoler [son offrande] et de raser sa tête, il pourra faire tout ce qui lui était interdit par al–ihram, sauf [deux choses:] avoir des rapports sexuels ou se parfumer. Et dès qu’il aura fini de faire at–tawaf [autour de la Maison de Dieu] et as–sa’ entre as–Safa et al–Marwa, il pourra faire tout ce qui lui était interdit par al–ihram, sauf l’amour. Et dès qu’il aura fini de faire le tawaf des femmes, il pourra faire tout ce qui lui était interdit par al–ihram, sauf la chasse.»[615]

Le séjour à Mina

Dieu a dit dans le Coran: «Invoquez Dieu pendant des jours comptés. Mais celui qui se hâte en deux jours ne commet point de péché, pas plus que celui qui retarde son départ, à condition qu’il fasse preuve de piété. Craignez donc Dieu, et sachez que c’est vers Lui que vous serez rassemblés!»[616]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Ne passe la onzième, la douzième et la treizième nuits du mois de Dhou–lhijja qu’à Mina. Et si tu passes [une de ces] nuits–là ailleurs, tu devras sacrifier une bête. Et si tu quittes [Mina] au début de la nuit, tu devras y retourner avant minuit, à moins que tu ne sois occupé par l’accomplissement d’un rite où que tu n’aies quitté la Mecque [pour te rendre à Mina]. Et si tu quittes [Mina] après minuit, tu pourras passer le reste de la nuit ailleurs.»[617]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un homme s’il se rend à la Mecque le soir et passe toute la nuit à invoquer Dieu, à faire at–tawaf et à faire as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Rien ne lui incombera, car [il a passé son temps] à faire ce qui est agréable à Dieu.»[618]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Si quelqu’un se hâte en deux jours, il ne devra quitter [Mina] qu’après midi. Et s’il reste à [Mina] jusqu’au soir, il devra y passer la nuit.»[619]

Quelqu’un a dit aussi à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Est–il permis à l’homme de quitter Mina le douzième jour du mois de Dhou–lhijja?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il pourra la quitter, à condition qu’il fasse cela avant que le soleil se couche. Et s’il reste [à Mina] jusqu’au coucher du soleil, il devra y passer la nuit. Et lorsqu’il se lèvera le matin, il pourra la quitter quand il voudra.»[620]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Si un mouhrim fait l’amour ou tue un gibier, il ne pourra pas quitter [Mina] avec la première vague de pèlerins.»[621]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci: lorsque le pèlerin aura fini de faire le tawaf du hajj, as–sa‘y et le tawaf des femmes, il devra retourner le même jour (c’est–à–dire le jour de l’Aïd) à Mina pour y passer les onzième, douzième et treizième nuits du mois de Dhou–lhijja tout en ayant l’intention de le faire dans le but de se rapprocher de Dieu.

D’après les jurisconsultes, le pèlerin pourra quitter Mina le douzième jour du mois de Dhou–lhijja, à condition qu’il fasse cela avant le coucher du soleil et qu’il évite d’avoir des rapports sexuels ou de chasser pendant toute la durée du hajj.

Cet avis s’appuie sur le verset coranique qui dit: «Mais celui qui se hâte en deux jours ne commet point de péché, pas plus que celui qui retarde son départ, à condition qu’il fasse preuve de piété.»[622] Car d’après les jurisconsultes, l’expression «à condition qu’il fasse preuve de piété» veut dire ceci: à condition qu’il évite d’avoir des rapports sexuels ou de chasser.

Les jurisconsulte sont dit aussi qu’il est permis de ne pas passer la onzième nuit du mois de Dhou–lhijja à Mina, à condition qu’il la passe à la Mecque et la consacre à l’accomplissement des actes recommandés (comme la prière, at–tawaf,…). Et d’après eux, si un pèlerin passe cette nuit–là à la Mecque sans la consacrer à l’accomplissement des actes recommandés, ou la passe dans un autre endroit (même s’il la consacre à la prière et à l’invocation de Dieu), il devra expier sa faute en sacrifiant un mouton, qu’il fasse cela sciemment, par oubli, ou bien par ignorance. Et selon eux, si un pèlerin passe toutes les trois nuits en dehors de Mina, il devra sacrifier trois moutons.

Il convient de signaler qu’il est recommandé au pèlerin de passer les trois nuits à faire la prière et à invoquer Dieu dans la mosquée appelée Masjid al–Khif.

Le lancement des cailloux sur al–jimar pendant ayyam at–tachriq[623]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le plus grand hajj est al-woukouf à ‘Arafat et le lancement des cailloux sur al–jimar.»[624]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Tous les jours à midi, lance les cailloux [sur al–jimar] en disant ce que tu as dit au moment où tu lançais [les cailloux] sur jamrat–ul–‘aqaba. Commence par la première jamra. Mets–toi à sa gauche, et lance les cailloux sur elle à partir de Batn–al–masil tout en disant ce que tu as dit le jour de l’Immolation. Après cela, mets–toi sur le côté gauche de la route, puis oriente–toi vers la Mecque, loue Dieu, et prie sur le Prophète (a.s.s). Ensuite, [dirige–toi vers] la deuxième jamra et fais la même chose près d’elle. Après cela, dirige–toi avec humilité vers la troisième jamra. Lance [les cailloux] sur elle, puis éloigne–toi d’elle.»[625]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un homme s’il commence par la dernière jamra?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra [lancer] de nouveau [les cailloux] sur celle du milieu et sur jamrat–ul–‘aqaba.»[626]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Le lancement [des cailloux] sur al–jimar se fait entre le lever et le coucher du soleil.»[627] Et il a dit aussi: «Il est permis à l’esclave, à une personne craignant un danger, et au berger de lancer [les cailloux sur al–jimar] la nuit.»[628]

En s’appuyant sur les hadiths précédents, les jurisconsultes ont dit que, pendant le onzième jour du mois de Dhou–lhijja, le pèlerin doit obligatoirement lancer sept cailloux sur chacune des trois jimar, et qu’il devra faire la même chose le douzième jour. Et d’après eux, si un pèlerin passe la treizième nuit à Mina, il devra lancer une troisième fois les cailloux sur les trois jimar, et cela pendant le treizième jour.

Les jurisconsultes ont dit aussi que le pèlerin doit respecter l’ordre cité dans les hadiths. C’est–à–dire il devra d’abord lancer sept cailloux sur la première jamra, ensuite il devra se diriger vers celle du milieu pour faire la même chose. Et dès qu’il aura fini de lancer sept cailloux sur la jamra du milieu, il devra se diriger vers jamrat–ul–‘aqaba pour lancer sur elle sept autres cailloux.

Et d’après eux, si un pèlerin ne respecte pas cet ordre (que ce soit volontairement, par oubli, ou bien par ignorance), il devra lancer une nouvelle fois sept cailloux sur la jamra du milieu et sept autres sur jamrat–ul–‘aqaba. Et d’après eux, si un pèlerin oublie de lancer les sept cailloux sur l’une des trois jimar ou bien lance moins de sept cailloux sur elle, et se rend compte de son erreur avant le treizième jour du mois de Dhou–lhijja, il devra lancer sept cailloux sur elle le jour suivant. Et si, après avoir quitté Mina, il se rend compte qu’il n’a pas lancé les cailloux sur al–jimar, il devra y retourner pour le faire. Et s’il se rend compte de son erreur après le treizième jour, il devra retourner l’année suivante à Mina pour lancer lui–même les cailloux sur al–jimar, ou bien charger quelqu’un d’y aller pour faire cela à sa place, mais il n’aura pas besoin d’expier son erreur.

D’après les jurisconsultes, le moment du lancement des cailloux commence au lever du soleil et se prolonge jusqu’au coucher du soleil. Et d’après eux, il est permis au malade, au berger, et à celui qui craint un danger de lancer les cailloux la nuit.

D’après l’auteur d’al–jawahir[629], aucun des avis que nous venons de citer n’a été controversé.

Le tawaf d’adieu

Dès que le pèlerin aura fini de lancer les cailloux sur al–jimar, il pourra retourner chez lui. Mais il lui est recommandé de retourner d’abord à la Mecque pour faire le tawaf d’adieu. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quand tu voudras quitter la Mecque pour rejoindre ta famille, fais tes adieux à la Maison [sacrée], et fais sept tours autour d’elle.»[630]

La visite du Prophète et d’Ahl–ul–bayt (a.s.s)

Il est très recommandé au pèlerin de visiter le tombeau du Prophète (a.s.s) après avoir accompli le hajj. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le Prophète (a.s.s) a dit: «Si quelqu’un se rend à la Mecque pour accomplir le hajj et ne vient pas me rendre visite à Médine, je ne lui accorderai aucune importance le jour de la Résurrection. Et s’il me rend visite, je serai obligé d’être son intercesseur auprès de Dieu. Et si j’intercède pour quelqu’un auprès de Dieu, il ira sûrement au Paradis.».»[631], celui où le Prophète (a.s.s) a dit: «Quiconque visitera ma tombe après ma mort sera pareil à celui qui quittera son pays pour venir s’installer à l’endroit où je vis.»[632], et celui où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «La visite de la tombe du Prophète (a.s.s), des tombes des martyres, ou de la tombe de [l’Imam] al–Hussein (a.s) équivaut à l’accomplissement d’un hajj avec le Prophète (a.s.s).»[633]

D’après les jurisconsultes, il est également recommandé au pèlerin de visiter les anciennes mosquées de Médine (comme Masjid Qoba, Machrabat Oum–Ibrahim, Masjid al–Ahzab, Masjid al–Qiblatayn, et la mosquée de l’Imam Ali (a.s)), et les mosquées d’Ouhoud; et il lui est très recommandé de visiter les tombes des Imams (a.s) enterrés au cimetière d’al–Baqi‘ (c’est–à–dire l’Imam al–Hacène, l’Imam Zeyn-ul-‘abidine, l’Imam al–Baqir, et l’Imam as–Sadiq (a.s)), et les tombes des martyrs (notamment celle de Hamza (a.s)). Quant à la visite de Fatima (a.s), elle équivaut à la visite du Prophète (a.s.s), car celui–ci a dit: «Fatima est une partie de moi–même.»

Il convient de signaler que les avis des savants divergent à propos du lieu de l’enterrement de Fatima (a.s). Mais d’après Ibn Babaweyh[634], elle est vraisemblablement enterrée à l’intérieur de sa maison.

LE DJIHAD

Le djihad (la guerre sainte)

Le djihad dans le Coran

Dans le Coran, il y a plusieurs versets coraniques qui incitent les croyants au djihad. Parmi ces versets, on pourra citer celui qui dit: «En vérité, Dieu a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis, en vue de défendre Sa Cause: tuer et se faire tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui–même dans la Thora, l’E'vangile et le Coran. Et qui est plus fidèle à sa promesse que le Seigneur?

Réjouissez–vous donc de l’échange que vous avez effectué! N’est–ce pas que c’est là le comble de la félicité?»[635], celui qui dit: «Ceux des croyants qui restent tranquillement chez eux, sans y être astreints par une incapacité quelconque, ne peuvent être considérés comme égaux aux croyants qui, dans le combat qu’ils mènent au service de Dieu, s’exposent aux dangers corps et biens. Aussi Dieu tient–Il en plus grande estime ceux qui Lui sacrifient leurs biens et leurs personnes. Et bien que les promesses divines s’étendent aux uns et aux autres, un rang infiniment supérieur est réservé aux combattants, ainsi qu’une récompense sans limite. Dieu les élèvera de plusieurs degrés auprès de Lui et leur accordera pardon et miséricorde. Dieu est Clément et Miséricordieux.»[636], et celui qui dit: «Préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme troupes et comme cavalerie, afin de tenir en respect les ennemis de Dieu et les vôtres, ainsi que d’autres encore que vous ne connaissez pas, mais que Dieu connaît! Tout ce que vous aurez dépensé pour la Cause de Dieu vous sera largement remboursé et vous ne serez nullement lésés.»[637]

Le djihad dans les hadiths

Il ya plusieurs hadiths qui incitent les croyants au djihad. Parmi ces hadiths, on pourra citer celui où le Prophète (a.s.s) a dit: «Quiconque délaissera le djihad Dieu l’avilira, le réduira à la misère, et anéantira sa foi.» [638], celui où l’Imam Ali (a.s) a dit: «C’est le djihad qui fait la force de l’islam.»[639], et celui où il a dit: «Le djihad est l’une des portes du Paradis que Dieu a ouverte aux meilleurs de ses amis…Il est le vêtement de piété et le bouclier solide de Dieu. Quiconque le délaissera Dieu l’avilira, il lui arrivera un malheur, son cœur sera voilé, la justice triomphera de lui, il vivra dans l’humiliation, et il sera privé d’équité.»[640]

Les jurisconsultes (aussi bien les chiites que les sunnites) sont unanimes à dire que le djihad fait partie des obligations de la loi islamique (comme la prière, le jeûne, la zakat,…), et que tout musulman est censé savoir cela.

Les jurisconsultes distinguent entre deux types de djihad: le djihad offensif et le djihad défensif.

1–Le djihad offensif

Le djihad offensif est toute guerre ayant pour but la propagation de l’islam.

Pour qu’un musulman soit obligé de participer à ce type de djihad, il devra réunir les conditions suivantes:

– Avoir au moins l’âge de la puberté.

– Etre sain d’esprit.

– Etre du sexe masculin, car le djihad nécessite de la bravoure, chose qui fait défaut à la plupart des femmes. Mais d’après al–‘Allama al– Hilli[641], si la présence de celles–ci sur le champ de bataille est indispensable, elles seront obligées de prendre part à la guerre.

– Etre en bonne santé. Dieu a dit dans le Coran: «Les faibles, les malades ainsi que ceux qui manquent de moyens pour s’équiper ne sont pas tenus d’aller à la guerre, pourvu qu’ils soient sincères envers Dieu et Son Prophète. On ne doit pas s’en prendre à ceux qui font le bien, car Dieu est Clément et Miséricordieux. Nul reproche n’est à faire non plus à ceux qui sont venus te demander des montures pour aller au combat et qui, lorsque tu leur as dit: «Je ne dispose d’aucune monture à vous donner», s’en allèrent les yeux débordant de larmes et désolés de ne pouvoir en faire eux–mêmes la dépense.»[642]

– Avoir de quoi s’équiper pour la guerre. La preuve pour cela est le verset que nous venons de citer.

La permission de l’Imam (a.s) ou de son remplaçant est–elle nécessaire?

L’Imam Ali (a.s) a dit: «Un musulman ne doit jamais [prendre part à une guerre menée par] quelqu'un qui n’appliquera pas la loi islamique, et qui ne partagera pas le butin comme Dieu a ordonné de le partager.»[643]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit à Abdelmalik Ibn Omar: «Pourquoi ne rejoins–tu pas les gens de ton pays (c’est–à–dire servir sous le gouverneur)?» Et Abdelmalek lui a dit: «J’attends que vous me donniez l’ordre de le faire et de voir votre attitude.» Alors, l’Imam (a.s) lui a dit: «Par Dieu! Si c’était une bonne chose, nous serions les premiers à la faire.» Alors, Abdelmalik a dit à l’Imam (a.s): «Les Zaydites disent: «Il n’y a aucun différend entre nous et Djaâfar, la seule chose que nous lui reprochons est son hostilité au djihad.».» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Moi, hostile au djihad? Par Dieu! Je sais qu’il est obligatoire, mais je ne suis pas prêt à laisser mon savoir pour suivre leur ignorance.»[644]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci: pour qu’un djihad offensif (c’est–à–dire un djihad ayant pour but la propagation de l’islam) soit légitime il faut qu’il soit mené par l’Imam (a.s) ou son remplaçant.

Il convient de signaler que la participation à ce type de djihad est obligatoire pour tout le monde. Toutefois, si un nombre suffisant de musulmans se portent volontaires pour le faire, les autres seront exemptés (c’est ce que les jurisconsultes appellent al–wajib al–kifa’i).

Il convient de signaler aussi que toute personne qui prendra part à une guerre mené au nom de l’islam par un gouverneur illégitime sera punie, et elle devra dédommager tous ceux à qui elle aura porté préjudice.

2– Le djihad défensif

Le djihad défensif est toute lutte menée par les musulmans en vu de défendre ou de libérer un pays musulman, ou bien pour instaurer la justice dans leur pays.

La participation à ce type de djihad est obligatoire pour tous les musulmans (même les femmes et les handicapés), et cela même s’il est déclaré sans la permission de l’Imam (a.s) ou de son remplaçant.

A ce propos, l’auteur d’al–jawahir a dit: «Si une armée non–musulmane envahit un pays musulman dans le but de le coloniser et d’exploiter ses richesses, ou bien pour capturer ses habitants et s’emparer de leurs biens, tous les musulmans (les hommes aussi bien que les femmes, les malades aussi bien que ceux qui sont en bonne santé) doivent obligatoirement le défendre, et ne doivent pas attendre jusqu’à ce que l’Imam (a.s) leur donne l’ordre de le faire. Cette obligation ne concerne pas uniquement les musulmans du pays attaqué, elle concerne aussi ceux des autres pays, notamment ceux des pays voisins. Toutefois, si le pays attaqué est capable de se défendre, les musulmans des autres pays seront exemptés du djihad.»[645]

Ce qui prouve que ce type de djihad peut être fait sans la permission de l’Imam (a.s) est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [La participation à un] djihad [mené par un] imam juste est obligatoire. Et si quelqu’un meurt au moment où il défend ses biens, il sera considéré comme un martyr…»[646]

Quand et où le djihad est–il interdit?

Il est interdit aux musulmans de combattre un ennemi près de la Mosquée sacrée ou bien pendant les quatre mois sacrés (Dhou–lqi‘da, Dhou–lhijja, Moharram et Rajab), sauf s’il les combat. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Et ne les combattez pas auprès de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y combattent, et s’ils vous [y] combattent, tuez–les: telle est la sanction des mécréants.»[647], celui qui dit: «A l’expiration des mois sacrés, tuez les polythéistes partout où vous les trouvez.»[648], et celui qui dit: «Le mois sacré pour le mois sacré: les choses sacrées [obéissent] au talion. [Si] donc quelqu’un commet envers vous un excès, commettez envers lui un excès comparable à celui qu’il aura commis à votre égard; craignez Dieu et sachez que Dieu est avec les pieux.»[649]

La permission des parents est–elle nécessaire?

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [Un jour], un homme s’est présenté chez le Prophète (a.s.s) et il lui a dit: «J’éprouve une grande envie de combattre.» Et le Prophète (a.s.s) lui a dit: «Alors, combat pour la cause de Dieu.» Alors, le même homme a dit au Prophète (a.s.s): «Mes parents sont vieux. Ils prétendent que ma compagnie les réconforte, et ils veulent que je reste avec eux.» Et le Prophète (a.s.s) lui a dit: «Reste donc avec eux. Par Dieu! Le fait de leur tenir compagnie pendant une journée vaut mieux pour toi que de faire le djihad pendant une année.»[650]

D’après les jurisconsultes, les parents peuvent interdire à leur fils de participer au djihad, mais si l’Imam (a.s) ou son remplaçant lui donne l’ordre de rejoindre les rangs de l’armée, ou si sa présence sur le champ de bataille est indispensable, il ne devra pas leur obéir car, dans ce cas–là, la participation au djihad sera obligatoire pour lui, et le hadith dit: «Nulle créature ne doit être obéie lorsqu’elle donne l’ordre de désobéir à Dieu.»

La garde des frontières

Dieu a dit dans le Coran: «ô vous qui croyez! Armez–vous de patience! Rivalisez de constance! Soyez vigilants et craignez Dieu, si vous désirez atteindre le bonheur.» [651]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «La durée de la garde des frontières est de trois à quarante jours. Au–delà de [quarante jours], elle devient un djihad.»[652]

Quelqu’un a dit à l’Imam ar–Rédha (a.s): «Que devra faire un homme s’il voit l’ennemi s’approcher de l’endroit où il fait la garde?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra combattre pour la cause de l’islam et non pas pour la cause de ceux–là (c’est–à–dire le gouverneur et ses partisans).»[653]

D’après les jurisconsultes, il est très recommandé aux musulmans de garder à tour de rôle les frontières de leur pays en temps de paix, et il est recommandé à chaque musulman de faire une garde d’une durée allant de trois à quarante jours. Et d’après eux, la garde des frontières est obligatoire lorsque l’ennemi s’apprête à lancer une offensive.

Est-il permis à un musulman de vivre en dehors de la terre d’islam?

Dieu a dit dans le Coran: «Les anges, venus ôter la vie à ceux qui avaient agi iniquement envers eux–mêmes, leur demanderont: «Où en étiez–vous sur le plan de la croyance?» – «Nous faisions partie des opprimés de la Terre», répondront–ils. A` quoi les anges répliqueront: «La Terre de Dieu n’était–elle pas assez vaste pour vous permettre de vous expatrier?» Ceux–là auront pour séjour l’Enfer – et quelle triste fin sera la leur! –»[654]

En s’appuyant sur ce verset, les jurisconsultes ont dit qu’il est interdit au musulman de vivre dans un pays où il ne pourra pas observer les pratiques de l’islam, et qu’il est obligatoire pour un musulman vivant dans un tel pays d’émigrer en terre d’islam. Malheureusement, beaucoup de jeunes musulmans agissent aujourd’hui contrairement à ce verset coranique.

Qui doit être combattu?

D’après les jurisconsultes, ceux qui doivent être combattus par les musulmans sont:

1- Les polythéistes et les athées. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «A` l’expiration des mois sacrés, tuez les polythéistes partout où vous les trouverez! Capturez–les! Assiégez–les! Dressez–leur des embuscades! S’ils se repentent, s’ils accomplissent la prière, s’ils s’acquittent de la zakat, laissez–les en paix, car Dieu est Clément et Miséricordieux.»[655] [656]

Il convient de signaler que les athées et les polythéistes ne doivent être combattus que s’ils refusent de se convertir à l’islam. La preuve pour cela est le verset précédent et le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [Lorsque] le Prophète (a.s.s) a envoyé le Commandeur des croyants Ali (a.s) au Yémen, il lui a dit: «ô Ali! Ne combat personne avant de l’appeler à l’islam. Je jure par Dieu! Si Dieu guide par toi un seul homme, cela vaudra mieux pour toi que toutes les richesses du monde.»[657]

Il convient de signaler aussi qu’il n’est permis aux musulmans de combattre les polythéistes et les athées que s’ils sont capables de triompher d’eux. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam ar–Rédha (a.s) a dit: «Pendant les treize années qu’il a passées à la Mecque et les dix–neuf premiers mois qu’il a passé à Médine, le Prophète (a.s.s)n’a pas combattu les polythéistes, car les gens qui étaient prêts à l’aider étaient peu nombreux.»[658]

2- Les gens du Livre (les juifs, les chrétiens et les mages[659]) qui n’acceptent pas l’une des deux conditions suivantes: se convertir à l’islam ou bien verser la capitation (al–jizya). La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier; ceux qui ne s’interdisent pas ce que Dieu et Son Prophète ont déclaré interdit; ceux qui, parmi les gens d’E'criture, ne pratiquent pas la vraie religion. Combattez–les jusqu’à ce qu’ils versent directement la capitation en toute humilité!»[660]

3- Tout groupe de musulmans qui agressera un autre, et qui n’accepterapas de s’incliner devant l’ordre de Dieu. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Si deux groupes de croyants en viennent aux mains, réconciliez–les! Mais si l’un d’eux se montre intransigeant, combattez alors l’agresseur jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de Dieu. S’il s’y conforme, réconciliez–les avec justice et impartialité, car Dieu aime les gens équitables. Les croyants ne sont–ils pas des frères? Réconciliez donc vos frères et craignez Dieu, afin de mériter Sa miséricorde.»[661]

Est–il permis aux musulmans de recourir aux non–musulmans?

Dans l’ouvrage intitulé at–tadhakira, al–‘Allama al–Hilli a dit: «Si les musulmans sont peu nombreux, ils pourront recourir aux gens du Livre et aux polythéistes, à condition que ceux–ci soient dignes de confiance et que leur aide soit nécessaire. Et si les jurisconsultes ont dit qu’une telle chose est permise, c’est parce qu’elle a été faite par le Prophète (a.s.s). En effet, ce dernier s’est fait aidé par Safwane Ibn Oumayya (avant que celui–ci se convertisse à l’islam) lors des combats qui l’avaient opposé à Hawazine, et il s’est fait aidé par les juifs de Bani Qaynouqa‘ moyennant une somme d’argent.

Ce qui permet de dire qu’il est interdit aux musulmans de recourir aux non–musulmans lorsque les premiers sont assez nombreux ou bien lorsque ces derniers ne sont pas dignes de confiance, c’est le verset coranique qui dit: «Je n’ai jamais fait appel au concours des corrupteurs.»[662], et le hadith où le Prophète (a.s.s) a dit: «Je ne [pourrai jamais] demander aux païens de m’aider à combattre les païens.» (C’est–à–dire lorsque les deux conditions précédentes ne sont pas réunies)…»[663]

Ce qui appuie l’avis d’al–‘Allama, c’est le hadith célèbre qui dit: «Dieu [peut] faire triompher sa religion par des gens n’ayant nulle heureuse fortune.»[664]

Al–harbi et adh–dhimmi

Par l’expression al–harbi, les jurisconsultes désignent tout mécréant vivant en terre d’islam et ne faisant pas partie des gens du Livre, et ils désignent par adh–dhimmi tout mécréant faisant partie des gens du Livre (les juifs, les chrétiens et les mages) et acceptant les conditions suivantes: verser la capitation (al–jizya), prendre pour juge un musulman, ne pas épouser une musulmane, ne pas essayer de propager sa religion ou de combattre l’islam, ne pas épouser une personne faisant partie de ses maharim, ne pas faire publiquement une chose interdite par la loi islamique (par exemple, boire du vin, manger la viande du porc, …), ne pas abriter un ennemi des musulmans, et ne pas espionner ces derniers.

D’après les jurisconsultes, les musulmans ne doivent pas accorder à un harbi le droit de séjour en terre d’islam même s’il verse la capitation. Et d’après eux, si une personne faisant partie des gens du Livre n’accepte pas les conditions précédentes, elle devra être traitée comme un harbi. Et si elle les accepte, les musulmans ne devront lui faire aucun mal, et ils devront la protéger contre toute agression. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le Prophète (a.s.s) a accepté que les gens du Livre versent la capitation et leur a exigé de ne pas pratiquer l’usure, de ne pas manger la viande du porc et de ne pas épouser leurs sœurs et leurs nièces. Donc, si un parmi eux fait une de ces choses–là, Dieu et Son Prophète seront libérés de leur engagement envers lui.»[665]

La façon de combattre l’ennemi

Dieu a dit dans le Coran: «Préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme troupe et comme cavalerie.»[666] Il a dit aussi: «Dieu aime ceux qui combattent pour Sa cause en ordre serré, tel un édifice compact.»[667]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «La compagnie [qui réunit] quatre [personnes] est la meilleure compagnie; l’escadron de quatre cents [combattants] est le meilleur escadron; la troupe de quatre mille [combattants] est la meilleure troupe; et une armée de dix mille [combattants] ne pourra jamais être vaincue par insuffisance d’effectif.»[668]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Le Prophète (a.s.s) a dit: « [Exercez–vous] à l’équitation et au tir. Mais je préfère que vous [vous exerciez] à ce dernier.»[669]

En s’appuyant sur les versets et les hadiths précédents et sur d’autres, les jurisconsultes ont dit ceci: avant de déclarer une guerre, les musulmans doivent prendre toutes les dispositions nécessaires, et cela sous le commandement d’un croyant vertueux, prudent et courageux. Et s’ils voient que leur effectif et leur équipement sont insuffisants, ils ne devront pas entrer en guerre avec leur ennemi.

Est–il permis au musulman de fuir devant son ennemi?

Dieu a dit dans le Coran: «Et vous qui croyez! Quand une armée ennemie marche contre vous, ne lui tournez pas le dos! Quiconque, ce jour–là, tournera le dos à l’ennemi, à moins que ce ne soit par tactique de combat ou pour rallier un autre groupe, s’exposera à la colère de Dieu et sera voué à la Géhenne qui constituera pour lui la pire des demeures.»[670]

Dieu a dit aussi: «Mais, pour l’instant, tenant compte de votre faiblesse, Dieu entend alléger votre tâche. S’il se trouve donc, parmi vous, une centaine de combattants à être endurants, ils en vaincront deux cents, et s’il s’en trouve mille, ils vaincront deux mille négateurs, avec l’aide de Dieu, car Dieu est avec ceux qui sont persévérants.»[671]

L’Imam ar-Rédha (a.s) a dit: «Si Dieu a interdit [aux musulmans] de fuir devant une armée nombreuse, c’est parce que leur fuite est susceptible d’affaiblir l’islam et d’encourager leur ennemi à [lancer des attaques] contre eux pour les tuer ou les capturer, ou bien pour anéantir la religion de Dieu ou commettre d’autres actes de barbarie.»[672]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si quelqu’un fuit devant deux hommes pendant un combat, il sera considéré comme un fuyard. Et s’il fuit devant trois hommes, il ne sera pas considéré comme un fuyard.»[673]

En s’appuyant sur les versets et les hadiths précédents ainsi que sur d’autres, les jurisconsultes ont dit qu’il est interdit au musulman d’abandonner son poste de combat pour fuir devant l’ennemi, sauf si le nombre de combattants de l’armée ennemi est plus du double de celui de l’armée musulmane, ou bien s’il fait cela pour un motif valable (par exemple, pour recharger son arme, ou pour sauver quelqu’un qui est en danger).

La justice et l’indulgence de l’islam

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le Prophète (a.s.s) a interdit [aux musulmans] d’infecter de poison un pays païen.»[674] Et d’après lui[675], le Prophète (a.s.s) a interdit aussi aux musulmans de tuer en pays ennemi les femmes, les enfants, les aveugles, et les vieillards.

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Le Prophète (a.s.s) n’a jamais attaqué un ennemi pendant la nuit.»[676] Et il a dit aussi: « [Un jour], le Commandeur des croyants [Ali (a.s)] est passé près d’un vieillard aveugle qui demandait l’aumône aux gens. [En le voyant dans cet état–là], il a dit [aux gens qui étaient près de lui]: «Qui est-il!» Ils lui ont dit: «C’est un chrétien.» Alors [l’Imam Ali (a.s)] leur a dit: «Vous l’avez exploité [quand il était fort], et maintenant qu’il a vieilli vous le délaissez! Pourvoyez à ses besoins du trésor public.»[677]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Avant d’envoyer un escadron [pour combattre un ennemi], le Prophète (a.s.s) demandait au chef de celui–là de s’assoir à côté de lui, et demandait aux autres combattants de s’asseoir devant lui. Après cela, il leur disait ceci: «Partez au nom de Dieu, pour la cause de Dieu, et au nom de la religion du Messager de Dieu! Ne tuez personne traitreusement, et ne défigurez pas les morts. Ne coupez aucun arbre, sauf si vous êtes contraints de le faire. Ne tuez ni les vieillards, ni les enfants, et ni les femmes.»[678]

Ces hadiths sont clairs. Ils montrent bien que la religion musulmane n’est pas comme la décrivent ceux qui commettent des atrocités au nom de la démocratie et des droits de l’homme.

La manière dont doivent être traités les prisonniers de guerre

Dieu a dit dans le Coran: «Quand vous êtes en guerre avec les impies, passez–les au fil de l’épée jusqu’à leur reddition. Enchaînez alors les prisonniers que vous pourrez ensuite libérer gracieusement ou contre rançon quand la guerre aura pris fin.»[679]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si tu captures quelqu’un et devient incapable de marcher, et tu ne disposes pas d’une monture, libère–le et ne le tue pas.»[680]

Pendant la bataille de Siffine, certains combattants ont ramené un prisonnier auprès de l’Imam Ali (a.s). Après que le prisonnier a prêté serment d’allégeance à l’Imam Ali (a.s), celui–ci lui a dit: «Je ne vais pas le tuer; je crains Dieu, Seigneur de tous les mondes.» Ensuite, l’Imam (a.s) l’a libéré, et il lui a remis tous ce qui lui a été enlevé.

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Quiconque fera prisonnier quelqu’un (que celui–ci soit mécréant ou pas) devra lui donner à manger et à boire, et il devra être doux avec lui, et cela même s’il a l’intention de l’exécuter le jour suivant.»[681]

D’après les jurisconsultes, si un prisonnier de guerre est une femme ou un enfant, il ne devra pas être tué. Et d’après eux, si les musulmans capturent un homme après l’arrêt des combats, l’Imam (a.s) ou son remplaçant devra le libérer gracieusement ou bien contre une rançon. Et s’ils le capturent pendant le combat, ils devront le tuer, à moins qu’il ne se convertisse à l’islam. La preuve pour cela est le hadith où le Prophète (a.s.s) a dit:« [Dieu] m’a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent: «La ilaha ill–Allah (il n’y a point d’autre divinité que Dieu)» Et s’ils disent cela, leur vie sera épargnée.»[682], et le hadith où l’Imam Ali (a.s) a dit: «Si un prisonnier de guerre se convertit à l’islam, sa vie devra être épargnée.»[683]

A mon avis, les musulmans ne doivent délivrer un prisonnier de guerre que s’ils sont certains qu’il ne va pas se retourner contre eux.

Le partage du butin

Dieu a dit dans le Coran: «On t’interroge sur les prises de guerre. Réponds: «Les prises de guerre sont à Dieu et à Son Prophète. Craignez Dieu! Maintenez la concorde entre vous et obéissez à Dieu et à Son Prophète, si vous êtes des croyants sincères.»[684]

Dieu a dit aussi: «Sachez que, sur tout butin que vous faites, le cinquième revient à Dieu, au Prophète, à ses proches, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs démunis.»[685] Il a dit aussi: «Le butin que Dieu a octroyé à Son Prophète aux dépens des habitants des cités revient à Dieu, au Prophète, à ses proches, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs démunis, afin que ce butin ne soit pas partagé entre les seuls riches parmi vous.»[686]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Comment partage-t-on un butin pris par un escadron envoyé en guerre par l’Imam (a.s)?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’ils l’ont pris lors d’un combat mené par le chef désigné par l’Imam, son cinquième revient à Dieu et au Prophète et le reste devra être partagé entre eux. Et s’ils l’ont pris lors d’un combat mené contre une armée qui n’est pas païenne, ils devront le remettre à l’Imam, et celui–ci pourra en faire ce qu’il voudra.»[687]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «[Le butin] doit être partagé uniquement entre ceux qui ont fait partie de la troupe [qui l’a pris.].»[688]

Ce hadith veut dire que tous ceux qui étaient présents sur le champ de bataille ont leur part dans le butin (même les nouveau–nés). La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le Commandeur des croyants Ali (a.s) a dit: «Si un enfant vient au monde dans le lieu des combats, on devra lui réserver sa part [du butin].»[689]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «L’Imam Ali (a.s) a dit: «Si, pendant une expédition, un homme emporte avec lui plusieurs chevaux, on ne devra lui donner que la part de deux chevaux.».»[690] Et d’après lui, l’Imam Ali (a.s) partageait le butin également entres les gens.

Quelqu’un a dit l’Imam as–Sadiq (a.s): «Quelle sera la part d’un cavalier s’il combat à partir d’un bateau sans se servir de son cheval?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Le cavalier a droit à deux part, et le fantassin a droit à une seul part.»[691]

D’après les jurisconsultes, les choses qui peuvent être prises comme butin sont:

1- Les biens qui peuvent être déplacés (comme l’argent, les bêtes,…)

D’après les jurisconsultes, si le butin est constitué de ce type de biens, l’Imam ou son remplaçant devra le partager de la façon suivante: il devra d’abord mettre de côté ce qu’il donnera à ceux qui ont servi l’islam et les musulmans, ensuite il devra prendre le cinquième du reste pour lui–même et partager les quatre autres cinquièmes également entre tous ceux qui étaient présents dans le lieu des combats (c’est–à–dire même ceux qui n’ont pas participé aux combats et les nouveau–nés).

D’après les jurisconsultes, celui qui a combattu à pied a droit à une part et le cavalier a droit à deux parts (une pour lui–même et une pour son cheval). Et d’après eux, si un combattant emporte avec lui deux chevaux ou plus, il aura droit à trois parts. Et s’il emporte avec lui un chameau, un mulet ou un âne, il aura droit à une part seulement. Et d’après eux, le bateau est considéré comme un cheval.

2- Les femmes et les enfants. Ceux–ci doivent être partagés comme on partage les biens meubles.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «C’est ce que disent tous les hadiths et toutes les fetwas.»[692]

3- Les terrains

Les jurisconsultes sont unanimes à dire que tous les terrains conquis par les musulmans appartiennent à tous les musulmans (c’est–à–dire ceux qui existent et ceux qui viendront au monde).