LE FIQH DE L'IMAM AS–SADIQ (A.S) OU (LA JURISPRUDENCE ARGUMENTE'E DE L'E'COLE CHIITE) VOLUME 2
 
As-sa‘y (Le va-et-vient entre as-Safa et al-Marwa)

As–sa‘y (que ce soit celui du hajj ou bien celui de la ‘omra) doit être obligatoirement fait après le tawaf obligatoire et ses deux raka‘at. C’est–à–dire si quelqu’un le fait avant at–tawaf, il devra le refaire.

D’après les jurisconsultes, il est recommandé de faire as–sa‘y juste après l’accomplissement des deux raka‘at du tawaf; et selon plusieurs d’entre eux, at–tawaf et as–sa‘y doivent être obligatoirement accomplis le même jour. Leur preuve pour cela est le hadith où L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Après avoir fini de faire at–tawaf et ses deux raka‘at, le Prophète (a.s.s) a dit: «Commencez par quoi a commencé Dieu [dans le Coran], à savoir: se rendre à la Mecque.»[500]

Quoi qu’il en soit, as–sa‘y fait partie aussi bien des piliers du hajj que de ceux de la ‘omra, c’est–à–dire si quelqu’un s’abstient de le faire, son hajj (ou sa ‘omra) sera incorrect. En effet, quelqu’un a interrogé l’Imam as–Sadiq (a.s) à propos d’un homme qui s’est abstenu de faire as–sa‘y et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’a pas [fait] le hajj.»[501]

Les choses recommandées avant et pendant as–sa‘y

1- Etre en état de pureté. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il n’y a aucun mal à ce que tu accomplisses tous les rites sans woudho’, excepté at–tawaf, car celui–ci comprend la prière. De toute façon, il vaut mieux que [tu les fasses tous] avec woudho’.»[502], et le hadith où il a dit: «Il n’y a aucun mal à cela, mais j’aurais aimé qu’il accomplisse son rite avec woudho’.» en réponse à celui qui lui a dit: «Si un homme urine après avoir fait trois ou quatre fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa, pourra–t–il accomplir son sa‘y sans woudho’?»[503]

2– Toucher la Pierre noire, boire un peu d’eau de Zamzam et verser un peu sur son corps, sortir calmement et avec humilité par la porte située en face de la Pierre noire. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quand tu auras fini de faire les deux raka‘at [du tawaf], dirige–toi vers la Pierre noire. [Et quand tu arriveras près d’elle], embrasse–là touche–là, et [salue–] là avec ta main. Et avant de commencer à faire as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa, bois un peu d’eau de Zamzam.»[504], celui où il a dit: «Verse [un peu d’eau de Zamzam] sur ta tête et sur ton dos et ton ventre, puis dis: «Seigneur! fais–en un savoir utile et des faveurs abondantes.»[505], et celui où il a dit: «Ensuite, dirige–toi vers as–Safa en passant par la porte par où est passé le Prophète (a.s.s), c’est–à–dire celle qui est située en face de la Pierre noire… [Et fait tout cela] calmement et avec humilité.»[506]

2- Faire une station (d’une durée équivalente au temps qu’on met pour réciter sourate al–Baqara) au sommet du mont de Safa tout en se tournant vers le côté où se trouve le Hijr d’Ismaïl, et prononcer cent fois chacune des formules suivantes: «Allahou akbar», «La ilaha ill–Allah», «Alhamdou lillah», et «Soubhane Allah». Tout cela est cité dans les hadiths d’Ahl–ul– bayt (a.s)[507]

3- Hâter le pas lors du passage entres les deux Minarets. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Ensuite descends à pied et avec humilité jusqu’au Minarets, puis hâte ton pas.»[508]

Il convient de signaler qu’il n’est pas recommandé à la femme de hâter le pas pendant as–sa‘y. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [Pendant as–sa‘y] entre as–Safa et al–Marwa, la femme n’est pas obligée de faire al–adhan, ni de hâter le pas.»[509]

Les choses obligatoires pendant as–sa‘y

Les choses obligatoires pendant as–sa‘y sont:

1- Avoir an–niyya, c’est–à–dire l’intention d’accomplir as–sa‘y dans le but de se rapprocher de Dieu.

2- commencer à faire as–sa‘y à Safa et finir à Marwa.

Cet avis s’appuie sur al–ijma‘ et sur le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Tu commenceras à as–Safa et tu finiras à al–Marwa.»[510]

3- faire sept fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Fais sept fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa en prenant comme point de départ as–Safa et en finissant à al–Marwa.»[511]

Il convient de signaler qu’il est permis de faire as–sa‘y en utilisant un moyen de transport. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Est–il permis à un pèlerin de se faire transporter par une monture pendant as–sa‘y?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a aucun mal à cela, mais il vaut mieux qu’il le fasse à pied.»[512] Quelqu’un lui a dit aussi: «Est–il permis à un homme de se faire transporter par un âne pendant as–sa‘y?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Oui. Et il peut même [se faire transporter] par un chameau.»[513] En outre, il y a plusieurs hadiths qui disent que le Prophète (a.s.s) s’est fait transporté par une monture pendant as–sa‘y.

Quelques préceptes

1- Si quelqu’un s’abstient de faire as–sa‘y, son (ou sa ‘omra) sera incorrect.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, cet avis fait l’unanimité. Il s’appuie sur des hadiths rapportés par un grand nombre de narrateurs. Parmi ces hadiths, on peut citer celui où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quiconque s’abstiendra de faire as–sa‘y devra refaire son hajj l’année suivante.» En outre, cet avis est conforme à la règle qui dit: «Quiconque ne fera pas un acte comme il lui est ordonné de le faire, devra le refaire.».»[514]

2- Si quelqu’un oublie de faire as–sa‘y, son hajj (ou sa ‘omra) ne sera pas incorrect. Mais dès qu’il se rendra compte de son erreur, il devra faire as–sa‘y. Et s’il est incapable de le faire lui–même, il devra charger quelqu’un de le faire à sa place.

Cet avis est le résultat de la conciliation du hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il devra recommencer»[515] en réponse à celui qui l’a interrogé à propos d’un pèlerin qui a oublié de faire as–sa‘y, et le hadith où il a dit: «On devra faire as–sa‘y à sa place.»[516] en réponse à celui qui l’a interrogé sur la même chose.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, cet avis n’est pas controversé.»[517]

3- Si quelqu’un fait volontairement et sciemment plus de sept fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa, il devra refaire son sa‘y, car il ne l’a pas fait comme il lui est ordonné de le faire.

Cet avis s’appuie sur le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «De même que si tu fais un acte en plus pendant la prière tu devras la refaire, si tu fais plus de sept fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa pendant un sa‘y obligatoire, tu devras refaire celui–ci.»[518]

4- Si, par inattention, quelqu’un fait plus de sept fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa, il devra soit s’arrêter et ne plus tenir compte de ce qu’il a fait en plus, ou bien accomplir le deuxième sa‘y et le considérer comme étant un sa‘y surérogatoire.

Cet avis s’appuie sur le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «S’il a fait cela par erreur, il ne devra tenir compte que des sept [premiers trajets]»[519] en réponse à celui qui lui a dit: «Que devra faire un homme s’il fait huit fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa?», et le hadith où il a dit: «S’il est sûr qu’il a fait huit fois [le trajet entre as–Safa et al–Marwa], il devra faire six autres [trajets].»[520]

5- Si, après avoir fini de faire as–sa‘y, quelqu’un doute de l’avoir fait correctement, il devra considérer son sa‘y comme étant correct car, selon la règle al–faragh, si quelqu’un doute d’avoir fait correctement un acte après avoir fini de le faire, il ne devra pas tenir compte de son doute.

6- D’après l’auteur d’al–jawahir[521], si, au moment où un pèlerin fait as–sa‘y, il n’arrive pas a savoir combien de fois il a fait le trajet entre as–Safa et al–Marwa, son sa‘y sera incorrect, car il n’est pas sûr de n’avoir pas fait l’une des deux choses qui rendent incorrect as–sa‘y, à savoir: faire plus de sept fois le trajet entre as–Safa et al–Marwa ou bien faire moins de sept fois ce même trajet. En outre, selon la règle al–ichtighal, pour être libéré d’une obligation, il faut être certain de l’avoir accomplie.

7- Si, au moment où un pèlerin fait as–sa‘y, il doute d’avoir commencé à le faire à Safa, son sa‘y sera incorrect, à moins qu’il ne soit sûr que le nombre de trajet accomplis est pair, et cela au moment où il arrivera as–Safa. Car, dans ce cas–là, il sera sûr d’avoir commencé as–Safa.

8- d’après l’auteur d’al–jawahir, la plupart des jurisconsultes ont dit qu’il n’est pas obligatoire de faire as–sa‘y d’une manière continue, c’est–à–dire il est permis au pèlerin de s’arrêter après avoir fait un partie du sa‘y (pour se reposer, rendre un service à quelqu’un, faire la prière obligatoire…) tout en ayant l’intention de faire le reste par la suite.

La coupe des cheveux ou le rasage de la tête

L’une des obligations de la ‘omra et du hajj est la coupe des cheveux ou le rasage de la tête. Mais ces deux choses ne fond partie ni des piliers (arkan) du hajj ni de ceux de la ‘omra.

1. Pendant al–‘omra al–moufrada

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quiconque accomplira al–‘omra al–moufrada devra couper ses cheveux ou se raser la tête, et cela après avoir fait le tawaf obligatoire, deux raka‘at derrière la Station [d’Abraham], et as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa.»[522]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Les femmes ne sont pas obligées de se raser la tête, mais elles doivent couper [une partie] de leur cheveux.»[523]

En s’appuyant sur le premier hadith ainsi que sur d’autre hadiths, les jurisconsultes ont dit que, pendant al–‘omra al–moufrada, l’homme a le choix entre deux choses: se raser la tête ou se couper les cheveux. Toutefois, pour qu’il ait ce choix, il devra faire l’une de ces deux choses–là après as–sa‘y.

2. Pendant hajj–ut–tamattu‘

Nous avons déjà dit que hajj–ut–tamattu‘ est composé d’une ‘omra et d’un hajj. Donc, pendant ce type de hajj, le pèlerin devra obligatoirement faire les deux choses suivantes:

1- Se couper les cheveux après avoir fini de faire as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quand tu auras fini de faire as–sa‘y de [‘omra–ut–] tamattu‘, coupe tes cheveux et tes ongles.»[524], et le hadith où il a dit: «pendant [‘omra–ut–] tamattu‘, il faut seulement se couper les cheveux.»[525]

2- se couper les cheveux une deuxième fois ou bien de se raser la tête (mais il est préférable de se raser la tête), et cela après le sacrifice d’une bête à Mina.

Ce précepte concerne aussi bien celui qui veut accomplir hajj–ut–tamattu‘ que celui qui veut accomplir un autre type de hajj. Il s’appuie sur le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si [le pèlerin] n’a jamais fait le hajj, il devra se raser la tête. Et s’il a déjà fait le hajj, il devra soit se couper les cheveux ou bien se raser la tête. Toutefois, si ses cheveux sont collés ou bouclés, il devra obligatoirement se raser la tête.»[526]

En s’appuyant sur ce hadith ainsi que sur d’autres, la plupart des jurisconsultes ont dit que le pèlerin qui n’a jamais fait le hajj ou qui a collé ou bouclé ses cheveux n’est pas obligé de se raser la tête, mais il vaut mieux qu’il le fasse. Mais selon certains jurisconsultes, un tel pèlerin doit obligatoirement se raser la tête.

A mon avis, il vaut mieux qu’un tel pèlerin se rase la tête car, en faisant cela, il sera certain d’avoir accompli son devoir. On peut même dire qu’un tel pèlerin doit obligatoirement se raser la tête, car l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le rasage de la tête est obligatoire pour trois [catégories d’hommes]: ceux qui ont collé leurs cheveux, ceux qui font le hajj pour la première fois, et ceux qui ont bouclé leurs cheveux.»[527]

Quelques préceptes

1- la femme doit seulement couper une partie de ses cheveux (que ce soit pendant le hajj ou pendant la ‘omra). La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Les femmes ne sont pas obligées de faire al–adhan ou se raser la tête; elles doivent seulement couper une partie de leurs cheveux.»[528]

2- Si, après avoir fait as–sa‘y de ‘omra– at–tamattu‘, un pèlerin se rase la tête au lieu de se couper les cheveux, il devra sacrifier une bête.

D’après l’auteur d’al–hada’iq[529]et l’auteur d’al–jawahir[530], cet avis est adopté par la plupart des jurisconsultes.

3- Si, après avoir fait as–sa‘y de ‘omra– at–tamattu‘, un pèlerin s’abstient de couper une partie de ses cheveux et fait al–ihram du hajj, sa ‘omra sera incorrecte et son hajj sera considéré comme étant hajj–ul–ifrad. C’est–à–dire il devra accomplir hajj–ul–ifrad et al–‘omra al–moufrada.

D’après l’auteur d’al–hada’iq[531], cet avis est adopté par la plupart des jurisconsultes.

4- Si, après avoir accompli tous les rites de la ‘omra al–moufrada, un pèlerin se rase la tête ou coupe ses cheveux, il pourra faire tout ce qui est interdit à un mouhrim, sauf l’amour. Mais dès qu’il aura fait le tawaf des femmes, il pourra avoir des rapports sexuels avec sa femme.

5- Si, après avoir accompli les rites de ‘omra–ut–tamattu‘, un pèlerin coupe une partie de ses cheveux, il pourra faire tout ce qui est interdit à quelqu’un qui est en état d’al–ihram, même l’amour. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un pèlerin s’il fait l’amour avec sa femme après avoir fait ‘omra–ut–tamattu‘ et avant de se couper les cheveux?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il fait cela sciemment, il devra sacrifier un mouton. Et s’il le fait par ignorance, rien ne lui incombera.»[532] Quelqu’un lui a dit aussi: «Si, après avoir fait as–Sa‘y et rongé ses ongles, une femme fait l’amour avec son mari, devra–t–elle subir al–kaffara?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Non.»[533]

6- Si, après avoir sacrifié une bête à Mina, un pèlerin se coupe les cheveux ou se rase la tête, il pourra faire tout ce qui est interdit à un mouhrim, sauf deux choses: se parfumer ou avoir des rapports sexuels. Mais dès qu’il aura fait le tawaf des femmes, il pourra se parfumer et faire l’amour avec sa femme. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Dès que l’homme aura sacrifié une bête et rasé sa tête, il pourra faire tout ce qu’il lui a été interdit au moment où il était en état d’al–ihram, sauf deux choses: se parfumer ou avoir des rapports sexuels.»[534]

7- Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un homme si, par oubli, il quitte Mina avant de se couper les cheveux ou de se raser la tête?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra retourner à Mina pour y jeter ses cheveux.»[535]

En réponse à deux autres personnes qui lui ont posé la même question, l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il devra se raser la tête sur le chemin ou à l’endroit où il se trouve.»[536] Et il a dit: «S’il se rase à la Mecque, il devra emporter ses cheveux à Mina.»[537]

En s’appuyant sur ces trois hadiths, on pourra dire ceci: le pèlerin doit se couper les cheveux (ou se raser la tête) à Mina. Et s’il quitte Mina avant de se couper les cheveux ou de se raser la tête (que se soit volontairement, par oubli ou par ignorance), il devra y retourner pour le faire. Et s’il est incapable d’y retourner, il devra couper ses cheveux ou se raser la tête à l’endroit où il se trouve, puis charger quelqu’un d’enterrer ses cheveux à Mina.

La différence entre al–‘omra al–moufrada et ‘omra–ut–tamattu‘

Les rites de la ‘omra al–moufrada sont les mêmes que ceux de ‘omra at–tamattu‘. Ce qui distingue l’une de l’autre c’est les choses suivantes:

1- La première peut se faire toute l’année, tandis que la deuxième ne peut être accomplie que pendant les mois du hajj (c’est–à–dire du premier jour du mois de Chawwal jusqu’au neuvième jour du mois de Dhou–lhijja).

2- Pendant al–‘omra al–moufrada, le pèlerin doit faire deux tawafs (le deuxième étant le tawaf des femmes), alors que pendant ‘omra–ut–tamattu‘, il devra faire un seul.

3- Après l’accomplissement de la ‘omra al–moufrada, le pèlerin pourra soit couper ses cheveux ou bien se raser la tête, alors que celui qui accomplira ‘omra– at–tamattu‘ devra obligatoirement se raser la tête.

L’interdiction de ‘omra–ut–tamattu‘ par Omar Ibn al–Khattab

D’après plusieurs narrateur, Omar Ibn al–khattab a dit un jour: «Deux choses étaient permises à l’époque du Prophète, et moi je vais les interdire et punir celui qui les fera: le mariage temporaire et ‘omra–ut–tamattu‘.»[538]

Au temps du Prophète (a.s.s), tout pèlerin qui se rendait à la Mecque pour accomplir le hajj et qui ne résidait pas aux alentours de celle–ci, se désacralisait temporairement après avoir accompli ‘omra–ut–tamattu‘ pour pouvoir faire ce qui lui était interdit par al–ihram (la sacralisation), et cela jusqu'à ce qu’il se resacralise pour accomplir le hajj. Mais depuis que Omar a dit: «Deux choses étaient permises à l’époque du Prophète, et moi je vais les interdire et punir celui qui les fera: le mariage temporaire et ‘omra–ut–tamattu‘.», les gens ont commencé à faire la ‘omra et le hajj avec un seul ihram. C’est–à–dire ils ne se désacralisent qu’après avoir fait le tawaf du hajj.

Il convient de signaler que certains jurisconsultes sunnites ont dit qu’il est permis de se désacraliser après avoir accompli ‘omra–ut–tamattu‘. Quant aux jurisconsultes chiites, ils ont dit qu’il est obligatoire de le faire car, selon eux, il est interdit de faire la ‘omra et le hajj avec un seul ihram et une seule niyya.

Al–wouqouf (la station) à ‘Arafat

La station à ‘Arafat est le deuxième rite du hajj. Elle se fait juste après avoir fait al–ihram du hajj.

Il convient de signaler que la station à ‘Arafat ne fait pas partie des rites de la ‘omra.

Ce qui est recommandé de faire avant de se rendre à ‘Arafat

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quand viendra le jour de tarwiya (le huitième jour du mois de Dhou–lhijja), fais al–ghosl et mets tes deux vêtements (c’est–à–dire les deux vêtements d’al–ihram). Après cela, entre à la Mosquée [sacrée] pieds nus et avec humilité, et fais deux raka‘at près de la Station d’Abraham ou bien dans le Hijr [d’Ismaïl], puis reste [dans la Mosquée] jusqu’au moment de la prière du dohr. Et quand tu auras fini de faire cette prière, prononce les mêmes formules que tu as prononcées à [Masjid] ach–Chajara, ensuite fais al–ihram du hajj avec humilité.»[539]

Quelqu’un a dit à l’Imam ar–Rédha (a.s): «Si un vieillard malade craint d’être bousculé par les pèlerins, pourra–t–il aller à ‘Arafat avant le jour de tarwiya?» et l’Imam (a.s) lui a dit: «Oui.» Alors, la même personne lui a dit: «Si un homme sain veut trouver une bonne place à ‘Arafat, pourra–t–il y aller avant le jour de tarwiya?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Non.» La même personne a dit à l’Imam (a.s): «Pourra–t–il (c’est–à–dire le vieillard) y aller une journée à l’avance?» et l’Imam (a.s) lui a dit: «Oui.» La même personne a dit à l’Imam (a.s): «Pourra–t–il y aller trois jours à l’avance?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Oui.» Alors La même personne a dit: «Pourra–t–il y aller plus de trois jours à l’avance?» et l’Imam (a.s) lui a dit: «Non.»[540]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit qu’il est recommandé au pèlerin de faire certaines choses le jour du tarwiya, à savoir:

1- Faire al–ghosl.

2- Mettre les deux vêtements d’al–ihram après avoir fait al–ghosl.

3- Entrer pieds nus et avec humilité à la Mosquée sacrée.

4- Faire la prière du dhohr et celle d’al–‘asr (ou bien une d’entre elles) ou une prière surérogatoire (au moins deux raka‘at), et cela près de la Station d’Abraham ou dans un endroit quelconque de la Mosquée sacrée.

5- Faire al–ihram du hajj juste après avoir fini de faire la prière.

6- Dire: «Mon Seigneur! Je veux accomplir le hajj conformément à Ton Livre et la Sunna de Ton Prophète.», et cela au moment où il s’apprête à faire al–ihram.

7- Invoquer Dieu et faire at–talbiya, et cela jusqu’à ce qu’il arrive à ‘Arafat. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Au moment où tu t’apprêtes à aller à ‘Arafat, dit: «Mon Seigneur! C’est vers Toi que je me dirige; c’est sur Toi que je compte; et je ne cherche que Ta satisfaction. Je te demande de bénir mon voyage, d’exaucer mes vœux, et de m’élever au rang de ceux dont Tu te vantes aujourd’hui devant ceux qui sont meilleurs que moi. Ensuite, dirige–toi vers ‘Arafat tout en faisant at–talbiya.»[541]

Il convient de signaler que les pèlerins qui sont incapables de supporter la bousculade (comme les vieillards et les malades), peuvent se rendre à ‘Arafat un jour, ou bien deux ou trois jours à l’avance.

Que doit faire le pèlerin à ‘Arafat?

D’après l’auteur d’al–jawahir[542], les jurisconsultes sont unanimes à dire que la seule chose que doit obligatoirement faire le pèlerin à ‘Arafat est de rester au moins un petit moment là–bas tout en ayant an–niyya, et cela dans n’importe quelle position (debout, assis, sur une monture, …). Et d’après eux, si un pèlerin s’abstient de faire la station à ‘Arafat, son hajj sera incorrect. Et s’il oublie de la faire et se rend compte de son erreur avant qu’il ne soit trop tard pour la faire, il devra obligatoirement la faire. Et s’il se rend compte de son erreur après le moment du wouqouf, son hajj sera correct.

Il convient de signaler qu’il est recommandé au pèlerin de se tenir debout à ‘Arafat. D’ailleurs, c’est pour cela que ce rite est appelé al–wouqouf (se tenir debout).

Le moment du wouqouf

Al–wouqouf (la station) à ‘Arafat se fait le neuvième jour du mois de Dhou–lhijja, et cela de midi jusqu’au coucher du soleil. Et le pilier (ar–rokn) de ce rite est le fait d’être à ‘Arafat ce jour–là (ne serait–ce pendant un laps de temps très court). C’est–à–dire si un pèlerin s’abstient de rester dans cet endroit–là au moins un petit moment, son hajj sera incorrect.

Ce qui prouve que al–wouqouf à ‘Arafat doit être faite entre midi et le coucher du soleil est al–ijma‘ et deux hadiths de l’Imam as–Sadiq (a.s). Le premier est celui où il a dit: «Lorsque le soleil commence à s’incliner vers l’ouest le jour de ‘Arafat (c’est–à–dire le neuvième jour du mois de Dhou–lhijja), fais al–ghosl, ensuite fais la prière du dhohr et celle d’al–‘asr [en faisant] une seule fois al–adhan et deux fois al–iqama.»[543], et le deuxième est celui où il a dit (tout en montrant par un signe de la main le coté où se lève le soleil): «Lorsque la rougeur disparaîtra là–bas» en réponse à celui qui lui a dit: «Quand est–ce que tu quitteras ‘Arafat?»[544]

Si pour une raison valable, un pèlerin ne fait pas la station à ‘Arafat à temps, il pourra la faire avant l’aube du dixième jour du mois de Dhou–lhijja. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq: «Que devra faire un homme s’il voit les pèlerins rassemblés à al–Mouzdalifa et craint qu’en allant faire la station à ‘Arafat, il ne pourra pas les rattraper?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il pense qu’il pourra rejoindre les gens à al–Mouzdalifa avant le lever du soleil, il devra se rendre à ‘Arafat. Et s’il pense qu’il ne pourra pas arriver à al–Mouzdalifa [avant le lever du soleil], il devra faire la station à al–Mouzdalifa avec les gens, puis déferler avec eux. [S’il fait cela], son hajj sera correct.»[545]

Les limites de ‘Arafat

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Les endroits qui limitent ‘Arafat sont: Batnou–‘Arna, Thawiya, Namira et Dhou–lmadjaz.»[546]

Quelqu’un a dit à l’Imam al–Kadhim (a.s): «Où préfères–tu faire al–wouqouf, au sommet du mont de ‘Arafat ou bien à son pied?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «A son pied.»[547]

Il convient de signaler que le pèlerin peut faire al–wouqouf à n’importe quel endroit de ‘Arafat. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [Un jour], le Prophète (a.s.s) a fait al–wouqouf à ‘Arafat et, [en le voyant], les gens se sont pressés autour de sa chamelle. [Pour se dégager], le Prophète (a.s.s) s’est éloigné d’eux. Mais la foule s’est massée de nouveau autour de sa chamelle. Alors, le Prophète (a.s.s) a dit: «O^ gens! Vous n’êtes pas obligé de faire al–wouqouf près des sabots de ma chamelle. Tout ça (et il a montré avec sa main le mont de ‘Arafat) est une Station. Si les gens étaient obligés de faire al–wouqouf tout près des sabots de ma chamelle, il n’y aurait pas assez de place pour tout le monde.»[548]

Quelques préceptes

1- Pendant al–wouqouf à ‘Arafat, il est recommandé au pèlerin d’être en état de pureté. Il lui est recommandé aussi de s’orienter vers la Mecque et d’invoquer fréquemment Dieu et de lui demander pardon avec humilité.

2- Quelqu’un a dit à l’Imam al–Baqir (a.s): «Que devra faire un pèlerin s’il quitte ‘Arafat avant le coucher du soleil.» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra sacrifier un chameau le jour des sacrifices (c’est–à–dire le jour de l’Aïd). Et s’il est incapable [de sacrifier un chameau], il devra observer un jeûne de dix–huit jours à la Mecque, pendant son retour, ou en arrivant chez lui.»[549]

En s’appuyant sur ce hadith, les jurisconsultes ont dit ceci: si un pèlerin quitte volontairement ‘Arafat avant midi, il devra subir une expiation, et cela en sacrifiant un chameau le jour de l’Aïd. Et s’il est incapable de sacrifier un chameau, il devra observer un jeûne de dix–huit jours (consécutifs). Et s’il quitte cet endroit–là par inattention et ne se rend compte de son erreur qu’à la fin du moment du woukouf, il ne sera pas obligé de subir une expiation, à condition qu’il fasse à temps la station à al–Mouzdalifa. Et s’il se rend compte de son erreur avant qu’il ne soit trop tard pour faire al–wouqouf, il devra retourner à ‘Arafat. Et s’il ne retourne pas tout en étant capable de le faire, il devra subir une expiation, et cela en sacrifiant un chameau.

Si, par ignorance, un pèlerin quitte ‘Arafat avant d’y faire al–wouqouf, il ne sera pas obligé de subir al–kaffara. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [S’il fait cela] par ignorance, rien ne lui incombera. Et s’il le fait sciemment, il devra sacrifier un chameau.» en réponse à celui qui lui a dit: «Que devra faire un homme s’il quitte ‘Arafat avant le coucher du soleil.»[550]

Al–wouqouf (la station) à Mouzdalifa

Après avoir fait une station à ‘Arafat, le pèlerin devra se diriger à al–Mouzdalifa pour y faire une autre.

Les limites d’al–Mouzdalifa

Quelqu’un a dit à l’Imam ar–Rédha (a.s): «Quelles sont les limites d’al–Mouzdalifa?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: « [Elle s’étend] d’al–Ma’zimayn jusqu’à Wadi–Mouhassir.»[551]

Il convient de signaler que le pèlerin peut faire al–wouqouf à n’importe quel endroit d’al–Mouzdalifa.

Les choses obligatoires et les choses recommandées pendant al–woukouf

Dieu a dit dans le Coran: «Et quand vous aurez déferlé de ‘Arafat, invoquez Dieu auprès d’al–Mach‘ar al–Haram. Invoquez–Le, puisqu’Il vous a guidé: auparavant, en vérité, vous étiez bien parmi les égarés. Puis déferlez d’où déferlent les gens et demandez pardon; Dieu est en vérité très pardonnant et très miséricordieux.»[552]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Lorsque les gens commenceront à déferler après le coucher du soleil, fais comme eux avec humilié.»[553]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Après avoir accompli la prière de l’aube, fais en sorte d’être en état de pureté. Fais en suite al–wouqouf près de la montagne ou dans un endroit quelconque [de ‘Arafat].»[554]

Il a dit aussi: «Il est recommandé au pèlerin qui n’a jamais fait le hajj à Mach‘ar al–Haram et de fouler le sol de celui–ci.»[555]

Il a dit aussi: «Fais la prière d’al–maghrib et celle d’al–‘icha’ en faisant une seule fois al–adhan et deux fois al–iqama, et ne fais aucune prière entre elles. C’est comme ça qu’a fait le Prophète (a.s.s).»[556]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Ramasse les cailloux que tu lanceras sur al–jimar à Jouma‘ (c’est–à–dire à Mach‘ar). Ainsi, tu n’auras qu’à les retirer de la selle de ta monture quand tu arriveras à Mina.»[557] Et il a dit aussi: «Il faut que [chaque cailloux] soit de la grosseur du bout du doigt, et il ne faut pas qu’il soit noir, blanc ou rouge.»[558]

Les jurisconsultes sont unanimes à dire que la station à Mach‘ar (al–Mouzdalifa) fait partie des rites qui doivent être obligatoirement accomplis par le pèlerin, et que celle–ci doit être faite juste après al–wouqouf à ‘Arafat. D’après eux, la station à Mach‘ar est plus importante que celle qui se fait à ‘Arafat. D’ailleurs, c’est pour cela qu’ils ont dit: «Si quelqu’un n’arrive pas à faire al–wouqouf à ‘Arafat et fait al–wouqouf à Mach‘ar avant le lever du soleil, son hajj sera correct.»

D’après les jurisconsultes, la seule chose que doit obligatoirement faire le pèlerin à Mach‘ar c’est de rester là–bas au moins un petit moment (tout en ayant l’intention de le faire dans le but de se rapprocher de Dieu), et cela dans n’importe quelle position (debout, assis, sur une monture,…).

Et d’après eux, il n’est pas obligatoire d’y passer la nuit (c’est–à–dire la nuit qui précède le jour de l’Aïd), mais il est préférable de le faire.

Selon les jurisconsultes, il est recommandé au pèlerin de faire certaines choses à Mach‘ar, à savoir:

– Etre en état de pureté.

– Prononcer fréquemment les formules «La ilaha illa–Alla» et «Allahou akbar» et invoquer Dieu.

– Monter au mont de Qozah (cet acte est recommandé pour un pèlerin n’ayant jamais fait le hajj).

– Ramasser à Mach‘ar les cailloux qui vont être lancés sur al–jimar.

– Faire la prière d’al–‘icha’ juste après celle d’al–maghrib. En cela les jurisconsultes (tant les sunnites que les chiites) sont tous d’un même avis. En effet, d’après Ibn Qoudama[559], Ibn al–Moundhir a dit: «Les savants sont unanimes à dire qu’il est recommandé au pèlerin de faire la prière d’al–‘icha’ juste après celle d’al–maghrib, car le Prophète (a.s.s) a fait la même chose.»

Le moment du wouqouf à Mach‘ar (al–Mouzdalifa)

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Que devra faire un homme s’il quitte Mach‘ar avant que les gens commencent à déferler de celui–ci?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il fait cela par ignorance, rien ne lui incombera. [Toutefois], s’il quitte [Mach‘ar] avant l’aube, il devra sacrifier un mouton.»[560]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Le Prophète (a.s.s) a autorisé les femmes et les enfants de déferler [de Mach‘ar] la nuit.»[561] Et il a dit aussi: «Il n’y a aucun mal à ce qu’une femme ou un homme craignant un danger quitte al-Mach‘ar al-Haram la nuit.»[562]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit que l’homme n’ayant aucun empêchement doit obligatoirement faire la station à Mach‘ar entre l’aube et le lever du soleil, et cela le jour de l’Aïd. Quant aux femmes et aux enfants et ceux qui ont un empêchement, ils ont le temps jusqu’à midi.

Si, après avoir fait al–wouqouf à ‘Arafat, un pèlerin passe une petite partie de la nuit à Mach‘ar, puis quitte celui–ci volontairement et sciemment avant l’aube, son hajj ne sera pas incorrect, mais il devra sacrifier un mouton. Et s’il fait cela par ignorance, il ne sera pas obligé de subir al–kaffara.

Si quelqu’un ne fait pas al–wouqouf à Mach‘ar(ne serait–ce avant l’aube et pendant un laps de temps très court), son hajj sera incorrect, à moins qu’il ne s’abstienne de le faire pour une raison valable. Dans ce cas–là, son hajj sera correct, sauf s’il n’a pas fait al–woukouf à ‘Arafat.

Si, pour une raison quelconque, un pèlerin ne fait al–woukouf ni à ‘Arafat et ni à Mach‘ar, son hajj sera incorrect, et il devra le refaire l’année suivante.

Quelques préceptes

1- d’après la plupart des jurisconsultes, si un pèlerin n’arrive à faire qu’un seul al–woukouf (soit à ‘Arafat ou bien à al–Mouzdalifa), et cela au moment où le font les pèlerins n’ayant aucun empêchement, ou bien n’arrive à faire les deux woukoufs qu’aux moments où les font les pèlerins n’ayant pas pu les faire à temps, son hajj sera correct.

2- Si un pèlerin fait al–woukouf seulement à ‘Arafat, et cela au moment où le font les pèlerins qui ont eu un empêchement (c’est–à–dire du coucher du soleil jusqu’à l’aube), son hajj sera incorrect. Et dans ce cas–là, il devra faire al–‘omra al–moufrada à la place du hajj et refaire le hajj l’année suivante. La preuve pour cela est al–ijma‘ et le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si quelqu’un n’arrive pas à [faire al–woukouf] à Mach‘ar, son hajj sera incorrect. [Et dans ce cas–là], il devra faire al–‘omra al–moufrada à la place du hajj et faire le hajj l’année suivante.»[563]

3- D’après certains jurisconsultes, si un pèlerin fait al–woukouf seulement à Mach‘ar, et cela au moment où le font ceux qui ont eu un empêchement (c’est–à–dire entre le lever du soleil et midi), son hajj sera correct. Mais d’après la plupart des jurisconsultes, un tel pèlerin devra refaire son hajj.

A propos de ces deux avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «Chacun de ces deux avis s’appuie sur des hadiths d’Ahl–ul–bayt (a.s). Toutefois, les hadiths qui disent que le hajj d’un tel pèlerin est incorrect sont plus clairs. Et d’après cheikh al–Moufid [564] ces hadiths ont été rapportés par un très grand nombre de narrateurs, alors que les hadiths qui disent que le hajj d’un tel pèlerin est correct ont été rapportés par un très petit nombre de narrateurs.»[565]

4- Si, au moment où un pèlerin arrive à ‘Arafat ou à al–Mouzdalifa et après avoir eu l’intention de faire al–woukouf, il perd connaissance ou dort pendant toute la durée du woukouf, son woukouf sera correct. Et s’il dort ou perd connaissance avant d’avoir l’intention de faire al–woukouf, son woukouf sera incorrect.

5- Si un pèlerin commet un acte rendant le hajj incorrect, il devra faire al–‘omra al–moufrada à la place du hajj, et il devra faire le hajj l’année suivante.

D’après l’auteur d’al–jawahir[566], cet avis s’appuie sur al–ijma‘ et sur des hadiths rapportés par plusieurs narrateurs. Parmi ces hadiths, on pourra citer celui où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quiconque viendra accomplir hajj–ul–qiran, hajj–ul–ifrad ou hajj–at–tamattu‘, et arrivera en retard devra faire al–‘omra al–moufrada au lieu du hajj, et devra faire le hajj l’année suivante.»[567], et le hadith où il a dit: «Il devra rester avec les gens en état d’al–ihram et sans rien faire, et cela [jusqu’a la fin du treizième jour du mois de Dhou–lhijja]. Après cela, il devra faire at–tawaf autour de la Maison [sacrée] et as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa, puis se désacraliser; et il devra faire le hajj l’année suivante en faisant al–ihram où le feront les gens» en réponse à celui qui lui a dit: «Que devra faire un pèlerin s’il arrive en retard à la Mecque.»[568]

L’étape de Mina

Après avoir fait al–woukouf à Mouzdalifa, le pèlerin devra se diriger vers Mina. Mais il ne devra dépasser Wadi–Mouhassir qui sépare les deux lieux qu’après le lever du soleil. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il ne devra dépasser Wadi–Mouhassir qu’après le lever du soleil.»[569]

L’étape de Mina commence le jour de l’Aïd et se prolonge jusqu’au treizième jour du mois de Dhou–lhijja. Pendant cette étape, le pèlerin doit obligatoirement accomplir un ensemble de rites, à savoir:

1. Lancer sept cailloux sur jamrat-ul-‘aqaba

Dès que le pèlerin arrivera à Mina (le jour de l’Aïd), il devra lancer sept cailloux sur jamrat–ul–‘aqaba tout en tenant compte des choses suivantes:

– Il devra lancer les sept cailloux le jour de l’Aïd, et cela entre le lever et le coucher du soleil, sauf s’il est contraint de les lancer avant le lever du soleil. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Le lancement des cailloux sur al–jimar se fait du lever du soleil jusqu’au coucher du soleil.»[570], et le hadith où il a dit: «Entre le lever et le coucher du soleil.»[571]

– Lors du lancement des cailloux, il devra avoir an–niyya (l’intention de se rapprocher de Dieu) car ce rite fait partie des ‘ibadat (comme la prière, le jeûne,…), et al–‘ibada ne pourra être correcte que si elle est faite avec an–niyya.

– Il devra lancer uniquement sept cailloux. La preuve pour cela est al–ijma‘ et quelques hadiths dont celui où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il devra retourner [à Mina] et lancer un cailloux sur chacune [des trois jimar].» en réponse à celui qui lui a dit: «Que devra faire un homme si, après avoir fini de lancer les cailloux sur al–jimar, il se rend compte qu’il n’a pas lancé un des vingt et un cailloux qu’il avait ramassés, et n’arrive pas à savoir quelle est la jamra sur laquelle il n’a lancé que six cailloux?»[572]

– Il ne devra pas se contenter de poser les cailloux sur al–jimar; il devra obligatoirement les lancer sur elles. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Lance–les dans sa direction.»[573]

– Conformément au hadith où le Prophète (a.s.s) a dit: «Apprenez de moi vos rites.»[574], il ne devra pas lancer les cailloux en même temps, car le Prophète (a.s.s) et les Imams (a.s) les lançaient séparément.

– Il devra lancer lui–même les cailloux, à moins qu’il ne soit incapable de le faire car, selon la loi islamique, tout ordre doit être exécuté par la personne à qui il a été adressé.

– Il doit obligatoirement lancer des cailloux, c’est–à–dire il ne devra pas se contenter de lancer autre chose (comme le sel, des morceaux de fer ou de bois,…). La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Ne lance sur al–jimar que des cailloux.»[575]

– D’après certains jurisconsultes, le pèlerin doit choisir des cailloux qui n’ont jamais été lancés sur al–jimar. Leur preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Ne ramasse[les cailloux] ni en dehors du Haram et ni près d’al–jimar.»[576]

Les choses recommandées pendant le lancement des cailloux

Les choses recommandées pendant le lancement des cailloux sont:

– Etre en état de pureté. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il est recommandé [au pèlerin] d’être en état de pureté lors du lancement des cailloux sur al–jimar.»[577]

– Se placer à un endroit situé à dix ou à quinze pas al–jimar. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: « [Essaie de te placer] à un endroit situé à dix ou quinze coudées de jamrat–ul–‘aqaba.»[578]

– Choisir des cailloux bleus marine de la grosseur du bout du doigt.

– Ne pas être sur une monture au moment du lancement des cailloux.

– Lancer les cailloux calmement et avec humilité.

– Lancer les cailloux avec la main droite.

– Prononcer les formules «La ilaha ill–Allah» et «Allahou akbar» et invoquer Dieu.

En cas de doute

Si un pèlerin doute d’avoir atteint al–jimar, il devra lancer une nouvelle fois un caillou sur elle. Et s’il doute du nombre de cailloux lancés, il devra considérer le plus petit nombre qui viendra à son esprit comme étant le nombre de cailloux lancés.

2. Le sacrifice d’une bête

Après le lancement es cailloux sur jamrat–ul–‘aqaba, le pèlerin devra sacrifier une bête, et cela le jour de l’Aïd.

A propos du sacrifice

Le sacrifice d’une bête le jour de l’Aïd est un acte recommandé pour tous les musulmans, car il fait partie de la Sunna du Prophète (a.s.s).

En effet, d’après un hadith, le verset: «Prie donc ton seigneur et sacrifie.»[579] Veut dire que le Prophète (a.s.s) est tenu d’immoler une bête après l’accomplissement de la prière de l’Aïd. Dans un autre hadith d’Ahl–ul–bayt (a.s), on peut lire ceci: «Le prophète (a.s.s) sacrifiait deux moutons.»[580]. Et dans un hadith de l’Imam as–Sadiq (a.s), on peut lire ceci: «Chaque jour de l’Aïd, l’Imam Ali (a.s) égorgeait [d’abord] un mouton en nom du Prophète (a.s.s) en disant: «Mon Seigneur celui–ci est en nom de Ton Prophète.», ensuite il égorgeait un autre en son propre nom.»[581]

Toujours à propos du sacrifice, le Commandeur des croyants Ali (a.s) a dit: «Si les gens connaissaient la valeur du sacrifice, ils sacrifieraient même s’il doivent emprunter de quoi le faire. Dès que la première goûte de sang tombera [de la gorge de la bête], Dieu pardonnera à celui qui l’a offerte en sacrifice.»[582]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Tout musulman est tenu de [sacrifier une bête le jour de l’Aïd], a moins qu’il ne soit incapable de le faire.»[583]

A ce propos, l’auteur d’al–hada’iq a dit: «Nos jurisconsultes sont unanimes à dire qu’il est très recommandé de sacrifier une bête le jour de l’Aïd.»[584] Et d’après l’auteur de l’ouvrage intitulé al–mokhtalaf[585], Ibn al–Jounayd a dit qu’il est obligatoire de le faire.

Le moment du sacrifice recommandé

Le moment du sacrifice recommandé commence le jour de l’Aïd. Les pèlerins ont le temps jusqu’au treizième jour du mois de Dhou–lhijja, et les autres jusqu’au douzième jour. Toutefois il est recommandé que l’immolation ait lieu juste après l’accomplissement de la prière de l’Aïd.

D’après les jurisconsultes, il est recommandé de couper la bête sacrifiée en trois parties égales: une pour les membres de la famille, une pour les frères et les voisins, et une pour les nécessiteux. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «L’Imam Zeyn–ul–‘abidine et son fils l’Imam al–Baqir (a.s) donnaient un tiers [de la bête sacrifiée] a leurs voisins et un tiers aux mendiants, et ils gardaient un tiers pour les membres de la famille.»[586]

Qui doit obligatoirement sacrifier une bête?

Le sacrifice d’une bête est obligatoire pour quatre catégories de personnes:

1- Ceux qui se rendent à la Mecque pour accomplir hajj–at–tamattu‘. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Et lorsque vous serez en sûreté, que celui qui fait ‘omra –at–tamattu‘ avant le hajj [sacrifie] comme offrande ce qui [lui] est aisé.»[587]

2- Un mouhrim qui s’est rasé la tête par contrainte, et qui a choisi d’expier sa faute par une offrande. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Et si l’un d’entre vous souffre d’une maladie ou d’une chose incommodante à la tête [et se rase la tête à cause de cela], il devra compenser par un jeûne, par l’aumône, ou bien en sacrifiant une bête.»[588]

3- Un pèlerin qui a tué un gibier au moment où il était en état d’al–ihram. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «O^ vous qui croyez! Ne tuez pas de gibier quand vous êtes en état d’al–ihram. Quiconque en tuera volontairement devra envoyer en offrande à la Kaâba une tête de bétail semblable au gibier tué.»[589]

4- Le pèlerin qui a été empêché d’arriver à la Mecque. La preuve pour cela est le verset coranique qui dit: «Et si vous vous trouvez empêchés [d’arriver à la Mecque, sacrifiez] comme offrande ce qui [vous] est aisé.»[590]

Qui doit sacrifier une bête en offrande à Mina?

Le sacrifice d’une bête à Mina n’est obligatoire que pour celui qui se rend à la Mecque pour accomplir hajj–ut–tamattu‘.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, cet avis fait l’unanimité. Il s’appuie sur le verset coranique qui dit: «Et lorsque vous serez en sûreté, que celui qui fait ‘omra –at–tamattu‘ avant le hajj [sacrifie] comme offrande ce qui [lui] est aisé.» et sur des hadiths rapportés par un grand nombre de narrateurs dont celui qui a été rapporté par Saïd al–A‘raj et où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si quelqu’un accomplit la ‘omra pendant les mois du hajj puis reste à la Mecque jusqu’au moment du hajj, il devra sacrifier un mouton. Et s’il accomplit avant [les mois du hajj] puis reste aux alentours de la Mecque jusqu’au moment du hajj, il ne sera pas obligé de sacrifier une bête car, [dans ce cas–là], son hajj sera considéré comme étant hajj–ul–ifrad.».»[591]

Il convient de signaler que le pèlerin qui habite aux alentours de la Mecque n’est pas obligé de sacrifier une bête. La preuve pour cela est le hadith que nous venons de citer. Toutefois, s’il accomplit hajj–ut–tamattu‘au lieu de hajj–ul–ifrad ou hajj–ul–qiran, il devra sacrifier en offrande une bête.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: « [cet avis] jouit d’une très grande réputation.»[592]