LE FIQH DE L'IMAM AS–SADIQ (A.S) OU (LA JURISPRUDENCE ARGUMENTE'E DE L'E'COLE CHIITE) VOLUME 2
 
La teinture au henni est–elle permise à un mouhrim?

Quelqu’un a dit à l’imam as–Sadiq (a.s): «La teinture au henni est–elle permise à un pèlerin qui est en état d’al–ihram?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a aucun mal à cela, [car] le henni n’est pas une substance aromatique.»[403]

Ach–Chahid al–Awwal a dit dans son ouvrage intitulé ad–dourous: «La plupart des jurisconsultes ont dit que la teinture au henni n’est pas interdite à un mouhrim; elle est seulement déconseillé.»[404]

5–Se couper les ongles ou les cheveux

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un pèlerin s’il coupe un de ses ongles au moment où il est en état d’al–ihram?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Tant qu’il n’aura pas coupé les dix ongles, il devra seulement donner en aumône un moudd de nourriture. Et s’il coupe tous les ongles de ses deux mains, il devra sacrifier un mouton.» Alors, la même personne lui a dit: «Et s’il coupe les ongles de ses mains et ceux de ses pieds, que devra–t–il faire?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il fait cela dans un même endroit, il devra sacrifier un mouton. Et s’il fait cela dans deux endroits différents, il devra sacrifier deux [moutons].»[405]

L’imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Si [un mouhrim] coupe ses ongles ou se rase la tête volontairement, il devra sacrifier un mouton.»[406] Il a dit aussi: « [Un jour], le Prophète (a.s.s) est passé près de Kaâb Ibn ‘Ajra al–Ansari et, en voyant des poux tomber de sa tête, il lui a dit: «Ces insectes te font–ils mal?» Et [Kaâb] lui a dit: «Oui.» Alors, Dieu a révélé [au Prophète] le verset: «Et si l’un d’entre vous souffre d’une maladie ou d’une chose incommodante à la tête [et se rase à cause de cela], il devra compenser par un jeûne, par l’aumône ou bien en sacrifiant une bête.» Ensuite le Prophète (a.s.s) a ordonné à [Kaâb] de se raser la tête et de faire en expiation l’une des choses suivantes: observer un jeûne de trois jours, nourrir six pauvres en donnant à chacun d’entre eux deux moudds [de nourriture], ou bien sacrifier une bête.»[407]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit qu’il est interdit à un pèlerin qui est en état d’al–ihram de couper ses ongles ou ses cheveux, ou d’arracher les poils de l’une des parties de son corps. Et s’il fait cela par oubli ou par ignorance, rien ne lui incombera. La preuve pour cela est le hadith où l’imam al–Baqir (a.s) a dit: «Si, par oubli ou par ignorance, [un mouhrim] se rase la tête ou épile ses aisselles, rien ne lui incombera.»[408] Et si un mouhrim se rase la tête ou épile une partie de son corps volontairement ou bien par contrainte (par exemple, pour se débarrasser des poux), il devra subir al–kaffara, et cela en faisant l’une des choses suivantes: sacrifier un mouton, donner à manger à six pauvres, ou bien observer un jeûne de trois jours.

Si un mouhrim coupe un de ses ongles, il devra donner en aumône un moudd de nourriture. Et s’il coupe deux, il devra donner en aumône deux moudds de nourriture, et ainsi de suite. Mais dès qu’il aura coupé tous les ongles de ses mains, il devra sacrifier un mouton.

Si un mouhrim coupe tous ses ongles (c’est–à–dire ceux de ses mains et ceux de ses pieds) dans un même endroit, il devra sacrifier un mouton. Et s’il fait cela dans deux endroits différents, il devra sacrifier deux moutons.

6– Couper les plantes de la Mecque

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il n’est permis à personne [de couper] une plante qui a poussé toute seule à la Mecque, mais [on peut couper] celle qu’on y a plantée.»[409]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Est–il permis à un mouhrim d’arracher l’herbe de la Mecque?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Non.»[410]

Les jurisconsultes ont dit qu’il est interdit à un mouhrim d’arracher ou de couper les plantes qui ont poussé toutes seules à la Mecque et cela même si elles sont épineuses, et qu’il lui est permis d’arracher celles qui ont été plantées par un être humain. Et si quelqu’un arrache une herbe qui a poussé toute seule, il sera puni, mais il n’aura pas besoin de subir al–kaffara. Et s’il arrache un arbre, il devra sacrifier une vache, et cela même s’il n’est pas en état d’al–ihram. Et s’il arrache un arbuste, il devra sacrifier un mouton.

D’après l’auteur d’al–hada’iq[411], cet avis est adopté par la plupart des jurisconsultes de l’époque récente.

7– Se regarder dans le miroir

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Ne te regarde pas dans le miroir, car cela est une sorte d’ornement.»[412]

En s’appuyant sur ce hadith, les jurisconsultes ont dit qu’il est interdit à un pèlerin qui est en état d’al–ihram de se regarder dans le miroir. Et d’après eux, il est permis à un mouhrim de se regarder dans l’eau.

Est–il permis à un mouhrim de subir une saignée?

Les jurisconsultes sont unanimes à dire qu’il est permis à un mouhrim de subir une saignée lorsque celle–ci est nécessaire pour lui. Et d’après certains d’entre eux, il lui interdit de le faire quand il n’en a pas besoin. Leur preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Al–mouhrim ne doit pas subir une saignée, sauf s’il craint pour sa santé.»[413]Et selon d’autres, il lui est permis de le faire même s’il n’en a pas besoin. Leur preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il n’y a aucun mal à ce qu’un mouhrim subisse une saignée, à condition qu’il ne se rase pas la tête et ne se coupe pas les cheveux.»[414]

A mon avis, il est possible de concilier ces deux hadiths, et cela en disant que le premier veut seulement dire qu’il est déconseillé qu’un mouhrim subisse une saignée. Donc, on peut dire qu’il est permis à un pèlerin qui est en état d’al–ihram de subir une saignée, mais il vaut mieux qu’il évite de le faire. Et s’il subit une saignée, il ne sera pas obligé de subir al–kaffara.

8– Se mettre à l’ombre

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Puis–je me mettre à l’ombre au moment où je suis en état d’al–ihram?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Non.» Alors, la même personne lui a dit: «Puis–je me mettre à l’ombre, puis subir al–kaffara?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Non.» Alors, la même personne a dit: «Et si je suis malade?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: « [Dans ce cas–là] tu pourras te mettre à l’ombre, mais tu devras subir al–kaffara.»[415]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Est–il permis à un mouhrim de se protéger du soleil?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Est–ce à cause d’une maladie?»Et la même personne lui a dit: «La chaleur du soleil lui fait du mal.» Alors l’Imam (a.s) lui a dit: «C’est une maladie. Il pourra se protéger du soleil, mais il devra donner une compensation.»[416]

Quelqu’un a dit à l’Imam al–Baqir (a.s): «Si un mouhrim veut dormir, pourra–t–il couvrir son visage pour le protéger contre les mouches?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Oui, mais il ne devra pas voiler sa tête.»[417]

L’imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il est interdit à un mouhrim et à celui qui observe le jeûne de se plonger dans l’eau.»[418]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Si, par oubli, un mouhrim couvre sa tête, que devra–t–il faire?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra [seulement] découvrir sa tête et faire at–talbiya.»[419]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit qu’il est interdit à un homme qui est en état d’al–ihram de se mettre à l’ombre au moment où il marche, et qu’il lui est permis de le faire lorsqu’il s’arrête de marcher. Et d’après eux, il lui est interdit aussi de monter dans un véhicule ayant un toit ou de se plonger dans l’eau, et il lui est permis de traverser une ombre et de verser de l’eau sur son corps.

Si, par oubli, un homme qui est en état d’al–ihram se met à l’ombre, couvre sa tête, ou se plonge dans l’eau, rien ne lui incombera. Et s’il se voit contraint de se mettre à l’ombre, il pourra le faire, mais il devra sacrifier un mouton. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Si un mouhrim se met à l’ombre, par quoi devra–t–il expier sa faute?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: « [Par] un mouton.» [420]

Il convient de signaler qu’il est permis à une femme qui est en état d’al–ihram de se mettre à l’ombre même au moment où elle marche.

Est–il permis à un mouhrim d’arracher une dent?

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Si quelqu’un a une douleur dentaire, pourra–t–il arracher sa dent?» Et l’Imam (a.s) a dit: «Oui.»[421]

9– Mettre des bottes, des chaussures ou un vêtement cousu

L’imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quand tu es en état d’al–ihram, ne mets pas un vêtement ayant des boutons, à moins que tu ne le mettes à l’envers; et [ne mets pas] une tunique; et [ne mets pas] un pantalon, sauf s’il n’y a pas de izar; [et ne mets pas] de bottes, sauf s’il n’y a pas de sandales.»[422]

L’auteur d’al–hada’iq a dit: «Il n’y a aucun hadith permettant de dire qu’il est interdit [à un mouhrim] de porter un vêtement cousu. En effet, les hadiths ont seulement indiqué les vêtements que ne doit pas mettre un pèlerin au moment où il est en état d’al–ihram. A ce propos, ach–Chahid al–Awwal a dit dans son ouvrage intitulé ad–dourous: «Je n’ai trouvé aucun hadith disant qu’il est interdit [à un mouhrim] de mettre des vêtements cousus. [D’après les hadiths], les seules choses qu’il est interdit de porter sont: la tunique, le manteau et le pantalon.» Quant à cheikh al–Moufid, il a dit dans son ouvrage intitulé al–mouqni‘ a: «Les hadiths ont seulement indiqué les choses interdites [à un mouhrim], et ils n’ont rien dit à propos des vêtements cousus.».»[423]

Quoi qu’il en soit, les jurisconsultes sont unanimes à dire qu’il est interdit à un homme qui est en état d’al–ihram de mettre un vêtement cousu ou de se coiffer d’un turban ou d’un bonnet, et ils sont unanimes à dire qu’il est permis à une femme qui est en état d’al–ihram de porter des vêtements cousus, et qu’il lui est interdit de mettre des gants ou des vêtements parfumés.

A ce propos, l’auteur d’al–jawahir a dit: «Il est interdit à un homme qui est en état d’al–ihram de mettre un vêtement cousu. Et s’il fait cela volontairement, il devra sacrifier un mouton. Et s’il se voit contraint de mettre un tel vêtement, il pourra le mettre, mais il devra sacrifier un mouton. A ma connaissance, cet avis n’est pas controversé. Et d’après certains jurisconsultes, il fait l’unanimité, chose que j’ai constatée moi–même.»[424]

Les jurisconsultes ont dit qu’il n’est pas permis à un homme qui est en état d’al–ihram de mettre des bottes ou des chaussures, sauf s’il n’arrive pas à trouver des sandales. Dans ce cas–là, il devra couper la partie de la botte ou de la chaussure qui couvre le cou-de-pied.

Est–il permis à un mouhrim de porter une bague?

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Est–il permis à un mouhrim de porter une bague?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il ne devra pas la mettre dans le but de s’embellir.»[425]

Les jurisconsultes ont dit qu’il est interdit à un homme qui est en état d'al–ihram de porter une bague dans le but de s’embellir. Et d’après eux, il n’y a aucun mal à ce qu’il la mette dans le but d’imiter le Prophète (a.s.s).

Les jurisconsultes ont dit aussi qu’il est interdit à une femme qui est en état d’al–ihram de porter des bijoux dans le but de s’embellir. Est-il permis à un mouhrim de porter une arme?

L’auteur d’al-hada’iq a dit: «La plupart des jurisconsultes ont dit qu’il est interdit à un mouhrim de porter une arme, sauf s’il se voit contraint de le faire. La preuve pour cela est le hadith où l’imam as-Sadiq (a.s)a dit: «Si un mouhrim porte une arme par crainte d’être attaqué par l’ennemi, il ne sera pas obligé de subir al–kaffara.» Ce hadith sous–entend que le port d’arme n’est permis que dans le cas où il est nécessaire.»[426].

10–L’impiété et la dispute

Dieu a dit dans le Coran: «Quiconque s’impose le hajj doit s’interdire tout rapport sexuel, toute impiété et toute dispute durant le pèlerinage; ce que vous faites comme bien, Dieu en a connaissance. Faite provision d’un viatique, et le meilleur viatique est certes la piété. Craignez–Moi, ô vous qui êtes doués d’intelligence.»[427]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quand tu es en état d’al–ihram, soit pieux et évoque fréquemment Dieu; et ne parle pas beaucoup, sauf [si tu veux dire quelque chose] de bien car, pour bien accomplir le hajj et la ‘omra, le pèlerin, doit garder le silence, sauf lorsqu’ [il veut dire quelque chose] de bien. Dieu a dit dans le Coran: «Quiconque s’impose le hajj doit s’interdire tout rapport sexuel, toute impiété et toute dispute durant la période du pèlerinage».»[428]

Les jurisconsultes sont unanimes à dire qu’il est interdit à un pèlerin de se disputer, notamment lorsqu’il est en état d’al–ihram. Et d’après l’auteur d’al–hada’iq [429] et l’auteur d’al–jawahir[430], la plupart des jurisconsultes ont dit ceci: si un mouhrim ment une seule fois, il devra sacrifier un mouton; et s’il ment deux fois, il devra sacrifier une vache; et s’il ment trois fois, il devra sacrifier un chameau. Et s’il jure une seule fois tout en disant la vérité, rien ne lui incombera; et s’il jure trois fois, il devra sacrifier un mouton.

A ma connaissance, il n’y a aucun hadith d’où on peut déduire tous les préceptes que nous venons de citer. C’est–à–dire les jurisconsultes se sont appuyés sur des hadiths différents, comme le hadith qui dit: «Si quelqu’un se dispute tout en ayant raison, il devra sacrifier un mouton, et s’il fait cela tout en ayant tort, il devra sacrifier une vache.»[431], et celui qui dit: «S’il jure trois fois consécutives tout en disant la vérité, il sera considéré comme quelqu’un qui a eu une dispute, [c’est–à–dire] il devra sacrifier un mouton. Et s’il fait une seule fois un faux serment, il sera considéré comme quelqu’un qui a eu une dispute, [c’est–à–dire] il devra sacrifier un mouton.»[432], et celui qui dit: «S’il se dispute deux fois [avec quelqu’un], celui [d’entre eux] qui a raison devra sacrifier un mouton, et celui qui a tort devra sacrifier une vache.»[433]

Quelques préceptes

1- L’auteur d’al–jawahir a dit: «Si [un pèlerin] commet plusieurs actes interdits (comme la chasse, le port de vêtement cousus, …) il devra subir autant d’expiations que le nombre de fautes commises, que celles–ci soient commises au même temps ou à des moments différents. Cet avis n’est pas controversé. Il s’appuie sur la règle qui dit: «Les causes différentes produisent des effets différents.»…»[434]

2- Si un pèlerin commet plusieurs fois un acte interdit (par exemple, il a chassé plusieurs fois), il devra subir autant d’expiations que le nombre de fois où il a commis cet acte–là. A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «C’est [cet avis] qui jouit d’une réputation chez les jurisconsultes, tant les anciens que ceux de l’époque récente. Et d’après as–sayyid al–Mortadha et Ibn Zohra, il fait l’unanimité.»[435]

3- Si un mouhrim met une chose qui lui est interdit de mettre ou mange une chose qui lui est interdit de manger (comme la viande de l’autruche) tout en sachant qu’il lui est interdit de le faire, il devra sacrifier un mouton. A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance cet avis n’est pas controversé. Il s’appuie sur le hadith où l’Imam al–Baqir (a.s) a dit: «Si, par oubli ou par ignorance, un mouhrim épile ses aisselles, coupe ses ongles, se rase la tête, met un vêtement qui lui est interdit de mettre, ou mange ce qui lui est interdit de manger, rien ne lui incombera. Et s’il fait cela volontairement, il devra sacrifier un mouton.».»[436]

4- L’auteur d’al–jawahir a dit: «D’après la plupart des jurisconsultes, si, par oublie, par ignorance, ou à cause de la folie, un mouhrim fait un acte qui lui est interdit de faire, il ne sera pas obligé de subir al–kaffara, à moins qu’il ne tue un gibier. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si un homme commet une faute par ignorance, rien ne lui incombera.» Et le hadith où il a dit: «Si tu commets [un acte interdit] par ignorance, tu ne seras pas obligé d’expier ta faute, à moins que tu ne tues un gibier. Dans ce cas–là, tu devras subir une expiation même si tu ignores [qu’un tel acte est interdit]».»[437]

5- Il est permis à un mouhrim de mettre la ceinture qui sert de bourse. La preuve pour cela est un hadith. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Est–il permis à un mouhrim de mettre autour de son corps la ceinture qui sert de bourse?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a aucun mal à cela. N’est–elle pas sa provision. N’est–elle pas son seul appui après Dieu?»[438]

6- Il convient de signaler que la chasse et l’arrachement des arbres sont interdits aussi bien à la Mecque qu’à Médine.

Les limites de la Mecque et celle de Médine

La Mecque est limitée au nord par l’endroit appelé at–Tan‘im (situé à six kilomètres de la Mecque), au sud par Adhah (situé à douze kilomètres de la Mecque), à l’est par al–Ja‘rana (situé a seize kilomètres de la Mecque), et à l’ouest par ach–Chamisi (situé à quinze kilomètres de la Mecque). Quant à Médine, elle est limitée par le mont ‘Ir (situé au miqat) et le mont Thawr (situé à Ouhoud). La distance entre ces deux monts est de douze miles.

At–tawaf [439]

At–tawaf fait partie aussi bien des rites du hajj que de ceux de la ‘omra (que ce soit ‘omrat–ut–tamattu‘ ou bien al–‘omra al–moufrada).

Pendant hajj–ut–tamattu‘, le pèlerin doit faire trois tawafs, le premier fait partie de ‘omrat–ut–tamattu‘(il fait partie des piliers de celle–ci), et les deux autres font partie du hajj. Et pendant hajj–ul–ifrad et hajj–ul–qiran, il doit faire seulement deux tawafs. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Celui qui veut accomplir hajj–ut–tamattu‘ devra obligatoirement faire trois tawafs, et celui qui veut accomplir hajj–al–ifrad devra seulement faire le tawaf de la Maison [de Dieu] et celui des femmes, et il ne serra pas obligé d’emporter une offrande ou sacrifier une bête.»[440]

Le premier tawaf que doit faire le pèlerin pendant le hajj fait partie des piliers de celui–ci, et le second (appelé at–tawaf des femmes) est seulement obligatoire (c’est–à–dire il ne fait pas partie du hajj).

Le tawaf surérogatoire

Dieu a dit dans le Coran: «Veille à conserver ma Maison en état de pureté pour ceux qui viennent y accomplir les tours rituels, ou y faire leurs dévotions, debout, agenouillés ou prosternés.»[441] Dieu a dit aussi: «Qu’ils fassent at–tawaf autour de la Maison antique.»[442]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il est recommandé [au pèlerin] de faire trois cent soixante tawafs, c’est–à–dire le nombre de jours de l’année, et s’il est incapable de faire [trois cent soixante tawafs, qu’il fasse] trois cent soixante tours et s’il est incapable de faire [trois cent soixante tours], qu’il fasse autant de tawafs qu’il pourra.»[443]

En s’appuyant sur ce hadith et sur d’autres hadiths, les jurisconsultes ont dit qu’il est recommandé de faire at–tawaf en dehors du hajj et de la ‘omra.

Les choses recommandées pour celui qui veut entrer dans la Mosquée sacrée

Abane a dit: «Une fois, j’ai accompagné l’Imam as–Sadiq (a.s) à la Mecque, et quand nous arrivâmes près de l’enceinte sacrée, l’Imam (a.s) descendit de sa monture et fit al–ghosl. Après cela, il prit ses sandales dans ses mains et pénétra dans l’enceinte sacrée.» [444]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Quiconque entrera à la Mecque avec humilité, Dieu lui pardonnera ses péchés.» Alors quelqu’un lui a dit: «Que signifie l’expression «avec humilié»?»Et l’Imam (a.s) lui a dit: « [C’est–à–dire] il ne devra pas entrer orgueilleusement.»[445]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Quand tu voudras entrer dans l’enceinte sacrée, prends al–adhkhar[446] et mâche–le»[447]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «L’entrée par la porte de Bani Cheyba fait partie de la Sunna.»[448]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit qu’il est recommandé à celui qui veut entrer dans l’enceinte sacré de la Mecque de faire les choses suivantes:

– Faire al–ghosl.

– Mâcher al–adhkhar ou se nettoyer la bouche.

– Entrer par la porte de Bani Cheyba.

– Lever les mains vers le ciel tout en prononçant la formule «Allahou akbar, la ilaha ill–Allah» et en s’adressant à Dieu par des prières citées dans les hadiths, et cela au moment où il verra la Kaâba.

Les conditions concernant at–tawaf

Pour que le tawaf soit correct, il faut que le pèlerin réunisse toutes les conditions suivantes:

1- Il doit avoir an–niyya (c’est–à–dire l’intention de faire at–tawaf dans le but de se rapprocher de Dieu.)

2- Il doit être en état de pureté. La preuve pour cela est al–ijma‘ et le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il n’y a aucun mal à ce qu’un pèlerin accomplisse tous les rites sans woudho’, excepté at–tawaf, car celui–ci comprend la prière. Toute fois, il est préférable [que tous les rites soient accomplis] avec woudho’.»[449]

Il convient de signaler qu’il est permis de faire le tawaf surérogatoire sans woudho’. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un homme s’il fait sans woudho’ le tawaf surérogatoire et ses deux raka‘at?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra refaire les deux raka‘at, et il n’aura pas besoin de refaire at–tawaf.»[450] L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Il n’y a aucun mal à ce qu’un homme fasse le tawaf surérogatoire sans woudho’, [à condition] qu’il fasse la prière avec woudho’.»[451]

En s’appuyant sur ce hadith et sur d’autres hadiths, l’auteur d’al–jawahir et d’autres jurisconsultes ont dit: «La pureté est une condition nécessaire pour pouvoir accomplir le tawaf obligatoire, mais elle n’est pas une condition nécessaire pour pouvoir accomplir le tawaf surérogatoire.»[452]

Question: Si quelqu’un n’arrive pas à trouver de l’eau, pourra–t–il faire at–tawaf avec at–tayammoum?

Réponse: L’auteur d’al–madarik a dit: «Selon les jurisconsultes, at–tawaf peut être fait aussi bien avec at–tayammoum qu’avec al–woudho’. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «De même que Dieu a fait de l’eau un purificateur, Il a fait aussi de la terre un purificateur.» et le hadith où il a dit: «La terre est considérée comme de l’eau.».»[453]

3- Son corps et ses vêtements doivent être purs, que le tawaf qu’il veut accomplir soit obligatoire ou surérogatoire. La preuve pour cela est le hadith où le Prophète (a.s.s) a dit: «Le tawaf autour de la Maison [de Dieu] est une prière.»[454], et le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il devra d’abord repérer la partie tâchée de sang, ensuite il devra sortir pour la laver. Après cela, il devra revenir pour terminer son tawaf.»[455] en réponse à celui qui lui a dit: «Que devra faire un homme s’il voit une tâche de sang sur son vêtement au moment où il fait at–tawaf?»

D’après l’auteur d’al–jawahir, cette condition est citée par la plupart des jurisconsultes.

4- Ses parties intimes doivent être couvertes. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Par ordre du Prophète (a.s.s), [l’Imam] Ali (a.s) a dit [aux gens]: «Il est interdit à un homme nu, à une femme nue, et à un polythéiste de faire at–tawaf autour de la Maison [de Dieu].»[456]

5- Il doit être circoncis.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, [cet avis] n’est pas controversé, et d’après al–Halabi, il s’appuie sur al–ijma‘ et le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Il est interdit à un homme incirconcis de faire at–tawaf autour de la Maison [de Dieu], et il n’y a aucun mal à ce qu’une femme le fasse.».» [457]

6- Il faut que ses vêtements soient licites (c’est–à–dire ils ne doivent pas être des vêtements volés), et ils ne doivent pas être faits avec la peau d’un animal dont la chair est illicite et ni avec un tissu de soie.

La façon dont se fait at–tawaf

Pour que le tawaf soit correct, le pèlerin doit obligatoirement faire les choses suivantes:

1- Commencer et finir at–tawaf en face de la Pierre noire. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «At–tawaf se fait de la Pierre noire à la Pierre noire.»[458]. L’auteur d’al–jawahir a dit: «Il n’y a aucun mal à ce que quelqu’un commence at–tawaf en face de la porte de la Kaâba pour être sûr de n’avoir pas dépassé la Pierre noire, à condition qu’il ait l’intention de commencer at–tawaf en face de celle–ci. Et s’il fait cela, il ne sera pas considéré comme quelqu’un qui a fait un acte en plus pendant al–‘ibada, il sera plutôt considéré comme quelqu’un qui a lavé une partie de sa tête pendant al–woudho’ pour qu’il soit sûr d’avoir lavé son visage.»[459]

Il convient de signaler qu’il n’est pas obligatoire de commencer at–tawaf à un endroit situé exactement en face de la Pierre noire car, dans l’esprit des gens, l’expression «en face de la Pierre noire» ne signifie pas «exactement en face de la Pierre noire».

Quelqu’un a dit: «Avant que le pèlerin fasse le premier pas du tawaf, la pointe de ses pieds doit être à l’endroit situé exactement en face du premier coté de la Pierre noire».

En réponse, l’auteur d’al–jawahir[460] et l’auteur d’al–hadaiq[461] ont dit que cet avis ne s’appuie sur aucune preuve, et qu’il est de nature à mettre le pèlerin dans l’embarras.

2- Durant at–tawaf, la Kaâba doit être à sa gauche, et il ne doit à aucun moment se mettre en face d’elle ou tourner son dos vers elle.

A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, [cet avis] fait l’unanimité. En outre, l’imitation du Prophète exige l’adoption d’un tel avis.»

Avec l’expression «l’imitation du Prophète», l’auteur d’al–jawahir fait allusion au hadith où le Prophète (a.s.s) a dit: «Apprenez de moi vos rites.»[462]

3- Il doit passer derrière le Hijr d’Ismaïl[463]. Et s’il passe entre la Kaâba et cet endroit–là, il devra refaire le tour. A ce propos, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, [cet avis] fait l’unanimité. Il s’appuie sur le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si, en arrivant au Hijr d’Ismaïl, quelqu’un raccourcit son tawaf (et cela en passant entre le Hijr et la Kaâba), il devra le refaire tout en prenant pour point de départ et point d’arrivée la Pierre noire.».»[464]

4- Il doit faire at–tawaf en dehors de la Kaâba et du Hijr, car Dieu a dit dans le Coran: «Qu’ils fassent at–tawaf autour de la Maison [antique].»[465]

5- Il ne doit pas faire plus de sept tours, ni moins de sept. A propos de cet avis, l’auteur d’al–jawahir a dit: «A ma connaissance, cet avis, fait l’unanimité. Il s’appuie sur des hadiths rapportés par un très grand nombre de narrateurs.»[466]

6- Il doit faire at–tawaf entre la Kaâba et la Station d’Abraham. A propos de cet avis, l’auteur d’al–hada’iq a dit: «C’est [cet avis] qui est le plus réputé chez nos jurisconsultes.»[467]

Dans l’ouvrage intitulé minhaj an–nasikine, as–sayyid al–Hakim a dit: «Par précaution, les sept tours du tawaf obligatoire doivent être faits d’une façon continue. Quant à ceux du tawaf surérogatoire, il n’y a aucun mal à ce qu’ils soient accomplis d’une façon discontinue.[468]

A ma connaissance, cet avis n’a été cité dans aucun autre ouvrage de fiqh. Et à mon avis, il ne s’appuie sur aucune preuve, car les hadiths disent clairement que, dans certains cas, il est permis de rompre at–tawaf et le finir par la suite. Parmi ces hadiths, on retrouve les trois suivants:

Safwane al–Jammal a dit: «J’ai dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un pèlerin si, au moment où il fait at–tawaf, son frère lui demande un service?» Et l’Imam (a.s) m’a dit: «Il devra aller lui rendre service, ensuite il devra revenir pour continuer son tawaf à partir de l’endroit où il l’a rompu.».»[469]

Abane a dit: «Un jour, un homme m’a demandé un service au moment où je faisais at–tawaf avec l’Imam as–Sadiq (a.s), alors, celui–ci m’a dit: «Va vers lui» Et moi je lui ai dit: «Puis–je rompre at–tawaf?» En réponse, l’Imam (a.s) m’a dit: «Oui.» Alors, je lui ai dit: «Même si c’est un tawaf obligatoire?» Et l’Imam (a.s) m’a dit: «Oui.»[470]

Abane a dit aussi: «Un jour l’Imam as–Sadiq (a.s) a ordonné à un homme d’interrompre son tawaf pour aller aider un autre. Alors, le même homme lui a dit: «Même si je suis entrain de faire le tawaf obligatoire?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Oui, même si tu es entrain de faire le tawaf obligatoire, car quiconque rendra service à son frère musulman, Dieu lui donnera comme rétribution un million de hasanat, annulera un million de ses péchés, et l’élèvera au millionième degré [plus élevé que le sien].»[471]

Il convient de signaler que, dans la pratique, le Prophète (a.s.s), les Imams (a.s) et les jurisconsultes faisaient at–tawaf d’une manière continue. Donc, pour être sûr d’avoir fait correctement at–tawaf, il faut le faire comme eux.

Les deux raka‘t du tawaf

Dieu a dit dans le Coran: «Prenez la Station d’Abraham comme lieu de prière.»[472]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Tu ne dois pas faire les deux raka‘at du tawaf obligatoire dans un endroit autre que la Station d’Abraham. Quant à celles du tawaf surérogatoire, tu peux les faire à n’importe quel endroit de la Mosquée [sacrée].»[473]

Quelqu’un a dit à l’Imam al–Kadhim (a.s): «Est–il permis à un pèlerin qui a fait at–tawaf après l’aube de faire les deux raka‘at en dehors de la Mosquée [sacrée]?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il ne devra pas quitter la Mecque avant de faire les deux raka‘t de ce tawaf–là. S’il oublie [de les faire], il devra les faire dans la Mosquée sacrée quand il reviendra.»[474]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit aussi: «Quand tu auras fini de faire at–tawaf, dirige–toi vers la Station d’Abraham, et fais deux raka‘at derrière elle en récitant Sourate at–Tawhid dans la première et Sourate al–Kafiroun dans la deuxième. Et [pour finir la première], fais at–tachahhoud, loue Dieu, et prie sur le Prophète (a.s.s). Après cela, demande à Dieu d’accepter [tes actions].»[475]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci: Après avoir fait le tawaf obligatoire, le pèlerin devra faire les deux raka‘at de celui–ci derrière la Station d’Abraham. Et s’il n’arrive pas à trouver une place près de celle–ci, il devra les faire dans sa direction. Et s’il est incapable de les faire dans sa direction (par exemple, à cause de la bousculade), il devra les faire à n’importe quel endroit de la Mosquée sacrée. Et si, après avoir quitté la Mosquée sacrée, il se rend compte qu’il n’a pas fait les deux raka‘at du tawaf, il devra retourner pour les faire. Et s’il est incapable d’y retourner, il devra les faire à l’endroit où il se trouve.

Il convient de signaler que ce que nous venons de dire ne s’applique pas aux deux raka‘at du tawaf surérogatoire. C’est–à–dire celles–ci peuvent être faites à n’importe quel endroit.

Les choses recommandées pendant at–tawaf

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Lorsque tu arriveras près de la Pierre noire, lève tes mains vers le ciel, loue Dieu, puis embrasse–là. Et si tu n’arrives pas [à poser tes lèvres sur elle], touche–là avec ta main. Et si tu n’arrives pas à la toucher, salue–là avec ta main.»[476]

Les jurisconsultes ont dit qu’il est recommandé au pèlerin de faire certaines choses pendant at–tawaf, à savoir:

- S’arrêter un petit moment près de la Pierre noire (et cela juste avant de commencer à faire at–tawaf).

- Lever les mains vers le ciel, louer Dieu, prier sur le Prophète (a.s.s), et invoquer Dieu tout en gardant les mains levées (et cela au moment où il s’arrête prés de la Pierre noire).

- Marcher doucement et avec humilité.

- Passer tout près d’al–moustajar[477] pendant le septième tour.

- Coller son ventre et ses mains contre al–moustajar, et cela pendant le septième tour.

Les choses déconseillées pendant at–tawaf

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Ne met jamais un bonnet au moment où tu fais at–tawaf.»[478]

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «La femme ne doit pas voiler son visage pendant at–tawaf.»[479]

A propos de ce hadith, l’auteur d’al–wasa’ il a dit: «Soit il veut seulement dire qu’il est déconseillé à la femme de voiler son visage pendant at–tawaf, ou bien il concerne uniquement la femme qui est en état d’al–ihram.» [480]

Les jurisconsultes ont dit que, pendant at–tawaf, il est déconseillé de faire les choses suivantes: parler (sauf si on veut invoquer Dieu), rire, s’étirer, bailler, faire claquer ses doigts, s’empêcher d’émettre l’urine ou les matières fécales, boire, manger, et tout ce qui est déconseillé pendant la prière.

Est–il permis de faire plus de sept tours?

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si quelqu’un fait huit tours pendant un tawaf obligatoire, il devra refaire [son tawaf].»[481]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un homme si, par oubli, il fait huit tours pendant un tawaf surérogatoire?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra accomplir le deuxième tawaf (c’est–à–dire il devra faire six autres tours), puis faire quatre raka‘at. Et s’il fait cela pendant le tawaf obligatoire, il devra faire de nouveau sept tours.»[482]

Quelqu’un a dit à l’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire un homme si, par oubli, il fait huit tours pendant at–tawaf?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il se rend compte de cela avant d’arriver au rokn [al–yamani], il devra rompre [son tawaf]. Et s’il se rend compte de cela après avoir atteint [ar–rokn al–yamani], il devra accomplir le deuxième tour (c’est–à–dire il devra faire six autres tours), puis faire quatre raka‘at.»[483]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci: si un pèlerin fait volontairement sept tours pendant un tawaf obligatoire (qu’il fasse cela sciemment ou bien par ignorance), il devra refaire son tawaf. Et s’il fait cela pendant un tawaf surérogatoire, son tawaf sera correct, mais l’excédent sera considéré comme étant un acte déconseillé.

A ce propos, l’auteur d’al–hada’iq a dit: «D’après nos jurisconsultes, il est interdit de faire plus de sept tours pendant un tawaf obligatoire, et il est déconseillé de faire une telle chose pendant un tawaf surérogatoire.»[484]

Si, par inattention, quelqu’un fait un tour en plus pendant un tawaf obligatoire et se rend compte de sa faute avant de le finir, il devra arrêter de faire at–tawaf. Et s’il se rend compte de cela après avoir fini de faire le huitième tour, il devra accomplir le deuxième tawaf (c’est–à–dire il devra faire six autres tours) et le considérer comme étant un tawaf surérogatoire. Et après avoir fait les deux raka‘at du premier tawaf, il devra faire as–sa‘y (le va-et-vient entre as-Safa et al-Marwa), puis les deux raka‘at du deuxième tawaf. La preuve pour cela est le hadith selon lequel l’Imam Ali (a.s) a fait la même chose.[485]

Il convient de signaler que, d’après l’auteur d’al–jawahir, la plupart des jurisconsultes ont dit qu’il n’est pas permis au pèlerin de faire successivement deux tawafs, à moins qu’il ne les fasse en surérogation.

Lorsque quelqu’un fait moins de sept tours

Si quelqu’un fait moins de sept tours pendant un tawaf obligatoire ou surérogatoire (que se soit volontairement ou bien par inattention) et se rend compte de son erreur peu de temps après et avant qu’il ne soit dans un état où il lui est interdit de faire at–tawaf (par exemple lorsqu’il est en état d’impureté), son tawaf ne sera pas incorrect, mais il devra l’accomplir (c’est–à–dire, il devra faire les tours qui restent). Et s’il se rend compte de son erreur beaucoup de temps après ou bien après avoir eu un hadath (par exemple, après avoir uriné), son tawaf sera incorrect, à moins qu’il ne soit rompu pour une raison valable et après avoir accompli le quatrième tour. En effet, dans ce dernier cas, il devra seulement faire les tours qui restent. Et s’il se rend compte de son erreur dans son pays, il devra charger quelqu’un de faire un tawaf à sa place.

D’après l’auteur d’al–hada’iq[486] et l’auteur d’al–jawahir[487] c’est cet avis qui jouit d’une réputation chez les jurisconsultes. Et d’après eux, cet avis s’appuie sur le hadith où l’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Elle devra seulement accomplir son tawaf. Sa ‘omra est correcte et elle pourra faire as–sa‘y, car elle a fait plus de la moitié du tawaf.»[488] En réponse a celui qui l’a interrogé à propos d’une femme qui a eu ses règles après avoir accompli le quatrième tour du tawaf.

Il convient de signaler que, d’après les jurisconsultes, c’est l’expression «car elle a fait plus de la moitié du tawaf» qui permet d’étendre la portée de ce hadith. C’est–à–dire c’est elle qui permet de dire que ce hadith concerne aussi l’homme qui a rompu son tawaf pour une raison valable.

Lorsqu’une femme est en période de règles ou de lochies

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si, après avoir fait plus de la moitié du tawaf, une femme se rend compte qu’elle vient d’avoir ses règles, elle devra [rompre son tawaf] et marquer l’endroit [où est survenu l’écoulement menstruel]. Et lorsqu’elle deviendra pure, elle devra faire le reste de son tawaf en démarrant de cet endroit–là. Et si elle se rend compte de cela avant d’avoir fait la moitié du tawaf, elle devra refaire son tawaf».[489]

Quelqu’un a dit à L’Imam as–Sadiq (a.s): «Que devra faire une femme ayant l’intention d’accomplir hajj–ut–tamatu‘ si, au moment où elle arrive à la Mecque, elle se rend compte qu’elle a eu ses règles?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Elle devra faire as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa, puis rester chez elle jusqu'à ce quelle devienne pure. Et dès qu’elle deviendra pure, elle devra faire at– tawaf autour de la Maison [sacré]. Et si elle reste impure jusqu’au jour du tarwiya (le huitième jour du mois de Dhou–lhijja), elle devra verser de l’eau sur son corps [ce jour–là], puis faire al–ihram dans sa maison. Après cela, elle devra aller à Mina pour accomplir les rites qui se font dans ce lieu–là. Et lorsqu’elle reviendra à la Mecque elle devra faire deux tawaf et as–sa‘y entre as–Safa et al–Marwa. Et si elle fait cela, toute chose deviendra licite pour elle, excepté les relations sexuelles.»[490]

En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci: si, après avoir fait quatre tours du tawaf, une femme se rend compte qu’elle vient juste d’avoir ses règles, elle devra rompre son tawaf et aller faire as–sa‘y (le va–et–vient entre as–Safa et al–Marwa). Et après avoir fait as–sa‘y, elle devra rester chez elle jusqu’à ce qu’elle devienne pure. Et dès qu’elle deviendra pure, elle devra aller faire at–tawaf. Et si l’écoulement menstruel survient avant qu’elle termine le quatrième tour, elle devra attendre jusqu’au dernier moment (c’est–à–dire jusqu’au septième jour du mois de Dhou–lhijja), alors si elle devient pure ce jour–là, elle devra accomplir les rites de ‘omrat–ut–tamattu‘ pour que sou hajj soit hajj–ut–tamattu‘.

Et si elle ne devient pas pure avant le jour de tarwiya (c’est–à–dire le neuvième jour du mois de Dhou–lhijja), elle devra se purifier, puis faire al–ihram chez elle. Et après cela, elle devra aller à ‘Arafat, puis à Mach‘ar, puis à Mina. Et après avoir accompli tous les rites de hajj–ul–ifrad, elle devra accomplir les rites de la ‘omra al–moufrada. Et dans ce cas–là, son hajj sera considéré comme étant hajj–ul–ifrad.

En ce qui concerne al–moustahadha( une femme qui a des lochies ), si elle fait tout ce qu’elle est obligée de faire avant de faire la prière[491], elle pourra faire tout ce qui est permis à une femme qui est en état de pureté. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as– Sadiq (as): «Est–il permis à al–moustahadha d’avoir des relations sexuelles ou de faire at–tawaf?» Et l’Imam (as) lui a dit: «Avec chaque ghosl, elle pourra faire seulement deux prières. Et si elle est dans l’état où il lui est permis de faire la prière, elle pourra faire l’amour avec son mari, et elle pourra faire at–tawaf.» [492]

Lorsqu’un pèlerin ne fait pas at–tawaf

Quelqu’un a interrogé l’Imam as– Sadiq (a.s) à propos d’un homme qui, par ignorance, n’a pas fait le tawaf obligatoire, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Si cela est dû à l’ignorance, il devra refaire son hajj et sacrifier un chameau.»[493]

Quelqu’un a dit à l’Imam as– Sadiq (a.s): «Que devra faire un pèlerin si, après avoir regagné son pays et après avoir eu des relations sexuelles, il se rend compte qu’il n’a pas fait le tawaf obligatoire?» et l’Imam (a.s) lui a dit: «Si [le tawaf oublié] est celui du hajj, il devra envoyer une offrande [à la Mecque ] pendant la période du hajj; et si c’est celui de la ‘omra, il devra l’envoyer pendant la période de la ‘omra. Et dans les deux cas, il devra charger quelqu’un de faire at–tawaf à sa place.»[494]

D’après les jurisconsultes, si quelqu’un s’abstient de faire un tawaf obligatoire (que ce soit sciemment ou bien par ignorance), son hajj (ou sa ‘omra) sera incorrect, et il devra sacrifier un chameau. Et d’après eux, si, après avoir regagné son pays, un pèlerin se rend compte qu’il n’a pas fait le tawaf obligatoire, il devra retourner à la Mecque pour le faire. Et s’il est incapable d’y retourner, il devra charger quelqu’un de faire at–tawaf à sa place.

Lorsque quelqu’un doute d’avoir fait correctement at–tawaf

L’Imam as–Sadiq (a.s) a dit: «Si, après avoir entamé un acte, quelqu’un doute d’avoir fait correctement l’acte qui le précède, il ne devra pas tenir compte de son doute.»[495]

Quelqu’un a dit à l’Imam as– Sadiq (a.s):«Que devra faire un homme si, au moment où il fait un tawaf obligatoire, il n’arrive pas à savoir s’il a fait six tours ou bien sept?»Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra refaire son tawaf.» Alors, la même personne lui a dit: «Et si son doute survient après avoir fini de faire at–tawaf?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «A ma connaissance, rien ne lui incombera.» [496]

Quelqu’un lui a dit aussi: «Que devra faire un homme si, au moment où il fait un tawaf obligatoire, il n’arrive pas à savoir s’il a fait sept tours ou bien huit?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «[Puisqu’] il est sûr d’avoir fait sept tours et pense seulement qu’il a fait un huitième tour, qu’il fasse deux raka‘at.»[497]

Quelqu’un lui a dit aussi: «Que devra faire un homme si, au moment où il fait at–tawaf, il n’arrive pas à savoir s’il a fait six tours ou bien sept?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Si [son doute] survient pendant [un tawaf] obligatoire, il devra refaire [son tawaf]. Et s’il survient pendant [un tawaf] surérogatoire, il devra considérer le plus petit nombre qui viendra à son esprit comme étant le nombre de tours accomplis.» [498]

En s’appuyant sur les hadiths précédents, les jurisconsultes ont dit ceci: si, après avoir fini de faire at–tawaf, quelqu’un doute de l’avoir fait correctement, il ne devra pas tenir compte de son doute. Et si son doute survient au moment où il fait un tawaf obligatoire, il devra refaire son tawaf, sauf s’il pense qu’il a fait plus de sept tours. Dans ce cas–là, il devra considérer son tawaf comme étant correct. Et si son doute survient au moment où il fait un tawaf surérogatoire, il devra considérer le plus petit nombre qui viendra à son esprit comme étant le nombre de tours accomplis.

Les piliers (arkan) du hajj et de la ‘omra

Les jurisconsultes considèrent comme pilier du hajj ou de la ‘omra tout rite qui, en s’abstenant de la faire, le hajj (ou la ‘omra) sera incorrect.

L’auteur d’al–hada’iq a dit: «Nos jurisconsultes ont dit clairement que le tawaf fait partie des piliers du hajj. C'est–à–dire si quelqu’un s’abstient de le faire, son hajj sera incorrect, et s’il oublie de le faire, il devra le compenser, et cela même s’il a fini de faire le hajj. Par l’expression rokn al–hajj (pilier du hajj), les jurisconsultes désignent tout rite qui, en s’abstenant de le faire, le hajj sera incorrect.» [499]

Les piliers du hajj son: an–niyya, al–ihram, la station à ‘Arafat, la station à Mach‘ar, le tawaf du hajj et as–sa‘y (le va–et–vient entre as–Safa et al–Marwa).

Les rites qui doivent être obligatoirement accomplis pendant le hajj mais qui ne font pas partie des piliers de celui–ci sont: at–talbiya, les deux raka‘at du tawaf du hajj, le tawaf des femmes et les deux raka‘at de celui–ci.

Les piliers de la ‘omra sont: an–niyya, al–ihram, et le tawaf de la ‘omra.

Les rites qui doivent être obligatoirement accomplis pendant la ‘omra mais qui ne font pas partie des piliers de celle–ci sont: at–talbiya, les deux raka‘at du tawaf, le tawaf des femmes et les deux raka‘at de celui–ci.