LES SIGNES DE LA FIN DES TEMPS DANS LA SOURATE AL-KAHF
 
Allah a révélé plusieurs versets sur la moquerie de ceux qui rejettent la religion et a conseillé aux croyants de réagir ainsi à de tels propos :

Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d'eux jusqu'à ce qu'ils entament une autre discussion… (Sourate al-Anam, 68)

Ceux qui renient les messagers d'Allah et la religion, tout comme ceux qui les raillent, seront punis au jour du jugement, comme le décrit le verset suivant :

Et c'est l'enfer qui sera leur rétribution, pour avoir rejeté la foi et tourné en dérision Mes signes et Mes prophètes. (Sourate al-Kahf, 106)

Quel pire injuste que celui à qui sont rappelés les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ?

Nous avons placé des voiles sur leurs cœurs, de sorte qu'ils ne comprennent pas (le Coran), et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais ils ne pourront donc se guider. (Sourate al-Kahf, 57)

Ils sont nombreux ceux qui se détournent des versets malgré les exhortations et les rappels explicites des messagers. Mais comme Allah l'énonce dans ce verset, leur rejet est Sa volonté et Son pouvoir. Cet état de défiance, caractérisé par leur raillerie et leur incompréhension, est déterminé par leur destin. Quels que soient leurs efforts pour essayer de comprendre, et peu importe leur volonté à le faire, ils ne le peuvent pas. Ils doivent vivre avec leur destin.

Seul Allah donne la foi et Il a inscrit l'incroyance dans leur destin. De ce fait, aucun appel ou exhortation à embrasser la foi n'aura d'effet sur eux à moins qu'Allah ne le veuille. C'est Lui Qui les empêche de croire en mettant un "voile" sur leurs cœurs. C'est ce que Allah dit dans les versets suivants :

Il en est parmi eux qui viennent t'écouter, cependant que Nous avons entouré de voiles leurs cœurs, qui les empêchent de comprendre (le Coran), et dans leurs oreilles est une lourdeur. Quand même ils verraient toutes sortes de preuves, ils n'y croiraient pas… (Sourate al-Anam, 25)

Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles ; et un voile épais leur couvre la vue ; et pour eux il y aura un grand châtiment. (Sourate al-Baqarah, 7)

Allah nous apprend que ces personnes "ne seront jamais guidées." Dans ce verset, notre Seigneur nous rappelle que changer de destin est impossible et que, peu importe combien sont importants nos efforts, personne ne vivra autre chose que son destin.

Et ton Seigneur est le Pardonneur, le Détenteur de la miséricorde. S'Il s'en prenait à eux pour ce qu'ils ont acquis, Il leur hâterait certes le châtiment. Mais il y a pour eux un terme fixé (pour l'accomplissement des menaces) contre lequel ils ne trouveront aucun refuge. (Sourate al-Kahf, 58)

Ce verset nous rappelle l'infinie miséricorde d'Allah et Sa compassion pour Ses serviteurs. Allah, le très Miséricordieux, laisse Sa clémence infinie et Sa miséricorde réfléchir sur tout, sans exception. De l'air que nous respirons à la nourriture que nous mangeons, du cœur aux battements permanents d'une personne à la beauté parfaite dans la nature - jusqu'au moindre détail, tout est le reflet de la grâce d'Allah. Tout le monde vient à la vie et mène sa vie par Sa grâce.

Certains de ceux qui sont reconnaissants pour ces dons comprennent le but de la création et servent Allah, alors que d'autres sont ingrats et se détournent. Allah offre tous les dons de la terre, qu'ils soient apparents ou cachés, à tous afin que même les incroyants, les hypocrites et ceux qui Lui attribuent des associés puissent en bénéficier, de l'air qu'ils respirent à l'eau qu'ils boivent. Allah leur accorde des biens et des propriétés tout comme Il en accorde aux croyants, de même qu'Il accorde des maisons pour vivre et une descendance qui perpétue leurs lignées. Il les pourvoit en une bonne nourriture et leur donne santé, force et beauté.

Allah permet aux incroyants de bénéficier de tous ces présents, car cela pourrait leur permettre de revenir à Lui, de méditer, de comprendre et d'être reconnaissants. Mais cela ne s'applique qu'à cette vie car dans l'au-delà tous les dons sont destinés aux croyants qui ne les ont utilisés, durant leur séjour sur terre, que pour se rapprocher d'Allah et obtenir Son agrément et qui étaient reconnaissants, car Il est le tout Miséricordieux et a promis le paradis aux seuls croyants. Les versets suivants clarifient ces propos :

Sauf celui qui se repent, croit et fait le bien : ceux-là entreront dans le paradis et ne seront point lésés, aux jardins du séjour (éternel) que le tout Miséricordieux a promis à Ses serviteurs, [qui ont cru] au mystère. Car Sa promesse arrivera sans nul doute. (Sourate Maryam, 60-61)

Le verset 58 de la sourate al-Kahf aborde également un autre sujet. Il existe un terme fixé pour chaque nation qui sera punie par Allah. Pour Lui, le moment exact du châtiment de chaque personne et de chaque peuple est connu, comme Il le révèle dans ce verset : "Nulle communauté ne peut avancer ni reculer son terme." (Sourate al-Mu'minun, 43)

Le tremblement de terre, l'inondation, la tornade ou toute autre catastrophe qui détruit une nation est connu dans le destin déterminé par Allah, ce qui inclut le moment de l'événement, sa sévérité, sa durée et ses effets. Notre Seigneur Qui embrasse la totalité du temps l'a déterminé, dans le destin des incroyants qui nient et ne croient pas au jour du jugement, au moindre jour, à la minute et à la seconde, car comme nous l'apprend ce verset :

Va-t-en, dit [Moïse]. Dans la vie, tu auras à dire (à tout le monde) : "Ne me touchez pas !" Et il y aura pour toi un rendez-vous que tu ne pourras manquer. Regarde ta divinité que tu as adorée avec assiduité. Nous la brûlerons certes, et ensuite, nous disperserons [sa cendre] dans les flots. (Sourate Ta Ha, 97)

Et voilà les villes que Nous avons fait périr quand leurs peuples commirent des injustices et Nous avons fixé un rendez-vous pour leur destruction. (Sourate al-Kahf, 59)

En d'autres termes, aucun peuple ou nation qui s'oppose à la loi d'Allah ne survivra. Chaque nation qui ne respecte pas Allah et la religion, qui agit à l'opposé de la morale du Coran, sera détruite et effacée des pages de l'histoire.

Plusieurs peuples ont été hostiles à l'égard de la loi d'Allah et ont déclaré la guerre aux valeurs morales de l'Islam. Les régimes communistes du siècle dernier, qui ont fait couler tant de sang, ne sont que certains des exemples les plus récents. Dans les pays communistes, les établissements religieux ont été supprimés, les gens pieux étaient opprimés, les leaders religieux étaient assassinés et la lecture des Livres saints était interdite. Mais aucun de ces régimes n'a duré. Lorsque nous regardons aujourd'hui derrière nous, nous constatons qu'ils se sont effacés de l'histoire l'un après l'autre.

Le Coran donne beaucoup d'exemples de dictateurs et de régimes qui ont fait de l'oppression un moyen politique. Un de ces régimes était celui du Pharaon et de son entourage. Le Pharaon a ouvertement rejeté l'appel à la foi de Moïse (psl) et a opprimé les croyants. Par conséquent, son régime violent et oppressif n'a pas duré, car il a été anéanti par un grand désastre. Les versets suivants relatent les événements entourant le Pharaon :

Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d'Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec acharnement et inimitié. Puis, quand la noyade l'eut atteint, il dit : "Je crois qu'il n'y a d'autre divinité que Celui en Qui ont cru les Enfants d'Israël. Et je suis du nombre des soumis."

[Allah dit] Maintenant ? Alors qu'auparavant tu as désobéi et que tu as été du nombre des corrupteurs ! Nous allons aujourd'hui épargner ton corps, afin que tu deviennes un signe à tes successeurs. Cependant beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à Nos signes (d'avertissement). (Sourate Yunus, 90-92) L'existence provisoire de régimes aussi oppressifs et cruels fait partie des épreuves qu'Allah crée pour les croyants durant leur vie sur terre.

Dans un verset Allah S'adresse à Mohammed (pbsl) en ces termes : "Et ne pense point qu'Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Il leur accordera un délai jusqu'au jour ou leurs regards se figeront" (Sourate Ibrahim, 42) lui faisant ainsi savoir que les oppresseurs rencontreront leur châtiment. Cette vérité est aussi révélée dans le verset suivant :

Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : "Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournons." (Sourate al-Baqarah, 155-156)

Le verset 59 de la sourate al-Kahf établit également que de telles nations étaient punies à cause de leurs injustices. Maintenant, nous devons analyser très exactement ce que ce terme signifie. Le Coran révèle que les injustes sont ceux qui attribuent des associés à Allah, qui nient Ses versets et qui rejettent Ses messagers. Allah révèle cette réalité dans ce verset "…Et seuls les injustes renient Nos versets." (Sourate al-Ankabut, 49) Certains des versets sur ce sujet disent :

Les négateurs dirent : "Jamais nous ne croirons à ce Coran ni à ce qui l'a précédé." Et si tu pouvais voir quand les injustes seront debout devant leur Seigneur, se renvoyant la parole les uns aux autres ! (Sourate Saba, 31)

Et le peuple de Moïse adopta après lui un veau, fait de leurs parures : un corps qui semblait mugir. N'ont-ils pas vu qu'il ne leur parlait point et qu'il ne les guidait sur aucun chemin ? Ils l'adoptèrent [comme divinité], et ils étaient des injustes. (Sourate al-Araf, 148)

Comment Allah guiderait-Il des gens qui n'ont plus la foi après avoir cru et témoigné que le Messager est véridique, et après que les preuves leur sont venues ? Allah ne guide pas les gens injustes. (Sourate al-Imran, 86)

Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d'eux jusqu'à ce qu'ils entament une autre discussion. Et si le diable te fait oublier, alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les injustes. (Sourate al-Anam, 68)

Comme les versets précédents le montrent, le terme "injustes" s'applique à tous ceux qui nient les Livres saints d'Allah, qui prennent des dieux en dehors d'Allah, à ceux qui, après avoir reconnu véridique la mission des messagers, retournent à l'incroyance et à ceux qui se moquent des versets d'Allah. Allah révèle encore plus de caractéristiques sur ces personnes dans le Coran. Pour résumer, "ce qui est injuste" est défini comme étant tous les actes commis par les gens et les peuples qui rejettent Ses valeurs, ne Lui vouent pas un culte comme ils le devraient, qui deviennent arrogant envers Allah et Sa religion et qui nient l'au-delà et le jour du jugement.

Il ne faudrait pas oublier que le Coran révèle que tous ces gens et ces nations qui nient Allah seront sévèrement châtiés, à la fois dans ce monde et dans l'autre. Allah dit :

Quant à ceux qui n'ont pas cru, Je les châtierai d'un dur châtiment, ici-bas tout comme dans l'au-delà ; et pour eux, pas de secoureurs. (Sourate al-Imran, 56)

Ce verset révèle que chaque nation qui transgresse sera punie dans les deux mondes. La sourate al-Kahf appelle ce moment "un rendez-vous". Lorsque le terme fixé viendra, toute la force et le nombre des injustes seront détruits et effacés de l'existence, parce que c'est la loi d'Allah.

En outre, le Coran dit que si une nation doit être détruite, un rendez-vous est pris entre le Messager de ce peuple et les anges chargés de l'exécution de cette destruction. A cette rencontre, les anges et le Messager mettent au point le moment de la catastrophe destinée à cette nation.

La visite des anges au Prophète Loth (psl) en est l'exemple.

Loth (psl) a exhorté son peuple à la croyance pendant très longtemps et leur a conseillé de se réformer et d'abandonner leur façon de vivre illicite. Mais sa nation a fait du rejet des versets d'Allah et de l'immoralité une manière de vivre et a continué donc à rejeter ses appels et a persisté dans sa voie. Ainsi, ils méritaient le décret du châtiment et les anges informèrent Loth (psl) de la destruction imminente de son peuple.

Leur visite est relatée dans les versets suivants:

Et quand Nos anges vinrent à Loth, il fut affligé pour eux, et se sentit incapable de les protéger. Ils lui dirent : "Ne crains rien et ne t'afflige pas... Nous te sauverons ainsi que ta famille, excepté ta femme qui sera parmi ceux qui périront. Nous ferons tomber du ciel un châtiment sur les habitants de cette cité, pour leur perversité." (Sourate al-Ankabut, 33-34)

Puis lorsque les envoyés vinrent auprès de la famille de Loth, celui-ci dit : "Vous êtes [pour moi] des gens inconnus." Ils dirent : "Nous sommes plutôt venus à toi en apportant (le châtiment) à propos duquel ils doutaient. Et nous venons à toi avec la vérité. Et nous sommes véridiques. Pars donc avec ta famille en fin de nuit et suis leurs arrières ; et que nul d'entre vous ne se retourne. Et allez là où on vous le commande." (Sourate al-Hijr, 61-65)

Ainsi les anges d'Allah ont informé Loth (psl) de la catastrophe imminente pendant leur visite et ont précisé son moment. Pour le peuple de Loth (Psl), le moment était fixé à l'aube :

Par ta vie ! Ils se confondaient dans leur délire. Alors, au lever du soleil le cri (la catastrophe) les saisit. Et Nous renversâmes [la ville] de fond en comble et fîmes pleuvoir sur eux des pierres d'argile dure. Voilà vraiment des preuves, pour ceux qui savent observer! (Sourate al-Hijr, 72-75)

(Rappelle-toi) quand Moïse dit à son [jeune] valet : "Je n'arrêterai pas avant d'avoir atteint le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années." (Sourate al-Kahf, 60)

Dans ce verset, le terme "jeune" suggère que lorsque nous faisons quelque chose, nous devrions rechercher l'aide de jeunes personnes et travailler avec elles. Les jeunes gens devraient être motivés à employer leur énergie, leur dynamisme, leur force, leur ambition et leur enthousiasme dans les actes vertueux pour la satisfaction d'Allah. Certains des versets parlent des jeunes et le verset qui suit constate que seuls quelques jeunes personnes de son peuple ont cru en Moïse (psl) :

Personne ne crut (au message) de Moïse, sauf un groupe de jeunes gens de son peuple, par crainte de représailles de Pharaon et de leurs notables. En vérité, Pharaon fut certes, superbe sur terre et il fut du nombre des extravagants. (Sourate Yunus, 83)

Le verset 60 de la sourate al-Kahf fait référence au lieu de rencontre vers lequel Moïse (psl) se dirige. Moïse (psl) sait qu'il doit rencontrer quelqu'un au "confluent des deux mers". Cet endroit pourrait se situer n'importe où sur terre qui corresponde à cette description.

L'expression "même si je dois marcher de longues années" indique que le lieu de la rencontre a été certainement convenu parce que Moïse (psl) a l'intention d'aller à cet endroit précis et pas à un autre, même si cela doit lui prendre des années, car la rencontre ne peut se tenir ailleurs.

Pour cette raison, Moïse (psl) fait de son mieux pour y être sans se soucier du temps qu'il mettra. Et, si nécessaire, il attendra à cet endroit.

Puis, lorsque tous deux eurent atteint le confluent, Ils oublièrent leur poisson qui prit alors librement son chemin dans la mer. (Sourate al-Kahf, 61)

Nous comprenons de ce verset que Moïse (psl) et son jeune domestique avaient projeté de manger du poisson. Cependant, Allah a fait que tous deux l'oublient et lui permettent en cette occasion de s'échapper vers la mer.

En réalité, on ne peut pas oublier ou se rappeler de quoi que ce soit à volonté. Dans ce cas, Allah leur a fait oublier le poisson car cette inattention a été inscrite dans leur destin. Ceci étant, indépendamment de leurs efforts pour essayer de se souvenir, ils ne peuvent le faire que si Allah le veut.

Il existe beaucoup de raisons à cet oubli. Il a été dit à Moïse (psl), par exemple, de venir à cet endroit précis pour rencontrer une personne importante et bénie à propos de laquelle d'autres informations seront révélées plus tard. Pour atteindre leur lieu de rendez-vous prévu, Moïse et son jeune valet voyagent pendant longtemps. Cependant, ils ont besoin d'une information plus détaillée sur l'emplacement exact car la région du "confluent des deux mers" est immense. Sans ces informations précises, ils pourraient avoir beaucoup de difficultés à trouver cette personne.
C'est là où prend sens la fuite du poisson et elle devient claire. Il s'agit d'un signe parce que le poisson localise le lieu de la rencontre avec exactitude.

Dans un sens plus large, ce verset met l'accent sur la précision à faire du choix d'un lieu de rendez-vous quelconque. Le lieu de rencontre dans le cas de Moïse (psl) est inoubliable, car il est indiqué par un signe important. En général, l'emplacement exact d'une réunion doit être convenu et connu pour éviter les difficultés et pertes de temps, et pour rendre son accès plus facile aux gens.

Puis lorsque tous deux eurent dépassé [cet endroit,] il dit à son valet : "Apporte-nous notre déjeuner : nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage." (Sourate al-Kahf, 62)

Ce verset montre que lorsque Moïse (psl) et son jeune valet dépassent le lieu prévu de la rencontre, ils sont fatigués et affamés. Lorsqu'ils veulent préparer le repas, ils se souviennent du poisson et se rendent compte qu'ils l'ont laissé derrière eux. Allah leur a fait oublier le poisson et ensuite, au moment voulu, le leur rappelle, leur désignant ainsi le lieu de la rencontre.

Il est important qu'Allah ait choisi le poisson, car Moïse (psl) et son assistant s'en seraient rappelés sans aucun doute, pendant leur long voyage, au moment où ils seraient fatigués et affamés, et l'auraient donc cherché. Comme manger est une nécessité pour tout être humain affamé, il semble qu'Allah ait choisi le poisson pour les emmener à leur lieu de rendez-vous.

[Le valet lui] dit : "Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j'ai oublié le poisson - le diable seul m'a fait oublier de (te) le rappeler - et il a curieusement pris son chemin dans la mer." [Moïse] dit : "Voilà ce que nous cherchions." Puis, ils retournèrent sur leurs pas, suivant leurs traces. (Sourate al-Kahf, 63-64)

Lorsque Moïse (psl) et son jeune serviteur se rendent compte qu'ils ont laissé le poisson derrière eux, ils se souviennent aussi qu'ils l'ont oublié dans une région rocheuse. Cette contrée rocailleuse où les deux mers se rencontrent est le lieu où Moïse doit rencontrer la personne bénie. Grâce au poisson, Moïse localise le lieu exact du rendez-vous au cours duquel, on le suppose, il devait rencontrer Al-Khidr (psl). Le poisson, ayant accompli son but, disparaît dans la mer.

Dans le verset, la déclaration du serviteur de Moïse est également mentionné, affirmant que satan lui a fait oublier le poisson. La capacité de satan à faire oublier les gens est aussi mentionnée dans d'autres versets :

Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d'eux jusqu'à ce qu'ils entament une autre discussion. Et si le diable te fait oublier, alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les injustes. (Sourate al-Anam, 68)

Et il dit à celui des deux dont il pensait qu'il serait délivré : "Parle de moi auprès de ton maître". Mais le diable fit qu'il oublia de rappeler (le cas de Joseph) à son maître. Joseph resta donc en prison quelques années. (Sourate Yusuf, 42)

Nous devons rappeler à cette occasion que satan, tout seul, n'a aucun pouvoir. Allah, le Détenteur unique de tout pouvoir et de toute force, a donné à satan la capacité de susciter l'oubli chez les gens. Nul être n'est en mesure de faire quoi que ce soit de sa propre volonté. Allah dirige les actes de tous les êtres vivants, ainsi que satan, comme l'indique le verset "… Il n'y a pas d'être vivant qu'Il ne tienne par son toupet…" (Sourate Hud, 56) De ce fait, c'est en réalité Allah, et non satan, Qui a fait oublier le poisson à Moïse (psl) et à son jeune valet, car c'était dans leur propre intérêt de l'oublier et leur destin, déterminé par Allah, en a ainsi décidé.

Dans le verset 64 de la sourate al-Kahf, nous comprenons que Moïse (psl) et son jeune domestique se rendent compte que l'endroit où le poisson leur a échappé était le lieu de la rencontre, ils ont ainsi "fait chemin inverse" vers ce lieu très précis.

Ils trouvèrent l'un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous. (Sourate al-Kahf, 65)

Comme il a été déjà mentionné, Allah est très compatissant, clément et miséricordieux envers Ses serviteurs. Moïse (psl) s'est mis en route dans l'intention de rencontrer Al-Khidr (psl), celui à qui Allah a accordé la miséricorde. De ce fait, les attributs d'Allah de clémence et de miséricorde se reflètent sur lui, ce qui lui permet d'être détenteur d'un savoir supérieur émanant d'Allah et de devenir l'un de Ses éminents serviteurs. Dans les extraits suivants du récit, nous verrons plusieurs exemples de son sens supérieur de la miséricorde.

Dans ce verset, nous sommes rappelés au concept de compassion dans le Coran. Comme Allah le dit dans ce verset "… être, en outre, de ceux qui croient et s'enjoignent mutuellement l'endurance, et s'enjoignent mutuellement la miséricorde. Ceux-là sont les gens de la droite." (Sourate al-Balad, 17-18) Etre compatissant est l'une des principales caractéristiques d'un croyant.

Les croyants qui consacrent leurs vies à chercher la satisfaction d'Allah font de leur mieux pour se conformer à Ses règles. Leur sens de la compassion provient de leur foi authentique, car ils savent que rien ne se produit sans la volonté d'Allah et qu'ils sont dépendants de ce qu'Il peut leur accorder. Cette conscience les rend modestes. Ceux qui ne sont pas modestes ne peuvent pas être réellement compatissants parce qu'ils sont égocentriques et de ce fait estiment que leurs intérêts et leurs désirs sont au-dessus de tout. C'est la raison pour laquelle ils ne tiennent pas compte des besoins des autres personnes et donc, ne peuvent ressentir de la compassion et de la miséricorde pour eux. Les gens humbles, de leur côté, qui sont complètement soumis à Allah, éprouveront un profond sentiment de compassion pour toutes les autres créatures innocentes.

Une des raisons qui explique la détermination des croyants à être aussi compatissants est leur désir de gagner la satisfaction d'Allah. Comme les versets l'expriment, Allah est le plus Compatissant et ainsi les croyants s'efforcent de vivre autant que possible en étant habités de compassion :

"Et n'eussent été la grâce d'Allah sur vous et Sa miséricorde et (n'eût été) qu'Allah est compatissant et miséricordieux." (Sourate an-Nur, 20) Totalement dépendants de la grâce et de la compassion d'Allah, et sincèrement en quête de Sa miséricorde, ils sont aussi compatissants qu'ils le peuvent envers les autres croyants.

Comme pour toute chose, leur compassion vient de l'enseignement du Coran. Et en raison de cela, ils ne sont compatissants que là où Allah l'ordonne et avec ceux auxquels Il a destiné cette compassion.

Parfois l'amour et la compassion ressentis pour un croyant provoquent une réaction et une critique inévitables, même si cela peut être dur ou difficile à faire. Cependant, de telles réactions peuvent devenir nécessaires lorsque de mauvaises actions sont commises, car le Coran ordonne aux musulmans d'interdire le mal. C'est la vraie compassion, car tout musulman peut être confronté à d'autres musulmans pour les empêcher de s'engager dans des activités interdites, mais il ne peut pas accepter l'idée que ses frères et sœurs aillent en enfer. C'est pourquoi les musulmans encouragent leurs coreligionnaires à se conformer aux valeurs qui plaisent à Allah et les aident ainsi à gagner le droit d'entrer au paradis.

S'ils ne tenaient pas compte de la destinée de leurs coreligionnaires dans l'au-delà et, ainsi, ne faisaient qu'observer simplement leurs mauvaises actions, comment pourraient-ils prétendre être vraiment compatissant ?

Dans ce verset : "Certes, un Messager pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est compatissant et miséricordieux envers les croyants" (Sourate at-Tawbah, 128), Allah décrit le sens de la compassion de notre Prophète (pbsl). Et, ceux qui prennent exemple sur ce modèle de qualités morales seront sensibles au destin des uns et des autres dans l'au-delà et se comporteront comme Allah ordonne de le faire.

Moïse lui dit : "Puis-je te suivre, à la condition que tu m'apprennes de ce qui t'a été enseigné [par Allah] concernant une bonne direction (le droit chemin) ?" (Sourate al-Kahf, 66)

De ce verset, nous pouvons déduire que Moïse a déjà reçu une information détaillée, grâce à la révélation, concernant la personne qu'il devait rencontrer. Il fait de gros efforts pour aller à son rendez-vous malgré l'éloignement du lieu où il se trouve, parce que même s'il fait face à des épreuves durant son chemin, il est certain qu'il tirera un grand bénéfice de sa rencontre avec cette personne très particulière.

Ensuite, aussitôt qu'ils se rencontrent, Moïse le reconnaît, tout comme il reconnaît son caractère et son savoir supérieurs, et veut se joindre à lui. Cela montre que probablement il savait déjà que cette personne particulière était détentrice d'un grand savoir. (Allah est plus savant) Il est aussi probable qu'il a reçu la révélation que cette personne était sur le droit chemin et en était un guide, et qu'il devait donc se joindre à elle et, pour toutes ces raisons, apprendre d'elle. (Allah est plus savant)

[L'autre] dit : "Vraiment, tu ne pourras jamais être patient avec moi." (Sourate al-Kahf, 67)

D'après ces versets, Al-Khidr (psl) a aussi une parfaite connaissance de Moïse (psl). D'ailleurs, il est possible d'en déduire que Al-Khidr connaît des choses sur l'avenir, car Allah l'en a informé.

Dès que Moïse fait sa demande, Al-Khidr (psl) lui répond immédiatement qu'il n'est pas assez patient pour voyager avec lui. Pourquoi dirait-il une chose pareille alors que rien n'est encore arrivé, et avant même de voir comment Moïse se comporterait ? La raison en est que Al-Khidr connaît une partie de l'avenir (Allah est plus savant).

Une telle connaissance indique que tout se passe selon la volonté d'Allah, parce que Lui seul accorde une telle connaissance à Son petit nombre d'élus et uniquement autant qu'Il le veut. Ainsi, Al-Khidr ne pouvait révéler une telle connaissance de l'invisible que selon la volonté d'Allah.

Tout ce qui arrivera à Moïse est, comme affirmé plus haut, déjà accompli et chaque moment est connu d'Allah, car Il l'a inscrit dans le destin.

C'est la preuve que les gens ne vivront que le destin qu'Allah leur a inscrit. Un autre verset met également l'accent sur le fait que les croyants doivent s'en remettre à Allah et à leur destin, et avoir confiance en Lui :

Dis : "Je ne détiens pour moi rien qui peut me nuire ou me profiter, excepté ce qu'Allah veut. A chaque communauté un terme. Quand leur terme arrive, ils ne peuvent ni le retarder d'une heure ni l'avancer." (Sourate Yunus, 49)

"Comment endurerais-tu sur des choses que tu n'embrasses pas par ta connaissance ?"(Sourate al-Kahf, 68)

Plusieurs événements troublants, agréables et joyeux peuvent être vécus par les gens au cours d'une journée. Mais comme la plupart des gens ne pensent pas à Allah et au fait qu'Il a déjà tout inscrit dans le destin, ils essaient d'expliquer ce qui leur arrive par la "chance" et la "coïncidence". Cependant, cela les empêche de voir les choses à la lumière du bien et d'en tirer des bénéfices. C'est pourquoi ils deviennent contrariés, tristes et malheureux. C'est la différence fondamentale entre les croyants et les incroyants, parce que les croyants sont conscients que tout est créé selon la volonté d'Allah et dans leur intérêt supérieur.

Ceux qui ont une profonde compréhension de cette réalité réussissent à être satisfaits et à observer la beauté cachée et le bien supérieur en toute chose, sans tenir compte de leur situation dans ce monde. Allah a créé tout ce que nous pourrions vivre, que nous les considérions bonnes ou mauvaises importe peu, en mettant en place un plan subtil et avec une infinie sagesse et intelligence. Il contrôle la totalité de la vie, car Il est le seul Maître de tout ce qui existe. Allah crée toute chose dans une forme parfaite et incomparable avec sagesse et beauté. De ce fait, l'humanité doit reconnaître et se rendre compte de cette perfection, et essayer de déceler la sagesse et la bonté en toute chose sachant que la connaissance infinie d'Allah n'est à l'origine que des plus parfaits résultats. Ceux qui croient en Allah, évaluent tout avec un regard porté sur le bien et l'interprètent ainsi, trouveront toujours le bien et la beauté, à la fois en ce monde et dans l'autre.

L'intelligence d'Allah est infinie alors que les êtres humains sont limités. Partant de cette réalité, les gens peuvent ne tenir compte que de l'aspect visible des choses et l'interpréter selon leur propre compréhension. Ainsi, ils pourraient interpréter une chose qui, en réalité, contient beaucoup de bien et de beauté comme négative et regrettable, et inversement. Dans de telles situations, les croyants ont besoin de s'en remettre à la science et à la sagesse infinie d'Allah et avoir un regard sur les choses à partir d'une perspective de bonté afin de voir la vérité, car tout ce qui semble être négatif est, pour les croyants, "une leçon dans le destin". Allah dit dans un verset :

…Il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Allah Qui sait, alors que vous ne savez pas. (Sourate al-Baqarah, 216)

[Moïse] lui dit : "Si Allah veut,tu me trouveras patient ; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres."(Sourate al-Kahf, 69)

Comme nous pouvons le constater dans ce verset, Moïse (psl) répond immédiatement d'une façon musulmane en disant In cha Allah (si Allah le veut). Cette expression montre la soumission des croyants à Allah, qu'ils comprennent comment le destin fonctionne et combien ils sont conscients que seul Allah peut leur accorder la réussite.

Comme nous l'avons précisé dans l'explication des versets 23 et 24 de la sourate al-Kahf plus haut, il s'agit de l'ordre d'Allah de ne pas dire "je ferai cela demain", mais de dire "si Allah le veut".

Par cette réponse, Moïse (psl) attire notre attention à l'importance de dire In cha Allah avant d'entamer une chose, de prendre une décision et de planifier quoi que ce soit pour le lendemain parce que, en fin de compte, seul Allah accorde la réussite et les aptitudes nécessaires pour y parvenir. Il est essentiel que les musulmans se souviennent de cette grande vérité : Seul Allah sait et dirige tout ce qui arrive dans l'univers.

"Si tu me suis, dit [l'autre,] ne m'interroge sur rien tant que je ne t'en aurai pas fait mention." (Sourate al-Kahf, 70)

Le récit de Moïse (psl) et d'Al-Khidr (psl) insiste encore une fois sur l'importance de l'obéissance aux prophètes et aux messagers. Les croyants doivent y prêter attention en montrant un strict respect dans leur loyauté.

En rapport avec cela, les gens doivent voir la sagesse et la bonté dans les actions du messager auquel ils ont fait allégeance. Ils doivent s'attendre à de la bonté dans tout ce que le messager fait et, s'ils ne peuvent pas voir la sagesse inhérente, ils doivent attendre patiemment et avec respect ses explications. Les croyants ne doivent pas déranger le messager en lui posant des questions inutiles ou en essayant de satisfaire leur curiosité.

Si la sagesse contenue dans les propos ou les actes n'est pas immédiatement apparente, les musulmans doivent attendre avec respect que le messager d'Allah ou l'élu la leur explique. Ceux qui adoptent cette vision des choses se rendront compte immédiatement que les propos ou les actes étaient appropriés et reconnaîtront l'erreur de leur réaction initiale. Les versets disent que si la personne à qui l'on fait allégeance sent le besoin d'expliquer la sagesse de ses actes, de ses décisions et de ses propos, elle le fera. Par exemple, Al-Khidr dit : "… tant que je ne t'en aurai pas fait mention" signifiant ainsi qu'il expliquera la sagesse inhérente au moment venu.

Alors les deux partirent. Et après qu'ils furent montés sur un bateau, l'homme y fit une brèche. [Moïse] lui dit : "Est-ce pour noyer ses occupants que tu l'as ébréché ? Tu as commis, certes, une chose monstrueuse !" (Sourate al-Kahf, 71)

Selon ce verset, il est clair que Moïse (psl) ne s'est pas fait accompagner de son jeune domestique pour ce voyage. Il pourrait y avoir plusieurs bonnes raisons à cela, comme pour souligner l'importance de l'éducation individuelle, qui est la meilleure forme d'éducation. Ceux qui essaient d'apprendre dans un milieu surchargé perdent facilement leur concentration et ont beaucoup de mal à se reconcentrer. Même à trois personnes, il est facile d'être distrait et difficile de se concentrer. C'est pourquoi le Coran fait allusion à l'éducation individuelle, car une telle méthode permet facilement de se concentrer et de prêter attention. Bien plus, une communication aussi directe avec l'instructeur permet à l'étudiant d'apprendre de façon plus efficace. C'est pourquoi les avantages de l'éducation privée, reconnus dans le monde entier, sont importants.

Un autre sujet est aussi abordé : Moïse connaît la valeur d'Al-Khidr (psl) et sait qu'il lui est ordonné de faire beaucoup de bien.

Cette situation, comme toutes les autres, existe dans le destin. Al-Khidr (psl) avait dit que Moïse (psl) serait impatient et ainsi, une partie de la connaissance de l'avenir qui lui a été accordée s'est accomplie. De son côté, Moïse (psl) pose la question parce qu'elle est inscrite dans son destin. C'est ce qu'on appelle une zallah (un faux pas ou une erreur faits par un prophète ou un messager). De telles erreurs font partie du destin des prophètes et des messagers parce qu'elles conduisent en fin de compte au bien et à la sagesse. A travers ces versets, Allah nous enseigne que de telles erreurs, dont le moment et le lieu sont connus dans le destin, peuvent se produire.

[L'autre] répondit : "N'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ?" "Ne t'en prends pas à moi, dit [Moïse,] pour un oubli de ma part ; et ne m'impose pas de grande difficulté dans mon affaire." (Sourate al-Kahf, 72-73)

Remarquez l'assurance dans les propos d'Al-Khidr (psl) lorsqu'il fait savoir sa connaissance des événements futurs, que Moïse (psl) n'aura pas la patience indispensable pour voyager avec lui.

Le verset 73 de la sourate al-Kahf précise que tout arrive selon la volonté d'Allah. Les gens ne peuvent pas parler ou empêcher les autres de parler par leur propre volonté, seul Allah les inspire et leur donne la parole. Bien plus, Il peut faire que chaque être, qu'il soit vivant ou pas, dise ce qu'Il décide pour lui. Le Coran révèle, dans les versets suivants, qu'au jour du jugement, Allah donnera la parole aux oreilles, aux yeux et même à la peau d'une personne :

Alors, quand ils y seront, leur ouïe, leurs yeux et leurs peaux témoigneront contre eux de ce qu'ils œuvraient. Ils diront à leurs peaux : "Pourquoi avez-vous témoigné contre nous ?" Elles diront : "C'est Allah Qui nous a fait parler, Lui Qui fait parler toute chose. C'est Lui Qui vous a créés une première fois et c'est vers Lui que vous serez retournés." Vous ne pouviez vous cacher au point que ni votre ouïe, ni vos yeux et ni vos peaux ne puissent témoigner contre vous. Mais vous pensiez qu'Allah ne savait pas beaucoup de ce que vous faisiez. (Sourate Fussilat, 20-22)

Dans d'autres versets, notre Seigneur nous apprend que sans Sa permission, personne n'a le pouvoir de parler :

Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui existe entre eux, le Tout Miséricordieux ; lls n'osent nullement Lui adresser la parole. Le jour où l'Esprit [Gabriel] et les anges se dresseront en rangs, nul ne saura parler, sauf celui à qui le tout Miséricordieux aura accordé la permission, et qui dira la vérité. (Sourate an-Naba, 37-38)

Comme nous l'avons déjà évoqué, Allah crée l'oubli ainsi que le rappel et règne sur toutes nos activités mentales qu'elles soient passées, présentes ou futures. Il a été écrit dans le destin de Moïse (psl) qu'il oublierait et qu'il poserait une question qu'il n'était pas supposé poser. Personne ne peut prendre contrôle de son cerveau et empêcher l'oubli ou de dire les propos qui étaient écrits dans son destin. Allah fait en sorte que les gens oublient chaque fois qu'Il le décide. Il peut enlever toute la mémoire ou, s'Il le veut, y insérer la connaissance de choses inconnues auparavant. Tout cela se produit selon Sa volonté.

La requête de Moïse "ne m'impose pas de grande difficulté dans mon affaire", nous fait comprendre qu'il ne veut pas que son éducation s'achève.

Puis ils partirent tous deux; et quand ils eurent rencontré un enfant [Al-Khidr] le tua. Alors [Moïse] lui dit : "As-tu tué un être innocent, qui n'a tué personne ? Tu as commis certes, une chose affreuse !"(Sourate al-Kahf, 74)

Alors qu'il a promis de ne pas poser de questions, Moïse (psl) ne peut pas modifier son destin et s'empêcher de poser ces questions. Bien qu'il sache que Al-Khidr (psl) agit en accord avec les ordres d'Allah, et qu'il est détenteur d'un savoir profond et qu'il lui affirme qu'il est son disciple, Moïse (psl) réagit sur ce que Al-Khidr (psl) fait. De ce fait, une autre zallah se produit.

Mais nous ne devons pas oublier que seul Allah donne et enlève la vie. Ainsi, comme le verset suivant le montre, nul ne peut tuer quiconque à moins qu'Allah le veuille, car :

Ce n'est pas vous qui les avez tués : mais c'est Allah Qui les a tués. Et lorsque tu lançais, ce n'est pas toi qui lançais : mais c'est Allah Qui lançait, et ce pour éprouver les croyants d'une belle épreuve de Sa part ! Allah est audient et omniscient. (Sourate al-Anfal, 17)

Al-Khidr (psl) est un vrai serviteur d'Allah et n'agit que selon Ses ordres et Sa volonté. Tout ce qu'il fait et dit est conforme à Sa volonté. Par ailleurs, personne ne peut savoir si vraiment cette vie a été enlevée pour le prix d'une autre ou si l'enfant qui est tué est pur, à moins qu'Allah le veuille. Cependant, Moïse (psl) tiens ces propos car Allah le veut et parce que c'est écrit dans son destin.

[L'autre] lui dit : "Ne t'ai je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ?" [Moïse] dit "Si, après cela, je t'interroge sur quoi que ce soit, alors ne m'accompagne plus. Tu seras alors excusé de te séparer de moi." (Sourate al-Kahf, 75-76)

Comme nous le voyons également dans ce récit, Allah octroie et enlève, comme il le veut, la capacité de Ses serviteurs à être patients. Cet aspect louable des croyants est mentionné dans plusieurs versets, avec le fait que seul Allah accorde la patience. Ainsi, l'armée de Talut (psl) a demandé à Allah de lui accorder de la patience pendant la guerre :

Et quand ils affrontèrent Goliath et ses troupes, ils dirent : "Seigneur ! Déverse sur nous l'endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle." (Sourate al-Baqarah, 250)

Le verset 76 de la sourate al-Kahf montre que Moïse (psl) est conscient du mécontentement d'Al-Khidr (psl). Malgré les affirmations d'Al-Khidr (psl) disant que Moïse (psl) serait impatient, Moïse (psl) maintient qu'il pourrait patienter. Cependant, après avoir rompu sa promesse par deux fois, il veut malgré tout trouver une solution et ainsi emploie une nouvelle stratégie de persuasion pour convaincre Al-Khidr (psl) de ne pas arrêter ce processus d'éducation et d'admonition. Avec cet objectif en tête, Moïse (psl) lui donne plus d'assurance et de garantie afin de prolonger et de continuer son éducation aussi longtemps que possible.

Ils partirent donc tous deux ; et quand ils furent arrivés à un village habité, ils demandèrent à manger à ses habitants ; mais ceux-ci refusèrent de leur donner l'hospitalité. Ensuite, ils y trouvèrent un mur sur le point de s'écrouler. L'homme le redressa. Alors [Moïse] lui dit : "Si tu voulais, tu aurais bien pu réclamer pour cela un salaire." (Sourate al-Kahf, 77)

En poursuivant leur voyage, Moïse (psl) et Al-Khidr (psl) sont entrés dans une ville. Cependant, comme ils n'ont pas été reçus favorablement, car on ne leur a pas offert de nourriture et de gîte, nous en déduisons que leur voyage avait été difficile.

Dans ce verset, Allah pourrait faire référence au bien-fondé des épreuves lors de la quête de la vérité et du savoir bénéfique. Moïse (psl) est préparé à subir des moments difficiles pour rester avec Al-Khidr (psl) afin de pouvoir bénéficier de sa sagesse et de ses conseils. C'est aussi un rappel pour tous, car les musulmans doivent montrer la même détermination et force de caractère dans des situations semblables.

Le verset montre aussi que Al-Khidr (psl) était particulièrement doué, compétent et efficace. C'est ce que nous déduisons de sa capacité d'endommager le bateau sans que personne ne le remarque et aussi de la rapidité avec laquelle il construit un mur solide. Allah montre la rapidité de ses prises de décision et son expérience dans ce verset : "ils y trouvèrent un mur sur le point de s'écrouler. L'homme le redressa." Al-Khidr (psl) a aussi montré sa grande habileté lorsqu'il a fait une brèche dans le bateau, car il l'a fait de façon que le bateau ne soit pas complètement détruit mais qu'il devienne inutilisable. Ainsi, il connaissait très bien les matériaux nécessaires à la construction du bateau et du mur.

Moïse (psl) pose maintenant sa troisième et dernière question à Al-Khidr (psl), qui le sait déjà grâce à la sagesse qu'Allah lui a accordée, s'il fallait ou non demander un salaire pour son travail. Une telle pratique n'est pas obligatoire, parce que cela dépend de la situation et des circonstances. Comme les croyants n'agissent que pour plaire à Allah, leur travail peut être rémunéré comme il peut être fait gracieusement.

S'il est payé, la somme acquise est à nouveau consacrée à obtenir Son agrément. C'est une décision personnelle de demander une rémunération, ou ne pas le faire, à la lumière du savoir des prophètes et des messagers et sous l'autorité d'Allah.

"Ceci [marque] la séparation entre toi et moi," dit [l'homme,] "Je vais t'apprendre l'interprétation de ce que tu n'as pu supporter avec patience." (Sourate al-Kahf, 78)

Cette dernière question de Moïse (psl) indique qu'il est temps pour eux de se séparer, car Allah a voulu que Moïse (psl) pose cette condition lorsqu'il déclarait plus tôt : "Si, après cela, je t'interroge sur quoi que ce soit, alors ne m'accompagne plus." Al-Khidr (psl) met en avant cette raison en déclarant que Moïse (psl) n'était pas en mesure de se retenir parce qu'il n'était pas informé par Allah des vraies raisons de ses agissements, qu'il allait maintenant lui expliquer. S'il les lui avait expliqués plus tôt, Moïse (psl) aurait été capable d'être patient avec lui.

En d'autres termes, nous devons toujours attendre du bien et de la sagesse dans les choses que les prophètes ou les élus n'expliquent pas.

Toutes les choses que Moïse (psl) et Al-Khidr (psl) ont vécu durant leur voyage étaient écrites dans leurs destins et déterminées par Allah. Rien n'aurait pu se produire d'une façon différente. Le moment de la séparation, tout comme le choix du moment et du lieu de leur rencontre étaient connus par d'Allah, car Il les avait écrits dans leur destin dans le temps éternel.

"Pour ce qui est du bateau, il appartenait à des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau." (Sourate al-Kahf, 79)

Comme le verset le montre, le temps était venu de se séparer et à Al-Khidr (psl) d'expliquer ses actes. Lors du premier événement, il a fait une brèche dans le bateau pour plusieurs bonnes raisons.

Avant de révéler les raisons des actes d'Al-Khidr (psl), il est utile de réfléchir à son caractère compatissant. Al-Khidr (psl) a aidé les gens démunis, car il voulait leur éviter de nouvelles épreuves et des souffrances supplémentaires des agissements des oppresseurs. Cela montre la compassion qu'il a pour les pauvres et les indigents, tout comme cela révèle un caractère compatissant et aimant. Les attributs d'Allah de bienfaisance et de miséricorde lui correspondent. C'est un facteur de distinction entre les croyants et les incroyants, car Allah dit :

Et qui te dira ce qu'est la voie difficile ? C'est délier un joug [affranchir un esclave], ou nourrir, en un jour de famine, un orphelin proche parent ou un pauvre dans le dénuement. Et c'est être, en outre, de ceux qui croient et s'enjoignent mutuellement l'endurance, et s'enjoignent mutuellement la miséricorde. Ceux-là sont les gens de la droite. (Sourate al-Balad, 12-18)

La compassion, la compréhension pour les croyants et l'amour sont les caractéristiques essentielles qui définissent les prophètes et les messagers d'Allah. Al-Khidr (psl), un Messager béni par Allah, est compatissant et aimant, comme tous les messagers, et a reçu, selon la volonté d'Allah, un grand savoir. C'est la raison pour laquelle il voulait aider les nécessiteux en faisant une brèche dans le bateau afin qu'il semble inutilisable et qu'il ne soit pas confisqué par les oppresseurs.

Le bon sens, la prévoyance, la sagesse et la sensibilité d'Al-Khidr (psl) sont immédiatement constatés, car il ne l'a endommagé que pour qu'il puisse être facilement réparé et utilisé à nouveau. Ainsi, ceux qui cherchaient à le confisquer auraient vu les dégâts et auraient changé d'avis quant à le prendre. Une fois ce danger passé, le bateau pouvait facilement être réparé et remis en service.

L'autre sujet constaté est l'existence d'un régime oppressif qui exerce son pouvoir sur les pauvres. Il pourrait s'agir d'une dictature. Les leaders de ce régime despotique pourraient confisquer les biens des croyants sans raison ce qui expliquerait que les croyants feraient face à des épreuves et trouveraient des difficultés à les éviter.

Confisquer la propriété des gens sans raison valable était courant dans les régimes despotiques féodaux et monarchiques du passé et dans les régimes fascistes et communistes de notre époque. Ces régimes totalitaires prirent les biens de gens sans défense en les laissant démunis et affamés. Ainsi, cet exemple montre que des régimes oppressifs ont tourmenté les êtres humains depuis le commencement de l'histoire humaine.

Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants ; nous avons craint qu'il ne leur imposât la rébellion et l'impiété. (Sourate al-Kahf, 80)

Le verset révèle que les parents du garçon étaient des croyants. Autrement dit, à cette époque la vraie religion existait déjà. Lorsque Al-Khidr (psl) prit la vie de l'enfant, c'était la volonté d'Allah, car le moment et le lieu du décès de l'enfant étaient déjà écrit dans son destin. Allah rappelle ainsi les gens à cette réalité : "C'est Lui Qui vous a créés d'argile ; puis il vous a décrété un terme, et il y a un terme fixé auprès de Lui." (Sourate al-Anam, 2) Comme Allah le dit également, les anges prennent la vie de tous les êtres humains : Si tu voyais, lorsque les anges arrachaient les âmes aux incroyants ! Ils les frappaient sur leurs visages et leurs derrières, (en disant) : "Goûtez au châtiment du feu." (Sourate al-Anfal, 50)

Cependant, les anges ne sont qu'un moyen, car en réalité seul Allah prend la vie. La prière sincère d'Ibrahim (psl) est citée en exemple :

(C'est Lui) Qui m'a créé, et c'est Lui Qui me guide ; et c'est Lui Qui me nourrit et me donne à boire ; et quand je suis malade, c'est Lui Qui me guérit, et Qui me fera mourir, puis me redonnera la vie, et c'est de Lui que je convoite le pardon de mes fautes le jour de la rétribution. Seigneur, accorde-moi sagesse (et savoir) et fais-moi rejoindre les gens de bien. (Sourate ash-Shu'ara, 78-83)

Allah a voulu que Al-Khidr (psl) prenne la vie de cet enfant, mais Il aurait pu le faire à travers quelqu'un d'autre. Le garçon aurait pu mourir dans un accident, par une crise cardiaque ou en chutant et en subissant un traumatisme crânien mortel. Comme Allah le précise : "…Quand leur terme vient, ils ne peuvent ni le retarder d'une heure ni l'avancer." (Sourate an-Nahl, 61) Dans ce cas, Allah a décidé que les anges seraient les agents invisibles et que Al-Khidr (psl) serait l'agent visible de la mort, alors que Al-Khidr (psl) apparaît comme celui qui a ôté la vie à l'enfant. En réalité, Al-Khidr (psl) agit selon la révélation qu'il reçoit d'Allah et certainement pas à l'opposé de Ses ordres. Et il ne peut agir de sa propre volonté à moins qu'Allah ne l'agrée. C'est Allah Qui l'a choisi pour être l'agent de cette mission.