LA MEILLEURE DES CREATURES
 

LA MEILLEURE DES CREATURES
INVESTIGATIONS DANS LA VIE D’IMAM DU TEMPS
UNE OEUVRE DE

MOUHAMMAD AMINE BOLODASTIYON, MOUHAMMAD MAHDI HA’IRI, MAHDI YOUSOUFIYON

La fondation culturelle pour la publication des œuvres de l’imam al Mahdi (as)

Titre du livre : LA MEILLEURE DES CREATURES (INVESTIGATIONS DANS LA VIE D’IMAM DU TEMPS)

Auteurs : MOUHAMMAD AMINE BOLODASTIYON, MOUHAMMAD MAHDI HA’IRI, MAHDI YOUSOUFIYON

Traducteur : Arouna MEKOUMIE

Edition : La fondation culturelle pour la publication des œuvres de l’imam al Mahdi (as)

Impression : Dânesh

Année : Novembre 2005

Tirage : 5.000

Au Nom de Dieu le tout Miséricordieux, le très Miséricordieux.

Introduction

LA multiplication des besoins qui s’imposent dans le domaine de la production culturelle laisserait d’aucuns penser que le débat sur la question d’imam Mahdi (a.s) n’est plus d’actualité car assez de discours et de livres ont été suffisamment produits à ce sujet. En effet, entreprendre une discussion de plus sur le mahdisme ne saurait être considéré comme un acte de trop puisque la vie de l’humanité y est liée de plusieurs manières. En dépit de ce qui a été dit à ce propos jusqu’à nos jours, il reste encore un nombre considérable de mystères non élucidés qui retiennent encore l’attention des savants qui ménagent chaque jour d’effort pour étancher la soif des musulmans qui semblent déjà avoir trop attendu. La nécessité d’un large débat sur Al Mahdi (a.s) se justifie sur le fait que :

- Le thème est directement lié au principe de l’imamat qui se présente comme l’une des bases centrales de la doctrine shiite tellement manifestes dans le saint Coran et la sunna authentique. Les musulmans, shiites ou sunnites s’accordent unanimement sur ces propos du noble Prophète (ç) : « quiconque aurait quitté ce monde sans aucune connaissance concernant l’imam de son temps serait mort comme un misérable ignorant »[1]. Autrement dit celui-là n’aurait rien profiter de sa religion l’islam. N’est-il pas indispensable que l’on se penche sérieusement sur une question qui est en rapport direct avec la vie spirituelle et matérielle de l’homme ?

- L’imam Mahdi (a.s) est la douzième étoile brillante au firmament de la constellation de l’imamat, ce deuxième dépôt précieux que le Prophète (ç) a laissé aux musulmans dans ce testament : « Je laisse parmi vous deux dépôts de grande valeur ; le Livre de Dieu et les descendants de ma famille. Vous ne vous égarerez jamais si vous restez cramponner à eux »[2]. Ainsi, existent-il d’autres personnes appropriées pour l’exégète du saint Coran en dehors des imams Ahl-ul-bayt (a.s) ?

- Manifestement Imam Mahdi (a.s) est une personnalité vivante. En plus d’être l’incarnation d’une doctrine islamique pure, il est aussi l’expression d’une manifestation à laquelle l’humanité a souscrit dans les différentes religions et doctrines. Des questions fusent de partout autour de cette assertion et méritent de nouvelles réponses vues le manque d’adaptation qu’ont subi les réponses émises autrefois.

- L’importance si capitale de la problématique de l’imam Mahdi (a.s) a poussé les savants shiites à redoubler d’ardeur pour maintenir ferme la foi en lui et empêcher le doute de s’installer dans les cœurs de ceux qui ont le plus foi en sa présence, les shiites, en essayant de lever des équivoques et des invraisemblances qui rodent autour du sujet. Par exemple, sa naissance, son occultation et la durée de son âge paraissent si logiquement difficiles à accepter que si les savants ne redoublent pas d’ardeur dans les réactions, le virus du doute risque investir les esprits et conduire au renégat ses adeptes. De même, des histoires mythiques et des sujets phénoménaux qui germent ça et là concernant la possibilité de rencontre d’une tierce personne

d’avec son éminence pendant la grande occultation risquent dérouter beaucoup de personnes si on ne mène pas d’investigations précises.

Partant de ce fait, ce livre s’est efforcé de plonger dans la biographie splendide d’imam Mahdi (a.s) afin de fournir à la jeune génération des réponses concernant les thèmes liés à l’éminence de sa personnalité, et enterrer définitivement les soupçons et les suspicions qui entachent la vie de ce saint descendant de la famille du Prophète Mouhammad (ç). Nous espérons que cette initiative puisse modestement trouver sa justification dans le désir de vouloir raviver l’inéluctabilité de la dernière preuve divine sur terre, Al Mahdi (a.s).
Première section

L’IMAMAT

Le tout premier problème auquel fit face la communauté islamique après la mort du Prophète (ç) fut la succession. Sous la base de manigances d’un groupe de compagnons renommés, Aboubakr fut désigné comme calife des musulmans pour succéder au Prophète (ç), tandis qu’un autre groupe demeura intransigeant que le noble Prophète (ç) a désigné Ali ibn Abou Tâlib (a.s) comme celui qui devait conduire le destin de la communauté après lui. D’où plus tard la reconnaissance du premier groupe comme la faction de la majorité (Ahl sunna wa jamâ’a) et le deuxième groupe prit le nom de la minorité (shiite). La base de divergences entre shiites et sunnites ne se limite pas seulement sur la personnalité du successeur du Messager d’Allah (ç), sinon que chacun a une compréhension propre qui le distingue de l’autre en ce qui concerne la signification du terme «imam». Il parait alors nécessaire de passer au miroir ce concept afin de trouver la lame contrastuelle qui distend les uns des autres.

Etymologiquement «imamat» signifie «leadership », «direction», «pontificat». Et l’imam est celui qui a la responsabilité et l’autorité de mener un groupe vers une voie particulière. Dans le lexique religieux, l’imam a plusieurs connotations. Selon les sunnites, l’imamat est un gouvernement mondain (non divin) qui, spontanément gère le destin de la communauté islamique et, aussi longtemps que chaque société a besoin d’une autorité, il fut indispensable que les musulmans élisent eux mêmes des leaders pour les gouverner. Puisque la religion n’a pas encore déterminé une méthode particulière et officielle pour désigner un guide, divers moyens tels le suffrage universel, le testament du calife précédent, voire le coup d’état et la domination militaire, peuvent être utilisés pour porter un guide au pouvoir.

Cependant, les shiites qui conçoivent l’imamat comme le prolongement de la prophétie et voient en l’imam la preuve divine et le lien de bénédiction parmi les créatures, affirment que seul Dieu est habileté à désigner qui peut succéder au prophète (ç). Ce dernier, en tant que charger de la réception et de la transmission du Message est délégué pour annoncer le décret au gens. En effet, l’imamat est un concept qui va au-delà du sens qu’on lui attribue communément, «direction ou conduite des hommes» et se présente comme un devoir qui s’impose à tout musulman. Le terme « conduite » ici renvoie à l’aspect ésotérique ou spirituel de la chose car ceux qui n’ont pas réalisé la vie spirituelle et ceux à qui les secrets de l’univers demeurent encore non révélés ne sauraient tenir cette lourde responsabilité. Lorsqu’on se penche sur les versets traitant de l’imamat et la conduite on se rend compte que cette expression va de paire avec une certaine conduite particulière. L’imam est à la fois un expert en et en sciences islamiques qu’un guide spirituel charger de conduire les gens vers le grand bonheur et la perfection. Cette conduite s’enracine sous la base d’une bénédiction divine et une certaine disposition transcendantale de l’âme. Ce sommet de la perfection spirituelle est celui que les prophètes ont atteint au moment de leur élévation à ce grade. Dans la culture shiite duodécimain, l’imam est le pivot auquel se réfère la communauté aussi bien pour les problèmes de ce bas monde que pour l’au-delà, contrairement à ce que pensent les sunnites qui ne voient en l’imam que celui qui est chargé du califat et de la gestion des affaires mondaines des musulmans.

LA NECESSITE DE L’IMAM

Une fois le concept de l’imamat défini et les points de vue illustrés, il importe qu’on s’attarde sur cette question : « quelle est la place de la guidée de l’imam auquel les shiites ont si foi, alors que le saint Coran et la sunna du noble Prophète (ç) est entre nos mains ? ». Autant d’arguments ont été émis pour justifier la nécessité de l’imamat. Nous nous contenterons d’apporter une explication simple pour orienter le sujet vers un autre aspect. Les motifs qui suscitent la présence des prophètes (a.s) suffisent pour justifier aussi la nécessité d’un gouvernement des imams. D’une part, l’islam, en tant que dernière des religions révélée au dernier des prophètes Mohammad (ç), devrait répondre à toutes les aspirations de l’homme jusqu’au jour du jugement. Le saint Coran est une notice de base dans laquelle les préceptes et de connaissances divines apparaissent clairement et dont le noble prophète (ç), en fonction des événements sociaux et politiques qui se sont déroulés à son époque, a pu donner l’illustration des sens des versets jusqu’à la fin de sa vie. Il est écrit dans le verset44 de la sourate 16 : « les prophètes sont venus avec les preuves évidentes et des écrits. Nous t’avons révélé le Rappel (le coran) pour que tu exposes à tout le monde ce qui leur a été descendu, peut-être réfléchiront-ils » Et puisque le temps évolue et engendre des mutations, il fallait à chaque époque une personne purifiée, élevée spirituellement par Allah et versée dans le commentaire ésotérique et exotérique du saint Coran pour répondre aux préoccupations nouvelles qui se présenteront dans la société islamique avec le temps.

Ainsi, les imams sont restés les vrais gardiens de la révélation et ont perpétré le commentaire de cet héritage dans la société qui a toujours besoin d’un guide politique omniscient bien renseigné sur le moindre détaille des lois divines. L’action d’une autorité chargée de la sauvegarde du contenu du Livre d’Allah contre toute altération qui le menace de partout s’avère capitale. Ce guide vers Le Droit chemin doit être un model de perfection absolue afin d’accomplir pleinement sa mission d’éducateur, d’orienteur et déjouer les plans de Satan qui a juré faire chavirer dans la déperdition les fils d’Adam. L’imam a entre autres fonctions :

- Assurer l’autorité et la gestion des affaires spirituelles, sociales, politiques et économiques.

- Protéger la religion contre toute forme de déviation.

- La purification et l’orientation du peuple vers le bonheur de l’au-delà.

PARTICULARITES D’UN IMAM

Le successeur du Messager (ç), garant de la perpétuation de la religion, est le juge honorable et le Mollâ des musulmans qui se distingue des autres par :

- Un degré de piété et de purification divine hors du commun qui les immunise contre le moindre péché.

- Un large savoir et une maîtrise parfaite des sciences expérimentales et spirituelles héritées du Prophète (ç).

- Un niveau de comportements et de vertus morales quasi exemplaire.

- Une compétence en politique et gestion humaine basée sous la constitution religieuse.

Tenant en compte les attributs ci-dessus, le choix d’une telle personnalité relève des prérogatives d’Allah l’Omniscient, Le Créateur de l’univers. Car le peuple demeure moins avisé pour déceler ce genre de valeur. Il est impératif qu’un imam soit désigné par Dieu le Tout Puissant. L’importance que revêtent ces caractéristiques particulières de l’imam sollicite une illustration détaillée de chaque attribut.

LE SAVOIR DE L’IMAM

Comme nous l’avons déjà souligné, l’imam a la responsabilité de mener les gens vers la perfection. A cet effet, il doit avoir une connaissance complète en ce qui concerne la religion et les lois divines, une maîtrise parfaite de la du commentaire du saint Coran et la sunna du Prophète (ç) et être capable de répondre à toutes les diverses préoccupations religieux des croyants. Le regroupement de telles qualités et capacités en une personne ne peut se produire qu’avec l’assistance céleste.

Et les shiites ont la conviction que la connaissance des imams est une résultante du savoir prophétique qui provient directement de la révélation divine. Parlant des signes marquant les imams, imam Ali (a.s) affirme : « L’imam est le plus informé des personnes, qui connaît le licite et l’illicite les principes de jurisprudence et le contour des besoins populaires »[3].

L’INFAILLIBILITE DE L’IMAM


L’infaillibilité au sens propre du terme est l’une des caractéristiques principales d’un imam. Cette disposition qui provient de la volonté et des réalités suprasensibles met l’imam dans une position où le péché ne saurait en aucun cas l’atteindre. Cette immunité s’étend au niveau de ses connaissances, des décisions qu’il prend et des jugements qu’il émet pour combattre la corruption et maintenir la paix, la stabilité sociale. Parmi les arguments logiques qui viennent appuyer l’infaillibilité des imams nous avons :

- La sauvegarde de la religion et ses institutions contre toute forme de déviation et d’altération d’une part, conduire le peuple vers Le droit chemin, d’autre part. Elle fait partie des fonctions immunitaires qui se manifestent au quotidien aussi bien dans les attitudes que les propos d’un imam.

- Etant donné que la société est ignorante et susceptible de bévues dans l’application de la sharia (la loi divine), il s’avère incontournable que l’imam doit avoir des qualités extrahumaines pour jouir de la confiance générale de l’ensemble de la société. Autrement dit, les décisions et les jugements d’un guide ordinaire ont toujours été sujet de doute et n’ont jamais obtenu l’approbation générale du peuple.

Des versets coraniques interviennent aussi pour confirmer l’infaillibilité des prophètes et des imams. Le verset 124 de la deuxième sourate du saint Coran relate qu’après avoir fait d’Abraham un prophète (a.s) Dieu l’éleva au rang d’imam lorsque ce dernier sollicita l’accession de sa descendance à ce grade. Allah répondit affirmatif en conditionnant : « Mon engagement ne s’applique pas sur les injustes » (S2 : 124). Les descendants d’Abraham qui ont bénéficié de cette faveur ne sont pas des pervers. Nul d’entre nous ne sera gratifié de la place de l’imamat puisque nous sommes tous des pécheurs. L’idolâtrie, de même que toute autre forme de transgression des lois divines, sont reconnues par le Coran comme des péchés. Et il n’y a point de doute que l’invocation du prophète Abraham (a.s) ne s’adresse guère à ceux de sa descendance qui, toute leur vie, ont commis de péchés, ni même à ceux qui au début de leur vie étaient des bienfaiteurs et, avec le concours du temps, sont devenus des pécheurs. Il reste alors une alternative :

- ceux qui au départ étaient des pécheurs et ont fait un repenti sincère par la suite.

- ceux qui n’ont jamais commis le moindre péché toute leur vie.

Puisque Dieu dans Sa Parole a accordé une situation de grâce exceptionnelle au premier groupe, la probabilité forte s’accroche sur les gens du deuxième groupe.

L’IMAM ET LA GESTION SOCIALE

L’homme est un animal essentiellement social qui ne peut vraiment s’épanouir que dans une collectivité. Cette société exerce une influence considérable sur sa vie personnelle dès l’aube de son existence. Il parait alors nécessaire qu’un programme d’éducation sociale à l’ombre duquel l’homme pourra évoluer vers la perfection réelle soit prévu par Allah, à travers une autorité sociale qui en bon sociologue, saura prendre la décision qu’il faut pour le progrès social. L’imam qui est l’unique mieux adapté pour cette tâche doit jouir d’une intégrité morale impeccable afin d’être un model digne d’être suivi. Imam Reza (a.s) souligne à ce propos : « L’imam est par rapport à tous le plus savant, le plus pieux, le plus dévoué, le plus courageux, le plus munificent et le plus adorateur des croyants »[4].

Il est le représentant du noble Prophète (ç) chargé de l’éducation et de l’instruction de masse. A ce titre il doit briller par son comportement car imam Ali (a.s) déclare : « celui qui, par volonté divine, a été élevé au rang d’imam doit tout d’abord s’encrer dans la pratique, si bien que les autres puissent s’inspirer ne serait-ce que de ses gestes pour s’épanouir avant de l’avoir entendu »[5].

NOMINATION DE L’IMAM, PREROGATIVE DIVINE

Selon les shiites, un imam successeur du prophète (ç) doit être élu de la part de Dieu et présenté à la communauté par le Prophète (ç). Ainsi, nul n’a le droit de s’occuper de ce problème en dehors de Dieu et son Messager (ç). Nous avons entre autres justifications de la nécessité du choix d’un imam par Dieu :

- Dieu tel que défini par le saint Coran est Maître incontesté, Créateur de tout l’univers et Le Seul à qui tout doit vouer soumission. Bien évident une partie de ce pouvoir peut être attribuée par ce Dernier à quiconque Il jugerait digne de compétence. C’est pourquoi Dieu suscite Lui-même Ses messagers et prophètes, et après eux nomme à la wilaya les imams d’une noble génération qu’Il purifie, sanctifie, éduque et parfait de par Sa Miséricorde.

- A partir des caractéristiques d’infaillibilité et de connaissances étendues, il apparaît évident que seul Allah détient seul le monopole de la création, de la détermination et de la nomination d’un tel personnage. L’élévation d’Abraham au grade d’imam dans ce verset 124 de la sourate Al Baqara en est une illustration : «J’ai fait de toi un imam pour les gens ».

Ce beau discours d’imam Reza (a.s) suffit pour clore ce chapitre traitant de l’imam et l’imamat :

« En réalité, ceux qui se sont opposés à l’imam, en arguant que c’est un choix appartenant au peuple, ont fait montre d’ignorance… Qu’en sait la communauté au sujet de la place de l’imam pour prétendre choisir librement ce dernier ? Très certainement, l’imam a un pouvoir incontestable, un rang et une dignité grandiose incomparable, une dimension spirituelle très profonde par rapport à ceux que le peuple s’hasarde à choisir sous la base de spéculations rationnelles ou par simple scrutin pluraliste.

Certes, l’imamat est ce rang qu’Allah exalté soit-Il a consacré au prophète Abraham (a.s) et qu’Il classe en troisième position après ses saints prophètes (a.s) et ses privilégiés. L’imam est le représentant de Dieu et de son prophète sur la terre. Le titre de « prince des croyants » est l’héritage d’Hassan et Houssein (a.s). En fait, l’imam est le flambeau de la religion, le poumon du gouvernement islamique, le pacificateur et l’objet de fierté des croyants. La prière, le jeûne, le hajj et le djihad ne trouveront d’agrément auprès d’Allah qu’à travers l’acceptation de l’imamat.

L’imam ne juge qu’avec l’accord divin ; il prohibe ce que Dieu a rendu illicite et permet ce que Dieu a rendu licite. Il porte inconditionnellement assistance à la religion durant toute sa vie, et appelle incessamment les gens sur la voie de la vérité. L’imam est comme la lumière du soleil qui illumine tout l’univers sans être atteint par les regards. L’imam est une lune éclairante, une étoile guidante dans une obscurité ténébreuse, la piste dans un désert étendu, la boussole conçu pour sauver les gens du désordre et de la perdition. L’imam est comme un père clément, un frère compatissant, une mère affective envers son enfant, le refuge des serviteurs pendant les moments difficiles. L’imam est purifié de tout péché, dénué de toute imperfection. C’est un homme pondérant, posé et gratifié d’une large connaissance. L’imam est unique en son genre et inapprochable dans l’espace. L’imam demeure irremplaçable dans ses fonctions et aucun savant ne peut se comparer à lui. Alors, qui connaît mieux l’imam, et qui est capable de le désigner ? Hélas ! C’est ici que les esprits déviés se dévoilent, les âmes entêtées se manifestent. Les esprits non illuminés, ces grand-pétits et ces gérants incompétents et incapables d’accéder à l’un des mérites de l’imam ne trouvent mieux que le renier ».[6]
Deuxième section

LE MAHDISME

Chapitre I

L’IMAM MAHDI (a.s)

Imam Mahdi (a.s), 12ème successeur chronologique du Prophète (ç) vint au monde un vendredi matin de la mi-sha’bân de l’an 255 H (868 après J.C) à Samarra en Irak.

Son père, le onzième imam des shiites étaient imam Askarî (a.s) et sa mère, Narjes, selon les sources historiques, était la fille de Youshoû, fils de l’empereur romain et descendant de Shoumoû successeur du prophète Jésus (a.s). Impressionnée par les enseignements de l’islam, cette noble femme s’islamisera grâce aux instructions d’imam Askarî (a.s). Celui conseilla d’intégrer l’armée romain qui s’apprêtait à affronter l’armée islamique afin d’être capturée par les musulmans, rachetée par un émissaire d’imam Hâdî, comme esclave pour[7] être adoptée dans une respectueuse famille musulmane (la famille de Hakîma, la sœur d’imam Hâdî (a.s) chez qui elle suivit une éducation islamique) à Samarra. D’autres sources concernant l’origine de la mère d’imam Mahdi (a.s) ont été rapportées et démontrent que le noble Prophète (ç) et le prince des croyants imam Ali (a.s) avaient prédit l’histoire de la prestigieuse des servante, la dame Narjes, dans des hadiths qui seront révélés plus tard par imam Sâdiq (a.s). Elle est connue sous d’autres pseudonymes tels que Susan, Reihâna, Malîka et Sîqal.

NOM ET PATRONYME DE L’IMAM DU TEMPS

Imam Mahdi (a.s) a le même patronyme que le vénéré Prophète (ç). Selon certaines sources, il est interdit d’évoquer son nom jusqu’au moment de son apparition. Mais ses patronymes les plus reconnus sont : « Mahdi ( guidé charger de guider vers la vérité), Al Qâ’im (il se soulèvera pour le règne de la vérité), Al Mountazir ( toute l’humanité l’attend avec impatience pour venir éradiquer l’injustice, Baqiatoul Lah (dernière manifestation divine sur terre), Al Houjja (la preuve divine pour la création), Khalaf Sâlih (le successeur convenable pour les privilégiés de Dieu), Al Mansoûr (l’assistant des opprimés auprès de Dieu) Sâhiboul Amr (l’autorité chargée de réception des décrets divins surtout la Nuit de décrets), Sâhibou Zamâne et Waliyoul Asr ( Commandant en place).
LA NAISSANCE DE L’IMAM MAHDI (a.s)

Des propos rapportés du Messager d’Allah (ç) révèlent qu’un homme au nom de «Mahdi» (a.s) s’insurgera dans le temps et renversera l’injustice. Les tyrans abbassides au courant de cela ont pris des mesures draconiennes pour étouffer la naissance de l’imam dans l’œuf. Les imams infaillibles (a.s), à partir d’imam Hâdî (a.s) firent l’objet d’une mise en surveillance particulière nuits et jours. Le père d’imam Mahdi (a.), imam Hassan Askarî (a.s) fut celui dont les abbassides étaient informés de toute visite. En effet, il doit son nom Al Askarî parce qu’il vivait carrément sous embargo dans une légion militaire. De telles circonstances exigeaient que la naissance d’imam Mahdi (a.s) soit un événement si secret que même les proches intimes de son père ne fussent au courant de sa naissance. Aucune mutation morphologique ne montrait que la dame Narjes était enceinte. Haqîma relate ainsi l’histoire de la naissance d’Al Mahdi (a.s) :

« Imam Hassan Askarî (a.s) délégua quelqu’un pour dire : « ô chère tante ! Je voudrais que tu sois près de moi ce soir pour la rupture du jeûne car c’est le soir de la mi-sha’bâne ; le soir au cours duquel Allah fera venir au monde sa dernière preuve sur la création. Je demanda qui est sa mère, l’imam me répondit «Narjes». Par ma vie ! Mais rien ne montre qu’elle est enceinte ! L’imam insista «c’est ce que je te dis ». Je m’introduisis auprès de Narjes et après avoir adressé mes salutations je pris place dans un coin de la pièce. Elle apparut quelques instants après, mit mes chaussures dedans et demanda avec la révérence d’une servante, «comment allez-vous madame ? ». Je rectifiai : « c’est plutôt toi la patronne de ma famille en réalité. ». Elle murmura naïvement «qu’avez-vous dit ma chère tante ? ». Je déclarai : « ma fille ! Ce soir, Allah Le Tout Puissant te gratifiera de la naissance d’un garçon qui sera l’objet du bonheur d’ici bas et dans l’au-delà. Alors fait preuve d’un peu de pudeur chère dame ».

Après la prière d’ichâ, continua Hakîma, je rompis le jeûne et m’installai au chevet de Narjes. Dès que le milieu de la nuit s’annonça, je me levai et exécutai la prière de nuit pendant que Narjes dormait tranquillement comme si de rien n’était. Après les actes surérogatoires de la prière je m’endormis aussi. Après une légère frayeur, je me réveillai et constatai qu’elle continuait à dormir. Quelque temps après elle se leva, pria et s’endormit.

Je sortis pour voir si l’aube était proche ; j’observai la première aube alors que Narjes dormait encore. Le doute m’investit. Soudain, l’imam s’écria «venez vite chère tante ! La délibération est proche. J’entamai la lecture de la sourate Sajda et Yasin pendant que Narjes essayait de se réveiller avec peine. Je me précipitai prés d’elle et dit «que Dieu soit avec toi. Ressens-tu quelque chose ? Oui tante, répondit-elle. Sois courageuse et garde ton sang-froid.» A ce Moment précis, Narjes et moi eûmes une impression d’affaiblissement et c’est avec joie que j’entendis la voie d’un nouveau-né. Je revins aussitôt à moi et souleva la couverture. C’est avec stupéfaction que je vis le nouveau-né en état de prosternation. Tout pur et déjà propre, je le pris dans mes bras. L’imam m’ordonna de lui emmener son garçon. J’apportai l’enfant prés de lui et il le porta vers sa poitrine et dit au bébé : « Mon fils ! Dis quelque chose. ». Le nouveau confessa «j’atteste qu’il n’y a point de divinité à part Allah et j’atteste que Mouhammad est le Messager d’Allah. ». Ensuite il fit des prières sur le prince des croyants Ali et les imams précédents jusqu’à son père puis se tût. Imam demanda à Hakîma de l’amener adresser ses salutations à sa mère…

Hakîma continue en ces termes : « Le lendemain je passai prés d’imam Askarî (a.s) à qui j’adressai mes salutations et me rendis au berceau de mon maître pour lui présenter mes hommages. Mais je fus surprise de voir que l’imam n’était pas dans le berceau. Je me tournai vers imam afin de savoir où était Al Mahdi (a.s). Celui-ci déclara avec sérénité «Je l’ai consigné auprès de Celui qui conseilla à la mère de Moïse de lui confier son enfant. Sept jours plus tard je m’introduisis auprès de l’imam et après les salutations d’usage il m’informa que son fils lui a été retourné. Je ne pu me retenir de manifester ma joie. Il le fit venir et dit «Mon fils dis quelque chose. Après la double attestation de foi et les prières sur le noble Prophète (ç) et ses ancêtres, le garçonnet se mit à réciter ces versets coraniques «Au nom de Dieu Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux. « Nous décidâmes de favoriser ceux qui ont été opprimés sur terre en leur octroyant des imams et des héritiers. Et faire en [de leur gouvernement] une puissance sur terre, et faire voir à Pharaon et à Hâmân et à leurs soldats ce dont ils redoutaient (les israélites) » (S28 :5-6).

TRAITS MARQUANTS ET ATTRIBUTS

L’ensemble des particularités de l’imam du temps parait clairement dans les hadiths du noble Prophète (ç) et des saints imams (a.s). En effet les écrits nous renseignent qu’il est physiquement et moralement le double du Prophète (ç). Les écrits montrent qu’il est mat et assez clair de teint, le front dégarni, un nez aquilin, des yeux noir- rentrants, des sourcils un peu longs. Son visage, entouré d’une barbe mousseuse parait si illuminé que la clarté du soleil et laisse visible un grain de beauté sur la joue droite. Sa tête trône au centre de larges épaules dressées sur des jambes semblables à celles de son ancêtre, Imam Ali (a.s). Bien d’autres aspects moraux marquants du guide du temps se dessinent des propos des infaillibles (a.s) comme suit : « Il se voue permanemment aux dévotions nocturnes et aux retraites spirituelles profondes. Sa vie est l’expression de la modestie et de l’humilité héritée de ses aïeuls. Elle se manifeste par des vertus de justice et de générosité. Il régnera parmi les gens et prononcera des jugements grâce à son savoir large et à sa pure clairvoyance. Ses suiveurs se réjouissent à l’idée de son apparition et se préparent pour être à ses cotés car il dominera le monde avec sa révolution et ses ardeurs de combattant. Ce soleil splendide tient sa noblesse de ses origines, origines nobles de l’ensemble de ses ancêtres purifiés. Son ascendance par sa mère remonte jusqu’à Sam’ûn (saint Simon), l’apôtre du vénéré prophète Issah (Jésus a.s), lui-même dernier prophète descendant de la famille d’Israël. Du côté de son père il est le descendant du Messager de Dieu (ç) de par sa fille Fatima (a.s) et son cousin imam Ali (a.s), neuvième petit-fils du prince des martyrs imam Houssein (a.s). Le moment de son apparition prés de la Ka’ba, il tiendra le flambeau du Prophète (ç) entre les mains et fera régner la religion et les lois de Dieu sur toute la terre après avoir chassé l’injustice et la tyrannie.

La vie de l’imam Mahdi (a.s) se divise en trois phases :

- La période de la dissimulation allant de sa naissance jusqu’au martyr d’imam Askarî (a.s), son père.

- La période de l’occultation qui commence du martyr de son père jusqu’au jour qu’Allah jugera inéluctable pour son apparition.

- La période prenant effet de son apparition de la longue occultation, pour faire rayonner la justice et le bien dans le monde. Nul ne sait avec précision le moment de son apparition. Et des hadiths provenant d’imam en personne affirment qu’aura blasphémé quiconque prétendrait connaître la date de son apparition.

(1)

Chapitre II

DE LA NAISSANCE PROMISE JUSQU'AU MARTYR D’IMAM ASKARI (a.s)

Cette période de la vie d’imam Mahdi (a.s) contient des points dont l’illustration s’avère nécessaire.

PRESENTATION D’IMAM MAHDI AUPRES DES SHIITES.

La naissance secrète d’Al Mahdi (a.s) fut un moyen pour éviter aux shiites d’être l’objet d’une confusion sur la détermination de la dernière preuve divine sur terre. L’imam Askarî (a.s) avait la responsabilité de porter à la connaissance du cercle de ses fidèles la nouvelle de la naissance extraordinaire de Mahdi (a.s). Ceux-ci laissèrent prudemment circuler la nouvelle tout en prêchant la discrétion afin d’éviter les menaces abbassides qui planaient sur eux. Ahmad ibn Is’hâk, un des shiites de renom d’imam Askarî (a.s) raconte :

« J’étais au service d’imam Askarî (a.s) lorsque me vint un jour l’envie de lui poser des questions sur Al Mahdi (a.s). Mais avant que je ne commence il me dit : « ô Ahmad ! Depuis qu’Allah a crée Son univers Il ne l’a jamais laissé dépourvu d’un guide ! Il en sera ainsi jusqu’au jour de la résurrection. C’est grâce à la bénédiction de la présence de cette étoile que Dieu s’empêche de faire descendre un châtiment sur terre, que la bonne pluie pourvoyeuse de miséricorde tombe du ciel ».

Je repris : « ô fils du Messager de Dieu ! Qui sera le successeur après toi ? Imam fit rapidement le tour du concierge et revint avec un garçon de trois ans brillant tel la lune sur son dos : ô Ahmad ! Je ne t’aurais pas présenté mon fils si tu ne faisais pas partie des gens qu’Allah a privilégiés et que nous considérons. Son nom et celui du Prophète (ç). C’est lui que Dieu a élu pour faire prévaloir la justice après avoir effacé l’injustice et la tyrannie sur terre. Je dis : « Mon Maître ! Sans trop être exigeant puis-je avoir un signe identifiant qui puisse me rassurer ». Le petit garçon déclara gracieusement : « je suis le bastion d’Allah qui prendra la revanche sur ses ennemis ». Tout joyeux, je pris congé de l’imam après avoir suivi ses paroles réconfortantes »[8].

De même, Mouhammad ibn Ousmane et quelques têtes réputées du shiisme rapportent : « 40 Shiites s’introduisirent auprès de l’imam Hassan Askarî (a.s) un jour. Ce dernier nous présenta son fils et dit : Celui-ci est votre imam et mon successeur. Restez soumis à ses ordres et ne vous dispersez jamais après moi sinon vous vous égarerez. Restez soumis à ses ordres et ne vous écartez pas de votre religion. Sachez aussi qu’à partir d’aujourd’hui vous ne le verrez plus ».

Faire un sacrifice et offrir un festin en l’honneur d’un nouveau-né est une tradition islamique au cours de laquelle on adresse ses remerciements à Allah en Lui demandant d’accorder longévité et santé à l’enfant. Imam Askarî (a.s) plusieurs fois fit d’immolations et offrit de repas qui permit à plusieurs shiites d’être au courant de la naissance d’imam Mahdi (a.s). Mohammad ibn Ibrahîm relate : « imam envoya un mouton entier égorgé à un shiite en disant, «ceci est en l’honneur du sacrifice pour mon fils ».[9]

MIRACLES ET PRODIGES

L’un des points saillants de la vie d’imam Mahdi (a.s) dès l’aube de son enfance et avant la période d’occultation, demeure les miracles et prodiges phénoménaux qu’il a accomplis, et qui semblent avoir été négligés dans l’histoire. Voici un chef-d’œuvre :

Ibrahîm ibn Ahmad raconte, «je fus envahi d’un sentiment de frayeur lorsque Oumar ibn Awf, un commandant pervers qui avait pour principal loisir massacrer les shiites, eut l’intention de m’assassiner. C’est alors que j’entrepris faire mes adieux à ma famille et à mes proches. Puis je me rendis du côté de la maison d’imam pour lui dire au revoir et je pensais un peu me lamenter en sa présence. J’entrai chez imam et fus surpris de voir un petit garçon brillant comme la lune de la 24ème nuit du moi assis prés de lui. Je m’apprêtais à avouer mon angoisse à l’imam que le jeune homme professa, «ô Ibrahîm ! Ce n’est pas nécessaire que tu te lamentes car Allah le Très-Haut t’épargnera des conspirations de ce pervers. Ma stupéfaction fut encore si grande que je ne pus m’empêcher de demander à l’imam qui était ce garçon. Il répondit «c’est mon fils et mon successeur. Je vins dehors tout confiant de cette miséricorde divine prophétisée par le 12ème imam et qui venait tranquilliser mon âme. Plus tard mon oncle m’informa qu’Oumar avait été tué »[10].

REPONSES AUX PREOCCUPATIONS

La dernière étoile au firmament de l’imamat, dès les premières années de sa vie, répondait déjà aux multiples préoccupations de ses suiveurs avec des solutions et des jugements pertinents qui les rassuraient et les réconfortaient. Sa’d ibn Abdellah Qoumî, un grand shiite et ambassadeur d’imam Askarî, en compagnie d’Ahmad ibn Is’hâk Qoumî se présenta auprès du 11ème imam et rapporte cet entretien ainsi : « J’eus l’intention de poser une question à l’imam lorsqu’il désigna de la main son fils et dit, «Soumet ceux dont tu veux me demander à la lumière de mon cœur ici présent. ». J’interrogea l’imam au sujet de ˜åíÚÕ ces lettres uniques qu’on rencontre au début de certaines sourates du saint Coran : «Ces lettres sont pourvues de Messages occultes dont la signification a été livrée d’abord à son prophète Zakaria(a.s), et ensuite à Mohammad (ç). En effet Zakaria implora Allah pour qu’Il lui révèle les noms des «cinq personnes sous la couverture ». Allah lui fit descendre l’Ange Gabriel qui appris ces noms. Les problèmes et les difficultés de Zakaria se résolvaient toutefois qu’il évoquait les noms bénis de Mouhammad (ç), Fatima, Hassan (a.s). Mais, chaque fois qu’il prononçait le nom d’Houssein (a.s) il avait une volupté de colère et de rancœur qui nouait sa gorge. C’est alors qu’il se fia à Dieu pour en savoir la cause. Allah le mis au courant de l’histoire d’imam Houssein (a.s) et confirma que les lettres ˜åíÚÕ présentent un résumé syntaxique de l’événement. Le « ˜ » (Kâf) est le diminutif de KARBALA ; Le « å » (Hâ) signifie HALA^KA, c’est-à-dire la disparition de la famille d’Houssein (a.s) à Karbala ; le « í» est allégorique au nom de Yazîd fils de Mouawiya, l’assassin d’imam Houssein (a.s) ; le «Ú » renvoyait à ATSH( la soif) et enfin le «Õ» marque le SABR(patience et résistance) d’imam Houssein (a.s) face à cet événement effroyable sans pareil dans l’histoire. Je dis, raconte Zakaria, pourquoi le peuple fut empêché de choisir son propre imam ? Allah rectifia «entends-tu par-là un imam pervers ou vertueux ? Je renchérie immédiatement « un imam vertueux et réconciliateur bien sûr. Etant donné que nul ne sait ce qu’il y a en l’autre, n’est-il pas possible qu’un guide choisi par le peuple soit un pervers ? En effet, répondis-je. C’est en réalité là que réside le nœud du problème.».

PERCEPTION DES BIENS MATERIELS

Les shiites, depuis des siècles ont l’habitude d’acheminr des dons et des biens matériels soit comme devoir religieux (khoms ou zakat) ou simple présent offert amicalement au guide légitime. Généralement, ces dons matériels, une fois acceptés par l’imam, sont distribués aux pauvres et aux nécessiteux. Ibn Is’hâk, l’un des ambassadeurs d’imam Hassan Askarî (a.s) rapporte :

« J’acheminai des biens provenant des shiites à l’imam Askarî (a.s). Il proposa au jeune homme, debout prés de lui et scintillant comme la lune : « Mon fils ! Ouvre les présents en provenance des shiites et des amis ! Le petit répliqua «est-il permis que je porte ma main pure vers des biens purs et impurs mélangés ? Imam Askarî (a.s) ordonna à ibn Is’hâk : « ouvre les paquets afin qu’il distingue les choses licites de celles issues de l’illicite. Il m’interpella dès le premier sac touché «Ce sac appartenant à tel qui vie dans la ville de Qoum, située dans telle région (et il donna le nom précis de la personne) contient 62 ashrafîs. 45 ashrafis et la somme du prix de vente d’un terrain rocailleux dont le propriétaire a hérité de son père, 14 dinars représentent la valeur de 9 étoffes vendues et 3 dinars équivaut au prix de location versé par des boutiquiers locataires. Imam Askarî approuva : « tu as raison mon fils ! A présent aide cet homme afin qu’il sépare l’illicite du licite.».Le garçon avec extrême précision détermina, motifs à l’appui, toutes les pièces impures des autres. J’ouvris un autre sac et après avoir déterminé l’adresse du propriétaire conclut : «il s’y trouve 50 ashrafîs dont nous ne pouvons toucher ». Tel les sacs précédents, il fournit les raisons pour lesquelles ces biens étaient illicites. Son père, seul habileté à saisir la situation approuva : «Tu as une fois de plus raison !». Imam Mahdi fit face à Is’hâk et ordonna : « retourne ces biens illégaux à leurs propriétaires et exhorte les à les restituer aux ayant droits car nous ne pouvons les accepter »[11].

LA PRIERE MORTUAIRE

La dernière action d’envergure accomplie par son éminence Al Mahdi (a.s) reste l’événement de la prière funèbre qu’il a dirigée contre toute attente face à la dépouille purifiée de son père. Abou Adiân, serviteur d’imam Hassan Askari (a.s) rapporte :

«Imam Askari (a.s) vers les derniers instants de sa vie me confia des lettres et me dit : « porte-les à Madâ’ine et sache que tu reviendras dans deux semaines et tu entendras de cette maison des gémissements et des lamentations. Tu trouveras ma dépouille au coin réservé au bain rituel ». Je l’interrompis, «ô maître ! Puisqu’il en est ainsi, qui sera ton successeur et imam après toi ? » « Tout celui qui solliciterait les réponses à ces lettres sera imam après moi, réagit-il. J’ajoutai «donne-moi d’autres indices maître. Il répondit «celui qui fera ma prière mortuaire sera imam après moi. J’insista «montre-moi une dernière preuve. «Celui qui définira le contenu d’un sac sera imam après moi. Je ne pus par crainte demander ce qu’il y avait dans le sac.

Je portai les lettres à Madâ’ine et reçus les réponses comme prévu. Le 15ème jour j’entrai à Samarra et entendis des cris et des gémissements provenant du domicile d’imam Askarî (a.s). Je rencontrai son corps inerte reposant à l’ombre du secteur de bain rituel tel qu’il avait prophétisé. Je vis à ce moment Ja’far le, frère d’imam débout devant la porte de sa maison et recevant d’un côté les condoléances et de l’autre les félicitations pour avoir accédé à l’imamat. Je murmurai avec moi-même : «L’imamat sera corrompu si quelqu’un comme Ja’far que je connais réputé dans la consommation d’alcool et les jeux du hasard devenait imam. Je m’avançai tranquillement comme tout le monde adressé mes honneurs éphémères à Ja’far, confiant et optimiste quant aux signes révélateurs que m’avait donnés mon maître. Cela ne me surpris d’ailleurs guère qu’il ne fit allusion ni à la réponse aux lettres, ni au contenu d’un quelconque sac. Akîd, un serviteur en provenance de la maison endeuillée s’approcha de Ja’far et chuchota : « Maître ! Ton frère est déjà enveloppé dans le sépulcre. Lève-toi et viens diriger sa prière mortuaire ». J’entrai dans la maison en compagnie d’un groupe de shiites et réalisai effectivement que mon maître brillait dans le blanc du sépulcre pur qui l’entourait, prêt pour la cérémonie. Ja’far passa devant pour diriger la prière. A peine voulut-il commencer la prière, un jeune garçon contre toute attente sortit de nulle part, arrêta Ja’far par l’habit et dit : «recule mon oncle ! C’est moi qui suis habileté à diriger la prière mortuaire de mon père ». Tout rouge d’étonnement, Ja’far céda la place au gosse qui, majestueusement avança et dirigea avec professionnalisme la prière funèbre d’imam Hassan Askarî, son père. Après l’office, il se tourna vers moi et dit : «remets-moi les réponses aux lettres en provenance de Madâ’ine que tu gardes ». Deux indices prophétisés par imam Askarî venaient d’être accomplis et prouvaient que cet enfant était l’imam dont il parlait. Il restait encore l’énigme du sac. Je m’approchai de Ja’far en larme au moment où un shiite lui demandait qui était ce garçon. Il répondit ; «Je jure par Dieu que je ne le connais pas car je ne l’ai jamais vu ».

Nous fûmes assis, continue Abou Adiân, lorsqu’un groupe d’étrangers en provenance de Qoum entra à Samarra et demanda où était le domicile d’imam Askarî. Une fois tenus au courant de la triste nouvelle, les visiteurs interrogèrent : « à qui devons nous présenter nos condoléances ? » Les gens désignèrent Ja’far. Ces derniers, après les salutations d’usage adressèrent à la fois leurs condoléances et leurs félicitations à Ja’far. Le chef du groupe informa Ja’far : «Nous avons en notre compagnie des lettres et des biens matériels destinés à l’imam. Pouvez-vous nous dire qui sont les expéditeurs ? Ja’far, troublé se leva et vociféra «voulez-vous que je vous donne les informations occultes dont je ne sais la portée ? » Abou Adiân apparut et intervint : «les lettres sont de tel et tel résidant dans telles villes situées dans telle région. Et le sac que vous traînez contient 1000 dinars dont 10 ont perdu leurs empreintes ». Ils

Lui tendirent le sac et témoignèrent : « celui qui t’a mandaté avec ces réponses pour percevoir ces lettres et ce sac est en réalité l’imam actuel. »[12]