LES NATIONS DISPARUES
 
Les preuves archéologiques du déluge de Nuh

Il n'est pas surprenant qu'aujourd'hui nous découvrions les traces des communautés dont le Coran nous dit qu'elles ont été détruites. L'archéologie vient confirmer le fait que plus une communauté disparaît brusquement, plus il est probable que nous puissions exhumer certains de ses vestiges.

Dans le cas de la disparition soudaine d'une civilisation, par exemple suite à un cataclysme naturel, ou à un exode massif pour cause de guerre, les traces de la civilisation en question pourront être bien mieux préservées. Les maisons et les outils de la vie quotidienne sont en effet recouverts par la terre en un laps de temps assez court; ils se trouvent ainsi préservés pour de très longues périodes, non altérés par la main des hommes, et ils fournissent des renseignements abondants sur le passé lorsqu'ils sont mis à jour par les archéologues.

C'est ainsi que de nombreuses traces du déluge de Nuh ont été découvertes de nos jours. On estime que cette catastrophe remonte environ au 3ème millénaire avant Jésus-Christ, toute une civilisation a disparu brutalement et plus tard une toute nouvelle civilisation a vu le jour à sa place. Les preuves du déluge ont donc été préservées pendant des milliers d'années, pour nous servir d'avertissement.

Nombreuses ont été les recherches menées dans les plaines de Mésopotamie afin d'en savoir plus sur le déluge. Ainsi, les vestiges de quatre grandes cités ont permis de révéler les traces de ce qui a été une inondation majeure. Ces cités étaient les plus grandes de Mésopotamie: Ur, Erech, Kish et Shuruppak.

Ces quatre villes auraient été submergées par les eaux vers le 3ème millénaire avant Jésus-Christ.

Examinons d'abord le cas des fouilles menées dans la cité d'Ur.

Les plus anciens vestiges d'une civilisation mis à jour lors des fouilles menées dans cette cité, sur laquelle est bâtie la ville actuelle de "Tell al-Muqayyar", remontent à près de 7000 ans avant Jésus-Christ. Plusieurs cultures se sont succédées dans cette région où diverses populations se sont installées au cours de l'histoire.

Les archéologues ont réussi à montrer qu'une rupture de civilisation s'est produite suite au déluge, et qu'ensuite de nouvelles civilisations ont émergé plus tard. R.H.Hall, du British Museum, a entrepris les premières fouilles en ce lieu. Leonard Woolley, qui assuma la direction des fouilles après Hall, dirigea des recherches communes entreprises conjointement par le British Museum et l'Université de Pennsylvanie. Les fouilles conduites par Woolley, et qui eurent un retentissement mondial, durèrent de 1922 à 1934.

Les fouilles de Sir Woolley se sont déroulées au milieu du désert entre Bagdad et le Golfe Persique. Les fondateurs de la cité d'Ur étaient un peuple venu du Nord de la Mésopotamie et qui se surnommaient eux-mêmes "Ubaidiens". Assez rapidement, des informations furent rassemblées sur ce peuple. Les découvertes réalisées par Woolley sont ainsi décrites par l'archéologue allemand Werner Keller:

"Les tombes des rois d'Ur", c'est ainsi que Woolley, grisé par sa joie de les avoir découvertes, avait surnommé les tombes de nobles Sumériens dont l'authentique splendeur avait été exposée au grand jour lorsque les pioches des archéologues avaient attaqué un tumulus à quinze mètres au sud du temple, permettant de mettre à jour une longue rangée de tombes surmontées de pierres. Ces caveaux de pierre renfermaient de véritables trésors, car ils étaient remplis de gobelets coûteux, de cruches et de vases magnifiquement façonnés, de vaisselle de bronze, de mosaïques de perles, de lapis-lazuli et d'argent entourant ces corps moisis dans la poussière. Des harpes et des lyres reposaient adossés aux murs. Il écrivit plus tard dans son journal personnel: "Presqu'immédiatement des découvertes furent réalisées, qui confirmèrent nos hypothèses. Directement sous le sol d'une tombe royale, nous avons trouvé de nombreuses tablettes en argile au milieu de cendres de bois brûlé, qui comportaient des caractères d'un type beaucoup plus ancien que celui des caractères figurant sur les tombes. ? en juger par la nature de l'écriture, ces tablettes pourraient remonter à environ 3000 ans avant Jésus-Christ. Elles seraient donc antérieures de deux ou trois siècles à celles des tombes."

Les puits de fouille devinrent de plus en plus profonds. De nouvelles couches, comportant des fragments de jarres, de poteries et de bols, continuèrent à être exhumés. Les experts remarquèrent que les poteries changeaient peu d'une couche à l'autre. Elles avaient exactement la même apparence que les vestiges trouvés dans les tombes royales. Par conséquent, il semblait que pendant des siècles la civilisation sumérienne n'avait pas subi de changement radical. Ainsi ils avaient atteint très tôt un niveau de développement étonnamment élevé.

C'est alors qu'après plusieurs jours de travail les ouvriers de Woolley appelèrent ce dernier: "Nous avons découvert une nouvelle couche." Il se rendit au fond du puits pour en avoir le cœur net. Sa première pensée fut: "Nous y sommes enfin." Il s'agissait de sable, de sable pur d'un genre qui ne pouvait avoir été déposé que par de l'eau.

Ils décidèrent de continuer à creuser le puits encore plus profondément. Les pelles et les pioches retournèrent de nouveau le sol: un mètre, deux mètres, et toujours la même couche de vase pure. Soudain, à trois mètres de profondeur, la couche de vase cessa aussi brutalement qu'elle avait commencé: de nouvelles traces d'un habitat humain venaient d'être mises en évidence; mais la qualité de la poterie s'était considérablement altérée.

Ici, elle avait été fabriquée par les seules mains de l'homme, sans instruments. On ne trouva aucune présence de métal. Les seuls outils exhumés là étaient de très primitifs silex taillés. Ils remontaient sans doute à l'?ge de pierre!

Le déluge était la seule explication possible de ce grand dépôt d'argile découvert sous cette colline à Ur, qui séparait clairement deux époques de civilisation humaine. La mer avait laissé ses traces indélébiles sous la forme de petits organismes marins incrustés dans la boue.4

Les analyses microscopiques ont révélé que ce grand dépôt de boue argileuse sous la colline d'Ur s'est accumulé à la suite d'une submersion si forte que toute l'ancienne civilisation sumérienne a dû être emportée. L'épopée de Gilgamesh et l'histoire de Nuh se trouvaient ainsi réunies dans ce puits creusé profondément sous le désert iraqien.

Max Mallowan a rapporté les pensées de Leonard Woolley, qui a dit qu'une aussi énorme masse d'alluvions formée en une seule fois ne peut être le résultat que d'une gigantesque inondation. Woolley a également décrit la couche séparant la cité sumérienne d'Ur de la cité d'Al-Ubaid, dont les habitants utilisaient de la poterie peinte, comme étant un vestige de déluge.5

Ces recherches ont ainsi permis de montrer que la cité d'Ur s'est trouvée au cœur du déluge. Werner Keller a exprimé l'importance des excavations susmentionnées en disant que la mise à jour des restes d'une cité sous une couche de boue prouve qu'une inondation dévastatrice a eu lieu à cet endroit.6

Une autre cité mésopotamienne porteuse des traces du déluge est "Kish des Sumériens", qui correspond à la ville actuelle de Tall Al-Uhaimer. Selon d'anciennes sources sumériennes, cette cité a été le "berceau de la première dynastie post-diluvienne".7

La cité de Shuruppak, au sud de la Mésopotamie, qui correspond à la ville actuelle de Tall Fa'rah, recèle aussi des traces apparentes d'un déluge.

Les études archéologiques dans cette cité ont été menées par Erich Schmidt, de l'Université de Pennsylvanie, entre 1920 et 1930. Des fouilles ont permis d'y mettre à jour trois couches porteuses de restes d'habitations appartenant à une période comprise entre la lointaine préhistoire et la troisième dynastie d'Ur (2112-2004 avant Jésus-Christ). Les découvertes les plus significatives ont été les ruines de maisons bien construites ainsi que des tablettes portant des caractères cunéiformes et à caractère administratif, indiquant qu'une société hautement développée existait déjà là vers la fin du 4ème millénaire avant Jésus-Christ.8

Ce qui est important, c'est que le désastre du déluge semble s'être produit dans cette cité vers 3000-2900 avant Jésus-Christ. D'après ce qui a été rapporté par Mallowan, Schmidt a atteint, à 4-5 mètres sous la terre une couche jaunâtre (formée par le déluge) composée d'un mélange de sable et d'argile. Schmidt a défini cette couche argilo-sableuse, qui datait de l'époque de l'Ancien Royaume de Cemdet Nasr, comme étant "d'origine fluviale", et devant être associée au déluge de Nuh.9

Probablement, la cité de Shuruppak fut aussi affectée que les autres cités par le déluge, et les indices découverts le font donc remonter au début du 3ème millénaire avant Jésus-Christ.10

Le dernier endroit qui semble avoir été affecté par le déluge est la cité d'Erech, au sud de Shuruppak, connue aujourd'hui sous le nom de Tall Al-Warka. Une couche de boue y a été mise en évidence, à l'instar des autres cités, dont l'ancienneté est semblable aux autres couches du même type découvertes ailleurs.11

Il est un fait bien connu que le Tigre et l'Euphrate traversent la Mésopotamie d'un bout à l'autre. Il semble que, durant les événements diluviens, ces fleuves ainsi que de nombreux points d'eau et rivières débordèrent et que, ces eaux s'ajoutant aux eaux de pluie, cela engendra une catastrophe sans précédent. Allah décrit dans le Coran cette conjonction des eaux:

Nous ouvrîmes alors les portes du ciel à une eau torrentielle, et Nous fîmes jaillir de la terre des sources. Les eaux se rencontrèrent d'après un ordre qui était déjà décrété. (Sourate al-Qamar: 11-12)

Lorsque les causes secondaires du déluge sont examinées une par une, toutes apparaissent comme étant des phénomènes tout à fait naturels. Ce qui a rendu l'événement extraordinaire, c'est leur occurrence simultanée, et faisant suite justement aux avertissements lancés par Nuh.

L'établissement en différents lieux de preuves relatives à l'existence du déluge a permis d'estimer la superficie affectée par le désastre: environ 160 km d'ouest en est, sur 600 km du nord au sud. Cela revient à dire que toutes les plaines mésopotamiennes ont été touchées. Lorsque nous citons les cités de Ur, Erech, Shuruppak et Kish dans cet ordre-là, nous nous apercevons qu'elles sont situées le long d'une même route. Par conséquent, les environs de ces villes ont dû être également inondés. Il faut par ailleurs noter que vers 3000 avant Jésus-Christ, la structure géographique de la Mésopotamie différait de celle d'aujourd'hui; à cette époque-là, le lit de l'Euphrate passait plus à l'est que de nos jours, et cet ancien cours passait à proximité des quatre cités susmentionnées. Avec l'ouverture des "sources de la terre et du ciel", il semble que le fleuve Euphrate soit sorti de son lit et ait pu détruire ces villes.

Religions et cultures mentionnant le déluge

L'existence du déluge a été mentionnée à presque tous les peuples par l'intermédiaire des prophètes communiquant la religion de vérité, mais ce fait historique a été ensuite transformé en légendes par ces différentes communautés, qui ont corrompu l'histoire et effectué des ajouts.

Allah a communiqué aux humains des informations concernant le déluge de Nuh par l'intermédiaire de Ses messagers et livres, suscités auprès de diverses communautés à titre d'exemple et d'avertissement. Cependant, à chaque fois que les textes divins ont été altérés, les descriptions du déluge se sont trouvées entremêlées d'apports mythologiques. Seul le Coran résiste à l'épreuve des faits empiriquement observables. Et ce parce qu'Allah est le gardien de ce Livre, le préservant de toute corruption et ne permettant pas que même le plus petit changement y soit apporté. Le Coran est ainsi placé sous la protection spéciale d'Allah:

En vérité c'est Nous qui avons fait descendre le message, et c'est Nous qui en sommes le Gardien. (Sourate al-Hijr: 9)

Dans la dernière partie de ce chapitre relatif au déluge, nous allons voir comment cet événement a été décrit, bien qu'avec plusieurs déformations, dans différentes cultures ainsi que dans les Ancien et Nouveau Testaments.

Le déluge de Nuh dans l'Ancien Testament

Le livre authentique révélé au Prophète Musa fut la Tawrah. Cette révélation originelle a été très largement altérée, et le livre biblique, le Pentateuque, est éloigné du message d'origine. Par ailleurs, il a subi de nombreuses modifications de la part des rabbins de la communauté juive. De même, les révélations communiquées aux Enfants d'Israël par d'autres prophètes après Musa ont été corrompues. Par conséquent, le Pentateuque altéré ressemble davantage à un ensemble de récits retraçant l'histoire de la tribu d'Israël plutôt qu'à un livre divin. Et sans surprise, les contradictions qui y sont contenues apparaissent très bien dans l'histoire relative à Nuh, bien qu'il y ait des concordances avec le Coran.

Selon l'Ancien Testament, Dieu proclama à Nuh que tous excepté les croyants seraient détruits, parce que la terre regorgeait de corruptions diverses. C'est en ce sens qu'Il lui ordonna de fabriquer l'Arche et lui décrivit en détail la marche à suivre. Il lui dit aussi d'embarquer sa famille, ses trois fils, les épouses de ses fils, ainsi qu'un couple de chaque espèce vivante et des provisions.

Sept jours plus tard, lorsqu'arriva le moment du déclenchement du déluge, toutes les sources souterraines se mirent à jaillir, le ciel se mit à déverser des pluies torrentielles et tout ce qui était sur terre fut englouti. Cela dura 40 jours et 40 nuits. L'Arche se trouva portée par les flots recouvrant toutes les montagnes et les hautes collines. Et seuls ceux qui étaient aux côtés de Nuh furent sauvés, les autres ayant péri par noyade. Puis la pluie cessa, et les eaux commencèrent à reculer 150 jours après.

Sur ce, le dix-septième jour du septième mois, l'Arche s'arrima au Mont Ararat (Agri). Nuh décida d'envoyer une colombe pour voir si les eaux s'étaient complètement retirées, et la colombe ne revenant pas, il comprit que le déluge était bel et bien fini. Dieu leur enjoignit de déparquer et de se répandre sur la terre.

Voici comment certaines parties de l'Ancien Testament relatent le déluge de Nuh:

Et Dieu dit à Nuh: "Le temps est venu pour Moi de mettre fin à tous les êtres vivants; car la terre est ravagée par la violence à cause d'eux; et, écoute bien, je les détruirai au moyen de la terre. Fabrique-toi une arche en bois de saccophore;…

… Et, écoute bien, Moi-même Je recouvrirai la terre par des eaux jaillissantes, afin d'y détruire toute chair portant en elle le souffle de la vie. Et tout être vivant sur terre mourra. Mais avec toi Je ferai un pacte; et tu monteras dans l'Arche, toi et tes fils, et ta femme et les femmes de tes fils également.

Et de chaque espèce vivante, tu feras monter dans l'Arche deux êtres, afin de les garder vivants auprès de toi; ce seront un mâle et une femelle…" … Ainsi fit Nuh; et il agit en toutes choses selon ce que Dieu lui ordonna. (Genèse, 6: 13-22)

Et l'Arche se fixa lors du septième mois, le dix-septième jour du mois, sur le Mont Ararat. (Genèse, 8: 4)

Des bêtes qui sont pures tu prélèveras sept couples, les mâles et leurs femelles; et des bêtes impures tu prélèveras un couple, le mâle et sa femelle. Des oiseaux aussi tu prélèveras sept couples de chaque espèce, les mâles et leurs femelles, afin de maintenir sur la terre les semences de la vie. (Genèse, 7:2-3)

Et J'établirai Mon pacte avec toi; il n'y aura plus de déluge détruisant tous les êtres vivants; et il n'y aura plus de déluge détruisant la terre.

(Genèse, 9:11)

Selon l'Ancien Testament altéré, en accord avec le verdict: "tout être vivant sur terre mourra" lors d'un déluge frappant la terre entière, tous les hommes ont été punis, et les seuls survivants furent ceux qui montèrent sur l'Arche avec Nuh.

Le déluge de Nuh dans le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament dont nous disposons de nos jours n'est pas un livre divin dans le vrai sens du terme, car il a été altéré dans le temps.

Traitant des paroles et actes de 'Isa (Jésus) le Nouveau Testament commence par quatre ?vangiles rédigés plus d'un siècle après Jésus, par des gens n'ayant pas vécu aux côtés de 'Isa et ne l'ayant même pas rencontré une seule fois; les quatre évangélistes concernés étaient Matthieu, Marc, Luc et Jean. Il y a des contradictions évidentes entre les quatre ?vangiles. En particulier, l'?vangile de Jean diffère grandement des trois autres (appelés ?vangiles Synoptiques) qui sont à peu près comparables entre eux. Les autres livres du Nouveau Testament comprennent les lettres écrites par les Apôtres et Saul de Tarse (qui fut appelé plus tard Saint-Paul) décrivant les actes des apôtres après 'Isa.

Par conséquent, le Nouveau Testament d'aujourd'hui n'est en rien un texte divin, mais plutôt un livre semi-historique.

Dans le Nouveau Testament, le déluge de Nuh est brièvement décrit comme suit: Nuh fut envoyé comme messager à une communauté vivant dans la désobéissance, en plein égarement, mais les gens ne l'écoutèrent pas et persévérèrent dans leur perversité. Sur ce, Allah sauva Nuh et les quelques croyants en les plaçant sur l'Arche, et il confronta les négateurs avec la réalité d'un déluge. Certains chapitres du Nouveau Testament abordent ainsi le sujet:

Et ainsi qu'il en fut à l'époque de Nuh, semblable sera le destin du Fils de l'homme. Dans les jours qui précédèrent le déluge, ils mangeaient et buvaient et contractaient des mariages, jusqu'au moment où Nuh entra dans l'Arche, et ils se montrèrent insouciants jusqu'au déclenchement du déluge, qui les emporta tous; ainsi en sera-t-il lorsque l'Heure du Fils de l'homme viendra. (Matthieu, 24: 37-39)

Et Il n'épargna pas le vieux monde, mais Nuh le huitième (homme) fut sauvé, prédicateur vertueux, et Il déclencha le déluge sur le monde des impies. (Second ?pître de Pierre, 2: 5)

Et ce qui s'est produit du temps de Nuh se répétera lorsque sonnera l'Heure du Fils de l'homme. Tous les gens mangeaient, buvaient et s'épousaient, jusqu'à ce que Nuh fut entré dans l'Arche et que le déluge les eut tous emportés. (Luc, 17: 26-27)

Ils sont volontiers ignorants que, du fait de la Parole de Dieu, le monde d'alors fut englouti par les eaux. (Second ?pître de Pierre, 3: 5-6)

Les récits du déluge dans d'autres cultures

Selon les Sumériens, un dieu appelé Enlil dit aux humains que d'autres dieux voulaient les détruire tous, mais que lui voulait les sauver. Le héros de l'histoire est Ziusudra, le roi pieux de la cité de Sippur. Le dieu Enlil dit à Ziusudra ce qu'il fallait faire pour être sauvé du déluge. Le texte racontant la fabrication du bateau est manquant, mais son existence est mentionnée dans les morceaux où il est indiqué à Ziusudra comment être sauvé. Si l'on fait confiance à la version babylonienne du déluge, on arrive à la conclusion que dans la version sumérienne complète de l'événement il doit y avoir bien plus de détails sur l'origine du déluge et sur la façon dont le bateau a été construit.

Selon d'autres récits babyloniens et sumériens, Xisuthros ou Khasisatra fut sauvé du déluge après être monté à bord d'un vaisseau long de 925 mètres, où avaient également embarqué sa famille, ses amis, et certains oiseaux et animaux. Il est dit que les eaux débordèrent à tel point qu'elles semblaient vouloir atteindre le ciel, les océans produisant des raz-de-marée et les rivières sortant de leur lit. Le navire s'était retrouvé après cela sur la montagne corydéenne.

Selon les légendes assyro-babyloniennes, Ubar-Tutu ou Khasisatra fut sauvé ainsi que sa famille, ses serviteurs, leurs troupeaux et certains animaux sauvages en embarquant sur un bateau dont la largeur et la hauteur étaient égales. Le déluge dura six jours et six nuits. Lorsque le vaisseau atteignit la Montagne Nizar, une colombe qui avait été lâchée retourna à bord mais un autre oiseau, un corbeau, ne revint pas.

Selon certains écrits sumériens, assyriens et babyloniens, Ut-Napishtim et sa famille survécurent au déluge qui dura six jours et six nuits. Il est dit: "Le dix-septième jour, Ut-Napishtim regarda dehors. Tout était calme. L'homme était redevenu comme de l'argile." Quand l'embarcation eut atteint la Montagne Nizar, Ut-Napishtim fit partir une colombe, un corbeau et un moineau. Le corbeau se mit à déchiqueter les cadavres, mais les deux autres oiseaux ne revinrent pas.

Inde: Dans les récits épiques de l'Inde que sont le Shatapatha, le Brahmana et le Mahabharata, la personne dénommée Manu est sauvée des eaux en même temps que Rishiz. Selon la légende, un poisson que Manu avait attrapé, et dont il avait épargné la vie, se mit soudainement à grandir et lui dit de construire un bateau et de l'attacher à sa proue. Le poisson conduisit le bateau au-dessus de vagues énormes, et le mena vers le nord, jusqu'à la montagne Hismavat.

Pays de Galles: Selon une légende galloise. (Le Pays de Galles est une région celtique de Grande-Bretagne) Dwynwen et Dwyfach échappèrent au désastre en montant à bord d'un bateau. Lorsque cessa le terrible déluge résultant du débordement de Llynllion, qui fut appelé le Lac des Vagues, Dwynwen et Dwyfach commencèrent à repeupler la Grande-Bretagne.

Scandinavie: Les légendes nordiques rapportent que Belgamir et sa femme échappèrent au déluge en se protégeant à bord d'un grand vaisseau.

Lituanie: Dans une légende lithuanienne, il est dit que quelques couples d'humains et d'animaux ont obtenu leur salut en s'abritant au sommet d'une montagne élevée. Lorsque les vents et les flots déchaînés, qui duraient depuis douze jours et douze nuits, faillirent les atteindre et les avaler, le Créateur leur lança une énorme coquille de noix. Ils furent sauvés du désastre en naviguant après être entrés à l'intérieur de cette coquille. Chine: Des sources chinoises rapportent qu'une personne appelée Yao ainsi que sept autres personnes, ou bien Fa Li avec sa femme et leurs enfants, furent sauvés du déluge et des tremblements de terre en prenant place à bord d'une embarcation. Il est dit que "la terre était toute en ruines. Les eaux jaillissaient et recouvraient tout". Finalement, les eaux se retirèrent.

Toutes ces légendes indiquent une réalité historique concrète. Au cours de l'histoire, chaque communauté a reçu le message, chacun a entendu parler de la révélation divine, et ainsi tous ont eu vent du déluge. Malheureusement, comme les gens ont tourné le dos aux commandements divins, les détails concernant le déluge furent plusieurs fois modifiés, pour donner naissance à des légendes et des mythes.

La seule source ayant conservé en toute intégrité la véritable histoire de Nuh et du peuple qui l'avait rejeté est le Coran, qui est par ailleurs l'unique révélation divine demeurant inaltérée.

Le Coran nous fournit des informations correctes non seulement sur le déluge de Nuh, mais aussi sur d'autres événements historiques et peuples. Dans les pages suivantes, nous passerons en revue ces récits véridiques.

CHAPITRE 2

LA VIE DU PROPHETE IBRAHIM

Ibrahim n'était ni Juif ni Chrétien; Mais il était un pur monothéiste qui n'adorait qu'Allah seul, entièrement soumis à Allah. Et il n'était pas du nombre des idolâtres. Certes, les hommes les plus dignes de se réclamer d'Ibrahim sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce prophète-ci et ceux qui ont cru. Et Allah est le protecteur des croyants.

(Sourate Ali 'Imran: 67-68)

Le Prophète Ibrahim (Abraham) est souvent cité dans le Coran et Allah le place en avant comme exemple pour les gens. Il a transmis le message d'Allah à son peuple qui adorait des idoles, et il les a avertis afin qu'ils se mettent à craindre Allah. Mais non seulement il ne fut pas écouté mais, pire encore, il fut harcelé. Lorsque l'oppression s'accrut, Ibrahim et sa femme durent chercher refuge ailleurs, ainsi que probablement le Prophète Loth et quelques autres croyants.

Ibrahim était de la descendance de Nuh. Allah établit dans le Coran aussi qu'il a suivi la voie de Nuh:

Paix et salut sur Nuh dans tout l'univers! Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Il était, certes, un de Nos serviteurs croyants. Ensuite Nous avons noyé les autres. Du nombre de ses disciples il y avait, certes, Ibrahim. (Sourate As-Saffat: 79-83)

Au temps du Prophète Ibrahim, nombreux étaient les gens de Mésopotamie, ainsi que d'Anatolie Centrale et Orientale, qui adoraient les cieux et les étoiles. Leur plus importante divinité s'appelait "Sin", le dieu-Lune. Il était personnifié sous la forme d'un humain portant une longue barbe, portant un long vêtement où figurait un croissant de lune. De plus, ces gens-là réalisaient des figures en relief ainsi que des sculptures de leurs divinités, et ils se livraient à leur adoration. C'était un système de croyances très répandu, qui trouvait au Proche-Orient un terreau fertile, et qui s'est pour cette raison maintenu fort longtemps. Les habitants de cette région ont observé ce culte jusqu'à environ 600 ans avant Jésus-Christ.

Comme conséquence de cette façon de voir les choses, certaines constructions appelées "ziggourats", faisant office à la fois d'observatoires et de temples, furent construites dans cette partie du monde, depuis la Mésopotamie jusque loin à l'intérieur de l'Anatolie; certains dieux, notamment le dieu-Lune "Sin", y étaient adorés.12

Cette attitude religieuse, révélée par de récentes découvertes archéologiques, était pourtant déjà mentionnée dans le Coran, où il est dit qu'Ibrahim rejeta l'adoration de ces divinités pour se tourner exclusivement vers Allah, le seul vrai Dieu. Dans le Coran, le comportement d'Ibrahim est ainsi exposé:

Et rappelle quand Ibrahim dit à Azar, son père: "Prends-tu des idoles comme divinités? Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement évident!" Ainsi avons-Nous montré à Ibrahim le royaume des cieux et de la terre, afin qu'il fût de ceux qui croient avec conviction. Quand la nuit l'enveloppa, il observa une étoile et dit: "Voilà mon Seigneur!" Puis, lorsqu'elle disparut, il dit: "Je n'aime pas les choses qui disparaissent." Lorsque ensuite il observa la Lune se levant, il dit: "Voilà mon Seigneur!" puis, lorsqu'elle disparut, il dit: "Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés." Lorsque ensuite il observa le Soleil se levant, il dit: "Voilà mon Seigneur! Celui-ci est plus grand." Puis lorsque le Soleil disparut, il dit: "? mon peuple, je désavoue tout ce que vous associez à Allah. J'ai orienté toute mon adoration vers Celui qui a créé à partir du néant les cieux et la Terre , en pur monothéiste , et je ne fais pas partie des associateurs." (Sourate Al-An'am: 74-79)

Dans le Coran, le lieu de naissance d'Ibrahim, ainsi que la région où il a vécu, ne sont pas précisés en détail. Mais il est indiqué qu'Ibrahim et Loth ont été proches l'un de l'autre et furent donc contemporains, du fait que les anges envoyés auprès du peuple de Loth sont venus rencontrer Ibrahim, annonçant à sa femme la bonne nouvelle de la venue prochaine d'un enfant, avant d'aller rejoindre Loth.

Un point important relatif à Ibrahim, évoqué dans le Coran, et non mentionné dans l'Ancien Testament, est la construction de la Ka'bah. Dans le Coran, il nous est dit que la Ka'bah a été construite par Ibrahim et son fils Ismail. Aujourd'hui, la seule chose connue par les historiens à propos de la Ka'bah est qu'elle constitue un lieu sacré depuis des temps très anciens. L'introduction d'idoles à l'intérieur de la Ka'bah durant l'Age de l'Ignorance préalablement à la venue de Muhammad (pssl), est une conséquence de la dégénérescence et de la distorsion de la religion divine révélée autrefois à Ibrahim.

Le lieu de naissance d'Ibrahim selon l'Ancien Testament

L'emplacement de la région natale d'Ibrahim a toujours été l'objet de controverses; alors que Juifs et Chrétiens disent qu'Ibrahim est né au sud de la Mésopotamie, la conception dominante dans le monde islamique est qu'il serait né vers Urfa-Harran. Certaines découvertes récentes montrent que la thèse judéo-chrétienne ne reflète pas entièrement la vérité.

Juifs et Chrétiens se fondent sur l'Ancien Testament dans leurs affirmations, parce qu'il y est dit qu'Ibrahim est né dans la cité d'Ur, au sud de la Mésopotamie. Après qu'Ibrahim eut grandi dans cette cité, il est écrit qu'il est parti pour l'?gypte, où il est arrivé après avoir traversé la région de Harran en Turquie.

Cependant, un manuscrit de l'Ancien Testament récemment découvert a jeté de sérieux doutes sur la validité de cette information. Dans ce manuscrit grec remontant au 3ème siècle avant Jésus-Christ, et qui est considéré comme étant la plus ancienne copie de l'Ancien Testament trouvée à ce jour, "Ur" n'est jamais mentionnée. Aujourd'hui, de nombreux chercheurs spécialistes de l'Ancien Testament affirment que le mot "Ur" est inexact ou constitue un ajout ultérieur. Ceci implique qu'Ibrahim ne serait pas né dans la cité d'Ur et ne serait peut-être jamais allé de sa vie en Mésopotamie.

Par ailleurs, les noms de certains lieux, ainsi que les régions qui y sont attachées, peuvent changer au cours de l'histoire. Ainsi de nos jours, les plaines de Mésopotamie font généralement référence au sud de l'Irak, à la zone comprise entre les fleuves Tigre et Euphrate. Pourtant, il y a 2000 ans, le terme Mésopotamie désignait une région située bien plus au nord, pouvant même aller jusqu'à Harran, et comprenant une partie de l'actuel territoire turc. Par conséquent, même si nous considérons que l'expression "plaines mésopotamiennes" dans l'Ancien Testament est exacte, il serait faux de croire que la Mésopotamie d'hier et celle d'aujourd'hui ont exactement le même emplacement géographique.

Si de sérieux doutes existent concernant le lieu de naissance d'Ibrahim, il y a généralement accord sur le fait qu'Ibrahim a vécu dans la région de Harran. De plus, une brève recherche effectuée dans l'Ancien Testament lui-même fournit des informations venant étayer le point de vue selon lequel Harran serait le lieu de naissance d'Ibrahim. Par exemple, la région de Harran y est appelée "la région d'Aram" (Genèse, 11: 31 et 28: 10). Il est spécifié que les gens issus de la famille d'Ibrahim sont "fils d'un Arami" (Deutéronome, 26: 5) L'identification d'Ibrahim en tant qu'Arami montre qu'il a passé sa vie dans cette région.

Dans les sources islamiques, il apparaît clairement qu'Ibrahim est né près de Harran et d'Urfa. ? Urfa, qui est surnommée "la cité des prophètes", il existe de nombreux récits et légendes relatifs à Ibrahim.

Pourquoi l'Ancien Testament a-t-il été altéré?

Dans le Coran, Ibrahim est envoyé vers son peuple idolâtre en qualité de messager. Ce peuple adore les cieux, les étoiles, la Lune et diverses idoles. Il s'oppose à eux, tente de les détourner de leurs superstitions et inévitablement il déclenche leur colère, y compris celle de son propre père.

Au contraire, dans l'Ancien Testament, aucun de ces événements n'est mentionné, pas plus que la destruction des idoles par Ibrahim et son châtiment par le feu. Ibrahim y est généralement décrit comme étant l'ancêtre des Juifs, et il est évident que ce point de vue a été mis en avant par les chefs de la communauté juive cherchant à placer sur le devant de la scène le concept de "race". Les Juifs considèrent qu'ils sont un peuple éternellement choisi par Dieu, bénéficiant ainsi d'une supériorité par rapport aux autres peuples. Ils ont délibérément altéré leur Livre divin, en y faisant des ajouts et des suppressions pour qu'il devienne conforme à leurs croyances. C'est pourquoi Ibrahim est simplement dépeint sous l'identité d'un patriarche juif dans l'Ancien Testament.

Les Chrétiens, qui croient aussi dans l'Ancien Testament, pensent qu'Ibrahim est l'ancêtre des Juifs, à une différence près cependant: selon eux, Ibrahim n'est pas un Juif mais un Chrétien. Les Chrétiens, qui n'attachent pas la même importance que les Juifs au concept de race, ont adopté ce point de vue et c'est là l'une des causes du désaccord et de la lutte entre les deux religions. Allah explique dans le Coran leur animosité réciproque:

ô gens du livre! Pourquoi discutez-vous au sujet d'Ibrahim, alors que la Torah et l'?vangile ne sont descendus qu'après lui? Ne raisonnez-vous donc pas? Vous avez bel et bien discuté à propos d'une chose dont vous avez connaissance. Mais pourquoi discutez-vous de choses dont vous n'avez pas connaissance? Or Allah sait, tandis que vous ne savez pas. Ibrahim n'était ni juif ni chrétien; mais il était un pur monothéiste qui n'adorait qu'Allah Seul, entièrement soumis à Allah. Et il n'était pas du nombre des idolâtres. Certes, les hommes les plus dignes de se réclamer d'Ibrahim sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce prophète-ci et ceux qui ont cru. Et Allah est le protecteur des croyants. (Sourate Ali-'Imran: 65-68)

Dans le Coran, très éloigné de ces polémiques stériles, Ibrahim est un homme qui a averti ses concitoyens afin qu'ils craignent Allah et qui a œuvré jusqu'au bout pour qu'ils reviennent de leurs déviations. Dès sa jeunesse, il s'est dressé contre leurs pratiques idolâtres:

Et Ibrahim, quand il dit à son peuple: "Adorez Allah, et craignez-Le: cela vous est bien meilleur si vous saviez." (Sourate al-Ankabut: 16)

Et eux ont réagi en essayant de le tuer. Allah indique ce fait dans la sourate al-Ankabut:

Son peuple ne fît d'autre réponse que: "Tuez-le ou brûlez-le." Mais Allah le sauva du feu. C'est bien là des signes pour des gens qui croient. (Sourate al-Ankabut: 24)

Ayant échappé à la méchanceté de son peuple, Ibrahim a finalement émigré:

Ils voulaient ruser contre lui, mais ce sont eux que Nous rendîmes les plus grands perdants. (Sourate al-Anbiya: 70)

Je me sépare de vous, ainsi que de ce que vous indiquez, en dehors d'Allah, et j'invoquerai mon Seigneur. J'espère ne pas être malheureux dans mon appel à mon Seigneur. (Sourate Maryam: 48)

CHAPITRE 3

LE PEUPLE DE LOTH ET LA CITE RENVERSEE

Le peuple de Loth traita de mensonge les avertissements. Nous lâchâmes sur eux un ouragan, excepté la famille de Loth que Nous sauvâmes avant l'aube, à titre de bienfait de Notre part: ainsi récompensons-Nous celui qui est reconnaissant.

Il les avait pourtant avertis de Nos représailles. Mais ils mirent les avertissements en doute.

(Sourate al-Qamar: 33-36)

Le Prophète Loth a été un contemporain du Prophète Ibrahim. Il a été envoyé comme messager à l'une des communautés vivant non loin du peuple d'Ibrahim. Ces gens-là, comme nous le dit le Coran, pratiquaient une perversion inconnue au monde jusqu'alors, à savoir la sodomie. Quand Loth les exhorta à abandonner cette déviation et leur apporta l'avertissement divin, ils le rejetèrent, refusèrent sa prophétie et s'obstinèrent à continuer dans la même voie. ? la fin, ils furent éradiqués de cette terre par un terrible désastre.

La cité où Loth résidait est référencée sous le nom de Sodome dans l'Ancien Testament. Située au nord de la Mer Rouge, cette communauté fut détruite selon ce qui est indiqué dans le Coran. Des études archéologiques révèlent que la cité est plus précisément située près de la Mer Morte, qui s'étend le long de la frontière israélo-jordanienne.

Avant d'examiner les vestiges de ce désastre, intéressons-nous à l'explication du châtiment du peuple de Loth. Le Coran spécifie de quelle façon Loth a averti ses concitoyens et ce qu'ils ont répondu:

Le peuple de Loth traita de mensonge les messagers, quand leur frère Loth leur dit: "Ne craindrez-vous pas Allah? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Je ne vous demande pas de salaire pour cela; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur des mondes. Accomplissez-vous l'acte charnel avec les mâles de ce monde? Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous? Mais vous n'êtes que des gens transgresseurs." Ils dirent: "Si tu ne cesses pas, Loth, tu seras certainement du nombre des expulsés." Il dit: "Je déteste vraiment ce que vous faites." (Sourate ash-Shu'ara: 160-168)

Les gens de son peuple menacèrent Loth en guise de réponse à son invitation à revenir dans le droit chemin. Ils éprouvaient de la colère à son égard pour sa pureté et ils voulurent le bannir, lui ainsi que les autres croyants qui étaient à ses côtés. Dans d'autres versets, l'événement est rapporté comme suit:

Et Loth, quand il dit à son peuple: "Vous livrez-vous à cette turpitude que nul être dans la création n'a jamais commise avant vous? Certes vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes! Vous êtes bien un peuple outrancier." Et pour toute réponse, son peuple ne fit que dire: "Expulsez-les de votre cité. Ce sont des gens qui veulent se garder purs de tout péché!" (Sourate al-A'raf: 80-82)

Loth a appelé les siens à reconnaître une vérité évidente et il les a avertis explicitement, mais cela ne fit qu'accroître leur répulsion et leur négation du châtiment dont il les menaçait:

Et Loth, quand il dit à son peuple: "Vraiment vous commettez des turpitudes nullement commises à ce jour. Irez-vous donc vers des hommes pour l'acte charnel? Pratiquerez-vous le brigandage? Et commettrez-vous toutes sortes de malfaisances dans vos assemblées?" Mais son peuple ne fit d'autre réponse que: "Fais que le châtiment d'Allah nous vienne, si tu es du nombre des véridiques." (Sourate al-'Ankabut: 28-29)

Ayant reçu de son peuple cette réponse-là, Loth invoqua le secours d'Allah:

Il dit: "Seigneur, donne-moi la victoire sur ce peuple de corrupteurs!" (Sourate al-'Ankabut: 30)

Seigneur, sauve-moi ainsi que ma famille de ce qu'ils font. (Sourate ash-Shu'ara: 169)

En réponse à cette invocation, Allah envoya deux anges sous la forme d'hommes. Ces anges visitèrent Ibrahim avant de se rendre chez Loth, lui apportant la bonne nouvelle de la naissance prochaine d'un enfant et expliquant la raison de leur venue sur terre, à savoir que le peuple insolent de Loth devait être détruit:

Alors Ibrahim dit: "Quelle est donc votre mission, ? envoyés?" Ils dirent: "Nous avons été envoyés vers des gens enfoncés dans le péché, pour lancer des pierres de glaise, marquées auprès de ton Seigneur à l'intention des transgresseurs." (Sourate adh-Dhariyat: 31-34)

? l'exception de la famille de Loth, que Nous sauverons totalement, sauf sa femme. Nous avons préétabli qu'elle sera du nombre des exterminés. (Sourate al-Hijr: 59-60)

Après avoir quitté Ibrahim, les anges, qui avaient été envoyés comme messagers, se rendirent auprès de Loth. Ne les ayant jamais rencontrés auparavant, il devint inquiet, mais ensuite il a compris que c'était Allah qui les avait envoyés:

Et quand nos émissaires vinrent à Loth, il fut chagriné pour eux, et il en éprouva une grande gêne. Et il dit: "Voici un jour terrible." (Sourate Hud: 77)

Celui-ci dit: "Vous êtes pour moi des inconnus." Ils dirent: "Nous sommes plutôt venus à toi en apportant le châtiment à propos duquel ils doutaient. Et nous venons à toi avec la vérité concernant leur destruction. Et nous sommes certainement véridiques. Pars donc avec ta famille vers la fin de la nuit et suis leurs traces de près; et que nul d'entre vous ne se retourne. Et allez là où on vous le commande." Et nous lui annonçâmes cet ordre: que ces gens-là, au matin, seront anéantis jusqu'au dernier. (Sourate al-Hijr: 62-66)

Entre-temps, les concitoyens de Loth avaient appris que ce dernier avait reçu des visiteurs. Ils n'hésitèrent pas à vouloir approcher les anges selon leur pratique déviée. Ils se regroupèrent autour de la maison de Loth. Craignant pour ses visiteurs, Loth s'adressa aux gens de son peuple de la façon suivante:

Il dit: "Ceux-ci sont mes hôtes, ne me déshonorez donc pas. Et craignez Allah. Et ne me faites pas honte. (Sourate al-Hijr: 68-69)

Ses concitoyens répondirent:

Ne t'avions-nous pas interdit de recevoir qui que ce soit? (Sourate al-Hijr: 70)

Pensant que lui et ses visiteurs allaient subir de mauvais traitements, Loth dit:

Ah si j'avais de la force pour vous résister! Ou bien si je trouvais un soutien solide! (Sourate Hud: 80)

Ses "visiteurs" lui rappelèrent qu'ils étaient les messagers d'Allah et ils intervinrent ainsi:

Alors les envoyés dirent: "? Loth, nous sommes vraiment les émissaires de ton Seigneur. Ils ne pourront jamais t'atteindre. Pars avec ta famille à un moment de la nuit. Et que nul d'entre vous ne se retourne en arrière. Exception faite de ta femme qui sera atteinte par ce qui frappera les autres. Ce qui les menace s'accomplira à l'aube. L'aube n'est-elle pas proche?" (Sourate Hud: 81)

Lorsque la perversité des habitants de la cité eut atteint son paroxysme, Allah sauva Loth par l'intermédiaire des anges. Et le matin suivant, le peuple pervers subit le désastre dont Loth avait été informé par avance:

En effet ils voulaient séduire ses hôtes. Nous aveuglâmes leurs yeux. "Goûtez donc Mon châtiment et Mes avertissements!" En effet, au petit matin, un châtiment persistant les surprit. (Sourate al-Qamar: 37-38)

Les versets décrivent ainsi la destruction de ce peuple:

Alors, au lever du soleil, le cri affreux les saisit. Et Nous renversâmes la ville de fond en comble et fîmes pleuvoir sur eux des pierres sulfureuses semblables à de l'argile durcie. Voilà vraiment des preuves pour ceux qui savent observer! Et cette ville se trouvait sur un chemin connu de tous. (Sourate al-Hijr: 73-76)

Et lorsque vint Notre ordre, Nous renversâmes la cité de fond en comble, et Nous fîmes pleuvoir sur elle en masse, des pierres sulfureuses dures comme de l'argile cuite, se succédant les unes aux autres, portant une marque connue de ton Seigneur. Et elles ne sont pas loin des injustes. (Sourate Hud: 82-83)

Puis Nous détruisîmes les autres. Et Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie de pierres sulfureuses dures comme de l'argile cuite. Et quelle pluie fatale pour ceux qui sont avertis! Voilà bien là un prodige. Cependant, la plupart d'entre eux ne croient pas. Et ton Seigneur, c'est en vérité Lui le Tout-Puissant, le Très-Miséricordieux. (Sourate ash-Shu'ara: 172-175)

Seuls Loth et quelques croyants furent rescapés. La femme de Loth, qui avait refusé de croire, disparut également:

Or Nous l'avons sauvé, lui et sa famille, sauf sa femme qui fut parmi les exterminés. Et Nous avons fait pleuvoir sur eux une pluie de pierres sulfureuses. Regarde donc ce que fut la fin des criminels! (Sourate al-A'raf: 83-84)

Donc le Prophète Loth fut sauvé avec les croyants et sa famille à l'exception de sa femme. Quant aux pervers, ils furent anéantis et leurs habitations se trouvèrent rasées.

"Les signes évidents" fournis par le Lac de Loth

Dans le verset 82 de la sourate Hud, Allah spécifie clairement le genre de désastre qui a frappé le peuple de Loth: "Et lorsque vint Notre ordre, Nous renversâmes la cité de fond en comble, et Nous fîmes pleuvoir sur elle en masse, des pierres sulfureuses dures comme de l'argile cuite, se succédant les unes aux autres."

Le fait que la ville de Loth a été totalement renversée implique que la région entière a été secouée par un violent tremblement de terre. Et d'ailleurs, le Lac de Loth, où s'est produit le cataclysme, porte des signes évidents d'un tel désastre.

Citons l'archéologue allemand Werner Keller:

La Vallée de Siddim, incluant Sodome et Gomorrhe, située le long de cette grande fissure, s'est un jour brutalement effondrée dans l'abysse. Leur destruction, liée à un grand tremblement de terre, fut probablement accompagnée d'explosions, d'éclairs, de fuites de gaz naturel et d'incendies généralisés.13

Et, de fait, le Lac de Loth, plus connu sous l'appellation "Mer Morte", est justement située sur une zone de forte activité sismique, donc sujette à des tremblements de terre:

La Mer Morte repose sur une faille au sein d'une plaque tectonique. Cette vallée est située sur une zone de tension s'étendant entre le Lac de Tibériade au nord, et le centre de la Vallée d'Arabah, au sud.14.

Dans la dernière partie du verset, l'événement a été ainsi décrit: "Nous fîmes pleuvoir sur elle en masse, des pierres sulfureuses dures comme de l'argile cuite, se succédant les unes aux autres." Selon toute vraisemblance, ceci désigne l'éruption volcanique s'étant produite sur les bords du Lac de Loth, et les pierres issues de cette éjection devaient être dures comme de l'argile durcie après cuisson. (Le même événement est décrit dans le verset 173 de la sourate ash-Shuara de la façon suivante: "Et Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie de pierres sulfureuses dures comme de l'argile cuite. Et quelle pluie fatale pour ceux qui sont avertis!"

A ce sujet, Werner Keller écrit:

La faille en question a libéré des forces volcaniques qui avaient été jusqu'alors profondément enfouies tout le long de la fracture. Dans la haute vallée jordanienne, près de Bashan, il existe encore d'énormes cratères de volcans éteints; de grandes coulées de lave ainsi que d'épaisses couches de basalte ont été déposées sur la surface faite de pierres à chaux.15.

Ces couches de lave et de basalte constituent la plus grande preuve qu'une explosion volcanique et un tremblement de terre se sont produits en ce lieu. La catastrophe dépeinte dans le Coran par l'expression: "Nous fîmes pleuvoir sur elle en masse, des pierres sulfureuses dures comme de l'argile cuite, se succédant les unes aux autres", désigne sans doute ce cataclysme volcanique, et Allah est le plus savant. L'expression "et lorsque vint Notre ordre, Nous renversâmes la cité de fond en comble", dans le même verset, fait probablement référence au séisme qui a engendré l'entrée en éruption dévastatrice des volcans, avec tout son cortège de débris projetés ici et là, et Allah seul connaît la vérité.

Les "signes évidents" transmis par le Lac de Loth sont vraiment très intéressants. En général, les événements relatés dans le Coran ont pour théâtre le Moyen-Orient, la Péninsule Arabique et l'?gypte. Au beau milieu de cette zone géographique se trouve le Lac de Loth. Ce lac mérite qu'on lui accorde une certaine importance du point de vue géographique; son altitude est d'environ 400 mètres en dessous du niveau de la Mer Méditerranée. Et puisque sa profondeur maximale est de 400 mètres, le fond du lac se trouve ainsi situé à 800 mètres en dessous du niveau de la Mer Méditerranée.

C'est d'ailleurs le lieu le plus bas sur terre. En effet, dans d'autres régions se trouvant aussi au-dessous du niveau de la mer, la profondeur est d'au maximum 100 mètres. Une autre caractéristique de ce lac est que la concentration en sel de son eau est très forte, puisqu'elle s'élève à environ 30%. ? cause de cela, aucun organisme vivant, comme par exemple des poissons ou de la mousse, ne peut survivre dans ces eaux. Et c'est la raison pour laquelle le Lac de Loth est surnommé la "Mer Morte" dans la littérature occidentale.

Il a été estimé que ces événements relatifs au peuple de Loth, rapportés dans le Coran, remonteraient à environ 1800 ans avant Jésus-Christ. Se fondant sur ses recherches archéologiques et géologiques, le chercheur allemand Werner Keller a fait remarquer que les cités de Sodome et Gomorrhe étaient en réalité situées dans la Vallée de Siddim, s'élevant sur l'extrémité inférieure du Lac de Loth, et que cette région était autrefois très peuplée.

La caractéristique structurelle la plus intéressante du Lac de Loth, évoquée ci-après, constitue une preuve sur la manière dont s'est produit le désastre, tel qu'il est mentionné dans le Coran:

Sur la rive orientale de la Mer Morte, la péninsule d'al-Lisan s'avance loin à l'intérieur de cette vaste étendue d'eau, donnant l'aspect extérieur d'une langue. Al-Lisan signifie d'ailleurs "langue" en arabe. De façon invisible depuis la terre ferme, cette protubérance s'enfonce ensuite selon un angle très marqué sous la surface de l'eau, réalisant une véritable division de cette mer intérieure en deux parties. ? droite de la péninsule, le sol s'enfonce fortement, jusqu'à une profondeur de 400 mètres environ, tandis que sur la gauche de la péninsule, l'eau demeure remarquablement peu profonde. Des sondages effectués il y a quelques années ont établi que la profondeur des eaux n'excédait pas 20 mètres. Cette partie extraordinairement peu profonde de la Mer Morte, s'étendant depuis la péninsule d'al-Lisan jusqu'à l'extrémité sud de cette mer, constituait la Vallée de Siddim.16

Werner Keller a noté que cette partie peu profonde, qui ne s'est formée que plus tard, était en fait l'aboutissement du tremblement de terre mentionné plus haut et de l'effondrement massif qui en a résulté. C'était là que s'élevaient les cités de Sodome et Gomorrhe, où vivait le peuple de Loth.

Autrefois, il était possible de traverser cette région à pied, aujourd'hui recouverte par une faible épaisseur d'eau constituant la partie inférieure de la Mer Morte. L'effondrement lié au tremblement de terre est à l'origine d'un engouffrement d'eau salée provenant du nord et venue remplir cette cavité nouvellement formée.

Des traces de l'ancienne vallée sont visibles dans le Lac de Loth… Lorsqu'on traverse le Lac de Loth en direction de son extrémité méridionale, et si le soleil éclaire dans la direction de l'ouest, on peut apercevoir quelque chose de véritablement fantastique; à quelque distance du rivage et de façon clairement visible sous la surface de l'eau, apparaissent les contours des forêts que la concentration aqueuse très élevée en sel a permis de préserver. Les troncs et les racines qui apparaissent dans l'eau verte miroitante sont très anciens. La Vallée de Siddim, qui était autrefois parsemée de magnifiques forêts, constituait l'un des endroits les plus attrayants dans la région.

L'aspect mécanique du désastre ayant frappé le peuple de Loth a été révélé par les recherches des géologues. Ceux-ci ont montré que le tremblement de terre qui a détruit le peuple de Loth a été la conséquence d'une faille longue d'environ 190 kilomètres constituant le lit du fleuve Sheri'at. Ce fleuve connaît un dénivelé de 180 mètres au total. Ceci, s'ajoutant au fait que le Lac de Loth se trouve situé à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer, montre bien qu'un événement géologique de première importance s'est produit ici.

La structure intéressante du fleuve Sheri'at ainsi que du Lac de Loth n'a permis de mettre en évidence qu'une petite partie de la fracture passant par cette région de la terre. La véritable envergure de cette faille n'a été découverte que récemment.

La faille part des pentes des Monts Taurus, elle s'étend jusqu'à la rive méridionale du Lac de Loth et continue ensuite à travers le désert de l'Arabie jusqu'au Golfe d'Aqaba, pour franchir après cela la Mer Rouge et se terminer en Afrique. Tout au long de ce parcours, une forte activité volcanique a pu être mise en évidence. De la lave et du basalte noirs existent sur les hauteurs de Galilée en Israël, sur les plaines de Jordanie situées en altitude, dans le golfe d'Aqaba et dans d'autres régions aux alentours.

Tous ces faits géographiques viennent confirmer la catastrophe géologique évoquée par Werner Keller en ces termes déjà cités:

La Vallée de Siddim, incluant Sodome et Gomorrhe, située le long de cette grande fissure, s'est un jour brutalement effondrée dans l'abysse. Leur destruction, liée à un grand tremblement de terre, fut probablement accompagnée d'explosions, d'éclairs, de fuites de gaz naturel et d'incendies généralisés. La faille en question a libéré des forces volcaniques qui avaient été jusqu'alors profondément enfouies tout le long de la fracture.

Dans la haute vallée jordanienne, près de Bashan, il existe encore d'énormes cratères de volcans éteints; de grandes coulées de lave ainsi que d'épaisses couches de basalte ont été déposées sur la surface faite de pierres à chaux.17

La revue National Geographic fait le commentaire suivant dans son numéro de décembre 1957:

La montagne de Sodome, vaste étendue aride, s'élève de façon abrupte au-dessus de la Mer Morte. Personne n'a jamais retrouvé les cités détruites de Sodome et Gomorrhe, mais les savants pensent qu'elles se trouvaient dans la Vallée de Siddim, non loin de ces pentes escarpées. Finalement, les eaux de la Mer Morte les ont englouties après un tremblement de terre.18

Pompéi connut une fin similaire

Dans le Coran, Allah nous précise dans les versets suivants que les Lois d'Allah ne varient pas au cours du temps:

Et ils ont juré solennellement par Allah que, si un avertisseur leur venait, ils seraient certes mieux guidés que n'importe quelle autre communauté.

Puis quand un avertisseur leur est venu, cela n'a fait qu'accroître leur répulsion, et ils se sont montrés orgueilleux et perfides. Cependant, les complots n'enveloppent que leurs propres auteurs. Attendent-ils donc un sort différent de celui des peuples anciens? Or, jamais tu ne trouveras de changement dans la règle d'Allah, et jamais tu ne trouveras d'altération dans la règle d'Allah. (Sourate Fatir: 42-43)

Oui, en vérité, les lois d'Allah demeureront invariables. Et quiconque s'opposera à elles et se montrera rebelle envers Lui, subira le même châtiment divin. La cité de Pompéi, véritable symbole de la dégénérescence de l'Empire Romain, s'adonnait également à diverses déviations sexuelles.

Sa fin fut identique à celle de Sodome et Gomorrhe.

La destruction de Pompéi a été causée par l'éruption du Mont Vésuve.

Le volcan dénommé Vésuve constitue un véritable symbole en Italie, surtout dans la cité de Naples qui est bâtie non loin de lui. Demeuré en sommeil depuis des milliers d'années, le Vésuve est surnommé la "Montagne de l'Avertissement". Cette appellation n'est pas sans raison. Car le désastre qui a frappé Sodome et Gomorrhe est tout à fait semblable à celui qui a détruit Pompéi.

Le Vésuve est situé entre Naples à l'ouest et Pompéi à l'est. La lave et les cendres d'une énorme éruption volcanique, qui s'est produite il y a des milliers d'années, pétrifièrent les habitants de cette cité. La catastrophe est survenue si brutalement que toute chose dans la ville s'est trouvée figée sous la forme qu'elle avait à cet instant précis, en pleine vie quotidienne; tous ces clichés de la vie sociale d'alors ont été intégralement transmis à notre époque contemporaine, comme si le temps s'était soudainement figé.

L'éradication de Pompéi de la surface de cette terre nous offre des leçons. Il est un fait avéré que cette cité était un haut-lieu de la dissolution morale et de la perversité. La prostitution y était très répandue.

La lave du Vésuve a balayé d'un seul trait la cité entière. L'aspect le plus intéressant de cette catastrophe est que personne n'a cherché à s'enfuir, en dépit de l'extrême violence de l'éruption; c'est comme si presque personne n'avait même remarqué la menace, faisant penser que tous les habitants étaient sous l'emprise d'un charme. Ainsi on a découvert une famille pétrifiée alors que ses membres étaient en train de déjeuner, et de nombreux couples furent figés dans leurs rapports intimes. Il faut noter que parmi ceux-ci il y avait des couples homosexuels ainsi que des couples de jeunes garçons et filles. Les visages de certains cadavres humains pétrifiés sont demeurés intacts, et généralement une expression de stupéfaction se dégage d'eux.

C'est là que réside l'aspect le plus énigmatique de la calamité: comment des milliers de personnes ont-elles pu être saisies par la mort sans voir ni entendre quoi que ce soit?

Ceci montre que la disparition de Pompéi fut similaire aux événements destructeurs mentionnés dans le Coran, puisque le Livre insiste sur "l'anéantissement soudain" qui est la grande caractéristique de ces désastres; par exemple, les "habitants de la cité" décrits dans la sourate YaSîn sont tous morts brusquement en l'espace d'un instant. Cette situation est ainsi mentionnée dans le verset 29 de cette sourate:

Il n'y eut qu'un seul cri affreux et les voilà éteints.

Dans le verset 31 de la sourate al-Qamar, "l'anéantissement instantané" est encore mis en avant lorsque la destruction des Thamud est rapportée: Nous lâchâmes sur eux un seul cri affreux, et voilà qu'ils furent réduits à l'état de paille sèche utilisée pour le bétail.

La mort a gagné les gens de Pompéi en un laps de temps extrêmement bref, comme ce fut le cas pour les populations évoquées dans les versets ci-dessus.

En dépit de ce châtiment, la vie dans la région de Pompéi n'a pas changé de nos jours; ainsi la débauche est bien répandue à Naples, et l'île de Capri, non loin de là, est un paradis pour nudistes et homosexuels, d'ailleurs présenté comme tel dans les publicités touristiques. Et non seulement à Capri et en Italie, mais dans la majeure partie du monde, une dégénérescence morale similaire est à l'œuvre, et les gens persistent à ne pas vouloir tenir compte des terribles expériences des peuples tragiquement disparues.