LES MANIERES D’APPLIQUER LA VISION DE SAYYED ALI AL-SISTANI
 
LA PRESERVATION DE L’IDENTITE ET DU CARACTERE RELIGIEUX DE LA VILLE DE NADJAF

La préservation consiste en la lutte contre les facteurs de la détérioration et de l’eff ondrement de l’immeuble en raison de l’impact de diff érents ef- fets. Parmi ces eff ets l’homme est un facteur infl uant essentiel, en plus des autres eff ets naturels et environnementaux. La préservation urbaine « c’est l’opération de planifi cation, de protection et de la valorisation de l’ensemble des bâtiments et des sites à valeur architecturale ou historiques»36.

Le processus du maintien urbain s’appuie sur un équilibrage entre la valeur historique et patrimoniale des éléments et leur valeur matérielle. Afi n de préserver le patrimoine architectural et urbain et pour garder l’identité patrimoniale du tissu urbain, qui est le fondement de la pensée de la planifi cation et de l’architecture contemporaines, à l’époque où sont apparues les technologies modernes, les communications et le développement informationnel, le besoin fondamental de la préservation du patrimoine a émergé pour qu’il puisse communiquer avec les exigences contemporaines de la ville.

La préservation urbaine avec son style contemporain dépendra du maintien des valeurs constantes du bâtiment ou du tissu patrimonial. Cela a pour but de recadrer ce tissu physiquement et fonctionnellement afi n qu’il poursuive sa durabilité et son effi cacité face aux exigences de l’époque et en ce qui constitue un lien entre le patrimoine et la modernité.

Du moment que l’opération de la reconstruction peut exiger dans certains cas, de maintenir partiellement l’immeuble ou le tissu urbain ou reconstruire des parties manquantes et ajouter de nouvelles parties, le processus de préservation peut s’étendre que sur une partie bien défi nie du tissu patrimonial de manière à maintenir les monuments du patrimoine et l’importance historique de ce tissu.

Le centre historique de la ville de Nadjaf Al Ashraf a commencé à être en danger de perte de son identité. En eff et, il commence à voir la domination de modèles urbains occidentaux qui ont volontairement séparé la ville de ses racines islamiques.

Par conséquent, la préservation de l’identité et du caractère religieux distinctif de la ville signifi e garder l’un des aspects importants du patrimoine historique de la nation, et le préserver pour les générations futures sans manquer de s’enorgueillir de l’avoir comme les racines de la nation et son authenticité.

Le processus du maintien de l’identité religieuse de la ville devrait se traduire par des politiques de planifi cation et de construction générales et détaillées. Puis, ces dernières se traduisent sur des formes urbaines originales non pas sur la structure générale de la ville seulement, mais dans le ressentiment général de la civilisation islamique dans son ensemble37.

Ainsi, nous voyons que la préservation de l’identité et du caractère religieux de la ville doit être accompagné par le développement des moyens de maintien appropriés fondés sur la base d’indicateurs tirés des caractéristiques des villes islamiques d’une manière permettant aux valeurs islamiques de consolider et d’étendre leurs racines dans la communauté pour préserver leur identité de la perte.

Les objectifs de la préservation

Il est diffi cile pour quelqu’un qui a grandi dans l’ambiance des villes patrimoniales, avec leurs ruelles, leurs rues et leurs bâtiments.., de quitter sa ville si facilement. En raison de la croissance démographique et de l’expansion urbaine exponentielle qui l’a accompagnée et qui a continué de manière large et non pensée, une partie de l’héritage patrimonial de l’ancienne ville s’est désintégrée et a causé la perte d’une partie importante de ce qui est authentique, précieux et non compensatoire du patrimoine urbain, culturel et architectural de la nation. Cela s’est produit en raison de la perte de la capacité d’équilibrer entre les valeurs civilisationnelles, culturelles et symboliques d’une part ainsi que les valeurs matérielles et utilitaires des éléments d’une autre part.

C’est ce qu’a confi rmé le professeur (Ben) en 1959 quand il a dit « les nations n’ont pas à prétendre à la souveraineté absolue sur leur patrimoine artistique propre, mais elles sont seulement les gardiennes responsables de ce patrimoine face au monde civilisé »38. Par conséquent, la question de la préservation du patrimoine urbain et architectural, authentique et le retourner à son site naturel devient une question de grande importance. Donc nous ne traitons pas ce patrimoine comme faisant partie du passé uniquement, mais le besoin exige de souligner la poursuite de la lutte contre les perceptions erronées du patrimoine. Ceci est confi rmé aussi par le professeur Velden, qui dit la chose suivante « il est nécessaire d’enrichir notre culture et celle de nos enfants par l’importance et la richesse de l’héritage culturel de notre peuple». Il dit aussi qu’« il est bien regrettable que toutes les cultures apprennent à leurs fi ls la récitation des poèmes et les savourer par exemple, mais elles n’apprennent pas aux individus à regarder vers la façade d’un bâtiment ou vers la forme des espaces composant un village ou une ville, et ne leur apprennent pas les facteurs qui aff ectent leur environnement».

A partir de là on comprend l’importance de préserver l’architecture avec tous ce que les soins des bâtiments requièrent en tant que patrimoine distinctif. Ces opérations d’entretien englobent des activités et des changements nécessaires pour relancer et rénover l’édifi ce, l’entretenir et assurer la continuité de son exploitation et sa protection des facteurs de la détérioration et de la décadence.

On peut résumer les diff érents objectifs de la préservation de l’architecture, aux points suivants :

1. Préserver l’héritage architectural possède sa sacralité culturelle et artistique. Il représente la base soutenant ce que l’homme construit dessus. Ce patrimoine est l’image vivante et réelle qui rédige l’héritage civilisationnel et culturel de la nation.

2. Éliminer les phénomènes conduisant à l’établissement des barrières entre les anciennes et les nouvelles parties de la ville et essayer de réduire les diff érences entre elles en valorisant les parties patrimoniales de la ville.

3. Sélectionner les valeurs inhérentes à la construction comme les valeurs émotionnelles qui traitent de l’admiration du bâtiment et le sentiment de la communication et de l’auto identité. Rappelons qu’il ya des valeurs culturelles et symbolique se rapportant à l’histoire de l’art, de la beauté, de l’architecture et des valeurs utilitaires, y compris les valeurs fonctionnelles, sociales et économiques.

4. Préserver l’architecture urbaine est un moyen de faire revivre la société sur le plan intellectuel, culturel, artistique ainsi que sur le plan de la santé. C’est par ailleurs une façon de l’enrichissement avant d’être un moyen d’apporter des économies économiques aux peuples par la voix du tourisme étranger39.

5. Prolonger la vie de l’héritage culturel et architectural et de le rendre utilisable et utile présentement et dans le future.

6. S’attaquer aux causes des dommages et des pertes dans le patrimoine urbain et architectural et minimiser leur impact.

Ne pas évacuer les régions protégées de son contenu fonctionnel, car le but n’est pas de convertir les parties du patrimoine en parties isolées des autres parties constituant la ville, mais toutes ces parties doivent interagir afi n qu’elles vivent et qu’elles évoluent comme un être vivant40.

Les raisons de la préservation urbaine et architecturale

La détérioration et les dommages surviennent dans les édifi ces du patrimoine à la suite d’une exposition à des conditions et à des facteurs externes à la fois naturels et humains…Au fi l du temps, ces détériorations détermineront de manière claire et manifeste le niveau d’entretien requis pour ces édifi ces.

Les méthodes classiques du maintien de l’héritage architectural étaient des méthodes qui se résumaient seulement à la tentative d’eff acer ou d’arrêter les eff ets visuels des dégâts sur l’édifi ce patrimonial, sans aborder les véritables raisons conduisant à ces fi ns. Cette méthode est fausse et a prouvé son échec et son incompétence. En eff et la plus grande partie du mal dont souff rent les édifi ces du patrimoine est en fait due à l’eff ondrement social et économique du fait qu’ils ne servent plus leurs fonctions de base de manière satisfaisante.

Cela est dû au fait que les normes de la planifi cation, de la conception et de l’habitat adaptées aux besoins et aux exigences de l’homme dans les villes modernes ne sont plus compatibles avec les édifi ces du patrimoine.

C’est pourquoi il est devenu nécessaire de trouver des indicateurs à la conception et à la planifi cation qui soient en harmonie avec le caractère du patrimoine architectural traditionnel. Cela a pour but de valoriser ce patrimoine et de lui fournir les services nécessaires dans une tentative qui est devenu très nécessaire afi n de créer un langage de compréhension et d’harmonie entre le tissu traditionnel ancien et la ville contemporaine.

Parce que les installations traditionnelles ne peuvent s’évoluer pour répondre aux nouvelles exigences, sans leur ajouter des éléments de planifi cation et de leur apporter des modifi cations et des ajouts. Ces changements et ces modifi cations doivent être étudiées et organisées pour que l’héritage architectural traditionnel ne perde pas sa spiritualité et son authentique essence en premier lieu et pour que l’environnement traditionnel puisse s’adapter et être en harmonie avec l’environnement contemporain de la ville en deuxième lieu. Ces méthodes doivent viser principalement à :

1. Assurer que l’édifi ce ou le groupe des édifi ces acquièrent des fonctions permanentes par le biais de leur entretien et de leur réhabilitation dans une tentative pour empêcher l’eff ondrement social de cet héritage, qui se produit en raison de l’abandon de ces bâtiments et la perturbation de leur fonction d’origine et l’incapacité à trouver de nouvelles fonctions pour ces immeubles qui deviennent sans intérêt social ou économique. Ces derniers fi nissent pas être laissé à l’abandon et aux facteurs de la démolition et des dégâts naturels et humains.

2. Ces nouvelles fonctions des édifi ces devraient être similaires le plus possible à leur fonction originale afi n de ne pas créer de grands écarts entre le passé et le présent.

3. La préservation et le maintien des valeurs culturelles et économiques que recèle l’édifi ce patrimonial. Ces valeurs assureront la continuité et la longévité de l’édifi ce et permettront à ses propriétaires de le préserver des causes de la démolition, de la détérioration et de l’extinction.

4. Prendre en compte le caractère spirituel, et les objectifs originaux de l’édifi ce avant d’eff ectuer toutes modifi cations, comme de lui ajouter des éléments.

5. Tenir compte de la relation de l’édifi ce patrimonial avec son voisinage et essayer de trouver des règles qui régissent ces voisinages qui soient caractérisées par un traitement spécial envers ce patrimoine. En eff et ces voisinages sont l’articulation entre l’ancienne et la nouvelle partie de la ville qui peuvent assurer l’harmonie entre eux.

Les méthodes contemporaines du maintien sont de trois niveaux, à savoir41.

1. La démolition progressive (gradual demolishing).

Ici, on maintient les bases comme un noyau pour la construction du bâtiment avec le même motif précédent. Dans le cas d’une grande capacité fi nancière, il se produit une opération de reconstruction complète du bâtiment et de son voisinage entourant mais en utilisant de nouveaux matériaux.

Ce processus ne devient acceptable que quand on ne peut maintenir les restes historiques de l’édifi ce pour une longue période comme lorsqu’ils sont très détériorés, ou lorsque les coûts de l’entretien de routine sont très élevées.

2. Le maintien partiel (partial conversation).

C’est une technique appliquée sur un bâtiment sous maintenance dont la fonction n’est plus adaptée à son usage au présent. Des changements mineurs sont eff ectués pour le restructurer et lui trouver une nouvelle fonction déterminée en fonction des besoins de la région.

3. Le maintien total (full conversation).

Là on préserve et on maintient les édifi ces qui peuvent être protégés avec leurs formes d’origine, de sorte qu’ils remplissent leur même fonction précédente (l’originale). Autrement dit, quant ces édifi ces peuvent assurer leurs fonctions de manière satisfaisante.

Relancer les valeurs islamiques sociales et de planifi cation de la ville

Relancer les valeurs islamiques sociales et de planifi cation ne se réalise que si on s’inspirait des formes urbaines et architecturales traditionnelle originales de la ville arabo islamique. Celles découlant de ses valeurs religieuses et sociales, de ses normes et de ses traditions générales. Pour ce faire, on recourt à des méthodes techniques modernes refl étant les valeurs islamiques afi n de donner naissance à un art architectural islamique nouveau42.

Le besoin actuel de cet art nouveau, est non pas seulement de copier le passé, mais passe par la valorisation positive de l’identité et la formulation contemporaine de tous les facteurs qui ont constitué la forme urbaine de la ville arabo islamique Ces facteurs qui ont infl uencé le développement dans le passé n’ont pas changé à ce jour et sont encore infl uents dans le système urbain. L’orientation souhaitée dans la renaissance des valeurs islamiques sociales et de planifi cation, est celle qui met l’accent sur l’interaction humaine dans la défi nition du milieu urbain et architectural plus que sur les critères quantitatifs relatifs à la taille des bâtiments ou à leur hauteurs, et à leurs fré- quences. Ces derniers prennent souvent des formes et des normes générales, et sont censés s’adapter à la performance sociale des résidents de ces villes43.

Les moyens de la préservation urbaine et architecturale du centre historique de la ville de Nadjaf

Un examen rapide des plans de préservation et de développement présentés ou concrètement mis en place dans la ville de Nadjaf, ou dans tout autre centre historique des villes traditionnelles irakiennes nous révèle de nombreuses diffi cultés et obstacles rencontrés par ces plans. Cela est attribué à un certain nombre d’aspects négatifs inhérents à ces plans et projets qui visent les profi ts et ce qui est lié au marché du tourisme, quant aux pauvres qui vivent dans les anciens centres historiques, ils sont soit complètement ignorés ou bien obligés à l’évacuation de ces centres pour laisser place à des projets de redéveloppement des projets touristiques et tertiaires dont les profi ts vont aux personnes aux revenus élevés et aux utilisateurs de ces projets.

Maintenir cette approche expose les centres historiques face au danger de la déchirure du tissu patrimonial dont il ne restera que des parties éparpillées.

Ce dernier est, du fait de cette approche, envahi par une pléthore de bâtiments contemporains incohérents formellement et fonctionnellement avec son identité. Dans le meilleur des cas, les parties restant de cet héritage patrimonial deviennent des vestiges archéologiques et des musées qui ne sont visités que par très peu de touristes. Ainsi, nous aurons commis une grosse erreur, car la préservation de la ville n’est pas une sorte de modernisation de cette dernière accompagnée d’une préservation de certains symboles et éléments épars (comme ce qui est courant dans la plupart des études conservatrices). Ce qui est nécessaire c’est de faire revivre le coeur et l’âme de l’entité urbaine traditionnelle et de les protéger contre les eff ets des pressions qui tentent de brouiller les caractéristiques traditionnelles conventionnelles.

Aussi, il faut tenter de développer cette entité de manière à répondre à tous les nouveaux besoins, par l’utilisation d’une langue au vocabulaire architectural en cohérence avec le caractère urbain et architectural traditionnel.

Cela a pour but d’assurer la restauration et la durabilité des structures de base du tissu urbain et d’introduire en même temps des éléments supplémentaires en lien avec l’ancien tissu.

Les objectifs des voies de la préservation

Le thème principal des moyens de préservation est d’orienter les eff orts de la politique de la préservation vers le renforcement des caractéristiques composant l’identité urbaine et le caractère local traditionnel de la ville de Nadjaf et de son centre historique. Insister aussi sur la personnalité religieuse et l’importance historique de la ville à travers les objectifs suivants :

1. Restaurer la personnalité urbaine et architecturale caractérisant la ville et préserver les éléments architecturaux traditionnels au sein d’un milieu urbain approprié.

2. Restaurer la confi guration urbaine de la zone autour du saint mausolée afi n de trouver un environnement urbain adapté à son importance religieuse et historique.

3. Préserver la fonction résidentielle de la ville et améliorer le parc des habitats pour réduire la migration de l’ancien tissu vers les quartiers modernes, chose qui ferait perdre à la ville un important aspect de sa personnalité et de sa vitalité.

4. La réorganisation des utilisations des terres dans la vieille ville de manière globale et bien pensée pour accueillir les opérations de reconversion ainsi que celles de la démolition et de reconstruction.

5. Le développement de l’attraction touristique de la ville en ressortant les caractéristiques patrimoniales et historiques distinctives de la ville afi n de former une base économique solide aidant à la fourniture des ressources fi nancières allouées à la préservation de la ville et à son développement.

6. Trouver des solutions radicales aux problèmes de la circulation dans le centre historique. Essayer de faire en sorte d’éviter les chevauchements entre le mouvement des passants et celui des véhicules pour atteindre un équilibre entre la demande croissante de l’utilisation des véhicules (en particulier de la part des visiteurs) et la préservation de la cohésion du tissu urbain traditionnel de la ville.

7. Entretenir les bâtiments et les habitats qui ont une valeur patrimoniale et architecturale et les protéger des facteurs des dommages et de la perte.

Puis, fournir les utilisations appropriées à ces édifi ces.

8. Maintenir la ligne de ciel le «skyline » distinctive de la ville et confi rmer la domination du saint mausolée sur ce skyline.

La préservation du style urbain architectural et de la valeur patrimoniale

Le centre historique de la ville de Nadjaf (tel les autres centres historiques) a connu une modernisation accompagnée d’un changement social et architectural qui s’est produit sous forme de sauts rapides aléatoires et impensés. Cela présente une menace pour les caractéristiques des éléments traditionnels distinctifs de l’identité de la ville. Cela signifi e les éléments qui reposent essentiellement sur un ordre spatial urbain progressif dans l’échelle, la fonction et l’importance. Son centre est l’espace du saint mausolée en descendant au plus petit de ces espaces qui est l’espace de la cour (patio) de l’habitat traditionnel. Il faut donc mettre en place des déterminants et des indicateurs pour la planifi cation et la conception au sein d’une politique large et conservatrice en se basant sur les thèmes suivants :

1. Mettre l’accent sur la progression spatiale urbaine et ne pas créer des espace ouverts concurrençant l’espaces de l’esplanade du mausolée et sa domination sur la ville, tant dans les projets de développement proposés que dans le tissu traditionnel lors des opérations de démolition et de reconstruction.

2. Mettre l’accent sur la personnalité de ces espaces. Cette dernière est déterminée (pour chacun de ces espaces) principalement par la hauteur des blocs d’édifi ces entourant cet espace ainsi que ses dimensions dans l’espace qui les contient. La chose qui devrait être prise en considération, c’est de préserver l’échelle humaine caractérisant les espaces de la ville et de ne pas changer leur personnalité lors de leur démolition et de leur reconstruction ou du changement de leur hauteur.

3. Le milieu des symboles et des monuments architecturaux. On devrait préserver les traits distinctifs de ces symboles et de ces monuments architecturaux afi n de leur donner leur sens architectural et visuel qui les distingue au sein d’un système de mouvement. Et essayer de restaurer leur environnement urbain, qui a été rasé autour d’eux (à cause de l’adoption des styles de planifi cation occidentaux dans le passé), en particulier le saint mausolée étant le monument architectural le plus important dans la ville.

4. S’attaquer aux causes des dommages et des pertes dans le patrimoine urbain et architectural et minimiser leurs eff ets44.

5. Reconstruire les zones eff ondrées de la ville en vue de rétablir son entité unie et de déterminer les indicateurs de la conception des bâtiments de peuplement. Ces derniers assureront la prise en compte des propriétés architecturales et de la planifi cation des constructions voisines dans une opération de remplissage urbain pour adapter entre l’espace et la préservation de l’identité urbaine et architecturale et en même temps compléter la série de développement civilisationnel de la ville.

La relance et la reconversion des édifi ces patrimoniaux de Nadjaf Le processus de réutilisation correcte est diffi cile à réussir s’il n’est pas accompagné par la reconversion des bâtiments du patrimoine préservé.

Cette reconversion des bâtiments doit se faire vers des fonctions contemporaines compatibles avec les exigences de la ville et interagissant avec le potentiel latent dans le bâtiment et le quartier historique lui-même. Cette reconversion signifi e aussi la recréation d’une utilisation de l’édifi ce à travers la maintenance et les modifi cations qui permettent de fournir une utilisation moderne et contemporaine de la construction et dans un même temps préserver et entretenir les éléments et les composants disposant d’une importance et d’une valeur historique, architecturale et culturelle45. Aussi, la réutilisation appropriée des centres des villes traditionnelles a pour rôle la réalisation de plusieurs objectifs, notamment :

• Les dimensions morales, c’est à dire la préservation des scènes historiques qui ne peuvent être remplacés.

• Les dimensions culturelles : en ce sens que valoriser l’utilité de l’héritage historique et adapter son utilisation actuelle et future contribue à la revitalisation des communautés urbaines intellectuellement, culturellement et artistiquement.

• Les dimensions environnementales, qui sont incarnées dans l’amélioration de l’environnement physique des zones où des vieux bâtiments. La réutilisation adéquate et correcte de ces édifi ces contribue de manière substantielle à l’amélioration de son environnement matériel.

• Les dimensions économiques, c’est la réalisation d’avantages économiques de la réutilisation correcte de ces édifi ces et la protection des ressources contre la dégradation.

• Les dimensions sociales : tirer profi t des zones traditionnelles dans le centre de la ville tout en conservant son caractère et sa personnalité historique permet de préserver le patrimoine de la ville et sa mémoire, ainsi que la mémoire des Nadjafi s de la disparition dans une ère caractérisée par la décadence des héritages culturels sur le plan mondial, où l’identité se perd et où le caractère de la ville et celui de la population épousent les couleurs et la forme du nouvel ordre mondial.

• Les dimensions touristiques : celles ci contribuent à attirer les touristes des diff érents coins du monde musulman et non-musulman vers Nadjaf afi n de connaitre des cultures, des pensées et des héritages civilisationnels diff érents et distincts à travers lesquels les gens se connaissent.

Le mécanisme proposé pour la reconstruction de l’ancienne ville de Nadjaf Al-Ashraf

Pour être plus honnêtes, soulignons que la tâche n’est pas aussi facile que nous l’imaginons si nous voulons reconstruire Nadjaf et le préserver en même temps. La raison à cela n’est pas comme certaines personnes l’imaginent la diffi culté du sujet, mais c’est le fait que Nadjaf n’est pas qu’une vieille ville avec un tissu uni et des rues traditionnelles. En eff et, il ya des changements dans la ville qui ont conduit à la défi guration de cette scène et à la déchirure du tissu urbain. Quand on pense à la reconstruction de Nadjaf, nous nous retrouvons non seulement face à une opération de préservation et de renouvellement urbain d’une ville traditionnelle, mais cela requiert plusieurs phases de travail.

La première chose, c’est de préserver et de renouveler les parties de la ville qui n’ont pas été atteintes par la déformation à travers la restauration et la réhabilitation de ce qui a été endommagé et de préserver ce qui est en bon état. La deuxième chose c’est de fournir des services aux résidants et aux visiteurs au même pied d’égalité d’une manière cohérente avec le tissu de la ville de Nadjaf. La troisième chose c’est d’eff ectuer ce que nous pouvons appeler (opération d’esthétique) pour les défi gurations qui ont affecté la ville. Cela nécessite deux choses: la pleine conviction que certains projets qui ont été réalisés ont déformé Nadjaf, aussi, c’est malheureusement cela qui s’est produit. Les changements majeurs dans la confi guration urbaine de la vieille ville de Nadjaf ont conduit au rétrécissement de l’interaction entre la population et la structure urbaine et donc une dispersion de la communauté urbaine.

Il n’existe dorénavant dans la ville aucun espace plein de vie commune. Tous ces espaces ont perdu toutes leurs signifi cations, leurs implications et leur échelle humaines. Les routes destinées la circulation des véhicules sont devenues l’aspect dominant la confi guration de la ville, chose qui lui a causée la perte de son caractère et de son originalité. Les valeurs matérielles ont dominé sur les valeurs humaines, morales, ainsi que sur les liens sociaux. Ces changements ont inclus l’homme moderne dont la perception de la ville est devenue superfi cielle, à son regard, la belle ville est celle qui comporte un ensemble de beaux bâtiments isolés. Ainsi, les espaces urbains ont perdu leur importance et leur rôle dans la promotion de l’interaction sociale qui a caractérisée la vieille ville de Nadjaf.

A - Préserver le tissu urbain des quartiers (qui maintiennent encore leur tissu) : Il est possible de diviser ce tissu en deux parties :

1. Une partie aff ectée par la défi guration à cause des projets non pensés.

2. Une autre partie, qui a gardé jusqu’à présent son identité. En même temps, nous pouvons diviser cette deuxième partie comme suit : a. Une partie en bon état (à besoin d’une opération de protection) ; b. Une partie dans un mauvais état (nécessite un processus de renouvellement urbain)

A partir de cela nous pouvons commencer à travailler en suivant les deux méthodes « conservation et renouvellement urbain » en plus du processus de « réhabilitation » pour les deux types. Cela se réalise par les éléments suivants :

1 - La préservation et la restauration de la vieille ville de Nadjaf

La restauration urbaine se fait pour les bâtiments endommagés qui tendent à l’eff ondrement. La préservation concerne les pièces qui sont encore en bon état grâce à la maintenance. Cette dernière doit être assurée par les institutions gouvernementales afi n qu’elle soit basée sur des méthodes scientifi ques, pour que son résultat ne soit pas incohérent si on la laissait à la persévérance personnelle par les propriétaires de ces bâtiments. Nous devons souligner ici que même si l’on eff ectuait des opérations de restauration et d’entretien des bâtiments endommagés et que l’on rénovait les bâtiments sur le point de l’eff ondrement en utilisant des matériaux de construction modernes et en renforçant ces constructions grâce à ces matériaux, il n’en demeure pas moins important de revêtir le tout avec d’anciens matériaux pour qu’ils soient en harmonie avec la construction d’origine.

Dans le cas des immeubles sur le point de s’eff ondrer et qui ont besoin d’une opération d’embellissement, nous pouvons les reconstruire avec leurs mêmes matériaux d’origine. Cela est possible grâce au travail des ingénieurs et des architectes. Pour ce faire, ces derniers élaborent des études et des plans précis. On utilise aussi, les anciens matériaux (les propres dans le revêtement) afi n que le bâtiment retrouve sa forme d’origine et que le manque soit compensé par des matériaux nouveaux qui renforceront ces bâtiments, mais ces matériaux nouveaux remplissent l’espace intérieur et ne sont pas visibles de l’extérieur, à condition que le visiteur distingue les matériaux de construction d’origine et ceux ajoutés dans le cadre de la restauration.

2. La réhabilitation

L’opération de restauration urbaine de la partie délabrée (sur le point de s’eff ondrer) et celle de la préservation doivent s’accompagner d’une réhabilitation de toutes les parties de la vieille ville de Nadjaf. Ce processus de réhabilitation signifi e la remise en l’état de la ville d’une manière qui assure la mise en valeur de sa vitalité tout en diminuant les facteurs de sa disparition et en privilégiant les diff érents usages. Parmi ces usages possibles : en aires de loisirs, en la louant à des artistes qui la transformeraient en salons d’exposition, en ateliers de peinture ou en toute autre aff ectation selon l’inspiration de l’artiste.

Toutefois, le meilleur moyen pour la réhabilitation de la vielle ville de Nadjaf, est de lui faire restituer son rayonnement en conservant l’ancienne utilisation de la terre. Surtout, ne pas encourager les gens à changer ces usages, en particulier l’usage résidentiel des habitats. Cela est possible par la fourniture de meilleurs services pour les quartiers d’habitation (les quatre) et la sensibilisation des habitants et les rendre fi ers de leur ville, leurs commerces, leurs maisons et leurs rues. Tout cela est possible avec une garantie de prestation de services qui accompagneraient cette restauration, qui tout en préservant leur ville préserverait l’aff ectation originale du quartier.

Je pense qu’amener les gens à aimer leur ville est la meilleure façon de réhabiliter la ville de Nadjaf.

Pour les besoins de développement de la ville à des fi ns touristiques, nous suivrons les étapes suivantes :

1 - Préserver les zones patrimoniales de valeur historique, et ce, en conservant le tissu traditionnel qui caractérise cette ville à travers des projets de développement et de renouvellement urbain, dans une approche intégrée et interdépendante en suivant trois méthodes. Il s’agit de la préservation à travers l’entretien et la réparation que doit eff ectuer la municipalité ou les propriétaires en leur accordant un prêt ou un soutien fi nancier, tout en sensibilisant les citoyens de l’importance de cet héritage patrimonial. Cette sensibilisation peut se faire par plusieurs canaux : à travers des bulletins, des séminaires, des réunions, des entrevues télévisées et la rédaction d’articles dans les journaux locaux qui stimulent la prise de conscience de la préservation du patrimoine auprès du grand public.

2 - La réhabilitation de ces bâtiments d’une manière qui entraîne à leur revitalisation par la multiplication des facteurs empêchant leur disparition en les utilisant de diff érentes manières. On peut en faire des lieux de loisirs ou les louer à des artistes qui les transformeraient en lieux de spectacle ou en ateliers de peinture, ou toute autre structure suivant leur inspiration.

3 - L’utilisation de matériaux de construction locaux pour eff ectuer les réparations et la maintenance, tout en préservant le caractère architectural et l’identité de la ville

4 - La réhabilitation urbaine des espaces sur le point de s’eff ondrer dans le tissu traditionnel. Mettre en place des projets de développement qui s’intègreraient et seraient en harmonie avec le tissu traditionnel, et cela par la construction d’habitations modernes compatibles avec les habitats traditionnels.

5 - La nécessite de séparer entre les mouvements des piétons et ceux des véhicules, en empêchant l’accès de ces dernières au centre du tissu traditionnel.

6 - La prudence sur la question de la construction des rues dans le tissu traditionnel qui l’aff ecteraient défavorablement. Il faut que les projets de la région soient étudiés d’une manière intégrée. Tout en insistant sur la préservation et la mise en place de parking au niveau de la rue autour de la ville sainte, on devrait conserver la fonction résidentielle de la ville. Cette fonction constitue la plus grande proportion de cette dernière. Il faut aussi améliorer les conditions de stabilité et relever les revenus de la population afi n de s’assurer qu’ils ne quitteront pas cette partie traditionnelle de la ville Sainte.

7 - La nécessité d’une coordination entre les diff érents usages commercial, résidentiel, et religieux. Et ce, par le maintien du site religieux au coeur de la ville, mettant en évidence sa domination du skyline de la ville. Sa présence ne doit pas se confondre avec certains bâtiments commerciaux, qui, de préférence doivent prendre l’aspect des souks orientaux qu’on retrouve dans la ville arabo-islamique.

8 - La nécessité de préserver la hiérarchie dans les espaces urbains et la transition du public au privé, par le biais d’une série d’espaces.

9 - Il doit y avoir une coopération avec de nombreuses organisations internationales qui s’intéressent à la préservation du patrimoine afi n de soutenir l’eff ort de cette préservation.

A - Fournir les services qui font encore défaut dans la ville de Nadjaf, mais sans défi guration du tissu original de la ville.

Les services devant être fournis à la ville de Nadjaf, capitale de la culture islamique 2012 incluent les services aux résidents de la ville et ceux de ses visiteurs :

1 - Les services à fournir aux résidents

Ils ne diff èrent pas des nombreux services des autres villes irakiennes. En eff et il faut fournir les services nécessaires aux habitants de Nadjaf pour les encourager à s’accrocher à leur ville traditionnelle. Nous aurons ainsi atteint les objectifs attendus par la préservation des usages de la terre d’origine par la réhabilitation de la ville à travers la relance de la vie et de ses activités dans cette dernière.

2 – Les services fournis aux visiteurs

Nous avons démontré clairement qu’il n’y a pas de contradiction entre assurer les services et préserver l’identité et le tissu de la ville. Ces services comprennent dans ce cas, les nombreux et grands services dont a besoin une grande ville touristique telle que Nadjaf. Parmi ces besoins : les hôtels, les restaurants, les magasins, les bureaux gouvernementaux ainsi que les autres bâtiments, les rues et les parkings. Nous pouvons donc parvenir à une compatibilité entre fournir ces services et préserver la ville par les moyens suivants :

A. L’établissement d’une ville touristique en dehors du tissu traditionnel de la ville. En raison du nombre de visiteurs croissant, peu importe les hôtels établis, ils ne peuvent les accueillir, c’est pour cela qu’il est judicieux d’établir ces structures dans des zones larges à l’extérieur de la vieille ville. C’est ce qui a été déterminé par le Ministère des municipalités qui a identifi é de grandes zones en vue d’établir des hôtels pour les visiteurs sur la route entre Nadjaf et Karbala. La réalisation de ce projet libérera une superfi cie de la terre à l’intérieur de la vieille ville. Cet espace pourrait être exploité dans la création des centres scientifi ques et culturels qui appuieront la ville comme une ville scientifi que et religieuse. Cela permet aussi de sélectionner la ville de Nadjaf, à être capitale de la culture islamique en 2012.

B. Cette ville doit être adaptée à son tissu traditionnel (en termes de forme et de contenu).

C. Créer ce qu’on pourrait appeler « une hiérarchisation de la préservation de Nadjaf » comme un tout « la ville touristique nouvelle et la vieille ville ainsi que ce qui est entre elles). Cela signifi e que la hiérarchisation se déroulera en trois étapes :

• La ville touristique doit avoir tous les services nécessaires présentés sous les meilleurs aspects et avec une forme et un contenu portant l’esprit du passé, en utilisant les nouveaux matériaux de construction et les technologies modernes. Seulement la planifi cation et la conception de la ville devraient s’appuyer sur des bases inspirées de l’esprit de l’héritage architectural de la ville de Nadjaf. Si la ville touristique contiendrait des souks, ils doivent être couverts et contenant des petites ouvertures pour laisser pénétrer les rayons du soleil.

Les entrées et les halls d’accueil des hôtels (qui sont généralement au rez-de-chaussée de ces derniers) se situant sur la mer de Nadjaf par exemple peuvent s’aménager à un niveau inférieur (de 1,5 à 3 m) de la surface de la terre, pour rappeler les célèbres sous sols (Saradibs) de Nadjaf Al-Ashraf.

En outre, on devrait utiliser les briques (Al-Farachi) pour le revêtement des sols (et la création des couloirs étroits entre les hôtels et les maisons de l’hébergement des visiteurs) qui devraient être exclusivement réservés à l’usage des piétons.Tout cela peut créer un début ou un environnement extérieur propice à la hiérarchisation dans la préservation à laquelle on aspire.

• Quant à la région intermédiaire de la continuité c’est-à-dire la route entre la ville touristique de la mer de Nadjaf, et le vieux Nadjaf, elle inclut l’espace entourant la ville, ainsi que les routes atteignant le centre de cette progression. Le visiteur doit sentir plus l’esprit de la vieille ville afi n qu’il ne sente pas de contradiction ni de déformation visuelle lorsqu’il arrive au centre de cette vieille ville, à travers ses souks et ses rues étroites et sinueuses (pour les passants seulement) Il faut souligner ici que cette phase doit :

A. Fournir un bon nombre de parkings et empêcher l’accès des véhicules au centre de la hiérarchisation.

B. Il est possible d’utiliser divers moyens de transport pour assurer le déplacement des visiteurs à partir de la ville touristique jusqu’à la zone entourant la vieille ville. Parmi ces moyens le téléférique qui les fera atterrir à l’entrée de la vieille ville. Ensuite, de la zone entourant la ville jusqu’au centre, il pourrait y avoir des routes pour les piétons à travers les souks de chaume afi n d’encourager le commerce et l’artisanat… ainsi que d’autres moyens de transport traditionnels qui ne provoquent pas de pollution environnementale d’une part, et n’aff ecte pas les sols pavés d’une autre part (telles les calèches traditionnelles).

C. Favoriser l’accès au centre-ville via les méthodes traditionnelles tortueuses qui créent l’élément de la surprise, par la relance des ruelles et des rues qui contiennent des écoles, des bibliothèques et des maisons de poètes et d’oulémas… et tant d’autres sites qui pourraient être un signe de la création des progressions dans les espaces à travers la route reliant entre la ville touristiques de la mer de Najaf et la vieille ville.

A travers tout cela nous pouvons créer la progression nécessaire pour sentir l’unifi cation du tissu de la ville du point de vue de sa forme.

• Le centre de cette progression est représenté par l’ancienne ville de Najaf, qui doit être protégée, (comme nous l’avons mentionné auparavant) par la préservation, la restauration, la rénovation et la réhabilitation ainsi que le traitement de ce qui a été déformé de cette ville.