LES MANIERES D’APPLIQUER LA VISION DE SAYYED ALI AL-SISTANI
 
COMMENT RECONSTRUIRE LA VIEILLE VILLE DE NADJAF AL-ASHRAF ?

Il est nécessaire de faire apparaitre et rénover ce qui reste du tissu urbain de la ville de Nadjaf Al Ashraf à l’intérieur des limites de son rempart avec toutes ses composantes telles que les habitats de la ville, ses ruelles tortueuses, ses souks et tout ce qu’ils contiennent en édifi ces patrimoniaux rares qui représentent des musée à eux seuls. En eff et, chaque ruelle comporte des mosquées, des habitats patrimoniaux, des sous-sols et des baraniyet...

C’est une ville contenant les meilleurs types d’architecture islamique et les plus belles vues urbaines dynamiques et dotées d’échelles humaines dont le centre comporte le plus important monument de la ville, qui est la caractéristique la plus illustre et la plus unique des villes dans le monde, ce monument est le mausolée de l’imam Ali Ibn Abi Talib (paix soit sur lui). En eff et, il est doté de l’une des plus importantes architecture islamiques, un véritable chef-d’oeuvre unique du point de vue de la personne et du lieu.

Ici, nous devons souligner la nécessité de respecter et de s’en tenir à l’opinion scientifi que. Cette dernière étant la bonne voie menant à la réussite et à éviter les impasses et les problèmes. Cela est le résultat des expériences, de l’argumentaire et de l’analyse des faits relatifs à la connaissance de l’homme et de son environnement. Et c’est ce qui est soutenu par l’avis de la haute Marjaîya (la référence) religieuse.

En eff et, le tissu urbain des centres des vieilles villes saintes s’est formé parce que ce sont des villes qui opèrent fonctionnellement au sein du concept de l’interdépendance des parties des êtres vivants. En eff et, l’intégration des parties de la ville forment son tissu urbain avec une échelle humaine intégrée. La ville organique est un miroir refl étant les coutumes, les traditions, le climat, la religion et la culture de cette ville. Ce sont des villes caractérisées par un style particulier qui tire sa spécifi cité de la scène urbaine où se cristallise et se construit la personnalité distinctive de la ville à travers la nature de ses principaux constituants qui sont la structure organisationnelle, l’organisation spatiale, la structure urbaine et les usages de la terre. Par ailleurs, cette scène urbaine est marquée par des propriétés spécifi ques la distinguant à travers des niveaux élevés de spécifi cité et une concordance dans les dimensions verticale et horizontale avec un environnement urbain qui tient compte des conditions climatiques en raison de la faible proportion de l’exposition au ciel opposée à l’emplacement de la sainte mosquée, où la couverture est haute à la ligne du ciel.

Le principe de la démolition totale de cette construction urbaine est impossible à remplacer par aucune des conceptions qui puissent être en cohérence avec l’ancien tissu urbain. La démolition signifi e en plus une perte im- posante et irréversible qu’aucun prix ne peut compenser de l’édifi ce dont la réalisation est impossible avec les mêmes concepts de planifi cation.

En eff et, la composition urbaine de ces villes est la somme des outputs découlant des inputs des périodes temporelles profondes dans l’histoire ainsi que de traitements appliqués de génération en génération. Il n’est donc pas tolérable de voir la démolition totale de ce tissu urbain, ni une démolition partielle tout en gardant quelques parties de lui. Cela vient du fait que la ville soit soumise aux hypothèses et aux constantes de la ville organique, qui lorsqu’on ampute ou que l’on retire l’une de ses parties provoque une perturbation considérable dans tout son fonctionnement, et par conséquent, un impact sur l’ensemble des activités de la ville ainsi que sur ses habitants.

En eff et, la ville organique, est caractérisée par la cohésion de ses bâtiments ainsi que des masses la composant. Elle est aussi caractérisée par une organisation, et une classifi cation de l’espace ouvert du public au privé. Cela signifi e que la ville est caractérisée par un tissu urbain complémentaire et intégré allant des habitats, des quartiers, des ruelles et des rues vers toutes les autres parties du tissu telles que les placettes et les activités commerciales et tertiaire.

Cela est le produit de besoins sociaux et religieux bien connu. C’est aussi l’expression logique et pratique des valeurs religieuses inhérentes au style de vie des musulmans. D’ailleurs, c’est pour cela que l’on dit que le cadre physique de ces quartiers résulte principalement du transfert des valeurs islamiques vers des formations à travers le mécanisme de la jurisprudence ( Fikh) et de la loi islamique (la charia) ainsi que de leur impact, même sur le processus de construction.

C’est pour cela que les frontières des maisons des Ahl Al-Bayt (les proches du prophète), paix soit sur eux, ou de leurs saints mausolées ne sont pas les seuls objets de sacralisation, mais aussi les régions les entourant, qui deviennent parfois des espaces où s’exercent des activités associées aux mausolées sacrés. À partir de cela, nous voyons que l’intérêt porté à la ville de Nadjaf Al Ashraf comme une ville de la science (selon M. Al-Sistani, comme indiqué dans l’article) devrait s’accompagner d’un intérêt à cette ville comme une cité du patrimoine architectural avec toutes les composantes de cette architecture. Cela signifi e, qu’il faut considérer que chaque morceau de pierre dans cette ville - même si ce n’est pas une mosquée ou une école religieuse - est une partie de son tissu, qui doit rester en l’état.

En eff et, chaque partie contribue à donner à la ville l’importance et la fonction qu’elle possède en plus de son importance scientifi que et religieuse, acquise grâce au mausolée de l’Imam Ali (AS) qui est l’une des principales raisons de la place importante qu’occupe cette ville.

Nous pouvons employer l’avis de M. Sistani pour la reconstruction de Nadjaf à travers les paragraphes suivants :

1. L’emploi de l’avis de M. Al-Sistani, qui pense que Nadjaf est une ville de la science depuis des centaines d’années et dont on doit préserver l’identité scientifi que. Cela peut se réaliser grâce à l’intérêt que l’on doit accorder aux anciennes écoles religieuses, et aux maisons des oulémas, des poètes et des martyrs. Ces dernières peuvent être exploitées en musées ou en expositions narrant la biographie de l’ouléma, du poète ou de l’écrivain…Cela rendra ces lieux comme des destinations pour les amateurs de l’ouléma, les lecteurs ou les amoureux du poète ou pour le chercheur en patrimoine ou dans le domaine de l’histoire. Cela peut contribuer à relancer le tourisme (pas seulement le religieux visant à visiter le mausolée de l’Imam Ali, paix soit sur lui), mais amènera des visiteurs d’un autre type, ce qui par conséquent, apportera un rendement fi nancier pour la ville de Nadjaf et pour l’état tout entier. Sachant que la première école religieuse établie dans la ville en1057 existe toujours et propose des cours semblables aux études académiques qui se font de nos jours. Cela a conduit à un changement majeur dans le développement de la ville de Nadjaf, qui devient une destination scientifi que des étudiants du monde entier venant étudier les diff érents domaines des sciences religieuses, de la littérature, de la philosophie...

Nadjaf a de ce fait commencé à devenir la demeure d’un grand nombre d’oulémas. Il y a eu l’émergence de nouveaux usages de la terre, dans les domaines de la culture et de l’éducation comme l’apparition des bibliothèques publiques et des écoles religieuses, ainsi que l’augmentation du nombre des mosquées et des Husseiniyat (mosquées chiites) pour accueillir les visiteurs dont le nombre ne cesse d’augmenter.

2. L’emploi de l’avis de M. Sistani, qui pense que la ville de Nadjaf, est une ville religieuse. Il est connu que le centre des manifestations religieuses de Nadjaf est le mausolée de l’Imam Ali (paix soit sur lui). Ce dernier grâce à toutes ses spécifi cations rares est un chef d’oeuvre unique en termes de la personne et de l’endroit comme nous l’avons souligné précédemment.

Seulement, il existe des tentatives de distorsion de ce chef-d’oeuvre artistique et architectural même si c’est d’une bonne intention de l’amélioration qui n’est pas étudié (telle que la démolition d’Al Soubat au niveau de l’esplanade de ce saint mausolée en 2005.

Il faut donc prendre soin de ce saint mausolée et de tout ce qu’il recèle en art et en architecture impressionnants et de maintenir sa domination sur la ville.

3. L’emploi de l’avis de Sistani, qui semble être impressionné par l’importance et la forme de la ville de Londres. En eff et, celui-ci dit la chose suivante : «lorsque j’étais à Londres pour mon traitement de santé, on m’a un jour transféré de l’hôpital où j’étais vers un autre hôpital. En cours de route, j’ai aperçu une région dont la construction est très ancienne ressemblant aux murs de Nadjaf, et j’ai vu des cavaliers sur des chevaux s’agitant en aller et retour. Je me sui renseigné sur cette région et on m’a répondu que l’âge de ce lieu remontait à plus de 500 ou de 600 ans, et qu’il est considéré comme l’un des lieux importants du patrimoine historique dont on a conservé la forme et l’identité ». Alors, pourquoi nous les architectes et les planifi cateurs ne nous imitons pas l’occident dans ce genre d’initiative, et pourquoi pensons nous que le développement réside seulement dans la construction de hautes tours! Il convient de souligner ici la phrase aux profondes implications qu’avait mentionnée Abdul Sahib Chir Ali dans son article quand il dit que la vieille ville de Nadjaf Al Ashraf est un « riche Musée». En eff et, cette ville est riche en héritage civilisationnel. La question ici est de savoir comment traiter cet illustre musée et bénéfi cier ici des expériences de l’Occident, dans la préservation de leurs villes d’antan.

Si nos villes regroupent cet ensemble de caractéristiques historiques et patrimoniales, doit on les faire renaître, ou peut on eff acer nos monuments sous le prétexte de l’innovation, de la modernisation et du développement.

Chose qui justement nous oblige à nous élever contre de telles tentatives qui ne refl ètent aucunement une connaissance préalable permettant de comprendre la spécifi cité de ces villes saintes. Nous pouvons donc nous opposer à cela à travers l’action sous diff érents niveaux comme l’organisation de séminaires, de conférences et de réunions avec les hautes références (Marjaîya) afi n de nous inspirer de leurs points de vue quant à l’importance de préserver l’identité et le caractère de la ville sainte. Aussi profi ter des points de vue de M. Ali Al-Sistani (qu’Allah le protège) en tant qu’autorité religieuse suprême (marje) qui jouit d’une infl uence très important dans la sensibilisation à l’importance du patrimoine dans les villes saintes (Nadjaf, Al-Kadhimiya, Kerbala..) et la nécessité de sa protection et de s’opposer à la campagne de reconstruction qui peut entraîner la démolition ou le brouillage de l’identité et du caractère des villes saintes. Sachant que la culture est la variante d’un peuple à l’autre, selon les croyances religieuses, intellectuelles et sociales de chacun de ces peuples, en conséquence à cela, son impact sur le tissu urbain se modifi e aussi. (Les facteurs culturels grandissent dans l’âme humaine, avec la croissance de l’homme et son apprentissage. Ces facteurs se transmettent des prédécesseurs aux descendants, et dessinent la voix que l’homme doit emprunter afi n que commence la relation entre lui et son créateur en premier lieu, sa relation à sa société en second lieu, puis sa relation aux membres de sa famille et enfi n sa relation avec son environnement urbain.

Les facteurs culturels s’établissent sur la base des valeurs de la société, et l’habitat est l’unité miniature de cette dernière, c’est pour cela qu’il porte les spécifi cations réelles de ses occupants. Par ailleurs, tous les comportements de l’individu sont refl étées par son habitat).

La ville ainsi que le tissu urbain sont un produit de la culture. C’est pour cette raison que la ville arabo-islamique quand elle respecte l’homme et son existence, cela se refl ète sur son tissu urbain. Tandis que la ville de l’occident, elle représente le concept et la culture de la société occidentale qui se refl ète dans la production civilisationnelle et architecturale au sein de ses villes. C’est pour cela que l’étude de l’impact culturel sur le tissu urbain de la ville regroupe l’étude de la culture de la nation, de son idéologie, et de son orientation intellectuelle de façon matérielle dans la ville notamment sur sa production architectural.

La culture de la société nadjafi e est principalement infl uencée par la croyance et la pensée islamique et sa vision de la vie et de l’homme pour lui donner son identité distinctive.

C’est pour cela que nous constatons que la foi islamique se refl ète sur le tissu urbain de la ville de Nadjaf Al Ashraf. Cette dernière est la source des besoins spirituels et moraux de l’homme, et l’organisatrice de ses besoins matériels sous une forme complémentaire et intégrée où s’équilibre le sentiment avec le matériel. Aussi, c’est l’organisation des besoins de vie de la société à travers les valeurs comportementales de la vie en vue d’atteindre le musulman complet. La foi joue donc le rôle principal dans la formation de la structure sociale et comportementale de l’individu et qui se refl ète essentiellement sur l’habitat, dans lequel il vit et où il passe son quotidien. Cet habitat infl uence à son tour la société et le tissu urbain.

L’appel de l’Islam à l’adoration de Dieu ainsi que l’appel à des concepts et à des valeurs facilitant à l’homme musulman la vie dans sa grande société, a eu un impact considérable sur l’architecture de la ville arabo-musulmane. Un exemple de cela, l’architecture des mosquées et des unités résidentielles entourant ces dernières de manière cohérente et harmonieuse qui refl ète l’empathie et la cohésion entre les membres de la société. C’est pour cela que nous constations que la mosquée a un rôle principal en tant que centre culturel et spirituel de la confl uence des musulmans. Aussi, autour de cette mosquée se forme un centre de rassemblement et d’activité commerciale qui s’étale en forme linéaire pour atteindre les zones d’habitat29.

À partir de cela, on peut dire que la foi islamique, a un impact direct sur le tissu urbain de la ville arabe, sur l’orientation de son identité ainsi que sur sa structure urbaine. La présence de vides urbains dans son tissu a eu un rôle dans la construction des habitats selon des lois et des législations émanant des lois religieuses. Surtout qu’il y en a qui courent derrière l’expansion des vieilles villes saintes, proposant des démolitions, ou des changements dans les caractéristiques architecturales des bâtiments que l’ont veut rénover. Ceux là, agissent sous de faux prétextes manquant de planifi cation qui soit basée sur l’importance de maintenir toutes les composantes du tissu urbain de la vieille ville sans être infl uencé par toutes ces voix dissonantes réclamant l’expansion à l’intérieur de cet espace si précieux.

Cette mesure gouvernementale adoptée par Londres pour la préservation de leur patrimoine, dont l’âge n’excède pas la moitié de l’âge de Nadjaf, nous incite et nous motive à la nécessité de consulter l’avis des personnes compétentes à ce sujet.

M. Ali Sistani, par exemple, représente un large segment de la population irakienne. Le fait qu’il soit un ouléma, et qu’il ait vécu dans la ville de Nadjaf, peut-être plus longtemps que la vie de beaucoup de gens qui prennent ces décisions, cela lui donne une profonde connaissance de cette ville et mieux que quiconque. Par ailleurs, les fondements de la planifi cation et de la prise de décision nécessitent d’exposer sur le peuple les stratégies proposées et de mesurer leur adéquation avec leurs besoins et désirs. Al-Sistani ne représente pas qu’un individu de ce peuple mais sa majorité. Aussi, il ne représente pas seulement l’un des fi ls de cette ville mais leur écrasante majorité. De ce fait, il est naturel que si une décision de planifi cation est exposée au peuple, ce dernier sera du même avis que celui d’Al-Sistani. De plus, les gens ne manquent ni de goût ni de civisme, et sont tout à fait en mesure de comprendre l’importance de la vieille ville de Nadjaf et de son patrimoine en général.

4. Les spécialistes doivent exploiter le point de vue de M. Sistani dans ce sens qu’il faut sensibiliser les citoyens en général et les gens de la ville en particulier sur l’importance de la vieille ville de Nadjaf d’une part, et l’importance de cet événement (la ville de Nadjaf, capitale de la culture islamique 2012) d’une autre part. Cela est important afi n de créer un état d’appui à l’opinion demandant la préservation de l’identité de la ville arabo-islamique.

La chose importante sur laquelle nous devons nous concentrer aussi, c’est que le nom (la capitale de la culture islamique), se compose de deux parties (capitale) et (culture islamique). On ne devrait pas se concentrer exclusivement sur la première partie et ce que doit contenir une capitale en luxueux hôtels, hauts bâtiments, maisons de repos et moyens de confort. Mais l’important c’est qu’on doit s’intéresser à une compréhension de la seconde partie de cet intitulé (culture islamique). En eff et, il est important de ne pas oublier que le premier est le résultat du second, et non l’inverse, (capitale est le résultat de culture islamique).

Il est essentiel aussi de préserver la structure urbaine de la ville en termes d’architecture qui représente un refl et des valeurs spirituelles de la culture islamique. Cette ville doit conserver son identité et son caractère distinctif et éviter les erreurs intentionnelles de certains à travers l’assurance de la cohésion du tissu urbain qui a été frappé la désintégration de certaines de ses parties après la construction des rues autour du noyau de l’existence de la ville qui est « le saint mausolée de l’Imam Ali, paix soit sur lui ».

5. L’occasion du choix de la ville de Nadjaf, comme la capitale de la culture islamique en 2012 est une chance inouïe pour ceux qui appellent à préserver son identité afi n de créer des bases solides pour la reconstruction de Nadjaf. C’est dans une telle ambiance que les décideurs sont forcés d’écouter ces points de vue qu’ils ignoraient d’habitude (infl uencés par la mondialisation et convaincus de la fausse ligne qui leur est établie par certains entre préserver la ville et assurer les services nécessaires). Il est donc judicieux d’utiliser cette occasion à cet eff et, en plus de l’opinion populaire et celle des sages, comme M. Al-Sistani, les spécialistes et les intéressés par le sort et l’importance du patrimoine.

6. Une attention particulière doit être accordée à la spécifi cité de la place en termes de forme, de construction et d’architecture afi n de les montrer au visiteur venant à la ville. Aussi, Nadjaf est l’une des villes arabo-islamique qui reste gravée dans la mémoire du visiteur pour de nombreuses années, et dont il se rappelle où qu’il soit. Parmi les choses qu’il retient : la domination du dôme et du minaret du mausolée de l’Imam Ali (P) sur le vieux tissu urbain de la vieille ville. Aussi, les mosquées, les souks ainsi que les centres religieux, scientifi ques, culturels, et sociaux…

Notons que dans les souks s’eff ectuent des échanges et des interactions commerciales, aussi ces derniers sont souvent proches des mosquées…et se caractérisent par des traitements climatiques : de sorte qu’ils aient un toit pour former un courant d’air froid. Par ailleurs, on constate dans les ruelles de Nadjaf l’élément de surprise qui procure du plaisir en créant des scènes visuellement variables avec les ongles de la ruelle à de longues distances. Aussi, les traitements architecturaux de chaque élément de l’architecture arabo islamique qui tiennent en compte l’aspect environnemental ainsi que l’intimité sociale. Par exemple les relations sociales sont fortes entre les membres d’un même quartier, et les distances entre les habitats étaient très étroites.

Sur cette base, nous pouvons dire que la ville de Nadjaf d’aujourd’hui, ne manque pas de problèmes, mais ce qui est important c’est de savoir comment les traiter. En eff et, il n’est pas raisonnable de faire face aux problèmes de planifi cation de la ville de Nadjaf, par la démolition et la rénovation de cette dernière comme une ville banale ne disposant pas de cette spécifi cité.

Le plan urbain d’aujourd’hui doit être capable d’apporter des solutions avec une grande perspicacité afi n de protéger cette spécifi cité et faire face aux défi s actuels du XXIe siècle qui sont principalement la mondialisation et le développement technique et technologique. Il faut aussi faire face à ces évolutions, sans que cela ne signifi e la négligence du patrimoine culturel.

Bien au contraire, il faut s’inspirer des solutions du fi n fond de cet héritage à travers une série couvrant le passé en passant par le présent afi n d’adopter une vision du future qui prenne en compte le patrimoine culturel et qui s’adapte au rythme du développement technologique.

Ce sont ses caractéristiques qui ont façonné la ville de Nadjaf Al-Ashraf et qui lui ont permis d’occuper cette place entre les villes arabo islamiques.

En eff et, ces particularités ont contribué à la choisir en tant que capitale de la culture islamique. Les événements résultant donc du choix de cette ville doivent renforcer son rôle historique. Cela signifi e d’oeuvrer à ce que cette sélection puisse être un soutien et une force s’ajoutant aux richesses de Nadjaf et à son héritage urbain, et non pas être une capitale de la culture islamique détruisant le tissu traditionnel urbain, le patrimoine civilisationnel et la spécifi cité historique de cette ville.

Bienvenue donc à la capitale de la culture islamique maintenant le tissu traditionnel. Bienvenue à la ville au patrimoine culturel spécifi que répondant à l’environnement naturel de l’unité d’habitat, du quartier et de la ville en entier. Enfi n, bienvenue à la ville fortifi ée d’un illustre rempart historique, à la capitale de l’Imam Ali (P) et son saint mausolée. Néanmoins, si « capitale de la culture islamique » exige des changements non étudiés, non méthodiques et planifi és sur la base de pensées importées non tirées de la jurisprudence islamique (la charia), c’est non et mille non parce que cela cause du tort à la ville de Nadjaf, à l’Irak, à l’histoire et la civilisation ainsi qu’à toutes les valeurs sur lesquelles se base l’architecture islamique et dans lesquelles elle innove des planifi cations urbaines. En eff et, cela au lieu de promouvoir le rôle historique de Nadjaf Al-Ashraf, c’est à la fois une démolition un piétinement, une distorsion ainsi qu’une atteinte profonde à la ville, à son histoire et à son patrimoine urbain.

7. Redonner vie à l’ancienne ville de Nadjaf Al-Ashraf doit être associé à la démolition des édifi ces au caractère moderne étrange qui se sont élevés au sein de la ville patrimoniale. Ces derniers se sont en eff et élevés au mépris total de toutes les valeurs humaines et de tous les sentiments religieux.

La suppression de ces édifi ces à pour but de rendre à la ville de Nadjaf Al- Ashraf, son architecture historique urbaine. Elle vise aussi une interdiction radicale de l’édifi cation des bâtiments verticaux, au profi t des bâtisses horizontales à la seule condition que leurs hauteurs ne dépassent pas celle du mur entourant le saint mausolée. On doit aussi interdire l’ouverture des rues pour les véhicules dans les vieux quartiers ainsi que la scission de certaines parties du tissu organique intégré.

Il devient clair que cette procédure n’est pas effi cace, en raison de la succession d’expériences ratées dans le passé et qui ont conduit à des conséquences désastreuses qui se traduisent par la désintégration progressive du tissu urbain de ces zones, mais nécessite de relier l’ancien tissu avec le nouveau grâce à des éléments de permanence et de communication. Cela assure la vitalité de l’environnement patrimonial et sa durabilité et cela est possible, par exemple, en reliant ces zones au réseau de route de la ville par une route circulaire dotée de parkings et de routes barrées pour le service sans l’incursion à l’intérieur de ces zones afi n de ne pas endommager ni détruire ce tissu urbain.

Grâce à cela, la vieille partie peut donc profi ter des services modernes, tout en conservant le caractère traditionnel fermé sans rien changer dans ses allées. Il existe de nombreux points de vue présentés par des spécialistes afi n de reconstruire la ville de Nadjaf Al Ashraf connue comme une ville de civilisation, de patrimoine, de l’histoire, de l’islam, et la ville du héro de l’Islam, l’Imam Ali (paix soit sur lui) et de l’architecture arabo islamique. Certains de ces points de vue sont rejetés par toutes les classes du peuple (que ce soit les classes moyennes ou les élites). Par ailleurs, chaque pierre de la ville de Nadjaf a une grande valeur qu’on ne peut compromettre, d’où la nécessité de fournir le meilleur service ainsi que d’assurer la facilité d’accès aux centres religieux patrimoniaux et de résoudre les engorgements dont souff re la ville.

Aussi nous constatons qu’il n’y a pas de contradiction entre préserver l’identité de Nadjaf et fournir des services ainsi que de la facilité d’accès aux visiteurs. Nous avons tellement été infl uencés par l’occident et la mondialisation que nous croyons qu’off rir des services est associé à la modernité et aux constructions au style architectural occidental et aux larges rues.

D’autres eff ets de la conception occidentale ont envahi les pays arabes et ont atteint les villes arabo islamiques (historique) telles que la ville du Prophète (P). Seulement nous pouvons fournir de très bons services d’une ville ser- vant les visiteurs (en dehors des frontières de la vielle Nadjaf ) à condition que cette nouvelle ville soit en harmonie avec la forme et le contenu de la vieille ville. Cette harmonie doit être de sorte à ce que quand le visiteur entre dans la vieille ville de Nadjaf, il ne trouvera pas de contradiction ou de distorsion entre les deux endroits (ancienne et nouvelle ville).

Il est aussi important de relier entre ces deux villes par de diff érents moyens de transport de manière à ce que le visiteur entre dans la ville de Nadjaf. Une fois dedans, il la traverse et atteint le mausolée de l’Imam Ali (paix soit sur lui) en passant par les ruelles de la vielle ville, ses souks, ses rues et ses placettes tout en contemplant les habitats de ses oulémas et de ses poètes, ses mosquées ainsi que ses écoles. Les rues qui relient la ville des visiteurs, ses hôtels, ses restaurants...à la vieille ville doivent aussi être en cohérence avec la forme de la ville de Nadjaf. Cela signifi e une sauvegarde progressive à travers la promulgation des lois (et vient ici le rôle des autorités responsables telles que la planifi cation urbaine et les municipalités).

Ces lois déterminent aux propriétaires des bâtiments commerciaux, des maisons et des magasins dans les rues qui traversent la ville de Nadjaf Al Ashraf la façon de construire et d’habiller les façades. À titre d’exemple, parmi les choses qu’il ne faut pas y avoir : des noms de bâtiments, de magasins, d’hôtels ou de restaurants incohérents : un exemple de cela, on ne devrait pas retrouver (restaurant Happy Days) aux cotés de (Hôtel Koufan) ou à côté d’une école religieuse. Il ne doit pas y avoir une façade d’un immeuble en verre ornée de décors modernes aux cotés d’un édifi ce historique vieux de plusieurs siècles.

Il ne doit pas y avoir non plus un bâtiment commercial ou un hôtel plus élevé que le mur du mausolée de l’Imam Ali (pix soit sur lui) dans ces rues.

Tout cela devrait être déterminé par des lois rendant le visiteur lors de son passage à la vieille ville de Nadjaf sentir pénétrer progressivement une ville sainte jusqu’à ce qu’il pénètre dans les ruelles et les vieux souks pour sentir l’odeur de l’histoire, du patrimoine et de l’Islam de ses pierres jusqu’à sob mausolée (de l’Imam Ali, paix soit sur lui), qui doit rester en l’état tel un chef-d’oeuvre architectural. (Voir Figure 8 et 9 et fi gure 11).

La présence du saint mausolée dans la structure urbaine de la ville de Nadjaf Al Ashraf a oeuvré à donner une dimension signifi cative et palpable à l’ensemble du cadre urbain, en plus de sa dimension spirituelle. Le saint mausolée se caractérise au sein de l’architecture islamique par un style archi- tectural distinctif comme un monument qui a acquis une signifi cation symbolique liée à des idées de pérennité, en plus de ce qu’il suggère en connotation spirituelle de calme, de tranquillité, de divinité, d’éternité, et de bonté.

LE PATRIMOINE DE NADJAF ET SA CONTINUITE

Dans notre histoire moderne, le patrimoine a vu le jour suite à des confl its entre des communautés, des idées et des croyances. En eff et, le patrimoine est un concept autour duquel on débat et on se dispute énormément.

Aussi, on adopte souvent des attitudes négatives ou positives vis-àvis de ce concept... La nécessité de se retourner vers le patrimoine et de se concentrer sur lui a commencé à apparaitre lentement dans tous les aspects de la vie, et peut-être que la raison la plus importante à cela c’est d’essayer de trouver un caractère constant défi nissant la communauté et la distinguant des autres communautés. Cette tendance est apparue dans tous les domaines de la vie : la littérature, l’art, la philosophie et la pensée, en passant par l’architecture et on atteignant les moindres détails de la vie. La mission de l’examen et de l’étude du patrimoine de Nadjaf exige de surmonter les cadres étroits de l’angle de vision des salafi ste (fondamentalistes) qui tentent de se contenter de l’étude du patrimoine comme faisant partie du passé. Ces derniers pensent qu’on doit être seulement impressionnés par le patrimoine et le sacraliser. Ils appellent à la vie à l’intérieur de ce patrimoine au détriment du présent et sans se rendre compte des nombreux changements qui sont survenus à l’époque actuelle. L’appel n’est pas ici de reproduire l’esprit de l’héritage architectural, parce que cela est impossible.

C’est donc là une invitation à l’inspiration, à l’analyse et à l’étude des composantes de cet esprit et à la formation des idées et les répandre à nouveau. Ce dernier point est censé rendre le travail de l’innovation contemporaine exprimant l’esprit à travers sa continuité grâce à la planifi cation et la conception de la ville de Nadjaf Al Ashraf.

L’importance du patrimoine de Nadjaf comme une référence de base pour le concept de la continuité intellectuelle

L’habitant de Nadjaf, ne peut renier ni son passé, ni son environnement ni son héritage. Si on abandonnait ces derniers, l’homme retournerait au point zéro, et recommencerai à nouveau son existence physique, spirituelle et intellectuelle au même pied. Cela signifi e l’annulation de toutes les réserves massives d’expériences et de compétences acquises par nos ancêtres à travers leurs actions dans l’arène de la vie sous tous ses aspects. Le résultat est que cela nous couperait des racines qui nous tiennent aux profondeurs de notre terre et de notre histoire.

L’historien Toynbee, dans son oeuvre (étude de l’histoire), explique que la séparation se produit dans la réalité de la civilisation entre ses racines historiques et son unité organique. Cette séparation la conduira inévitablement à la faiblesse, à l’inertie et à l’incapacité à relever les défi s croissants. Cette civilisation se trouve ainsi paralysée et tendant vers le déclin et la chute30.

L’idée de travailler sur le patrimoine, en particulier sur ce qui est en lien avec les textes de la révélation qui sont le Coran et la Sunna, et l’affi rmation des droits des générations actuelles à lire des textes de la révélation qui fi xent la vie dans nos veines rigides pour remodeler nos vies et nos idées par le contact.

Grace à cette opération, nous aurons eff ectivement réalisé de nouveaux éléments du patrimoine de Nadjaf s’ajoutant aux éléments déjà existants et se transmettant à ceux qui viennent après nous. Le patrimoine que nous le voulions ou non est un élément essentiel du présent. Respecter cet héritage, l’analyser et l’étudier est un grand pas pour comprendre le présent et déterminer les cartographies précises de notre avenir dans un monde envahi par le confl it des civilisations.

Le dialogue de l’architecture

Communiquer ou dialoguer renvoie à une idée de participation à l’action entre les deux parties. Certaines idées philosophiques contemporaines montrent que la principale cause de la coexistence humaine est le principe de la communication, en transmettant nos intentions, nos désirs vivants et nos objectifs aux autres à travers de divers codes du langage de communication.

Johnson soutenu par plusieurs chercheurs estime que la communication ne peut pas être séparée de l’héritage architectural ni de la personnalité (Johnson, Paul - Alan, 1994, p. 284), Quand à (Jinan) elle trouve que la ville est comme l’histoire des relations entre les groupes humains, et comme le processus de production des espaces et leur distribution. Les valeurs de cette histoire sont ancrées dans la communication et la continuité historique de son héritage culturel31. Ainsi, la communication renvoie à la relation entre le (patrimoine) et le présent (contemporain), qui est réalisé par :

- Les traitements structurels : traiter avec le texte patrimonial dans sa globalité, qui est contrôlé par des constantes et est concerné par des transformations.

- L’analyse historique : lier le texte du patrimoine à son champ historique.

La nécessité de communiquer avec l’héritage en vue de réaliser le principe de l’inspiration

Dans le patrimoine de chaque nation se trouve une énorme quantité d’éléments matériels et moraux qui ont été utilisés un jour déterminé pour résoudre un problème déterminé. Ou bien c’était un moyen d’exprimer une situation spécifi que d’une certaine manière. La ville de Nadjaf Al Ashraf a beaucoup d’éléments matériels et moraux qui ont été utilisés pour résoudre ses problèmes de planifi cation et de conception. Ces solutions se trouvent souvent au sein d’un système intégré où elles sont globales pour les problèmes de la vie publique et dans les conditions de cet environnement.

Le patrimoine représente l’héritage culturel provenant des profondeurs de l’histoire humaine et de son patrimoine. Si on est obligé de nous en inspirer, on doit aussi le relire, non pas seulement pour le transfert et l’imitation, mais pour le faire avancer à travers des canaux d’inspiration que transporte l’architecture contemporaine avec toutes ses expériences relatives à la vie, à la philosophie et à la technique.

Chose qui assure la continuité et la communication de l’esprit du patrimoine avec sa présente réalité. De nombreux architectes peuvent tomber dans le cercle du patrimoine et certains restent prisonniers de ce dernier en tant que pensée philosophique, dont les racines peuvent absorber le nouveau climat de la civilisation afi n qu’il donne naissance à un nouvel héritage culturel32. Certains architectes pensent que le travail architectural, afi n qu’il répondre aux besoins de la communauté et à ses besoins humains et pour qu’il exprime sa spécifi cité et sa propre identité, il doit construire des ponts de communication entre le patrimoine architectural riche et le présent développé. Greenberg affi rme la nécessité de communiquer dans l’architecture, en particulier avec le patrimoine qui est l’intermédiaire grâce auquel se transfert la civilisation d’une génération à une autre. Et le cas (de non communication) signifi e la séparation. Cette dernière est une opération qui conduit à une perte du sens et des points signifi catifs.

L’orientation qui prône la séparation et la non communication conduit à l’aliénation de la société et de ses orientations33. C’est ce que nous trouvons dans les projets de construction réalisés dans la ville de Nadjaf Al-Ashraf, ainsi que ceux qui ont été proposés.

Le retour au passé afi n de s’inspirer des idées patrimoniales et les adapter de manière répondant aux exigences de cette époque est une nécessité urgente afi n de surmonter les nombreux problèmes auxquels fait face la ville contemporaine.

Se référer au passé ne signifi e pas le transfert du vocabulaire traditionnel de manière rigide telle qu’il était dans le passé, parce que ce vocabulaire devient mort. Seulement, ce dernier doit être adapté en forme et en substance, sans perdre son esprit original et l’objet pour lequel il a été conçu34.

Nous constatons de ce qui précède qu’il ya deux principes de base qui doivent être défi nis afi n d’atteindre la continuité et la communication :

1. La référence commune (cela signifi e ce qui est constant de la pensée).

2. Le code commun (c’est la langue symbolique entre le travail et la société).

La communication par la présence temporelle et spatiale de l’architecture traditionnelle

La présence temporelle et spatiale est l’un des principaux termes du phénomène de la communication et de l’inspiration de l’architecture traditionnelle, comme suit35 :

1. La présence temporelle: l’architecture arabe espérait renforcer la communication et non pas la durabilité et la survie potentielles des valeurs morales et conceptuelles de ses productions avec le temps, dans une lutte inéluctable contre sa mort physique, de manière à dépasser les étroites limites de son temps vers l’infi ni, puis réaliser sa présence morale éternelle à travers le temps indépendamment de sa nature et de ses formes.

En outre, avec le temps et le changement du système de valeurs et des normes ainsi qu’avec l’émergence de nouveaux systèmes, ces productions subissent constamment des opérations de réévaluation comme des preuves physiques vivantes de leurs époques. On redécouvre d’autres valeurs, y compris entre ces productions. Ces nouvelles valeurs peuvent être en lien avec un événement historique précis la distinguant du reste des autres productions.

Ou bien, elles peuvent être en lien à d’autres formes qui ne se sont jamais produites, ou parce que ces valeurs sont une référence scientifi que directe aux informations historique ou elles peuvent être considérées comme une référence touristique qui peut se développer en un symbole national, dans certains cas.

2. La présence spatiale : la présence spatiale de l’architecture est liée à des dimensions humaines relatives. Les éléments de l’endroit sont une sorte de monument dans l’esprit de l’homme qu’on perçoit physiquement puis mentalement pour devenir une partie de la mémoire comme une image mentale et une présence. De telles images dépendent (en plus de l’organisation sensorielles, formelle et morale de ces éléments) des preuves culturelles de l’homme (dimension économique, politique et sociale), qui est à égalité avec cette organisation et le perçoit d’un autre côté. L’homme a une tendance naturelle à construire une relation étroite avec son environnement, de sorte que plus la production architecturale est liée à la référence des traditions et des normes sociales et culturelles (qui est inspirée des propriétés du tissu urbain autour de lui) plus elle fait partie de la mémoire collective et devient capable de se poursuivre au cours du temps. Au même temps, plus la production architecturale est associée aux évolutions et aux coutumes individuelles isolées (ne correspond pas au tissu environnant) elle est exposée au changement au fi l du temps et à la disparition.