LES MANIERES D’APPLIQUER LA VISION DE SAYYED ALI AL-SISTANI
 
La pensée islamique

L’Islam peut être considéré comme un mode de vie à travers ce qui suit6 : 1. La foi : un lien entre l’Homme et Dieu. La foi est la croyance dans le coeur (essence) que Dieu seul peut voir.

2. La charia (droit musulman): ce sont les règles qui relient les Hommes aux Hommes sur le plan de l’individu et la société.

3. L’éthique : c’est la nature des relations, et de tous les liens sur une base de l’engagement et de l’application. L’éthique est le trait saillant et regroupant de la nature de la relation et de ses applications entre les deux parties l’Homme-Dieu et l’Homme-l’Homme.relations sont caractérisées par la nature de combinaison entre la religion et le monde et la combinaison entre les valeurs émotionnelles, spirituelles et matérielles de la vie de l’Homme7. Les valeurs matérielles apparaissent dans la dimension de l’apparent tangible et mesurable, quant aux valeurs spirituelles, elles apparaissent dans la dimension non mesurable8.

1. Relation de l’Homme avec Dieu

L’islam s’appuie sur la base de la relation directe entre l’homme et Dieu. Et parce que la puissance du Créateur est loin de la perception humaine9, l’homme connaît l’existence de Dieu par ses créatures et les liens qui les unissent entre elles. Par conséquent, l’univers et l’Homme refl ètent les principes du Créateur. Ainsi se refl ètent les relations spirituelles des concepts du Coran dans les choses matérielles créées par Dieu, ainsi que dans les conceptions architecturales qui sont formées par l’humain10.

Parce que la foi en Dieu est dans le coeur, et que l’homme croit en l’existence de Dieu en tout lieu et en tout temps, et qu’il est près de l’homme, que l’homme ne l’est de soi, « …et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire » (verset 16 Sourat Qaf ), c’est pour cela que la terre est promise à une mosquée dans l’Islam.

La relation entre l’homme et Dieu est une relation spirituelle directe, et déterminée par trois niveaux qui sont : l’Islam, la foi et la charité.

Les degrés de croyance sont donc l’Islam puis la foi puis la charité.

L’individu est considéré comme musulman par la pratique apparente des devoirs de l’Islam, il est considéré croyant puis charitable par la pratique apparente et la foi dans le coeur que seul Dieu connait. Le croyant est un musulman en apparence, et en substance. Cela peut être expliqué par la (fi gure 31) la relation directe de la pensée entre l’Homme et Dieu se refl ète dans l’architecture à travers la relation directe entre le patio de la maison (la cour) et le ciel et comme le dit Hassan Fathi :

« Les Bédouins dans le désert sont caractérisés par la simplicité et l’hospitalité ... Et le recours à l’astronomie ... Et parce que son expérience avec la nature est rude en raison de la nature brulante du désert, il n’éprouve donc aucun confort à ouvrir sa maison à la nature, mais il trouve une partie de la nature, amie de l’homme qui est le ciel clair et propre, à partir duquel Dieu fait descendre de la pluie. Et l’arabe considérait le ciel comme le visage le plus calme de la nature.

Il est donc normal, s’il essayait d’apporter la miséricorde et la sainteté du ciel à la maison par le patio. Ce dernier est une ouverture carrée s’ouvrant verticalement vers le ciel et fermée horizontalement au désert, il détermine la partie du ciel du propriétaire de la maison et qui apporte le calme et la sécurité aux salles qui l’entourent. La spiritualité de l’habitat est ainsi complétée grâce à la spiritualité du ciel». Cette relation directe entre le ciel (extérieur) et le patio de la maison (intérieur) est en convergence avec la relation directe entre Dieu et l’essence de l’homme (son coeur).

2. La relation entre l’apparence et la substance

L’un des aspects évidents de la pensée islamique c’est l’existence de deux parties qui sont l’apparence et la substance ou l’extérieur et l’intérieur : ces aspects sont présents dans :

1. La constitution de l’âme humaine qui se compose de deux parties qui sont l’intérieur ou la substance et l’extérieur ou l’apparence, c’est-à-dire le corps et le comportement.

2. La structure sociale, composée de l’intérieur ou de l’essence qui est l’individu et la famille, et de l’aspect extérieur, ou de l’apparence qui est la société dans son ensemble.

La relation directe entre l’Homme et Dieu détermine les deux relations mentionnées ci-dessus.

2. 1.La relation de l’homme avec lui-même

L’Homme dans la pensée islamique est vu comme étant composé de trois parties : l’esprit, le corps ainsi que l’âme humaine charitable et raisonnable exprimant les caractéristiques de son personnage comme une troisième partie dans l’intégration des deux premières parties.

Cette fusion génère l’accomplissement de l’homme. Par ailleurs, cette rencontre entre l’esprit et la matière, ou entre l’émotion et la raison et ne génère aucun confl it. Ces deux parties si elles se séparent, cela donne l’homme que nous connaissons11.

La nature de l’âme de l’homme12, qui refl ète le niveau de la foi de l’individu, est comme les caractéristiques qui donnent son identité à l’architecture.

Ainsi nous pouvons dire que le lien entre l’aspect physique apparent (la masse) avec l’espace et ses signifi cations spirituelles et de substance, est le processus important dans la création de l’architecture. Par ailleurs, ce processus est similaire à la fusion de l’âme et de la matière afi n de former l’âme de l’Homme.

2.2. Relation entre l’Homme et l’Homme

C’est la relation entre deux parties identiques, au niveau de la présence spirituelle et matérielle. Cette relation est contrôlée parles valeurs et comportements islamiques.

Le tout et la partie

En observant les deux dernières relations (l’Homme-soi/l’Hommel’Homme), nous constatons qu’elles sont contrôlées par la relation Homme- Dieu. C’est pour cela que la société ne deviendra musulmane que si la relation l’Homme-Dieu, se refl ète sur elle, c’est à dire si l’islam est compris et appliqué, individuellement et collectivement. Le groupe représente l’une des forces conservatrices de la société et ensuite l’une des forces du maintien de la continuité de l’utilisation des styles architecturaux (types architecturaux) spécifi és dans l’architecture islamique. Il apparait de ce qui précède que parmi les caractéristiques de la pensée islamique ces deux propriétés :

1. L’existence de la différence entre l’apparence et l’essence et à de différents niveaux

A. La diff érence entre l’âme et l’esprit (substance) en parallèle au corps et au comportement (apparence).

B. La diff érence entre la famille (substance) et la société (l’apparence). La famille est une entité distincte de l’entité globale de la société, et possède sa sainteté et son intimité13 et est caractérisée par la cohésion interne entre ses membres.

Ainsi s’établit la vie de la famille en son sein (la substance). Et se dresse son architecture qui est comme un vêtement pour l’homme cachant son corps et ses caractéristiques14. La maison est appelée Maskan en arabe, (l’étymologie de ce nom se rapproche du sens de la quiétude et la tranquillité) Les espaces privés de la famille sont appelés en arabe Harim ou Al- Haram c’est-à-dire un lieu sacré15.

2. Similitude de l’apparence et différence de l’essence

De manière générale les musulmans sont semblables dans leur style de pensée, aussi, ils sont égaux comme les dents d’un peigne dans les droits et devoirs indépendamment du degré de de leur croyance intérieure (la nature de l’âme ou de l’essence). Cela signifi e qu’il y a une uniformité générale dans l’apparence globale, et la diff érence est dans le degré de la foi (la substance) c’est-à-dire dans le degré de l’application de la pensée par l’individu (la partie).

L’intimité de l’architecture de Nadjaf et de la pensée islamique

La relation entre la substance et l’apparence dans la vieille ville de Najaf, avec ses diff érents niveaux d’application et dans la pensée islamique est semblable au vocabulaire de l’intimité et de la publicité dans l’architecture et ses diff érents niveaux.Chaque partie (quartier) est composée de petites parties (maisons)... ainsi de suite. Cela signifi e que ses niveaux sont organisés tel un système. Chacun des niveaux de ce système possède une essence et une apparence, et des espaces publics et privés, et à divers niveaux comme suit :

1. La ville : c’est une entité organique, exprimant l’unité de toutes les parties pour la production d’un tout uni et homogène. Toutes les villes sont similaires comme un style général en termes de substance, comme l’existence d’une muraille blindée autour de la ville, qui sépare cette dernière du désert autour d’elle.

La ville est constituée de quartiers (pièces). Chacun de ces quartiers représente une entité entière en termes de diff érences dans certaines de ses caractéristiques. Chaque quartier est défi ni physiologiquement par les diff érents arcs et voutes dans sa structure et dans son architecture. Ces quartiers possèdent des espaces internes qui sont les espaces des ruelles confi nées par des voutes et des lignes brisées (en chicane) qui représentent l’essence sociale du quartier.

Il existe une similitude dans l’apparence et dans l’essence comme un style général en termes de l’existence des éléments du langage architectural qui défi nissent les quartiers, et une diff érence de l’essence (du fond) en termes de la pratique. C’est-à-dire la particularité de chaque quartier dans l’expression de ses caractéristiques.

1. Chaque quartier est composé de maisons (pièces) et chacune de ces maisons représente un ensemble intégré. De plus, elles sont presque identiques en substance en tant que modèle (type) de relations, comme l’utilisation des patios et des entrées tortueuses et élevées de l’extérieur. Tandis qu’au même temps, ces maisons sont diff érentes en substance, en tant qu’application.

En eff et, ces habitats ne sont pas similaires de l’intérieur en termes de propriété (character) et de spiritualité de chacun d’entre eux. Car ces derniers expriment leurs caractéristiques dans l’application et dans le degré de la foi et l’individualité de la personne à travers le groupement global, ainsi qu’à travers ses blocs muets qui ne représentent pas leurs intérieurs .

Ainsi, la relation directe entre l’Homme - Dieu se refl ète au sein de l’architecture dans la relation directe entre la terre - le ciel. Et que la relation entre Homme - Homme et Homme - soi même, sont déterminées par la première relation qui est refl étée dans l’architecture :

1. Composition d’entités intégrées et homogènes exprimant l’unité de toutes les parties, c’est à dire formation d’un système.

2. Séparation entre l’intérieur et l’extérieur et à différents niveaux.

3. Similitude du point de vue de l’aspect.

4. Similitude dans l’essence comme style général et en cohérence avec la pensée globale de la société, et la diff érence en termes de substance d’un point de vue de la pratique refl étée par le degré de la foi et l’individualité de la personne.

À partir de ce qui a précédé, il est possible de déduire le vocabulaire architectural exprimant les signifi ants culturels (cultural signifi cant) pour l’architecture de Nadjaf comme suit :

Fermeture face à l’extérieur en termes des relations au niveau du sol.

2. Ouverture et orientation vers l’intérieur dans les relations du niveau du sol.

3. Ouverture vers l’extérieur du point de vue relation de la terre avec le ciel.

4. Similitude de l’extérieur.

5. Diff érence de l’intérieur.

L’architecture de Najaf est syntaxiquement composée de modèles spatiaux déterminés. La composante de la ville islamique traditionnelle et sa constituante se défi nissent par cinq éléments, à savoir :

1. La Cellule the cell) : résultat de la mise en place de quatre murs entourant un espace et l’isolant de l’extérieur.

2. La cellule ouverte : c’est la cellule ouverte des deux extrémités, permettant la circulation à travers elle.

3. La porte (l’entrée).

4. Le patio (Th e court): c’est un espace composé de quatre murs et ouvert vers le ciel. Les espaces l’entourant donnent sur lui. Aussi, du fait qu’il se trouve au milieu d’autres espaces, le patio est isolé de l’extérieur.

5. Le corridor (Th e Path) : c’est une composante autour de la quelle sont organisés les espaces dirigés vers l’intérieur. Et selon la division précédente, on trouve trois types d’espaces du point de vue de l’intérieur et de l’extérieur, comme suit :

(1) des espaces internes : qui varient selon leur degré d’intimité relatif à :

a. L’individu : comme la chambre, ou un petit espace dans la chambre qui est caractérisée par une intimité élevée appropriée à l’individu .

b. La famille : les espaces comme le patio ou la chambre qui est caractérisée par l’intimité.

c. Un groupe défi ni de personnes : comme le patio d’une auberge ou les espaces d’une école.

d. La société toute entière : comme une esplanade ou le lieu de prière d’une mosquée où diminue le degré d’intimité pour que ces lieux s’ajustent à l’échelle de la société en termes de capacité.

(2) Des espaces extérieurs assez publiques tels les ruelles reliant entre les espaces intérieurs .

(3) Des espaces intermédiaires tels les entrées et les portes. Comme dans la fi gure précédente (Figure 22).

Les espaces publics et privés, diff érent dans leur structure comme suit :

1. Les espaces privés sur le niveau de l’individu, de la famille ou de la société sont caractérisés par leur forme géométrique (geometrical shapes) et par leur centralité (centrality), si on les considère dans leur ensemble, comme la cour d’une mosquée ou une salle… Etc.

2. Les espaces publics au niveau de la famille ou de la société sont souvent caractérisés par leur directivité et leur linéarité (Directionality and Linearity), en le considérant dans leur ensemble, ainsi que du fait qu’elles se composent par des pièces qui ont certaines propriétés des espaces centrés. Parmi leurs autres caractéristiques c’est qu’ils sont souvent caractérisés par une adhésion et parfois par une structure géométrique pareille que celle des espaces externes, dans des villes choisies par les dirigeants comme Bagdad et Samarra.

3. Les espaces intermédiaires sont caractérisés par leur centralité et leur linéarité au même temps. (Comme une entrée par exemple)

Quand la vie privée (privacy) est plus importante que la publicité (publicity) l’entité, ou les espaces, sont centrés et constitués d’un ensemble de parties linéaires représentant la publicité au sein de l’entité. Un exemple de cela, le patio d’un habitat pour une famille, ou à la cour de la mosquée pour les prieurs ou la ville pour le gouverneur. Lorsque la publicité est plus importante que l’intimité, le tout ou les espaces, sont linéaires et composés d’un groupe de parties qui ont certaines propriétés centrales. Par exemple, un couloir ou un corridor pour la famille, et la ruelle sans issue pour le groupe de maisons, ou les grandes ruelles ou le souk pour la société.

Pour cela, les espaces externes traduisant l’intimité sont centrés, tandis que les espaces publics sont linéaires. (Figure 42) Lors du changement dans l’articulation urbaine entre l’intérieur et l’extérieur, il se produit une transformation linéaire et centrée, parce que l’articulation change la relation entre le tout et la partie lors de la transition d’un système à l’autre. Par exemple, le passage de l’allée vers la maison ou du couloir vers la salle.

L’intimité et l’identité des éléments structurels de la ville de Nadjaf Ce qui s’est produit dans la vieille ville de Nadjaf Al Ashraf en abus et en violations de la planifi cation et de la conception ont négativement infl uencé sur l’intimité et l’identité des composantes structurelles de cette ville représentant la pensée arabo-islamique.

A titre d’exemple, le mausolée et la région environnante (la vieille ville) ont souff ert de la négligence due à des études de développement et de conservation à infl uence occidentale ainsi que des décisions singulières de planifi cation causant bien des problèmes tels qu’une vaste démolition de la zone entourant le mausolée et son isolement de cette zone. Ce dernier à conduit à la perte de la plupart des caractéristiques islamiques de la région.

Il est donc nécessaire d’étudier le développement des espaces entourant le saint mausolée de la ville de Nadjaf Al Ashraf pour dessiner les directives nécessaires en vue de raviver ce patrimoine architectural important .

1 – L’unité structurelle

La nature du matériau de construction ainsi que ses caractéristiques ont identifi é les premiers débuts des formes architecturales de la ville de Nadjaf.

La matière, notamment en architecture, est infl uente sur la naissance de la forme. Cette nouvelle relation entre la forme architecturale et les matériaux de construction et ce qu’ils impliquent en technologie de construction particulière, est le résultat de l’expérience humaine dans le traitement de la nature à travers l’exploitation de l’environnement et son adaptation à l’action humaine. Cela fait de l’architecture l’expression des niveaux urbains et techniques qu’ont atteint la société. C’est aussi, et en même temps, l’expression des caractéristiques du lieu et de l’environnement.

Il existe donc deux paramètres infl uant la forme architecturale dominante :

La technologie dominant la construction des diff érents bâtiments dans l’architecture de Nadjaf d’une part, ainsi que les matériaux disponibles tels que l’argile d’une autre part. Ces deux paramètres ont produit diff érentes formes architecturales expressives et infl uant les formations spatiales urbaines du tissu architectural de la ville. Parmi ces exemples les types de voutes et de dômes qui ont contribué à confi rmer l’authenticité de l’architecture araboislamique et ses caractéristiques distinctives. Par ailleurs, l’impact résultant de la technologie et des matériaux de construction a conduit à une augmentation de l’épaisseur des murs qui atteint jusqu’à 80 cm. Cette augmentation de l’épaisseur avait pour but d’accroître l’effi cacité de l’isolation thermique, seulement, elle a été exploitée aussi à des fi ns ornementales comme y creuser des cavités et des formes sculptées et enrichies de traitements et de motifs esthétiques impressionnants.

2- LA PROGRESSION SPATIALE

Les espaces urbains entourant le mausolée sont des compositions ordonnées et d’une esthétique progressive. Ces espaces s’accumulent plus, quand on s’approche du mausolée, qui représente le point central de ce gradient.

Les espaces de la région centrale sont caractérisés par le fait que ce sont des espaces principaux dans la ville et qui débouchent sur des espaces de groupement menant aux portes du sanctuaire et donc vers son grand espace. L’image de la ville, notamment la région du centre, peut être comparée à un bloc où apparaissent les espaces et les ruelles comme des endroits sculptés dans ce bloc. Cela se refl ète sur le système de circulation qui se caractérise par un système à haute fl uidité et au système progressif et séquentiel de manière bien claire. Les espaces de mouvement progressent allant des ruelles étroites, puis vers des ruelles plus large puis vers des ruelles principales.

Aussi, les espaces de groupement de ces ruelles sont progressifs et se dirigent dans leur ensemble de manière évolutive vers le mausolée, sans aucune entrave, donnant l’impression qu’elles avaient été calculées et planifi ées avec soin et précision. Cela conduit à une facilité d’accès au mausolée, car toutes les routes qu’emprunte le visiteur mènent au mausolée. Le système de mouvement permet à la personne de se déplacer à travers la ville, surtout vers le mausolée dans un cadre naturel et agréable.

Ajoutons ici que le visiteur – même à une grande distance – qui voit le dôme et le minaret commence les salutations du saint mausolée et s’arrête pendant quelques secondes ou quelques minutes sur le chemin pour ces salutations à distance comme s’il s’adressait à l’Imam à la vue du dôme ou du minaret de ce lieu, bien que n’ayant pas forcement l’intention de visiter le mausolée. Cela s’est refl été sur le tissu urbain en- tourant le sanctuaire sacré dans la structure de la distribution et de la communication des rues, des places et même les bâtiments autour du sanctuaire qui ont acquis une sorte d’importance spirituelle par le voisinage du mausolée, en plus de son importance fonctionnelle.

Les routes et les chemins sont les plus importants acteurs infl uant la composition de l’image visuelle chez les gens. En eff et, ces derniers remarquent la ville et observent ses parties lors de leur déplacement à l’intérieur de ces routes. Les gens peuvent aussi remarquer tous les autres éléments entourant et formants la confi guration visuelle à travers les dimensions des particules sur les axes de leur mouvement.

Les systèmes de mouvement de la ville n’étaient pas un moyen de transport, mais ce réseau représentait un système de communication dans lequel les habitants jouent le plus important rôle. En eff et ce sont ces gens qui le construisent et le dominent. Au lieu que le réseau de mouvement opère à la fragmentation des grands blocs formant le tissu urbain, celui-ci vise à relier tous les éléments de ce tissu. Les rues sont dessinées afi n de relier et de faire communiquer entre les composantes architecturales. Les rues principales se sont étendues de la mosquée comme centre de la ville vers ses cotés, des- quelles se sont ramifi ées des rues secondaires comme un lien entre les principales rues et les ruelles pénétrant les quartiers 17.

Les routes publiques se sont intégrées avec les souks traditionnels et les autres rues secondaires avec les quartiers résidentiels. Tandis que les routes sans issues se sont intégrées aux petites communautés d’unités d’habitation.

En eff et, elles leur fournissent un moyen pour les atteindre. Cette suite répond à la hiérarchie et à l’impact des degrés croissants de l’intimité confi rmant l’adoption de chaque section d’un réseau de trafi c comme une propriété de l’espace qu’il dessert.

Les mesures des rues dans la vieille ville de Nadjaf, sont liées à divers facteurs, certains sont rattachés au système de planifi cation urbaine, et d’autres sont liés à la nature du site et à son climat. Ces mesures sont aussi liées aux valeurs islamiques et aux coutumes et traditions. Ces facteurs son similaires et convergents dans les vieilles villes. Se sont ensuite très fortement ressemblées les mesures de leurs rues et les fondements de leur planifi cation.

Les axes de circulation se caractérisent dans la vieille ville par la clarté de la structuration de leurs espaces et par le fait qu’ils contiennent un réseau intégré de voies, qui sont à des degrés diff érents de la fonction, de l’échelle et de la particularité, sur plusieurs niveaux :

3. La concordance de l’échelle

La ville arabo-islamique a adopté l’échelle humaine dans sa formation et son expansion. Cela apparaît clairement dans l’étalement horizontal des quartiers privés dans la ville ainsi que dans la hauteur appropriée des façades des éléments architecturaux surplombant les ruelles et les axes traditionnels.

Il apparait aussi dans le comportement social imposé sur les piétons et les habitants par les voies étroites. Les ruelles occupent une place importante dans les villes traditionnelles. Au niveau des quartiers d’habitats elles adoptent une nature étroite et tortueuse. Certaines ont leurs extrémités sans issues afi n de fournir une protection visuelle à l’habitat, elles deviennent plus larges au niveau des routes liantes pour permettre l’accès des animaux tels que les chameaux utilisés pour soulever les charges. La largeur de la route dépasse les 3,5 m. Par ailleurs, il semble que la composition organique correspond à la vie du musulman et l’a aidé à lui apporter l’inspiration spirituelle18.

À travers l’observation de l’image de la ville arabo-islamique, on s’aperçoit qu’elle est semblable à un bloc solide où les espaces des voies apparaissent comme sculptés sur ce bloc. L’adoption de l’échelle humaine dans les espaces de la ville arabo-islamique a aidé à déterminer la nature du ressentiment du visiteur sur la manière dont s’harmonisent les éléments de la planifi cation et de la construction de la ville. Il a aidé aussi à défi nir sa capacité à percevoir et à comprendre ces éléments en prenant en considération l’ensemble des niveaux de la structure urbaine de la ville, y compris ses unités de construction et ses rues, pour qu’il ne se produise pas de séparation entre les habitants et leur ville. Il est connu que le saint mausolée d’Ali domine tous les aspects urbains de la ville. Parmi les points importants sur lesquels il domine, c’est le skyline de la ville, en particulier, sur les volumes des espaces qui l’entourent ainsi que sur les volumes des espaces de la ville de manière générale.

La cour du mausolée est parmi les plus grands espaces publiques ouverts dans la vieille ville. Sa domination devient claire en raison de la contradiction entre le ressentiment habituel des normes des espaces des ruelles étroites, puis la fascination par la taille énorme de l’espace du saint mausolée et son échelle. Il y a un fort contraste entre la richesse des traitements architecturaux des façades intérieures du saint mausolée donnant sur l’esplanade et les façades des simples allées pour la personne pénétrant l’intérieur du mausolée. Ce contraste donne du prestige à l’espace du sanctuaire et à sa domination sur la masse urbaine, ce qui renforce sa grandeur.

En plus de cela, la forte connexion organique entre les espaces entourant le mausolée et son propre espace a confi rmé sa domination et l’a renforcée.

La zone entourant le mausolée a été caractérisée par le fait qu’elle était dédiée au mouvement, la facilité d’accès est l’une de ses caractéristiques essentielles.

Il ne doit donc pas y avoir de contradiction entre la circulation des visiteurs et toute autre circulation. Aussi, l’échelle humaine est l’une des caractéristiques distinctes de cette région. Nous observons par ailleurs, la concentration de la population à spécifi cité religieuse autour du mausolée, où se concentrent les oulémas et les travailleurs du domaine religieux.De plus, les plus illustres bâtiments au style architectural historique se trouvent autour du mausolée.

Le tissu urbain environnant le mausolée est un tissu organique cohérent de manière précise. Le visiteur se déplace au sein de ce tissu par des ruelles étroites et sinueuses, qui donnent une échelle humaine juste et requise, et quand il atteint le mausolée, il pénètre dans son large espace (son esplanade).

Cette transition soudaine des ruelles étroites vers le large espace, procure au visiteur la piété nécessaire et indispensable pour ce genre de lieux saints comme mentionné précédemment.

4. L’harmonie du rythme

La confi guration urbaine traditionnelle de la vielle ville de Nadjaf est caractérisée par des éléments homogènes et complémentaires ainsi que par un skyline dominé par saint mausolée du de la ville. Aussi le tissu urbain est reconnu à travers un réseau de routes et la fréquence des cellules structurales (les habitats, les souks, les écoles, les auberges) formant un ensemble cohérent et compact sans que les bâtiments autonomes ne soient décrits d’indépendants, ils s’intègrent au tissu intégré, uni et diversifi é au même temps.

À l’intérieur de ce système se défi nit le degré de l’intimité élevée de la vie à l’intérieur des unités d’habitat. Par ailleurs, ces zones d’habitats contiennent des unités dont la taille varie au sein d’un même quartier. Cela signifi e un état de coexistence entre les diff érentes couches de la société, ce qui traduit l’expression réelle de la théorie islamique dans la formulation de la structure physique de la ville.

Les quartiers d’habitat gagnent un visage humain grâce au motif organique précis du réseau de trafi c et de ses ruelles, qui sont améliorées en utilisant les traitements et les détails architecturaux (Chanachil, Moucharabiyeh) ainsi que les traitements spatiaux qui renforcent le ressentiment de l’intimité et évitent les cas de reproduction ennuyeuse (Figure 50).

Les quartiers d’habitat de la ville arabo-islamique modèle, sont des zones relativement petites où vit une société harmonieuse. Les liens unissant les membres de cette société sont religieux ou régis par des normes sociales particulières19.

La ville traditionnelle comprend des habitats de taille relativement limitée avec une haute couverture structurale de la terre. Cette restriction a rendu la ville active et pleine de vie20.

On peut observer la structure cellulaire fournie, à travers un processus coordonné de compilation d’éléments distincts d’un état de parfaite intégration des habitats individuels avec des unités d’habitat, ainsi que ces unités avec le système urbain global21. La hiérarchie spatiale et sa transition du privé au public dans la caractéristique de la région est une particularité de la ville islamique22. Le mur externe de la maison traditionnelle est caractérisé par l’absence ou par un nombre très limité de fenêtres au rez-de-chaussée (mur solide).

5. La clarté de l’identité

La structure urbaine de la vieille ville de Nadjaf, est principalement déterminée par l’impact des valeurs religieuses ainsi que des principes et des valeurs morales et spirituelles qui émanent directement de la foi en l’Islam.

On peut observer cela à travers la mise en place des institutions requises par la religion islamique, qui sont au centre de la vie quotidienne et des événements spirituels, sociaux et économiques.

La religion a donc infl ué le style de planifi cation urbaine de la ville de Nadjaf Al-Ashraf, la distribution de l’utilisation de la terre ainsi que le système de mouvement qui est désormais régi par un style soulignant l’importance de la localisation de ces institutions religieuses. Le concept de la ville arabo islamique est basé sur le fait que «l’environnement urbain est organisé à tous ses niveaux par l’infl uence d’une forte idée tirée de l’atmosphère spirituelle et matérielle de la vie de l’homme. Cette idée détermine les matériaux de construction, les bâtiments, les routes et les places, qui aident l’individu, la famille et la communauté à s’orienter et à se défi nir eux-mêmes au sein d’un cadre local soulignant des dimensions architecturales infi niment étendues dans le monde spirituel». Les structures sociales de la vieille ville de Nadjaf, sont caractérisées par des relations humaines réelles.

En eff et, la charia a organisé la relation entre l’Homme et son créateur, elle a également identifi é la relation entre l’Homme et l’Homme, qui vise à réaliser la cohésion sociale et familiale. Cela s’est clairement refl été dans la forme urbaine de la ville de Nadjaf qui s’est développée et a évolué au cours de longues périodes temporelles.

6. La spécificité du moule

La trace des facteurs de l’environnement naturel est refl étée au niveau du tissu urbain de la vieille ville de Nadjaf, sous une forme de tissu niché dense et cohésif en raison du regroupement et du recroquevillement des bâtiments, de manière à ce que peu d’interfaces et de surfaces sont exposées directement au soleil, le but étant de former le plus grand volume interne par le moins d’interfaces externes.

Ainsi nous constatons que le tissu urbain de la vieille ville de Nadjaf, est caractérisé par le chevauchement des blocs durs aux surfaces planes et aux ouvertures rares et petites vers l’extérieur. L’architecture de Nadjaf regarde vers l’intérieur, et cette confi guration aide à réduire au maximum le nombre de surfaces exposées au rayonnement solaire direct tout en fournissant autant que possible de l’ombre. Cela a conduit à réduire l’énergie thermique pénétrant au sien des bâtiments et à réduire la température de l’air dans les ruelles étroites et ombragées pour la plupart des heures la journée ).

Parmi les autres traitements climatiques qui caractérisent l’identité et la spécifi cité de la ville de Nadjaf c’est le recours, dans leurs constructions, à des niveaux inférieurs au niveau du sol, par l’aménagement des soussols qui réduisent la chaleur et augmentent l’humidité. Ces sous sols conduisent à un changement dans l’organisation formelle et spatiale des bâtiments composant le tissu de la ville. Aussi, l’utilisation des autres traitements architecturaux tels que les badgirs (ou les tours du vent), qui ont pris des formes esthétiques par des blocs géométriques imposants, caractérisant le skyline (panorama urbain) de Nadjaf. Ces badgirs ont contribué à adoucir le climat intérieur de l’habitat en amenant de l’air frais vers le sous-sol.

Par ailleurs, la profondeur de ces sous-sols atteint trois étages souterrains, aussi, ils s’étendent parfois en dehors des limites des habitats, en dessous de la surface des allées ou des bâtiments voisins.

7. L’expression fonctionnelle de la ville

La vieille ville de Nadjaf est une ville religieuse, scientifi que et résidentielle en premier lieu. Nous constatons une domination de l’usage religieux dans le centre de la ville représentée par le saint mausolée et les autres bâtisses et événements religieux l’entourant et s’intégrant à lui.

Aussi, ce mausolée contrôle la nature de la distribution de ces utilisations par un usage résidentiel caractérisé par une haute densité et de faibles hauteurs près du mausolée, cette densité s’aff aiblit au fur et à mesure qu’on s’éloigne du mausolée. On constate aussi la prolifération des écoles religieuses et des bibliothèques scientifi ques à travers les ruelles de la ville.

Puis vient l’usage commercial en deuxième position après l’usage religieux.

Celui ci était centré sur les principaux axes reliant le mausolée aux parties de la ville. Seulement, ces derniers temps la ville a connu un usage commercial rampant sur les bâtiments résidentiels, résultant du chevauchement urbain dû à la construction des rues dans le tissu de la ville. Cela a conduit à attirer un mouvement des véhicules en grand élan au coeur de la ville détruisant le système traditionnel du mouvement des passants.

De plus, il existe une autre fonction principale qu’exerce la ville de Nadjaf, qui a infl uencé la formation de l’identité et de la particularité de la ville, cette fonction se refl ète par le fait que Nadjaf est une ville de cimetières.

En eff et, le cimetière Ouedi Al-Salem (la Vallée de la Paix), qui est l’un des plus grands cimetières du monde, a clairement infl uencé l’orientation des entrées et sorties de la vieille ville pour accueillir le mouvement des funérailles et des visiteurs de ces cimetières, en plus des bureaux de sépulture (de pompes funèbres) situés sur les bordures du cimetière (Figure 56).

8. Le problème de la désintégration urbaine dans la vieille ville de Nadjaf

Bien qu’il semble que les problèmes dont souff re le centre historique de la ville de Nadjaf, (vieille ville) soient un exemple des ceux que connaissent les centres historiques des villes saintes d’Irak, ces problèmes se distinguent cependant par le fait qu’ils proviennent de la particularité de la ville de Nadjaf et de ses conditions locales. En eff et, c’est l’une des villes islamiques saintes les plus importantes ce qui attire un affl ux de visiteurs de diff érente importance à travers le temps en immigrants et étudiants qui s y installent.

Une étude de cas de la réalité de la ville a révélé de nombreux problèmes liés aux aspects architecturaux et de planifi cation urbaine en plus des problèmes découlant des travaux de développement en l’absence d’une politique globale et intégrée de la conservation et du développement.

Les espaces entourant le saint mausolée on été victimes de pratiques de planifi cation provoquant des changements importants dans sa composition urbaine. Parmi ces changements, la suppression des zones entourant le mausolée (qui représentaient le centre de la confi guration) et leur isolement de leur environnement urbain, de manière à contredit le principe sur lequel elles ont été conçues. En plus des dommages qu’ont causés ces pratiques sur le tissu urbain et sur l’héritage civilisationnel et ses caractéristiques, touchant ainsi de nombreuses bâtisses d’une grande valeur historique.

Ces modifi cations ont créé de nouveaux problèmes tels la génération d’un plus grand trafi c de véhicules autour du mausolée, provoquant une pollution de l’air et de la vue contradictoires avec le statut religieux et spirituel du mausolée.

Aussi, la création d’espaces ouverts autour du sanctuaire a provoqué la suppression de la plus importante caractéristique de ce centre, celle de la domination de l’espace de l’esplanade sur la confi guration spatiale générale de la ville. Cela a aussi provoqué l’absence de l’élément de surprise lors du déplacement de l’individu venant des étroites ruelles aux façades extérieures simples vers le somptueux espace de l’esplanade ouvert et riche en traitements et motifs architecturaux qui réalise le sentiment d’ouverture, de stabilité, de sécurité, et de révérence.

Les dommages ne se sont pas seulement limités à cela. Les interfaces des murs du mausolée vers l’extérieur ont été traitées comme bâtisses banales (d’un point de vue du concept occidental), ce qui a amené à davantage de démolition et de création d’espaces ouverts et large pour accueillir les façades aux formes plus claires.

La suppression des zones autour du saint mausolée est une grande perte pour le site spirituel et le cadre urbain du mausolée lui même, qui lui était lié depuis des siècles. Ainsi, l’isolement de ce mausolée de son contexte urbain spécial, et le dresser seul dans l’espace urbain où il peut être vu de tous les côtés lui fait perdre son caractère traditionnel et les principes de base de sa conception, comme dans la fi gure précédente.

Notons à ce propos que le patrimoine urbain de la vieille ville de Nadjaf, était jusqu’à récemment le patrimoine le plus riche et le plus conséquent des villes historiques de l’Irak.

Seulement, il a été, et de manière continue, victime de perte. Aussi, le danger d’une perte plus grande plane toujours. Il existe des propositions de projets d’une nouvelle conception principale de la vieille ville de Nadjaf visant à enlever l’un des plus importants de ses monuments archéologiques, qui est le grand souk, en plus des habitats se trouvant près de la sainte esplanade, qui sont caractérisées d’une architecture particulière à Nadjaf qui n’est connue que des personnes qui ont vécu entre leurs murs.

La rupture du tissu urbain est l’un des problèmes les plus graves qui affl igent la ville. Cette désintégration est aussi la plus grande menace pesant sur l’identité urbaine de la ville, car elle conduit à :

• La séparation du mausolée de son contexte urbain.

• La perte des caractéristiques de l’organisation spatiale globale et particulière caractérisant la ville.

• La désintégration du tissu social accompagnant le tissu urbain.

• La disparition de nombreux édifi ces à valeur architecturale et historique.

• La pollution environnementale et visuelle résultant de l’accès massif des véhicules au coeur du centre historique.

• L’utilisation de traitements architecturaux étrangers à la structure locale ainsi que des styles architecturaux incohérents dans un même bâtiment.

• La diff érence des traitements entre le rez-de-chaussée et les étages supérieurs dans la plupart des bâtiments donnant sur les rues principales.

• La modifi cation ou la reconstruction incompatible à l’échelle humaine.

L’opération de démolition d’édifi ces patrimoniaux et des sites historiques dans la vieille ville de Nadjaf, signifi e la perte, à jamais, de cette richesse, et donc l’impossibilité de la recouvrer un beau jour. En eff et, ces dernières ont été construites à une époque ancienne avec une civilisation spéciale, des constructeurs spéciaux, des moyens de construction spéciaux ainsi que des matières spéciales. Sachant que cela relève de l’utopie de voir émerger la même construction sans la civilisation elle-même et tous ceux qui vivaient dans son sein, car chaque image mise à jour pour un tableau ancien n’est autre qu’une falsifi cation sans aucune valeur intrinsèque.

8.1. La désintégration urbaine et le manque d’entretien

Ces bâtiments sont soumis à deux facteurs importants causant leur disparition : Le temps (conditions naturelles) et l’Homme. Le temps, signifi e ici les facteurs de l’érosion et du vieillissement du bâtiment dont on néglige l’entretien à cause de ses couts élevés ou des diffi cultés de fi nancement ainsi que l’absence d’une autorité compétente se chargeant de les entretenir. Cela fi nit par avoir raison de ces bâtisses. Par ailleurs, il ya des sabotages que des individus font subir au bâtiment, directement ou indirectement qui pourrait être précisé comme suit :

A. les facteurs naturels

Les facteurs climatiques tels la température, l’humidité, les précipitations, le vent et la poussière sont des facteurs clés qui aff ectent négativement et de manière signifi cative les matériaux de construction ainsi que la structure constructive des bâtiments patrimoniaux et les dégradent.

Il existe diff érents eff ets des facteurs naturels causant les dommages et la corrosion. Aussi, la nature géographique du site et le type de climat dominant aff ecte grandement. À titre d’exemple, la résistance des murs d’argile dans les zones désertiques chaudes et sèches peut s’étendre à des milliers d’années, au moment où ces mêmes murs ne dureraient pas plus de dix ans dans les températures tropicales.

L’architecture locale spécifi que à chaque zone climatique respecte l’impact environnemental de cette région et essaye de l’adapter à travers l’utilisation de certains matériaux de construction qui réduisent l’impact des facteurs climatiques aussi bien sur l’Homme que dans la structure de construction.

En ce qui suit, un exposé des plus importants facteurs naturels causant la démolition qui peut probablement aff ecter les bâtiments patrimoniaux :

1- Le rayonnement solaire : c’est l’un des plus importants facteurs environnementaux qui aff ectent de manière signifi cative sur les matériaux de construction. La longueur d’onde du spectre varie de l’ultra violet au spectre visible aux rayons infrarouges. Les matériaux sont diff érents dans leur absorption des longueurs d’onde qui lui tombent dessus. Ces matériaux absorbent un certain pourcentage de ces rayons et refl ètent le reste. Ce pourcentage est appelé capacité d’absorption, allant de presque 0 pour les matériaux réfl échissants à 1 pour les matériaux absorbants.

L’eff et des rayons solaires est un facteur dévastateur, surtout à l’égard des matières organiques comme le bois, les textiles, les teintures et les cordes.

2 - la température et la dilatation solaire : La principale raison au changement de température dans les bâtiments est l’un des eff ets du soleil pendant la journée grâce au rayon à courte et à longue onde. Aussi la perte de température pendant la nuit se produit par un rayonnement à ondes longues. Les matériaux de construction chauff ent par le rayonnement de trois façons :

a - le rayonnement solaire direct sur les murs où l’énergie solaire est convertie en énergie thermique inhérente à la matière ; b. Conductivité thermique à travers les matériaux adjacents ; c - La convection thermique et la diff érence de température entre l’intérieur et l’extérieur23.

Les parties ombrées de l’édifi ce, maintiennent un faible et relativement stable température. En eff et, tous les matériaux de construction se gonfl ent lorsqu’ils sont exposés à la chaleur, et se rétractent suite à la perte de chaleur acquise et cette propriété est appelée « mouvement de contraction ou de dilatation thermique». C’est là une des principales raisons de la détérioration des bâtiments et des structures de construction.

Ainsi, l’âge de l’enveloppe extérieure des bâtiments est relativement limité, car elle est exposée à des températures très diff érentes lorsque les pièces internes de l’édifi ce ont une durée de vie relativement longue.

3 - L’infl uence de l’humidité : La présence d’eau sous n’importe quelle forme cause des dommages sur les matériaux de construction. Aussi, l’accès de l’eau aux ouvertures poreuse des matériaux s’eff ectue de plusieurs façons :

soit directement par la pluie tombant sur les facettes des murs, ou indirectement par le sol par la capillarité. Cette dernière est plus dangereuse que la première, parce que lorsque l’eau se déplace à travers les pores, il transféré d’autres matériaux dissous avec lui, quand l’eau s’évapore, ces matériaux se cristallisent et restent en place (à l’intérieur des pores). Aussi, la mauvaise évacuation des eaux de pluie sur les toits des bâtiments est l’une des raisons qui détériorent les bâtisses patrimoniales. Plus les pores sont petits, plus l’eau remonte dans les murs par capillarité, et moins elle s’évapore de ces murs. L’eau remonte davantage dans le mur au fi l du temps en raison de la pénétration des sels dans ce mur, ce qui fournit une énergie attractive supplémentaire pour l’eau. En eff et, cette dernière se déplace à partir des zones à moindre concentration vers des zones plus concentrées. L’eau peut monter au fi l du temps jusqu’à 8-10 m. De plus, l’eau peut entrer directement dans le mur par la condensation de la vapeur de l’eau ou du brouillard, notons que la condensation c’est lorsque la température du mur est inférieure à la température des vapeurs.

L’humidité condensée sur les surfaces extérieures est plus dangereuse que l’eau directe de la pluie. L’humidité lorsqu’elle se condense, elle emporte avec elle des matières polluantes en suspend dans les couches d’air en contact avec le mur. Ces matières se fondent dans l’eau en une solution. Dans les zones à forte pollution de l’air, une solution contenant de l’acide sulfurique ou des particules de carbone noire ou d’oxydes de fer, se dépose sur ces murs conduisant à l’érosion de ce matériau de construction24.

4 - L’impact du vent : On a tendance à croire que l’édifi ce patrimonial, tant qu’il a résisté jusqu’à présent face au vent, il pourrait toujours continuer de lui résister à l’avenir. Cela n’est cependant pas correct. En eff et, la structure peut être victime de l’érosion. Aussi, il existe un autre eff et des vents transportant les poussières et les particules de sable, capable de détruire les surfaces des murs des bâtiments. Cet eff et est plus important quand la vitesse du vent augmente. Leur principal impact se voit sur les gravures et les décorations en saillie ainsi que sur les diff érents motifs, que le vent enlève de la surface extérieure de l’édifi ce. Cet impact devient plus dangereux lorsque la pression du vent est combinée avec de la pluie. En eff et, lorsque cette combinaison du vent et de la pluie peut provoquer la corrosion interne du bâtiment, car la poussée du vent agit sur la fi ltration de l’eau vers l’intérieur et la pousse à travers les fi ssures et les pores à des distances plus grandes que la normale, surtout quand la surface externe atteint la saturation en eau25.

5 - L’eff et des minéraux : La principale source de la présence des minéraux dans les matériaux de construction est le sol. On pourrait connaitre leurs types en examinant les types des sols sur lesquels l’édifi ce est construit et en les étudiant ensuite.

Le sol basique : c’est un sol non acide contenant principalement des oxydes de fer, d’ammonium, et de calcium, c’est-à-dire qu’ils contiennent un pourcentage élevé de minéraux et un peu d’hydrogène.

Le sol salin: c’est un sol contenant du chlorure de sodium et des nitrates qui sont des minéraux solubles provoquant des dommages signifi catifs, en particulier sur les métaux en raison de la présence du chlore qui s’oxyde rapidement sur les surfaces externes des matériaux sous un climat humide26.

B - Les facteurs non naturels

Ils comportent aussi les facteurs humains qui peuvent être divisés en deux sections principales qui sont :

1- Les dommages prémédités causés par l’homme

Ce sont des dommages causés intentionnellement sur les habitats et les édifi ces par l’homme pour diff érentes raisons, ces dommages atteignent même des zones patrimoniales entières. Leurs causes sont les suivantes :

a. Les avantages utilitaires et économiques

La destruction des biens culturels afi n de réaliser des avantages économiques remonte à des époques lointaines, elle est liée à la nature humaine.

Ce qui a augmenté cet impact, c’est que la région patrimoniale et historique dans les villes se situe généralement au coeur des centres modernes, pour cela, elle est toujours vulnérable et susceptible de disparaitre aussi longtemps qu’il y aura une chance d’établir des projets économiques et des bâtiments moderne à plus grand rendement fi nancier. Cela s’ajoute à la suppression de vastes zones du tissu urbain traditionnel due aux expansions non étudiées des villes ainsi qu’à leur croissance exponentielle. On retrouve beaucoup ce phénomène dans la ville de Nadjaf.

b. Les actes de vol et le vandalisme

C’est l’un des dangereux problèmes qui causent un grand tort au patrimoine culturel, architectural et civilisationnel, et on ne peut se débarrasser de ses eff ets négatifs, que par des opérations d’éducation culturelle et de la sensibilisation de la société quant à l’importance culturelle, historique et artistique de ce patrimoine ainsi. En plus de cela, il faut fournir une protection adéquate à cet héritage patrimonial à travers la promulgation de lois répressives à l’encontre de toute personne aff ectant négativement ce patrimoine.

c. Le changement de goût

à chaque époque, et à tout temps ses exigences, ses indicateurs et ses déterminants de goût compatibles avec ses valeurs sensorielles, sociales, religieuses, esthétiques et culturelles27.

2 - Les détériorations non préméditées causées par l’homme

Ce sont les dommages causés par l’homme indirectement et de manière non volontaire sur l’héritage urbain, architectural et artistique. Cela signifi e que le dommage survenant cause des dégâts pour plusieurs raisons, résultant du comportement humain et de ses activités parmi lesquels :

a. La négligence

Ce facteur exerce un impact signifi catif sur la détérioration du patrimoine architectural urbain, même si c’est à relativement long terme. De plus, ce dernier est de plusieurs formes, parmi lesquelles la négligence de l’entretien annuel régulier des bâtiments du patrimoine, qui conduit à son tour à leur détérioration et à leur incapacité à résister face aux causes de la détérioration. Aussi, la négligence se produit par l’exposition du bâtiment aux incendies en raison soit d’une négligence pure ou de la création d’une zone industrielle à l’intérieur du tissu urbain.

b. Le mauvais entretien

Un mauvais entretien peut aussi causer du préjudice non intentionnel.

Les opérations de l’entretien fournie aux bâtiments patrimoniaux devrait être à un niveau convenable, autrement elles seraient contreproductives sur les bâtiments entretenus, et peuvent causer des dommages supplémentaires sur cet héritage. Cela peut se produire e en raison des insuffi sances techniques et artistiques du personnel chargé de la la maintenance. Cela peut se produire aussi à cause du manque de fi nancement et donc de devoir utiliser les matériaux les moins chers pour la maintenance.

c. Le tourisme non étudié

Cela signifi e les zones qui sont d’une valeur patrimoniale ou culturelle telles que les lieux saints où le tourisme non étudié (non planifi é) et la croissance du nombre de visiteurs quotidiens ou saisonniers causent des eff ets négatifs tels que la pression sur les services et les usages de la terre.

d. Les changements inappropriés

La plupart des bâtiments archéologiques ont besoin d’avoir certaines parties rénovées et changées, et beaucoup de ces changements opérés sur des parties de l’édifi ce à valeur patrimoniale lui causent des détériorations sévères.

Un exemple de changements inappropriés couvrir le patio de certains habitats patrimoniaux rénovés et conservés par des plafonds en verre.

En eff et, cela a conduit à une augmentation de l’humidité dans les murs intérieurs de l’habitat, provoqué à son tour une détérioration de ces murs de manière plus rapide que si on avait laissé le patio en l’état initial. Il existe aussi des changements d’usage inappropriés de l’édifi ce comme ce qu’ont connus certains édifi ces patrimoniaux rénovés et maintenus qui ont été transformés en restaurants et cela est la cause de la détérioration et de l’eff ondrement de ces habitats patrimoniaux28.