LES MANIERES D’APPLIQUER LA VISION DE SAYYED ALI AL-SISTANI
 
L’IDENTITE ET LA PARTICULARITE DE LA VILLE DE NADJAF

L’ingénieur-conseil, Abdul-Sahib a dit que M. Ali Al-Sistani (qu’Allah le préserve) a dit : « Nadjaf depuis sa création et jusqu’à aujourd’hui la ville de science, son identité principale est la science il faut donc préserver tout ce qui supporte cette signifi cation et renforce cette identité, car les mosquées, les écoles, et les cimetières doivent être entretenus de manière convenable. En eff et toute la spécifi cité de la ville est montrée à travers ces lieux ».

Cela signifi e que l’avis de la haute Marjaîya spirituelle (la référence) soutient le principe de la préservation de la vieille ville dans son ensemble.

La raison de cette préservation est que Nadjaf Al Ashraf et depuis sa création à ce jour est une ville de science qui est son identité principale.

Par conséquent, on doit préserver tous ce qui soutient cette signifi cation et renforce cette identité. Sachant que le saint mausolée d’Ali (P), les mosquées, les universités, les mosquées chiites (Al-Husseîniyat), les cimetières, les sanctuaires et les écoles religieuses ont formé ces utilisations en 1987, un pourcentage de 17,7 % de la superfi cie totale de la vieille ville. Alors que ce taux a diminué à 3,3 % en 1997.

La raison de ce recul est due à des procédures visant la mise en oeuvre de projets de développement et de rénovation urbaine. De plus toutes les parties de la ville sont un patrimoine que nous devons protéger.

En fait, les nations et les peuples sont en concurrence pour mieux conserver leur patrimoine qui recèle leur histoire. Ils essayent aussi d’avoir une spécifi cité claire et précise qu’ils tacheront de maintenir tout en simulant l’environnement actuel afi n que cette spécifi é puisse s’adapter à l’ancien environnement depuis son émergence. Parfois, ils prohibent l’introduction de toute nouvelle technologie technique moderne. Cela ayant pour but la préservation de l’authenticité de la ville et le renforcement de la confi ance de ses fi ls en leur pays, leur ville et leur patrimoine. Cela vise aussi à stimule leur innovation, leur amour créateur et l’amour de la patrie et montrer aux visiteurs la noblesse du pays, son patrimoine, ainsi que la pensée de leurs pères et de leurs aïeuls. La ville n’est pas seulement de la pierre et de la brique, c’est un champ dynamique ou se produit et s’interagit la vie, la culture et l’histoire des peuples. Les villes racontent réfl échissent la vie et l’histoire des peuples et leur originalité.

Ainsi on ne souhaite pas que la ville de Nadjaf Al-Ashraf perde son identité distinctive et sa particularité et que ses gens s’éloignent de leurs racines historiques, qui lui fourniront la force spirituelle, l’expérience et la capacité de perception de l’importance du rôle de l’homme. On ne veut pas non plus que la ville perde la mesure de l’homme dans la vieille ville, qui s’est composée d’un mélange d’éléments homogènes et cohérents dans une solide relation organique.

La ville de Nadjaf Al Ashraf est une ville de la science, il est donc clair pour l’expert dans ce domaine que Nadjaf depuis la découverte du secret de la tombe du saint Imam Ali, toutes les idées et les études arabo musulmanes ont été transférées vers ces terres. Parmi des exemples de cela : l’école de Kufa, pour ne pas citer les sciences grecques.., diff usées par les écoles Aqoula et Hira qui ont été fondées par l’Imam Ali (paix soit sur lui ) qui a emprunté l’approche de la diff usion de la science des proches du prophète (P), ses enfants et petits-enfants après lui. Le saint sanctuaire est devenu, depuis cette époque, le carrefour des Oulémas et des étudiants lors de leur visite de ce lieu. Des débats et des discussions traitant de plusieurs domaines de la science et de la connaissance ont eu lieu dans le mausolée. Ils avaient cependant pris une dimension plus importante après l’installation du Cheikh Al-Tusi à Najaf, chose qui amena un grand nombre d’étudiants en sciences à le suivre pour profi ter de ses sciences.

Avec le temps et les années, cette ville est devenue un centre important parmi les centres des sciences, et a pris les devants du monde islamique dans ce domaine. Cette attention accordée à la science a été accompagnée par la création de nombreuses écoles religieuses dans cette ville sainte au fi l du temps. Même que l’explorateur Ibn Batouta nous a décrit l’une de ces écoles, annexée au saint mausolée lors de son passage à Nadjaf dans le cadre de ses voyages.

Les Jalâyirides, les Ilkhanides, et les Safavides se sont intéressés à la science et ont construit des écoles religieuses dans cette ville, rendant Nadjaf, grâce à cela, une patrie pour une grande population qui a affl ué des diff érents pays arabes et musulmans en plus de ses fi ls et des fi ls des autres provinces d’Irak.

Ces affl ux de gens se sont installés près du saint mausolée, et se sont engagés dans le fi l du cours et des études, et se sont intéressés par la collecte de divers sciences coraniques, du Hadith du prophète, des récits des proches du prophète (Ahl Al-Bayt), des sciences de la langue arabe, de la littérature, l’étude de la jurisprudence religieuse (Le Fikh), ainsi que des origines…

Ces écoles ne préparaient pas seulement les savants religieux (Fouqaha) et les Moujtahidin, mais ont aussi donné naissance à des fi gures littéraires et politiques arabes, et étrangères (perses notamment) qui ont reçus leurs sciences et connaissances dans les couloirs de l’école de Najaf.

À ce propos, nous voudrions mettre en exergue le sujet des écoles religieuses à Nadjaf Al-Ashraf, dont la présence remonte à des temps lointains.

Akoula était la première école syriaque où l’on étudie la linguistique (les langues) et la spiritualité (religieuse) à Kufa avant que ne paraisse Nadjaf comme centre de savoir.

Après le recul d’Akoula, Hira devint centre culturel important- en particulier dans l’ère des rois d’Al Manathira les Lakhmides-en raison de sa connexion avec ce qui l’entourait. Avec le temps les sciences de Hira ont été déplacées à Kufa, dont l’importance grandissait de plus en plus que, après l’installation du commandeur des croyants Ali Ibn Abi Talib (paix soit sur lui) dans cette ville qu’il choisit comme capitale de son règne.

Le commandeur des croyants a fait de la mosquée de Kufa – et non pas de ses palais – un lieu de prière et une école où il enseignait, prêchait et jugeait les gens.

L’école d’Ali (paix soit sur lui) et la grande école de Kufa ont formé un grand nombre d’oulémas tels qu’Abou Aswad Al-Dawali (linguistique) et Abdallah Ibn Abbas (haut dignitaire). Après le martyre de l’Imam Ali (paix soit sur lui) son école a été reprise par ses enfants et petits-enfants après lui.

L’Imam Jaâfar Al-Sadiq (paix soit sur lui) Cet ouléma a formé beaucoup d’autres oulémas, dont le nombre atteint quatre milliers, selon Al-Hafi d Abu Al-Hamadani. Seulement Kufa connut des événements perturbant sa stabilité tels que les attaques des Qarmates et les invasions des Bédouins de Beni Khafaja qui ont pillé la ville à plus d’une fois.

Ce dernier point a causé le départ d’une grande partie de la population locale – en particulier les oulémas d’entre eux – vers des régions plus sûres et plus stables, parmi lesquelles la ville de Nadjaf entourée de remparts, qui a gagné une sacralité dépassant les autres villes en raison de la présence de la tombe de l’Imam Ali (paix soit sur lui). Cela a constitué un facteur attirant les visiteurs (paix soit sur lui) dans le but d’être béni ainsi que des étudiants venus du monde entier, surtout après l’installation du cheikh Al-Tusi venant de Bagdad en 449 AH.

Cela a donné à Nadjaf une particularité et des aspects d’une ville qui a grandi en raison de plusieurs facteurs. Le facteur religieux a joué un rôle dans l’émergence de la ville par la présence du tombeau de l’Imam (paix soit sur lui). Le rôle scientifi que n’était pas moins important que son précédent dans l’émergence de la ville en préparant les facteurs de stabilité et d’enracinement des sciences et de la connaissance dans le minbar de Nadjaf.

Cette ville devient grâce à ces deux facteurs, un institut des hautes études dans les domaines de la jurisprudence (Fikh), le Tafsir (l’interprétation) et de la philosophie islamiques, etc. Elle a énormément avancé dans ce domaine, et de grands affl ux venant des pays arabes et musulmans ainsi que ses fi ls et les fi ls des autres provinces d’Irak qui se sont intéressés par la collecte de diverses sciences coraniques et des hadiths du prophète et des récits des proches du prophète (Ahl Al-Bayt) paix soit sur eux, et de la linguistique arabe.

Ses écoles ne comptaient pas seulement les faqih et les moujtahidin, mais ont enfanté des personnalités littéraires et politiques (arabes et étrangères) dont les sciences se transmettaient dans les couloirs des écoles de Nadjaf1.

En ce qui suit, une présentation des écoles religieuses dans la ville de Najaf, qui sont classées comme suit :

1 – L’école Al-Miqdad Al-Siauri : C’est la plus ancienne école construite à Najaf. Elle a été bâtie par Jamal Al-Din Abu Abd Allah Al-Asadi Al-Hali décédé en 1425. Cette école fut ensuite appelée Al Salimîya en rapport à son rénovateur Salim Khan Al-Chirazi, qui l’a reconstruite en 1834. Elle est située dans le quartier d’Al-Mishraq.

2 – L’école Cheikh Abdullah : fondée par le Mollah Abdullah Shahab Al-Yazdi dans le milieu du Xe siècle après l’hégire. Elle fut construite dans le quartier d’Al-Mishraq et il n’en reste plus aucune trace d’elle aujourd’hui.

3 – L’école Al-Sahn Al-Charif (l’école Al-Gharaouiya) sa fondation remonte aux débuts du XIe siècle hégire. Sa construction est a attribué au Chah Abbas Al Safavi. Cette école est située sur le côté nord de l’esplanade du saint mausolée. Après sa démolition, elle a été restaurée par Hashim Zinni en 1350 A.H. Elle est aujourd’hui fusionnée avec l’esplanade.

4 – La grande école de l’esplanade : fondée par le Chah Safi , petit fi ls du Chah Abbas 1er Safavi en 1042 A.H (1633). Aujourd’hui, elle est incorporée à l’esplanade du saint mausolée depuis l’ère du Chah Safi Al-Din qui ordonna l’extension de l’esplanade du saint mausolée, où se sont construites des chambres d’étude entourant l’esplanade sur deux étages on retrouve des Awawin et des arcades en ogive, et décorée de belles tuiles Al-Kachani. Le rez-de-chaussée était consacré aux cours, quant au premier étage, il a été alloué à l’hébergement des étudiants en sciences religieuses.

5 – L’école Al-Sadr : cette école est située dans le grand souk de Nadjaf, et a été fondée par Nidam Al-Dawla Mohammed Hussain Khan, Ministre du Sultan Fateh Ali Shah Al-Qajari. Sa construction a coïncidé avec la construction du XIe rempart de Nadjaf en 1226 A.H. C’est une des écoles scientifi ques anciennes, et se compose d’un seul étage contenant 30 salles, elle est spacieuse et s’étale sur une superfi cie de 90 m2 environ, construite par Mohsen Al-Kabir Al-Sadr Al-Adam Nidam Al-Dawla Al-Haj Mohamed Hussein Khan Al-Alaâq Al-Isfahani ministre du Sultan Fathali Chah Al- Qajari après l’achèvement du 11e et dernier rempart de la ville de Nadjaf, en l’an 226 A.H (806). Cette école a été restaurée par Al-Haj Al-Cheikh Nasrallah Al-Khalkhali.

6 – L’école Al-Mötamid : (ou l’école, Al-Cheikh Mohammed Al-Hussein, Al-Kachif Al-Ritaâ). Cette école est connue sous le nom Al Mötamid en rapport à son fondateur Mötamid Al-Dawla Abbas Kali Khan en 1834. Avec le temps, elle a été détruite mais vite reconstruite par Mohammed Al-Hussein Al-Kachif Al Rita2 a malheureusement il n’y a aucune trace d’elle à l’heure actuelle. Cette école était située dans le quartier d’Al-Îmara, et non loin d’elle du coté de la Qibla, la mosquée du Cheikh Moussa, à l’est, les tombeaux du grand Cheikh Jaâfar l’auteur de « Kachif Al-Rita », ainsi que ceux de ses savants fi ls, sa superfi cie était de 800 m environ. Le domaine de cette école, de la mosquée et des sanctuaires sont de (Amanullah Khan) qui est l’un des rois iraniens. Cette école se compose de 26 salles avec une bibliothèque et une grande salle pour la lecture.

7 – L’école Mahdia : Située dans le quartier d’Al-Mishraq, construite par le Cheikh Ali Ibn Al-Cheikh Jaâfar Al-Kebir auteur deKachif Al-Ghita en 1284 A.H3. Cette école est située dans le quartier d’Al-Mishraq, l’un des quartiers de Nadjaf, en face du sanctuaire de l’Ouléma Al Sayied Mohammad Mahdi Bahr Al-Ülum et le Cheikh Al-Tusi, adjacente à l’école (Al-Qiwam) construite par le Cheikh Mahdi Ibn Al-Cheikh Ali Ibn Al- Cheikh Jaâfar Al Kabir auteur de (Kashif Al-Ghita) en 1867. Cette école contient 22 salles. En 1365 A.H, (1946) elle avait failli fi nir en ruines, et a été reconstruite par le Cheikh Mohamed Ali Ibn Al-Cheikh Abdel Karim Al-Kashif Al-Ghita. (Figure 16)

8 – L’école Al-Qiwam (ou Al-Fatihiyah) : fondée par le sultan Al-Qajari Fateh Ali Chah en 1300 AH. Après son eff ondrement, elle a été reconstruite par le Cheikh Nasr Allah Al-Khalkhali, à ses frais. Elle est située dans le quartier d’Al-Mishraq, et disposait de 26 salles.

9 – L’école Al-Ayrawani : C’est une célèbre école située dans le quartier Al-Îmara, fondée par le mollah Mohammad Al-Ayrawani en 1305 A.H. Cette école n’existe plus à l’heure actuelle.

10 – L’école Al-Mirza Hassan Al-Shirazi : située à côté de Bab Al-Tusil’une des portes de l’esplanade vue de l’angle – construite par le grand Marjâa Al-Dini (autorité religieuse), Mirza Hassan Shirazi en 1310 A.H.

Aujourd’hui, il ne reste de cette école que son cimetière. Elle était de petite taille sur deux étages : le rez-de-chaussée contient le tombeau de M. Shirazi, et le premier étage contient un certain nombre de pièces habitées par des étudiants des sciences religieuses.

11 – L’école de Haji Mirza Husayn Al-Khalili : a été fondée en 1898 et est située dans le quartier Al-Îmara. Elle est connue chez le commun du peuple sous l’appellation « Al-Qotb » parce que son fondateur, a acheté la terre sur laquelle il l’a construite de Ali Al Qotb. Cette école a été démolie et n’existe plus à l’heure actuelle. À l’époque d’Al-Qotb, elle était un endroit où travaillaient des couturiers et se composait de deux étages, et de 50 salles.

Ses faces donnant sur l’esplanade étaient décorées avec soin par des motifs semblables à l’azulejo (Kachani).

12 – L’école Al-Charbiani : Située dans le quartier d’Al-Hûwaych, fondée par Cheikh Al-Charbiani en 1902, grâce aux dons et de ses amis et ses imitateurs. C’est l’une des célèbres écoles de la ville de Nadjaf, et se compose d’un seul étage et de 20 salles.

13 – L’école d’Al Khorasani Al Koubra (la grande) : a été fondée par Cheikh Mohammed Kazem Khorasani, en 1903. Elle est connue sous le nom de « Grande école Al Akhuand ». Cette école est située dans le quartier d’Al Huiesh. Il ne reste aucune trace d’elle à l’époque actuelle. C’était une grande et somptueuse école qui accueillait beaucoup de gens de la pensée et de la science, et comporte 48 salles, réparties sur deux étages, et une bibliothèque pleine de livres de valeur.

14 – L’école Al-Khalili Al-Soghra (mineure) : Situé dans le quartier d’AlÎmara, fondée par Mirza Hussein Al-Khalili en 1904, connue sous le nom d’école Al-Ahmadiyya ou l’école Al-Jazaîri. Aujourd’hui cette école a complètement disparu.

15 – L’école Al-Qazwini : Située dans le quartier d’Al-Hûwaych près de la mosquée Al-Hindi. Construite par Haj Mohammad Agha Al-Amin Al- Qazwini en 1906 et a été reconstruite en 1954. La terre sur laquelle elle a été construite était une résidence de voyageurs. Cette école contenait 33 salles réparties sur deux étages.

16 – L’école Al-Badkobi : fondée par Haj Ali Al-Badkobi en 1907, située dans le quartier Al-Mishraq. Le gouvernement détruisit sa moitié en 1963, pour le développement d’une nouvelle rue qui est la rue de l’Imam Zain Al-Abidine (paix soit sur lui). Cette école a été complètement démolie aujourd’hui et contenait 28 salles réparties sur deux étages, et fréquentée et habitée par des étudiants de Boukhari, Atrac et de Kafkassiyaha.

17 – L’école Al-Akhund Al-Wosta : fondée par Cheikh Mohammed Kazem Al-Khorasani, en 1908, et située dans le quartier d’ Al-Buraq sur la rue de l’Imam Sadiq (paix soit sur lui).C’était l’une des écoles scientifi ques importantes de Nadjaf et contient 36 salles réparties sur deux étages. Cette école a été nommée Wosta (du milieu) parce qu’elle se situe au milieu de la région entre l’école Al-Kobra (majeure), et l’école Al-Soghra (mineure). Ces trois écoles appartiennent au grand Marjaâ (référence) Al-Mollah Kazem Al-Khorsani.

18 – L’école Al-Sayyid Kazim Al-Yazdi : fondée par le grand Marjaâ (référence) en 1909 et située dans le quartier d’Al-Hûmaych. (Figure 17).

19 – L’école Al-Hindi : fondée par Nasser Ali Khan Al-Lahori en l’an 1910.

20 – L’école Al-Akhund Al-Soghra (mineure): située au quartier Al- Buraq, cette école a été fondée par Cheikh Mohammed Kazem Al-Khorasani en 1910.

21 – L’école Al-Boukharaî : située dans le quartier d’Al-Hûwaych, fondée par Mohammed Yusuf Al Boukhari en 1911. Quand elle s’est eff ondrée, cette école a été reconstruite par Haj Gholam Al-Koweïti, avec l’aide d’un groupe de bienfaiteurs koweïtiens en 1960.

22 - L’école Abdullah Al-Shirazi : fondée en 1952 grâce aux dons des bienfaiteurs, cette école est située dans l’une des branches de la Grande Rue du Prophète. Aujourd’hui, il ne reste plus aucune trace de cette école.

23 – L’école Al-Broujardi Al-Kubra (grande) : située dans le quartier d’Al-Buraq dans la rue du milieu entre le souk des commerçants qui est une extension du grand souk – et la rue dawrat Al-Sahn entourant la rue dawrat Al-Sahn entourant l’esplanade de l’est. Cette école a été établie par Hussein Al-Broujardi en 1953.

24 – L’école Al Amiliyn : fondée par Cheikh Muhammad Taqi al-Faqih Al Amili grâce aux fonds de la grande référence (Al marjee) Mohsin Al Hakim, elle est située à Khan Al Makhdar.

25 – L’école Al Tahîriya : créée par Abdullah Al-Shirazi en 1957, et il l’a nommée ainsi en rapport à son grand-père, Taher Al-Shirazi. Cette école est située vers l’extrémité de la rue du Grand Prophète.

26 – L’école Al-Broujardi Al-Soghra (la petite) : située au début du Souk d’Al-Îmara, construite par Hashim Al-Bahbahani par une invitation d’Hussein Al-Broujardi en 1958. Cette école a été démolie par l’ancien régime précédent lors de la démolition du quartier Al-Îmara.

27 – L’école Rahbawi : Créé par Al-Haj Abbas Mohsen Al-Rahbawi au niveau du carrefour de la rue de la ville et la rue Al-Hatif en 1958.

28 - L’école Al-Johari : fondée par Haj Mohammad Saleh Al-Johari dans le quartier Al-Manakhah sur la rue de la ville en 1962.

29 – L’école de l’université religieuse de Nadjaf : Cette école a été créée dans le quartier d’Al Saad sur la route reliant Kufa à Nadjaf, en 1956. L’idée de sa construction revient à Mohamed Klanter. Cette idée a été soutenue et appuyée par Haj Mohammad Taqi Itifak Al-Tehrani.

30 – L’école Abdul Aziz Al-Baghdadi (l’actuelle école Al-Sadr) située au début du quartier Al-Saad du coté ouest de Place de la Révolution du vingtième siècle. Cette école a été construite par Haji Abdul Aziz Al-Baghdadi, en 1963.

31 - L’école Al-Afghaniyin (les Afghans) : située dans le quatrième quartier Al Jadida derrière le grand parc Ghazi. Elle a été construite par Cheikh Hassan Al Afghani grâce aux dons de bienfaiteurs en 1963.

32 - L’école Al-Yazdi II : située dans le quartier d’Al-Îmara, fondée par Assad Al-Yazdi en 1963 et n’existe plus aujourd’hui.

33 - L’école Al-Chabria : a été fondée par Ali Chabr en 1964 dans le quartier Al-Buraq. Sa construction a été achevée en 1965.

34 - L’école Al-Hikma Al-Oula (Maison de la Sagesse I) : située dans le quartier Al-Mishraq proche d’une grande cour, connue localement (Fadwa Al-Mishraq), mise en place par la référence Al Marjaâ Sayyid Mühsin Al- Hakim, pour en faire une école religieuse en 1384 AH. Cette école a été fermée sous l’ancien régime et a repris ses activités après sa chute dans un emplacement temporaire en face d’une direction des eaux et des assainissements de Nadjaf sur la rue Nadjaf-Kufa.

35 - L’école Al-Kalbasi : fondée par Muhammad Ali Al-Kalbasi avec son propre argent en plus des dons de certains riches iraniens et par sa propre initiative en 1385 AH dans le quartier d’Al-Îmara. Elle a été fermée à l’époque de l’ancien régime en 1989.

36 - L’école Al-Hakim II (pakistanaise) a été construite et fondée par un groupe de commerçants pakistanais et remise ensuite puis prise en main par l’autorité religieuse Sayyid Mühsin Al-Hakim. Cette école est située dans le quartier d’Al Jadida I face à la rue Nadjaf – Manathira.les cours ont été suspendus dans cette école pour un certain temps puis a été reconstruite et restaurée par l’autorité religieuse Mohammed Saïd al-Hakim.

37 - L’école de l’Imam Al Hassan (P) : Située dans le quatrième quartier d’Al Jadida et fondée en 1939, par l’afghan Sayyed Aoûd. La négligence dont elle souff rait a causé sa suspension et sa fermeture.

38 – L’école Al-Ahmadiyya : fondée en 1973 par l’Afghan Jumna Al- Akhlaqi Noor Mohammad. Elle est située dans le quartier Al-Jadida Al- Rabîa, et est aujourd’hui inadaptée aux cours, car abandonnée par les étudiants, ce qui a conduit à son eff ondrement.

39 - L’école Al-Madrassi : elle est située dans la zone Al-Jadida Al-Rabîa, et fondée en 1389 A.H par l’autorité religieuse suprême, Abu Al-Qasim Al-Khoëi. Cette école a été préparée pour l’hébergement des étudiants en sciences religieuses. Mais elle a fermé ses portes en raison de la négligence qu’elle a subie.

40 - L’école Al-Azri : fondée en 1968 par Haji Abdul Amir Al-Cheikh Mahdi Al-Azri, située dans la région (Khan Al-Makhdâr) situé dans le quartier d’Al-Jadida Al-Oula.

41 - L’école de l’Imam Al-Mahdi (ÂL Mirza) a été fondée par Haji Mehdi Nasser ÂL Mirza dans le quartier d’Al-Jadida Al-Oula et surplomb la rue Nadjaf (Manadhirah). Cette école a été exploitée autrefois comme une association de consommation et s’est transformée en 1417 A.H, après sa restauration et sa réhabilitation en université nommée Université religieuse d’Al-Sadr, après la chute de l’ancien régime elle fut reprise en main par Cheikh Mahdi Al-Attar pour qu’elle soit une école religieuse à étude méthodologique moderne.

42 – L’école Dar Al-Îbraz : située dans le quartier d’Al-Hûwaych, son fondateur est Mohamed Haji Abdul Chaheed Al-Najjar, et en 1417 il la rendit sous les commandes de l’autorité Al-Marjaâ) religieuse, le Cheikh Bachir Al-Nadjafi .

43 - L’école Dar Al-Moutaqine (la maison des pieux) : créé en 1419 A.H par Najat Al-Djilawi située dans le quartier d’Al-Hûwaych, l’institution de l’école a donné la gestion des aff aires de l’école, à l’autorité religieuse, le Cheikh Bachir Al-Nadjafi .

44 - L’école Sahib Al-Amr : située dans le quartier d’Al-Buraq.

45 - L’école de l’Imam Al-Hassan (P) : située dans le quartier d’Al-Îmara face à la muraille près du cimetière Ouedi Al-Salam (Vallée de la Paix).

46 - L’école de l’Imam Al-Jawad (P) : située dans la rue de l’Imam Ali (P) près de la Place de la Révolution du vingtième siècle.

47 - L’école Faydh Al-Aqeelah : située face à la place de la Révolution du vingtième siècle, à côté de l’école Al-Baghdadi.

48 - Institut des études mentales : situé dans le quartier d’Al-Mishraq en face de la muraille près du cimetière Ouedi Al-Salem.

La majorité des bâtiments des écoles religieuses de la ville de Nadjaf sont caractérisées par la présence de sous sols bas de plusieurs mètres par rapport au niveau de la terre, vers lesquels on descend par des escaliers. En été, les résidences sont transférées du milieu de la cour de l’école vers ces sous sols (Saradib) où on pratique la lecture, on déjeune et parfois même on passe la nuit, quand les tempêtes de sables s’abattent sur la ville .

Soulignons à ce propos que plusieurs écoles religieuses ont été détruites en raison de la fondation de la ville Al-Zaîrin (les visiteurs) à l’endroit des quartiers d’Al-Îmara et d’Al-Hûwaych. Aussi, d’autres écoles ont été détruites à d’autres endroits en raison de la négligence, ou parce qu’abandonnée par leur élèves.

Toutefois, plusieurs de ces écoles ont été reconstruites dans d’autres parties de la ville. Leur reconstruction est une confi rmation que la ville de Nadjaf Al-Ashraf est une ville de science, répondant aux recommandations d’Ali Al-Sistani (qu’Allah le préserve) à cet égard.

Il est à noter que l’intérêt de la création des écoles religieuses a considérablement augmenté après l’apparition de la tombe de l’Imam Ali (paix soit sur lui) à Nadjaf. En eff et, la ville a connu un affl ux d’un grand nombre de personnes, en particulier des étudiants qui aspirent à prendre la connaissance des Oulémas de la ville.

Ce qui est intéressant à souligner aussi, c’est que ce nombre de visiteurs était en augmentation notamment après l’installation de Cheikh Al-Tusi à Nadjaf, considéré comme le leader de la Hawza scientifi que de l’époque.

En eff et, à son époque, la situation des écoles religieuses et l’étalage des sciences étaient devenus plus précis, plus organisés et englobant plus de domaines scientifi ques que jamais.

Il a été démontré à travers l’étude des écoles religieuses de Nadjaf que les occupants de l’Irak parmi lesquels : les Ilkhanides, les Jalâyirides, et les Safavides ont montré un intérêt évident à la création des écoles, en dépit du fait qu’elles répandent une culture hostile à leur égard.

Cela refl ète l’enracinement de la science dans la ville de Nadjaf, et le regard de révérence porté par ceux là vers cette ville en la décrivant comme la porte de la ville des sciences du prophète d’Allah (P). L’étude a révélé que les hommes religieux et les oulémas ont joué un rôle important dans la construction des écoles qui ont été présentées, soit en faisant don de leur propre argent ou par l’exhortation des gens riches à les construire. Cela est évident à travers les traces qui restent à ce jour.

Les écoles religieuses se répartissent dans la ville de Nadjaf à l’heure actuelle sur les diff érents secteurs de la ville (la vieille ville, la zone Al-Jadidat et les nouveaux quartiers). On dénombre 33 écoles à Nadjaf. Toutefois, cette répartition n’est pas uniforme sur ces secteurs. En eff et, nous constatons que la plupart de ces écoles sont concentrées dans la vieille ville, avec un nombre de 20 écoles religieuses. Quant à la zone Al-Jadidat Al-Arbaâ (les quatre nouvelles zones) elle ne comporte que 8 écoles religieuses uniquement.

Alors que la zone Al-Ahyaä Al-Haditha (les nouveaux quartiers) comporte 5 écoles. Cette répartition inégale des écoles religieuses dans la ville de Nadjaf peut être attribuée aux raisons suivantes4 :

– La dimension historique, qu’a connue l’émergence de la ville de Nadjaf, ou ce qui est connu sous l’appellation (étapes morphologiques) nous constatons que la vieille ville qui abrite le mausolée de l’Imam Ali (p) est le noyau de la ville de Nadjaf, dont l’émergence a coïncidé avec la première phase morphologique qui comporte entre autre le plus grand nombre d’écoles religieuses en raison de cette proximité du saint mausolée. Quant aux restes des zones de la ville de Nadjaf, nous voyons que le nombre d’écoles est progressivement moins important comme décrit ci-dessus, en raison de la distance progressive à partir du centre de la ville, qui comprend le mausolée de l’Imam Ali (AS).

– La plupart des institutions religieuses telles que les universités, les mosquées et les mosquées chiites (Al Husseiniyat) sont concentrées dans la vieille ville. Le nombre de ces institutions a atteint un total de 87 institutions. Ce qui permet aux étudiants de ces écoles d’accomplir leurs obligations religieuses et rencontrer les professeurs de la Hawza qui leur donnent des conférences religieuses. Alors que nous constatons une diminution du nombre de ces institutions dans la zone Al-Jadidat ainsi que dans les nouveaux quartiers s’élevant à 47 et 65 institutions, respectivement.

– La vieille ville possède un grand nombre de bibliothèques anciennes, certaines sont locales et quelques autres particulières. Il ya dans cette région 10 bibliothèques locales et 12 bibliothèque privées. L’ensemble de ces bibliothèques fournit tout ce dont ont besoin les étudiants des écoles religieuses en références et sources dont ils ont besoin dans leurs études.

On peut également souligner l’existence d’un souk spécialisé dans la vente de livres religieux dans cette région qui est le souk d’Al-Hûwaych) situé dans le quartier d’Al-Hûwaych, qui contient un grand nombre de bibliothèques et de magasins vendant des livres. Quant aux autres secteurs de la ville, nous constatons la diminution du nombre de ces bibliothèques, s’élevant à 1 bibliothèque locale dans la zone Al Jadidat et 2 bibliothèques locales dans la zone des nouveaux quartiers (Al-Ahyaâ Al-Haditha).

– La plupart des bibliothèques des références religieuses (les Marjaîya) se concentrent dans la vieille ville ce qui facilite aux étudiants de ces écoles l’utilisation de ces bibliothèques pour se documenter sur diverses aff aires de la Charia et pour l’accès à l’assistance fi nancière fournie par ces références. La particularité et l’intimité du bâtiment du saint mausolée et de l’architecture de la structure urbaine Il ne fait aucun doute que le saint tombeau par ses motifs uniques représente une valeur architecturale très haute, en tant que monument important en plus de sa valeur spirituelle dans le coeur des musulmans. Son maintien demeure d’une capitale nécessité.

Cependant, ce qui n’a pas été abordé, c’est la dimension de la conception que pratique l’emplacement du mausolée sur son environnement l’entourant, et au niveau global sur la ville de Nadjaf dans son ensemble.

L’omission de cette dimension d’une part et la forte nécessité de l’expansion des espaces urbains pour accueillir le nombre croissant de visiteurs d’une autre part, étaient les principales raison derrière l’échec de nombreux projets de développement. Parmi ces projets : la construction des rues et l’atténuation de l’engorgement organique entre le mausolée et le tissu urbain.

En eff et, l’ouverture des rues entourant l’esplanade du saint mausolée dans la vieille ville a conduit à l’interruption du tissu organique urbain qui existait auparavant.

Cela a aussi causé l’absence de l’harmonie entre ces rues et le grand prestige dont jouit le mausolée.

Auparavant le visiteur était surpris par l’esplanade et les minarets dorés du sanctuaire. Alors qu’il marchait dans les rues étroites et sinueuses de la vielle ville, en milieu d’une petite norme, il pénètre dans un plus large milieu qui est l’esplanade du mausolée, représentant le coeur de la ville, autour duquel se sont rassemblés les événements et les principales activités de la ville, puis le visiteur est surpris et ressent la grandeur de l’endroit qu’il a pénétré. Cette idée architecturale était censée être préservée et transmise aux générations à venir.

Sachant que cette intimité apparaît clairement dans la planifi cation de la vieille ville de Nadjaf, à travers la conception de ses quartiers résidentiels selon la structure sociale, qui se caractérise par les éléments suivants :

1. Similitude des niveaux des bâtisses dans la ville

De manière générale, nous observons la rareté des bâtisses à hauteurs plus élevées que la moyenne hauteur des constructions de la ville.

Celles qui devaient être plus hautes l’étaient en rapport à leur fonction spéciale comme un minaret, ou le dôme du mausolée du commandeur des croyants (paix soit sur lui).

Ceci est le résultat de l’impact du facteur de l’intimité et de prévenir l’intrusion visuelle qui peut infl uer la hauteur au-delà du nécessaire, comme dans les deux fi gures précédentes .

2. Différence dans l’intimité des ruelles

Il apparait en observant les détails des ruelles traditionnelles de la ville de Nadjaf, la diff érence visible dans le type de ces ruelles en termes de leurs dimensions, leurs capacités, ainsi que leurs détails… Les indicateurs de la composante cognitive avaient un impact évident dans la réalisation de cette intimité, en particulier dans le thème de la vie privée et de la prévention des intrusions visuelles (Figure 19).

3. Des ruelles sinueuses et étroites

Ces deux caractéristiques ont contribué à augmenter l’intimité des ruelles de la ville de Nadjaf. Elles ont aussi formé des zones limitées et successives le long du parcours de l’allée, ce qui donne à chacune des maisons s’ouvrant sur les ruelles, son intimité sociale, dépassant le niveau de l’intimité qu’off re les ruelles droites se croisant dans le tissu urbain contemporain de la ville (Figure 20).

4. Les manifestations urbaines secondaires dans la structure de la trame urbaine

On peut noter que lorsqu’on répète et qu’on reproduit des détails architecturaux précis et clairs cela forme une manifestation d’un complexe urbain se composant de l’ensemble des unités architecturales. Surtout quand ces détails architecturaux sont des détails dans la plupart extérieurs (en plus des détails intérieurs).

Parmi les exemples de ces détails, les chenachels (moucharabiehs) et les murailles des hautes cours…, et leur impact sur la forme des blocs urbains ainsi que les hautes fenêtres sur les ruelles... etc.

5. L’ouverture sur l’intérieur

Les unités urbaines en général, et les maisons en particulier, se sont ouvertes vers l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. C’était l’un des traitements les plus importants qui ont amélioré l’intimité des maisons, grâce à l’utilisation de l’espace du milieu vers lequel s’ouvre la plupart des espaces majeurs de la maison sur un ou deux niveaux.

6. Des entrées en chicane des habitats

Nous observons l’inclination de cette entrée avant d’atteindre le patio de la maison. Cela est une solution claire et explicite afi n d’empêcher le prolongement de l’axe visuel de l’extérieur de l’habitat (de l’espace public) vers l’habitat (la zone privée). Cette solution vise la garantie de l’intimité des espaces intérieurs de la maison et ses occupants .

7. Les portes ne sont pas en face à face

Ceci est une autre manifestation de la préoccupation de garantir la vie privée et d’empêcher l’intrusion visuelle, dans l’environnement de la vieille ville de Nadjaf.

C’est là le refl et clair de l’opinion des savants religieux (fouqaha) et leur position sur ce sujet. En eff et, ils appellent pour la plupart, à empêcher la disposition en face à face des maisons d’une même ruelle, en particulier dans les ruelles étroites, en raison de la possibilité de voir ce qui se cache derrière la porte du voisin d’en face par celui qui se tient debout à partir de la première porte ou derrière elle (Figure 23).

8. Le traitement des ouvertures vers l’extérieur au rez-dechaussée

L’ouverture des maisons sur un patio n’a pas empêché les habitants d’ouvrir des fenêtres sur les allées externes de la ville. Ces fenêtres sont mises en place à des fi ns d’aération ou d’éclairage. Seulement, ces ouvertures (au Les manières d’appliquer la vision de Sayyed Ali Al-Sistani…

rez-de-chaussée) présentent un risque potentiel d’intrusion visuelle directe vers les espaces où elles sont présentes. On les a donc traitées en élevant leurs niveaux (leurs seuils inférieurs) vers un niveau où il est diffi cile aux passants de regarder à travers elles .

9. Les ouvertures dans les étages supérieurs (les moucharabiehs et les chanachils) :

L’urbaniste musulman a excellé dans la création des conceptions multiples et diff érentes pour la masse du moucharabieh, ses détails, ses motifs, ses gravures et les couleurs utilisées dans le rideau en bois en claire voie, ou en verre qui se mette derrière ces moucharabiehs. Les ruelles de la ville de Nadjaf sont remplies de ces traitements architecturaux distincts au point où ils forment l’une des caractéristiques propres à la ville, laquelle est venue en réponse à la haute intimité qui caractérise la maison de Nadjaf.

10. Les clôtures des terrasses

La ville de Nadjaf est située dans une zone caractérisée par des conditions météorologiques diffi ciles en termes de sa température et de sa sécheresse, poussant les habitants de la ville à recourir à l’utilisation des terrasses de leurs maisons dans les mois chauds de l’année pendant la nuit. Cette utilisation peut-être susceptible de présenter un risque d’intrusion visuelle réciproque entre les usagers des terrasses des maisons adjacentes : à la fois de terrasse à terrasse voisine ou de la terrasse vers l’intérieur du patio de la maison à proximité. Par conséquent, les propriétaires des maisons se sont entendus à clôturer leur terrasse à un niveau empêchant toute possibilité de pénétration visuelle réciproque.

Ces bordures avec ce qu’elles comportent en hauteurs, détails et motifs ont formé l’une des caractéristiques de la ville, à la fois dans la structure normale de ses ruelles et de ses rues, ou vues de l’air.

11. Le degré de l’intimité à l’intérieur de la maison

L’intimité s’est étendue aux espaces de la maison elle-même. Il est connu que les maisons contiennent des espaces diff érents selon leur besoin en intimité : parmi ces espaces on retrouve une entrée, un séjour (Al-Düyouf : des invités), des espaces de vivre (Al-Maîcha), des chambres (pour dormir) et des salles de bains... Cette répartition est prise en compte lors de la conception des maisons.

Il apparaît dans les plans de ces maisons qu’il ya des espaces communs aux occupants de la maison, vers lesquels donnent les fenêtres de la plupart des espaces de la maison. Ces lieux sont utilisés pour des activités communes à l’ensemble des occupants de la maison : comme pour les taches ménagères, le séjour…Cependant ces espaces sont totalement isolés visuellement de l’extérieur grâce à l’entrée inclinée (un peu tortueuse) mentionnée précédemment.

Cela signifi e qu’ils sont privés vis-à-vis de l’extérieur mais communs au sein de la maison. Des awawins donnant sur le patio, sont des lieux plus ou moins privés et utilisés pour les veillées familiales.

Ces awawines sont des espaces presque fermés et contiennent des ongles dans certains côtés du patio (la cour du milieu), et peuvent être soit directement ouverts sans portes ou bien par un large rideau. Cependant, les chambres (à coucher) donnent sur cet espace à travers des fenêtres fermées et des portes closes, même qu’elles sont divisées en deux parties : une moins privée s’ouvrant sur le couloir donnant sur l’espace, et l’autre représentant la partie principale de la chambre à coucher. La partie supérieure est allouée au coucher dans un très haut degré d’intimité (Figure 27).

12. Les sous-sols

Ce sont des maisons sous les maisons, formant une ville sous la ville.

Les habitants de Nadjaf ont classé ces sous sols, sous plusieurs types, parmi lesquels :

– Le sous sol « Al-Ardi » : (littéralement le sous sol terrain) : sa profondeur est de 6 mètres, pénétrant ainsi la première couche du plateau de Nadjaf.

– Les sous sols «Nisf Al-Sin » (littéralement sous-sol demi âge) : leur profondeur moyenne est de 11 mètres pénétrant les deux premières couches du plateau de Nadjaf.

– Les sous sols « d’Al-Sin » (littéralement de l’âge) leur profondeur moyenne atteint jusqu’à 14 mètres atteignant ainsi la quatrième couche du plateau de Nadjaf.

– Les sous sols « Sin Al Tar » (littéralement les sous sols âge de la falaise) : la profondeur de ce type de sous sols peut aller jusqu’à 18 mètres et atteint la sixième couches du plateau de Nadjaf.

L’explorateur Niebuhr dit que le premier aspect de la nature de Nadjaf c’est un désert brulant par-dessus Nadjaf et des sous sols frais en dessous d’elle. De son coté l’explorateur Teixeira dit qu’on peut apprendre beaucoup d’informations en rentrant dans l’une des maisons de Nadjaf. En eff et si la maison n’a pas du tout de sous-sols, cela signifi e que le propriétaire de la maison est très pauvre. S’il y a un seul sous sol, cela signifi e que le propriétaire est de classe moyenne. Si la maison comporte deux sous sols, un pour les invités et l’autre pour la famille, cela signifi e que son propriétaire est aisé, mais s’il y a dans la maison deux sous sols interne et externe et que dans chaque sous sol trois étages : en sous sol « Nisf Al-Sin » puis sous sol « Al-Sin », cela signifi e que le propriétaire de la maison est très riche, et que dans ces sous sols sont stockés les fruits et légumes, et peut-être même les mets cuisinés. L’un des accessoires des sous-sols est l’évier propre, si on construit une salle de bain et des toilettes dans le même sous-sol, il doit y avoir creusé un évier impur en plus du propre .

L’intimité dans la conception de l’architecture au travers des tendances de la pensée musulmane

L’unité d’habitation de la ville arabo-islamique forme une région sûre et isolée empêchant toute exposition du musulman aux oreilles et aux yeux des étrangers ou de ceux qui sont en dehors de la région concernée. Cela est en relation étroite avec le statut de la femme dans la société islamique. Celle-ci est considérée comme l’âme de l’homme musulman, et le côté qu’il ne doit pas affi cher à l’extérieur. Si l’islam est le contrôleur et celui qui orient la vie des gens dans la ville, et ce qu’elle comporte en systèmes économiques et en relations sociales, cela sera refl été par extension, sur le visage urbain de la ville. C’est pour cette raison qu’aborder les fondements islamiques de la ville doit être lancé à partir des sources de la religion islamique dans le Saint Coran et la Sunna.

Cela a aidé à l’épanouissement de la civilisation islamique de manière sans précédente.

Notamment parce que ces lois (religieuses) ont comblé les manques qui ont entravé la pensée humaine dans les phases précédentes, et ont donné des règles valables pour tous les temps et tous les lieux. Ces lois que la pensée de l’Homme a cherchées sur des étapes historiques dans sa vision intellectuelle théorique (de la ville exemplaire) mais qu’il était dans l’incapacité d’atteindre en aucune façon que ce soit.

Par ailleurs, les directives islamiques se sont adaptées avec aisance et facilité à la vision de l’humanité. Aussi, l’Islam a permis d’élever les natures de l’âme humaine. Chose qui s’est refl étée sur ses qualités au sein de la ville islamique, en considérant que la ville c’est la civilisation.

En eff et, la ville islamique a été vraiment attribuée à l’Islam. Cette ville en plus des caractéristiques générales de civilisation de la ville, elle est caractérisée par le mode de vie que lui procure l’Islam. Le Coran et la Sunna ont été considérés comme les sources des lois dans tous les temps.

Les fouqaha (pluriel de faqih, docteur de la loi religieuse) ont persévéré dans l’interprétation de ce qui a été cité dans ces deux sources en dispositions qui sont développées par elles même avec le développement des manifestations de la vie civilisée, qui sont renouvelées dans un cadre de changement. Ces directives se sont répandues en conformité avec les dispositions du fi qh (la jurisprudence islamique).

Par conséquent, ces dispositions demeurent le thème principal autour duquel tourne la vie de la communauté dans la ville islamique.

Nous souhaitons ici démontrer l’impact de l’idéologie de la société arabo islamique sur l’architecture de Nadjaf. Cet impact peut être démontré la à travers la jonction des tendances de la pensée musulmane avec l’orientation architecturale et géométrique. En eff et, cette dernière exprime la compréhension de la profondeur intellectuelle et historique de la civilisation islamique et par conséquent, de l’architecture islamique. Ceci est une tentative d’utiliser les niveaux du système des signifi cations pour l’analogie entre la relation des parties intellectuelles avec la relation de partie architecturales (physiques), puis relier la production à la pensée, ou comme le dit Al Tawhidi5 « relier le travail de la main avec le travail de l’esprit» ces deux paramètres forment les domaines de l’architecture .