LES MANIERES D’APPLIQUER LA VISION DE SAYYED ALI AL-SISTANI
 

LES MANIERES D’APPLIQUER LA VISION DE SAYYED ALI AL-SISTANI

Haîdar Abdul-Razzaq KAMOONA

Professeur d’Architecture et de planifi cation urbaine de la ville - Université de Bagdad.

LES MANIERES D’APPLIQUER LA VISION DE

SAYYED ALI AL-SISTANI, POUR RECONSTRUIRE

LA VILLE DE NADJAF AL-ASHRAF, CAPITALE

DE LA CULTURE ISLAMIQUE EN 2012

Ce qui a attiré mon attention en parcourant l’article « la vieille ville de Nadjaf, ou capitale de la culture islamique » de l’ingénieur, Abdul-Sahib Chir Ali publié dans le journal Al Sabah (21/12/2009. Cf. annexe 1), c’est sa rencontre avec l’Imam Sayyed Ali Al-Sistani, qu’il appelait « l’exceptionnel », « le beau ». C’est vraiment une personne qu’on pouvait appeler ainsi, parce que l’homme qui est privilégié d’accéder à une telle rencontre, en de pareilles circonstances diffi ciles dans lesquelles nous vivons n’est pas chose facile.

En eff et, cela n’est plus chose facile depuis que les lieux saints et leurs villes souff rent, comme à l’heure actuelle, d’une crise dure et complexe.

On assiste à l’émergence de demande et de revendications exigeant l’élimination complète du tissu urbain des vieilles villes saintes (Nadjaf, Karbala et Al- Kadhimiya). Même qu’une partie de ces demandes a commencé à être mises en oeuvre et sous la forme de pas vers l’application de l’élimination complète du tissu urbain historique et tout son contenu en éléments de confi guration de la structure urbaine et la particularité de la scène urbaine de son tissu architectural.

Dans cet article illustré par des photographies, nous avons abordé ces diff érentes opinions liées à la ville de Nadjaf Al-Ashraf. Ces opinions ont été divisées à des exigences demandant :

1 - De démolir le tissu de la vieille ville de manière totale, et le redessiner de manière moderne.

2 - De conserver et de maintenir toute la ville, c’est-à-dire en se basant sur la notion de « conservation», car chaque pierre de cette ville est riche en patrimoine et histoire.

3 - L’opinion du milieu, entre les deux premiers, peut se réaliser à travers le maintien et la rénovation de tout ce qui est possible de garder. Cela signifi e le travail sous le concept de « la réhabilitation ». Ce dernier ne s’oppose pas à la démolition de ce qui ne représente pas de l’importance afi n d’éliminer les goulots d’étranglement dans la ville et d’eff ectuer la mission première qui est de faciliter l’accès des visiteurs au saint mausolée.

Ici, il est important de mentionner l’avis de l’auteur de l’article que le maintien équilibré est devenu un instrument pour pouvoir servir les visiteurs et les fl ux de mouvements à travers l’ouverture d’issues, et la promotion de toute zones du tissu traditionnel pouvant servir cet objectif, comme si la circulation des visiteurs, s’opposait à ces lieux chose qui n’est pas vrai.

En eff et on semble oublier que c’est un tissu urbain organique intégré qui ne peut être traité d’une telle simplicité. La scène urbaine (Urban scene), est le produit de l’interaction de l’homme avec son environnement physique (peut être exprimée par la mémoire urbaine) ou l’image mentale de l’utilisateur ou du destinataire.

La relation entre le conteneur (container) qui est l’environnement urbain et le contenu (content), qui est l’utilisateur ou l’occupant de cet environnement.

Celui ci est le produit de l’interaction de tous les éléments du milieu naturel (natural environment) et de l’environnement culturel (cultural environment) de cet occupant. L’opération de l’équilibre ne peut être faite que par la compréhension de cette relation, de ses éléments, des étapes de son développement et des fondements intellectuels et philosophiques qui l’ont produite.

LA VILLE DE NADJAF, LA CAPITALE DE LA CULTURE ISLAMIQUE EN 2012

Tous les peuples du monde sont fi ères de leur histoire, leur patrimoine et de leur culture. Il est de notre droit à nous : les Irakiens, les Arabes et les musulmans de nous enorgueillir de la ville de Nadjaf Al-Ashraf, pour ce que cette ville contient dans ses diff érents recoins en civilisation ancienne, et en monuments historiques. Parmi ces trésors que recèle la ville, la tombe d’Adam, paix soit sur lui, le père de l’humanité entière, la demeure d’Abraham, paix soit sur lui, et le sanctuaire de l’Imam Ali.

La vieille ville de Nadjaf a été le meilleur témoin pour la meilleure des civilisations qui avait été établie sur ses terres, exprimée par la vieille ville et son rempart, qui était la synthèse du produit humain de la communauté arabo-musulmane, qui s’est basé de manière globale sur le fi qh (la jurisprudence) de la religion musulmane et comme une réponse naturelle aux conditions climatiques rudes de cette région. Nous observons des maisons disposant de cours en leur milieu, et « des Badkirs » (des tours du vent) afi n d’adoucir l’air en leur sein.

Il y avait de forts liens familiaux, le quartier d’habitat, les étroites ruelles sinueuses pour se protéger des étrangers et afi n de réduire l’impact du vent chargé de poussière et de sable (Figure 1). Sur les deux côtés de ces allées on trouve des « Chanachil » latérales avec de beaux ornements et leur magnifi que spécifi cité. On retrouve ensuite entre une cour et l’autre, une nouvelle scène visuelle avec tout son penchement apparaît alors de temps en temps, des ruelles tortueuses nous surprend la scène de la coupole et des minarets dorés du saint Mausolée qui s’imposent sur le skyline de la ville (fi gure 2), et par une domination claire sur le tissu urbain de la ville et avec une spécifi - cité caractéristique de la ville de Nadjaf Al-Ashraf du reste des villes arabes saintes islamiques.

Le saint mausolée représente une valeur de patrimoine élevée, du fait qu’il soit un important jalon architectural et culturel, en plus de sa place spirituelle dans le coeur des musulmans.

Ce mausolée exerce une dimension urbaine du point de vue de l’endroit sur l’environnement qui l’entoure de manière directe, et sur un plus large niveau, qui est ville historique de Nadjaf en général (Figure 3).

Cette ville avec une telle spécifi cité et une telle authenticité mérite amplement d’être nommée capitale de la culture islamique. Ces mérites sont exprimés grâce à son histoire, son patrimoine urbain ainsi que de la portée de son impact intellectuel et fonctionnel, qui s’étend à toutes les parties du monde musulman. Seulement, cela doit être un ajout pour marquer le début d’une nouvelle phase de l’intérêt afi n d’authentifi er le patrimoine urbain de la ville. Cet héritage a amené cette ville à ce qu’elle est aujourd’hui et a fait d’elle une « qibla » pour tout le monde musulman. Et cela a pu être possible par le maintien de l’originalité de la vieille ville et son tissu urbain et l’arrêt des opérations de renouvellement non fondées sur les bases d’une pensée en accord avec sa particularité en tenant compte des fondements architecturaux basés sur la jurisprudence (fi kh) de la religion musulmane.

En dépit de ce que cet héritage a subit en termes d’écart dans ses nombreux aspects à certaines époques, il est toujours de l’une des terres de fi erté pour les membres de la nation islamique par son passé. En eff et, il représente l’un des fruits de la religion islamique dont les valeurs sont transmises par nos ancêtres musulmans, quand ils prirent l’étendard de cette religion, qu’ils prêchaient sa révélation juste.

Il est connu que les lieux saints en Irak, font partie d’un système complet, regroupant le tissu urbain avec toutes ses composantes (les sanctuaires, les souks, les quartiers d’habitat), ainsi que les espaces urbains d’une autre part, dans tous leurs niveaux en passant par les espaces semi -publics et semi-privés en atteignant même jusqu’aux espaces privés. Dans une tentative de briser et de détruire cet ensemble total (intégré) sur lequel tous ses éléments sont interdépendants les uns des autres, des parties ont été chargées de prendre des décisions afi n d’apporter du changement alors qu’elles étaient incapables de trouver des solutions et des résolutions étudiées en profondeur. Si des personnes loin du domaine de l’urbanisme, de l’architecture ou du patrimoine urbain sont chargées de telles décisions.

La question Est-il possible de mettre le sort de ce patrimoine architectural, qui est la propriété de la société dans son ensemble, sous les mains d’une personne ou d’un groupe de personnes ? Surtout si nous savons que la ville de Najaf Al-Ashraf possède les propriétés urbaines d’une ville mausolée telles la ville de Karbala, Al-Kadhimiya, ou Samarra. On observe à travers l’étude de cette ville que sa taille et sa forme sont principalement liées à une échelle humaine.

Aussi, la confi guration urbaine traditionnelle de la ville est caractérisée par un ensemble d’éléments homogènes et complémentaires et par la domination du saint Mausolée sur le skyline de la ville (Figure 4). De plus, le tissu urbain est défi ni à travers un réseau de routes et la reproduction des cellules structurelles (les maisons, les souks, les écoles, les terrains…) forment un ensemble cohérent et compact sans que les constructions individuelles soient caractérisées par leur indépendance, et s’intègre dans le même tissu, à la fois, interdépendant.

Dans ce système se défi nit le degré de particularité élevée au sein de la vie à l’intérieur des unités d’habitats. Les zones d’habitats contiennent des unités d’habitation dont la taille varie au sein du même quartier. Cela signifi e un état de coexistence entre les diff érentes couches de la société. Cela est un réel exemple traduisant l’expression de la théorie islamique dans la formulation de l’infrastructure physique de la ville.

Les quartiers d’habitat acquièrent un aspect humain par le type organique précis du réseau de circulation et de ses ruelles qui sont améliorées en utilisant les traitements et les détails architecturaux, ainsi que les améliorations spatiale qui renforcent le sentiment d’originalité et d’éviter les cas de répétition ennuyeuse.

LA REALITE DE LA CONSTRUCTION DANS LA VIEILLE VILLE DE NADJAF

Les eff ets de l’Occident et de l’urbanisation rapide se sont vite ressentis sur le tissu urbain, générant un état d’anarchie due à la négligence, à la mauvaise utilisation et à la perte des normes de planifi cation et de conception urbaine. À son tour, cette situation a engendré la perte des caractéristiques pour de grandes parties de la ville.

Même si le centre historique de la ville de Najaf a été en mesure de perpétuer et de préserver son caractère traditionnel urbain ne serait ce en partie, seulement ces dernières décennies les nouvelles expansions des habitats contrôlent la nature de ce centre et du reste des parties de la ville avec des formes et des styles architecturaux intrus et contradictoires dans la plupart de ses caractéristiques urbaines avec celles du milieu urbain de la ville. Les causes de ce æ peuvent être le résultat d’une combinaison de facteurs, notamment :

• L’adoption des concepts occidentaux au niveau de la conception urbaine et son insertion dans la structure physique urbaine de cette ville sans aucune étude ou analyse de ces concepts.

• La négligence et le manque de planifi cation effi cace, et l’émergence du phénomène de l’aléatoire, ce qui a conduit à l’aggravation des problèmes urbains.

• La diminution de l’intérêt accordé à la valeur historique, religieuse, et aux traits urbains qui caractérisent la ville de Nadjaf Al Ashraf, soit par une planifi cation intentionnelle ou non. De nombreuses tentatives ont été eff ectuées par les anciens régimes afi n d’eff acer l’identité singulière de cette ville et de réduire à néant son importance et sa place dans le coeur des musulmans, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Irak.

La plupart des problèmes dont souff re la ville de Nadjaf sont des problèmes qu’on peut observer dans d’autres villes arabes et islamiques.

Cependant, même si Nadjaf possède toutes les caractéristiques traditionnelles de la ville, elle est considérée comme l’une des plus importantes villes religieuses. En eff et c’est à Nadjaf où on a fondé les plus anciennes des écoles islamiques et des Hawza scientifi ques, et c’est la terre qui abrite le sanctuaire du commandeur des croyants l’imam Ali, paix sur lui. Ce dernier point a eu comme conséquence un affl ux d’un grand nombre de visiteurs provenant de diff érentes parties de l’Irak et du monde musulman. Par ailleurs, les cérémonies funéraires et celles de l’inhumation à la tradition musulmane se sont développées à Nadjaf au point de devenir, l’une des spécialités de cette ville, qui devient presque une ville nécropole. Ce dernier facteur a eu comme conséquence le freinage du développement et de la croissance de la ville au nord et au nord-ouest où se trouvent ces cimetières. En plus des autres directions hormis l’Est, cette ville souff re de la diffi culté de croissance.

La vieille ville remplie cinq fonctions principales qui peuvent être identifi és comme suit (Figure 6) :

• Centre local et mondial pour les visiteurs du saint mausolée de l’Imam Ali.

• Centre local et régional pour les cérémonies funérailles et des visites du cimetière Ouedi Al-Salam (la Vallée de la Paix).

• Centre des Hawza scientifi ques - Centres pour les études religieuses. • Centre du commerce au détail de la ville de Najaf.

• Centre des quartiers d’habitats.

Le saint mausolée de l’Imam Ali était et reste encore la raison d’être de Najaf, c’est même le principale centre d’attraction qui génère de nombreuses activités urbaines.

Le saint sanctuaire est devenu le centre de l’attention visuelle et pratique dans la vieille ville depuis le dixième siècle. Aujourd’hui, il attire désormais un grand nombre croissant de visiteurs. En eff et ce nombre augmente particulièrement lors des cérémonies religieuses atteignant jusqu’à 1 million voire 2 millions de visiteurs. Il ne fait aucun doute que ces millions de visiteurs ont de nombreuses exigences qui portent sur les axes et les voies d’accès au saint sanctuaire, la sécurité, l’hébergement ainsi que les infrastructures adéquates et suffi santes. Les autorités responsables oeuvrent en permanence de manière à répondre à ces exigences. Un grand nombre de visiteurs visitent aussi le cimetière de Ouedi Al-Salem (la Vallée de la Paix), le plus important et le plus grand dans le monde musulman. Ces visites ne sont pas spécifi ques à certains moments ou à certains jours. Les visiteurs de l’Imam Ali (P) et du cimetière Ouedi Al-Salem, sont le principal régulateur des activités quotidiennes du secteur de l’hôtellerie, des restaurants, et du commerce au détail. Le nombre de visiteurs du saint mausolée et du cimetière dans les jours ordinaires, et leur nombre énorme lors d’occasions spéciales, explique probablement la dominance des secteurs du commerce au détail, de l’hôtellerie et de la restauration avec un taux de 40 % ou plus du volume global des secteurs des aff aires dans la ville de Nadjaf Al-Ashraf.

La gestion de cet affl ux massif de visiteurs a eu un grand intérêt chez l’ancien système qui a entrepris de grands projets de construction. Parmi ces projets, on a procédé à l’évacuation et au nettoyage de la zone de 60 mètres autour du saint mausolée. On a ainsi crée une zone de libre rotation et de mouvement interdite d’accès aux véhicules. Cette zone est aujourd’hui utilisée à des fi ns de sécurité et du service pour les visiteurs.

Cela s’ajoute à l’évacuation de la région d’une largeur de 130 mètres, située sur l’axe ouest entre le prolongement de la rue Zine Al-Abidine et la rue Al-Sadik. Cette évacuation avait pour but de construire de nombreux bâtiments commerciaux, notamment des hôtels (Madinat Al-Zairin Al- Mizala) dans la région, où il ya encore un manque permanent de chambres d’hôtel nécessaires pour répondre à la demande croissante de manière exponentielle de la part des visiteurs. Ainsi, la cadence avec laquelle se répandent les habitations disparates et les terrains négligés et vacants, pour les raisons ci-dessus citées selon leur prétextes, et les diffi cultés auxquelles fait face la vieille ville contre les exigences économiques.

Peu importe combien tentant de faire des opérations d’évacuation pour la construction et le développement, il faut résister contre ces opérations et réduire leur nombre. En eff et, la poursuite des opérations de la construction, à l’intérieur de la vieille ville seulement, pour fournir des services aux visiteurs, menace l’identité et la stabilité de la vieille ville et les met face à des risques réels .

Figure 8 : L’absence d’une politique claire de construction dans le centre historique de la ville de Nadjaf Al-Ashraf, causant la pollution visuelle de ses rues en raison du manque de compatibilité avec le contexte urbain de la ville. © Kamoona La survie d’une petite partie seulement du tissu interne de la vieille ville, qui sont un groupe de maisons, des bâtisses d’aff aires et des lieux d’enseignement, est crucial et très important dans le maintien du caractère de la vieille ville au niveau de l’architecture, du patrimoine en plus de la grande valeur historique qui la caractérise.

Répondre aux besoins du nombre croissant de visiteurs est l’une des exigences commerciales et des équipements de bien être au sein de la vieille ville seulement, et n’est pas réaliste, surtout si cela passe par le processus de démolition et de reconstruction après. Le résultat inévitable de cela (c’est à dire répondre aux besoins des visiteurs à l’intérieur de la ville uniquement) sera la destruction de la personnalité historique distinctive de la vieille ville qui favorise son importance religieuse, qui est à l’origine même de l’affl ux des visiteurs sur cette ville, chose qui aff aiblira aussi l’importance de la visite comme une pratique spirituelle.

Les pressions sur la vieille ville viennent de la circulation des piétons et des véhicules, ainsi que des activités commerciales qui cherchent à tirer profi t des visiteurs. Faire face à ces pressions dans les nouveaux quartiers de la ville de Nadjaf parait compréhensible et très contrôlé (c’est à dire, en dehors de la vieille ville).

Par conséquent, la stratégie de planifi cation de la vieille ville doit adopter un plan sensible et précis basé sur l’importance de la construction des réserves et des préparatifs nécessaires pour recevoir le plus grand nombre de Une construction dotée d'un style moderne en termes de conception et de matériaux de finitions, qui ne crée pas de désharmonie au sein du caractère général de l’urbanisme de la ville.

visiteurs en dehors de la vieille ville, afi n de s’assurer de conserver les qualités fondamentales qui donnent à cette ville son statut et sa haute importance comme un centre mondiale pour la visite. Bien que la division de la vieille ville soit eff ectuée dans des temps pas trop éloignés en quatre quartiers et un axe central contenant dans son coeur le saint mausolée, celui ci demeure parmi les illustres exemples du modèle de construction traditionnelle, afi n de maintenir la perfection et l’unicité de la vieille ville et lui permettre de devenir une entité unique et distincte. Le modèle de la voirie (rues) de la vieille ville est comme une marque qui la distingue des villes modernes et de leurs propres réseaux routiers.

L’IDENTITE URBAINE DE LA VIELLE VILLE DE NADJAF

L’identité urbaine de la vieille ville se caractérise par l’existence de quatre régions dans son périmètre. Chacune d’elle possède sa personnalité distincte et diff érente, à savoir (Figure 10) :

• Les quatre quartiers (Al-Mishraq, Al-Huwaîch, Al-Îmara, Al-Bareq).

• La région centrale, qui contient le saint tombeau de l’Imam Ali (P).

• La route d’accès ouest au saint mausolée. Elle comprend la ville Al- Zaîrin et la périphérie nord du quartier Al-Huwaîch.

• La route Est d’accès au saint mausolée que le grand souk a formée.

Les quatre quartiers de la vieille ville sont caractérisés par deux aspects principaux qui lui confèrent une identité spéciale diff érente des quartiers des villes modernes, à savoir :

Le réseau de routes et les passages piétons sont répartis de manière irrégulière ainsi qu’une répartition des lots de terrain de manière irrégulière elle aussi.

Ces quartiers représentent le modèle traditionnel des quartiers arabes des camps, qui ont évolué pendant des centaines d’Années. Ils refl ètent aussi le modèle traditionnel des activités et du mouvement de la ville de Najaf Al-Ashraf. On procède à la fusion des lots de terrain situés sur le contour afi n d’obtenir des parcelles de terrain relativement grandes et qui soient appropriées pour des grands projets commerciaux (Figure 11).

Le mausolée de l’Imam Ali (P) est situé dans le coeur de la vieille ville, et il constitue depuis des siècles un centre pour plusieurs activités. Son dôme doré domine le paysage visuel, et forme un repère distinctif vers lequel débouchent toutes les routes (y compris les routes piétonnes) de la vieille ville. Aussi, l’emplacement du saint mausolée qui se trouve sur le bord du plateau sur lequel se trouve la vieille ville, permet de voir le dôme doré de très longues distances.

Le bâtiment du saint sanctuaire est situé dans le centre d’un carré pavé couvrant une superfi cie de plus de 4 hectares (bâtiment du sanctuaire et l’espace autour de lui). Cet espace s’est formé après la démolition et le nettoyage de certaines parties de l’ancien tissu urbain entourant le saint sanctuaire.

Il est entouré par une clôture de sécurité, derrière laquelle se répandent les vitrines commerciales et certains sites religieux secondaires. À l’endroit du mausolée du martyre Al-Sadr II, une nouvelle bâtisse a émergé, sur le coin nord-ouest du quartier Al-Barq, qui a été démoli dans le cadre des opérations de l’évacuation de la zone entourant le saint mausolée.

Toutefois, l’espace entourant le saint mausolée souff re maintenant de la prolifération de nombreux bâtiments tels que les postes de sécurité, les établissements de santé publique, les lieux de l’ablution, les lieux de l’eau potable, ainsi que des structures d’abris (d’ombrage) pour les visiteurs.

Cet espace s’est donc rempli de bâtiments d’une architecture pathétique, et peut faire l’inverse de l’eff et souhaité du but du lieu qui est d’absorber le nombre important et croissant de visiteurs et de fournir à la vielle ville la seule place accessible pour tous .

Le grand souk est situé à l’est du saint mausolée de l’Imam Ali (P).

Il constitue une partie de la vieille ville, et se caractérise par ses frontières qui sont la rue Zine Al-Abidine et la rue Al-Sadek qui ont été construites dans les années cinquante du siècle dernier. C’est par ailleurs, un souk historique contenant plusieurs unités commerciales, ainsi que de petits souks, tels le marché des bijoutiers, le marché Al-Safafi r, le souk Al-Masabih, le Les toitures réalisées récemment autour du mausolée posées du coté des rues « Al Tusi » et « Prophète », ainsi que du coté d’Al-Îmara (Nord, Sud et Ouest) ont conduit à la distorsion de la région environnante, car conçues de manière non réfléchie avec des formes et des modèles différents.

Figure 13 Installations entourant le saint sanctuaire réparties de manière anarchique Hôtel de l'Imam Ali (P) situé dans le côté ouest du saint mausolée Places d’eau potable et d’ablutions dans la périphérie du saint mausolée

souk Al-Abaijîya, le marché des parfumeurs, ainsi que le marché Al-Sarafa (de change) (Figure 14). Cet endroit contient aussi le réseau des passages piétons où on peut observer de nombreuses voies préférées chez les piétons qui les empruntent pour se rendre vers les zones du nord et du sud.

La principale rue commerçante centrale est une sorte de passerelle couverte qui représente un modèle de marché dans ces zones interdites à la circulation des véhicules et contenant des interfaces colorées et actives des deux côtés.

Les deux rues (Zine Al-Abidine et Al-Sadek), fournissent une entrée pour les véhicules de service et des transports des biens et marchandises. Ces deux rues se rejoignent à l’extrémité Est du Grand souk au niveau d’une cour pavée sans aucun ornement, chose qui fait d’elle une excellente occasion de construire une portière d’entrée distinctive du principal passage d’entrée dans la vieille ville.

Après cet espace les routes s’étendent vers les nouveaux quartiers de la ville.

On compte qu’environs autour de 70 % des visiteurs du saint mausolée passe par le Grand souk. En outre, les phénomènes déployés ici sont similaires à ceux déployés dans les zones d’habitat. En eff et, le souk est situé à quelques mètres de la porte Al-Saâ, une des portes principales vers le sanctuaire de l’Imam Ali Ibn Abi Talib, ce qui rend ces souks très engorgés et très fréquentés.

Ils sont construits sur la base d’un joli modèle distinctif, où son toit du milieu est incurvé dont tombent un groupe de ventilateurs en face des petits commerces au décor islamique. L’une des images esthétiques du souk dans les petites ruelles.

Celui qui entre au souk se sent comme s’il marchait dans l’une des anciennes villes islamiques, malgré le fait que la plupart de ce qui est vendu est moderne et contemporain. Celui qui visite Nadjaf ou le tombeau de l’Imam Ali doit passer par ce souk, si ce n’est que par curiosité. Ce souk est lié à l’histoire commerciale de la ville, il raconte l’histoire d’une ville commerçante et touristique.

Le Grand souk est situé au coeur de la vieille ville de Nadjaf, toute personne, visiteur ou habitant, y trouve ce dont il a besoin dans ce marché, on retrouve des magasins pour le change de la monnaie par exemple, ainsi que pour tout ce qui est rare. La particularité du souk est l’existence de la plupart des biens et des métiers : orfèvres, vendeurs de bagues, et de pierres précieuses, marchands de textiles, de vêtements, d’accessoires, de cosmétiques, en plus du souk Al-Abaijîya et les fabricants d’outils anciens tels les faucilles, les chaînes, les vendeurs d’huiles, de pâtes, les bouchers et vendeur du célèbre Turshi de Nadjaf, ainsi que les vendeurs des cadeaux et des souvenirs.

Certaines parties du souk sont encore nommées par des noms de certaines professions, en dépit de leur disparition ou leur déclin depuis longtemps.

Parmi les nombreux exemples de noms de souks on retrouve le souk Al- Masabij (des plombiers) le souk Al-Safarin, le souk Al-Kasabin (des bouchers) le Akd des Juifs (par rapport à un marchand juif la bas) le Akd des ânes (le lieu des porteurs)...Bien que la largeur de la partie principale du marché, qui est appelée Al Kaissariya (césarienne) n’excède pas plus de 15 mètres, les ruelles environnantes et qui découlent de cette partie là comprend des dizaines de petits commerces compacts par des lignes irrégulières séparées par des couloirs étroits.

Posséder un magasin dans ce souk signifi e beaucoup pour les gens de Nadjaf, c’est une sorte de certifi cat que le propriétaire est l’un des autochtones de Najaf. De plus, il est rarement vendu un magasin ici aux non originaires de Nadjaf... Les habitants de Nadjaf, se surnomment eux même « Al Machahida », (littéralement détenteurs des certifi cats) dont ils tirent une grande fi erté. Même que la présence dans ce souk, est la preuve que la personne est « Machhadi », comme c’est la coutume chez les habitants de la ville de Nadjaf.

Plusieurs maquettes avec plusieurs designs ont été réalisées sur la vieille ville où se situe le souk, elles prévoient toutes la démolition du grand souk, ce qui entrave la mise en oeuvre de tels projets. Récemment, une société britannique a développé une conception de base pour la ville de Nadjaf, comprenant la démolition et la reconstruction du «grand souk», comme il est coutumier.

L’entrée ouest du saint mausolée comprend la ville Al-Zaîrin qui a subi des tentatives ambitieuses de rénovation urbaine à l’époque de l’ancien régime.

Ces conceptions incluaient des travaux de rénovation dans la région, des démolitions des vieux schémas de construction irrégulière et répandue autrefois et les remplacer par des modèles de construction réguliers et modernes. On a détruit de nombreux sites historiques et patrimoniaux importants pendant les opérations de rénovation.

Le plan de rénovation inclut la construction de rangées d’hôtels de trois étages, construits à une distance égale entre eux. Ces hôtels sont de tailles et de superfi cie similaires, construits des deux côtés d’un espace ouvert de 50 mètres de large. Ce projet inclut également un parking souterrain. Les travaux de construction s’étendent tout le long de la route Al-Sadiq, jusqu’à la partie nord du quartier Al-Huwaych (Figure 15). Seulement, ces hôtels sont restés inachevés, certains sont encore en construction, tandis que d’autres, qui ont été achevés, étaient restés occupés en partie. Aujourd’hui même la partie achevée a été enlevée.