Les droits de la femme en islam
 
LE DIVORCE

Aucune époque ne s'est préoccupée autant que l'a fait la nôtre, du danger de l'écroulement de la structure de la famille et de ses conséquences, et aucune autre époque n'a souffert sur le plan pratique autant que notre époque de ce danger et de ses conséquences négatives.

L'augmentation du nombre des divorces dans la vie moderne

Jadis on ne prêtait pas beaucoup d'attention au problème du divorce, à ses causes et à ses mauvaises conséquences, ni on ne prenait de mesures en vue de le prévenir.

Toutefois les cas de divorce étaient de très loin moins nombreux que ceux d'aujourd'hui. Il ne fait pas de doute que la différence entre le passé et le présent est due au fait que maintenant les causes du divorce ont augmenté. la vie sociale a pris une telle tournure qu'aujourd'hui il y a beaucoup plus de motifs de séparation et de dislocation des liens familiaux, et c'est ce qui a rendu vains les efforts des sociologues et des spécialistes de ce domaine, en vue d'endiguer ce fléau. Malheureusement, il y a fort à parier que l'avenir sera pire que le présent sur ce plan.

Le magazine américain "Newsweek" écrit dans un article intéressant intitulé "Le Divorce en Amérique" qu'il est plus facile de divorcer que de prendre un taxi aux Etats-Unis. "Newsweek" ajoute que deux proverbes relatifs au divorce sont répandus, parmi les Américains, plus que tout autre proverbe. L'un dit : «Même la pire des réconciliations entre un homme et sa femme vaut mieux que le divorce». Il vit depuis 400 ans. L'autre, qui traduit une vue diamétralement opposée et qui a gagné du terrain au cours de la seconde moitié du 20e siècle, dit : «Le second amour est plus plaisant que le premier».

L'article montre que «le second proverbe a trouvé plus d'illustration aux Etats-Unis, où le mirage du divorce attire non seulement les nouveaux-mariés, mais aussi leurs mères et les vieux couples. Et c'est à tel point que la moyenne annuelle de divorces n'est jamais descendue au-dessous de 400000, dont 40 % concernent des couples mariés depuis plus de 10 ans, et 13 % depuis plus de 20 ans. L'âge moyen des 2 millions de femmes divorcées aux Etats-Unis est de 45 ans. 62 % d'entre elles étaient mères d'enfants âgés de moins de 18 ans. Ces femmes forment en fait une génération spéciale.

«Bien que la femme américaine se sente tout à fait libre après le divorce, il n'empêche que la femme divorcée, qu'elle soit jeune ou d'âge moyen, est loin de retrouver une vie heureuse. Il est facile de se rendre compte que ces femmes divorcées restent malheureuses, car on constate qu'un nombre croissant d'entre elles fréquentent les cabinets des psychiatres ou sombrent dans l'alcoolisme. Une femme divorcée sur quatre est alcoolique. Le taux moyen de suicide parmi elles est trois fois supérieur à celui de femmes qui conservent leurs maris. Bref, dès qu'une femme sort victorieuse de son procès de divorce, elle ne tarde pas à réaliser que sa vie après le divorce est loin d'être rose. Le monde peut difficilement avoir une bonne opinion de la femme qui dissout son mariage, lequel est la forme la plus solide des relations humaines. La société peut respecter une telle femme et même l'envier, mais personne ne songerait à en faire la partenaire en qui il pourrait chercher le bonheur.»

Dans cet article de Newsweek, la question qui a été soulevée est de savoir si la croissance des cas de divorce est due plutôt à l'incompatibilité de tempéraments entre le mari et la femme, ou bien à d'autres facteurs. L'auteur de l'article dit que «même si l'incompatibilité de tempérament est admise comme étant la cause de séparation entre les couples nouvellement mariés, comment peut-on expliquer le cas de ceux qui ont été mariés depuis bien longtemps ? Si l'on tient compte des avantages que les lois américaines procurent à la femme divorcée, la réponse à cette interrogation est que la cause du divorce dans les mariages de vieux de dix ans et vingt ans n'est pas l'incompatibilité de caractère entre les deux époux, mais le refus de supporter les anciens désaccords et le désir d'avoir plus de plaisirs et de nouvelles jouissances. A l'ère de la contraception, de la révolution sexuelle et de la hausse de la côte de la femme, une idée a fait son chemin parmi les femmes, selon laquelle le plaisir doit passer avant la sauvegarde de la famille. Ainsi, on voit souvent, dans un couple qui a vécu ensemble pendant de longues années, mis au monde des enfants, partagé le bonheur et le malheur, la femme décider subitement d'obtenir le divorce, sans qu'aucun facteur soudain soit intervenu dans la condition morale ou matérielle de sa vie conjugale. La raison de cette décision subite réside dans le fait que, jusqu'à la veille, elle était disposée à supporter la vie monotone, alors que maintenant, elle ne veut plus l'accepter. La femme américaine d'aujourd'hui est plus désireuse de plaisir que celle d'hier, et beaucoup moins encline à supporter le manque que sa grand-mère.»

La croissance des cas de divorce n'est pas limitée aux Etats-Unis. Partout où le mode de vie occidental moderne prévaut plus ou moins, le nombre des divorces va croissant. Même en Orient, le divorce est nettement plus courant dans les grandes villes modernisées que dans les petits villages du pays profond.

L'environnement américain est propice au divorce

Nous avons déjà dit, citant Newsweek, que la femme américaine fait passer le désir du plaisir avant la stabilité de la vie conjugale. Voyons maintenant pourquoi elle adopte une telle attitude ? Il est certain que cette attitude n'est ni naturelle ni instinctive. Il y a quelque raison sociale derrière elle. C'est le milieu ambiant américain qui a inculqué cette mentalité à la femme américaine. Certains esprits occidentalisants s'efforcent, avec application, de pousser la femme orientale à suivre la voie que les femmes américaines ont empruntée. S'ils réussissent, le sort de la femme orientale et de la famille orientale ne sera pas différent de celui de la femme et de la famille américaines.

Un quotidien français éminent écrit que «dans plus de 200 restaurants et cabarets de la Californie, les serveuses travaillent la poitrine nue. Le maillot de bain sans soutien- gorge a été reconnu comme la tenue vestimentaire de travail à San Fransisco et Los Angeles. Des dizaines de salles de cinéma à New York projettent des films pornographiques, en exposant sur leurs devantures des affiches de femmes nues. Certains de ces films ont pour titres : "L'échange d'épouses", "Des filles immorales", "Le vêtement qui ne cache rien". Dans les vitrines des librairies, il est rare de voir un livre dont la couverture ne montre pas la photo d'une femme nue. Même les livres traditionnels ne font pas exception. Des titres tels que : "Le comportement sexuel d'un homme en Occident", "Le comportement sexuel des jeunes au-dessous de 20 ans", "Les nouvelles méthodes de faire l'amour, d'après les plus récentes informations" sont très courants.»

L'auteur de l'article du quotidien français s'exclame : «Où va l'Amérique !»

Dans un tel environnement, si la femme américaine a perdu son équilibre, et qu'elle préfère le plaisir à la fidélité à son mari et à sa famille, elle n'est pas à blâmer. C'est l'atmosphère sociale qui a secoué la racine même du système familial sacré.

Il est surprenant que les avant-gardes de notre époque fassent tout pour augmenter les causes du divorce et de la désintégration de la vie familiale d'une part, et se lamentent sur la hausse du taux de divorces d'autre part. Ils font comme si l'on disait à quelqu'un de ramoner une cheminée, en lui demandant de ne pas salir ses vêtements.

Cinq théories

Maintenant essayons de voir si le divorce est, en principe, une bonne chose ou une mauvaise chose.

La question de savoir s'il est bien de laisser la porte du divorce grande ouverte, même avec le risque de la désintégration de la vie familiale ? Si c'est bien, il n'y a pas de mal à ce que le taux de divorces soit en hausse. Et si c'est déconseillé, doit-on alors fermer complètement la porte du divorce pour que l'union conjugale reste éternelle ? Une troisième alternative est que le divorce ne devrait pas être aboli légalement, car dans certaines circonstances il est inévitable, mais que la société devrait, en même temps, prendre toutes les mesures possibles pour éliminer les facteurs du désaccord et de la séparation entre les deux époux, et sauver ainsi les enfants du danger d'une vie sans foyer. Evidemment, la loi ne peut rien contre le divorce, si la société elle-même encourage les causes qui conduisent au divorce.

Si le divorce n'est pas totalement aboli, sous quelle forme devrait-il être autorisé ? Qui devrait exercer le droit de divorce ? Le mari, la femme, ou tous les deux ? Dans le troisième cas l'homme et la femme auront-ils la même procédure pour obtenir le divorce, ou bien chacun de deux sexes devrait-il avoir une procédure séparée ? En tout état de cause, il y a cinq théories relatives à la question du divorce :

1 - Le divorce est libre, et sans aucune restriction morale ou légale. Il y a ceux qui regardent le mariage seulement du point de vue de la recherche du plaisir, qui n'y voient aucun caractère sacré, et qui ne prennent pas en considération la valeur sociale du foyer conjugal et de la famille. Ils pensent que le plus vite les liens du mariage sont noués, renouvelés, et changés, le plus grand sera le plaisir offert à l'homme et à la femme. Les gens qui disent que "le second amour est plus plaisant", soutiennent cette théorie. Celle-ci a ignoré la valeur sociale de foyer familial et oublie le bonheur, l'entente, et la fidélité qu'on ne peut obtenir que par la continuation de la relation conjugale et la fusion de deux âmes en une seule. Ainsi, cette théorie est la théorie la plus puérile et la plus immature dans ce domaine.

2 - Le mariage est un pacte sacré. C'est une union de deux cœurs et de deux âmes, qui doit rester saine et sauve. Le mot divorce doit être banni du dictionnaire de la société. La femme et l'homme qui se marient doivent savoir qu'à part la mort rien ne peut les séparer.

C'est cette théorie qui a été préconisée pendant des siècles par l'Eglise Catholique, et qui l'est encore.

Les partisans de cette théorie sont en nombre décroissant dans le monde. Seules l'Italie et l'Espagne catholique y adhèrent encore. Nous avons souvent entendu que, même en Italie, les hommes et les femmes élèvent la voix contre cette loi, et que des efforts y sont déployés en vue de reconnaître officiellement le divorce. Beaucoup de gens ne veulent plus continuer à souffrir le martyre de l'échec de leur mariage.

Il y a quelques années, le Daily Express a publié un article sous le titre : "Le Mariage en Italie est synonyme de servitude pour la femme". L'article dit que : «A présent, à cause de l'inexistence du divorce, beaucoup de gens en Italie sont acculés à des relations sexuelles illégales. Plus de cinq millions Italiens croient que leur vie n'a été que péché.»

Un quotidien italien a écrit : «La prohibition du divorce a créé un grand problème aux Italiens. Beaucoup d'entre eux ont renoncé à leur nationalité italienne pour cette même raison. Lorsqu'une agence italienne organisa un sondage d'opinion, 97 % des femmes sondées ont répondu par la négative à la question de savoir si le divorce est contraire ou non aux principes religieux.»

Quant à l'Eglise, elle persiste dans son opinion et s'efforce de démontrer le caractère sacré du mariage et la nécessité de sa consolidation.

Il ne fait pas de doute que le mariage est un lien sacré et qu'il doit être durable et éternel. Mais il ne peut durer que si les deux époux coopèrent l'un avec l'autre. Il y a des situations dans lesquelles une compréhension ou une entente mutuelle entre une femme et son mari n'est pas possible. Dans de telles circonstances, les forces de la loi ne peuvent être employées pour les amener à s'attacher l'un à l'autre au nom du lien conjugal. La théorie de l'Eglise a été un échec total. Il n'est pas improbable que l'Eglise elle-même soit contrainte rapidement de réviser ses vues. C'est pourquoi il n'est pas nécessaire que nous nous attardions davantage sur l'opinion de l'Eglise et sur la critique de cette opinion.

3 - Le mariage est dissoluble par l'homme et non par la femme. Dans le monde antique, beaucoup de gens soutenaient une telle vue, mais maintenant nous ne pensons pas qu'elle ait encore des partisans.

4 - Le mariage est une institution sacrée, et le système familial est respectable, mais la possibilité de divorcer sous certaines conditions doit être offerte aux deux époux, et la procédure de la dissolution du mariage doit être la même pour les deux.

Les tenants de "la similarité des droits familiaux", improprement appelée "l'égalité des droits pour l'homme et la femme" appuient cette théorie. Selon eux, les mêmes conditions, les mêmes limites, et les mêmes restrictions qui existent pour la femme doivent exister également pour l'homme, et les mêmes voies qui ont été ouvertes à l'homme pour qu'il sorte de l'impasse du mariage doivent être ouvertes également devant la femme ; autrement il y aurait injustice et discrimination.

5 - Il ne fait pas de doute que le mariage est une institution sacrée, que le système familial est respectable, que le divorce est détestable, et que c'est un devoir essentiel pour la société d'éliminer les causes du divorce. Mais, en même temps, il ne faut pas que la loi ferme la porte du divorce devant les mariages non réussis.

Les moyens de se sortir des entraves du mariage doivent être ouverts à l'homme et à la femme, à condition que la procédure que l'homme doit suivre pour sortir de l'embourbement de son mariage lui soit spécifique, à lui, et que celle que la femme doit suivre lui soit spécifique, à elle. Le divorce est l'un des domaines où les droits de la femme et ceux de l'homme sont dissemblables.

C'est cette théorie qui représente le point de vue islamique, et que les pays musulmans appliquent, imparfaitement (et non complètement).

Le Divorce II


A notre époque, le divorce est devenu un problème mondial, car tout le monde se plaint et se complaint à son propos. Ceux dont la loi interdit totalement le divorce se plaignent de l'inexistence d'un moyen d'échapper des mariages ratés et mal assortis. D'autre part, ceux qui ont ouvert la porte du divorce devant aussi bien l'homme que la femme, se plaignent de la hausse du taux des divorces, et de l'instabilité de la vie familiale et de ses effets nuisibles. Ceux qui ont accordé le droit du divorce aux hommes seulement se disent aussi insatisfaits pour deux raisons :

Premièrement, certains hommes, divorcent d'une façon inattendue, après de longues années de vie conjugale commune, et divorcent de leurs femmes qui ont passé la meilleure partie de leur jeunesse avec eux, tout simplement parce qu'ils se sentent subitement désireux d'avoir une nouvelle femme.

Deuxièmement, certains hommes, d'esprit mesquin, refusent de divorcer d'une femme avec laquelle il n'y a pas d'espoir de vivre en harmonie et bonne entente.

Il arrive souvent que, pour une raison quelconque, les différends entre un mari et sa femme atteignent un tel stade qu'il n'y a plus aucune possibilité de réconciliation, et qu'ils vivent pratiquement séparés l'un de l'autre. Dans de telles circonstances, la seule solution qui reste est de couper légalement les relations qui ont été déjà rompues pratiquement, et de permettre ainsi à chacun d'eux de chercher un nouveau partenaire. Malheureusement, certains hommes, par malveillance, et voulant harrasser leurs femmes et les empêcher de jouir d'une nouvelle vie conjugale, refusent de divorcer d'avec elles. Ils laissent leurs femmes "comme en suspens" selon les termes du Coran.

Ces hommes sont à mille lieues des enseignements de l'Islam, bien qu'ils utilisent l'autorité de la loi islamique pour justifier leur attitude inconvenable. Leur conduite donne l'impression, à ceux qui ne connaissent pas en profondeur l'esprit des enseignements islamiques, que c'est comme cela que l'Islam conçoit le divorce. C'est ce qui a permis aux détracteurs de l'Islam de se demander avec sarcasme si l'Islam a vraiment autorisé les hommes à harasser leurs femmes à leur guise, tantôt en divorçant d'avec elles, tantôt en refusant le divorce, tout en ayant la conscience tranquille d'exercer leur droit légitime et légal.

Ils disent qu'un tel comportement constitue un exemple flagrant d'injustice et de cruauté. Ils se demandent, s'il est vrai, comme les Musulmans l'affirment, que les lois islamiques ont été fondées sur la justice et la droiture, quelles mesures l'Islam a-t-il prises pour prévenir une telle injustice.

A propos de la cruauté et de l'injustice de tels actes, il n'y a aucun doute. Nous mentionnerons plus loin tout ce que l'Islam a entrepris pour les empêcher. Mais ce qui importe, c'est de savoir quel est le moyen le plus approprié pour prévenir cette injustice et cette cruauté. Les actes d'injustice sont-ils dus à des défauts dans la loi du divorce, ou bien faut-il chercher leurs causes ailleurs ? Peut-on les éliminer en modifiant la loi, ou d'autres mesures sont-elles nécessaires à cet égard ?

L'Islam a ses propres vues sur les solutions des problèmes sociaux. D'aucuns pensent que ces problèmes peuvent être résolus soit par la promulgation d'une nouvelle loi, soit par la modification des lois existantes. Mais l'Islam réalise qu'une loi a ses limites propres. Elle ne peut être efficace que dans le cadre des relations sèches et contractuelles entre les gens. Mais quand il s'agit des relations sentimentales, la loi n'y peut rien à elle toute seule. D'autres mesures sont nécessaires pour résoudre le problème.

Comme nous allons le voir, l'Islam a utilisé pleinement la force de la loi, là où elle pourrait être efficace. Et elle n'a pas échoué à cet égard.

Les Divorces ignobles

Tout d'abord nous traiterons du problème capital de notre époque, en l'occurrence, les divorces ignobles.

En principe, l'Islam s'est opposé énergiquement au divorce. Il veut qu'il n'ait pas lieu, dans la mesure du possible. Il l'autorise seulement en dernier ressort, au cas où la séparation est inévitable. Ceux qui se marient fréquemment en divorçant d'avec leurs anciennes femmes sont dénoncés par l'Islam comme étant les ennemis d'Allah.

Le célèbre livre de Hadith -tradition- "Al-Kâfî" rapporte le récit suivant :

Le Saint Prophète demanda à un homme :

-Qu'as-tu fait de ton épousée ?

-J'ai divorcé d'avec elle, répondit l'homme.

-Avait-elle fait quelque chose de mal, demanda le Prophète (P)?

-Non, dit-il.

Quelque temps a près, l'homme en question se remaria. Le Prophète, l'ayant vu, lui demanda :

-T'es-tu remarié ?

-Oui, répondit-il.

-Quelque temps après, le Prophète le revit et lui demanda encore:

-Qu'as-tu fait avec ta nouvelle épouse?

-J'ai divorcé d'avec elle, répondit l'homme.

-Avait-elle fait quelque chose de mal, lui demanda le Prophète (P)?

-Non, dit l'homme

L'homme se remaria une troisième fois, et le Prophète lui demanda, s'il avait eu une nouvelle femme, question à laquelle il répondit par l'affirmative.

Après quelque temps, le Saint Prophète lui demanda encore:

-Qu'as-tu fait de ta troisième épouse ?

-J'ai divorcé d'avec elle, répondit l'homme

-Avait-elle fait quelque chose de mal, ?

-Non.

-Le Saint Prophète dit alors qu'Allah déteste l'homme qui change fréquemment de femme, et la femme qui change fréquemment de mari. De telles gens sont les ennemis d'Allah.

On rapporta au Saint Prophète qu'Abû Ayyûb al-Ançârî avait décidé de divorcer de sa femme. Le Prophète (P) connaissait personnellement cette femme.Il savait aussi que la décision d'Abû A yyûb n'était pas justifiée. Aussi déclara-t-il à ce propos:

Le divorce d'avec Umm Ayyûb [la femme d'Abû Ayyûb] est un péché mortel.

Le Saint Prophète dit que l'Archange Gabriel l'avait exhorté et lui avait conseillé tellement de ne pas recourir au divorce, qu'il avait pensé que divorcer d'une femme n'était autorisé que lorsqu'elle était coupable d'adultère.

L'Imam al-Sâdiq a rapporté que le Saint Prophète avait dit : «Rien n'est plus plaisant pour Allah qu'une maison où un mariage a lieu, et rien n'est plus déplaisant pour Lui qu'une maison où un divorce a lieu.»

L'Imam al-Sâdiq a dit aussi que si le mot divorce a été mentionné à plusieurs reprises dans le Coran, c'est parce qu'Allah est contre le divorce et la séparation.

Al-Tabarsî rapporte dans Makârim al-Akhlâq que le Prophète a dit: «Mariez-vous, mais ne divorcez pas, car le divorce secoue le trône d'Allah.»

L'Imam al-Sâdiq a dit : «Il n y a pas d'acte autorisé plus déplaisant pour Allah que le divorce. Allah déteste ceux qui divorcent fréquemment.»

De tels hadith (traditons) sont relatés dans les livres sunnites aussi. Abû Dawûd a rapporté dans ses Sunan que le Prophète (P) a dit: «Allah n'a pas autorisé un acte autant détestable que le divorce». En d'autres termes, bien qu'Allah ait autorisé le divorce, IL le déteste le plus.

Les grands dirigeants religieux (les Imams) se sont abstenus du divorce dans la mesure du possible. Les cas de divorces sont extrêmement rares dans leur vie. Ils ne se sont résolus au divorce que lorsqu'ils avaient des raisons tout à fait valables pour le faire. Par exemple, l'Imam al-Bâqir s'était marié avec une femme qu'il aimait beaucoup. Mais un jour, il remarqua que cette femme était hostile à l'Imam Alî Ibn Abî Tâlib et qu'elle avait cultivé de la haine contre lui dans son cur. Il fut donc contraint de divorcer d'avec elle. Lorsqu'on lui demanda pourquoi il avait divorcé d'avec une femme qu'il aimait tellement, il a répondu qu'il ne voulait pas garder à côté de lui une pièce brûlante de l'Enfer.(8)

Une rumeur sans fondement

Il est indispensable de rapporter ici une rumeur infondée et échafaudée par les Califes Abbâssides, et largement répandue. La rumeur laissait croire que le petit-fils du Prophète et le fils de l'Imam Ali, l'Imam al-Hassan al-Mujtabâ avait l'habitude de multiplier mariages et divorces. On commença à répandre cette rumeur cent ans après le décès de l'Imam, et elle fut répandue un peu partout, y compris parmi ses partisans. Ceux-ci ne se donnèrent pas la peine de vérifier la véracité ou la fausseté de la rumeur, et sans se rendre compte qu'une telle rumeur ne pourrait pas correspondre à un homme saint qui était parti au pèlerinage à pied, qui avait partagé sa fortune plus de vingt fois avec les pauvres, en en donnant à ceux-ci la moitié et en en gardant l'autre moitié pour lui.

Pourquoi les Abbassides ont-ils répandu cette rumeur ? On sait que lorsque le Califat passa des mains des Omayyades aux mains des Abbassides, les descendants de l'Imam al-Hassan coopérèrent avec ces derniers, alors que les descendants de l'Imam al-Hussain, le frère de l'Imam al-Hassan, et à la tête desquels se trouvait l'Imam al-âdiq, s abstinrent daider les Abbassides. Ceux-ci, au début de leur prise de pouvoir, se montrèrent dociles envers les descendants dal-Hassan et ils reconnurent me quils avaient droit au califat plus queux-mêmes. Mais au fur et à mesure qu'ils consolidèrent leur pouvoir, ils trahirent leurs alliés et les éliminèrent en les tuant et en les mettant en prison d'une façon traîtresse. Pour justifier cette trahison, ils se mirent à calomnier la lignée d'al-Hassan. Parmi les rumeurs qu'ils ont répandues figure celle selon laquelle l'ancêtre de cette lignée, Abû Tâlib, l'oncle paternel du Saint Prophète et le père de l'Imam Ali, serait mort mécréant, alors qu'al-'Abbâs, l'autre oncle paternel du Prophète, et l'ancêtre des Abbassides, aurait été un bon musulman pendant sa vie et à sa mort. En s'appuyant sur cette rumeur, les Abbassides voulaient dire qu'ils méritaient le Califat mieux que les Hassanites, par le fait que leur ancêtre aurait été un musulman alors que l'ancêtre de ces derniers serait mort incroyant. Pour répandre cette rumeur, et bien d'autres qu'ils fabriquèrent de toutes pièces, ils dépensèrent des fortunes. Un groupe de sunnites ayant cru à cette rumeur déclarèrent Abu Talib mécréant. Mais heureusement, les uléma sunnites qui ont entrepris dernièrement des recherches et des vérifications à ce sujet, ont fini par être mieux éclairés à propos de cette insinuation.

La deuxième rumeur que les Abbassides répandirent à propos des Hassanites était que lorsque le grand-père de ces derniers, l'Imam al-Hassan, accéda au Califat, après l'assassinat de son père l'Imam Ali, il était trop pris par les femmes, les mariages et les divorces successifs, et il n'aurait pas pu supporter la responsabilité du Califat ; et, par suite, il aurait accepté d'y renoncer en faveur de son pire adversaire (Mu'âwiyah) en échange d'une grosse somme d'argent, afin de s'adonner, lui, aux mariages et aux divorces.

Heureusement, là encore, les investigations et les recherches des vérificateurs, faites ultérieurement, ont pu désigner celui qui se trouvait derrière cette rumeur et établir la fausseté de celle-ci. De ces vérifications, il ressort que la première personne de qui l'on ait entendu cette rumeur, était un juge nommé par un calife Abbasside, al-Mançour al-Dawânîqî, qui lui avait ordonné de la répandre. Les historiens qui n'ont pas cru à cette rumeur disent : «Si l'Imam al-Hassan s'était marié tant de fois et avec tant de femmes, où est donc passée sa progéniture ? Pourquoi n'a-t-il laissé que si peu d'enfants ? Pourtant il n'était ni impuissant ni stérile, et à l'époque ni l'avortement ni la contraception n'étaient pratiqués.»

Il est étonnant de voir comment certains compilateurs de hadith (traditions) rapportent avec une telle légèreté, d'une part des récits selon lesquels le Saint Prophète et les Saints Imams ont dit dans plusieurs récits qu'Allah a maudit les hommes qui divorcent beaucoup, et, d'autre part, d'autres récits selon lesquels l'Imam al-Hassan se serait livré à de multiples divorces. Ces rapporteurs de hadith n'ont-ils pas pensé qu'ils devaient choisir l'une des trois alternatives suivantes ? : 1 - Le divorce est une mauvaise chose. 2 - L'Imam al-Hassan n'était pas un homme à divorces. 3 - L'Imam al-Hassan n'aurait pas respecté les enseignements isla- miques. Mais, curieusement, non seulement ils croient à l'authenticité des récits indiquant qu'Allah déteste le divorce, mais aussi, tout en étant dévoués à l'Imam al-Hassan, ils se permettent de rapporter des hadith faisant de lui un homme pratiquant le divorce ! Ils rap- portent ce genre de récits sans même se donner la peine de les commenter afin d'attirer, au moins, l'attention du lecteur sur le fait que ces récits sont en contradiction avec l'ensemble de la biographie, de la personnalité et des comportements de l'Imam al-Hassan.

Certains traditionnistes(9) sont allés jusqu'à rapporter que l'Imam Ali n'était pas content de la conduite de son fils, l'Imam al-Hassan. Selon les récits qu'ils ont rapportés, l'Imam Ali aurait fait un discours public dans lequel il aurait demandé aux gens de ne pas marier leurs filles à son fils, car il serait habitué au divorce. Mais, toujours selon ces récits, les gens auraient répondu : «C'est une grande fierté pour nous que de marier nos filles, ne serait-ce que pour une courte durée, au descendant du Prophète.»

Il paraît que certaines gens sont d'avis que le divorce n'est une pas mauvaise chose, si la femme concernée et sa famille sont d'accord. Ils pensent que le divorce n'est détestable que lorsqu'une des deux parties n'est pas d'accord, et que si la femme désire obtenir l'honneur de se marier avec un homme qui ferait sa fierté, même pendant quelques jours, le divorce est acceptable.

En tout état de cause, telle n'est pas la vraie position de l'Islam. Le consentement d'une femme ou de ses parents n'enlève rien au caractère détestable du divorce. Celui-ci est détestable parce que l'Islam veut que le mariage soit durable et la vie familiale stable. Le consentement du couple concerné par le divorce ne change rien à ce fait. L'Islam ne considère pas le divorce comme détestable seulement pour une catégorie particulière de femmes. C'est une question de principe.

Nous avons abordé la question de l'Imam al-Hassan, non seulement dans le but de réfuter une fausse accusation historique contre une personnalité historique, mais aussi pour mettre en garde quelques gens inconscients, contre les velléités de pratiquer de tels actes et de justifier par la suite leur conduite en citant l'Imam al-Hassan comme autorité.

Il est indéniable que le divorce, en soi, est blâmable et détestable en Islam.

Pourquoi l'Islam n'a-t-il pas prohibé le divorce ?

Là, quelques autres questions se posent. Si le divorce est si haïssable et si détestable pour Allah, pourquoi n'a-t-il pas été totalement prohibé par l'Islam? L'Islam aurait pu au moins poser certaines conditions à sa validité. Auquel cas, quiconque voudrait divorcer de sa femme, serait tenu de justifier juridiquement son intention devant un tribunal.

La seconde question est : Pourquoi «le divorce est le plus détestable des actes légaux pour Allah» comme l'affirme le hadith. S'il est permis, il ne peut pas être détestable, et s'il est détestable, il ne peut pas être permis. Il y aurait là deux termes contradictoires.

Enfin, est-ce que l'appareil juridique, qui représente la société, a le droit d'intervenir dans le domaine du divorce de sorte à le retarder jusqu'à ce que le mari revienne sur sa décision ou que la société, à travers l'appareil juridique qui la représente, se rende compte qu'il n'y a aucun espoir pour que le mariage incriminé puisse durer et être vivable, et qu'il vaut mieux résilier le contrat ?

Le Droit au divorce III

Nous avons dit que, du point de vue islamique, le divorce est absolument détestable. L'Islam veut que l'union du mariage soit solide et durable. Nous avons soulevé la question de savoir, si le divorce est si détestable, pourquoi l'Islam ne l'a pas banni ? L'Islam n'a-t-il pas prohibé tout acte détestable, tel que la consommation d'alcool, les jeux de hasard, la cruauté, etc ? Si la réponse est affirmative, pourquoi n'a-t-il donc pas prohibé totalement le divorce par la promulgation d'une loi d'interdiction ? Il est fondamentalement illogique de dire que le divorce est permis, mais en même temps, qu'il est détestable. S'il est permis, comment peut -il être détestable ? S'il est détestable pourquoi devrait-il être permis. L'Islam condamne l'homme qui pratique le divorce et blâme son action, d'une part, mais, d'autre part, il ne met aucun obstacle juridique devant lui pour l'empêcher de divorcer d'avec sa femme quand il le désirerait. Pourquoi ?

C'est là une question très pertinente, et elle est la clé de tous les problèmes du divorce. En fait, le mariage est une relation naturelle et non pas contractuelle. La nature lui a fixé des règles spécifiques. D'autres contrats sociaux, tels que la vente, la location, l'hypothèque, la réconciliation, la procuration, etc. sont de simples accords. La nature et l'instinct n'ont rien à avoir avec eux. Il n'y a pas de loi naturelle les concernant. En revanche, le contrat de mariage a un mécanisme particulier. Il doit être organisé selon le désir naturel des deux parties.

De là, il n'est pas surprenant que le contrat de mariage ait des règles spéciales, qui sont différentes de celles de tous les autres contrats.

Les lois naturelles concernant le mariage et le divorce

Dans la société civile, la seule loi naturelle est la loi de la liberté et de l'égalité, loi sur la base de laquelle toutes les règles sociales doivent être promulguées. Mais concernant le contrat conjugal, la nature a prescrit, outre les principes généraux de liberté et d'égalité, certaines autres lois aussi, qui doivent être observées dans le cas du mariage, de la dot, de l'entretien et, en dernier stade, du divorce. Il est inutile d'essayer de passer outre la nature. Alexis Carrel a souligné que les lois biologiques et d'autres lois de la vie sont rigoureuses, impitoyables et irrésistibles, comme les lois de l'astronomie.

Le mariage signifie attachement et union, alors que le divorce signifie séparation et sécession.

La nature a établi la loi de la recherche du conjoint et de l'accouplement de telle sorte que l'un des deux candidats à cet accouplement s'avance vers l'autre, alors que cet autre recule en vue de mieux captiver son cur ; et alors que le premier projette de s'emparer de l'autre, cet autre cherche à s'emparer de son cur. De même que c'est la nature qui a édifié le mariage sur l'amour, l'union et l'affection réciproques, et non sur l'aide et l'amitié, et de même que c'est elle qui a fondé la famille de telle sorte que le beau sexe occupe la position centrale et le sexe fort la position périphérique, de même la séparation entre les deux conjoints et l'écroulement de cet édifice dépendent, qu'on le veuille ou non, de décisions naturelles spécifiques.

Nous avons cité plus haut un avis selon lequel la recherche de l'accouplement consiste en l'attaque de l'homme en vue de l'appropriation, d'une part, et le recul de la femme en vue de mieux captiver, d'autre part. L'homme étant instinctivement un animal chasseur, son action est offensive, et la femme est pour lui un trophée qu'il doit gagner. Pour lui, la recherche d'accouplement est une bataille et une lutte, et le mariage est appropriation et domination.

Un contrat fondé sur l'amour et le sentiment de solitude, et non sur la coopération et l'amitié, ne saurait admettre la contrainte et l'obligation. Car, sous la contrainte de la loi, on peut obliger deux personnes à coopérer entre elles, à respecter un contrat fondé sur la justice, et à continuer ainsi pendant de longues années, mais on ne peut pas obliger, par la force de la loi, deux personnes à s'aimer, à être fidèles l'une à l'autre, à se sacrifier l'une pour l'autre, et à considérer le bonheur de chacune d'elles comme étant le bonheur de l'autre.

Si nous voulons maintenir une telle relation entre deux personnes, nous devons adopter quelques mesures autres que légales.

Selon le mécanisme naturel du mariage, sur lequel sont fondées les lois islamiques, une femme occupe la position d'un objet d'amour et de respect dans l'organisme familial. S'il arrive que la femme perde cette position, et que la flamme de l'amour de son mari pour elle s'éteigne, les fondations de la famille s'écroulent. L'Islam regarde avec regret une telle situation, mais lorsqu'il constate l'écroulement des fondations naturelles de ce mariage, il ne peut imposer légalement sa continuation.

L'Islam a pris des mesures spécifiques en vue de s'assurer que la vie familiale conserve sa forme naturelle, laquelle signifie que la femme soit l'objet d'amour et de désir, et que l'homme joue le rôle de demandeur, d'amoureux et de serviteur de la femme.

L'Islam encourage la femme à s'embellir pour plaire à son mari, à satisfaire ses besoins sexuels, et à éviter de provoquer chez lui des complexes et des problèmes psychologiques sur ce plan. De la même façon, il demande à l'homme d'être aimable et gentil avec sa femme, et de lui montrer son amour et son affection pour elle. De même, l'Islam a pris des mesures en vue de faire du foyer un milieu propice à l'acte sexuel, et de la société un milieu propice au travail et aux affaires, et non un lieu d'exercice d'actes sexuels. Il a recommandé que les rencontres entre hommes et femmes, en dehors des limites de la vie conjugale, soient pures et sans arrière-pensée. Tout cela pour protéger les foyers familiaux contre les risques d'écroulement.

La position naturelle de l'homme dans la vie familiale

Du point de vue islamique, il est extrêmement humiliant pour une femme d'être contrainte par la loi de vivre avec un mari qui ne l'aime pas. La loi peut obliger une femme à vivre avec un homme particulier, mais elle ne peut pas assurer pour elle la position de l'être bien-aimé et de la figure centrale du foyer, position naturelle qu'elle doit occuper normalement. La loi peut forcer un homme à supporter sa femme, mais elle ne peut pas l'obliger à être un mari dévoué.

C'est pourquoi, lorsque l'amour et l'attachement de l'homme pour sa femme se dissipent, le mariage se meurt sur le plan naturel.

Là une autre question se pose : si l'amour de la femme pour son mari s'estompe, la vie conjugale en sera-t-elle affectée ? Va-t-elle continuer comme avant, ou prendra-t-elle fin ? Si elle reste intacte, alors comment se fait-il que le manque d'amour de la part de l'homme conduise à la fin de la vie conjugale, alors que le manque d'amour de la part de la femme ne conduirait pas au même résultat ?

Y a-t-il une différence entre l'homme et la femme ? Si le manque d'amour de la part de la femme conduisait aussi à la fin de la vie conjugale, dans ce cas-là les femmes aussi devraient naturellement avoir le droit de divorcer comme les hommes.

En fait, le succès de la vie conjugale dépend de l'attachement réciproque des deux conjoints l'un à l'autre. Mais, comme nous l'avons mentionné plus tôt, il y a une différence entre la mentalité de l'homme et celle de la femme. Nous avons déjà cité les opinions des scientifiques sur ce point. La nature est faite de telle sorte que l'amour vrai et durable de la femme ne vient que comme une réaction à l'attachement de l'homme envers elle. C'est pourquoi l'attachement de la femme à l'homme est le résultat de l'attachement de l'homme pour elle. La nature a placé la clé de leur amour réciproque sous le contrôle de l'homme. Si l'homme aime la femme et qu'il lui est fidèle, la femme aussi l'aime et lui reste fidèle. L'infidélité de la femme est une réaction à l'infidélité de l'homme.

La nature a confié la clé de la dissolution du mariage entre les mains de l'homme. C'est l'apathie et l'infidélité de l'homme qui refroidissent l'amour de la femme. D'autre part, l'indifférence et l'apathie de la femme n'affectent pas l'homme. C'est pourquoi l'indifférence de l'homme conduit à une indifférence mutuelle, mais l'indifférence de la femme, ne conduit pas à ce résultat. La frigidité de l'homme est la fin de la vie conjugale, celle de la femme, non. Si l'homme est sensible et fidèle, il peut toujours regagner l'amour de sa femme en lui montrant son affection et sa bonté pour elle. Il n'est pas humiliant pour l'homme de conserver, par la force de la loi, sa bien-aimée détachée de lui, jusqu'à ce qu'il réussisse progressivement à regagner son cur ; en revanche, pour la femme, c'est une humi- liation insupportable que d'essayer, elle, de conserver son protecteur et son amoureux par la force de la loi.

Bien sûr, on parle ici dans le cas où l'indifférence de la femme n'est pas due à l'immoralité ou à la cruauté de l'homme. Si l'homme se montre cruel, le cas est différent. Il n'est pas permis qu'il abuse de sa position pour harrasser ou maltraiter sa femme. Nous discuterons ce point à part.

Les opinions d'une femme psychologue

Dernièrement, un article a été publié par une française, psychologue, Béatrice Maryo, titulaire d'un doctorat en psychologie et travaillant comme psychiatre dans un hôpital parisien. Elle est mère de trois enfants.

Dans cet article elle explique très bien combien une femme enceinte ou allaitante a besoin de la gentillesse de son mari.

Elle écrit : «Dès qu'une femme sait qu'elle va bientôt devenir mère, elle se met à s'intéresser de près à son corps et à le sentir, surtout s'il s'agit de mettre au monde son premier bébé. Cet intérêt pour son corps continue sans cesse, comme si la femme était étrangère à elle-même, et qu'elle veuille se découvrir. Lorsqu'elle entend les premiers coups de l'enfant dans son ventre, elle écoute chaque bruit dans son corps. L'existence d'un autre être dans son corps lui procure un bonheur et une joie plus grands qui la poussent à s'isoler progressivement et à avoir tendance à la solitude et à la rupture avec le monde extérieur, car elle veut être seule avec son enfant qui n'est pas encore né...

«Les hommes, pendant la grossesse de leurs femmes, doivent acquitter des tâches très importantes, mais, malheureusement, ils les négligent toujours. La future mère a besoin de sentir que son mari la comprend, l'aime et la soutient ; autrement, lorsqu'elle voit son ventre se gonfler, sa beauté se faner, l'envie de vomissement l'habiter et la peur de l'accouchement l'envahir, elle rejette tous ses malheurs sur l'action de son mari qui l'a fait tomber enceinte. L'homme doit rester aux côtés de sa femme pendant les mois de sa grossesse plus que jamais. Toute la famille a besoin d'un père bon et attentif, à qui la femme et les enfants puissent parler de leurs problèmes, de leurs ennuis et de leurs espoirs. Même si ce qu'ils disent est ennuyeux ou insignifiant, il est important de les écouter...

Une femme enceinte aime beaucoup qu'on lui parle de son enfant. Elle est très fière de devenir mère. Mais si elle constate que son mari est indifférent à l'enfant, son sentiment de fierté se transforme en sentiment de mépris, de désespoir et de répugnance de la maternité. La grossesse devient synonyme d'agonie pour elle. On sait que les femmes, dans de tels cas, supportent très difficilement les problèmes liés à la grossesse. Car le rapport de la mère avec l'enfant n'est pas bilatéral mais trilatéral : mère, enfant, père. Même si le père n'est pas présent (comme au cas de divorce), il joue un rôle important dans la vie interne de la mère, c'est-à-dire dans sa pensée et son imagination, ainsi que dans son sentiment de maternité...»

Voilà ce qu'une dame intellectuelle, à la fois mère et psychologue a dit.

Une structure fondée sur les sentiments

Une femme a tellement besoin de la sincérité, la bonté et la protection de son mari que, sans sa coopération sérieuse, même un enfant ne signifierait pas grand chose pour elle. Elle ne peut endurer les adversités de la vie qu'avec son aide. Dans ces conditions, comment peut-il être possible de la contraindre par la force de la loi à rester attachée à un homme qui ne voudrait pas d'elle ?

N'est-il pas absurde que, d'un côté, nous fassions tout pour favoriser une atmosphère propice à l'impudence, à la décadence sexuelle et au refroidissement des rapports des hommes avec leurs femmes, et que,d'un autre côté, nous essayons, par la force de la loi, d'obliger les femmes à rester avec leurs maris, ou comme le dit l'adage populaire, de les coller à leurs barbes ? L'Islam veut que l'homme désire spontanément sa femme et l'aime de lui-même. Il ne cherche point à la lui coller.

En règle générale, là où il est question d'amour, de dévouement et de sincérité, il ne peut pas être question de contrainte légale. Si un mari déteste sa femme, ce sera regrettable, mais aucune force n'y peut rien.

Citons un exemple à cet égard. Comme nous le savons, dans les prières en assemblée il y a une condition pour qu'on puisse les diriger : seule une personne pieuse et en la piété de laquelle les suivants (ceux qui prient derrière l'imam) ont confiance peut être l'imam de la prière. La relation entre l'imam et les suivants est fondée sur la piété du premier et la confiance et le dévouement des seconds. Si les suivants refusent, à tort ou à raison, d'avoir confiance en lui, cette relation est coupée. Aucune loi ne peut assurer sa continuité. Lorsqu'il est question de sentiments et de croyance, personne ne peut être contraint légalement d'avoir confiance en un individu donné. Même si un imam de prière possède le plus haut degré de piété et de vertu, il ne peut contraindre les autres à accomplir la prière derrière lui. Il serait ridicule, en effet, qu'il porte plainte auprès d'un tribunal pour les obliger à l'accepter. Il est même attentatoire à la position et à la dignité d'un imam que celui-ci essaie d'obliger les gens à prier derrière lui.

Il en va de même dans la relation entre les électeurs et le candidat à une élection. Les gens voteront pour un candidat en qui ils ont confiance. S'ils ne votent pas pour un candidat, si convenable soit-il, il ne peut pas porter plainte contre eux. La seule chose qu'on puisse faire, c'est d'essayer de mieux orienter les gens afin d'élever leur conscience et leur niveau intellectuel, ce qui leur permet, de choisir et de suivre l'homme le plus pieux, dans l'accomplissement de leurs devoirs religieux, ou de voter pour le meilleur candidat pour un poste de dirigeant social ou politique lorsqu'ils s'apprêtent à faire leur devoir social. Si, malgré cela, les gens ne votent ou ne choisissent pas le meilleur candidat ou dirigeant, malgré ces efforts, ce sera regrettable, mais il n'est pas question de les contraindre par une action légale à changer d'avis.

Le devoir conjugal est exactement comme les devoirs religieux et sociaux ci-dessus mentionnés. Il faut donc savoir que l'Islam considère la vie familiale comme une société naturelle pour la marche de laquelle il a fixé une procédure particulière qu'il faut suivre strictement.

En prescrivant cette procédure, l'Islam a fait l'une de ses plus grandes réalisations, car l'Occident n'a pas réussi encore à résoudre ses problèmes familiaux qui augmentent jour après jour et auxquels de nouveaux problèmes viennent s'ajouter chaque jour. Heureusement, le progrès et les recherches scientifiques permettent de se rendre compte de plus en plus de cette vérité. Nous sommes pleinement convaincu que le monde occidental acceptera progressivement les principes et les préceptes islamiques relatifs aux lois familiales. En tout cas, nous ne croyons pas que les vrais enseignements islamiques soient identiques à ce qui se pratique effectivement de nos jours dans le monde musulman.

Ce qui consolide la structure familiale est quelque chose de plus que l'égalité

Le monde occidental d'aujourd'hui est ensorcelé par "l'égalité" des droits de l'homme et de la femme, croyant que la clé du problème de la relation homme/femme est ce mot magique, et ignorant que ce problème a été résolu par l'Islam il y a 14 siècles. Concernant le système familial, il existe quand même quelque chose de plus sublime que l'égalité. Pour la société civile, la nature a promulgué seulement la loi de l'égalité, mais elle a promulgué pour la société familiale d'autres lois aussi. Les relations familiales ne peuvent être organisées sur la base de l'égalité seulement. Toutes les autres lois de la nature qui gouvernent ces relations doivent être prises en considération.