Les droits de la femme en islam
 
Un coup d'oeil sur l'Historique des droits de la femme en Europe

Depuis le XVIIe siècle, on a commencé à entendre des murmures à propos des droits de l'homme en Europe. Puis, des écrivains et des penseurs -aux XVIIe et XVIIIe siècles- ont essayé de diffuser d'une manière soutenue et étonnante leurs idées sur les droits humains naturels, innés et inaliénables. Parmi eux figuraient Jean-Jacques Rousseau, Voltaire et Montesquieu. Le premier résultat tangible de leur action s'est traduit par une polémique qui s'est engagée entre le gouvernement et le peuple en Angleterre. Et, dès 1688, le peuple anglais a obtenu certains droits sociaux et politiques figurant dans une charte appelée : «The Bill of Rights».

L'autre résultat notable de la diffusion des idées de ces écrivains et penseurs, fut la Guerre d'Indépendance américaine contre l'Angleterre. Une conférence eut lieu à Philadelphie, dans laquelle la Déclaration d'Indépendance fut préparée et approuvée. Dans l'introduction de cette déclaration, il était dit : «Nous tenons comme vérités évidentes le fait que : "tous les hommes ont été créés égaux, qu'ils ont été dotés, par le Créateur, de certains droits inaliénables, tels que le droit à la vie, le droit à la liberté et au bonheur" ; le but de la formation de tout gouvernement est de faire respecter ces droits ; le pouvoir de tout gouvernement dérive du consentement du peuple ; chaque fois qu'un gouvernement porte atteinte à ces droits, le peuple a le droit de le changer et d'abolir sa légitimité pour le remplacer par un nouveau gouvernement fondé sur des principes et un pouvoir susceptibles de mieux garantir la sécurité et le bonheur du peuple.»

En ce qui concerne la charte connue sous l'appellation de "La Déclaration des Droits de l'Homme", elle fut élaborée après la Révolution Française. Il s'agit d'une série de principes universels, qui sont considérés comme faisant partie intégrante de la Constitution Française. La Déclaration consiste en 17 Articles. Le Premier Article dit que tous les hommes sont nés libres et le demeurent leur vie durant, et qu'ils sont égaux en droits.

Au XIXe siècle, de nouveaux développements eurent lieu, et de nouvelles idées émergèrent en matière de droits de l'homme, dans les domaines économique, social et politique, ce qui conduisit à l'apparition du socialisme, à la participation des travailleurs aux bénéfices de l'entreprise, et le transfert du gouvernement des mains des capitalistes à la classe laborieuse.

Jusqu'au début du XXe siècle, toutes les discussions sur les droits de l'homme furent concentrées sur les droits du peuple par rapport au gouvernement, ou les droits des classes laborieuses par rapport au patronat.

Au XXe siècle est apparue, pour la première fois, la question des droits de la femme par rapport aux droits de l'homme, et c'est seulement au cours de ce siècle que l'Angleterre a reconnu l'égalité des droits entre l'homme et la femme, bien que ce pays soit considéré comme le plus ancien Etat démocratique. Quant aux Etats-Unis, qui ont reconnu les droits de l'homme lors de la proclamation de leur Indépendance au XVIIIe siècle, ils ont ratifié la loi établissant l'égalité de l'homme et de la femme en matière des droits politiques, en 1920. Et c'est au cours de ce siècle que la France a fait de même.

En tout état de cause, c'est au XXe siècle que beaucoup de groupes se formèrent un peu partout dans le monde, appelant à opérer une profonde transformation dans les rapports homme/femme concernant les droits et les devoirs. Les tenants de la nécessité de cette transformation soutenaient que tous les changements intervenus jusqu'alors dans les rapports peuples/gouvernements et travailleurs/patronat, ne sauraient assurer la justice sociale tant qu'ils ne tiendront pas compte des rapports de droits entre l'homme et la femme.

C'est pourquoi on a écrit, dans le préambule de la Déclaration des Droits de l'Homme, élaborée par les Nations Unies en 1948 : «Vu que les peuples des Nations Unies ont reconnu les droits de l'homme, la dignité de l'être humain, et l'égalité des droits entre l'homme et la femme...»

La crise provoquée par le développement des machines aux XIXe et XXe siècles, et ses conséquences pénibles sur la condition pitoyable des travailleurs, et en particulier des travailleuses, ont focalisé l'attention sur l'état de la femme, et c'est pour cette raison qu'on a pensé à la question de ses droits. Selon un historien : «Tant que les gouvernements ne prêtaient pas attention à la condition des travailleurs et à l'attitude des employeurs, les capitalistes faisaient ce qui leur plaisait, n'hésitant pas à employer des femmes et des enfants mineurs avec des salaires dérisoires. Et étant donné qu'ils travaillaient trop d'heures, beaucoup d'entre eux tombaient malades et mouraient jeunes.»

C'était là un bref historique du mouvement des droits de l'homme en Europe. Et, comme nous le savons, toutes les clauses de la Déclaration des Droits de l'Homme, que les Européens n'ont découvertes que dernièrement, avaient été élaborées par l'Islam il y a quatorze siècles, et certains intellectuels arabes et iraniens ont fait des études comparées entre les enseignements islamiques et les Articles de ladite Déclaration. Certes il y a encore quelque différence entre certaines parties de cette Déclaration et ce que l'Islam enseigne à ce propos. Mais c'est justement cette différence qui devrait susciter l'intérêt de ceux qui se penchent sur ce sujet. L'Islam, par exemple, accepte l'égalité entre les droits de l'homme et de la femme, mais il n'accepte pas l'uniformité et la similarité de leurs droits.

La Dignité de l'homme et les Droits de l'Homme

«Vu que la reconnaissance de la dignité innée et de l'égalité et de l'inaliénabilité des droits de tous les êtres humains est le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde»

«Vu que la non-reconnaissance et le mépris des droits de l'homme conduisent à des actes sauvages consécutifs à la pression psychologique des individus, l'émergence d'un monde où tous les individus jouissent de la liberté d'afficher leurs croyances et où les gens sont libérés de la peur et de la pauvreté, constitue l'idéal suprême de l'humanité»

«Vu que la protection des droits de l'homme doit être assurée par la loi, afin que les gens ne soient acculés à la révolte comme dernier recours contre l'injustice et la tyrannie»

«Vu qu'il est fondamental de promouvoir le développement de relations amicales entre les nations»

«Vu que les peuples des Nations Unies ont réaffirmé, dans la Charte, leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, et dans l'égalité des droits de l'homme et de la femme, et qu'ils se sont montrés déterminés à promouvoir le progrès social et un meilleur niveau de vie dans un climat plus libre»

«Pour tout ce qui précède... l'Assemblée générale proclame cette Déclaration Universelle des Droits de l'Homme comme la devise commune de tous les peuples et nations, afin que tous les membres et organes de la société, en ayant constamment présente à l'esprit, cette Déclaration, s'efforcent, par l'éducation et l'enseignement, de promouvoir le respect le développement de ces droits et libertés, et prennent des mesures progressives, nationales et internationales, en vue d'assurer leur reconnaissance et leur observance universelle et effective, aussi bien par les peuples des Etats membres eux-mêmes que par les peuples des territoires vivant sous leur juridiction...»

Ces formules dorées et mielleuses constituent donc le Préambule de la Charte Universelle des Droits de l'Homme, préambule présenté comme étant "la plus grande réalisation à laquelle soit parvenue l'humanité jusqu'à présent, sur la voie du soutien aux droits de l'Homme".

Chaque mot et chaque phrase ont été soigneusement pesés, dans cette Déclaration qui est comme nous l'avons dit, le fruit des idées des philosophes de la liberté et des juristes de plusieurs siècles.

Remarques importantes sur le Préambule de la Déclaration des Droits de l'Homme

La Déclaration consiste en 30 Articles, dont certains paraissent superflus, et il y a certains points qui reviennent dans plusieurs articles.

Mais il y a surtout certaines remarques importantes concernant le préambule de la Déclaration, qui méritent d'être faites ci-après. En effet, il est dit dans ce préambule :

1 - Tous les individus jouissent d'un même niveau de dignité, de respect et de droits innés inaliénables.

2 - La dignité, le respect et les droits innés de l'homme sont communs à tous les individus du genre humain, sans distinction de race, de couleur et de sexe. Tous les êtres humains sont membres d'une famille, et par conséquent personne n'est supérieur à un autre.

3 - Le fondement de la liberté, de la paix et de la justice est que tous les individus croient dans leur for intérieur, à la dignité humaine et au respect de tout le monde.

Le contenu de cette Déclaration laisse entendre que la source de tous les problèmes, les guerres, les actes d'injustice et de barbarie qui prévalent dans la société, est la non-reconnaissance de la dignité et des droits humains. Cette non-reconnaissance conduit certains individus à se révolter contre certains autres, ce qui met en danger la paix et la sécurité.

4 - La plus sublime aspiration, pour la matérialisation de laquelle tout le monde doit lutter, est l'émergence d'un monde dans lequel la liberté de croyance, la sécurité et le bien-être matériel doivent être assurés, et où disparaîtraient la peur, la pauvreté et la terreur. Les 30 articles de la Déclaration ont été élaborés en vue de réaliser cet idéal suprême.

5 - La croyance à la dignité humaine et au respect des droits inaliénables de l'homme doit être inculquée graduellement dans tous les esprits, par l'enseignement et l'éducation.

La position et le respect de l'homme

Etant donné que la Déclaration des Droits de l'Homme a été élaborée sur la base du respect de l'humanité, de la liberté et de l'égalité, et en vue de faire revivre les Droits de l'Homme, elle commande le respect de toute personne consciente. Nous, les peuples orientaux, croyons à la dignité humaine et au respect de l'humanité depuis longtemps. En effet, l'Islam attache une grande importance à la dignité humaine, au respect des droits humains de liberté et d'égalité. Ceux qui ont élaboré cette Déclaration, et les philosophes qui l'avaient réellement inspirée, méritent notre haute estime. Toutefois, il s'agit pour nous d'un texte philo- sophique écrit par des mains humaines et non par des anges. Par conséquent, tout philosophe a le droit d'ana- lyser cette Déclaration et de souligner ses points faibles. Cependant nous ne voulons pas maintenant mettre en évidence ces points faibles, mais plutôt ses points forts.

La Déclaration, s'appuyant sur la position naturelle de l'homme, son honneur et sa dignité, estime que celui-ci possède une série de droits et de libertés dérivant de sa possession d'une sorte de dignité et d'honneur qui manquent chez les autres êtres, lesquels manquent par là même desdits droits et libertés. Tel est donc le principal point fort de la Déclaration.

La philosophie occidentale dévalorise l'homme

Là encore nous sommes devant une vieille question philosophique : Quelle est la nature de la dignité humaine qui distingue l'homme d'un cheval, d'une vache et d'un pigeon ?

C'est là que la contradiction entre la base de la Déclaration des Droits de l'Homme et l'appréciation occidentale de l'homme devient évidente.

En effet, la philosophie occidentale a depuis longtemps dévalorisé l'homme. Ce qu'on disait jadis dans les pays orientaux à propos de la position distinguée de l'homme, fait l'objet de raillerie et de mépris dans la plupart des philosophies occidentales.

L'homme est rabaissé, dans l'optique occidentale, au niveau de la machine, son âme et son originalité reniées, la croyance selon laquelle la nature a une finalité est considérée comme une idée réactionnaire.

Maintenant, personne en Occident ne peut dire que l'homme est le centre de l'univers, car selon une théorie européenne courante, croire à cette idée et à celle qui affirme que les autres êtres sont des instruments au service de l'homme, c'est croire à l'ancienne doctrine désuette de l'astronomie ptolémaïque selon laquelle la terre serait le centre de l'univers et les autres planètes tourneraient autour d'elle. Et étant donné que cette doctrine est tombée dans les oubliettes de l'histoire, l'idée qui fait selon laquelle l'homme serait le plus noble des êtres est tombée par conséquent en désuétude elle aussi. Selon l'Occident : «Cette idée n'était que le résultat de l'admiration de l'homme du passé pour lui-même, et l'homme contemporain ne se considère pas comme étant supérieur aux autres êtres vivants. Sa vie est uniquement physique, et après sa mort se décompose, et c'est la fin de tout pour lui.»

Les Occidentaux ne croient pas que l'âme a une existence indépendante, et ne se considèrent pas comme étant différents d'aucune manière, d'une plante ou d'un animal. Selon eux, il n'y a pas de différence essentielle entre la nature des facultés intellectuelles et spirituelles de l'homme, et la nature de la chaleur émanant du charbon. Pour eux : «Tout ceci n'est que des manifestations diverses de l'énergie et de la matière. La vie pour tous les êtres, y compris l'homme, est champ de lutte constant pour la survie.» Tel est, pour eux, le principe fondamental de la vie. L'homme s'est efforcé toujours de sortir victorieux de ce combat pour la survie, et pour sauvegarder sa position, il a inventé des règles morales telles que la justice, la vertu, la coopération, la sincérité.

Du point de vue de certaines puissantes écoles de pensée européennes, «l'homme n'est qu'une machine qui fonctionne uniquement par les motivations de gains économiques. La religion, la morale, la philosophie, la science, la littérature et les arts sont des superstructures dont l'infrastructure est le mode de production et de distribution de la richesse, qui détermine tous les aspects de la vie humaine.»

Bien plus, certains penseurs occidentaux sont d'avis que les facteurs sexuels sont la vraie force motrice de toutes les activités humaines. La moralité, la philosophie, la science, la religion et les arts ne seraient que des aspects agréables du facteur sexuel.

Comment pourrions-nous parler de la dignité humaine et des droits inaliénables, et les considérer comme la base de nos actions, si nous niions que la nature a un but final, si nous pensions que la lutte pour la survie du plus fort est la seule loi qui régisse la vie, si nous croyions que l'homme est une simple machine, identique à un appareil fabriqué par des mains humaines, si nous soutenions que l'âme n'a pas d'existence, si nous estimions que la force motrice de toutes les activités humaines consiste soit en des facteurs sexuels, soit des facteurs économiques, si nous arguions que le bien et le mal ne sont que des conceptions relatives, si nous étions d'avis que les inspirations naturelles et intuitives seraient des absurdités, et enfin si nous disions que l'homme serait l'esclave de ses désirs et passions et qu'il ne se soumettrait qu'à la force, etc.

La vision occidentale de l'homme est en contradiction avec la dignité humaine sur tous les plans -sur le plan des causes qui l'ont amené à l'existence, sur le plan du but pour lequel il a été créé, sur le plan de sa structure, sur le plan de ses motivations et sur le plan de sa conscience.

Mais, malgré tout cela, les pays européens ont proclamé une très sérieuse Déclaration sur la position et la dignité humaines et sur les droits sacrés et inaliénables de l'homme, et ont invité l'humanité à l'appliquer ! Mais avant d'élaborer cette sérieuse Déclaration sur les droits naturels et sacrés de l'homme, l'Occident ne devrait-il pas revoir son interprétation de l'homme ?

Nous admettons que tous les philosophes occidentaux n'expriment pas les mêmes vues. Beaucoup d'entre eux pensent comme nous en Orient, sur ce sujet. Et nous croyons que le courant de pensée qui prévalait dans la plupart des milieux occidentaux a influencé le reste du monde.

La Déclaration des Droits de l'Homme aurait dû être élaborée par ceux qui considèrent l'être humain comme étant plus élevé qu'un robot, qui pensent que ses motivations ne se limitent pas à ses instincts personnels et animaux, et qui ont foi dans la conscience humaine. La Déclaration des Droits de l'Homme aurait dû être élaborée par les peuples orientaux qui croient que l'homme est le lieutenant d'Allah sur terre. Le Saint Coran dit : «Je vais établir un lieutenant sur la terre.» (Sourate al-Baqarah, 2 : 30). Seuls ceux qui croient que l'homme a un but et une destination peuvent parler des droits de l'homme.
Le Coran dit encore : «O les Hommes ! Vous marchez vers Allah, et vous êtes donc appelés certainement à Le rencontrer.»
(Sourate al-Inchiqâq, 84 : 6)

La Déclaration des Droits de l'Homme sied aux systèmes qui croient que l'homme a une inclination naturelle pour la vertu :
«Par l'âme et Celui Qui l'a perfectionnée et lui a inspiré la connaissance du mal et du bien.» (Sourate al-Chams, 91 : 7-8)

La Déclaration des Droits de l'Homme aurait dû être élaborée par ceux qui sont optimistes pour la nature humaine :
«Nous avons créé l'homme selon les proportions les plus parfaites.» (Sourate al-Tîn, 95 : 4)

La Déclaration des Droits de l'Homme ne sied pas au mode de pensée occidental dominant. Ce qui sied vraiment à ce mode de pensée, c'est ce que l'Occident fait effectivement lorsqu'il assassine les sentiments humains, se moque des privilèges des êtres humains, préfère le capital à l'homme, fait passer l'argent avant l'homme, adore l'outil, divinise la richesse, exploite l'homme, laisse au capitalisme un pouvoir illimité, au point que lorsqu'un millionnaire lègue dans son testament sa fortune à son chien bien-aimé, celui-ci devient l'objet d'un respect qui dépasse celui auquel l'homme a droit, et les gens rivalisent pour travailler au service de ce chien, comme esclave, secrétaire ou directeur de bureau, et s'agenouillent devant lui en signe de respect et de révérence !

Selon les termes du Coran, la question sociale la plus importante de nos jours est que l'homme s'est oublié lui-même. Il ne s'est pas seulement oublié lui-même, mais il a oublié également son Dieu. Il a focalisé son attention sur le monde matériel, et a totalement oublié l'introspection. Il pense qu'il a perdu son âme. Cette façon de penser est la plus désastreuse pour l'homme et pourrait ruiner complètement l'humanité. La civilisation moderne peut produire n'importe quoi de premier degré, mais elle ne peut produire un vrai homme.

Ghandi a dit : «L'Européen mérite d'être appelé le seigneur de la terre, car il possède toutes les ressources terrestres et peut faire des choses qui, selon la croyance d'autres nations, ne peuvent être faites que par Dieu. Mais il y a une seule chose que l'Européen ne sait pas faire, c'est l'introspection. Et ceci est suffisant pour établir la futilité de l'éclat brillant de la civilisation moderne. La civilisation occidentale incite les Occidentaux à l'alcool et au sexe afin qu'ils s'oublient au lieu de se rechercher. Les capacités scientifiques de l'homme occidental, dans le domaine de la découverte et de l'invention des armes et des équipements militaires, ne sont qu'une manifestation de la fuite de soi, et non point une manifestation de la recherche de soi. La peur de la solitude, et la recherche de l'argent, ont rendu l'Occidental incapable d'écouter la voix de sa conscience. C'est son incapacité à se contrôler qui l'a poussé à contrôler le monde, à propager la perversion et les troubles dans les quatre coins du monde. Mais à quoi sert de conquérir le monde et de se perdre soi-même. Les Evangiles ont ordonné à leurs adeptes d'être des missionnaires ayant pour charge de propager la vérité, l'amour et la paix à travers le monde, mais les Occidentaux se sont répandus partout en vue de chercher l'or, les esclaves et les intérêts personnels. Au lieu de chercher le pardon et la justice dans le Royaume d'Allah, comme les y invitent les Evangiles, ils ont utilisé leur religion seulement pour se racheter de leurs péchés, et au lieu de diffuser la Parole de Dieu, ils se sont ingéniés à lancer leurs bombes sur les têtes des peuples.»

C'est pourquoi nous pensons que le premier à avoir violé la Déclaration des Droits de l'Homme, c'est l'Occident lui-même. La philosophie qu'adopte l'Occident dans sa vie pratique ne peut que conduire à la violation de la Charte des Droits de l'Homme.

LES FONDEMENTS NATURELS DES DROITS FAMILIAUX

Nous avons dit que l'homme jouit d'une sorte de dignité innée. La nature même de sa création lui a conféré un nombre de droits inaliénables et intransférables. Tel est l'esprit et la base de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

L'Islam et les philosophies orientales adhèrent à cet esprit. Ce qui est inconsistant dans le fondement de la Déclaration, c'est la façon dont les divers systèmes philosophiques occidentaux interprètent l'origine et la nature de l'homme.

Il est évident que la seule source autorisée pour faire connaître les droits de l'homme est le grand et précieux livre de la nature elle-même. C'est seulement en se référant aux pages de ce grand livre que l'on peut découvrir les droits qui sont réellement communs à toute l'humanité, et constater quels sont les droits comparés réciproques de l'homme et de la femme.

Il est étonnant que certains esprits légers et simples, refusent obstinément de reconnaître cette grande source. Pour eux, la seule source habilitée pour traiter de ce sujet est ce petit groupe de gens qui ont eu leur mot à dire dans l'élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme, et qui gouvernent aujourd'hui le monde entier. Bien qu'ils ne respectent pas, sur le plan pratique, les clauses de cette Déclaration, ils ne permettent à personne d'y objecter. Mais nous, au nom de ces mêmes droits humains, croyons que nous avons le droit à l'objection, et affirmons que la seule source compétente dans ce domaine est la nature elle-même, qu'on peut considérer comme un livre divin.

Nous nous excusons auprès des lecteurs pour avoir soulevé des questions un peu philosophiques et apparemment sèches, et susceptibles même d'ennuyer certains d'entre eux. Nous avons essayé d'éviter autant que faire se peut de tels points, mais le sujet des droits de la femme leur est si étroitement lié qu'il n'est pas possible de ne pas les aborder.

Les Relations entre les droits naturels et les buts de la nature

Dans notre optique, les droits naturels et innés émanent des prédispositions que la Force créatrice a injectées dans les êtres et qu'Elle utilise pour diriger ces êtres vers la perfection qu'Elle veut qu'ils atteignent.

Chaque prédisposition ou, capacité naturelle, est la base d'un droit naturel, et en même temps une autorité naturelle pour l'application de ce droit. Par exemple, chaque enfant humain a le droit d'apprendre et d'aller à l'école, alors qu'un agneau n'a pas de tels droits. Pourquoi ?

Parce qu'un enfant a la capacité d'apprendre et de développer son esprit, alors que l'agneau en est privé. La Force créatrice a déposé une autorité naturelle ou un mandat naturel pour ce droit dans la structure de l'homme, et non pas dans celle du mouton. Il en va de même pour le cas du droit de penser, de voter et d'avoir une libre volonté.

D'aucuns pensent que la théorie des droits naturels, et l'idée selon laquelle la nature a accordé à l'être humain des droits spéciaux, sont des paroles creuses et insensées qu'il faut chasser de l'esprit, et qu'il n'y a en fait aucune différence de droits entre les êtres humains et non-humains.

Evidemment, cette vue ne correspond pas à la réalité, car les capacités naturelles chez les humains et les non-humains sont différents, et la Force créatrice a mis chaque espèce d'êtres dans une orbite qui lui est particulière, et a limité le bonheur de toute cette espèce à son mouvement à l'intérieur de son orbite naturelle. En agissant ainsi, la Force créatrice a agi selon un but précis et Elle n'a pas confié ces mandats aux êtres fortuitement et absurdement.

Le fondement et la racine des droits familiaux -comme des autres droits naturels- que nous abordons maintenant doivent être soumis à vérification. C'est à partir des prédispositions, ou des capacités, que la Force créatrice a déposées dans la structure de l'homme et celle de la femme, que nous pouvons comprendre si l'homme et la femme possèdent des droits et des devoirs similaires. Il est à rappeler ici, que le sujet de notre exposé maintenant est la "similarité des droits" de la femme et de l'homme dans la famille, et non pas "l'égalité de leurs droits".

Les Droits sociaux

La position des êtres humains, en ce qui concerne leurs droits sociaux autres que les droits familiaux, n'est pas toujours la même. Dans certains cas, ils jouissent de droits similaires, dans d'autres, dissemblables mais égaux. Dans la société élémentaire, les droits sont communs à tout le monde. Chaque homme ou chaque femme a le droit, par exemple, d'utiliser ses talents, de travailler, de participer à la compétition de la vie, d'être candidat à un poste social et de l'obtenir par des moyens légaux, et de montrer ses mérites pratiques et intellectuels.

Mais cette même égalité pour tous en matière de droits élémentaires, les met dans une position inégale concernant les droits acquis. Certes, chacun a le droit de travailler et de participer à la compétition de la vie, mais lorsqu'il s'agit d'accomplir effectivement le travail, tout le monde n'obtient pas le même résultat ni ne réalise la même performance. Les uns montrent plus de capacités, d'autres moins. De même, les uns s'avèrent plus efficaces, les autres moins. C'est dire que certains font preuve de plus de connaissances, sont plus compétents, plus efficaces et plus aptes que d'autres. Naturellement, leurs droits acquis ne peuvent pas être similaires. Donc, essayer de faire en sorte que leurs droits acquis soient semblables à leurs droits élémentaires, serait une injustice criarde.

Voyons maintenant pourquoi tous les individus jouissent de droits naturels élémentaires égaux et similaires ?

L'étude des états des êtres humains montre que personne n'a été créé, à l'origine, administrateur ou administré. Personne n'a été créé pour être ouvrier, artisan, professeur, instituteur, officier, soldat ou ministre. Ces qualifications ne sont que des particularités qui font partie des droits acquis, c'est-à-dire que les individus les acquièrent dans la société grâce à leurs aptitudes, leurs dispositions, leurs activités et leurs efforts, et la société accorde ces fonctions selon une loi contractuelle. La vie sociale de l'homme ne diffère de la vie sociale des animaux sociaux, tels que les abeilles et les fourmis, que dans cet aspect. En effet, les divisions du travail chez ces animaux sont à cent pour cent naturelles. C'est la nature qui a divisé le travail entre eux, et fixé le rang de chacun d'eux, sans que ceux-ci y jouent aucun rôle. Le chef, dans une société d'abeilles, est chef naturellement, et les administrés sont des administrés naturellement, l'ouvrier, l'ingénieur et le contrôleur sont créés tous en tant que tels. En revanche, dans la vie sociale de l'homme, il n'en va pas de même. C'est pourquoi certains savants ont nié catégoriquement l'ancienne théorie philosophique qui disait que "l'homme est naturellement social", et ont émis l'hypothèse que la société humaine est contractuelle à cent pour cent.

Les Droits familiaux

Nous venons d'aborder jusque là la question des droits des individus dans la société non familiale. Quelle est donc la position de l'individu dans la société familiale ? Est-ce que les membres d'une même famille sont, eux aussi, semblables dans les droits naturels, et dissemblables dans les droits acquis ? Ou bien la société familiale, c'est-à-dire une société composée du mari, de la femme, du père et de la mère, des frères et des surs, diffère-t-elle de la société non familiale dans les droits naturels, et y a-t-il une loi naturelle concernant les droits familiaux ?

Il y a deux hypothèses à ce sujet :

1 - Ou bien les relations entre les deux conjoints, le père et le fils, la mère et la fille, sont identiques aux autres relations sociales qui gouvernent les établissements nationaux et gouvernementaux, où de telles relations ne donnent pas à tel ou tel autre droit à une position particulière innée, car seules les particularités acquises y déterminent qui est le gouvernant et qui est le gouverné, qui doit commander et qui doit obéir, qui doit toucher le salaire le plus élevé et qui doit toucher le salaire le moins élevé, et par conséquent la femme, en tant que telle, le mari, en tant que tel, le père, en tant que tel, la mère, en tant que telle, le fils, en tant que tel, n'ont pas de privilèges propres à leurs positions naturelles respectives, mais ce sont les qualités acquises qui déterminent la position de chacun d'entre eux.

La théorie de la similarité des droits familiaux entre l'homme et la femme (improprement appelée égalité des droits) est fondée sur cette hypothèse. Ainsi, selon ladite hypothèse, le mari et la femme, jouissant de capacités et de besoins similaires, ainsi que d'un statut juridique similaire, que la nature leur a accordés, leurs droits familiaux doivent par conséquent être organisés sur la base de la similarité et de l'identité.

2 - Selon l'autre hypothèse, même leurs droits élémentaires naturels varient. Un mari, en tant que tel, a certains droits et obligations, et une femme, en tant que telle, a certains autres droits et obligations. Il en va de même dans le cas d'un père, d'une mère et d'un enfant. En tout cas, la société domestique est tout à fait différente de n'importe quelle autre organisation sociale. C'est cette hypothèse -sur laquelle est fondée la théorie de la similarité des droits familiaux entre l'homme et la femme- que l'Islam a adoptée.

A présent, voyons laquelle des deux hypothèses ci-dessus est correcte, et comment nous pourrions établir sa justesse.

Les Fondements naturels des droits familiaux II

Pour parvenir à l'hypothèse la plus correcte entre les deux, les lecteurs peuvent garder présents à l'esprit les points suivants, que nous avons abordés dans le chapitre précédent.

1 - Les droits naturels ont émergé du fait que la nature a un but précis et que, en gardant ce but bien en vue, elle a investi tous les êtres vivants de certaines aptitudes et leur a accordé certains droits.

2 - L'Homme, en tant que tel, jouit de certains droits, appelés "droits de l'homme", dont sont privés les animaux.

3 - Pour connaître les droits naturels et leurs caractéristiques, il faut se référer à la nature elle-même. Chaque aptitude est une autorité pour un droit naturel.

4 - Tous les êtres humains, en tant que membres d'une société civile, ont des droits naturels égaux et similaires, mais ils diffèrent quant à leurs droits acquis, lesquels dépendent de leur travail, de leurs réalisations et de leur participation à la compétition de la vie.

5 - La raison pour laquelle tous les êtres humains, dans une société civile, ont des droits naturels égaux et similaires, réside en ceci qu'une étude de la nature a montré clairement qu'aucun d'entre eux n'est né maître ou subalterne, employeur ou employé, gouvernant ou sujet, commandant ou un simple soldat. Le cas de l'homme est différent de celui des animaux grégaires tels que les abeilles. Les formations de vie chez l'homme ne sont pas naturelles, c'est-à-dire que les différentes sortes de travail, les postes, les fonctions et les devoirs ne sont pas distribués par la nature.

6 - La théorie de la similarité des droits familiaux de l'homme et de la femme est fondée sur l'hypothèse que la société domestique est identique à toute société civile. Tous les membres d'une famille vivent avec des aptitudes et des besoins similaires. La loi de la création n'a fixé pour eux aucune formation particulière, ni ne leur a alloué des fonctions et des rôles prédéterminés.

Concernant la théorie de non-similarité des droits familiaux, elle est fondée sur l'hypothèse selon laquelle le cas de la société domestique est différent de celui de la société civile. L'homme et la femme n'ont pas des aptitudes similaires et des besoins similaires. La loi de la création les a placés dans des positions dissemblables, et a prévu des rôles différents pour chacun d'eux.

Maintenant, voyons laquelle des deux théories est correcte, et pourquoi ?

La réponse peut être déduite facilement, si nous recourons aux critères déjà mentionnés et prenons en considération les aptitudes et les besoins des deux sexes, lesquels constituent l'autorité naturelle pour la revendication de droits naturels.

La vie familiale est-elle naturelle ou contractuelle ?


Nous avons déjà dit qu'il y a deux vues sur la vie sociale de l'homme. Certains croient que l'homme est social par nature, alors que d'autres pensent que la vie sociale est quelque chose de contractuel, et que cette vie a été choisie par l'homme, avec son propre accord, sous l'influence de facteurs contraignants, lesquels sont externes et non pas internes à lui.

En tout cas, concernant la vie domestique des êtres humains, il n'existe qu'une seule vue. Tout le monde s'accorde que la vie domestique est purement naturelle, que l'homme est né naturellement domestique (familial), et personne ne conteste cette vérité.

Même certains animaux, tels les pigeons et quelques insectes qui vivent en couples, ont une sorte de vie conjugale, même s'ils ne mènent nullement une vie sociale.

De là, le cas de la vie domestique est différent de la vie sociale. La nature a pris des mesures pour que l'homme et certains animaux tendent à mener instinctivement une vie domestique (familiale), à former une famille et à avoir des enfants.

La vie de l'homme ancien, qu'elle ait eu une forme patriarcale ou matriarcale, fut toujours domestique.

La théorie des quatre étapes

Cette vérité est admise par tout le monde lorsqu'il s'agit de la possession d'une propriété. En effet, au début, toute la propriété était dévolue à la communauté, et la possession individuelle ne s'est développée qu'ultérieurement. Mais il n'en a jamais été de même dans le cas du sexe. La raison pour laquelle la possession avait un aspect socialiste est que la vie était jadis tribale, et toute la tribu formait une seule famille. Les membres de la tribu qui vivaient ensemble avaient des relations, des sentiments et des intérêts communs. C'est pourquoi la propriété était dévolue à toute la tribu. Dans la société primitive des époques reculées, il n'y avait ni loi ni coutume qui puissent déterminer la responsabilité de l'homme et de la femme l'un envers l'autre. C'était seulement la nature et les sentiments naturels qui les faisaient adhérer à certains devoirs et respecter certains droits. Même dans ces circonstances, ils ne s'adonnaient pas à une vie sexuelle sans restriction aucune. Même les animaux vivant en couple, bien qu'ils n'aient aucune loi sociale ou contractuelle, observent la loi naturelle des droits et des obligations, et leur vie sexuelle n'est pas par conséquent sans restriction.

Dans la préface de son livre intitulé "Critique des lois fondamentales et civiles de l'Iran", Madame Manouchehriyan écrit :

«Du point de vue sociologique, la vie de l'homme et de la femme passe à travers les quatre étapes suivantes, dans les différents coins du monde :

1 - L'étape naturelle

2 - L'étape de la domination de l'homme

3 - L'étape de la protestation de la femme

4 - L'étape de l'égalité des droits entre l'homme et la femme

Dans la première étape, la femme et l'homme menaient une vie sexuelle mixte, sans restriction.»

Or cette affirmation est contestée par la sociologie, laquelle admet seulement que chez certaines tribus sauvages il arrivait parfois qu'un certain nombre de frères épousent un nombre de surs, et que tous ces frères cohabitent avec toutes lesdites surs. Les enfants qui naissaient ainsi appartenaient à l'ensemble de cette communauté de frères et de surs vivant en cohabitation. Ou bien, selon une autre coutume, les garçons et les filles n'avaient pas de restrictions avant le mariage, mais seulement après. S'il arrivait parfois que, chez certaines tribus sauvages, une situation sexuelle plus anarchique -c'est-à-dire une situation de femmes communes- prévalait, c'était là un cas exceptionnel ou une déviation de l'état naturel général.

Dans son livre "Histoire de la Civilisation", vol. I, Will Durant écrit : «Le mariage est une invention de nos ancêtres animaux. Parmi certaines espèces d'oiseaux, chaque mâle se contente d'une conjointe. Chez les gorilles et les orangs-outans, le contact entre un mâle et une femelle continue jusqu'à la fin de l'étape de la croissance de leur nouveau-né. Et cette relation ressemble sur beaucoup de points à celle entre l'homme et la femme, et chaque fois que la femelle tente de s'approcher d'un autre mâle, son premier mâle la gronde sévèrement. Les orangs-outans de Borneo vivent en familles consistant en un mâle, une femelle et leur progéniture. L'habitude, chez les gorilles, est que le père et la mère s'assoient sous les arbres et mangent le fruit, alors que leurs petits grimpent sur les arbres autour d'eux. Cela montre que le sentiment familial chez l'homme est naturel et instinctif, et non pas le résultat de la civilisation. Beaucoup d'animaux possèdent naturellement et instinctivement des sentiments familiaux.»

Ce que nous voulons souligner à travers ce qui précède, c'est que les sentiments familiaux sont naturels et instinctifs chez les êtres humains, et ne sont pas le produit de la civilisation et de l'habitude. Beaucoup d'animaux aussi possèdent instinctivement de tels sentiments.

C'est pourquoi, à aucune époque de l'histoire les hommes et les femmes n'ont vécu ensemble sans aucune restriction ni contrainte. Même ceux qui affirment l'existence du communisme financier, ne réclament pas l'existence du communisme sexuel.

La théorie des quatre étapes des relations entre l'homme et la femme est une imitation pure et simple de la théorie des quatre étapes de la propriété à laquelle croient les socialistes, qui disent que, concernant la propriété, l'homme a passé par quatre étapes : l'étape du socialisme primitif, l'étape du féodalisme, l'étape du capitalisme et celle du socialisme scientifique, lequel est retour au socialisme primitif dans son plus haut niveau.

Il est amusant de constater que Mme Manoucheriyân appelle la quatrième étape des relations entre l'homme et la femme, l'étape de l'égalité des droits, et non pas l'étape du retour au socialisme primitif. Ici, elle n'a pas suivi l'exemple des socialistes, bien qu'elle maintienne qu'il y ait beaucoup de points communs entre la quatrième et la première étapes. Elle dit que la quatrième étape ressemble dans une grande mesure à la première étape, car, dans les deux étapes, l'homme et la femme vivent ensemble sans que l'un d'entre eux n'exerce une autorité ni ne manifeste un sentiment de supériorité sur l'autre.

Toujours est-il que nous ne comprenons pas ce qu'elle veut dire exactement par "ressembler dans une grande mesure". Si elle veut dire par là que pendant la quatrième étape toutes les restrictions vont disparaître graduellement, et que la vie familiale va être abrogée, ce qu'elle entend alors par "l'égalité des droits" dont elle est un fervent partisan, est tout à fait différent de ce que les autres partisans de "l'égalité des droits" demandent.

Maintenant, bornons notre attention sur la nature des droits familiaux de l'homme et de la femme. Nous devons à cet égard garder présent à notre esprit deux points. Le premier est de savoir si la nature de la femme est différente ou non de celle de l'homme, ou, en d'autres termes, si la différence entre l'homme et la femme est confinée à leur système de reproduction ou bien si elle va plus loin ?

Le second point est que, au cas où il y a d'autres différences aussi, ces différences sont-elles telles qu'elles doivent affecter leurs droits et obligations, ou bien sont-elles du genre de la différence de race, de couleur etc., qui n'ont aucun rapport avec la nature des droits de l'homme.

La Femme dans sa nature

Concernant le premier point, nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir un désaccord entre deux personnes là-dessus. Toute personne ayant un peu étudié cette question sait que la différence entre l'homme et la femme ne se limite pas à leurs systèmes de reproduction. La seule question qui se pose est de savoir si ces différences affectent ou non la détermination de leurs droits et obligations ?

Les scientifiques et chercheurs européens ont jeté une ample lumière sur le premier point, et leurs recherches biologiques, psychologiques et sociologiques profondes n'ont laissé le moindre doute sur le sujet. Mais ce qui n'a pas attiré suffisamment l'attention de ces savants est le fait que la différence entre l'homme et la femme affecte leurs droits et obligations familiaux et les place dans des positions dissemblables l'un vis-à-vis de l'autre.

Le célèbre physiologiste, biologiste et chirurgien français, Alexis Carrel admet, dans son excellent livre "L'Homme, cet inconnu", que selon la loi de la création, l'homme et la femme ont été créés différemment, et que leurs différences rendent leurs droits et obligations différents.

Dans le chapitre intitulé "Les Fonctions et les Génétiques sexuelles" de son livre, il écrit : «Les testicules et les ovaires ont de vastes fonctions. Non seulement ils produisent les cellules mâles et femelles dont l'union donne existence à un nouvel être humain, mais ils sécrètent également dans le sang les fluides qui déterminent les caractéristiques mâles et femelles à nos sentiments, à nos tissus et nos organes. C'est la sécrétion des testicules qui engendre la hardiesse, le zèle et l'insouciance, caractéristiques qui font la différence entre le taureau de corrida et le buf de labourage. L'ovaire aussi affecte l'être de la femme de la même manière.

«La différence qui existe entre l'homme et la femme ne concerne pas seulement la forme de leurs organes génitaux ou le fait que la femme a un utérus qui donne naissance aux enfants, alors que l'homme a un membre viril, ni la méthode d'éducation de chacun, mais elle résulte d'une cause plus profonde, en l'occurrence l'effet des matières chimiques que les glandes génitales sécrètent dans le sang.

«C'est à cause de la négligence de ce point important que les partisans du mouvement de libération de la femme pensent que les deux sexes peuvent recevoir la même sorte d'éducation et d'entraînement, et qu'ils peuvent exercer les mêmes professions et responsabilités. En fait, la femme diffère de l'homme dans plusieurs aspects. Chaque cellule du corps humain, et tous les systèmes organiques, notamment le système musculaire, sont frappés de la marque du sexe. Les lois physiologiques aussi, telles que les lois astronomiques, sont stables et inchangeables. Les tendances humaines n'ont aucune influence sur elles. Nous devons les accepter telles qu'elles sont. Les femmes doivent essayer de développer leurs propres talents et avancer dans la direction dessinée par leur caractère inné, sans chercher à imiter aveuglément les hommes. Il est de leur devoir de contribuer plus que l'homme au développement de l'humanité. Elles ne doivent pas prendre leurs devoirs à la légère.»

Après avoir expliqué le développement du spermatozoïde et de l'ovule, et le mécanisme de leur union, Carrel indique que l'existence de la femelle est nécessaire pour la procréation, mais pas l'existence du mâle. Il ajoute que la grossesse complète le corps et l'âme d'une femme. A la fin du chapitre, il conclut : «Nous ne devons pas éduquer les jeunes filles avec le même mode de pensée et de vie, ni avec le même but et le même idéal, dans lesquels nous éduquons les jeunes gens. Les spécialistes de l'éducation et de l'enseignement doivent garder en vue les différences organiques et psychologiques, et les fonctions naturelles de l'homme et de la femme. Faire attention à ce point fondamental est de la plus grande importance pour l'avenir de notre civilisation.»

Comme vous pouvez le remarquer, ce grand scientifique met l'accent sur de nombreuses différences entre l'homme et la femme, et croit que ces différences les placent dans des positions dissemblables.

Dans les chapitres suivants aussi nous allons citer les opinions des scientifiques sur ce point, avant de conclure à quels égards l'homme et la femme ont des aptitudes et besoins similaires, et, par conséquent, doivent avoir des droits et des obligations similaires, et à quels égards ils ont des positions dissemblables et, par conséquent, doivent avoir des obligations et des droits dissemblables.

Cette partie du livre sera plus importante pour l'étude et la détermination des droits et des obligations familiaux de l'homme et de la femme.