La Femme en l'Islam
 
LA PROMISCUITE ET LA TRADITION ATTRIBUEE A AZ-ZAHRA

Il se peut que de nombreuses personnes se demandent s'il est possible de considérer la célèbre Tradition de Fatima az-Zahrâ’ (p) disant: "il vaut mieux pour les femmes de ne pas voir les hommes et de ne pas être vues par eux" de la considérer comme une qualification légale destinée à régir le mouvement de la femme dans la société. Pour répondre, on doit tout d'abord signaler qu'il est nécessaire de comprendre les paroles des "Ahl al-Bayt" (les Gens de la Famille) (p) ou celles d'autres personnes qui parlent sur la base de la responsabilité légale, à la lumière des exigences rhétoriques représentées dans le style en vigueur dans l'expression littéraire en langue arabe. En effet, les rhétoriciens parlent de plusieurs styles dont, d'une part, celui où les mots sont utilisés dans leurs significations propres et, d'autre part, celui où les mots sont utilisés dans un sens figuré ou métaphorique.

C'est à la lumière de cette considération que nous devons essayer de comprendre les paroles de notre Maîtresse Fatima az-Zahrâ’ (p). Ses paroles ne concernent pas la qualification légale qui doit régir le comportement de la femme dans sa vie publique. Ses paroles ne concernent pas la vision des hommes par la femme ou celle de la femme par les hommes, ni ce qu'elle peut voir des hommes ou ce que les hommes peuvent voir d'elle. En prononçant ces paroles, Az-Zahrâ’ (p) était en train d'évoquer la question de cette promiscuité qui peut avoir un impact négatif sur la pureté spirituelle de la femme dans son rapport à l'homme, ou sur la pureté spirituelle de l'homme dans son rapport à la femme, sur la base de la possibilité qu'a la promiscuité d'avoir un impact négatif dans ce domaine. Pour comprendre cette nuance, on peut donner l'exemple des regards qui peuvent, lorsqu'ils reflètent l'état spontané du désir naturel de l'homme et de la femme, avoir un impact négatif sur le caractère moral de l'homme et de la femme. Cela est en rapport avec la nature des sentiments que le regard peut refléter et avec la nature de la conduite qu'un regard peut provoquer.

Un certain poète a peut-être bien exprimé cette question en disant:

"Regarder, sourire et saluer,

"parler, prendre un rendez-vous et se rencontrer!

Il est vrai que la poésie va dans un autre sens, mais elle peut toujours être significative. Toutefois, on peut réfléchir sur les significations d'une Tradition prophétique comme celle qui dit: "Tu as droit au premier regard, mais le deuxième est un péché", ou comme celle qui dit: "Le regard est une flèche parmi les flèches du Diable"...

Az-Zahrâ’ (p) voulait dire, par la voie de la métaphore, ce qui suit: "Si la femme peut éviter la zone de la promiscuité, de sorte qu'elle ne voit pas un homme et qu'un homme ne la voit pas, cela vaut mieux pour elle en raison de son impact sur le plan psychologique".

Ainsi, elle aborde la question de la promiscuité sous l'angle de la plus grande pureté spirituelle que la femme et l'homme sont en mesure d'atteindre.

Mais il est à remarquer que la zone de cette plus grande pureté qui constitue une valeur islamique supérieure, sur l'échelle des grands buts que la perfection islamique cherche à atteindre, ne relève pas du champ des responsabilités légales au sens propre.

La femme n'a pas l'obligation légale de ne pas regarder l'homme. Il ne lui est pas illicite d'être regardée par l'homme, dans la limite de ce que la vision, par l'un et l'autre sexe, est licite. Il en est ainsi surtout lorsque cette question se pose dans la sphère des choses nécessaires de la vie publique, ou dans la sphère des exigences politiques et culturelles en rapport avec la lutte que la femme musulmane est invitée à mener, dans le respect total de la tenue légale. Il en est ainsi lors de ses dialogues avec les hommes et dans le cadre de ses discours ayant trait aux affaires publiques et missionnaires qui exigent, dans maintes situations, une participation active de la part de la femme.

Les paroles de Fatima az-Zahrâ’ (p) posent la question de la promiscuité dans la sphère supérieure, au sommet de la chose morale, en utilisant ce que les rhétoriciens appellent la forme intensive qui exprime l'idée dans son plus haut degré. Néanmoins, ces paroles ne constituent pas une responsabilité légale dans la mesure où nous savons que az-Zahrâ’ (p), son histoire nous l'apprend bien, voyait les hommes et parlait avec eux et, de leur côté, les hommes la voyaient et parlaient avec elle. Cela prouve que la question ne se pose pas dans le cadre des directives ordinaires, mais dans celui des choses moralement supérieures qui, ne relevant pas des obligations de l'être humain, sont posées devant lui en tant que sommet, en tant que perspective vers laquelle l'être humain peut se diriger dans le cadre de sa recherche de la moralité supérieure.

L'AMITIE ENTRE LES DEUX SEXES

L'Islam propose une organisation des relations humaines dans la société. Il considère la relation entre l'homme et la femme avec un intérêt particulier: il fixe des frontières et des limites qui protègent cette relation et lui permettent d'évoluer dans un milieu sain qui ne favorise pas la naissance des problèmes et des déviations dans la société. L'amitié est l'une des formes de ces relations sociales qui peuvent avoir lieu entre l'homme et la femme dans diverses situations. Si l'on veut étudier, du point de vue de la légalité religieuse, cette question de l'amitié entre les deux sexes, on doit prendre en considération la finalité légale du mode proposé par l'Islam pour l'organisation des relations humaines entre l'homme et la femme. Nous constatons, en le faisant, que le souci de l'Islam est de sauvegarder la propreté et la pureté des relations des deux points de vues des sentiments et des pratiques. Il semble que l'affirmation, par la Loi, de cette dimension de la question, est fondée sur la nécessité de suivre le droit chemin dans la voie de la réalisation des buts escomptés par l'Islam et qui consistent à ce que les serviteurs de Dieu adoptent un mode de vie conforme à la volonté de Dieu.

On remarque, par exemple, que l'Islam interdit l'adultère. En l'interdisant, il cherche à mettre cette interdiction au service d'un but bien déterminé: éviter l'adultère et vivre dans un climat de pudeur. Cela permet à l'homme de s'assurer les moyens et les conditions nécessaires pour s'écarter des expériences et des épreuves perverses.

Pour cette raison, le Noble Coran affirme l'obligation, pour les Croyants comme pour les Croyantes, de baisser le regard.

Il en est de même pour ce qui est de la nécessité d'éviter l'ornement et la mise en valeur de la beauté physique et ce dans le souci d'éloigner l'homme et la femme des situations susceptibles d'attiser les sensations et les envies de l'instinct et de les orienter vers une direction dangereuse. On trouve, à ce sujet, des Traditions légales qui évoquent le caractère répréhensible des rencontres seul à seul d'un homme et d'une femme. La qualification légale considérant ce genre de rencontres comme répréhensibles peut se muter en une qualification légale les considérant comme totalement illicites dans le cas où l'on sait pertinemment qu'elles auront des conséquences négatives, ou même lorsqu'on sait que de telles conséquences sont probables. Face à la Tradition attribuée à az-Zahra' (p) disant: "Il vaut mieux pour les femmes de ne pas voir les hommes et de ne pas être vues par eux", ce qui se présente à l'esprit ce n'est pas le refus de la vision considérée dans sa signification littérale, mais plutôt le refus de la promiscuité dans la mesure où cette dernière est susceptible d'avoir des conséquences négatives du fait qu'elle permet à l'homme et à la femme de s'approcher de l'expérience difficile à travers l'échange des regards ou des sentiments intimes.

Nous parlons de ces faits dans le but d'introduire la question principale consistant à s'interroger sur la signification de ce terme qu'est l'amitié. La question qu'on peut poser est la suivante: ce que l'on entend par le mot "amitié" est-il l'existence d'une relation entre un homme et une femme toute semblable à la relation entre un homme et un autre homme ou entre une femme et une autre femme, relation du genre qu'on trouve dans le domaine des conversations, dans celui des études ou dans celui des affaires sociales, relation où les sentiments s'arrêteraient devant des frontières bien déterminées avant d'aborder le côté sensuel et instinctif?

S'agit-il d'une amitié qui donne aux deux parties l'impression d'une relation fondée sur la compréhension et le respect mutuel, d'une relation qui répond au besoin des deux parties de se rencontrer dans des buts du genre culturel, social ou politique ? S'il s'agit d'une amitié de ce genre, les réserves que peuvent nous suggérer certains climats islamiques moraux ou certaines qualifications islamiques ne concernent que deux points de nature différente.

Le premier point est que la nature de cette amitié qui cherche à s'exprimer dans le climat des rencontres naturelles de la promiscuité peut poser, pour les deux parties, certains problèmes légaux. Ces rencontres ne peuvent avoir lieu, d'une manière normale et à l'abri des complexes vécus par les deux parties qu'en s'exposant à s'écarter de la ligne islamique en la matière de certaines qualifications légales.

Le second point est que la nature de la diversité de l'homme et de la femme ne permet pas de contrôler l'amitié et de l'empêcher d'aller au-delà de ses frontières naturelles. Cela s'explique par le fait que l'amitié est un état d'âme bien déterminé dont l'approfondissement renforce les sentiments intimes surtout lorsque les rencontres seul à seul des deux parties deviennent de plus en plus fréquentes. Il est normal que, dans des situations de ce genre, le désir s'exprime d'une manière ou d'une autre. Les deux parties peuvent l'ignorer. Mais il s'accumule dans les sentiments profonds et, en fin de compte, il peut trouver quelques moyens d'exploser.

Nous insistons sur cette compréhension réservée de l'amitié entre les deux sexes à travers notre inspiration de maintes Traditions du genre: "Dès qu'un homme et une femme se trouvent réunis seul à seu,l Satan se présente pour se joindre à eux". Cette Tradition affirme que la nature de la rencontre seul à seul met les deux parties l'une face à l'autre et les place ensemble devant la question des sentiments particuliers qui prennent naissance, dans la diversité, à travers l'attraction que chacun exerce vis-à-vis de l'autre.

Cette même vision des choses peut ressortir aussi des réponses données par les sociologues à l'éternelle question suivante:

Est-il possible de nouer une amitié innocente, dégagée des considérations sexuelles, entre un homme et une femme?

Les réponses des savants affirment que l'établissement d'une telle amitié est une affaire peu pratique et peu réaliste. Il nous est possible d'arriver au même résultat à travers l'observation de la réalité vécue où les frontières entre les deux parties s'effacent au point que chacune d'elles ne se sent confrontée à aucun problème pour ce qui est du mouvement de ses désirs, du fait que la société mène un mode de vie libre de ce point de vue. Pourtant, nous pouvons constater que même les amitiés nouées entre des personnes satisfaites de ce point de vue ne peuvent que se mouvoir dans cette direction négative, même au niveau des personnes les plus éloignées de ces occupations, comme les hauts responsables et les grands dirigeants.

Cependant, nous ne pensons pas que l'amitié entre l'homme et la femme ne peut pas conduire à des résultats positifs sur le plan de la réalité morale. Mais il est possible que les résultats soient négatifs dans ce domaine et, dans ce cas, l'amitié rejoint les choses dont les inconvénients sont plus grands que les avantages, ce qui peut l'introduire dans l'atmosphère de la difficile expérience située sur la frontière de l'illicite. La Tradition l'affirme bien: "Les choses illicites sont des zones interdites appartenant à Dieu. Celui qui plane autour des zones interdites est sur le point d'y entrer".

Pour cette raison, nous pensons que la société des Croyants doit bien étudier ces questions, d'une manière rigoureuse et réaliste, afin de ne pas s'exposer à la difficile expérience qui peut porter atteinte aux deux parties concernées et, peut-être même, à la société des Croyants dans sa totalité. Nous comprenons que la morale ne peut prospérer que dans des conditions favorables. Ainsi, nous ne pouvons pas dire à l'homme: approche-toi du feu sans te faire brûler. Nous ne pouvons pas jeter une personne à l'eau tout en lui demandant de ne pas se mouiller. Un certain poète a bien exprimé une idée proche en disant:

"Il l'a jeté dans la mer après lui avoir lié les mains derrière le dos et il lui a dit:

'Garde-toi bien de te mouiller".

Nous constatons, après l'examen des limites légales qui régissent la relation entre l'homme et la femme dans la législation islamique, que ces limites n’encouragent aucune relation de ce genre en dehors des limites de la demeure conjugale. Cette manière de voir ne veut pas dire que toute promiscuité est mauvaise et que toutes les rencontres sont répréhensibles, car on peut avoir besoin d'exercer certaines activités communes, dans des situations comme celles de l'action islamique sociale ou culturelle. Mais ces situations doivent être protégées par beaucoup de limites et de conditions pour les empêcher de devenir un moyen de déviation morale.

LA NECESSITE D'UNE LARGE CAMPAGNE D'EDUCATION

Il est naturel de dire, à la lumière de ces considérations que, pour que la société puisse s'engager dans la ligne de l'Islam et fonctionner conformément à son enseignement, le besoin s'impose de l'éduquer par une large culture islamique qui lui permettrait de saisir la vraie position islamique vis-à-vis de la femme. Car le problème qui peut se dresser devant nous se représente par le fait que beaucoup de vues et d'impressions entretenues par les gens sont fondées sur un énorme agrégat d'arriération et de cultures anti-islamiques ou sur la nature même des pulsions subjectives intérieures. Il nous faut donc procéder à une large campagne d'éducation qui étudierait tous les éléments constitutifs de la conception islamique à ce sujet et qui essaierait de trouver le moyen de transformer les convictions de l'homme dans l'intérêt de l'Islam.

Il est naturel que, lorsque nous disons que la femme doit se présenter à la société à travers son humanité et non à travers sa féminité, nous ne cherchons pas à séparer la féminité de l'humanité. Nous cherchons à ce que la féminité, toute seule, ne s'exprime pas à travers les sentiments et à l'écart des éléments fondamentaux de l'humanité de la femme. Nous voulons que la féminité s'humanise et l'humanité se féminise en profitant des caractéristiques qui marquent la distinction de l'homme et de la femme, cette distinction qui prend place dans un processus d'intégration.

LA FEMINITE DE LA FEMME TELLE QU'ELLE EST PERçUE DANS LES AUTRES SOCIETES

Lorsqu'on étudie la question de la féminité considérée en tant qu'état instinctif, tout comme c'est le cas de la masculinité de l'homme, nous pouvons avoir l'impression que certaines personnes pensent que le respect de la féminité de la femme est le synonyme de sa liberté. Cela équivaut à dire que la femme doit pouvoir exprimer le mouvement de sa féminité telle qu'elle se présente sur le plan instinctif. On pense aussi que l'homme a le même droit à cette liberté.

Pourtant, les choses peuvent prendre une direction différente. Ceux qui pensent de la sorte imaginent que la société primitive respectait la féminité et que les sociétés contemporaines font de même alors que l'Islam opprime cette féminité. Ils fondent leur façon de penser sur le fait que l'Islam a institué des règles qui enferment la féminité à l'intérieur d'une sphère particulière en dehors de laquelle la liberté mentionnée est totalement absente. Ils signalent aussi le fait que l'Islam a institué des règles semblables pour l'homme mais la sphère est d'autant plus large qu'elle assimile la polygamie, etc…

Mais si nous expliquons la féminité, telle qu'elle se présente dans la personnalité de la femme, à partir du fait qu'elle représente sa subjectivité sous tous les aspects de son être physique et affectif et sous tous les aspects de son mouvement dans le monde des sentiments… Si nous le faisons de telle manière que la féminité nous transparaît en tant qu'expression du sens de la diversité chez l'homme, tout comme c'est le cas de la masculinité,… nous trouvons alors que la féminité ne représente pas seulement un état instinctif. Elle serait un état humain représentatif de ce qu'est la femme en face de ce qu'est l'homme et cela du point de vue de ses caractéristiques qui vont de paire avec les exigences de la maternité et les autres exigences générales qui font d'elle un être différent de l'homme du point de vue du caractère et du tempérament…

En étudiant cette explication et en nous penchant sur le point de vue selon lequel la féminité est respectée par les sociétés primitives et par le monde moderne, nous trouvons que les choses ne sont pas telles qu'on le dit. Les caractéristiques humaines sont plutôt opprimées ou respectées en fonction de la manière dont l'homme se représente la nature de ces caractéristiques. Ainsi nous remarquons que l'attitude des peuples primitifs vis-à-vis de la personnalité de la femme ne constitue pas une sorte de respect porté à la féminité, mais une sorte d'exploitation et un façon de traiter la femme comme si elle était un instinct et non pas un être humain. De son côté, et avec ses tendances païennes, l'évolution civilisationnelle que représente le monde moderne, va dans le même sens et s'inscrit dans le même ordre. On peut, il est vrai, constater un certain respect de la femme dû au fait qu'elle est un élément productif et influant dans la vie sociale, culturelle et politique.

Mais la société moderne considère la femme-femelle comme un élément susceptible d'être exploité. Sa mentalité a été construite, dans le climat culturel ambiant, de telle sorte qu'elle considère cet aspect de sa personnalité comme une valeur fondamentale de son humanité, alors que l'homme ne considère pas sa masculinité comme une valeur fondamentale dans son existence. A partir de ce fait, on peut dire qu'en respectant la femme à travers sa personnalité de femme et qu'en considérant le côté instinctif comme un besoin, pour la femme, tout comme il l'est pour l'homme, l'Islam cherche à ce que la femme exprime son humanité, dans la vie sociale, à travers les aspects de la féminité qui ne s'écartent pas de l'équilibre propre à cette féminité.

Ainsi, nous pensons qu'en instituant des règles bien déterminées pour la féminité et en cherchant à ce que la femme suive la ligne de l'équilibre, l'Islam ne fait que la respecter alors que la civilisation matérialiste ne fait que la pousser dans le sens de la déviation. Pour cette raison, nous trouvons que la femme musulmane qui connaît certains problèmes dans la société musulmane ou qui souffre de certaines situations négatives qui sont, d'ailleurs compensées sur le plan législatif… connaît aussi une stabilité totalement inconnue par la femme de la société civilisée.

Il existe des affirmations selon lesquelles la femme était respectée dans les sociétés antéislamiques, c'est-à-dire dans ces sociétés connues sous le nom de matriarcales, où la femme dirigeait la société et donnait son nom aux enfants.

Nous répondons qu'il n'est pas nécessaire que ce genre de comportement social soit considéré comme une marque de respect qu'on porte à la femme. Il peut être, au contraire, une illusion pure et simple. Il peut s'agir de l'une de ces illusions des peuples primitifs qui sacralisaient la femme non pour des raisons relatives à son humanité, mais à sa maternité qui, particulièrement chargée de secrets, permettait à l'imaginaire primitif de croire à la possibilité d'un pouvoir créateur qui rapprochait la femme du statut divin. Il existait des situations sociales qu'on trouve encore aujourd'hui en Inde, par exemple, ou ailleurs, où les peuples adoraient les organes sexuels de l'homme ou de la femme parce qu'ils croyaient qu'ils constituaient l'origine ou le point de départ de la procréation et de la création. Il est donc naturel, puisque les choses sont telles, que l'affaire ne soit pas une affaire de respect dans le sens humain du respect. Il s'agit plutôt d'une attitude arriérée dans l'évaluation de la femme dans ce domaine. Lorsqu'il s'agit d'évaluer, on ne peut pas poser le problème du point de vue du respect et du non-respect.

Il en est ainsi même lorsqu'on observe que notre société patriarcale admise et acceptée par les religions ne constitue pas un état répressif de la femme parce qu'elle fait remonter le fils au père généalogiquement à la manière de l'arbre qu'on fait remonter à la graine. Cette attitude peut être naturelle de ce point de vue et elle peut être justifiée par le rôle joué par la mère dans l'éducation des enfants. C'est que la maternité ne se réduit pas seulement à la conception et à l'accouchement après la grossesse. La maternité est un grand effort investi dans la préparation de l'homme, dans son éducation et dans sa nutrition à partir du potentiel affectif de la mère et des pratiques affectives qu'elle vit et qui se reflètent au niveau de la personnalité de l'enfant. Cela constitue une grande occasion pour la femme d'entrer dans la société et de participer à ses activités. Il se peut qu'en ce qui concerne cette question, nos sociétés, y compris, les sociétés occidentales vivent dans l'une ou l'autre des deux situations suivantes:

Une première situation où la femme vit son rôle de mère tout en exerçant son rôle de moyen de production. Cela lui est atrocement fatigant surtout lorsque recommence le travail domestique relatif à son statut d'épouse ou de mère, juste en rentrant à la maison après une journée de travail à l'extérieur.

Une seconde situation où la maison n’est, pour l'homme et pour la femme, rien qu'un endroit où on vit comme on le fait à l'hôtel et où on est servi par une servante qui cherche la nourriture au restaurant. L'enfant est livré à une nourrice ou déposé dans un jardin d'enfants. Une telle situation ne peut que se refléter négativement sur le plan de la production. Elle augmente les dépenses de la maison, ce qui se reflète à son tour au niveau de l'éducation de l'enfant qui ne pourra ainsi pas recevoir suffisamment de cette nourriture affective que personne, en dehors de la mère, ne peut lui procurer.

Pour toute ces raisons, nous pensons que la société patriarcale peut procurer à la femme les moyens d'affirmer son humanité et de jouer son rôle beaucoup plus que la société matriarcale qui fait de l'homme un simple chômeur qui ne fait qu'attendre les ordres de la femme sans rien faire… Il n'a même pas à se soucier des affaires domestiques qui s'ajoutent ainsi aux autres attributions de la femme. Ainsi, on ne peut pas procéder à une opération d'évaluation civilisationnelle qui permettrait de dire que la société matriarcale offre à la femme plus de respect que la société patriarcale. Il se peut aussi qu'il y ait certains points négatifs dans la façon avec laquelle l'homme s'identifie à son rôle dans la société patriarcale et dans la façon avec laquelle la femme s'identifie à son rôle dans la société matriarcale. Mais ces points négatifs ne proviennent pas de la ligne de pensée en vigueur à l'intérieur de cette sphère car cette ligne appartient à la sphère de la nature des déviations sur le plan des pratiques.

LA RELATION HOMME/FEMME ET LA QUALIFICATION LEGALE

On peut constater, en étudiant la nature féminine de la femme sous son aspect relatif à l'instinct et au désir, que sa nature, et peut-être aussi sa constitution entière, peuvent l'inciter à jouer le rôle de séductrice pour l'homme et ce en conséquence d'un long processus historique d'éducation qui a fait de la femme une séductrice de l'homme plus qu'il n'a pas fait de l'homme un séducteur de la femme. Pour cette raison, nous remarquons que la femme attire l'homme par la séduction de sa féminité de sorte à ce qu'on est arrivé à la considérer comme un objet d'excitation. Il y a une autre question, à savoir que la nature de l'excitation chez l'homme est plus puissante, même dans le domaine du désir charnel, qu'elle ne l'est chez la femme. On peut constater que l'excitation de la femme est plus complexe que celle de l'homme. Pour cette raison, l'Islam cherche, en fixant des limites dans le domaine vestimentaire, ou dans d'autres domaines du comportement, à protéger la femme d'elle-même et de son sentiment de pouvoir attirer l'homme par la force de la provocation.

La femme peut agir sous l'influence d'une pulsion inconsciente qui la pousse à exhiber ses charmes, non dans le but de montrer la valeur de sa beauté, mais par désir de voir cette beauté attirer l'homme d'une manière ou d'une autre… vers le mariage, peut-être. Elle peut se comporter de la sorte tandis que l'homme reste absent et insensible à ce genre d'appel… En vérité, la femme n'a pas connu un mode d'éducation qui l'orienterait à considérer l'homme comme il la considère lui-même et cela fait que les choses ne se présentent pas de la même manière chez l'un et chez l'autre.

Pour cette raison, la dissolution qui caractérise les relations sexuelles dans les sociétés où les femmes jouissent de leur liberté est plus grande que celle qu'on trouve dans les société où les femmes sont engagées du point de vue religieux et ce malgré le fait que l'homme n'adopte pas un régime vestimentaire particulier. Cela signifie que la position réaliste de la question est en accord avec les limites fixées par l'Islam.

Nous ne disons pas que la situation est entièrement vécue de la même manière chez tous car on peut trouver certaines femmes qui présentent une excitabilité égale ou même plus grande que celle de l'homme, mais cela ne constitue pas une règle générale. Il est possible que certains disent, à partir de ce fait, que l'Islam interdit la femme d'exprimer son affectivité. Mais nous répondons que lorsque la femme cherche à exprimer son affectivité, elle peut le faire sans que cela ne la conduise à la déviation, surtout que l'Islam n'autorise pas l'homme à parler à la femme d'une manière qui pourrait la conduire, du point de vue affectif, à la déviation. L'homme et la femme vivent cette situation d'une seule et même manière.

La femme peut exprimer ses sentiments envers l'homme qu'elle veut épouser, mais d'une manière qui n'atteint pas les limites de la légèreté et de la dissolution. De son côté, l'homme peut exprimer ses sentiments envers la femme qu'il veut épouser… C'est que les gens respectent certaines traditions que la qualification légale ne peut, en aucune manière, en être responsable.

Nous trouvons, dans les recueils du hadith prophétique le cas d'une femme qui vint retrouver le Prophète (P) et lui dire en la présence d'un grand nombre de personnes: "O^ messager de Dieu! Fais-moi marier!". Sans rien lui reprocher, le Prophète (P) se tourne vers l'assistance et dit de la manière la plus normale: "Y a-t-il quelqu'un qui voudrait l'épouser?". Il est donc possible pour toute femme de s'adresser à tout homme en lui disant: "épouse-moi, je voudrais vivre avec toi et être ta femme! J'aime échanger avec toi et j'ai des sentiments envers toi…!.

Mais les traditions et les coutumes n'acceptent pas ce genre d'attitudes. Il convient donc de parler ici de l'attitude de l'Islam vis-à-vis de ces traditions et coutumes. En un mot, l'Islam ne les encourage pas. Il veut que la femme et l'homme se comportent d'une manière normale, car le mariage est une chose normale dans la vie de la femme comme il l'est dans la vie de l'homme. De même que l'homme peut demander une femme en mariage, la femme peut demander un homme en mariage. D'autre part, l'expression de la douceur, de l'émotion et de l'affection n'a pas de relation entre les deux sexes comme lieu exclusif dans la mesure où la femme peut les exprimer parmi ses semblables et dans le cadre de la maternité, par exemple.

La féminité est donc essentielle chez la femme et l'Islam ne veut nullement qu'elle la frustre. Plus encore, l'Islam considère négativement la femme masculinisée ou la femme qui cherche à ressembler aux hommes du point de vue de leur virilité et non pas du point de vue de leur force. De même, il considère négativement les hommes qui cherchent à ressembler aux femmes, du point de vue de leur féminité. Et lorsque l'Islam s'intéresse à la relation de la femme avec l'homme, à l'intérieur du lien conjugal, il le fait en soulignant la nécessité pour la femme de montrer librement sa féminité et ses sentiments dans son rapport avec son mari. Il en est de même pour ce qui est de l'homme qui peut se comporter avec tout ce que peut signifier la virilité dans ce domaine. L'Islam ne veut pas que la femme annule sa féminité. Il veut plutôt qu'elle organise le mouvement de la féminité dans sa vie de sorte qu'elle ne se transforme pas en un élément qui altérerait sa morale et qui la ferait dévier de la pudeur dans ce domaine où l'homme et la femme doivent conformément à la volonté de Dieu, suivre la voie de la pudeur en tant que modèle moral de première importance.

La féminité fonctionne, sur le plan humain, dans le domaine de la douceur, des sentiments, de l'affectivité et de l'émotion. La femme a le plein droit de faire cristalliser ces instances au moyen de tout ce qui pourrait enrichir l'expérience humaine toute entière.

Nous pouvons considérer qu'en créant l'homme dans la distinction, Dieu a posé cette distinction comme fondement de l'intégration. Mais Il a voulu que nous la placions à l'intérieur de la hiérarchie générale où l'homme doit fonctionner dans sa vie publique et privée.

L'ISLAM ET LA BEAUTE

La beauté représente un état d'être dans le corps, tout comme elle représente un état d'être dans le milieu ambiant, sur la terre et dans les cieux, ainsi que dans tous les autres lieux qu'elle peuple dans l'univers.

Elle est, en elle-même, une valeur qui distingue ce qui est beau de ce qui est laid. Mais il nous faut réfléchir sur le mouvement de cette beauté et sur son rôle. Ce rôle consiste-t-il à ce que les gens regardent la beauté et s'ouvrent à elle d'une manière poétique? Cela ne peut pas se réaliser dans l'émotion de l'homme face à la beauté de la femme, ou dans l'émotion de la femme face à la beauté de l'homme, car l'émotion des deux sexes face à la beauté ne peut, dans les conditions de leurs dispositions particulières, que se rencontrer avec l'instinct et le désir. D'où, nous considérons que la beauté ne représente pas une valeur absolue. Sa valeur ne peut se concrétiser dans la réalité humaine qu'à travers ce qui distingue un corps d'un autres corps.

Pour ce qui est du mouvement de sa valeur, dans les sentiments qu'ont d'elle l'homme et la femme, l'Islam ne propose pas une situation fermée. Il organise ce mouvement à l'intérieur des relations conjugales normales. Ceux qui situent la beauté à l'intérieur de la sphère féminine, ne le font pas d'une manière absolue. La femme qui se présente dans le monde extérieur à travers sa beauté n'accepte pas que tous les autres se montrent sensibles à sa beauté. Elle n'accepte pas non plus qu'elle se montre, elle-même, sensible à sa propre beauté dans ses relations avec tous les autres et dans tous les genres de relations. Bien au contraire, elle choisit une relation bien déterminée. Cela signifie que la nature humaine ne fonctionne pas, vis-à-vis de la question de la beauté physique, d'une manière absolue, mais d'une manière limitée, relative.

L'Islam essaye de fixer les limites susceptibles de donner à la beauté une fonction bien déterminée qui enrichirait l'expérience physique de l'être humain. Il le fait dans le cadre d'une organisation où la société prend la forme de cellules multiples où l'homme ne connaît pas l'insatisfaction dans ce domaine, mais se sent satisfait dans les conditions naturelles qui rompent avec les situations anormales ou morbides.

LA DISCIPLINE DE LA LIBERTE ET LA VOIE ISLAMIQUE

Il est possible de comprendre que lorsque l'Islam cherche à proposer sa voie morale et sociale, il essaye de préparer, dans la société, un terrain préventif favorable qui permet au mouvement moral de devenir quelque chose de réaliste et d'applicable.

La question que nous voulons poser ici est que tout principe, toute religion et tout message possèdent leurs voies morales et leurs voies sociales qui déterminent le mode de relations que les gens entretiennent les uns avec les autres.

Il est naturel que toute voie morale, ou sociale, soit réellement soumise à une structure hiérarchique de lignes, de réserves et d'atmosphères qui font d'elle quelque chose de réaliste. Il n'est, pour cette raison, pas possible de considérer ces affaires sous leur aspect superficiel, telle que nous les sentons dans leur séparation de tous les éléments qui constituent le tout intégral de la structure morale ou sociale. Certains peuvent lancer une conception selon laquelle une telle manière de poser le problème ne peut aboutir qu'à l'insatisfaction de la femme du fait que l'être humain qu'elle est, cherche à s'identifier à soi-même et désire ouvrir ses capacités pour que les autres s'ouvrent, de leur côté, à ce qu'il possède, lui-même en matière de capacités. Le savant n'aime-t-il pas que les autres se rendent compte de sa science? Le courageux n'aime-t-il pas que les autres se rendent compte de son courage? Et le beau n'aime–t-il pas que les autres se rendent compte de sa beauté? Il est peut-être possible que le sentiment qu'ont les gens de ces instances soit lui-même l'élément qui les encourage à développer le sentiment de ces instances en eux-mêmes.

Il est peut-être possible de constater, lorsqu'on on étudie l'homme, que l'effort qu'il déploie pour développer ces instances dans sa personnalité, tient sa force et assure son mouvement et son développement à travers le sentiment qu'ont les autres de ces mêmes instances. Au fur et à mesure que les autres se rendent compte de nos capacités et l'expriment en s'étonnant et en montrant leur admiration, notre tendance à développer ces capacités gagne en intensité et en permanence. Il est naturel que cela passe par la mise à jour de ces capacités. Pour cette raison, la femme qui se distingue par sa beauté physique ou par certaines manières féminines, dans le domaine de la séduction, qui suscitent l'étonnement et l'admiration des autres et les voit dans l'éclat de leurs regards peut, en même temps, se sentir insatisfaite en la matière et cette insatisfaction peut la pousser à ne plus entretenir les sentiments de séduction qu'elle vit, ce qui peut aboutir à l'anéantissement de ces sentiments.

Il se peut que certains posent cette question d'une manière dramatique en présentant la femme musulmane que l'Islam empêche de vivre sa féminité de cette manière sous le profil de la femme opprimée et maltraitée rongée par les complexes psychiques issus de l'insatisfaction et du refoulement, dans le cadre de la répression législative se transformant en répression sociale. Mais nous pouvons répondre en posant, face à ces considérations, une question dont l'importance est de la taille du problème: la question humaine, considérée sous toutes ses dimensions, consiste-t-elle dans les sentiments subjectifs qu'a l'homme de ses propres pulsions ou penchants, de sorte que, pour éliminer le problème, il nous faut refuser que l'homme soit soumis à toute sorte d'insatisfaction? Devons nous comprendre la valeur à travers son interaction avec l'homme subjectif ou à travers la réalité objective à l'intérieur de laquelle cette valeur se manifeste sous la forme de ses effets positifs?

En posant la question dans ce cadre général, avec la satisfaction des désirs subjectifs, comme critère du bonheur et du malheur, et avec l'interaction entre la valeur et le subjectif qui s'en trouve chargé, comme critère de la légitimité de cette valeur, il est naturel, dans ce cas, que la question ne soit pas limitée à l'apparence féminine de la femme, sur le plan de la mise en évidence des points d'attraction physique, ou sur le plan de la mobilisation du capital féminin et séduisant. La question s'étend alors à toutes les sensations de nature sexuelle. Il est naturel que tout être humain, qu'il soit homme ou femme, sente la pression de ce besoin, sans la prise en considération des traditions et des législations.

Il est naturel qu'il cherche à satisfaire cette faim charnelle tout comme il cherche à satisfaire sa faim naturelle par la consommation de la nourriture. Il sent la liberté dans la satisfaction de cette faim tout comme il la sent dans la satisfaction de l'autre.

De cette manière, on peut considérer la question dans d'autres domaines. Nous savons que beaucoup de gens considèrent la liberté sexuelle comme une valeur individuelle de l'homme, tout comme la liberté politique, la liberté économique et la liberté en rapport avec la sécurité. Mais nous ne pouvons pas accepter une telle considération et nous croyons qu'il est indispensable d'instaurer des limites qui règlent le mouvement de la liberté chez l'homme à partir de son intérêt déterminé par les grandes lignes de ses croyances et convictions et leurs conséquences positives ou négatives.

Dans ce sens, chaque être humain doit vivre une sorte de drame consécutif à la frustration d'une partie de sa liberté dans le domaine de ses pulsions subjectives, au profit de la liberté des autres, ou au profit des autres dimensions de la liberté dans sa propre vie qui peuvent ne pas être compatibles avec la libération absolue de ses besoins dans un domaine donné. L'homme vit plusieurs libertés dans les différents domaines de son existence et des libertés peuvent se heurter les unes aux autres, dans le cas où il donne libre cours à tous ses désirs. L'homme peut donc perdre du terrain dans l'exercice anarchique de ses libertés dans le cas où il n'organise pas leurs rapports les unes avec les autres. Pour cette raison, la question du sentiment tragique consécutif à la frustration de la liberté est imposée par les limites naturelles et réalistes des lieux où se situent les capacités de l'homme et sa vie en général.

LA FEMINITE DE LA FEMME

Lorsque nous étudions les qualifications légales concernant l'activité de la femme dans le domaine public et directement liées à la dimension féminine de sa personnalité, nous constatons que l'Islam ne lui a pas interdit de vivre tous les éléments sentimentaux et physiques de sa féminité, à l'intérieur de sa vie conjugale. On peut même dire que l'Islam demande à la femme d'exprimer sa féminité, sans réserves, dans le cadre de cette vie, tout comme il demande à l'homme d'exprimer sa masculinité à l'intérieur de cette sphère privée. Toutefois, il n'autorise pas la femme à exprimer sa féminité, en tant qu'élément constitutif de son activité dans le cadre des relations publiques, ou privées, en dehors de la sphère conjugale.

Nous constatons aussi que, dans ses structures législatives, l'Islam propose des qualifications obligatoires pour la femme, comme le voile qui est en rapport avec des qualifications concernant plusieurs situations de détails dont:

- La manière avec laquelle la femme sort de sa maison et ce du point de vue de son habillement ou de celui de ses atours.

- La question de la promiscuité dans le domaine de son activité.

On peut parler d'autres qualifications qui nous donnent à penser que l'Islam n'encourage pas la femme à s'introduire dans la société, à travers sa nature féminine, dans le but de s'affirmer en tant que telle et de provoquer les sentiments des autres.

En étudiant les qualifications obligatoires concernant l'activité de la femme dans la réalité sociale et en particulier celle en rapport avec la dimension féminine de sa personnalité, nous rencontrons certaines qui mettent la femme en garde afin qu'elle ne tombe pas en proie facile à l'exploitation, situation que l'homme peut provoquer en jouant sur les éléments de la séduction dont dispose la féminité. La nature de la faiblesse vécue par la femme à travers son mouvement dans l'histoire et dans la société peut l'exposer à diverses pressions relatives à la séduction ou à l'arbitraire de l'oppression. C'est, pour ainsi dire, que la pression peut s'exercer au moyen de la peur ou du désir qu'on provoque chez la personne qu'on veut exploiter. Pour cette raison, la mise en garde peut avoir son fondement dans la présence d'un danger réel ou naturel qui consisterait dans la possibilité qu'a l'homme d'exploiter la faiblesse féminine, d'une part, et dans la possibilité qu'a la femme de se trouver en accord avec certains éléments qui pourraient la faire dévier du droit chemin, d'autre part. En d'autres termes, on peut dire que la femme est la partie exploitée et c'est pour cette raison que nous avons besoin de la mettre en garde afin qu'elle cherche à se prémunir contre les dangers d'une telle situation.

La chose est en quelque sorte comparable à certaines situations où, lorsque les sociétés passent dans des périodes de désordre ou de troubles, on entend des mises en garde adressées aux personnes possédant des fortunes ou menant un certain mode de vie leur disant: "Fermez vos portes… Essayez de vous procurer de portes blindées… Si vous sortez, évitez les endroits à risque et soyez armés de telle ou de telle arme!". La mise en garde a comme raison habituelle le souci d'assurer la sécurité de la personne qu'on met en garde contre les dangers qui le menacent. Et lorsque la femme se présente comme l'élément que l'homme opprime et la société traite, lorsqu'il s'agit d'une déviation qu'on veut sanctionner, comme ayant une part de responsabilité plus grande que celle de l'homme. Il est indispensable, dans ce cas, de la mettre en garde en lui disant: "Il y a un monstre qui cherche à agresser cette féminité, ou cet être humain, ou cette faible créature et celle-ci doit être sur ses gardes. La mise en garde adressée à la femme n'a pas pour but de lui faire peur. C'est plutôt un moyen de lui suggérer qu'elle est forte: lorsqu'on lui dit que tu dois te révolter dans les situations où domine la séduction et que tu dois être ferme face à la pression de l'homme, par le respect de toi-même et par le refus de la soumission à l'exploitation, nous ne faisons que l'inciter à ne pas se soumettre sur le champ de la lutte, à faire face avec force à la source du danger.

Mais cela ne signifie nullement que nous consacrons la faiblesse de la femme. Il y a tout un ensemble de discours adressés à l'homme lui disant: "écarte-toi des situations où domine la séduction; écarte-toi des situations qui peuvent te conduire vers la déviation!".

Lorsque nous cherchons à étudier cette question on dehors des sphères étroites et limitées, nous trouvons que toutes les législations du monde connaissent les formules d'interdictions et de mise en garde qu'on adresse aux citoyens dans les cas urgents ou normaux pour assurer le maintien de la discipline et l'établissement de l'ordre au cas où surgissent les troubles et les tremblements. Cela constitue une sorte d'aide qu'on fournit à l'homme, dans les moments difficiles, afin qu'il ne se soumette pas à la faiblesse et pour qu'il affirme les éléments de résistance et de fermeté dans sa personnalité contre les difficultés.

Ce qu'il faut affirmer, c'est que l'Islam n'empêche pas la femme de sentir sa beauté. Mais il ne veut pas qu'elle utilise sa beauté comme une marchandise que l'on étale pour attirer les autres, car attirer les autres n'est autre chose qu'attirer leurs pulsions instinctives. Cela peut ne pas être une règle générale, car on peut trouver beaucoup de femmes qui mettent leur chasteté et leurs valeurs morales à l'abri de toute atteinte en évitant le recours à la séduction et en ne tombant pas sous la tutelle de la pression des autres. On peut trouver aussi beaucoup d'hommes qui agissent d'une manière semblable. De toute façon, nous croyons que l'usage de la beauté comme une valeur humaine vécue par la femme dans la société, ou vécue par la société dans sa façon de considérer la femme et dans sa manière de se comporter vis-à-vis d'elle, crée un climat psychologique capable d'exciter le côté instinctif qui devient difficile à dompter sans que de grandes souffrances ne soient vécues par toutes les parties.

La personnalité de la femme et son rôle actif dans la vie

La question de "la femme en Islam" fait toujours l'objet de la réflexion des penseurs musulmans qui cherchent à comprendre la personnalité de la femme et son rôle du point de vue de la pensée et de la Loi islamiques.

Cette réflexion a pour but de mettre en lumière l'originale conception que l'Islam propose de et à la femme. Conception qui représente les valeurs spirituelles et humaines de l'Islam, dans ce bas-monde ainsi que dans l’autre monde.

Il est possible d’isoler, dans cette question principale, plusieurs questions de détail comme celles de la personnalité de la femme, de sa nature, de sa foi, de son rôle actif dans l’activité religieuse et dans la ligne de l’Appel, c’est-à-dire dans le mouvement de lutte, sur le terrain de la confrontation et dans les domaines scientifiques et culturels, etc…

On part normalement, lorsqu'on aborde ces questions, de certains textes traditionnels ainsi que des avis en vigueur chez les jurisconsultes.

LE MEILLEUR MOYEN POUR ABOUTIR A DES RE'SULTATS EQUILIBRES

Il est nécessaire, avant de commencer l'examen de la question de s'interroger sur la méthode à suivre dans l'approche de certains aspects du problème. La question est de savoir si la voie qui mène à la connaissance de la personnalité de la femme, de sa raison et de sa foi part des textes religieux ou de l'étude des éléments constitutifs de la personnalité de la femme telle qu'elle se présente dans le mouvement de son existence dans la réalité vivante et au niveau de son ouverture sur les perspectives ouvertes par la connaissance. Cette seconde alternative touche à des aspects du problème en rapport avec la profondeur et la fécondité de la pensée de la femme, avec la nature de sa vision des choses qui l'entourent, avec la bonne qualité de ses opinions, de son adhésion intérieure à la doctrine et à la ligne de l'attachement à la foi en Dieu, en Ses messagers et en Ses lois. Elle touche aussi à son adhésion extérieure à la ligne de l'action, celle de l'engagement direct et du retour permanent à Dieu, en tout ce qui concerne la piétée spirituelle et intellectuelle et la capacité de faire face aux défis, dans la cadre de la lutte intellectuelle qu'exige l'appel à la religion, ou dans celui de la lutte proprement dite (jihâd) contre les problèmes de nature plus concrète.

Nous pensons donc que l'étude qu'on mène au niveau de la réalité humaine de la femme, considérée parallèlement à la réalité humaine de l'homme, est le meilleur moyen susceptible de conduire à des résultats équilibrés. Nous allons donc nous pencher, tout d'abord, sur l'étude de cet aspect du problème et nous passerons, par la suite, à son étude tel qu'il se présente dans les textes. Il nous sera nécessaire de connaître, de près, la nature des conditions et des circonstances de l'émission des textes, car il est parfois possible de trouver des indices qui empêchent d'adopter le sens apparent du texte et de chercher, par la voie de l'interprétation un autre sens qui ne contredit pas la réalité extérieure. Il est aussi possible que des hadith (Traditions prophétiques ou imâmiques) s'avèrent être faux en raison d'une contradiction manifeste avec les fondements stables de la doctrine, ce qui les rend incompatibles avec la nécessité religieuse telle qu'elle est enseignée par le Livre (le Coran) et la Sunna (actes et paroles du Prophète et des Imâms).