La Femme en l'Islam
 
LA FEMME ENTRE DEUX ROLES: CELUI DE LA MUSULMANE ET CELUI DE L'EPOUSE

Lorsque la femme vit dans la maison conjugale, en épouse et en mère, il lui est naturel de se considérer comme ayant deux personnalités dont chacune la met devant une responsabilité correspondante.

La première personnalité est celle de l'épouse qui cherche à acquérir l'amour de son mari et de la mère qui cherche à gagner l'amour de ses enfants qu'elle doit soigner et auxquels elle doit assurer tout ce qui satisfait leurs désirs afin de les aider à s'élancer sur la voie du succès, à partir de la tranquillité de l'ambiance familiale. Celle-ci leur est nécessaire dans la mesure où elle leur assure tout ce dont l'homme a besoin en matière de saine relation familiale qui lui permet de comprendre les sentiments et les désirs de l'autre, ce qui aide à transformer la relation en une profonde communication spirituelle qui unit les gens dans leurs vies et dans leurs dispositions générales.

La seconde personnalité est celle de la femme musulmane qui cherche à faire d'elle-même, sur les plans de la pensée, de l'activité et de l'engagement, une personne qui agit dans le but d'obtenir la satisfaction de Dieu –qu'Il soit glorifié et exalté– beaucoup plus qu'elle ne le fait pour satisfaire les gens de son entourage.

Cette seconde personnalité pousse donc la femme à agir en tant que personne musulmane qui cherche à obtenir la satisfaction de Dieu et cela à travers le respect de ses responsabilités légales d'épouse, envers son mari, et de mère, envers ses enfants. Ce respect des responsabilités est nécessaire pour qu'elle ne néglige pas le droit du mari, ou celui des enfants, sous la pression d'un caprice ou d'un complexe.

Elle prouve ainsi aux autres que la personne musulmane est elle qui remplit ses obligations envers les autres sans faire attention si les autres font ou ne font pas leurs devoirs envers elle. La femme musulmane n'attend pas que son mari fasse son devoir envers elle pour faire son devoir envers lui.

Elle n'attend pas que ses enfants commencent par respecter ses droits pour qu'elle respecte les leurs à son tour. La femme musulmane prend l'initiative et fait son devoir envers ses enfants dans le seul but de se rapprocher de Dieu –qu'Il soit glorifié et exalté. Elle se sent motivée, en le faisant, par le seul désir d'obéir à Dieu dans ce domaine. De la sorte, la femme vit sa personnalité d'épouse musulmane et de mère musulmane à travers son action sur le plan de l'appel à la cause de Dieu, sur celui de la recommandation du bien et de l'interdiction du mal et sur celui de la pratique concrète qui lui permet de faire de son milieu conjugal, ou familial, un foyer islamique qui fonctionne dans la conformité aux exigences de l'Islam. Sur cette base, la femme qui doit vivre ces deux personnalités, d'épouse et de mère, d'une part et de femme musulmane, d'autre part, ne peut qu'organiser son mouvement spirituel et son mouvement pratique dans le sens de l'harmonie et de l'équilibre. Elle ne doit donc pas atténuer sa personnalité de musulmane pour le compte de sa personnalité d'épouse ou de mère.

En d'autres termes, elle ne peut pas se détourner de l'obéissance à Dieu pour satisfaire à son mari et à ses enfants. Elle doit agir tout en considérant que sa personnalité de musulmane est principale, alors que ses autres personnalités, en tant que membre d'une micro ou d'une macro-société, sont des personnalités subordonnées à la personnalité islamique.

C'est sur la base de ces considérations qu'elle doit agir. Si par exemple, la femme musulmane se trouve face à un mari qui ne fait pas le jeûne du mois de Ramadan, ou face à des enfants qui ne font pas ce jeûne, elle doit s'efforcer, dans la mesure du possible, de leur faire comprendre qu'elle n'est pas contente de leur attitude, surtout s'ils se détournent du jeûne sans justification valable. Son mécontentement doit se traduire dans les expressions de son visage, dans ses manières d'agir dans la maison et, même parfois, dans le refus de préparer les repas ou dans l'effort de déranger les personnes en rupture de jeûne dans tout ce qui les aide à persévérer dans leur attitude.

Cela peut les pousser à ne pas se sentir à l'aise en continuant à ne pas respecter le jeûne, dans le cas où le recours à la pression s'avère être assez efficace pour conduire à un résultat positif du point de vue pratique. Mais si les choses demandent le recours à d'autres moyens où l'ouverture et la compréhension se mêlent à la rigueur nécessaire pour que la femme conduise les membres de sa famille à se repentir, d'une manière affective, ou de toute autre manière pratique, elle doit avoir recours à ces moyens.

L'important c'est que sa mission, dans son milieu familial réduit, soit celle de la personne musulmane qui étudie les meilleurs moyens et utilise les meilleurs mots et les méthodes les plus fines ou les plus sages pour arriver à dissuader les membres de sa famille et les convaincre de suivre la bonne voie. Mais si son refus de préparer les repas, ou si sa rigueur risquent de lui causer des gênes, dans le sens où cela peut conduire la relation conjugale à telle ou telle sorte de rupture, ou à tel bouleversement avec lequel elle risque d'être maltraitée par son mari ou par ses enfants, ou si les inconvénients de son attitude négative sont plus sensibles que ses avantages, il lui sera naturel, du point de vue légal, de profiter de la tolérance de la Loi et de les servir. Mais elle doit le faire de telle sorte à ce qu'ils sentent qu'elle ne le fait pas de bon cœur, dans la mesure où elle rend des services à des personnes qui, tout en étant, les plus proches par rapport à elle, font partie, en même temps des personnes les plus éloignées de Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié. Elle doit leur faire comprendre que, pour une personne, être proche de Dieu est la condition d'être proche des âmes des autres personnes.

LE MARIAGE: UN ESPRIT DE CHARITE

La vie conjugale ne se fonde pas sur les obligations que chaque partie impose à l'autre. Elle se fonde plutôt sur l'esprit de charité issue, elle-même, des sentiments d'amour et de compassion. Pour cette raison, nous conseillons à toutes les femmes croyantes de ne pas s'utiliser à penser que cette sphère de liberté qui leur est offerte par l'Islam leur donne le droit de ne pas se pencher sur les affaires domestiques, sur l'éducation des enfants ou sur l'allaitement du nourrisson… Elles ne doivent pas penser que cela leur donne le droit d'exercer des pressions sur l(homme et celui-ci ne doit pas penser, de son côté, qu’il peut exercer au nom de ses droits des pressions sur sa femme. Cette mentalité de la "pression", exercée par une partie ou une autre, porte préjudice à la profondeur de la vie conjugale.

Elle peut conduire au refroidissement de la relation et au tarissement des sentiments. La vie conjugale se transforme alors en un enfer psychique, spirituel et affectif qui conduit à un autre enfer sur le plan de la vie pratique, lorsque chacun commence à exploiter telle ou telle situation pour l'investir contre l'autre, ou lorsque chacun commence à utiliser ses droits particuliers comme des moyens de pression à l'égard de l'autre.

Pour cette raison, la femme ne doit pas s'arrêter devant les limites de la liberté que Dieu lui a donnée au sujet des questions domestiques. Elle doit chercher à gagner la récompense divine en adoptant une bonne attitude à cet égard. Car la femme qui agit charitablement envers son mari, même s'il lui fait du tort, et la femme qui agit pour la prospérité de sa maison, même si elle n'est pas obligée de le faire, sont des femmes qui peuvent être considérées au nombre des combattantes dans la mesure où ces attitudes entrent dans le champ couvert par les implications de la Tradition Prophétique disant que "la lutte sacrée de la femme c'est d'être une bonne épouse". La femme ne doit pas penser à l'accumulation des biens matériels, mais aux œuvres qui plaisent à Dieu car,

"La miséricorde de ton Seigneur vaut mieux que ce qu'ils accumulent". Coran, "az-Zukhruf" (l'Ornement), XLIII, 32.

Il en est de même pour l'homme qui doit être sensible aux sacrifices de sa femme qui donne ce qu'elle n'est pas obligée de le faire. Il doit aussi agir dans le sens de ce qui plait à Dieu en entourant sa femme de ses soins, en l'appréciant, en étant compatissant envers elle et en respectant son humanité.

Lorsque l'homme musulman vit comme le veut l'Islam, cette religion qui comprend et englobe toutes les valeurs spirituelles et humaines et lorsque la femme en fait de même, la vie conjugale se transforme en une occasion de s'élever vers les hauts rangs de l'existence. Elle se transforme en une occasion de trouver le bonheur spirituel qui peut se transformer en un bonheur matériel.

De la sorte, l'homme musulman et la femme musulmane peuvent cumuler le bien de ce monde-ci et celui de l'Autre-Monde.

LES DEUX EPOUX DOIVENT S'INTEGRER ET SE COMPLETER TOUT EN CONSERVANT LA PARTICULARITE DE CHACUN D'ENTRE EUX

La supériorité de l'homme par rapport à la femme, dans le cadre de la relation conjugale est en rapport avec les droits conjugaux particuliers situés dans la zone légale obligatoire. Ils concernent les aspects généraux et les domaines dans lesquels la responsabilité générale se trouve être le lot de l'homme et non celui de la femme. Cela est en rapport avec les questions considérées, par le Législateur, comme concernant les hommes et non les femmes. En dehors de ces questions, la femme jouit de sa liberté dans la vie conjugale, tout comme l'homme jouit de sa liberté. C'est ce qu'on peut dégager du noble verset coranique qui dit:

"…Les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations et conformément au bon usage. Les hommes ont cependant la supériorité d'un degré par rapport à elles". Coran, "al-Baqara" (la Vache), II 228.

Le degré mentionné est ce qui représente le droit de l'homme et que la femme ne peut aucunement ne pas reconnaître. Ce droit est aussi représenté dans le divorce qui relève des prérogatives de l'homme.

Quant aux autres questions relatives à l'aspect en rapport avec le tempérament de la femme et ses habitudes personnelles, nous ne pensons pas, par exemple, qu'à partir du moment où fumer est répréhensible pour l'homme et pour la femme à la fois, que l'homme ait le droit de l'interdire à sa femme au nom de son autorité conjugale. Cela peut lui être possible du point de vue du conseil ou de tout autre point de vue, mais jamais du point de vue de l'autorité conjugale, sauf dans le cas où la cigarette entraîne un état d'aversion ou de dégoût dans le domaine propre à la relation particulière qui est en rapport avec la question de la jouissance.

Il en est de même pour ce qui est des autres questions relatives au besoin éventuel qu'a la femme d'écouter la radio, de regarder un autre moyen d'information, de lire un journal ou d'exercer toute autre activité parmi celles en relation avec son tempérament et ses habitudes personnelles. Le mari n'a pas le droit d'exercer des pressions légales sur elle dans ce domaine. L'épouse a, au contraire, le droit de vivre son tempérament personnel, ses habitudes et ses ambitions dans tout ce qui n'entre pas en contradiction avec le droit particulier du mari.

De plus, l'épouse a le droit de demander à son mari de lui procurer tout ce dont elle a besoin pour les affaires personnelles de la vie conjugale, que ces affaires soient du genre nécessaire ou superflu, à condition que sa situation le permette.

Nous devons comprendre le fait que le mariage n'est pas un contrat qui fait de la femme une esclave pour l'homme. Le mariage n'est pas une instance qui étouffe la vie de la femme ni ne confisque ses habitudes et ses désirs dans la vie. La femme est un être humain qui a le droit de vivre son humanité dans la vie conjugale. Dieu qu'Il soit glorifié et exalté a fait de sorte que cette vie de l'homme et de la femme soit fondée sur l'amour et la compassion. Cela a pour but d'approfondir le sentiment de l'union entre les deux conjoints. Il ne s'agit pas seulement, dans ce sens, d'une simple association, mais d'une autre réalité dont le sens profond se dégage du noble verset coranique qui dit:

"…Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles". Coran, "al-Baqara" (la Vache), II 187.

Cela veut dire qu'il s'agit d'une union dans la mesure où la vie de la femme se drape dans la vie de l'homme et vice-versa. Une telle union conduit vers une sorte de combinaison et de fusion nécessaires pour consolider la relation et pour l'élever sur les fondements de l'amour qui s'exprime dans la compréhension, par chacun, des sentiments et des dispositions particulières de l'autre. Avec une telle compréhension, aucune des deux parties ne cherche à s'imposer à l'autre pour supprimer sa personnalité et son humanité dans ce domaine. Ce qui est courant, c'est que l'homme essaye de supprimer la personnalité de la femme. Il refuse qu'elle ait une opinion parmi la pluralité des opinions et n'accepte pas qu'elle ait un tempérament particulier ou des habitudes particulières. Mais cette attitude n'a rien d'islamique et elle n'exprime aucun point de vue islamique. De même lorsque la personnalité de la femme est assez forte pour dominer l'homme, elle essaye de lui supprimer sa personnalité et son humanité et ce pour imposer ses désirs au sujet de telle ou telle relation qu'il faut établir, ou rompre, avec telle ou telle partie. Une telle attitude n'est pas non plus islamique car l'homme est un être humain indépendant dans sa personnalité humaine et légale et la femme, de son côté, est un être humain indépendant dans sa personnalité légale et juridique. Tous les deux doivent s'intégrer et se compléter tout en conservant, pour chacun, ses particularités que l'autre doit pleinement respecter.

LE MARI ET LA FEMME: DROITS ET DEVOIRS

LES LIMITES LEGALES DES DROITS DU MARI

Dieu, qu'Il soit exalté et glorifié, a organisé la vie familiale en instituant des droits et des devoirs pour chacun de ses deux pôles, le mari et la femme. La femme a des droits que le mari doit respecter et vice-versa. L'Islam a affirmé ce fait en maintes circonstances. Si l'on veut étudier les droits du mari du point de vue légal, on constate qu'il a des droits qui s'inscrivent dans le cadre obligatoire et touchent les besoins charnels que la femme doit s'utiliser à satisfaire. Quant au sujet des sorties de la femme, de la maison conjugale, et du droit qu'a le mari de les lui interdire, il existe une théorie connue par les savants qui ne donnent pas ce droit à la femme sauf dans les cas d'un accord préalable. Parmi ces cas, on peut signaler le contrat qui peut prévoir son droit à ces sorties, ou son droit à continuer à travailler à l'extérieur, que son travail soit dans le domaine de l'activité islamique ou dans celui ayant pour but de gagner sa vie. Dans ces deux derniers cas, la femme a le droit de travailler sans même l'autorisation du mari.

Quant aux autres cas, elle ne peut, selon l'avis commun des jurisconsultes, sortir qu'avec l'autorisation du mari. Pourtant, il existe un avis jurisprudentiel adopté par as-Sayyid al-Khu'i (que Dieu l'agrée) qui prévoit que la question de la sortie de la femme fait partie des questions relatives au droit premier du mari, et ce dans les cas où il a besoin d'elle pour des raisons en rapport avec la jouissance physique. La femme n'a donc pas le droit de sortir de la maison conjugale, pour cette raison précise, sans l'autorisation du mari.

Quant aux autres situations de la vie quotidienne, comme lorsque le mari se trouve au travail, en voyage, ou pris par n'importe quelle autre occupation, le mari n'a pas le droit d'obliger sa femme de rester à la maison.

Mais il lui est recommandable, par voie de prévention, d'obéir à son mari, dans le sens où le fait d'être une bonne épouse constitue une sorte de lutte sacrée pour la femme. L'obéissance lui est recommandable aussi dans la mesure où elle est nécessaire pour consolider la vie conjugale et pour prévenir toute sorte de conflit, surtout lorsque les sorties de la femme se trouvent à l'origine de problèmes en rapport avec la question de la confiance, ou lorsqu'elles bouleversent la vie familiale, d'une manière ou d'une autre.

LE CARACTERE MORAL DE L'EPOUX (I)

Il est naturel que l'époux, mais aussi l'épouse, entretiennent en eux-mêmes, la moralité de la foi par le respect de qualités générales qui exigent que l'homme pieux fasse son devoir envers l'autre homme pieux. L'épouse a ici un double statut: celui de l'épouse et celui de la sœur dans la foi.

Cela veut dire que le mari doit rendre à sa femme le droit du frère coreligionnaire dans toutes les affaires qui entrent, conformément à l'enseignement divin, dans le domaine des droits et des devoirs que les Croyants ont, les uns envers les autres, que ces droits et devoirs soient obligatoires ou recommandables. Pour ce qui est de la relation conjugale, l'enseignement divin qui est en rapport avec les qualités morales du mari se représentent par les versets suivants:

"Comportez-vous envers elles (les femmes) suivant les meilleures coutumes. Si vous éprouvez de l'aversion pour elles, il se peut que vous éprouviez de l'aversion contre une chose en laquelle Dieu a placé un grand bien". Coran, "an-nisa'" (les Femmes), IV 19.

…"Reprenez donc vos épouses d'une manière convenable ou bien renvoyez-les décemment". Coran, "al-Baqara" (la Vache), II 229.

"… Les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations et conformément au bon usage. Les hommes ont cependant la supériorité d'un degré par rapport à elles". Coran, "al-Baqara" (la Vache), II 228.

L'homme doit savoir aussi que Dieu (qu'Il soit exalté et glorifié) ne donne à l'homme aucune autorité sur sa femme en dehors du cadre de la jouissance sexuelle. Il n'a aucune autorité sur elle en dehors de ce domaine. Il existe certaines réserves légales à ce sujet qui font l'objet de désaccord chez les jurisconsultes et qui concernent la question de la sortie de la femme sans l'autorisation de son mari. Dans toutes les autres situations, tout ce que la femme rend au mari comme services est un don à titre gracieux qu'elle n'est aucunement obligée de faire. Le mari doit sentir que l'attitude à sa femme envers lui est comparable au bien du bienfaiteur et Dieu dit à ce propos:

"La récompense du bien est-elle autre chose que le bien?" Coran, "ar-Rahman" (le Miséricordieux), LV 60.

En outre, l'homme doit faire tout son possible pour respecter les douleurs de sa femme, ses sentiments, ses fatigues, ses efforts et sa faiblesse. Il doit aussi respecter ses relations avec les autres. Il n'est pas naturel que l'homme empêche sa femme de continuer à entretenir des rapports avec ses parents, sauf dans les conditions où ces rapports constituent une menace pour la vie conjugale. L'homme doit penser, pour mieux comprendre cette question, au fait qu'il n'accepte pas qu'on lui interdise d'entretenir des rapports avec ses parents. Il doit donc se comporter envers sa femme dans le respect de l'enseignement islamique dont les grandes lignes sont les hadith prophétiques suivants:

- "Aucun d'entre vous ne devient vraiment Croyant que lorsqu'il aime, pour les autres, ce qu'il aime, pour lui-même".

- "Comporte-toi envers les autres, comme tu aimerais qu'ils se comportent envers toi".

- "Sois, dans tes rapports avec les autres comme une balance: aime, pour l'autre, ce que tu aimes, pour toi-même et déteste, pour l'autre, ce que tu détestes, pour toi-même".

LE CARACTERE MORAL DE L'EPOUX (II)

L'épouse croyante possède deux qualités: la première est qu'elle est un être humain qui croit en Dieu et la seconde est qu'elle est une bonne épouse.

La première qualité se représente par le fait que l'épouse respecte, par ses paroles et ses actes, les limites fixées par Dieu. L’épouse ne doit pas transgresser ces limites qui séparent ce qui est licite de ce qui est illicite. C'est de cette façon qu'elle doit se comporter lorsqu'elle veut vivre la foi dans son sens ouvert. Elle doit savoir que le sens de la ligne de la foi se représente dans le fait que l'homme puisse prendre son droit de l'autre qui l'a agressé ou qui lui a fait du tort. Mais le pardon est plus proche de la foi. La longanimité vaut mieux que l'empressement et l'homme doit repousser les mauvaises actions par les bonnes pour transformer l'ennemi en ami. Cette ligne de la foi exige que celui qui croit en Dieu se comporte sur la base suivante: le but de la vie est de plaire à Dieu. Il doit faire tout ce qui, dans son mouvement dans la vie, conduit à la satisfaction de Dieu.

Quant aux qualités morales de la femme croyante qui remplie le statut d'épouse, elles s'expriment dans la Tradition prophétique suivante:

"La lutte sacrée de la femme c'est sa manière d'être une bonne épouse". Cela veut dire que la femme doit considérer, dès le début de sa vie conjugale, que cette vie est un mouvement de lutte dans sa vie privée. Ce mouvement de lutte a pour but de résister contre les caprices et les faiblesses qui pourraient la pousser à désobéir à son mari, à se révolter contre lui, à lui nuire ou à nuire, d'une manière ou d'une autre, à sa vie conjugale.

La bonne épouse doit considérer que sa tâche essentielle est la prise de la citadelle fortifiée qu'est le cœur de son mari, sa réflexion et toute sa vie et ce par la bonne parole. Elle doit lui offrir, sur la base de l'amour et de la compassion et dans le but de plaire à Dieu, les choses considérées comme non obligatoires par la loi. La bonne épouse croyante pense qu'elle agit, dans sa vie conjugale, pour obéir à Dieu en faisant attention à son mari, comme elle Lui obéit en faisant attention à ses enfants et à elle-même. Elle agit dans le but de se rapprocher de Dieu à travers ce qu'elle offre d'elle-même à son mari et à ses enfants sans que cela ne lui soit légalement obligatoire. En agissant ainsi, elle le fait tout comme elle fait la prière de la nuit qui n'est pas obligatoire, mais qu'elle fait tout de même pour se rapprocher de Dieu et obtenir Sa satisfaction. Elle doit rendre à son mari et à ses enfants des services non obligatoires dans le seul désir de se rapprocher de Dieu.

Il est naturel que, lorsque la femme, bonne et croyante, agit en considèrant sa vie comme un lieu destiné à être occupé par la satisfaction de Dieu, Il est naturel lorsqu'elle agit ainsi de ne pas se soucier des réactions négatives de la part de son mari ou de ses enfants. Car ce n'est pas pour eux qu'elle agit, mais pour Dieu.

LES MANIFESTATIONS DE LA COMPASSION

La compassion signifie ce qui s'oppose à la cruauté. Il est possible de déduire sa signification positive à travers les suggestions de l'autre signification, négative, de la cruauté. E^tre cruel à l'égard d'un être humain c'est l'assiéger dans ses sentiments, dans ses affections, dans ses conditions, ses circonstances et ses intérêts. C'est ne prendre en considération aucune des dimensions de sa personne en rapport avec le mouvement du sentiment humain ou avec le mouvement de la réalité et porter atteinte, en agissant avec cruauté à l'égard de l'autre, à son existence humaine elle-même.

Cela signifie que la question de la compassion doit se poser à partir de l'étude des conditions qui entourent l'autre; à partir de l'étude de ses sentiments, de ses sensibilités et de ses intérêts. Pour cette raison, la compassion ne peut pas avoir un aspect immuable. Il en est de même pour la cruauté. Il arrive que la cruauté –qu'on exerce au moyen d'un mot, ou au moyen de certains agissements- soit une compassion au niveau de l'autre dimension du phénomène, comme c'est la cas dans la cruauté du médecin vis-à-vis du malade et celui-ci peut crier de douleur. Mais cela lui est nécessaire car il permet de partir et de vivre en paix. Qu'on soit compatissants les uns envers les autres, c'est que chacun respecte les sentiments, les sensibilités et les conditionnements de l'autre, dans la mesure où cela ne porte pas préjudice aux intérêts des uns et des autres.

Il est naturel que les gens divergent quant à la définition de l'intérêt et qu'ils ne s'accordent pas quant à leurs conceptions du réel. Cela est une question qui ne peut se résoudre qu'à partir de la crainte révérencielle, la crainte de Dieu. L’homme doit étudier la chose telle qu'elle se pose entre Dieu et lui et à partir des données divines. Après une telle étude, il peut passer à l'étude de la chose telle qu'elle se pose entre lui et les autres qui ne s'accordent pas avec lui. Une telle étude peut l'aider à comprendre le mouvement de la compassion da la réalité objective telle qu'elle se définit à partir des élément essentiels de la question.

Comme tout autre concept moral islamique, le concept de la compassion doit être fondé, au niveau de son infrastructure, sur les qualifications légales (al-ahkam ash-shar'iyya) et sur l'étude des conditions réelles qui entourent la question. Car ce sont ces conditions qui déterminent la qualification légale, positive ou négative, concernant cette question. C'est sur cette base qu'on peut parler de l'homme musulman qui suit, dans le cadre de son adhésion à l'Islam, le mouvement de l'engagement conscient et ouvert à Dieu qu'Il soit exalté et glorifié. C'est sur cette base qu'on peut parler aussi de l'homme en général; de l'homme qui ne s'écarte pas des prescriptions de sa conscience humaine, morale, spirituelle et sociale; de l'homme qui ne s'écarte pas des règles générales qui régissent les relations des hommes les uns avec les autres. Nous ne parlons pas ici de l'homme instinctif, mais de l'homme humain.

RELATIONS ET VIE CONJUGALE

Parmi les aspects négatifs les plus dangereux des relations humaines –y compris la relation conjugale qui est la plus solide de toutes les relations humaines dans la mesure où elle est le lieu à l'intérieur duquel l'homme tout entier s'ouvre à l'homme tout entier, sans qu'il y ait de frontières ou d'entraves qui les séparent l'un de l'autre dans les domaines qui séparent, ordinairement, les gens les uns des autres-… Parmi ces aspects négatifs, on signale la tentative de l'une des deux parties de la relation d'annuler l'autre. L'annuler en considérant que ses propres caractéristiques doivent être celles de l'autre qui n'aura pas, de ce fait, la liberté de se distinguer de lui à travers ses propres caractéristiques à lui qui ont leurs racines humaines qui doivent s'exprimer dans le cadre de la famille ou dans celui de toute autre institution en rapport avec la nature des conditions psychologiques, sociales et économiques qui l'entourent.

Il est donc nécessaire, pour les deux conjoints, de ne pas considérer la relation conjugale comme un lieu où chacun d'eux cherche à neutraliser l'autre. Il ne faut pas qu'aucun d'entre eux se contrarie du seul fait que l'autre se différencie, se distingue ou se montre indépendant de lui.

Tous les deux doivent considérer la relation conjugale comme une relation entre deux personnes: la pluralité doit ainsi constituer la base même du sens de la relation. La pluralité signifie que chacun d'entre eux possède des caractéristiques existentielles humaines qui diffèrent de celles de l'autre et cela tout en se rencontrant au niveau de certaines causes communes, objets de leur accord mutuel. Les deux parties ont des intérêts communs sur le plan de leurs raisons de vivre, dans leurs pratiques et dans les objectifs qu'ils cherchent à atteindre ensemble. De tout cela, nous comprenons que les deux conjoints doivent s'entendre au sujet de leurs particularités afin de s'intégrer au lieu de diverger et de s'écarter l'un de l'autre. Ils doivent trouver le moyen de se rapprocher l'un de l'autre à travers leurs particularités de sorte à ce que celles-ci n'entament pas les points communs. Et il est en tout état de cause nécessaire de respecter ces particularités.

Parmi les exemples qu'on peut citer à ce propos, on peut prendre n'importe quelle question qui peut susciter des désaccords entre les deux époux. Le mari peut, par exemple, exiger que sa femme s'intègre dans la vie de ses parent à lui, au point de perdre sa liberté, son humanité et ses particularités et de s'éloigner, du même coup, de sa propre famille à elle. La femme peut, de son côté, imposer à son mari, mais à de moindre mesure, des positions semblables, en mettant à son profit les moyens de pression dont elle dispose ne serait-ce qu'en le bouleversant et en lui compliquant la vie.

Il est nécessaire, à ce propos que le mari comprenne que sa femme est un être humain comme lui; un être humain qui, tout comme lui, possède ses propres racines. Il est difficile d'arracher un être humain à ses racines et de l'obliger à s'intégrer d'une manière complète dans un autre milieu, rien que pour s'incliner devant le désir d'un autre être humain. L'intégration ne peut se faire correctement qu'à travers certains facteurs psychologiques, sentimentaux et vitaux conformes aux conditions de l'être humain, à ses activités et à sa situation dans la société.

Il est naturel, pour cette raison, que le mari essaye de rapprocher sa femme du climat de son propre milieu à lui et que la femme cherche, de son côté, à rapprocher son mari du climat de son propre milieu à elle. Ce rapprochement mutuel peut créer une sorte de relation naturelle qui peut, à son tour, aider à exercer plus de pressions dans le sens de gagner plus de terrain. Cela se comprend dans la mesure où la nature de l'intérêt conjugal commun, que les deux parties cherchent à protéger, en exerçant des pressions ici et là, oblige à accepter qu'on soit, en quelque sorte, envahi par l'autre, même si cette invasion nous est toujours répugnante.

Il est nécessaire que, dans ce climat, chacune des deux parties de la relation refuse les aspects négatifs de la pression exercée par son propre milieu sur l'autre qui est son conjoint. Chacune des deux parties doit essayer de contrôler ces aspects négatifs et de les atténuer afin de ne pas écraser l'autre dans ses sentiments, dans son esprit et dans toutes ses dispositions. Les termes sont particulièrement significatifs à ce propos d'"amour" et de "compassion" considérés par le Noble Coran comme un grand titre de la vie conjugale, comme une introduction à l'effort d'arrangement de cette relation qui lie la femme aux parents de son mari et le mari aux parents de sa femme: l'amour ouvre l'homme aux horizons du respect qu'on doit porter aux sentiments de l'autre et la compassion l'ouvre aux horizons de la reconnaissance des conditions et des circonstances de l'autre.

On peut, de la sorte, arriver à poser la question des divergences des opinions politiques ou sociales des deux conjoints. Il n'est pas naturel, à ce propos, que la mari impose son opinion politique à sa femme du seul fait qu'il est le mari, ou parce que la vie conjugale exigerait leur accord sur le plan politique, accord au non duquel la femme devrait obéir à l'homme dans ce domaine. Il n'est pas non plus naturel que la femme impose ses vues à son mari au nom de l'amour et de la fidélité qui feraient défaut dans le cas où il refuserait de s'y incliner. Ce genre de conceptions sont complètement fausses et inhumaines car nous savons que l'engagement à une opinion ou dans une attitude politique ou sociale donnée se fonde normalement sur des convictions et se fait à partir de conditions bien déterminées.

Il est donc naturel que nous n’imposions pas nos convictions aux autres, dans le cas où nous n'arrivons pas à les convaincre d'accepter nos convictions. Il n'est pas normal que nous imposions nos conditions aux autres, dans le cas où nous n'arrivons pas à rapprocher leurs conditions des nôtres. Il est donc nécessaire de trouver, dans ce domaine, une sorte de dialogue ou une sorte d'arrangement qui sauvegarderait la vie conjugale et permettrait la cohabitation avec l'opinion différente. Il est toujours possible d'agir à partir des dénominateurs communs des deux opinions ou des deux attitudes et ce pour arriver à des solutions aux questions disputées, à condition que cela se fasse au moyen du dialogue et dans la compréhension mutuelle…

LE MARIAGE: UNE RELATION D'AMOUR ET DE COMPASSION

Le mariage est une relation humaine comme toutes les autres relations qui lient les humains entre eux. Il diffère des autres relations par son caractère plus intime du point de vue des particularités de la vie conjugale. Il diffère aussi, par le fait qu'il est à l'origine de la naissance d'autres personnes, les enfants, dont l'existence est liée, négativement ou objectivement, aux péripéties de la relation conjugale. Lorsque nous étudions les relations humaines, il est naturel qu'on cherche à comprendre les différences entre les individus, au niveau des différents aspects de leur pensée, de leur éthique et de leurs conditions et dispositions. Il est donc naturel que, dans toute relation, la compréhension mutuelle soit fondée sur la prise en considération, par chaque partie, des points forts et des points faibles de l'autre partie, et ce pour qu'elle puisse les équilibrer avec ses propres faiblesses et forces. Il est aussi naturel que des divergences, des heurts et des répulsions mutuelles aient lieu sur les plans intellectuels et affectifs ou même sur le plan des intérêts des deux parties. Les deux parties doivent entrer, dans ce domaine, dans un dialogue objectif et rationnel qui essaye d'étudier les origines des différends et le sens de leur évolution ainsi que les moyens d'aboutir à des dénominateurs communs ou à une entente commune indispensable pour que les différends ne détruisent ni ne compliquent la relation mais, au contraire, l'élèvent au niveau de la cohabitation qui doit pouvoir réunir les sphères de l'entente et de l'accord.

Mais pour aboutir à une position de ce genre le besoin s'impose d'avoir une conscience humaine et religieuse ouverte sur les causes de l'homme et de la vie. Une conscience qui part d'une attitude humaine à travers laquelle l'homme ne pense pas que la vie lui appartient à lui seul, mais qu'elle appartient aux autres aussi. L'homme n'a donc pas le droit d'annuler les autres, ni de les empêcher de penser d'une manière différente de la sienne.

Il n'a pas non plus, le droit d'user de la répression contre ceux qui ont des sympathies différentes des siennes. Une telle attitude peut donner à la vie son équilibre, sa paix et sa vitalité. Elle peut lui donner beaucoup d'éléments nécessaires pour la production sur tous les plans. Mais ils existe, à l'autre bout de la vie, des gens qui ne pensent pas de cette manière. Des gens qui ne vivent pas leur humanité dans l'humanité des autres.

Ils ne vivent pas l'esprit d'ouverture sur les autres dans ce qui fait qu'ils sont différents d'eux, mais ils se comportent avec l'égoïsme qui leur donne l'illusion qu'ils sont les seuls à avoir le droit de penser et que les autres n'ont pas le droit de penser autrement. Ils pensent qu'ils ont le droit d'agir pour s'affirmer et servir leurs propres intérêts alors que les autres n'ont pas ce même droit. C'est de cette manière de penser que découlent l'oppression, la répression, la sauvagerie, l'exclusion des autres et la destruction de leur vie.

C'est cette manière d'agir et de penser qui régit les rapports humains en général. La relation conjugale n'est pas une exception: l'époux entre dans la vie conjugale avec tous ses points forts et faibles, avec tous ses résidus moraux et culturels et avec toutes ses habitudes et traditions arriérées. Il en est de même pour l'épouse. Lorsque la relation conjugale n'est pas assez étudiée par les deux conjoints; lorsqu'elle n'est qu'une relation traditionnelle où la nouvelle génération se comporte à l'instar de la vieille génération… beaucoup de membres de la nouvelle génération reproduisent les comportements de leurs pères dont ils récusent l'arriération et se laissent paradoxalement influencer par eux.

L'homme peut conserver, dans son inconscient, la manière avec laquelle son père traitait sa mère et la femme peut conserver, dans son inconscient, la manière avec laquelle sa mère échangeait avec son père. De la sorte, la vie cesse d'être le fruit d'une relation bien étudiée par les deux conjoints et devient une relation qui subit le désordre et l'influence des résidus, des coutumes et des situations ambiantes. Pour cette raison, on peut constater que la plupart des relations conjugales connaissent des complications insupportables. Les deux conjoints peuvent sembler vivre en paix alors qu'ils vivent dans une situation de guerre secrète issue de la répression ou de l'oppression que l'une d'eux exerce vis-à-vis de l'autre en profitant de la force dont il dispose et qui fait défaut chez l'autre. Il est normal, puisqu'il en est ainsi, que l'Islam pose des règles à suivre pour les deux conjoints. Des règles qui vont dans un sens humain. L'Islam cherche, en instituant ces règles, à ce que tout état d'hostilité et tout conflit soient expulsés pour que chaque partie cherche la meilleure solution susceptible de transformer l'autre en un ami, après qu'il fût devenu un ennemi, à cause des problèmes et des complications:

"L'action bonne n'est jamais semblable à l'action mauvaise. Repousse celle-ci par ce qu'il y a de meilleur: celui qu'une inimitié séparait de toi deviendra alors comme un ami fidèle" Coran, "Fussilat" (Le Verset Bien Expliqué), XLI 34

L’Islam pose donc, lors de son étude de la question conjugale, des règles pour toutes les situations. Parmi celle-ci, on compte celle où l'épouse se révolte et cesse d'obéir à l'homme, sans avoir le droit de le faire.

Il est à remarquer que, lorsqu'on parle de la relation conjugale, on a besoin de mots assez suggestifs pour dire que les règles de cette relation ne sont pas du genre odieux qui s'opposerait à la liberté de l'homme et à ses désirs. Ce sont des règles que l'homme s'imposerait lui-même à partir de son amour, de sa compassion et de sa responsabilité dans la vie. La vie a besoin que la liberté soit limitée par des règles. L'homme ne peut pas continuer à vivre et à satisfaire tous ses besoins dans les conditions de liberté absolue. La vie n'appartient pas à toi seul.

Elle est à toi et aux autres. Si tu as le droit d'être libre dans ta vie, pour affirmer ton existence, les autres aussi ont le droit d'être libres pour affirmer leur existence. Pour cette raison, il est nécessaire que la liberté soit limitée par des règles et des limites qui l'empêcheraient de s'annuler sur un plan pour s'affirmer sur un autre. Cela est nécessaire pour que la vie soit équilibrée dans toutes les situations. Nous devons comprendre que la question de la vie conjugale peut être une entrave qui bloque la liberté dont l'homme disposait quand il était célibataire et dégagé des responsabilités qu'il a envers l'autre qui est son conjoint.

Mais il connaissait, lorsqu'il était célibataire, des entraves psychologiques et un vide d'un autre genre. Les limites qu'il accepte avec le mariage sont choisies librement dans la mesure où elles lui permettent de sortir de la prison où il vivait, lorsqu'il était célibataire, dans les complexes psychiques et les complications de la vie et des désirs insatisfaits. Avec ses chaînes en or, ses chaînes qui doivent suggérer tout ce que l'or peut faire pour résoudre les problèmes, le mariage le libère de toutes les complications du célibat. C'est pour cette raison que l'expression "la cage d'or" est très suggestive. Mais le problème est qu'il existe deux sortes d'or: l'or pur qui n'accepte aucun autre élément qui pourrait l'altérer et porter atteinte à son éclat et le "toc"!... Pour que la "cage d'or" soit un lieu qui assure le bonheur a ceux qu'il enferme, son or doit être pur. Cela veut dire que le mariage doit être fondé sur l'esprit de responsabilité et de foi.

Ici, il se peut que certains se laissent convaincre que ce qui n'est pas or est or et aller loin, si l'on peut dire, dans leurs idées dorées, jusqu'à découvrir qu'il ne s'agit ni d'or ni d'aucune autre chose qui ressemblerait à un métal pur: la vie conjugale est –du point de vue de sa nature telle qu'elle est fixée par Dieu- la vie fondée sur l'amour et la compassion. Si on commence cette vie à partir des envies et des convoitises qui s'éloignent des grandes valeurs qui donnent aux gens le goût des rapports sérieux et responsables, on aboutit très rapidement à l'échec inévitable. La bonne relation se fane ainsi dans l'âme avant de se briser dans la réalité extérieure. Elle trouve sa fin une fois que les ambitions arrivent au pied du mur. Lorsque les mauvaises intentions se dévoilent pour faire apparaître la férocité dans l'oppression de l'autre. Lorsque le désir charnel se trouve refroidi, lorsque la page est tournée des petites choses qu'on cherchait à réaliser sous couvert du mariage.

Il est normal que, dans ce cas, la relation ne soit pas seulement ternie et qu'elle se trouve toute couverte de noir, de l'extérieur comme de l'intérieur, car elle n'est pas une relation humaine, mais plutôt une relation commerciale qui n'a rien d'humain. Certaines personnes peuvent avoir recours à la fraude qui est un moyen de se présenter à l'autre sous un air lumineux tout en dissimulant l'ombre et les ténèbres à l'intérieur de soi. La fraude est à l'origine de cette relation qu'on établit pour le seul but de réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et ses pulsions sans s'arrêter devant aucune question de profondeur humaine.

Il ne s'agit pas ici de considérer le désir charnel comme une chose satanique dans la mariage. Il ne s'agit pas de considérer ce désir comme quelque chose d'amoral qui incite au mariage. Il s'agit seulement du fait que le désir charnel doit être vécu humainement et que l'instinct doit être vécu humainement et ce pour que l'homme ne soit pas un animal vivant avec un autre animal à travers l'animalité de l'instinct et la rage du désir. Nous disons ici que l'homme doit vivre son humanité qui exprime ses besoins spirituels et corporels afin de s'intégrer dans la totalité de ses dimensions. De la sorte, l'homme devient comme un habit pour la femme et la femme comme un habit pour l'homme et ce à travers l'intégration, par l'homme, de la femme toute entière et l'intégration, par la femme, de l'homme tout entier. De la sorte, l'intégration peut être entière et totale, une fusion complète où chaque partie ne sent l'existence d'aucun vide qui le séparerait de l'autre. C'est cela qui confère au mouvement de l'affectivité, de l'amour et de la compassion, son sens, sa vitalité et son originalité.

CONSEILS ET DIRECTIVES

En considérant le mariage sous l'angle de la simplicité légale, en sa qualité de relation humaine et privée entre deux époux, nous trouvons qu'il n'est pas naturel que l'homme et la femme restent en état de fiançailles pour une longue durée, dans les conditions de la liberté que chacun sent qu'il peut avoir à l'encontre de l'autre tout en ayant à subir, en même temps, les pressions et les contraintes sociales. Cela peut, d'une manière ou d'une autre, "complexer" les deux fiancés et conduire à des tensions psychiques anormales.

Nous pensons donc que la société doit, comme l'a fait et prôné la loi, considérer la question conjugale avec simplicité: elle est une relation naturelle régie par les limites légales. Si les limites légales sont bonnes et valables, la société doit alors donner aux deux époux leur liberté dans ce domaine. Nous comprenons que la question des fiançailles est une question qui pourrait combler un certain vide chez l'homme et la femme et ce du point de vue des tensions psychiques qui peuvent sévir chez les jeunes garçons et les jeunes filles qui souffrent de privations intimes dans les conditions de l'impossibilité, pour eux, d'avoir les moyens nécessaires pour ouvrir une maison conjugale. Il n'est donc pas normal qu'il y ait beaucoup d'entraves dans ce domaine, car il est toujours possible, pour les jeunes garçons et les jeunes filles, de découvrir quelques moyens qui leur permettraient de réconcilier les contraintes sociales et leurs propres besoins personnels.

Pour ce qui est de la longueur ou de la brièveté de la période des fiançailles, cette question dépend des conditions propres aux fiancés et à la réalité objective qui régit leur relation. Mais il est possible de dire que la longueur de cette période peut avoir des répercussions négatives au niveau de la future vie conjugale qui pourrait ainsi perdre son équilibre ainsi que le sentiment d'assurance dont l'absence peut donner lieu à la naissance d'une atmosphère instable autour de la vie des deux parties de la relation. La vie entière peut se transformer en une routine qui glacerait la vitalité des rapports spirituels des deux mariés dans la mesure où la stabilité conjugale peut donner à la relation une vitalité impossible à trouver à l'extérieur du foyer familial. La liberté et le sentiment de tranquillité procurés par le mariage peuvent donner lieu à une animation et à un étonnement dynamique que les deux mariés ne trouveront jamais en se heurtant aux contraintes du monde extérieur.