La Femme en l'Islam
 
LE SENS DE LA TRADITION QUI DIT:

"CONSULTEZ-LES MAIS FAITES LE CONTRAIRE DE CE QU'ELLES VOUS CONSEILLENT"

Il se peut qu'on attribue cette Tradition au Prophète (P). Mais elle a été comprise et bien exploitée pour signifier le mauvais traitement de la femme. Nous pensons que le sens profond de cette Tradition est différent de la signification qu'on lui attribue et ce pour la simple raison que cette signification ne s'accorde pas avec la nature des droits généraux en Islam. Si l'on prend le sens apparent de cette Tradition, nous trouvons que l'homme doit consulter la femme au sujet de toute question avant de décider que le bon choix est le contrarie de son avis, même si cet avis est bon. Mais s'il est vrai que nous accusons certaines femmes d'être trop affectueuses dans les questions qui touchent à l'affectivité, ou d'être affectées paf l'arriération qui les entoure et qui peut influencer leur réflexion, il est vrai aussi que nous ne pouvons pas dire que toutes les femmes sont soumises à l'influence de l'affectivité dans toutes les évaluations qu'elles font des questions intellectuelles ou sociales. Nous ne pouvons pas dire que toutes les femmes sont arriérées. Dans le même sens, on ne peut pas dire que tous les hommes constituent leurs avis à partir de la réflexion rationnelle, car beaucoup d'entre eux le font à partir de l'affectivité. Il arrive même qu'ils soient, dans certaines situations, plus affectifs que les femmes dans leurs façons de gérer leurs vies. Comment donc comprendre cette Tradition?

Nous pensons que cette Tradition s'inscrit dans le cadre de la nécessité, pour l'homme, de ne pas se soumettre à la femme et ce du fait que l'élément naturel qui régit leur relation est le rapport affectif ouvert sur l'élément instinctif et sexuel. Il est naturel, comme nous le savons, que cette fusion de l'élément affectif et de l'élément instinctif ait une grande influence sur la personnalité de l'homme. Cela peut le pousser à être attiré par elle de la même manière qu'il peut lui être soumis, de sorte qu'elle peut arriver à lui imposer ses opinions et le pousser, en exploitant sa soumission à son instinct et à son affectivité, à adopter des mauvaises attitudes. C'est ce que nous remarquons dans les méthodes des services secrets qui utilisent les femmes pour obtenir, à travers les relations personnelles et intimes, des secrets militaires auprès des dirigeants militaires ou politiques. La Tradition mentionnée souligne, d'après ce que nous pensons, la nécessité, pour l'homme, de ne pas habituer la femme à le dominer et à lui imposer ses avis dans toutes les circonstances. Une telle attitude peut conduire à sa domination définitive par elle ainsi qu'à l'effacement totale de sa personnalité devant elle.

"Consultez-les, mais faites le contraire de ce qu'elles vous conseillent". Veut donc dire: habituez-les à être contredites. Une telle habitude permet à l'homme d'être solide vis-à-vis des exigences de la femme et habitue la femme à comprendre que l'homme peut refuser certaines de ses exigences. Cela s'accorde avec les paroles attribuées à l'Imam 'Ali (p) disant:

"Ne leur obéissez pas dans ce qui est acceptable pour ne pas les encourager à prétendre à l'inacceptable".

Cela veut dire que l'homme ne doit pas habituer la femme à être absolument obéie, dans ce qui est permis ou acceptable, dans le sens où l'obéissance doit être vouée à ce qui est permis et acceptable et non pas à la femme elle-même. L’obéissance vouée à la femme et qui s'identifie à la soumission peut inciter la femme à vouloir habituer l'homme à accepter l'inacceptable par l'exploitation de ses penchants affectifs et instinctifs.

Pour cette raison, la Tradition mentionnée ne parle pas de la valeur de l'opinion de la femme pour dire que l'opinion de la femme est sans valeur.

Elle parle plutôt de la nature de la relation entre l'homme et la femme et indique que cette relation doit être fondée sur la prudence dont la fonction est de signaler à la femme la possibilité qu'a l'homme de la contredire, et à l'homme la nécessité de ne pas se soumettre à elle.

"Consultez-les, mais faites le contraire de ce qu'elles vous conseillent" ne veut pas dire que l'opinion donnée par la femme, en réponse à la consultation de l'homme, est contraire à la vérité. La Tradition demande aux hommes d'habituer les femmes à être contredites dans certaines situations, pour qu'elles ne soient pas tentées par la facilité d'exploiter le côté affectif de l'homme dans le but de l'exploiter, et pour que l'homme, lui-même, se montre assez ferme pour ne pas perdre le contrôle de la situation.

Il est donc naturel que l'homme consulte la femme, sur cette base, et de discuter avec elle tout en acceptant qu'elle discute avec lui pour que la discussion soit la base à partir de laquelle il est possible d'atteindre la vérité à travers la conviction. Nous avons dit, au début, qu'il ne nous est pas possible d'adopter le sens apparent de la Tradition mentionnée, car si nous le faisons ainsi, elle signifierait que l'homme qui, par exemple, ne fait pas la prière et qui consulte sa femme pour savoir s'il doit la faire ou non, doit continuer à ne pas la faire si sa femme lui donne le conseil de la faire! Le sens de la Tradition n'est pas celui-là, mais plutôt: "Consultez-les, dans certaines situations et contredisez les, dans certaines autres, et ce pour que la femme comprenne qu'elle ne possède pas l'homme pour prétendre à le dominer et pour que l'homme comprenne qu'il ne doit pas se soumettre à la femme et qu'il doit être prudent dans ce domaine et résister à l'affectivité qui pourrait le conduire vers ce qui ne plaît pas à Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié-".

On peut ajouter à tout cela le fait que l'Islam considère la société islamique comme la société de la Consultation. Dieu -qu'il soit exalté et glorifié- dit dans son Livre:

"…Ils (les Croyants) décident de leurs affaires par consultation" Coran, "ash-Shura" (la Consultation), XLII, 38.

Cela veut dire que les gens doivent se consulter au sujet de toutes les affaires qu'ils ont à traiter et cette consultation permet de profiter de l'expérience ou de la connaissance des uns et des autres. Sur la base de cette considération, la femme qui fait partie de la société islamique est concernée par la consultation.

Il existe des domaines où l'homme et la femme ont des responsabilités communes comme c'est le cas de la maison, des enfants et des relations sociales communes. Lorsque la femme possède un niveau culturel, politique et social qui lui assure l'expérience nécessaire dans ces domaines, l'homme doit la faire entrer dans un dialogue avec lui qui représenterait la ligne de la Consultation. Il doit délibérer avec elle au sujet des questions politiques, sociales et culturelles. Et si nous considérons que la consultation ne représente pas une affaire d'obéissance de l'un à l'autre, mais un dialogue où chacun présente son point de vue pour qu'il soit discuté par l'autre, et pour que la discussion s'inscrive dans la ligne de l'échange visant à atteindre une conviction ou une entente commune, nous trouvons alors qu'aucun problème ne peut se dresser pour empêcher la consultation de la femme par l'homme ou celle de l'homme par la femme. Cela est d'autant plus utile que chacune des deux parties est libre d'accepter les propositions de l'autre si elles lui paraissent convaincantes ou de les refuser dans le cas contraire. Il est donc possible de consulter la femme au sujet de toutes les affaires qu'elles connaît, surtout si ces affaires font partie de celles en relation avec sa propre expérience à elle et avec leur responsabilité commune à elle et à lui. Nous aimerions affirmer, encore une fois, que la discussion concerne la sphère de l'expérience du désaccord qui peut intervenir, dans certaines situations, et qui doit s'inscrire dans le cadre de l'équilibre qui doit, à son tour, marquer la nature même de la relation entre l'homme et la femme.

LA LUTTE SACREE DE LA FEMME ET L'AUTORISATION DU MARI"

Pour étudier la question de la lutte sacrée de la femme et l'autorisation du mari nécessaire pour que la femme puisse sortir pour l'exercer, nous devons, tout d'abord préciser la nature de cette lutte sacrée. Fait-elle partie des activités obligatoires de la femme, du fait que le moment actuel de l'historie de l'Islam caractérisé par la confrontation avec l'impiété et l'istikbar (l’arrogance) a besoin de l'effort de la femme, comme de celui de l'homme, dans les différents domaines de la culture, de la politique et de la guerre? La lutte dans ces domaines est-elle obligatoire pour la femme comme elle l'est pour l'homme du fait que l'intérêt général exige que tous les efforts soient déployés pour atteindre les objectifs escomptés dans tel ou tel domaine de l'action islamique?

Lorsqu'il s'agit d'un devoir que la femme doit accomplir dans les situations imprévues qui changent en fonction du temps, il est nécessaire de poser une autre question: l'obligation de la femme est-elle du genre "'ayni" ou du genre "Kifa'i"? Car les obligations de l'homme ou de la femme peuvent être du genre "kifa'i" c'est-à-dire, elles peuvent relever des responsabilités de tous les sujets responsables de l'application de la loi, mais cessent de l'être du moment où la tâche est parfaitement accomplie par une partie de ces sujets. Mais elle peuvent être aussi du genre "'ayni" où chaque sujet responsable doit accomplir la tâche lui-même et abstraction fait de la participation ou de la non participation des autres à son accomplissent. Cela veut dire que, dans le cas ou, s'agissant de l'obligation "kifa'i", la tâche obligatoire pour la femme est accomplissable par un homme et qu'un homme ait effectivement accompli et perfectionné cette tâche, comme si son auteur était la femme elle-même, l'accomplissement de la tâche cesse alors d'être obligatoire pour la femme. Mais si l'homme ou n'importe quelle autre femme n'accomplit pas la tâche de la femme en question, il est alors de son devoir de l'accomplir elle-même.

Les jurisconsultes appellent la distinction entre obligations "'ayni" et obligations "kifa'i" quant à la question de l'autorisation que la femme doit demander, à son mari ou à ses parents, pour pouvoir accomplir certaines tâches. Les avis jurisprudentiels sont à ce propos nombreux et diversifiés. Mais certains avancent que, conformément à l'obligation "kifa'i", l'autorisation du mari est indispensable si la tâche que la femme demande à accomplir est contraire au droit légal du mari. L'autorisation parentale est aussi indispensable dans le cas où des dangers liés à l'accomplissent de la tâche par la fille sont à craindre. Si l'obligation est du genre "'ayni", c'est-à-dire du genre où la tâche continue à être obligatoire pour la femme, qu'elle soit ou non accomplie par une autre femme ou par un autre homme, aucune autorisation n'est nécessaire de la part des parents ou du mari. La femme ne doit donc pas, dans cette situation précise, demander l'autorisation des parents ou du mari. Plus encore: elle doit leur désobéir s'ils cherchent à l'empêcher d'accomplir son devoir.

COMMENT RESSOUDER LES DIFFE'RENDS CONJUGAUX?"

Si un conflit oppose l'homme et sa femme, les parents doivent s'efforcer de les réconcilier. C'est ce qui est prôné par le noble verset coranique qui dit:

"Si vous craignez la séparation (des deux conjoints), envoyez un arbitre de sa famille à lui et un arbitre de sa famille à elle. S'ils veulent se réconcilier, Dieu les aidera à le faire". Coran "an-Nisa'" (les Femmes), IV, 35.

Et si les tentatives de réconciliation échouent, on recourt au divorce qui devient la solution inévitable, lorsque tous les moyens de sauver la vie familiale s'avèrent inopérants et lorsque la vie commune commence à constituer un danger pour les deux conjoints, ou pour les enfants et la société.

Dans ce cas, le divorce devient un moyen naturel de mettre fin à la relation, un moyen semblable à toute autre rupture, dans tout autre genre de relations humaines.

Le divorce devient une solution dans les situations où la vie conjugale se transforme en une suite sans fin de problèmes, où la vie devient semblable à un enfer insupportable, où les deux conjoints ne retrouvent plus la paix spirituelle et vitale dans leurs relations l'une avec l'autre.

Il devient une solution lorsqu'en même temps, la discorde menace d'avoir des retombées au niveau du développement spirituel naturel des enfants, retombées qui pourraient être à même de détruire leur constitution psychologique et mentale. La discorde peut aussi donner lieu à des problèmes sociaux à travers les rapports des deux époux avec leurs familles respectives, ce qui veut dire que la poursuite de la vie commune sans pour autant mettre fin aux problèmes peut conduire à une discorde aveugle entre les familles des deux conjoints… Dieu a fondé le mariage sur l'amour et la compassion. Si ces deux instances cèdent la place à la haine, à la rancune et à la cruauté, si la réalité ne peut pas être améliorée et si la relation conjugale commence à menacer de se transformer en un lieu animé par la désobéissance à Dieu, un lieu où la femme désobéit à Dieu à travers sa mauvaise relation avec son mari et où le mari désobéit à Dieu à travers sa mauvaise relation avec sa femme… Il est obligatoire, dans telles situations, de recourir au divorce.

Il est naturel que tout homme en relation avec un autre, dialogue avec lui. Cela est d'autant plus nécessaire dans la relation conjugale dont l'influence, positive ou négative, ne touche pas les deux époux seulement, mais va jusqu'à affecter les enfants et le milieu social ambiant. Il est naturel que tout, entre les deux époux, soit fondé sur le dialogue. Le Noble Coran souligne se fait en disant:

"Repousse (le mal) par ce qui est bien…!". Coran XXIII, 96.

Cela veut dire que l'homme doit toujours imaginer les moyens susceptibles de résoudre les problèmes par l'éclaircissement des zones obscures et ambiguës dans le cas où c'est l'ambiguïté qui est à l'origine de l'incompréhension ou du malentendu, et par la liquidation des complications internes si celles-ci sont possibles à liquider.

Il va de soi que l'Islam n'encourage pas le divorce, tout comme il n'encourage pas la rupture de toute autre relation, même au niveau des amitiés personnelles, qu'une fois que tous les moyens sont épuisés de sauvegarder la relation et de l'ouvrir à tous les horizons des causes humaines qui affirment son évolution dans le sens de l'intérêt des personnes concernées. Il est donc nécessaire pour les deux époux d'apprendre la langue du dialogue avant d'entamer leur vie conjugale. C'est ce que nous avons essayé de souligner dans certains de nos discours. Les parents doivent éduquer leurs enfants, les futurs époux et épouses, et leur apprendre à bien accomplir leurs devoirs conjugaux, non seulement au niveau des services que chacun des deux époux doit rendre à l'autre, mais aussi au niveau de la gestion de la vie conjugale à travers la compréhension réciproque, à travers le dialogue et à travers "Repousse (le mal) par ce qui est bien…!", Coran XXIII, 96. Il est indispensable que chacun des deux époux soit éduqué de telle sorte qu'il comprenne qu'il est voué à être le conjoint d'un autre, à ce qu'il comprenne qu'avec le mariage, chacun perd sa vie individuelle pour s'attacher à l'autre dans toutes les instances de sa vie. Il va de soi que chacun cherche les moyens qui sauvegardent la liaison et l'entretiennent dans un état de cohésion semblable à celle des différents membres d'un seul et même organisme.

Il est aussi naturel que la relation conjugale –comme toute autre relation- ne soit pas soumise à des repères matériels car ces repères peuvent être facilement manipulés par tous. Ainsi, nous remarquons, par exemple, que beaucoup de parents, ou de femmes, essayent de chercher des garanties à la continuité de la relation conjugale en exigeant une dot élevée, ce qui peut rendre perplexe le mari dans le cas où il se trouve obligé de recourir au divorce. La dot élevée pourrait l'empêcher de divorcer et le pousserait, dans le cas où il est dépourvu de piété et de vertu, à maltraiter sa femme au point de l'obliger à abandonner la dot et tous ses autres droits. Pour cette raison, nous pensons que les garanties matérielles ne peuvent jamais produire une relation humaine.

Elles ne peuvent, non plus, assurer la continuité d'une relation humaine, les seules garanties valables étant la personnalité humaine englobant la morale, la piété et la considération de Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié. Ce sont là les seules instances capables d'empêcher l'être humain de se mal conduire. J'imagine que l'épouse qui découvre un jour, et sous l'influence de telle ou telle circonstance, que son époux s'éloigne d'elle, par son âme et par son esprit, doit songer à se séparer de lui du moment où, ni par ses propres moyens, ni au moyen des autres, elle n'arrive pas à le convaincre et à changer sa posture. Il en est ainsi car l'être humain ne retrouve pas le sens de la vie s'il vit avec un autre être humain qu'il n'arrive plus à souffrir et qui désire ardemment l'abandonner. Nous imaginons que l'épouse ne retrouve ni le bonheur ni le repos du moment où elle sent que son mari n'a plus de vrais sentiments envers elle. Dans cette situation, le divorce constituerait une solution pour son problème, comme il l'est pour celui de son mari. Il est naturel qu'on rétorque, face à ces paroles: "S'il en est ainsi pour ce qui est du mari, que diriez vous de la femme qui n'arrive plus à supporter son mari? Que peut-elle faire pour se débarrasser de lui?".

Dans une telle situation, le Législateur donne à l'épouse le droit de demander le divorce. Elle peut aussi se réserver le droit de divorcer elle-même et poser cette condition avant le mariage du moment où l'homme accepte qu'elle le représente dans l'opération de divorce. Tel est l'avis de certains docteurs de la Loi contemporains. La chose prend une allure tout à fait formelle lorsque la femme décide, avant le mariage, de se réserver le droit de divorcer elle-même.

On peut répondre que le divorce relève de seules prérogatives de l'homme, car le Législateur lui a donné, à lui et non à la femme, le droit de divorcer. On peut dire aussi que cette condition est en contradiction avec le Livre (le Coran) et la Sunna. Mais la vérité est que la femme peut divorcer elle-même si elle pose, auparavant la condition d'être représentative du mari dans l'opération de divorce. Il lui est donc possible, dans le cadre de cette condition, de divorcer elle-même du moment où elle sent qu'elle ne peut plus continuer à vivre et à évoluer avec son mari.

Il en est ainsi car le problème de la femme ou son besoin de divorcer peut ne pas être représenté dans l'un des deux facteurs humains ou affectifs, mais plutôt dans le facteur économique. Car, le plus souvent, la femme qui ne travaille pas et qui ne trouve pas des conditions favorables pour une vie honorable perd, en divorçant, l'élément de la sécurité de sa vie économique. Mais lorsque la femme trouve des conditions favorables pour une vie honorable, la question du divorce a moins d'influence sur la mentalité sociale qui pèse sur les sentiments de la femme divorcée et l'expose à maintes accusations, considérations et attitudes agressives peu normales. C'est une affaire relative à la nature de la sociétés et les sociétés changent de mentalités lorsque tout le monde sait que le divorce est rendu licite par Dieu tout comme le mariage qui est rendu licite par Dieu et que le divorce ne constitue pas un "complexe" pour l'homme. Et il est naturel, pour deux personnes qui n'arrivent pas à s'accorder, de ne pas vivre ensemble et de se séparer d'une manière toute naturelle.

Nous pensons que, pour résoudre ces problèmes, la femme et tout autre être humain ont le droit de chercher à disposer des éléments de la force pour leurs personnalités, éléments qui les protègent et empêchent qu'ils soient écrasés sous le poids des circonstances imprévues. Nous pensons qu'il est nécessaire pour la femme, mais aussi pour l'homme, d'avoir une profession, une expérience ou une situation dans la vie qui leur permettraient de faire face à toutes les circonstances imprévues qui pourraient les mettre en état de dépendance vis-à-vis des autres. Les gens peuvent être asservis par leurs besoins et Dieu veut que les gens soient libres. Il veut qu'ils vivent la liberté vis-à-vis de leurs besoins pour qu'ils puissent vivre la liberté dans ce qui est humain en eux.

LES DIMENSIONS DE LA RELATION CONJUGALE"

L'homme représente cet être vivant qui se comporte à partir de ses instincts qui sont, à leur tour, à l'origine de son mouvement existentiel dans la direction de la réalisation de ses besoins. Il se comporte aussi à partir de sa dimension intellectuelle qui représente les visions constitutives de la conscience qu'il a de l'univers et de la vie. Si l'on considère la relation conjugale sous cet angle, on trouve que l'instinct y est essentiel pour deux raisons. La première est en rapport avec la satisfaction du besoin sexuel qui est aussi le principal moyen d'établir la chasteté dans la vie de l'homme. La seconde est en rapport avec la reproduction du genre humain. Cela signifie que la dimension instinctive constitue un élément essentiel dans le mariage. D'où le grand intérêt réservé par l'Islam aux qualifications en rapport avec la question sexuelle et son importance dans la relation entre l'homme et la femme.

Mais le mariage possède une dimension humaine qui s'ouvre à l'instinct pour lui donner le sens de l'amour et de la compassion, et ce pour que l'instinct cesse d'être quelque chose d'animal et de raide qui n'innerve pas les profondeurs des sentiments humains. Il existe beaucoup de Saintes Traditions Prophétiques qui attirent l'attention de l'homme sur la nécessité, pour lui, d'attendre et de faire en sorte que sa femme atteigne l'orgasme. En même temps, nous remarquons que l'enseignement islamique appelle l'homme à "se faire beau" pour sa femme, tout comme il appelle la femme à "se faire belle" pour son mari. C'est que les femmes aiment avoir des hommes ce que les hommes aiment avoir des femmes. Ainsi, l'Islam dirige l'état sentimental et humain qui anime l'interaction de l'homme et de la femme sur le plan de l'instinct et du désir…, le dirige de sorte à ce que l'homme ne soit pas égoïste sur le plan de la satisfaction de ses désirs. Il fait de même pour ce qui est de la femme dans le but d'unir l'homme et la femme et de les intégrer à travers les sentiments d'amour et de compassion qui font que chacun d'eux pense à l'autre et se comporte sur la base de diriger l'instinct et le désir dans le sens d'assurer le calme physique et la tranquillité spirituelle.

Il est à remarquer que, dans le but d'assurer cette tranquillité, l'Islam a institué des usages légaux et cultuels spécifiques de la relation sexuelle. Ces mœurs comportent des invocations et des formules à prononcer dont la fonction est de s'intérioriser la légalité de cette relation qui est consacrée par Dieu à travers les paroles divines qu'on adresse à la femme au moment de la conclusion du contrat de mariage.

Tout cela signifie que l'Islam s'intéresse à la dimension instinctive sexuelle qui constitue l'élément matériel et aux deux dimensions spirituelles et humaines, et ce pour que la relation conjugale ne soit pas un simple état occasionnel de la dimension physique de l'homme. Cette relation doit être un état multidimensionnel de la personnalité humaine capable d'activer l'amour et la compassion et d'assurer la présence de l'idée divine dans tous les aspects de cette question. A la lumière de toutes ces considérations, on peut dire que l'instinct sexuel est un instinct humain ayant une dimension spirituelle et une autre matérielle et possédant un caractère essentiel et non marginal dans le mariage.

Cette idée peut nous conduire à une autre: nombreux sont ceux qui cherchent à séparer la dimension sexuelle de la dimension humaine, ou qui cherchent à considérer le sexuel comme marginal dans le contrat de mariage. Ceux-là partent d'une considération selon laquelle l'acte sexuel est une activité honteuse. Cela peut être en rapport avec les vues chrétiennes qui essayent d'établir, d'une manière inconsciente, une relation entre le péché et l'acte sexuel tout en présentant le mariage comme une affaire spirituelle n'ayant aucun rapport important avec le corps. Contrairement à cette attitude, l'Islam part d'une considération selon laquelle les besoins humains charnels sont en rapport avec des instincts bien déterminés et créés par Dieu et fixés dans le corps de l'être humain pour lui permettre de conduire le mouvement de son existence dans le sens de la construction de sa vie. L'Islam considère ce besoin comme étant tout à fait naturel au même titre que les autres besoins relatifs à la consommation de la nourriture et de l'eau. De même que l'être humain ne trouve aucune gêne à chercher la satisfaction des ses instincts en se nourrissant ou en buvant de l'eau, il n'est en rien problématique, ni gênant, pour l'Islam, d'encourager l'être humain à satisfaire son instinct sexuel en exprimant son besoin, en cherchent le moyen de le satisfaire et en parlant de la manière qui lui permet d'atteindre son but par les voies légales.

La sexualité est un état très naturel dans l'existence de la personnalité humaine. Elle fait partie intégrante des profondeurs de son humanité et dans celles de l'étendue de son existence humaine. Pour cette raison, le fait de s'interdire la sexualité n'est pas considéré comme quelque chose de moral en Islam et c'est ce qui explique le refus islamique de la vie monacale et la considération, par l'Islam, du célibat comme contraire à la valeur après avoir été identifiée à la valeur même. Cela veut dire que l'instinct joue un rôle moral essentiel dans la personnalité de l'être humain et l'Islam ne veut pas que cet être humain frustre ou refoule ses instincts. Il veut qu'il les satisfasse dans le respect de la droiture que Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié- a ordonnée dans Sa Loi.

LES APPELS A LA LIMITATION DES NAISSANCES"

La question de la limitation des naissances suit une ligne variable en fonction des différentes conditions des Musulmans. Il y a des situations où le monde islamique connaît une démographie galopante. La situation économique peut arriver, dans certaines conditions difficiles, à la limite de la chute. Il peut être nécessaire, dans ce genre de situations, de recourir à la planification de la reproduction comme solution faisant partie intégrante d'un plan pour l'organisation de l'économie ou des autres ressources qualitatives de la force dans la société islamique. Les Musulmans peuvent passer à d'autres situations où il leur est nécessaire d'être quantitativement nombreux lorsque, par exemple, ils se trouvent aux prises avec des défis qu'ils ne peuvent confronter qu'au moyen de la supériorité numérique. La limitation des naissances devient dans de pareilles situations le contraire de la valeur à respecter et la reproduction massive devient l'équivalent même de la valeur positive. C'est à partir de cette dernière situation qu'on peut comprendre les paroles du Prophète (P) disant:

"Mariez-vous et reproduisez: je me vanterai, au Jour de la Résurrection, de chacun d'entre vous et même de l'avorton".

Il évoque ici le besoin, pour les Musulmans, d'être nombreux pour pouvoir faire face, en tant que tels, aux autres nations à un moment où la multitude constituait un élément de force. Il va de soi que le Prophète n'appelle pas à s'intéresser au nombre et à la quantité aux dépens de la qualité, mais il est à signaler à ce propos l'importance de la question spirituelle dans les affaires de la foi… Lorsqu'il est question de planifier dans le but d'organiser la réalité vécue dans le monde musulman, on ne doit pas être matérialiste dans notre vision des choses c'est pour cette raison que Dieu dit:

"Ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. C'est nous qui leur accordons leur subsistance et à vous aussi. Les tuer est une faute grave" Coran "al-Isra’" (le Voyage Nocturne), XVII 31.

Cela veut dire que l'homme doit prendre en considération la générosité de Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié- et Sa miséricorde imprévisible dont parle le verset qui dit:

"… A celui qui craint Dieu, Dieu trouve une issue favorable. Il lui accorde des dons (qui arrivent) par où il n'e s'y attendait pas" Coran, "al-Talaq" (le Divorce) LXV 2-3.

LES RELATIONS SEXUELLES ET LE MARIAGE

Il va de soi que la recherche du mariage, de la part de l'homme ou de la femme, répond à deux besoins: un besoin charnel, naturel, et un besoin spirituel, psychologique, social et vital dont l'objet est de constituer la première cellule sociale, de fonder la maison conjugale et de préparer l'atmosphère de la quiétude spirituelle et de la tranquillité assurées par la fusion de deux êtres humains d'une manière qui brise toutes les barrières. Il est ainsi naturel, pour l'homme dont le besoin sexuel ne trouve pas une satisfaction suffisante dans le mariage, de ne pas être à l'aise dans l'atmosphère de sa vie conjugale. Cela peut menacer la tranquillité dont parle le Coran en évoquant cette question de "sakan" qui signifie la quiétude et le calme spirituel, alors que la satisfaction sexuelle assure un état de tranquillité et d'apaisement des tensions corporelles qui peut conduire, à son tour, à la quiétude spirituelle. Nous ne prétendons pourtant pas que la réussite des relations sexuelles donne plus de chance de réussite au mariage. Car il existe, comme nous venons de le dire, d'autres besoins qui constituent des éléments essentiels pour la vitalité de la vie conjugale. Nous imaginons seulement que la dimension sexuelle est très importante dans la réussite ou l'échec de la vie conjugale, dans son évolution positive ou négative.

L'EXPERIENCE SEXUELLE: EST-ELLE NECESSAIRE?

En étudiant l'histoire de l'homme sous l'aspect relatif au mariage, nous trouvons que l'expérience sexuelle avant le mariage ne constitue pas un élément important pour la réussite de la relation. Nous voyons, au contraire, que la plupart des mariages se faisaient sans expérience sexuelle préalable. Nous remarquons, à ce propos, que l'homme acquiert son expérience, par la pratique directe, dans la question nutritive et les autres questions semblables puisque les domaines régis par la nature humaine possèdent, à l'intérieur de la personnalité humaine, des éléments vitaux qui, très rapidement, procurent l'expérience nécessaire à l'homme. On peut même dire que l'expérience sexuelle pré-maritale peut intervenir pour faire échouer la vie conjugale, car l'homme qui, dans le cadre de ses relations, vit une certaine expérience, dans des conditions particulières, peut ne pas trouver leur équivalent dans la relation conjugale.

Cela peut le "complexer" dans sa relation avec sa femme qui se trouve dans l'impossibilité de lui procurer tout ce qu'il avait connu dans ses relations antérieures. Ce phénomène peut être observé chez beaucoup de personnes parmi celles qui agissent à partir de leurs expériences avec les filles de joie, que ces expériences soient menées dans le cadre de la légalité ou non, ou avec certaines femmes parmi celles qui n'adoptent pas une attitude bien déterminée dans la gestion de la relation. Ces hommes peuvent se heurter à des réactions tout à fait naturelles de la part de leurs femmes qui ne possèdent un tel "art" dans la gestion de la relation, ce qui peut pousser l'homme à considérer sa femme d'une manière négative et faire sombrer la vie conjugale, dès ses premiers pas, dans les problèmes. Nous ne sous-estimons pas la valeur et l'importance de l'expérience dans le domaine sexuel, mais nous ne pensons pas que c'est l'expérience qui assure la connaissance nécessaire à la réussite. Nous ne pensons non plus que la connaissance elle-même possède un rôle important et fondamental sur ce plan.

LA NECESSITE DE LA CULTURE SEXUELLE?

La culture sexuelle liée à la connaissance des débuts de la question sexuelle ainsi que ses conséquences et l'anatomie de l'appareil sexuel et sa physiologie, chez l'homme et la femme, est une question très importante pour l'ouverture des deux époux aux divers horizons susceptibles de mettre la relation conjugale à l'abri de beaucoup de problèmes physiques et physiques et notamment ceux dont peut souffrir l'enfant qui est le fruit de la relation sexuelle. On remarque, à ce sujet, que l'Islam évoque, clairement et franchement, la question sexuelle et les organes sexuels, dans les textes du Coran et de la Sunna, ce qui signifie que l'usage du vocabulaire sexuel n'est pas une chose avilissante ou abjecte dans la culture islamique. Parlant du contrat de mariage, l'Islam arrive même à utiliser le terme de "nikah" (coït ou copulation) qui désigne plutôt l'acte sexuel sous son aspect pratique. Ainsi, nous ne refusons pas la culture sexuelle. Mais nous disons que cette culture doit s'éloigner de l'atmosphère de l'excitation par l'adoption de la terminologie scientifique et non des films pornographiques et des autres méthodes d'excitation courantes.

Il est, pour cette raison, nécessaire que les jeunes soient prudents quant aux publications destinées à l'excitation et non pas à servir les causes culturelles et humaines. Et si certaines personnes profitent de ces publications pour réanimer certaines de leurs fonctions corporelles engourdies, elles perdent, en échange, beaucoup de leur immunité spirituelle et morale ainsi que de leur équilibre psychologique, ce qui les met en contact avec le monde à travers ses aspects sales et non à travers ses aspects propres. Mais l'Islam veut que, dans son matériel culturel, et même dans ce dont il a besoin parmi les éléments d'excitation, l'être humain utilise les moyens qui peuvent satisfaire le désir sans, pour autant, détruire la spiritualité, la moralité et la psychologie saine.

LEs TROIS CHOSES DE VOTRE VIE…

Nous trouvons beaucoup de Nobles Traditions Prophétiques allant dans le sens que nous venons d'évoquer. Parmi ces Traditions, on note celle qui dit:

"Dieu –Qu'Il Soit exalté et glorifié- m'a fait aimer trois parmi les choses de votre vie: le parfum, les femmes et celle qui procure la plus grande satisfaction, la prière"

Le Messager de Dieu (P) nous montre, avec ces paroles, qu'il est naturellement ouvert à ce besoin charnel. Il veut même nous dire qu'il est un homme ordinaire, comme les autres. Qu'il a comme nous des désirs dans la mesure où tout homme a des besoins, des espérances et des souhaits qu'il aime voir se réaliser. Le Prophète (P) voulait ainsi exprimer l'état naturel de son humanité semblable à celle de tous les autres hommes et signaler que sa prophétie ne l'empêche pas de s'ouvrir positivement à ses besoins physiques tout comme il le fait vis-à-vis de ses besoins spirituels. Ces derniers besoins sont représentés par la prière qui est supérieure aux deux autres dans la mesure où elle constitue sa plus grande satisfaction et son ascension spirituelle vers Dieu ainsi que l'un des moments privilégiés de sa rencontre avec Dieu.

Mais nous trouvons, en même temps, d'autres Traditions qui appellent à ne pas se laisser entraîner par l'amour des femmes ou par la sexualité. Ces Traditions ressemblent aux autres Traditions qui invitent l'homme à ne pas exagérer en mangeant ou en buvant au point de se voir asservi par ces besoins qui peuvent devenir comme des drogues dont il ne pourra plus se débarrasser au moment où ses engagements et ses responsabilités l'inviteront à s'en libérer. Ces Traditions évoquent l'équilibre qu'il faut respecter dans les domaines mentionnés, alors que la Première Tradition évoque l'attitude naturelle et normale vis-à-vis de ces questions.

LE PROBLEME DU CELIBAT PROLONGE

Le célibat prolongé peut être une conséquence des conditions difficiles que pose la femme à l'homme prétendant au mariage. Une telle attitude de la femme peut être issue de certaines situations qui la pousse à des pareilles conditions en se disant par exemple: "Cet homme est moins cultivé que moi; il ne représente pas l'homme qui me convient des points de vue de sa taille, de sa personnalité ou de sa beauté; cet homme est issu d'une famille inférieure à la nôtre… et ainsi de suite. Le célibat prolongé peut aussi être la conséquence d'une situation où la femme vit des complications qui l'incitent à refuser tous ceux qui se présentent pour la demander en mariage prétextant qu'ils n'ont pas le profil de l'homme de ses rêves, profil qui peut souvent être plus proche de l'imaginaire que du réel. Les choses peuvent donc commencer de la sorte et continuer par la suite de la même manière… Mais nous savons que lorsque la femme atteint un certain âge, les coutumes sociales font de son âge une barrière qui empêche les hommes de vouloir se marier avec elle.

La difficulté peut aussi provenir des coutumes des parents qui demandent une énorme dot que le prétendant ne peut payer ou qui posent des conditions exorbitantes comme lorsqu'ils exigent qu'il leur plaise plus qu'il ne plaise à leur fille, ou qu'il ait une situation sociale équivalente à la leur. Et il existe d'autres considérations où le tempérament des parents ou les coutumes sociales interviennent pour marquer la conscience des parents, ce qui peut compliquer l'affaire en les poussant à refuser le premier, le deuxième et le troisième prétendant jusqu'à finir par précipiter leur fille dans la gouffre du célibat prolongé.

Le phénomène peut être aussi en rapport avec des conditions sociales particulières, comme lorsque la fille vit dans une ambiance où personne, de ceux qui pourraient se marier avec elle, ne peut faire sa connaissance… ou lorsque d'autres conditions externes ou internes interviennent pour aboutir au même résultat.

Il est naturel de penser, lorsqu'on se trouve face à des situations de ce genre, à l'attitude de l'Islam qui s'efforce de faciliter les affaires du mariage. La Sainte Tradition Prophétique dit à ce propos:

"Si un homme, parmi ceux dont la piété et le bon caractère sont acceptables, se présentait pour vous demandez votre fille en mariage, répondez positivement à sa demande. Sinon la discorde et la grande corruption s'installeront sur terre".

Cela veut dire que le bon caractère et la piété sont fondamentaux pour la relation conjugale. La candidate au mariage ainsi que ses parents ne doivent pas refuser le candidat présentant ces deux caractéristiques, sous prétexte d'une situation sociale prétendument négative en raison de l'appartenance du candidat à une classe sociale inférieure. L'Islam considère la dot exorbitante comme quelque chose de funeste pour la femme.

Il considère également que la complication de la vie conjugale à cause de la situation économique comme répréhensible. Cette attitude de l'Islam se dégage du Noble Verset coranique suivant:

"Mariez les célibataires qui sont parmi vous, ainsi que les honnêtes parmi vos esclaves, hommes et femmes. S'ils sont pauvres, Dieu les enrichira par sa faveur" Coran, "an-Nour" (la lumière), XXIV 32.

Le verset veut dire que l'argent n'est pas pris en considération en tant que condition en rapport avec la date du mariage dans la mesure où Dieu- qu'Il soit exalté et glorifié- peut leur accorder des richesses comme Il le fait avec les autres.

Il est maintenant devenu nécessaire de changer d'attitude vis-à-vis de cette question. Il faut apaiser les conditions et les entraves du mariage et essayer de donner à la jeune fille et au jeune homme la liberté de se marier et de vivre ensemble à leur guise. Ils pourraient opter pour la location d'une chambre pour y vivre avant de finir leurs études, par exemple, et sous des conditions bien déterminées.

Ils pourraient, par exemple, vivre chez leurs parents dans le cas où ces derniers l'acceptent. Ils pourraient se contenter de tout endroit qui correspondrait à leurs possibilités. De la sorte, et en allégeant les conditions de la vie conjugale, en améliorant les traditions liées au mariage, en apaisant les exigences peu réalistes et peu humaines qu'on impose au candidat accepté par la fille, le mariage pourrait devenir beaucoup plus facile et beaucoup plus aisé.

Il existe aussi quelque chose admis par l'Islam mais que la société ne peut tolérer. L'Islam donne à la fille le droit de chercher et d'agir pour trouver son mari. Il lui donne le droit de demander à un homme de se marier avec elle, tout comme le fait l'homme en demandant à une femme de se marier avec lui. Nous devons changer les mœurs pour que le fait, pour une fille de demander un homme en mariage, ne soit pas considéré comme une atteinte à sa personnalité ou à son honneur ou comme rupture avec sa timidité ou sa retenue naturelle. Le mariage est un besoin pour la femme comme il l'est pour l'homme. Il peut même être, étant donné certaines conditions qu'elle peut confronter dans sa vie, un besoin pour la femme plus qu'il ne l'est pour l'homme. Cette considération peut être inspirée de l'histoire de cette femme qui s'est présentée devant le Prophète (P) assis avec ses compagnons pour lui dire: "O Messager de Dieu, fais-moi marier!. Le Prophète (P) et ses compagnons ne se sont pas scandalisés de cette demande et, de la façon la plus naturelle, le Prophète (P) demanda que l'un de ses compagnons la prenne en mariage. Et comme le seul homme qui a répondu positivement à la demande ne possédait rien à lui donner à titre de dot, le Prophète (P) lui demande: "Connais-tu quelques versets du Coran?". –"Oui, répondit-il!". "Je te la donne en mariage, dit le Prophète (P), contre les versets que tu connais", c'est-à-dire contre l'apprentissage, comme seule dot, de ces versets à la femme.

Cette histoire qu'on trouve dans la Sunna Prophétique nous apprend la nécessité de changer nos vues et nos conceptions.

Beaucoup de vieilles filles ont sombré dans le célibat à cause d'un complexe en relation avec le profil imaginaire du conjoint, à cause d'idées peu réalistes sur ce qu'il pourrait faire et réaliser, ou à cause de concepts inhumains et non islamiques parmi ceux qui font le contenu de la mentalité sociale. Il est donc nécessaire de se révolter contre tous ces complexes, contre tous ces concepts, et ce pour pouvoir en finir avec le célibat prolongé en tant que phénomène social. Mais on sait bien que la solution d'un tel problème ne peut pas réussir à cent pour cent.

Dans ce genre de situations, la femme doit comprendre que le mariage n'est pas tout dans sa vie. Le mariage est un besoin naturel avec lequel la femme sent qu'elle entre dans une relation de complémentarité avec l'homme. Il est donc naturel qu'elle sente un certain vide tant que le mari n'est pas trouvé. C'est ce fait qui est exprimé par le noble verset qui dit:

"Elles sont un habillement pour vous et vous êtes un habillement pour elles" Coran, "al-Baqara" (la vache), II 187.

De même qu'on se sent nu, lorsqu'on ne met pas un vêtement, la femme et l'homme se sentent nus et vivent l'expérience de manque lorsqu'ils ne se rejoignent pas pour vivre ensemble.

Mais la femme doit considérer qu'il ne lui est pas nécessaire de penser que, dans la vie, le bonheur consiste à obtenir tout ce que nous aimons. Car il y a des choses que nous aimons et que nous n'arrivons pas à réaliser. La femme non encore mariée doit considérer les autres femmes mariées qui, peut-être, connaissent des problèmes plus graves que ceux de celles qui souffrent du célibat prolongé.

Cette femme ne doit pas considérer son célibat comme un châtiment divin et éternel. Elle doit, tout en continuant à chercher les moyens de dépasser sa situation, se consacrer au développement de sa personnalité par les activités culturelles et sociales. Elle doit déployer ses efforts pour mettre en valeur les éléments fondamentaux de sa personnalité, ce qui peut faire d'elle un être humain dont la société reconnaît l'importance et la nécessité plus que ne le fait l'homme.

Pour cette raison, cette femme ne doit pas se soumettre aux sensations négatives et étouffantes. Elle doit s'ouvrir à la vie d'une manière plus ample, car les possibilités de la vie sont immenses et ses horizons considérablement larges.