La Rationalité de l'Islam
 
L'Imam al-Hassan al-Mujtabâ

Le fils aîné de l'Imam Ali est né à Médine, le 15 Ramadan de l'an 3 de l'Hégire. Ayant appris l'heureuse nouvelle de la naissance de son petit-fils, le Saint Prophète est venu à la maison de sa fille chérie, Fâtimah, a pris le nouveau-né dans ses bras et l'a nommé "Hassan".

La première période de sept ans de l'enfance de l'Imam fut bénie par le bienveillant patronage du Saint Prophète qui lui a transmis ses plus hautes qualités et l'a pourvu du Savoir divin, au point qu'il est devenu rayonnant de savoir, de tolérance, d'intelligence, de bonté et de valeur. Il était infaillible de naissance et doué de savoir céleste.

Jâbir Ibn Abdullah al-Ançâri rapporte ces propos du Prophète:

"Quiconque désire voir le maître de la jeunesse du Paradis, doit regarder le visage d'al-Hassan Ibn Ali."

Al-Ghazâli a rapporté dans son livre "Ihyâ' al-`Ulûm" que le Saint Prophète a dit:

"Al-Hassan me ressemble dans la création et dans la figure".

Le Prophète a dit également:

"Al-Hassan et al-Hussayn sont mes fils. Celui qui les aime m'aime et celui qui m'aime aime Allah, et celui qui aime Allah entre au Paradis. Celui qui déteste al-Hassan et al-Hussayn me déteste, et celui qui me déteste déteste Allah, et celui qui déteste Allah ira en Enfer"(40)

Le décès du Saint Prophète a été suivi d'une période riche d'événements, lorsque le monde musulman s'est trouvé en proie à l'expansionnisme et à la conquête. Mais même dans cette phase révolutionnaire, l'Imam al-Hassan s'est dévoué à la mission sacrée de la propagation pacifique de l'Islam et des enseignements du Saint Prophète, avec son illustre père, l'Imam Ali.

La majorité des Musulmans lui ont prêté serment d'allégeance après le décès de l'Imam Ali. A peine avait-il pris les rênes du califat, qu'il s'est heurté à la rivalité de Mu`âwiyeh, le Gouverneur de Syrie, qui lui a déclaré la guerre. Conformément à la Volonté d'Allah, et afin d'éviter l'effusion de sang chez les Musulmans, il a conclu un traité de paix avec Mu`âwiyeh, aux termes duquel il a pu sauver l'Islam et prévenir une guerre civile. Mais ce traité de paix ne signifiait pas la cession de la direction de la Ummah à Mu`âwiyah. Il signifiait seulement un transfert intérimaire de l'administration. S'étant dégagé des responsabilités administratives, l'Imam al-Hassan s'est consacré à la propagation de l'Islam et des enseignements du Saint Prophète à Médine.

L'Imam al-Hussayn al-Chahîd

Le Saint Prophète a dit:

"Al-Hussayn est de moi et je suis d'al-Hussayn. Allah aime celui qui aime al-Hussayn." (41)

Ya`lâ Ibn Murrah a rapporté les traditions suivantes de ?ahih al-Termithî:

"L'Imam al-Hussayn, le troisième Imam, est né à Médine, le 3 Cha'bân de l'an 4 de l'Hégire. A sa naissance le Messager a prophétisé que l'Islam serait secouru et rajeuni par son second petit-fils, al-Hussayn.

Yazid, fils de Mu`âwiyeh, était connu pour son caractère maudit et sa conduite brutale. Il avait la mauvaise réputation d'être le plus débauché des hommes. Les gens, ayant connu et compris le caractère de Yazid se sont mis d'accord pour que Mu`âwiyeh ne désigne pas Yazid comme son successeur. Connu de peu de gens, un accord entre l'Imam al-Hassan et Mu' âwiyeh existait aussi, qui stipulait que ce dernier avait juré de ne pas nommer Yazid comme son successeur. Mais Mu`âwiyeh a violé son engagement et a désigné Yazid à sa succession.

Yazid a demandé à l'Imam al-Hussayn de lui prêter serment d'allégeance. Mais ce dernier ne pouvait en aucun cas accéder à cette requête inadmissible. Les gens craignant la mort et la destruction dont les menaçait le tyran Yazid, se sont soumis à lui, mais l'esprit indomptable d'al-Hussayn n'accepta jamais de se plier devant le mal. Donc, il n'a pas admis la destruction de ce que son grand-père, le Saint Prophète, avait établi.

Le refus du Saint Imam de faire allégeance à ce démon, a marqué le début de sa persécution.

Il a donc fini par se réfugier à Médine pour mener une vie retirée. Mais même là-bas, on ne l'a pas laissé vivre en paix et il a été forcé de chercher refuge à la Mecque où il sera également harcelé et où Yazid complota son assassinat dans le pourtour même du grand sanctuaire de la Ka'bah.

Pour sauvegarder le grand sanctuaire, al-Hussayn décida de quitter la Mecque pour Kufa, juste un jour avant le pèlerinage. Lorsqu'on lui demanda quelle était la raison de son mystérieux départ de la Mecque à la veille du pèlerinage, il répondit qu'il accomplirait le pèlerinage à Karbalâ', offrant comme sacrifice, non pas un animal, mais des parents, des proches et certains amis.

Lorsque le Saint Imam est arrivé, avec son entourage, à Karbalâ', il a déclaré:

"C'est là la terre du destin, c'est la terre de la souffrance et de la torture." Il est descendu de son cheval et a demandé à ses partisans de camper là, disant: "C'est là que nous tomberons en martyrs nous et nos enfants. C'est la terre à propos de laquelle mon grand-père, le Prophète, avait fait une prédiction et où sa prophétie sera certainement réalisée."

A l'aube du 10 Moharram de l'an 61 de l'Hégire l'Imam fut totalement encerclé par une grande armée de Yazid et il vit Ibn Sa'ad ordonner à ses troupes de l'attaquer . Alors, al-Hussayn rassembla ses partisans et s'adressa à eux dans les termes suivants:

"Allah nous a permis aujourd'hui de nous engager dans une guerre sainte, IL nous récompensera de notre martyre. Préparez-vous donc à combattre l'ennemi de l'Islam avec patience et persévérance. O fils des gens nobles et respectables, Soyez patients! La mort n'est rien qu'un pont que vous devez traverser après avoir fait face aux épreuves et afflictions, pour atteindre le Paradis et ses joies. Qui d'entre vous n'aimerait pas quitter cette prison (ce monde) pour des palaces élevés (le Paradis)?

"Ayant entendu le discours de l'Imam, tous ses compagnons furent transportés et s'écrièrent:

"O maître! Nous sommes prêts à te défendre ainsi que les Gens de la Famille, et de nous sacrifier pour la cause de l'Islam."

Al-Hussayn envoya ses compagnons l'un après l'autre pour se battre et se sacrifier dans le chemin d'Allah. Finalement, lorsque ses hommes et ses enfants eurent offert leur vie, l'Imam amena son fils de six mois, Ali al-Açghar, et le tenant dans ses mains, il demanda un peu d'eau pour le nourrisson qui mourait de soif. L'enfant assoiffé reçut une flèche empoisonnée mortelle, lancée par Harmalah, l'un des assaillants de l'armée brutale de Yazid. La flèche traversa la nuque de l'enfant et s'immobilisa dans les bras du père désarmé. A la fin lorsque l'enfant de six mois fut mort, al-Hussayn s'adressa à Allah dans les termes suivants:

"O Allah! Ton Hussayn a offert dans Ton chemin tout ce dont tu l'avais béni. Bénis donc Ton Hussayn, O Seigneur, par l'acceptation de ce sacrifice. Tout ce qu'a pu faire al-Hussayn jusqu'à maintenant, c'était grâce à Ton secours et Ta Miséricorde."

L'Imam est descendu finalement dans le champ de bataille et est tombé en martyr. Les détails de son assassinat impitoyable sont déchirants. Les forces de Yazid, après avoir assassiné l'Imam al-Hussayn, ont coupé sa tête et l'ont placée sur une lance. La tête coupée du Saint Imam s'est mise à glorifier Allah depuis le bout de la lance en disant: "Allahu Akbar" (Allah est le plus Grand!)

Après que la tête eut été tranchée, on a piétiné le corps d'al-Hussayn, saccagé ses tentes et pris en captivité les membres de sa famille. Les parents et les proches d'al-Hussayn furent dépêchés d'une façon très expéditive, à Damas, où les attendaient des épreuves encore plus difficiles.

L'Imam Ali Zayn al-âbidine

Le quatrième Imam, Ali Ibn al-Hussayn est né à Médine, le 15 Jumâdi-I de l'an 37 de l'Hégire (685) après J.C.). Il était populairement appelé "Zayn al-âbidine."

L'Imam Zayn al-âbidine a survécu environ 34 ans à son père et a passé sa vie en priant et en suppliant Allah, ainsi que dans la commémoration du martyre de son père.
C'est en raison de ses prières et prosternations perpétuelles qu'on l'a surnommé "al-Sajjâd" (le Prosternant).

Le Saint Imam n'a pas eu la possibilité d'accomplir ses prières en paix, ni de prononcer des sermons. Le Lieutenant d'Allah sur terre a adopté, donc, trois directions qui se sont avérées bénéfiques pour ses adeptes. Il a d'abord continué à compiler des invocations et des supplications pour l'usage quotidien l'homme, s'efforçant de s'approcher du Tout-Puissant Allah. La collection inestimable de ses invocations éditées est connu sous le titre de "Al-Sahîfah al-Sajjâdiyyah". Cette collection est un trésor inappréciable d'étonnantes invocations d'Allah, très touchantes, rédigées dans un style beau et inimitable. Même si l'on se contentait de feuilleter seulement ces invocations, on constaterait leur excellence et leur béatitude. A travers lesdites invocations, l'Imam a présenté la guidance nécessaire pour le fidèle dans la solitude(42).

L'Imam Mohammad al-Bâqir

Le cinquième Imam Mohammad al-Bâqir est né à Médine, le 1 Rajab de l'an 57 de l'Hégire (677 après J.C.). Il a acquis populairement le titre d' "al-Bâqir."

L'Imam al-Bâqir a été élevé dans le saint giron de son grand-père, l'Imam al-Hussayn. Pendant 34 ans, il a vécu sous le patronage de son père, l'Imam Zayn al-`âbidine.

Un célèbre savant musulman, Ibn Hajar al-'Açqalâni dit: "L'Imam Mohammad al-Bâqir a percé les secrets du savoir et de la sagesse, et déplié les principes de la guidance spirituelle et religieuse. Personne ne peut nier son caractère sublime, sa science infuse, sa sagesse accordée par Allah, son rôle louable dans la diffusion du savoir. Il était un haut dirigeant spirituel talentueux, et pour cette raison, il a eu droit au titre populaire d' "al-Bâqir", qui signifie "le Perceur du Savoir.""

Bon coeur, de caractère irréprochable, l'âme sacrée, la nature noble, l'Imam a consacré tout son temps à faire preuve de sa soumission à Allah et à préconiser les enseignements du Saint Prophète et de ses descendants. Il est hors du pouvoir d'un homme de décrire la profonde impression de savoir et de guidance laissée par l'Imam sur les coeurs des fidèles. Ses dires sur la dévotion et l'abstinence, le savoir et la sagesse, les exercices religieux, la soumission à Allah, sont si nombreux que le volume de ce livre est tout à fait insuffisant à les couvrir tous."(43)

L'Imam Ja` far as-sâdiq

Le sixième Imam, Ja'far as-sâdiq est né le Vendredi 17 Rabi' al-Awwal de l'an 83 de 1'Hégire. Son célèbre titre était "as-sâdiq" (Le Véridique). Il a été élevé par son grand-père, l'Imam Zayn al-'Abidine pendant 12 ans, et ensuite sous le patronage de son père, I'Imam Muhammad al-Bâqir pendant 19 ans.

La période de son Imamat a coïncidé avec la période la plus révolutionnaire et la plus fertile en événements de l'histoire musulmane, la période où l'on a assisté à la chute de l'Empire omayyade et à la montée de la dynastie abbasside. Les guerres intestines et les bouleversements politiques apportaient des changements rapides dans le gouvernement. Donc le Saint Imam a assisté aux règnes de différents rois, depuis la chute d'Abdul Malik jusqu'au souverain omayyade, Marwân Ibn al-Hakam. Il a survécu jusqu'à l'époque de Abul Abbâs al-Saffâh et d'al-Mançour, tous deux de la dynastie abbasside. C'est grâce au conflit qui opposait Omayyades et Abbassides que l'Imam a été laissé tranquille et il a pu accomplir ses devoirs de dévotion en paix. L'Imam s'est acquitté de sa mission en propageant l'Islam et en diffusant les enseignements du Saint Prophète.

La chute des Omayyades et la montée des Abbassides ont constitué les deux importants événements de l'histoire musulmane. C'était la période la plus chaotique et la plus anarchique, pendant laquelle les Musulmans ont été corrompus et les enseignements du Saint Prophète négligés. L'état d'anarchie était en progression. On se trouvait au milieu d'une telle obscurité mortelle que le personnage de l'Imam Ja'far al-?âdiq se dressait comme un phare déversant continuellement sa lumière pour éclairer les vastes étendues des ténèbres pécheresses qui l'entouraient. Le monde s'inclinait devant sa personnalité vertueuse et admirable. Abou Salma Khallâl lui a offert le trône du califat, mais l'Imam, perpétuant la tradition caractéristique de ses ancêtres a décliné fermement cette offre en raison des conditions critiques qui prévalaient à l'époque. Grâce à sa large connaissance, il triomphait toujours, dans ses débats avec le clergé des ordres rivaux, tels les Chrétiens et les Juifs.

L'esprit souple et érudit de l'Imam al-?âdiq dans les différentes branches du savoir a été salué dans tout le monde musulman. Il a attiré vers lui tellement d'étudiants de tous les coins du monde que le nombre de ses disciples a dépassé quatre mille. Les savants et les experts en Loi divine ont rapporté de lui de nombreux hadith. Ses disciples ont compilé des centaines de livres relatifs aux différentes branches de la science et de l'art. Outre le "Fiqh" (la Jurisprudence), le "Hadith" (la Tradition) et le "Tafsîr" (l'exégèse), l'Imam dispensait également des cours de mathématiques et de chimie à certain s de ses disciples. Jâbir Ibn Hayyân al-Tartûcî, le célèbre savant en mathématiques était l'un des disciples de l'Imam, et a beaucoup appris des connaissances et de la guidance de ce dernier, ce qui lui a permis d'écrire 400 livres sur des sujets divers.

C'est une vérité historique indéniable que d'affirmer que tous les grands savants de l'Islam étaient redevables, pour ce qui concerne leur instruction, aux Ahl-Elbayt qui constituaient la fontaine des connaissances et de l'instruction pour tout le monde.

Al-'Allamah al-Chiblî écrit dans son livre "Sirat al-Nu`mân'': "Abou Hanifah a fréquenté pendant une très longue période l'Imam al-?âdiq, acquérant auprès de lui des connaissances étendues et précieuses en matière de Fiqh et de Hadith.

"Tous les deux math-hab (rites) islamiques -le sunnisme et le chiisme - croient que la source des connaissances d'Abou Hanifah provenait principalement de son association avec l'Imam al-Câdiq."

L'Imam a consacré toute sa vie au prêche des enseignements du Saint Prophète. En raison de ses immenses connaissances et de ses nobles enseignements, les gens se sont rassemblés autour de lui avec toute la dévotion et toute la révérence qui lui étaient dues. Cette haute position n'a pas manqué de susciter la jalousie du gouvernant abbasside, Mançour al-Dawânîqî qui, craignant la popularité de l'Imam, a décidé de le supprimer. L'Imam mourra effectivement des suites d'un empoisonnement, le 15 Rajab de l'an 148 de l'Hégire.

L'Imam Moussâ al-Kâdhim

L'Imam Moussâ, le septième Imam, est né le dimanche 17 ?afar de l'an 128 de l'hégire, à Abwa (Médine).

"Kâdhim" était son célèbre surnom. Sa dévotion et ses actes d'adoration inégalables envers Allah lui ont valu l'épithète d' "al-`Abd al-?âlih" (le serviteur vertueux d'Allah). Sa générosité était synonyme de son nom, et aucun nécessiteux n'a jamais quitté sa porte, les mains vides. Même après sa mort, il a continué à être obligeant. Il était généreux envers les fidèles qui venaient prier sur sa Tombe sacrée, puisque les prières et les voeux de ceux-ci étaient toujours exaucés par Allah.

Après le décès de l'Imam al-?âdiq, l'Imam al-Kâdhim lui a succédé comme septième Imam. La période de son Imamat a duré 35 ans. Pendant la première décade de son Imamat, l'Imam Moussâ al-Kâdhim a pu s'acquitter paisiblement des responsabilités de sa mission et accomplir la tâche de la diffusion des enseignements du Saint Prophète. Mais, plus tard, il a été victime de la tyrannie du pouvoir régnant. Toutefois, il a réussi à passer la plus grande partie de sa vie à aider les pauvres et les nécessiteux. Sa générosité était telle, qu'il avait l'habitude de prendre en charge les pauvres et les indigents de Médine en leur fournissant, sans se faire connaître, de l'argent, de la nourriture, des vêtements et d'autres moyens de subsistance. Il est resté une énigme pour ceux qui en recevaient des dons durant sa vie, car ils ne savaient pas qui était leur bienfaiteur. Cette énigme n'a été résolue qu'après sa mort.

Le temps et les circonstances ne lui ont pas permis d'établir des institutions en vue de dispenser des connaissances religieuses à ses partisans, à l'instar de son père, l'Imam al-?âdiq, lequel, lui non plus, n'avait jamais été autorisé à organiser des rassemblements. Il a poursuivi sa mission de prêcher parmi les gens et de les guider discrètement. Il a également écrit quelques livres dont le plus célèbre est "Musnad al-Imam al-Kâdhim."

L'Imam Ali al-Redhâ

L'Imam Ali al-Redhâ est né le 11 Thil- Qa'dah de l'an 148 H., à Médine. Al-Redhâ était son surnom.

Il a été élevé sous la guidance de son père pendant 35 ans. Sa propre perspicacité et l'éclat de sa science en matière de religion, combinées avec l'entraînement et l'éducation dispensées par son père, ont fait de lui un dirigeant spirituel inégalable. L'Imam al-Redhâ était un exemple vivant de la piété du Saint Prophète, et de la courtoisie et de la générosité de l'Imam Ali.

L'Imam al-Redhâ avait hérité de grandes qualités de coeur et d'esprit de ses ancêtres. Il était un esprit érudit et il maîtrisait même plusieurs langues. Ibn al-Athîr al-Jazeri a écrit très justement que l'Imam al-Redhâ avait été indubitablement le plus grand sage, le plus grand saint et le plus grand savant du deuxième siècle de l'Hégire.

Al-Ma'moun ne pouvait pas s'empêcher de le tenir en grande estime, en raison de sa grande piété, sa sagesse, son savoir, sa modestie, sa bienséance et sa personnalité. Aussi a-t-il décidé de le nommer héritier présomptif du trône. En l'an 200 de l'Hégire, il a convoqué les Abbassides à sa cour. Trente-trois mille Abbassides ont répondu à l'invitation et ont été reçus comme convives royaux. Durant leur séjour dans la capitale, al-Ma'moun observait de très près et notait leurs capacités et il est enfin parvenu à la conclusion qu'aucun d'entre eux ne méritait de lui succéder. C'est pour cela qu'il les a réunis en l'an 201 H. en assemblée pour leur dire en termes catégoriques que personne parmi les Abbassides n'était digne de prendre sa succession. Aussi leur a-t-il demandé de prêter serment d'allégeance au cours de cette même assemblée, à l'Imam al-Redhâ, et a-t-il déclaré que dans l'avenir les robes royales seraient vertes - une couleur dont la seule distinction était le fait d'être celle des vêtements de l'Imam. Un décret royal fut publié qui stipulait que l'Imam al-Redhâ succéderait à al-Ma'moun et que son titre serait: "Ali al-Redhâ min Ale Mohammad" (Ali al-Redhâ, de la Famille du Prophète Mohammad).

Même après la déclaration de succession où l'Imam avait toute possibilité de mener une splendide vie royale mondaine, il n'accorda aucune attention au confort matériel, et se consacra totalement à la diffusion de l'idéologie islamique à partir du Saint Coran et des enseignements du Saint Prophète. Il passa l'essentiel de son temps a prier Allah et à servir les gens. Al-Ma'moun a fini par lui faire administrer un poison mortel, à la suite de quoi il rendit l'âme, le 23 Thil- Qa`'dah de l'an 203H.

L'Imam Mohammad al-Taqî

L'Imam Mohammad al-Taqî est né le Vendredi 10 Rajab en l'an 195 H., à Médine (811 après J.C.). Son surnom était "al-Taqî" (le Pieux).

L'Imam al-Taqî a été élevé par son père, l'Imam al-Redhâ, pendant quatre ans. Son père ayant été obligé d'émigrer de Médine à Khurâsân (Iran), a laissé son Jeune fils derrière lui à Médine. L'Imam était tout à fait conscient de la duplicité du gouvernant et avait presque la certitude qu'il ne reviendrait pas à Médine. Il désigna son fils Mohammad al-Taqî comme son successeur, et lui transmit tous ses trésors de connaissances divines et tout son génie spirituel. La durée de la vie de l'Imam al-Taqî fut plus courte que celle de ses prédécesseurs et de ses successeurs. Il est devenu Imam à l'âge de huit ans et il est mort empoisonné à l'âge de vingt-cinq ans. Néanmoins, son savoir n'avait pas de limites et il commandait le respect et l'estime de tous.

Le Saint Imam incarnait l'affabilité du Prophète et les connaissances de l'Imam Ali. Ses qualités héritées comprenaient la vaillance, la piété, la charité, l'instruction, la clémence et la tolérance. Les aspects les plus brillants et les plus saillants de sa nature et de son caractère étaient l'hospitalité et la courtoisie envers tout le monde sans aucune discrimination, l'aide aux nécessiteux, la reconnaissance de l'égalité dans toutes les circonstances, la vie dans la simplicité, l'aide aux orphelins, aux pauvres et aux sans-logis, la disposition à dispenser des cours pour ceux qui s'intéressaient à l'acquisition de la connaissance, et à guider les gens dans le droit chemin.

Pour consolider son empire, l'empereur abbasside, al-Ma'moun a pensé qu'il était nécessaire de gagner la sympathie et le soutien des Iraniens qui s'étaient montrés toujours amicaux envers les Ahl-Elbayt. Par conséquent, al-Ma'moun était obligé, du point de vue politique, d'établir des contacts avec la tribu des Bani Fâtimah aux dépens de ses liens avec les Bani Abbas (Abbassides), afin de s'attirer le soutien des Chiites. Conformément à cet objectif, il a déclaré l'Imam al-Redhâ son héritier, même contre la volonté de l'Imam lui-même, auquel il a en outre marié sa soeur, Om Habibah. Al-Ma'moun attendait de l'Imam al-Redhâ, après avoir pris ces mesures, qu'il lui prêtât son soutien dans les affaires politiques de l'Etat. Mais lorsqu'il comprit que l'Imam s'intéressait peu aux affaires politiques et que les masses se soumettaient de plus en plus à lui en raison de son éminence spirituelle, il l'empoisonna. Cependant les raisons qui l'avaient conduit à nommer l'Imam Al-Redhâ héritier présomptif étaient encore valables. C'est pourquoi il a manifesté son désir de marier sa fille Om Al-Fadhl à l'Imam Al-Taqî, et c'est dans ce dessein qu'il a invité l'Imam à quitter Médine pour venir en Iraq.

Les Bani Abbas furent déconcertés lorsqu'ils apprirent qu'Al-Ma'moun avait projeté de marier sa fille à l'Imam Al-Taqî. Une délégation de quelques notables se rendit auprès de lui pour le dissuader de poursuivre son objectif. Mais Al-Ma'moun continua à admirer l'instruction et les qualités de l'Imam.

Il se serait dit que bien que l'Imam fût encore jeune, il était le vrai successeur de son père à tous les égards et que les plus érudits des savants du monde musulman ne pouvaient rivaliser avec lui. Lorsque les Abbassides ont constaté qu'Al-Ma'moun attribuait la supériorité de l'Imam à son instruction, ils ont choisi Yahyâ Ibn Aktham, le plus grand savant et juriste de Bagdad, pour le lui opposer.

Al-Ma'moun a publié une proclamation et a organisé une réunion pour ce face-à-face qui a attiré des gens de toutes les régions du royaume. A part la noblesse et les hauts dignitaires, environ neuf cents places avaient été réservées uniquement pour les savants et l'intelligentsia.

Tout le monde était étonné de voir un petit enfant s'opposer au vétéran juge (Qâdhi Al-Qudhât) et au plus grand savant irakien en matière de lois religieuses.

L'Imam Al-Taqî s'est assis à côté d'Al-Ma'moun, sur son trône, en face de Yahiyâ Ibn Aktham qui s'est adressé à l'Imam: "Permets-tu que je te pose une question?"

"Demande ce que tu desserrés" répondit l'Imam sur le même ton confiant que ses ancêtres.

Yahiyâ lui demanda: "Quel est ton verdict à propos d'un homme qui s'autorise la chasse pendant qu'il est en état d'Ihrâm ?" (Selon la loi religieuse, la chasse est interdite aux pèlerins en état d'Ihrâm). L'Imam répondit sans hésitation: "Ta question est vague et fallacieuse. Tu dois préciser s'il a chassé à l'intérieur des limites du Territoire Sacré ou à l'extérieur, s'il était lettré ou illettré, s'il était esclave ou un citoyen libre, s'il était mineur ou majeur, s'il l'a fait pour la première fois ou s'il l'avait déjà fait, si son gibier était un oiseau ou une autre créature, si le chasseur s'est repenti de son action ou s'il y a persisté, s'il a chassé secrètement ou ouvertement, si l'Ihrâm était pour la `Omrah ou pour le Hajj? Tant que tous ces points ne seront pas explicités, aucune réponse appropriée ne pourra être donnée à cette question."

Le Qâdhi Yahyâ est resté bouche bée pendant qu'il écoutait ces propos de l'Imam, et toute l'assemblée en était abasourdie. Al-Ma'moun a éprouvé un plaisir sans limite. Il exprima ses sentiments de joie et d'admiration par des ""Ahsanta, Ahsanta Yâ Abâ Ja`far'' (BRAVO! Bien dit!) O Abou Ja`far! Ton instruction et tes connaissances sont au-dessus de toutes louanges".

Comme Al-Ma'moun voulait que l'adversaire de l'Imam fût totalement mis à nu, il dit à l'Imam: "Tu pourrais, toi aussi, poser quelques questions à Yahyâ Ibn Aktham."

Alors, Yahyâ dit lui aussi à l'Imam, mais à contrecoeur: "Oui, tu peux me poser quelques questions. Si j'en connais la réponse, je répondrais, autrement, je te prierais d'y répondre toi-même."

Sur ce, l'Imam a posé une question à laquelle Yahyâ n'a pu répondre. Finalement, c'est l'Imam qui a répondu à sa propre question.

Al-Ma'moun s'est alors adressé à l'auditoire: "N'ai-je pas dit que l'Imam vient d'une famille qui a été choisie par Allah comme un répertoire de la connaissance et de l'instruction? Y a-t-il quelqu'un dans le monde, qui puisse se mesurer même avec les enfants de cette famille? "

Tout le monde s'est écrié: "Sans aucun doute, il n'y a pas d'égal à Mohammad Al-Taqi."

Devant cette même assemblée, Al-Ma'moun a marié sa fille, Om Al-Fadhl, à l'Imam, et il a distribué généreusement charité et cadeaux parmi ses sujets en signe de réjouissances. Un an après son mariage, l'Imam a quitté Bagdad pour retourner avec sa femme à Médine où il s'est mis à prêcher les commandements d'Allah.

Sa femme, la fille d'Al-Ma'moun, Om Al-Fadhl, finit par l'empoisonner, et il est mort le 29 ou le 30 Thil- Qa'dah de l'an 220 de l'Hégire.

L'Imam Ali Al-Naqî

L'Imam Ali Al-Naqi est né à Surba, aux environs de Médine, le Vendredi 15 Thil- Hajj de l'an 212 H. ou selon une autre version, le 5 Rajab, en l'an 214 H.

L'Imam Ali Al-Naqi a été, comme son père, élevé au rang d'Imam dans son enfance. Il avait six ans lorsque son père, l'Imam Al-Taqî est tombé en martyr. Après la mort d'Al-Ma'moun, Al-Mu`taçim lui succéda, et c'est le calife Al-Wâthiq Billâh qui lui succédera bientôt. Pendant les premières années du règne d'Al-Wâthiq, l'Imam Al-Naqî vécut en paix. Après Al-Wâthiq Billâh, Al-Mutawakkil accéda au pouvoir. Etant très occupé aux affaires de l'Etat, il n'eut guère le temps de harceler l'Imam et ses partisans pendant quatre ans. Mais, une fois libéré de ses affaires étatiques, il commença à s'attaquer à l'Imam. Le Saint Imam se consacrait à la mission de prêcher à Médine, et avait gagné en conséquence la gratitude des gens, leur allégeance, et leur reconnaissance de son grand savoir et de ses attributs. Cette réputation de l'Imam suscita la jalousie et la malice d'Al-Mutawakkil contre lui.

Le Gouverneur de Médine écrivit à Al-Muta-wakkil pour l'informer que l'Imam al-Naqi préparait un coup contre le gouvernement et qu'une foule de Musulmans étaient engagés à le soutenir. Bien qu'enragé par cette nouvelle, Al-Mutawakkil préféra encore observer la politique de non-arrestation du Saint Imam, fondée sur l'invocation d'un prétendu respect et amour dus à la dignité d'Imam. Il le fit cependant emprisonner à vie après l'avoir invité à son palais. L'Imam finit par être empoisonné mortellement le 3 Rajab , en l'an 254 de l'Hégire .

L'Imam Al-Hassan Al-'Askari

L'Imam Al-Hassan Al-`Askari est né le lundi 8 Rabi`-II de l'an 232 de l'Hégire, à Médine. Il était connu particulièrement sous l'appellation d'"Al-`Askari."

L'Imam Al-`Askari a passé vingt-deux ans de sa vie sous le patronage de son père, l'Imam Ali Al-Naqi. Et c'est après son martyre qu'il est devenu Imam, divinement commissionné.

A son époque, les gouvernants abbassides étaient empêtrés dans des luttes politiques. Ils craignaient cependant beaucoup l'existence de l'Imam Al-`Askari, l'Imam intègre, divinement ordonné et issu de la Famille du Saint Prophète, d'autant plus qu'ils avaient appris que le fils de ce Saint Imam serait le sauveur de l'humanité pour toutes les époques et jusqu'au Jour du Jugement. Aussi infligèrent-ils à l'Imam toutes sortes de tourments, et il passa la plus grande partie de sa vie en prison, et beaucoup de restrictions furent imposées à sa liberté de mouvement. Malgré tout cela, il a toujours su s'acquitter des devoirs de l'Imamat avec sang-froid et dans la dignité.

Le Saint Imam était très occupé à la diffusion de la connaissance religieuse et à la guidance des gens vers le droit chemin. L'histoire montre que les exégètes du Saint Coran ont souvent cité les interprétations des versets coraniques faites par l'Imam Al-'Askari.

Al-Mo`tamad, le gouvernant abbasside, ayant constaté que le monde chantait les louanges de l'Imam, en fut rongé de jalousie, et craignant que les gens ne déclarent ouvertement leur allégeance à l'Imam, il le fit assassiner par empoisonnement le 8 Rabi`-I, de l'an 260 H.

L'Imam Mohammad Al-Mahdî

Il existe une bonne part d'harmonie et d'uniformité entre les aspects qui ont rapport à la naissance du Prophète Mohammad, le dernier Prophète d'Allah, et celle de l'Imam al-Mahdi, le dernier Imam. Tout comme la venue du Saint Prophète avait été annoncée bien à l'avance par les précédents Prophètes, la nouvelle de la naissance imminente et bénie de l'Imam al-Mahdi avait été prédite par le Saint Prophète.

D'innombrables traditions concernant ce sujet, rapportées directement du Saint Prophète se trouvent dans beaucoup d'ouvrages de Musnad, de ?ahih, de Akhbâr, ainsi que dans les écrits des savants chiites. Beaucoup de savants chiites ont réuni ces Hadith dans des livres à part, comme "al-Bayân Fi Akhbâr ?âhib al-Zamân", d'Al-Hâfidh Mohammad Ibn Yusuf al-?hâfi`i' "?ahih Abou Dâoud", "Sunan Ibn Maja." Tous ces livres mentionnent les Hadith témoignant de l'avènement d'al-Mahdi. (Voir: "The Awaited Saviour", Isp. 1979)

L'Imam est né à Samarrâ le 15 Cha`bân, de l'an 225 H. Les aspects importants et singuliers, de sa naissance ressemblent beaucoup à ceux de la naissance du Prophète Moïse. La naissance de Moise avait annoncé la chute et l'extinction de l'Empire de Pharaon qui ordonna l'assassinat de tous les nouveau-nés mâles des Bani Isrâ'îl.
Les rois abbassides, pour leur part, craignaient la réalisation des prédictions attribuées au Saint Prophète concernant la naissance d'al-Mahdi qui devait jeter l'anathème sur leur empire. Aussi ont-ils préparé une embuscade pour découvrir la naissance de l'Imam et mettre fin à sa vie. Mais l'avènement de la naissance de l'Imam fut enveloppé et entouré de la même protection divine et des mêmes phénomènes miraculeux qui avaient marqué la naissance historique du Prophète Moïse. Sa naissance fut gardée secrète et sa chambre maintenue à l'abri de toute curiosité. Seuls quelques fidèles proches furent au courant de l'événement.

Lorsque la mère de l'Imam fut conduite devant al-Mo`tamad dans le cadre de l'enquête sur la naissance du douzième Imam, elle se permit d'affirmer, pour sauvegarder sa propre vie et protéger son fils, qu'elle n'avait jamais senti en elle les symptômes de la maternité ni aucun spasme. Le Calife abbasside s'abstint donc pour le moment de la harceler, mais la plaça sous la surveillance étroite du Qâdhî Abou Chorab, auquel il confia la sale besogne de tuer tout enfant qui naîtrait d'elle.

Peu après cet incident, le Royaume abbasside connut une période révolutionnaire qui dérouta al-Mo`tamad. C'est ainsi, qu'il eut à faire face à l'invasion de ?âhib Zanj qui avait razzié le Hijâz et le Yémen, et lancé ses bandes de pillards et d'incendiaires à travers le Royaume abbasside, soumettant le gouvernement de Bagdad, la capitale, à un chaos complet. Al-Mo'tamad était donc naturellement trop occupé par la guerre pour prêter attention à la mère de l'Imam qui fut relâchée après six mois de harcèlements, pour ne plus être interrogée sur la naissance du douzième Imam.

L'Imam al-Mahdi fut élevé par son père, l'Imam al`Askari, le onzième Imam, qui eut recours aux mêmes mesures de protection (pour élever son fils) qu'avait adoptées Abou Tâlib pour sauvegarder le Saint Prophète. Il avait l'habitude de prendre soin de son fils dans un coin de la maison pendant quelques jours avant de le transférer dans un autre coin, afin que personne ne sache où se trouvait exactement l'enfant.

Pendant que l'Imam al-`Askari gardait dans le secret total la naissance de l'enfant et les affaires de son enfance, il permit à un nombre réduit de personnes dévouées et d'amis fidèles d'avoir accès à lui, afin qu'ils puissent se familiariser avec leur Imam présumé à qui ils devraient faire leur allégeance.

Ci-après les noms de quelques personnes - cités par des livres de Hadith authentiques appartenant à la fois au Sunnisme et au Chiisme -qui ont eu l'honneur d'avoir vu personnellement l'Imam al-Mahdi.

En effet, lorsque le fils de l'Imam al-`Askari est né, celui-ci lui a donné le nom de Mohammad, et au troisième jour de sa naissance, il l'a montré à quelques-uns de ses adeptes, en déclarant à leur adresse:

"Voici mon successeur et votre Imam présumé. Il est le vrai Qâ'im devant lequel vos têtes seront baissées par révérence pour lui. II réapparaîtra pour remplir la terre de bénédiction et de justice après avoir été pleine de péchés et de vices."

Ali Ibn Bilâl, Ahmad Ibn Hilâl, Mohammad Ibn Mu`âwiyeh Ibn al-Hakam et Hassan Ibn Ayyûb Ibn Nûh ont mentionné qu'ils étaient venus auprès de l'Imam al-`Askari avec une délégation de quarante personnes. L'Imam leur a montré l'enfant et leur a dit:

"C'est votre Imam après moi. Chacun de vous doit lui soumettre expressément son allégeance et s'abstenir de toute controverse sur ce sujet, pouvant vous conduire au péril. Rappelez-vous qu'il ne sera plus visible par vous."

L'Imam al-`Askari est mort le 8 Rabi'-I en l'an 260 H., jour marquant le début de l'Imamat de son fils, lequel constitue une source de guidance spirituelle pour tout l'univers. Comme, selon la Volonté d'Allah, toutes les affaires ayant rapport avec le Saint Imam devaient rester strictement derrière le rideau, il commissionna certains de ses délégués et ambassadeurs qui s'étaient occupés des affaires religieuses depuis l'époque de son père pour servir d'intermédiaires entre le gens et l'Imam occulte. Ils communiquaient les problèmes et les questions religieuses des gens à l'Imam, et rapportaient aux gens les solutions et les réponses données par l'Imam.

C'est par la Volonté Divine qu'il a disparu et c'est par la Volonté d'Allah qu'il réapparaîtra. Sa réapparition sera le prélude au Jour du Jugement.

Durant la période de la Ghaybah (l'occultation), il est de notre devoir d'attendre la réapparition de l'Imam. Nous devons mettre au point un système de développement social sain et judicieux, fondé sur le Saint Coran pour le présenter au monde. Nous devons prouver l'excellence et l'efficacité des lois divines aux gens et attirer l'attention de ceux-ci sur le système divin. Nous devons lutter contre les superstitions et les fausses croyances, et préparer la voie à l'établissement d'un gouvernement mondial islamique, en nous inspirant de la lumière des enseignements du Saint Coran et des traditions du Saint Prophète. Nous devons mettre au point un programme visant à résoudre les problèmes du monde et le présenter à tous les réformateurs du monde. Nous devons éclairer la pensée des peuples du monde, et en même temps, nous préparer à la réapparition de l'Imam et à l'émergence d'un gouvernement mondial juste.

Les adeptes des descendants du Saint Prophète

Ceux qui croient que l'Imam Ali Ibn Abi Tâlib était le successeur immédiat du Saint Prophète sont appelés les Chi`ah de `Ali (les Chiites-partisans- de `Ali)(44). Les Chi`ah de `Ali sont en fait, les Chi`ah du Saint Prophète, car les Ahl-Elbayt (Ali et ses successeurs) ont suivi la ligne du Prophète et n'ont professé que ce que le Prophète avait enseigné. Ils sont demeurés solidement attachés à la Mission du Prophète à travers leur vie. Ils se sont occupés pendant plus de 250 ans de la protection du Message Divin et ont appelé les gens à faire de même.

Ils considéraient le Saint Coran et le Prophète comme les seules autorités à suivre. Les Chi`ah considèrent l'Imam Ali et ses onze descendants infaillibles comme Imams et les suivent en tant que tels. Le vrai Chiite est celui qui suit l'exemple des Imams de la Maison du Prophète.

L'Imam al-Bâqir a dit à l'un de ses compagnons, Jâbir Ibn Abdullâh al-Ançâri:

"O Jâbir! Crois-tu qu'il suffise qu'un individu se dise être partisan des Ahl-Elbayt (les Descendants du Prophète)pour qu'il soit considéré comme étant Chiite!? Par Allah, notre partisan est seulement celui qui est pieux et obéissant à Allah, celui qui jeûne, prie, sert ses parents, aide ses voisins, les nécessiteux, les gens endettés et les orphelins, et qui est connu pour sa véracité et son assiduité à lire le Saint Coran. Un chiite ne doit jamais parler dédaigneusement avec quiconque et doit faire l'objet de la confiance de tous."

Jâbir dit alors:

"O fils du Prophète! Je ne connais personne qui possède ces qualités de nos jours!"

L'Imam lui répondit:

"O Jâbir! Ne te laisse pas berner par les diverses croyances. Crois-tu qu'il suffise, pour avoir le salut, de prétendre être le partisan de `Ali sans souscrire aux commandements d'Allah? Si quelqu'un dit qu'il est partisan du Saint Prophète, sans suivre ses enseignements, il ne sera pas, pour autant sauvé, bien que le Prophète soit supérieur à l'Imam Ali. II est du devoir d'un chiite de craindre avant tout Allah. Celui qui obéit à Allah est notre ami, et celui qui lui désobéit est notre ennemi. Personne ne peut devenir notre ami, si ce n'est par sa piété et ses bonnes actions."

L'Imam as-sâdiq a dit lui aussi la même chose dans les termes suivants:

"Soyez pieux et dévots. Soyez véridiques, honnêtes et polis. Comportez-vous bien envers vos voisins. Attirez les gens vers le droit chemin par votre bonne conduite et votre bon comportement. Ne vous attirez pas la disgrâce par vos mauvaises actions. Prolongez vos inclinations et vos prosternations pendant la prière, car lorsqu'un homme prolonge ses inclinations (Rukû`) et ses prosternations (Sujûd), le Diable est contrarié et perturbé." Il crie: "Quelle honte! Ces gens obéissent à Allah, alors que je Lui désobéis. Ils se prosternent alors que je m'abstiens de la prosternation.""

A une autre occasion, l'Imam al-?âdiq a dit:

"Les disciples du Prophète Jésus étaient ses Chiites (c'est-à-dire ses adeptes, amis et partisans), mais ils n'étaient pas meilleurs que nos chiites. Ils lui avaient promis leur soutien, mais ils n'ont pas tenu leur promesse ni n'ont combattu dans le chemin d'Allah. En revanche, nos chiites, depuis le décès du Prophète jusqu'à présent, n'ont jamais hésité à nous soutenir. Ils ont consenti tous les sacrifices par amour pour nous. On les a brûlés, torturés et expulsés de leurs maisons, mais on n'a pas réussi à les faire renoncer à leur soutien pour nous."

NOTRE AMOUR ET NOTRE RESPECT POUR LES AUTRES ECOLES JURIDIQUES DE LA UMMAH

Bien que nous nous différencions des Sunnites en ce qui concerne la question du califat et de la succession du Saint Prophète, nous considérons tous les Musulmans comme étant des frères et des coreligionnaires. Notre Allah, à nous tous, est le même, notre Prophète est le même, notre religion est la même, notre livre est le même, notre Ka`bah est la même. Nous considérons l'honneur et le progrès de nos frères Sunnites comme notre propre honneur et notre propre progrès, leur succès et leur victoire, les nôtres propres, leur disgrâce et leur défaite. Nous partageons donc aussi bien leurs bonheurs que leurs chagrins.

Nous nous inspirons en cela, de notre grand dirigeant, l'Imam Ali Ibn Abi Tâlib. Car, s'il l'avait voulu, il aurait pu défendre son droit au califat, mais, dans l'intérêt général de l'Islam, non seulement il s'est abstenu de combattre les califes, mais bien mieux, il les a aidés aux moments critiques. Il n'a jamais hésité à entreprendre n'importe quelle action dans l'intérêt de la Ummah Islamique.

Nous croyons que le seul moyen pour le monde musulman de vivre comme une nation forte, de recouvrer sa gloire passée et de se débarrasser de la domination étrangère, est de maintenir les Musulmans à l'abri des dissensions et des discordes, et de les laisser concentrer leurs énergies à la réalisation de leurs buts, afin qu'ils puissent entreprendre des démarches collectives sur la voie de la gloire de l'Islam, et donc assurer le progrès et la prospérité pour les Musulmans. Conformons-nous à cet égard à ce que nous dit le Saint Coran:

"Obéissez à Allah et à Son Messager. Ne vous querellez pas, sinon vous fléchiriez ou votre chance de succès s'éloignerait." (Sourate al-Anfâl, 8:46)

"Attachez-vous tous, et fermement, au pacte d'Allah (I'Islam), et ne vous divisez pas." (Sourate ?le `Imrân, 3:103)

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NOTES

1. "Uçûl al-Kâfî", d'al-Kulayni, chap.I, Hadith No 29.

2. "Plaisirs de la Philosophie", Will Durant.

3. Behâr al-Anwâr, vol. VI, p. 249.

4. Behâr al-Anwâr, vol. VI, p. 1450.

5. "?ahih Muslim", vol. II, p. 362, éd. de 'Issâ al-Halabi; "?ahih al-Tirmithi", vol. V, p. 328, éd., de Dâr al-Fikr, Beyrouth; "Mustadrak al-Hâkim, vol. III, p. 148, éd. de Haydarâbâd.

6. voir Mohammad Redhâ al-Mudhaffar, "Les Croyances du Chiisme", ?d. Abbas A. Al-Bostani, Montréal, 1997.

7. Voir: Al-Bayân Fî Tafsîr al-Qor'ân, p. 31.

8. "Al-Kâfî", chapitre: Fadhl-ul- Qor'ân.

9. "Wasâ'il al-Chi`ah'', vol. I, p. 370 .

10. Uçûl al-Kâfî.

11. ("Mir'ât al-Anwâr").

12. Dozy, Reinhart Pieter (Anne): (b. Feb. 21, 1820, Leiden, Neth.--d. April 29, 1883, Leiden), Dutch Arabist, best remembered for his monumental "Histoire des musulmans d'Espagne, jusqu'à la conquête de l'Andalousie par les Almoravides", 711-1110 (1861; Spanish Islam, 1913).

Dozy, of French Huguenot ancestry, spent 33 years (from 1850) as professor of history at the University of Leiden. Hishistory, a graphically written account of Moorish dominion in Spain that shed new light on many obscure points, long remained the standard work on the subject.

13. "al-Wasâ'ël".

14. Pour plus de détails, voir: "Wilâyat-ul-Faqih", de l'Imam Khomeini.

15. Voir Mohammad Bâqir al-Sadr: "A Short History of `Ilm al-Uçûl", Isp., 1983.

16. George SANTAYANA: Nom original: JORGE AUGUST?N NICOL?S RUIZ DE SANTAYANA (né le16 décembre 1863, Madrid, Espagne- mort le26 Sept. 1952, Rome, Italie), philosophe, poète et humaniste hispano-américain qui fit une contribution importante à l'esthétique, à la philosophie spéculative et à la critique littéraire.(Pour plus de détails, voir: "Encyclopaedia Britannica"). N.D.T.

17. Carrel, Alexis: (b. June 28, 1873, Sainte-Foy-lès-Lyon, Fr.--d. Nov. 5, 1944, Paris), French surgeon, sociologist, and biologist who received the 1912 Nobel Prize for Physiology or Medicine for developing a method of suturing blood vessels and who laid the groundwork for further studies of transplantation of blood vessels and organs. He also investigated preservation of tissues outside the body and the application of the process to surgery. His strain of chick heart tissue was kept alive for more than 30 years.

Carrel received his M.D. (1900) from the University of Lyon. In 1904 he left France for theU.S., working first at the University of Chicago and then at the Rockefeller Institute for Medical Research in New York City. During World War I Carrel returned to France, where he helped to develop the Carrel-Dakin method of treating wounds with antiseptic irrigations. After 1919 he continued his work at the Rockefeller Institute until World War II. In 1941 he became director of the Fondation Française pour l'?tude des Problèmes Humains in Paris.

His writings include Man, the Unknown (1935); The Culture of Organs (with C.A. Lindbergh, 1938); and Reflections on Life (1952).

18. Voir: "Le Révélateur, le Messager, le Message", Ed. La Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris 1983.

19. Voir: "Aç-?alât", Publications du Séminaire Islamique de Paris, 1985.

20. Voir à cet égard: "Le Jeûne de Ramadhân et ses Statuts", Abbas Ahmad al-Bostani, Ed. La Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1985.

21. Voir: "Les Rites du Pèlerinage de la Mecque" (Manâsik al-Hajj), Ed. Abbas Ahmad al-Bostani, Montréal, Qc. 1997.

22. Voir: Ayatollâh Mohammad Bâqir al-Sadr: "Notre ?conomie", Dar Al-Thaqalayn, Beyrouth, 1995).

23. Voir: "Le Khoms et ses Statuts", Ed. Abbas Ahmad al-Bostani, Montréal, Qc, 1997.

24. Voir: "Philosophie de l'Islam", Ed. Abbas Ahmad al-Bostani- S.I.P.- Paris 1990.

25. Voir: Ibn Hichâm, "Sîrat al-Nabî", vol. II, pp. 147-148.

26. Ihrâm: Lorsqu'on accomplit le Pèlerinage de la Mecque (hajj), le port d'un vêtement spécifique (ihrâm) est requis.

27. Voir: "Al-Cawâ'iq al-Muhriqah" d'lbn Hajar al-Haythami al-Makki al-Châfi`î, p. 25. Ed. Matba`at al-Maymanah, Egypte; "Majma` al-Zawâ'id", d'al-Haythami al-Châfi`î p. 164, Ed. Maktabat al-Qudsi; "Tarikh Dimachq", d'Tbn 'Asâkir al-Châfi'î; AI-Ghadir", d'al-`Allâmah al-Aminî, vol. I, pp. 26-27, Ed. de Beyrouth; "'Abeqât al-Anwâr", de Hâmid Husayn, vol. XII, p. 312, Ed. d'Isphahân, etc.

28. Voir: "?ahih al-Tirmithî", vol. V, p. 328; éd. Dâr al-Fikr. Beyrouth: "Jâmi` al-Uçûl", d'lbn al-Athir, vol.I, p. 187, éd. d'Egypte; "Yanâbî` al-Mawaddah", d'al-Qandouri al-Hanafi, pp. 33, 40, 226, 355, éd. al-Haydariyyah; "Kanz al-'Ummâl", d'al-Muttaqi al-Hindi), vol III, p.154; Miftâh al-Najâ". d'al-Badakhchi, p9; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal", vol. III, pp. 17, 26, éd. d'al-Maymaniyyah, Egypte; "Al-Mu'jam al-?aghir", d'al-Tabarâni, vol. I, p. 131, éd. Dâr al-Naçr, Egypte; "Al-Mustadrak", d'al Hâkim, vol III, p. 109; "al-Fat-h al-Kabir", d'al-Nabahâni, vol. I, p. 252, éd. Dâr al-Ahyâ', Egypte; "?ahih Muslim, Kitâb al-Fadhâ 'il, chap. Fadhâ 'il Ali lbn Abi Tâlib. vol. II, p. 362, ?d. Isâ al-Halabi.

29. Voir: "?ahih Muslim", vol. VII, p. 130 "?ahîh al-Tirmithî", vol. XII, p. 85; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal", vol. IV, p. 170; "Tafsir al-Tabari", vol. XX, p.5; "Tafsir Ibn Kathir", vol. III, p. 485; "Mustadrak al-Hâkim", vol. III, p.158.

30. Voir: "?ahih al-Bukhâri",p.175, egypte, 1335 hégire; "?hih al-Tirmithi", vol.II, p.45, Delhi, 1342 hégire.

31. "?ahih Muslim",vol. II, p.191, Egypte 1348 hégire; "Sunan Abî Dâwoud", vol. II, p.207, Egypte; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal", vol.V, p.106, Egypte, 1313 hégire; "Mustadrak al-Hâkim", vol.II, p.618, éd.al-Haydariyyah; "Taycîr al-Wuçûl `Alâ Jami` al-Uçûl ", vol, II, p.343, Egypte; "Târîkh Baghdâd", vol. XIV, p.353; "Yanâbî` al-Mawaddah", p.445 (Istanboul); Montakhab Kanz al-`Ummâl", vol.V, p.312.

32. Voir: "?ahîh al-Termithî", vol.V, p. 300, ?d. Dâr al-Fikr, Beyrouth; "Mustadrak al-Hâkim", vol. III p. 14; "Al-Fuçûl alMuhimmah", d'Ibn al-?abbâgh al-Mâliki, p. 21, éd. al-Haydariyyah.

33. Voir: "Al-Termithî", dans son ?ahih, vol. II, p. 299, rapporté d'Abdullâh Ibn 'Omar, par Muhib al-Dîn al-Tabari, vol. II, p. 167.

34. "Thakhâ'ir al-`Oqbâ'', de Muhib al-Dîn al-Tabari, p. 58, éd. du Caire, 1356 h.

35. "Târikh al-Bagdâdi", p. 321; Majma` al-Zawâ'id", d'AI-Haytharni al-Châfi`î, vol.VII, p. 35; Kanz al-`Ummâl, vol.VI, p.157.

36. ''Yanâbî` al-Mawaddah"; "al-Fuçûl al-Muhimmah"; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal."

37. "Al-Mustadrak". d'al-Hâkim al-Nichâpourî; "Manâgib al-Khawârizmi al-Hanafi"; "Yanâbi` al-Mawaddah", d'al-Qandouzi al-Hanafi, etc.

38. Edward GIBBON: Historien anglais, né à Putney (Londres) "1737-1794", auteur d'une Histoire de la Décadence et de la Chute de l'Empire romain (1776-1788).

39. "Gibbon abridged by W. Smith", p. 466.

40. A`lâm al-Warâ",( Chap.Fadhâ'il al-Sibtayn),d'al-Tabari.

41. Voir: "Fadhâ'il al-Khamsah".

42. Voir: "Les Credos du Chiisme", Mohammad Redhâ al-Modhaffar, Ed. Abbas Ahmad al-Bostani, Paris 1990.

43. "Al-?awâ`iq al-Muhriqah".

44. Voir: al-`Allâmah Kâchif al-Ghitâ', "Le Chiisme: Origines et Principes", Arcs, 1995.