La Rationalité de l'Islam
 

La Rationalité de l'Islam

Par
Mortadha Motahary
et un groupe de uléma


édité et traduit et annoté par
Abbas Ahmad al-Bostani


Publication de la Cité du Savoir
éditeur:
Abbas Ahmad al-Bostani
C.P. 712 Succ. (B)
Momtréal, Qc., H3B 3k3
Canada

ISBN 2-922223-11-6
Copyrights: Tous droits réservés à l'éditeur

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LE RôLE DE LA RELIGION DANS LA VIE HUMAINE

La définition de la religion

Pour comprendre ce qu'est la religion et quel est son rôle dans la vie des hommes nous devrions, avant tout, connaître sa définition.

La religion peut être définie brièvement comme suit:

La religion (dîn) est un mouvement universel guidé par la lumière de la foi en Allah et un sens des responsabilités en vue de la réforme de la pensée et de la croyance, pour la promotion des principes élevés de la morale, l'établissement de bonnes relations entre les membres de la société, et l'élimination de toutes sortes de discriminations injustifiées.

En gardant en vue cette définition, notre besoin de la religion et des enseignements religieux apparaît comme absolument nécessaire. Pour approfondir un peu, on peut dire que nous avons besoin de la religion pour les raisons suivantes:

1. Une sanction pour les principes moraux

La religion apporte une sanction aux principes moraux tels que la justice, l'honnêteté, la droiture, la fraternité, l'égalité, le caractère vertueux, la tolérance, le sacrifice, l'aide aux nécessiteux et d'autres vertus. Il y a des vertus sans lesquelles, non seulement notre vie perdrait son ordre et sa normalité, mais elle pourrait très probablement se transformer en chaos. Il est possible évidemment d'acquérir ces qualités morales et sociales sans l'aide de la religion. Mais en l'absence d'une foi religieuse ferme, ces valeurs semblent dépouillées de leur sens et deviennent une série de pures recommandations sans base, car dans un tel cas elles équivaudraient tout au plus à quelques petits conseils prodigués par des amis intimes et que nous sommes tout à fait libres d'accepter ou de rejeter.

Ces qualités sont plutôt fondées sur un sentiment et une foi intimes, et se trouvent naturellement au-delà de la portée d'une loi ordinaire.

C'est seulement la foi en l'existence d'un Etre Eternel, connaissant l'homme aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur, et ayant un contrôle total sur lui, qui forge chez l'homme ces vertus, et le pousse à observer la droiture, le respect du devoir, et si nécessaire, à se sacrifier pour les autres.

Will Durant, le célèbre philosophe et historien écrit dans son livre "Les Plaisirs de la Philosophie" que sans la base de la religion, la morale n'est rien de plus qu'une "arithmomancie", puisque, sans elle, le sens de l'obligation disparaît.

2. Une force pour endurer l'adversité de la vie

La religion confère à l'homme la force de faire face à l'adversité et sert de rempart contre les réactions dangereuses dues au découragement et à la désespérance.

L'homme religieux, avec une Foi solide en Allah et en Sa Munificence ne doit pas se trouver en état de désespoir total, même aux moments les plus difficiles de sa vie, car il sait bien qu'il bénéficie de la protection d'un Etre qui est Tout-Puissant. En croyant au fait que tout problème peut être résolu et toute impasse peut être contournée avec l'aide d'Allah, un homme religieux parvient à surpasser toute déception et tout désespoir.

Pour cette même raison il arrive rarement qu'un homme religieux souffre d'une réaction aiguë de désespoir telle que le suicide, la dépression nerveuse ou les troubles psychiques qui sont le produit de la frustration et du défaitisme.

Le Saint Coran dit: "Non vraiment, ceux qui sont proches d'Allah n'éprouvent aucune crainte, ils ne sont pas affligés..."(Sourate Yûnis; 10:62)

L'Imam Ja`far al-Sâdiq dit: "Un vrai croyant ne se suicide jamais."

Donc la foi religieuse est d'une part, une force de motivation, de l'autre, un facteur qui rend l'homme capable de faire face courageusement aux difficultés et le sauve des effets nuisibles de la chute et de la déception.

- A la suite de la chute des Nazis, Bertrand Russell a dit qu'il existait un danger de révolte intellectuelle et idéologique en Allemagne, mais que sans aucun doute la religion a été l'un des plus grands facteurs du retour de ce pays à la stabilité.

3. Affronter le vice idéologique

L'homme ne peut vivre dans un vice idéologique pendant longtemps, et c'est pourquoi sa tendance pour une idéologie erronée et des valeurs fausses s'enracine. Sa vie intellectuelle n'est pas remplie de croyances saines et d'enseignements adéquats. Les idées superstitieuses et même destructives peuvent frayer un chemin vers sa tendance spirituelle et polluer en outre son cerveau. Les exemples de la tendance de l'homme à l'idolâtrie, au culte de la personnalité et aux différentes superstitions et crédulités relatives à l'influence des choses irrationnelles sur le destin, peuvent avoir place même dans la vie du monde intellectuel. Tout cela est dû au vice spirituel. C'est la religion qui est à même de remplir le vice idéologique par des enseignements sains et de sauver l'homme de la tendance aux absurdités et à l'irrationnel.

De là, une vraie compréhension de la religion peut jouer un rôle important dans la lutte contre les superstitions, bien qu'il soit vrai que la religion elle-même, si elle n'est pas comprise correctement, pourrait promouvoir les superstitions.

4. Une aide au progrès de la science et du savoir

La religion peut, avec ses enseignements sains et fermes, être un facteur réel de progrès scientifique, car elle est basée sur un fondement solide de "libre choix", et de ce fait tout homme est responsable de ses propres actions.

Le Saint Coran dit: "Tout homme est tenu pour responsable de ce qu'il a fait..." (Sourate al-Mudath-thir; 74:38)

La foi dans la religion nous apprend que le savoir illimité est la source de ce cosmos qui est semblable à un grand livre écrit par un savant érudit et dont chaque page, ou plutôt chaque ligne et chaque mot contient une vérité éclatante qui stimule en nous le désir d'étudier et de contempler davantage.

Cette attitude envers le cosmos suscite en nous sans aucun doute une pensée persistante sur le mécanisme de la création, et aide par conséquent au progrès de la science et du savoir.

A l'opposé, si nous soutenons que cet univers est le produit de facteurs tout à fait mécaniques et sans aucun intellect, il n'y aurait pas de raison plausible qui nous pousserait à faire des efforts soutenus pour découvrir ses secrets. En principe, un univers qui serait le produit du travail d'un mécanisme inconscient ne peut être ni harmonieux ni mystérieux.

Outre qu'elle porte un coup moral à l'avancement de la science et de la connaissance, une telle conception du cosmos nie le fait même que l'instinct de l'homme soit profondément enraciné dans la religion. Albert Einstein avait tout à fait raison lorsqu'il a indiqué pourquoi les grands penseurs et découvreurs s'intéressaient à la religion. Il a dit qu'il était difficile de trouver une seule des grandes têtes pensantes du monde qui n'ait pas une sorte de sentiment religieux particulier à lui et que ce sentiment était différent de la religion de l'homme de la rue

Il a la forme d'un étonnement enchanté devant l'exactitude merveilleuse du système de l'univers, qui de temps en temps dévoile des secrets devant lesquels toute pensée ou recherche humaine organisée paraissent insignifiantes et ternes. Ce sentiment illumine la voie de la vie et les efforts du scientifique, et comme celui-ci connaît souvent le succès et l'honneur, il le préserve du poids accablant de l'égoïsme et de la vanité.

Quelle croyance au système de l'univers et quel désir fascinant, a-t-il ajouté, que ce qui a rendu Kepler et Newton capables de souffrir des années durant dans l'isolement et le silence complet pour simplifier et expliquer les lois de la gravitation et le mouvement des planètes! Il n'y a là aucun doute que c'est ce même sentiment religieux qui a permis pendant des siècles, à des hommes dévoués et désintéressés de se redresser et de faire de nouveaux efforts, malgré leurs défaites apparentes et leurs échecs (Le Monde Tel que Je le vois).

Le scientifique contemporain, Abernethy dit que la science doit, pour sa propre perfection, regarder la foi en Dieu comme l'un de ses principes admis.

Donc l'homme religieux, selon les enseignements religieux authentiques peut plus que tout autre, réaliser des recherches et découvrir les secrets de la nature.

5. Combattre la discrimination

La religion s'oppose fermement à toute discrimination fondée sur la couleur, la race ou la classe, car elle considère tous les êtres humains comme la création de Dieu et tout pays comme la patrie de Dieu. Selon la religion tout le monde bénéficie de l'amour et de la bonté de Dieu, et de ce fait, tous les hommes sont égaux.

D'après les enseignements de l'Islam, aucun homme n'est supérieur à un autre par sa couleur, sa race, son ascendance, sa langue ou sa classe.

L'Islam reconnaît seulement la piété et le savoir comme pierres de touche de la supériorité. En effet, Allah dit: "ô vous, les hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux d'entre vous." (Sourate Al-Hujurât; 49:13)

Donc, le rôle de la religion dans un monde qui n'est pas encore capable de résoudre même le problème de la couleur et la question de la distinction de classe, est tout à fait évident.

En tout cas, il est indéniable que n'importe quelle sorte de pensée ou de croyance religieuse ne peut pas parvenir aux résultats escomptés.

Comme toute autre recherche intellectuelle, la religion exige une guidance pertinente. Autrement, elle s'érigerait en superstition, monachisme, faite devant la vie positive, et tendances pseudo-gnostiques, dont les exemples sont nombreux même de nos jours en Occident où des gens en ont assez de la vie mécanique. C'est seulement dans une telle atmosphère que la religion est considérée comme un facteur d'obstruction pour avoir réclamé un savoir correct.

Les racines du sens de la religion

L'homme s'est familiarisé avec la religion depuis un temps si lointain qu'il couvre toute l'histoire enregistrée de la vie humaine et remonte aux profondeurs des époques préhistoriques.

Le Saint Coran a décrit la religion comme la nature innée de l'homme et l'ordre établi d'Allah. En effet, il dit à ce propos: "... La Religion est en harmonie avec la nature qu'Allah a donnée à l'homme en le créant". (Sourate Al-Roum; 30:30)

Les recherches menées par les sociologues et les historiens montrent que les lieux de culte, qu'ils soient sous une forme simple ou élaborée et complexe avaient toujours une influence sur la vie humaine, et que la religion sous ses formes diverses s'est toujours imbriquée dans l'histoire de l'homme.

Will Durant, après avoir discuté d'une façon détaillée de l'athéisme de certaines gens, écrit, que malgré tout ce qui a été dit à ce propos, il y a des cas exceptionnels où l'ancienne idée selon laquelle la religion est un phénomène qui s'étend généralement à tous les êtres humains, est vraie. La question de la religion est du point de vue du philosophe, l'une des questions fondamentales de l'histoire et de la psychologie.

Il ajoute que depuis les époques immémoriales la religion allait toujours de pair avec l'histoire de l'humanité. L'idée de la piété ne peut jamais quitter le coeur humain ("Histoire de la Civilisation", vol. I, pp. 88-89).

Du point de vue psychologique cette relation historique entre l'homme et la religion prouve que le "sentiment religieux" est l'un des instincts humains fondamentaux et l'un des éléments naturels de l'âme humaine.

Il est clair que parfois, lorsque le niveau de la pensée humaine était bas et que les sciences n'avaient pas encore réalisé un progrès remarquable, ce sentiment intime était incroyablement mélangé avec des superstitions; mais que graduellement, avec le progrès des sciences d'une part, les efforts persistants et le s enseignements des Prophètes de l'autre, il s'est purifié des adultérations, et a recouvré par conséquent sa pureté et son originalité.

Les vagues anti-religieuses pendant les siècles passés

Dans ces circonstances, il paraît surprenant que pendant les siècles passés, notamment depuis le XVIème siècle, une vague anti-religieuse violente ait englouti les pays occidentaux, et que beaucoup de libre-penseurs européens se soient séparés de l'Eglise. Ceux qui voulaient rester loyaux envers la religion se sont tournés vers certaines religions orientales ou plutôt vers une sorte de gnosticisme, alors qu'un grand nombre de gens ont été attirés par le matérialisme et tout ce qui est de ce genre.

Mais lorsqu'on examine de plus près les racines de ce sujet, on remarque que dans les circonstances spécifiques qui prévalaient en Europe à cette époque, ce phénomène n'avait rien d'inattendu.

Pour l'expliquer, on doit considérer les facteurs ayant conduit aux mouvements anti-religieux et à la tendance au matérialisme en Europe, dans le contexte de la politique suivie par l'Eglise à l'égard de la Renaissance et du progrès réalisé dans les divers domaines de la science naturelle.

En effet, au Moyen Age et notamment durant la période allant du XIIIème au XVème siècles l'Eglise a entrepris une campagne contre la science et s'est efforcée d'écraser les mouvements scientifiques à travers l'Inquisition. A la suite du décret papal condamnant la science, des gens comme Galilée furent persécutés et forcés à renier la théorie du mouvement de la terre. Cette campagne a continué jusqu'à la dernière partie du XVIIème siècle. Il est évident que cela a provoqué la réaction des scientifiques contre l'Eglise, lesquels scientifiques oeuvraient avec détermination en vue de l'avancement de la science.

Une erreur d'analogie et une comparaison indue entre la position spécifique de l'Eglise au Moyen-?ge et l'attitude des autres religions a conduit certains scientifiques à entreprendre une campagne en règle contre toutes les religions et à les rejeter toutes. Ils sont allés jusqu'à inventer une doctrine dénommée "discorde entre la religion et la science".

Mais une étude du mouvement scientifique en Islam, commencé dès le premier siècle de l'hégire et portant ses fruits au IIème et IIIème siècles de cette ère, montre que dans la Société musulmane le cas était tout à fait différent. Ce mouvement avait vite donné naissance à des scientifiques tels que al-Hassan Ibn Haytham, le célèbre physicien musulman, Jâbir Ibn Hayyân que les Européens appellent "le Père de la Chimie", et d'autres hommes semblables. Leurs écrits ont laissé une grande influence sur des scientifiques tels que Roger Bacon, Johannes, Kepler et Leonardo Da Vinci. Il est intéressant de noter que tout le progrès scientifique réalisé dans la Société islamique a eu lieu à une époque que les Occidentaux appellent le Moyen-Age, et qui coïncide avec l'opposition violente de l'Eglise à la Renaissance et aux pionniers du mouvement scientifique naissant.

Des historiens éminents de l'Est et de l'Ouest, ayant étudié la culture islamique sont unanimement d'avis que les travaux des scientifiques musulmans ont donné naissance à un mouvement scientifique largement répandu et dont l'influence sur la Renaissance et le mouvement scientifique de l'Europe à été remarquable.

Ainsi, les facteurs qui ont conduit les intellectuels de l'Occident à s'éloigner de la religion, n'existaient pas dans la Société musulmane. Au contraire, l'Islam a créé une atmosphère meilleure et plus favorable à l'avancement de l'enseignement et à la promotion de la science.

Bref, l'Islam avait stimulé les mouvements scientifiques dans le monde et pour cette même raison, il était devenu la principale fontaine du vaste développement de la science et de la connaissance.

Cependant, il est indéniable que des disputes et des dissensions dans une partie de la Société musulmane se sont développées intensivement depuis le Vème siècle de l'hégire, et que la myopie de cette partie de la société, son insouciance des vrais enseignements de l'Islam, son apathie pour le progrès, son indifférence à l'esprit du temps se sont reflétées sur l'arrière -plan de plusieurs pays musulmans.

Un autre facteur a compliqué le problème. L'Islam n'était pas présenté correctement aux générations suivantes. Ainsi, le rôle constructif de l'Islam a décliné progressivement dans différents domaines. A présent, beaucoup de jeunes gens croient que l'Islam a toujours été dans cet état lamentable.

Cependant, l'Islam a un avenir prometteur. En ravivant les idéaux de l'Islam et en le projetant sous une forme adéquate, notamment à l'intention des esprits influençables de la jeune génération, on peut espérer ardemment que l'Islam reprendra rapidement son caractère originel et son appel universel.

La religion et les écoles philosophiques de la pensée

Aucune religion n'approuve le matérialisme, qu'il soit sous sa forme simple ou sous forme de matérialisme dialectique qui est la base même du marxisme et du communisme, car le matérialisme professe que l'univers est une série d'événements non prémédités et sans but.

En critiquant le matérialisme, la Religion se fonde sur un nombre de principes tout à fait logiques, car:

1. L'interprétation de l'ordre de l'univers, avancée par l'école matérialiste est non scientifique, car la science se fonde dans ses recherches sur des systèmes bien calculés et précis qui ne sauraient être interprétés par des événements fortuits et accidentels.

La science reconnaît que le Créateur de cet univers est le plus grand physicien et chimiste, le médecin le plus expérimenté, le meilleur anthropologiste et cosmologiste, car en accomplissant son travail, il a utilisé toutes les lois scientifiques. Naturellement, il n'aurait pas pu faire ce qu'il a fait sans avoir une connaissance complète de ces lois. Il va sans dire que des facteurs naturels et des développements naturels ne peuvent guère avoir une telle connaissance.

2. Le matérialisme a accepté la doctrine de la compulsion comme l'une de ses bases principales. Il soutient que toute action humaine et tout mouvement humain est le résultat d'une succession de causes obligatoires. Sur cette base, selon le point de vue matérialiste, tous les efforts de l'homme sont comme les mouvements des roues d'une machine. Il est évident que l'acceptation de cette vue va à l'encontre de l'idée de toute responsabilité sociale, morale ou humaine.

D'une façon contrastante, la religion accepte le principe de l'obligation et de la responsabilité, et fonde donc ses enseignements sur la liberté de la volonté humaine.

Il est indéniable que l'acceptation du principe de la compulsion porte un coup au dynamisme, au sens du devoir et de la responsabilité, et contribue aux crimes et aux agressions, puisque les délinquants peuvent se déclarer non responsables de leurs crimes, et prétexter que ce qui les a conduits à commettre ces crimes ce sont un tas de facteurs, tels que l'éducation, l'environnement, la situation sociale, etc. Mais de tels effets nuisibles ne sont pas possibles si le principe de libre volonté est admis.

3. Avec l'idée de "la matière gagne du terrain", les matérialistes ont pratiquement évincé toutes les valeurs sublimes et morales. Les effets de ce mode de penser sont très pernicieux, car sans des vertus telles que la philanthropie, la tolérance, le sacrifice, la sincérité et l'amour, l'homme serait n'importe quoi, sauf un être humain, et aucun problème ne serait résolu à l'échelle mondiale, car la croyance à la domination exclusive de la matière n'est évidemment pas compatible avec les principes de vertus.

La religion et la liberté individuelle

Certaines gens pensent que la religion restreint la liberté individuelle et empêche la satisfaction de certains désirs, alors qu'en réalité, le but des enseignements religieux n'est nullement de réprimer la liberté logique, mais plutôt de diriger les efforts de l'homme vers des voies plus constructives et plus fructueuses, afin qu'il réalise la paix et le contentement intérieurs dans la vie d'ici-bas et qu'il s'assure une récompense dans l'autre monde.

Par exemple, si la religion interdit l'usage des stupéfiants, des jeux de hasard et la permissivité illégale dans la vie sexuelle, elle l'a fait pour le bien du corps et de l'âme de l'individu et aussi pour le maintien d'un ordre social harmonieux.

Ce tabou moral est en parfait accord avec le vrai esprit de liberté, car la liberté signifie que l'homme doit être capable de tirer pleinement avantage des biens de son existence, lesquels constituent l'une des innombrables bénédictions de la Providence. En contrepartie de quoi, il doit rendre des services louables en concourant à l'établissement d'un monde meilleur et plus stable.

La religion encourage toute liberté qui aide l'homme à améliorer les moyens de vie légaux, et c'est cela seulement la liberté au vrai sens du terme. Tout le reste n'est que pseudo-liberté, car ne servant ni les individus ni la société.

C'est pourquoi la religion permet à l'homme d'utiliser toutes les bonnes choses de la vie, à porter n'importe quel vêtement raisonnable, à savourer toute nourriture pure et tout passe-temps sain. En un mot, elle a autorisé l'usage de tous les conforts et convenances de la vie, et demande qu'on n'abandonne aucune chose de ce genre.

Le Saint Coran dit: "Dis: "Qui donc a déclaré illicites la parure qu'Allah a produite pour Ses serviteurs, et les nourritures pures qu'il leur a accordées." (Sourate al-A`râf; 7:32)

En outre, notre religion nous demande de satisfaire la plupart des besoins et des exigences de l'époque. L'Islam nous recommande d'une façon on ne peut plus éloquente d'acquérir le savoir et d'avoir une connaissance toujours renouvelée dans tous les domaines.

L'un des dirigeants de l'Islam, l'Imam al-?âdiq a dit: "Celui qui connaît son époque et ses exigences, ne sera pas pris de court par les malheurs de la vie."(1)

Notre religion nous apprend qu'en dehors des idées nouvelles, des coutumes et des usages, nous devrions choisir ce qui est utile et valable et écarter ce qui est inconvenant et incorrect. Nous ne devons ni suivre les autres aveuglément, ni adopter ce qui n'est pas compatible avec la dignité humaine et avec l'esprit rationnel. Le Saint Coran dit: "Annonce la bonne nouvelle à mes serviteurs qui écoutent la Parole et qui obéissent à ce qu'elle contient de meilleur. Voila ceux qu'Allah dirige! Voilà ceux qui sont doués de bons sens." (Sourate al-Zumar; 39: 17-18)

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CROIRE EN DIEU

Il est nécessaire de souligner qu'il n'y a pas parmi les penseurs un avis discordant concernant l'affirmation selon laquelle cet univers a une Cause Première autosuffisante. Depuis que l'histoire de l'humanité est enregistrée, les controverses concernant l'existence d'un Etre Suprême font rage, et malgré les signes évidents de Sa présence, beaucoup d'hommes ont dévié. Les nihilistes et les athées ont nié l'existence même de la Cause Première. Schopenhauer et d'autres hommes appartenant à son école de pensée, bien que niant fondamentalement Dieu, ont accepté l'existence d'une force.

Similairement, les matérialistes le dénomme matière, alors que les philosophes l'appelle Allah. Elle est essentielle pour reconnaître la Cause Première, car la succession de causes et effets ne peut continuer à l'infini et doit nous conduire à un point où nous devrions arriver à une cause qui ne soit l'effet d'aucune autre cause, c'est-à-dire la cause ultime ou le Premier mobile, lequel est auto-existant, ayant toujours été , et sera toujours.

C'est cette auto-existante Cause Première qui rend non seulement notre vie intellectuelle possible mais également bien sensée. Supposez pendant un instant qu'il n'y ait pas une telle cause première. Où cela nous conduirait-t-il? Cette recherche de la cause et de l'effet nous conduit à ce qu'on appelle en philosophie: "Continum ad infintum". Cela nous conduit sûrement à une impasse, et marque le début d'un désert intellectuel, et d'une recherche vaine. Vous continuez à partir d'une cause à une autre et d'un effet vers un autre uniquement pour découvrir qu'il y a encore une autre cause et un autre effet qui vous dévisagent. ? quoi bon ajouter un zéro à un autre zéro lorsque le résultat est zéro ou de placer un rien après un rien lorsque le résultat est rien. Telle est la déception d'une certaine activité mentale et tel est l'égarement auquel elle conduit!

On constatera alors que le seul moyen de se sortir de cette énigme est de reconnaître l'Auto-Existante Cause Première.

Croire à l'existence d'une Eternelle et Première Cause est le terrain commun entre les croyants en Dieu et les matérialistes. Le seul point de différence qui suscite une controverse entre les deux parties est de préciser si la Cause Première a une connaissance et un intellect ou non. C'est là le vrai point de différence.

Les matérialistes nient que la Cause Première ait un intellect. Ils soutiennent que la Cause Première est une matière dépouillée de tout intellect ou connaissance alors que les croyants en Dieu maintiennent que la Première Source de l'Univers a une connaissance illimitée, une sagesse et un rationalisme.

Comment reconnaître Dieu

a) L'Univers

Maintenant, jetons un coup d'oeil sur les différents phénomènes de l'univers afin de vérifier si les choses qui y existent, indiquent que la Cause Première a bien un intellect.

Il sera préférable de commencer avec notre propre corps. La construction de l'oeil humain et la façon dont sont fixées ses lentilles, sa rétine et ses différentes couches n'attestent-elles pas que son Fabricant est pleinement rompu aux lois physiques concernant la réflexion de la lumière et l'action des lentilles et des miroirs?

La composition du sang humain de plasma et de différents types de groupuscules dont les proportions fixées avec une précision telle que le moindre changement perturbe tout le système biologique, montre clairement que le fabricant du sang connaissait parfaitement la composition chimique et les propriétés de tous les ingrédients du sang.

La construction de la vie de l'être humain, de l'animal et du végétal avec tout le système parfait et complexe qui la caractérise ne laisse-t-elle pas deviner que le travail a été accompli par un Etre qui avait une connaissance complète de toutes les lois relatives à la physiologie de l'homme, de l'animal et du végétal?

Le plan du Système Solaire et la proportion particulière entre le volume, la distance et la vitesse de chacune de ses planètes ne prouvent-ils pas que l'?laborateur de ce plan est parfaitement au courant des détails de la loi de la gravitation et des effets du mouvement de rotation sur la production des forces centrifuges.

Donc, tout ce qui existe dans l'univers, depuis les plus petites particules jusqu'aux plus grandes galaxies, témoigne que la Source Première a une connaissance complète de tous les systèmes et lois concernés.

En principe, toutes les sciences humaines ne sont rien de plus qu'une connaissance partielle d'une partie minime des secrets des lois de l'univers.

Comment serait-il possible qu'avec une connaissance si limitée nous puissions devenir des savants et des scientifiques, alors que la Source Première qui a amené à l'existence tout l'univers, serait sans connaissance ni intellect?

La transplantation du coeur humain par le Docteur Barnard a nécessité un effort de millions de scientifiques et de milliers d'années en vue du développement de la médecine et de la chirurgie! Est-il donc concevable que le fabricant du Coeur, lui, soit dépouillé de connaissance?

Bref, interpréter la création de tout ce système bien calculé et bien conçu comme une suite d'événements fortuits et comme le produit de causes sans plan préalable ni finalité, est aussi illogique que de dire que la transplantation du coeur par le Dr. Barnard et son équipe n'était le résultat d'aucune connaissance ni étude, et que c'était par hasard que la greffe a eu lieu!

Une telle interprétation est évidemment totalement inacceptable. Or, dire que l'univers tout entier est venu à l'existence par un pur hasard est encore plus illogique. Donc l'interprétation matérialiste de la genèse de l'univers et de tout ce qui y existe, est totalement non scientifique.

Donc chaque livre de nos sciences naturelles, - la physique, la chimie, la biologie, l'anatomie, la médecine, la chirurgie, la zoologie, la botanique, etc. - peut être utilisé comme un livre de théologie naturelle, car tous ces livres traitent des secrets et des lois des merveilleux systèmes de la création dont l'interprétation correcte et logique n'est pas possible sans la reconnaissance de l'existence d'Allah.

Cette même ligne d'argumentation a été largement suivie par le Saint Coran pour présenter ses arguments sur l'unicité d'Allah.

Comme l'a dit Kepler, le fondateur de l'astronomie moderne: "Plus nous savons de choses sur la création et la grandeur des corps célestes, plus notre foi (en Dieu) devient profonde."

George Gemove dit qu'il existe une relation étroite entre le progrès de la science et la solidité de la Foi en Allah.

Plus la connaissance scientifique s'étend, plus la foi en Dieu s'affermira.

Albert Winchester, un biologiste qui a été Président de l'Académie des Sciences de Floride dit que chaque nouvelle découverte dans le monde de la science renforce cent fois la fermeté de notre Foi, dissipe les doutes cachés qui habitent plus ou moins le fond de nos coeurs et les remplace par des idées plus nobles de la reconnaissance de Dieu et de Son Unicité.

b) Le mouvement, l'évolution et la vie

La physique nous enseigne qu'au cas où la matière inanimée est statique, elle tend à rester statique, à moins qu'elle ne soit mue par une force extérieure, et qu'au cas où elle est en mouvement, elle continue à se mouvoir, à moins qu'elle ne soit arrêtée par un facteur extérieur.

Une autre loi scientifique nous apprend que la matière formant l'univers tend avec le temps à se désintégrer et à revêtir une forme plus simple. La matière mécanisée se transforme en une matière plus simple; les atomes, s'ils restent comme ils sont, se désintègrent spontanément, et les étoiles lumineuses tendent à perdre leur éclat.

Donc, il n'y a pas dans la matière inanimée de facteur qui puisse la pousser vers l'évolution. Au contraire, elle tend à se désintégrer spontanément.

Dans ces conditions, on doit admettre que l'évolution et la vie viennent de l'extérieur, étant donné qu'il n'existe pas une telle tendance à l'intérieur de la matière.

Un philosophe dit que vous ne pouvez pas penser à cette attraction pour la vie qui prévaut dans toute la création, depuis la simple amibe jusqu'aux êtres humains les plus développés (tels qu'Einstein, Edison, Anatole France) sans voir le monde dans un dehors Divin.(2)

En d'autres termes, il n'est pas possible d'interpréter l'attraction pour la vie et l'inclination à l'évolution autrement qu'à travers la croyance en Allah, le Tout-Puissant.

c) Le caractère passager de l'univers

La science nous dit que selon la seconde loi de la thermodynamique, toute énergie disponible dans le monde s'achemine vers l'uniformité et la neutralité, et qu'un jour viendra où, étant devenue uniforme, elle sera neutralisée. Ensuite un état d'indifférence prévaudrait` probablement dans le monde. C'est justement comme un liquide versé indifféremment l'un des vases interconnectés. Nous constatons que ce liquide se met en mouvement, mais cet état ne continue pas pour toujours. Tôt ou tard tous les niveaux deviennent uniformes et toute chose devient sans mouvement et calme.

Selon cette loi, l'univers doit avoir une histoire. Il ne peut pas être éternel. S'il avait toujours existé, il serait devenu uniforme et neutre depuis longtemps.

Sur cette base, nous devons admettre que ce monde matériel n'a pas toujours existé. Il n'est pas éternel et doit avoir une histoire.

Maintenant une question pertinente se pose: quelle est l'origine de l'univers et comment est-il venu à l'être? Comment s'est produite la première explosion? Quelle a été la source de l'explosion des atomes uniformes de la première matière? Comment est-il possible qu'une explosion se produise spontanément alors qu'elle se trouve dans un état de tranquillité et de repos complet. Ici, on doit admettre que quelque facteur extérieur amène l'explosion à se produire. Nous appelons ce facteur extérieur, l'?tre Suprême ou Allah.

Les trois façons de prouver l'existence d'Allah, mentionnées ci-dessus forment le sujet de livres détaillés compilés par des philosophes de la Divinité. Nous en avons fait un bref résumé.

Le Coran et la cognition d'Allah

Il est intéressant de noter que dans notre Livre Sacré, le Saint Coran, l'accent est mis invariablement sur les arguments scientifiques. Le Saint Coran, se réfère dans la plupart de ses versets concernant l'Unicité d'Allah, à la première méthode d'argumentation, c'est-à-dire l'étude du système de l'univers. Il nous appelle tous à étudier ce merveilleux système, et parfois il se réfère aux secrets de la création des cieux.

Il dit: "Dans la création des cieux et de la terre, dans la succession de la nuit et du jour, il y a vraiment des Signes pour ceux qui sont doués d'intelligence." (Sourate ?le Imrân; 3:190)

Parfois, il adopte d'autres méthodes. Il cite le Champion de l'Unicité, le Prophète Abraham, qui dit:

"Mon Seigneur est Celui qui fait vivre et qui fait mourir." (Sourate Al-Baqarah; 2:258)

Ici, mention a été faite de la vie et de la mort qui indiquent d'une façon précise l'existence du Créateur. C'est la seconde façon de prouver l'existence d'Allah. Dans le Coran, il y a des centaines de versets qui ont pour sujet l'Unicité Divine et l'existence d'Allah, et qui attirent notre attention sur les merveilles de la création et la grandeur de l'univers. L'étude de ces versets peut former le sujet d'un livre à part, dans lequel les prodiges de la science et les secrets du Saint Coran peuvent être discutés côte à côte.

L'athéisme n'existe pas

Eu égard aux arguments scientifiques susmentionnés et visant à prouver l'existence d'Allah, on doit se demander pourquoi la plupart des scientifiques et des fondateurs des sciences physiques adhèrent encore à l'athéisme. La réponse à cette question est simple: il n'y a presque aucun scientifique qui omette de professer explicitement ou implicitement l'existence de la Cause Première ou de la Source de la Connaissance et de la Force. Il importe peu qu'il ne mentionne pas le mot "Allah" ou "Dieu" dans sa profession de foi. L'auteur des "Métaphysiques" dit que l'athéisme n'existe pas. Chacun de nous pense à Lui et Le reconnaît à sa façon (Le Signe de Dieu dans un Monde en Expansion).

Si quelqu'un constate, au cours d'une discussion sur le coeur humain, que la nature a placé une cloison entre la cavité droite et la cavité gauche du coeur afin que le sang pur ne puisse se mélanger avec le sang impur, ne concède-t-il pas par là même que la nature a un plan, un programme et un intellect ? Auquel cas, est-il possible de dire qu'il entend par nature, des facteurs qui manquent de conscience? Evidemment la réponse est négative, et par le mot "Nature", il entend l'Omniscient et l'Omnipotent Dieu.

De telles expressions qui sont un témoignage de la foi en l'existence de la Cause Première, se trouvent dans les discours de beaucoup de scientifiques. Cela montre qu'ils soutiennent tous que la nature a une volonté, une finalité et un programme. Bien entendu, par le mot "Nature", ils n'entendent pas un facteur n'ayant ni conscience ni volonté. De là, il est évident que l'utilisation de ce mot remplace celle du nom d'Allah.

Les attributs d'Allah

Ainsi, il est facile de prouver l'existence d'Allah, mais il est très difficile d'expliquer la réalité de Son Etre et Ses Attributs. Nous devons savoir avant tout qu'Allah est Toujours-Existant et Sans-Limites, IL est illimité dans le savoir, la Force, le temps et l'espace, alors que notre savoir et notre force, si vastes soient-ils, sont limités et ont une fin. Dès lors, comment un être limité peut-il saisir complètement la véritable essence d'un Etre Illimité? Il n'est évidemment pas possible pour un poussin qui grandit à l'intérieur de la coquille d'un oeuf de savoir ce qui se passe dans l'espace illimité des galaxies de grande envergure.

Mais cela ne signifie pas que nous ne puissions comprendre les Attributs d'Allah dans la limite de nos facultés de penser, de comprendre et de connaître.

Nous pouvons découvrir à partir de l'étude des phénomènes de l'univers qu'Allah est:

1-Tout-Connaisseur et Tout-Sage: cela est attesté par la merveilleuse et extraordinaire diversité de la vie et de tout ce qui existe sur la terre et dans les cieux, et c'est là le Signe de Son autorité sur toutes choses.

2-Toujours-Vivant: La vie, dans son sens réel n'est rien d'autre qu'une combinaison de connaissance et force. Allah est Tout-Connaissant et Tout-Puissant. De là, IL est Toujours-Vivant.

Pour la première raison, IL a aussi bien une volonté qu'une compréhension. IL voit toute chose et entend tout mot et tout son. IL est Tout-Régnant et Tout-Averti. IL est Eternel et Toujours-Existant.

Ce sont là quelques-uns de Ses Attributs, connus comme attributs positifs, car ils ont des aspects positifs. Il y a aussi des attributs négatifs qui ont un aspect négatif.

Etre Illimité et Parfait dans tous les cas, IL est dénué de toute ignorance, de toute incapacité, de tout besoin et de tout défaut.

Il n'a pas d'associé et nul ne peut être comme Lui. Il est impossible d'imaginer l'existence de deux êtres illimités à tous égards, car la dualité donnera naissance à des rivalités, des conflits et des disputes.

C'est pourquoi, il devient évident qu'Allah n'a pas de corps, car tous les corps doivent périr tôt ou tard. Un Etre Toujours-Existant ne peut avoir un corps, lequel est voué à la désintégration et au changement.

1. L'Unicité divine est la bas de tous les enseignements religieux

L'Unicité Divine est le véritable édifice de tous les enseignements religieux. La question de l'Unicité Divine a une importance suprême en Islam. D'une façon ou d'une autre, elle constitue une partie de tous les principes et enseignements islamiques. L'Islam rejette toutes formes de polythéisme, de dualisme et de trinité. Selon cette religion, Allah est UN. IL n'a pas de composants et personne n'est pareil à Lui.

2. L'Unité des Attributs Un certain nombre de qualités telles que: la Connaissance, la Force et l'Eternité sont attribuées à Allah. Elles sont l'essence même de Son Etre et inséparables de Lui. IL est un Etre Illimité qui n'est que l'Ultime Réalité. Tous Ses Attributs personnels forment une seule Unité, c'est-à-dire, l'Illimité.

3. L'unité de l'adoration

En outre, selon les enseignements de l'Islam, Allah seul est susceptible d'adoration. L'Islam n'autorise en aucune façon l'adoration d'aucune autre chose. Ni le soleil, ni l'étoile, ni aucun être humain ne peut être adoré, car toutes les choses sont Ses créations et IL a un contrôle souverain sur elles. De là, IL est le Seul à être digne d'adoration.

4. Unité de l'action

Une étude attentive des affaires de ce monde montrera qu'Allah est le Créateur et la véritable source de toute force. Lorsque nous entreprenons un travail, c'est avec Sa Bénédiction que nous l'accomplissons. On peut donc dire que toutes nos actions sont accomplies avec Son Aide. Personne n'a de force indépendante de Sa Force. La Force indépendante et absolue n'appartient qu'à Lui.

Toujours est-il que cela ne doit pas être interprété comme une absence de liberté et de responsabilité chez l'être humain. Allah Lui-même nous a octroyé la liberté. IL veut que nous choisissions notre vie librement afin de nous adapter à ce monde et à l'Autre Monde.

IL nous a accordé une faveur et a mis à notre disposition les moyens nécessaires pour atteindre ce but.

Notre liberté est un cadeau de Sa part, car nous avons une volonté libre, et nous sommes tenus pour responsables de nos actions.

L'homme et la volonté libre

Discutons du sujet de la liberté de choisir d'une façon plus détaillée. Nous pouvons clairement voir que nous ne sommes pas prédestinés dans nos actions. Nous avons une liberté d'action et une volonté libre. Une simple preuve de la volition humaine est le fait que nous blâmions les offenseurs de leurs offenses. Nous portons plainte dans les tribunaux contre les transgresseurs et nous demandons qu'ils soient jugés et punis. Même ceux qui prétendent croire à la prédestination, entreprennent de telles actions dans leur vie pratique. Si l'homme n'avait pas de volonté libre, si toute chose était fixée et ordonnée par Allah, ou si l'homme n'était qu'un être désarmé entre les mains de la nature, alors les poursuites judiciaires, les jugements et les punitions prononcés par les tribunaux, auraient tendance à perdre leur raison d'être. Ni le bon et consciencieux travailleur ne mériterait aucune appréciation, ni un malfaiteur ne serait passible de poursuites judiciaires et de punition, car l'un et l'autre seraient irresponsables de leurs actions. Les poursuites contre une personne qui n'a pas le choix dans son action ne traduisent pas l'esprit de justice. La voie que les êtres humains suivent dans leur vie atteste qu'ils sont convaincus dans leur for intérieur que l'homme a une volonté libre. De là, croire à la prédestination n'a aucun fondement (voir Murtadhâ Mutahhari, "L'Homme et Son Destin", Isp. 1983)

Allah nous a garanti la liberté, mais il est de notre devoir de ne pas en abuser. Au contraire, nous devons orienter toutes nos énergies vers l'accomplissement de notre propre bonheur ainsi que celui de la société.

Nous ne devons ni adopter des idées et des notions fausses ni entreprendre une action incorrecte au nom de la liberté de pensée ou d'action, car cela équivaudrait au chaos et à l'anarchie qui sont l'antithèse même de la liberté.