Aperçu des Grandes Ames de l’Humanité
 

A. & H. Benabderrahmane
Docteur en droit, chercheurs, écrivains

Aperçu des Grandes Ames
de l'Humanité

du Prophète Adam à l'Imam Al-Mahdi

Que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur les Prophètes, sur la Sainte et Pure Mère de Jésus, sur leurs familles sanctifiées, et sur leurs saints successeurs

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L'entendement est très convaincu qu'il n'y a pas de livres qui rendent de plus grands services ni plus spirituellement ni plus socialement ni à plus de gens que les Livres Révélés et les livres qui en débattent. En effet, on peut s'apercevoir de cette favorable disposition spirituelle et sociale de l'esprit populaire par les continuelles réimpressions, traductions, par la multiplicité des ouvrages traitant de la Révélation, des Prophètes (pse) et de leurs glorieux Successeurs (s).

Impossible de compter tous les ouvrages nouveaux ou réimprimés depuis des siècles. Rien donc ne pourrait être superflu qu'un ouvrage supplémentaire soutenant la preuve donnée par d'autres ouvrages de l'utilité d'avoir compilé dans un petit recueil l'Ancêtre Abraham (psl) et une partie de sa descendance en la personne de Mohammed (pslf), en celle de sa fille Fatima Az-Zahra (s) et en celle de ses Douze Imams Successeurs (s).

FONDATION DE L'IMAM HOSSEIN
Que la Paix soit avec lui
Beyrouth - Liban

Grâce au Nom de Çááå- Dieu

Le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux

" Appelle les hommes
dans le Chemin de ton Seigneur,
par la Sagesse et une belle exhortation ;
discute avec eux de la meilleure manière.
Oui, ton Seigneur connaît parfaitement
celui qui s'égare hors de Son Chemin,
comme IL connaît ceux qui sont bien dirigés ".
Coran 16/125

Adaptation de l'arabe au français des thèmes :
A. & H. Benabderrahmane, Docteur en droit, chercheurs, écrivains.

1426 de l'Hégire-2006

Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit réservés pour tous pays à la Fondation Imam Al-Hossein P.O. BOX 25/114 -

BEYROUTH - LIBAN.

S'ADRESSER A :

A. & H. Benabderrahmane

Docteur en droit, chercheurs, écrivains

Aperçu des Grandes Ames
de l'Humanité
du Prophète Adam à l'Imam Al-Mahdi

Que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur les Prophètes, sur la Sainte et Pure Mère de Jésus, sur leurs familles sanctifiées, et sur leurs saints successeurs

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FONDATION DE L'IMAM HOSSEIN
Que la Paix soit avec lui

Beyrouth - Liban

Avant propos

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L 'ENTENDEMENT est très convaincu qu'il n'y a pas de livres qui rendent de plus grands services ni plus spirituellement ni plus socialement ni à plus de gens que les Livres Révélés et les livres qui en débattent. En effet, on peut s'apercevoir de cette favorable disposition spirituelle et sociale de l'esprit populaire par les continuelles réimpressions, traductions, par la multiplicité des ouvrages traitant de la Révélation, des Prophètes (pse) et de leurs glorieux successeurs (s).

Impossible de compter tous les ouvrages nouveaux ou réimprimés depuis des siècles. Rien donc ne pourrait être superflu qu'un ouvrage supplémentaire soutenant la preuve donnée par d'autres ouvrages de l'utilité d'avoir compilé dans un petit recueil l'Ancêtre Abraham (psl) et une partie de sa descendance en la personne de Mohammed (pslf), en celle de sa fille Fatima Az-Zahra (s) et en celle de ses Douze Imams successeurs (s).

C'est donc là un recueil de plus pour quelque amélioration de l'entendement religieux et social de la nature humaine. Une compilation qui lorsqu'elle est apparue comme nécessaire en langue française à l'esprit de ses auteurs les a séduits et les a captivés parce qu'il s'agit de faire connaître une partie des Grandes Ames de l'humanité qu'il faut sans cesse rappeler à la conscience universelle. Rien de plus louable que le passage d'une bonne intention à l'action effective. Quoi qu'il advienne de celle-ci auprès du lecteur, le but est avant tout de changer le point de vue habituel sur la Religion d'Abraham nommée par Çááå-Dieu Islam et hausser le niveau de l'entendement : " Si dans " les religions mystiques ", celles de l'Asie, c'est l'homme qui dit éventuellement, de lui-même, qui est Çááå-Dieu, dans la tradition abrahamique c'est Çááå-Dieu qui se révèle, et dit Lui-même, qui Il est. Pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans Çááå -Dieu agit dans l'histoire, et communique avec Ses créatures par Sa Parole. Là s'arrêtent toutefois les convergences. A la question, quelle est cette Parole, les réponses sont en effet divergentes, avec des conceptions rapprochées de la révélation entre Juifs et Musulmans, et assez éloignées de celles du christianisme. Pour le christianisme Çááå-Dieu s'est révélé en une Personne, Le Christ, Parole Incarnée. La révélation est Jésus. L'écriture biblique, et plus spécifiquement évangélique, nous fait revivre l'événement.

Elle est une écriture inspirée sous l'influence du Saint-Esprit, et on admet à peu près unanimement aujourd'hui - il n'en fut pas toujours ainsi - qu'elle puisse être soumise à la critique historique, comme toute écriture. Pour les Juifs et les Musulmans la Révélation c'est l'?criture, une ?criture dictée, et non seulement inspirée ".

Avant tout, et pour ramener à l'idée mère, la Religion Immuable, cette compilation de certaines Grandes Ames de l'humanité embrasse et combine l'Histoire avec le présent afin de donner à ce dernier toute la plénitude religieuse et sociale qu'il comporte. La conception de cette compilation fut suggérée aux auteurs par l'absence dans le public francophone d'un ouvrage semblable regroupant une partie des Grandes Ames de la Sainte famille d'Abraham (psl), des liens qui unissent l'Ancêtre, le Patriarche au Dernier des Prophètes, le Bien-aimé Mohammed (pslf) et à sa famille sanctifiée (s).

A y regarder de près, le passé abrahamite conduit immédiatement vers son avenir à travers le célèbre descendant Mohammed (pslf). Il n'est pas douteux que les changements apportés par l'Ancêtre se continuent en Mohammed (pslf) et surviennent encore de nos jours, analogues à ceux qui, depuis l'origine du Monothéisme, ont éclairé l'humanité d'un siècle à l'autre. On conçoit pourquoi cette compilation regroupe dans un lien historique une partie des Grandes Ames de l'Histoire. Sans parler des tentatives d'altérations et de corruption de l'Histoire qui proviennent de la négligence de l'opinion personnelle et de la méconnaissance des Vérités immuables ou des vraies significations de la venue des Prophètes (pse), il est raisonnable, on doit en convenir, qu'une compilation d'une partie des Grandes Ames de l'humanité fixe les faits historiques de l'Histoire religieuse et sociale de la personne humaine.

En effet, les Prophètes (pslf) ont toujours fait aller de l'avant l'état religieux et social, les institutions, les sciences, les peuples : de là l'inévitable nécessité pour l'entendement d'être éveillé à son histoire. D'autre part, tandis que des forces contraires tentent de modifier durablement le fond même de l'état religieux et social de l'humanité, arrivant à la désuétude des grands principes et règles essentielles par la désuétude de la vie tout court, et incorporant de nouvelles doctrines-systèmes présentées comme religieuses ou politiques, l'entendement qui ne fait défaut à aucune génération d'âge en âge, sollicite, de son côté, l'esprit à des vérités qui n'aient pas été confondues avec des conclusions individuelles.

Il est bien donc, par une juste nécessité, que les Grandes Ames de l'humanité soient sans cesse rappelées à la conscience universelle pour que ceux qui sont les Amis Rapprochés de Çááå-Dieu demeurent sur terre comme les Signes qui sont venus d'en haut, du Très-Haut et les Liens solides qui guident sur la Voie du Sublime Retour. En examinant de près l'influence des conclusions individuelles et les changements qu'elles ont opérés depuis des siècles et, pour ainsi dire sous nos yeux, on remarque selon les pages de l'Histoire des hommes qu'il s'en faut beaucoup que les conclusions individuelles aient été judicieuses et heureuses. Il a été condamné des formes de penser, rejeté la Religion, supprimé sans étude préalable des conséquences la spiritualité sans aucun souci de retomber dans l'obscurité, dont le maintien et le respect auraient pourtant épargné bien des douleurs, des erreurs et prévenu bien des dommages de guerre et de mauvaise politique.

Aussi, toute Religion vivante, et surtout l'Islam appartenant au grand peuple de la postérité d'Abraham (psl) et au grand développement de la Civilisation de l'Homme qu'il implique, présente trois périodes : une période passée qui est l'accumulation des périodes successives ; une période présente qui est elle-même le contenu, l'explication et la clef de la période à venir. Mal conduite, la Civilisation de l'Homme se trouve face à des principes altérant la vie ; bien conduite, elle s'ouvre sur le temps qui mène au Bien, le temps même qui s'écoule depuis l'origine de la Création et auquel l'esprit mal intentionné tourne le dos. Ainsi, selon la nécessité apparue évidente aux auteurs, cette compilation qui retrace l'Histoire résumée d'une partie des Grandes Ames de l'Histoire de l'humanité, est un enregistrement sur le papier de leur mémoire, enregistrement qui, avec le présent, embrasse le passé religieux et social qui a jeté la lumière sur le présent et l'avenir.

Nous nous sommes arrêtés, dans cette compilation aux limites de l'ouvrage dont l'intention est de résumer, et nous n'avons pas développé outre mesure, c'est l'objet d'un autre travail en cours sur les Douze Imams Successeurs au Prophète Mohammed (pslf) qui s'impose aussi à l'érudition religieuse et sociale dans ses grandes lignes. Mais, même cet autre travail à paraître prochainement est aussi avec des limites car il faudrait avoir tout lu la plume à la main, et il est impossible de lire tout ce qui c'est dit sur les Grandes Ames de l'Histoire de l'humanité. Il nous faudrait être les premiers dans ce travail pour croire qu'il est complet mais nous ne sommes pas les premiers à avoir réuni et compilé des matériaux, et surtout qui ayons tenté de les rendre d'une façon systématique au service de l'entendement et à l'étude des apports religieux et sociaux laissés à l'humanité par les Grandes Ames mohammadiennes-abrahamites.

Souhaitons, si Çááå-Dieu le veut, que les lecteurs soient disposés à penser que cette compilation où intervient les trois périodes, passé, présent et avenir est principalement une œuvre destinée à l'érudition religieuse et sociale du Monothéisme. On y trouvera le principe de succession au Prophète Mohammed (pslf) qui prévaut sur le principe d'entente amiable entre amis. Ce qui importe en définitive c'est de connaître et de reconnaître comment les Douze Successions au Prophète Mohammed (pslf) se succèdent les unes aux autres et s'enchaînent. Cette compilation donne d'un coup d'œil toute cette filiation mohammadienne-abrahamite ; et, allant de siècle en siècle, on voit où se situe la continuité du Message et l'unité islamique, sans jamais varier du Lieu tenant l'Héritage prophétique alors que du côté de la division dès les plus hauts temps de l'Islam elle se présente encore telle qu'elle est aujourd'hui, c'est-à-dire divisée en une multitude de tendances pour une même Tradition.

La curiosité qu'excite naturellement un tel déroulement des événements qui succèdent à la mort du Prophète Mohammed (pslf) : contestation du Droit de l'Imam Ali Ibn Abi Tâleb (s) à la Succession, début de l'ère de la dissidence voire de la sécession permanente, ne se satisfait pas sans éveiller une foule de réflexions spontanées suivies de questions légitimes auxquelles cette brève compilation veut apporter quelques éléments de réponses, et qui, faisant sentir le poids de la Tradition mohammadienne-abrahamite, inspirent le respect des Grandes Ames et leur reconnaissance.

L'influence des Grandes Ames de l'Histoire de l'humanité est fort grande ; elle se confond avec l'origine de toutes les choses qui produisent de la Civilisation, puisque c'est du centre monothéiste que sont partie les influences de Civilisation qui ont agi sur l'Orient des lumières et sur l'Occident islamisé bon gré mal gré. Quand on considère l'Occident européen dans son ensemble et comme partie du corps de l'humanité on y aperçoit très clairement l'empreinte de l'Islam. C'est ainsi que les lumières de l'Orient ont toujours éclairé les contrées lointaines de l'Occident : " Ce ne fut pas par les armes que l'islamisme s'établit dans plus de la moitié de notre hémisphère, ce fut par l'enthousiasme, par la persuasion [Voltaire, Mœurs, 7] ".

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Préambule

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C 'EST parce que chacun est responsable de l'Héritage des Grandes Ames de l'Histoire de l'humanité et des références décisionnelles de vie vraie et bonne qu'elles ont mises au service religieux et social de l'humanité qu'il est très raisonnable de protéger et de faire vivre sans cesse ce potentiel d'universalité et d'humanité. Et c'est pourquoi les références de vie vraie et bonne transmises par les Grandes Ames sont toujours en jeu dans l'achèvement d'une prospérité spirituelle, intellectuelle, morale et sociale dont les débuts se reconstruisent à La Sainte Mecque sur l'inspiration divine de l'une de ces Grandes Ames, le Prophète Mohammed (pslf) et la mise en pratique de ses proches du moment : son épouse Khadidja (s) et son cousin Ali Ibn Abi Taleb (s) : " Dès les premières années du 7ème siècle se situa l'annonce en Arabie, au sein de la désertique région du Hidjaz et par la bouche d'un homme inspiré qui s'appelait Mohammed […] d'une religion nouvelle fondée sur la " soumission à Çááå-Dieu ", ou Islam, et sur l'obéissance à Son Envoyé. Cette prédication ne toucha d'abord qu'un petit nombre de ses contemporains […]. De tels effets, apparemment mineurs, mais bientôt étendus au-delà de ce cadre local, expliquent néanmoins le bouleversement politique qui allait, moins de cinquante ans plus tard, transformer la physionomie de l'Asie antérieure et du Bassin méditerranéen presque tout entier […]. La soudaineté de ce phénomène et le contraste existant entre les humbles débuts de la communauté musulmane et l'épanouissement d'un immense état conquérant n'ont pas manqué de susciter l'étonnement des historiens ".

Le Prophète Mohammed (pslf) va donc rappeler le Message délivré antérieurement par les Grandes Ames et augmenter les références géothéologiques, géopolitiques, juridiques, économiques, géosociologiques constitutives d'une société juste, et pour établir la supériorité de l'état Constitutionnel sur les régimes totalitaires et tyranniques du vieil ordre pré-islamique. Ce sera là une grande avancée en termes de bon pouvoir, de juste Droit, venant mettre fin aux " grands récits " des idéologies singulièrement suspectes à toutes les époques.

La Culture islamique qu'instaure en douceur la Tradition géothéologique et géopolitique du Prophète Mohammed (pslf) va contribuer à la lente réforme monothéiste des esprits et des mentalités tournés essentiellement par éducation vers les doctrines nuisibles du polythéisme et de l'associationnisme desquelles l'islamité de l'être humain ne peut se satisfaire ni en être convaincue. Le discours du Contrat religieux et social pratiqué par le Prophète (pslf) lui sera révélé par étapes successives, à la cadence des préceptes qui s'enseignent et s'apprennent lentement mais profondément.

Il s'adresse avant tout au cœur et à l'intellect des gens, à l'importance qu'il y a lieu de leur donner afin que la mise en mouvement de la langue et des membres du corps soit libérée des influences nuisibles et participe ainsi par des propos et des actions nobles à l'humanisation de chacun en premier et de la société ensuite. Ce qui amène à reconnaître que l'enseignement du Prophète Mohammed (pslf) s'appuyant sur la pensée du Coran n'a été influencé ni par l'école romaine ni par l'école grecque qu'il vient justement modifier par son propos purement monothéiste duquel les Romains et les Grecs s'étaient éloignés.

Le projet de l'événement mohammadien identique à celui du Grand ancêtre Abraham (psl) répond par le positif car il parle avant tout d'Intelligence, de Vérité, de Droits, de Devoirs, de Justice, de Paix, pour condamner officiellement les régimes impériaux et l'hégémonie corruptrice de doctrines-systèmes issues de la pensée humaine et imposer. A l'image des Grandes Ames de l'Histoire de l'humanité, le Prophète Mohammed (pslf) fera toucher du doigt ce qu'est un régime injuste et régressif, il (pslf) dévoilera le rôle des références de vie de l'unité de contexte et de rassemblement Coran-Sunna sur la scène géothéologique et géopolitique de son époque mais aussi contemporaine et mondiale.

En France, dans les premières décennies du 7e siècle contemporain à la prédication du Prophète Mohammed (pslf) et à son mouvement de libération de la spiritualité et d'émancipation de la condition humaine : " Les rois francs successeurs de Clovis furent appelés Mérovingiens, du nom de leur ancêtre Mérovée. Ils régnèrent pendant deux siècles et demi. Deux de ces princes, Clotaire 1er et Dagobert 1er (628-638) eurent encore une certaine puissance. C'est Dagobert, conseillé par l'évêque saint Eloi, un ancien orfèvre, qui fonda près de Paris l'abbaye de Saint-Denis où furent plus tard enterrés les rois de France. Malheureusement, chaque fois qu'un roi mourait, tous ses fils avaient droit à une part égale de ses biens. Ce partage entraînait des guerres sanglantes entre les divers héritiers, jaloux les uns des autres ; l'une des plus atroces se livra entre la reine Brunehaut et sa belle-sœur la reine Frédégonde : Brunehaut, vaincue, fut, malgré ses quatre-vingt-un ans, attachée à la queue d'un cheval sauvage et périt déchiquetée. Finalement, il subsista quatre royaumes : l'Austrasie, la Neustrie, la Burgondie et l'Aquitaine.

" Dans chacun de ces royaumes, la civilisation fut en profond recul sur celle de l'époque gallo-romaine. Les mœurs, même celles des rois, étaient très brutales : deux fils de Clovis tuèrent leurs neveux pour s'emparer de leurs terres ; Clotaire 1er incendia lui-même une chaumière où il avait fait enfermer l'un de ses fils, sa belle-fille et ses petits-enfants ; Frédégonde fit poignarder son mari et tenta d'étrangler sa propre fille. - Les lois, qui variaient d'une région à l'autre, se montraient partout cruelles : on obligeait, par exemple, les accusés à tremper une main dans l'eau bouillante ou à saisir un fer rouge ; si la brûlure guérissait vite, ils étaient déclarés innocents ; sinon, ils étaient punis comme coupables. - L'instruction avait presque disparu et l'on ne construisait plus de beaux monuments. - L'agriculture ne faisait aucun progrès ; l'industrie déclinait.

" Les derniers Mérovingiens étaient si impuissants qu'on les surnomma les rois fainéants. Beaucoup, du reste, n'étaient que des enfants. Tous se laissèrent dominer par le chef de leurs serviteurs, le Maire du Palais. Un des maires du palais d'Austrasie, Pépin d'Héristal, conquit la Neustrie. Son fils Charles Martel repoussa près de Poitiers, en 732, une invasion des Arabes musulmans qui, venus d'Espagne, menaçaient non seulement la Gaule, mais encore la chrétienté ".

En Angleterre : " La nature des Anglo-Saxons, leurs traditions antérieures et leurs goûts, communiquent chez eux à cette culture des caractères particuliers. Le septième et le huitième siècle sont, en Angleterre, un âge de saints et de héros. Ces âmes violentes et fortes se montrent capables à la fois de grands sacrifices et de grands crimes. Plus tard le mélange de la morale du guerrier nordique et de la morale chrétienne fera le héros des romans de chevalerie. Mais en des temps primitifs et sombres, l'équilibre entre les deux forces est difficile à maintenir. Tantôt les rois saxons se font moines ou partent en pèlerinage pour Rome […]. Tantôt des princes sont assassinés, des royaumes dévastés, des villes mises à sac, les habitants massacrés ".

En Italie : " Sous l'autorité des militaires […] l'administration civile s'étiole : les curies municipales disparaissent au 7e siècle, le sénat n'apparaît plus dans les textes ; à l'autonomie municipale est substituée la hiérarchie militaire ; il en résulte une transformation sociale. Certes, la cité demeure essentielle ; les artisans sont toujours groupés en collèges officiels ; mais l'état de siège permanent implique l'enrôlement des citoyens en milices, qui sont à la base de la nouvelle organisation urbaine. De plus arrivent, en Italie, de nombreux fonctionnaires et militaires bien payés en or ; ils investissent leurs traitements en achetant aux petits paysans ruinés des terres que ceux-ci ne peuvent remettre en valeur, et se font concéder l'exploitation de biens d'?glise ; cette aristocratie de fonctions, souvent militaire, devient terrienne, et tend à ressembler aux grands propriétaires occidentaux. Les querelles religieuses entre Rome et Byzance s'ajoutent au malaise social et aux exactions fiscales pour susciter de graves révoltes, surtout au 8e siècle ".

En Espagne : " L'unification du pays sous la domination gothique ne sera complètement réalisée qu'au début du 7e siècle, après la destruction du royaume suève qui subsistait au nord-ouest de la péninsule et l'expulsion des Byzantins qui, à l'époque de Justinien, avaient restauré l'autorité " romaine " dans l'Andalousie et le Levant. Bien que les Goths ne représentassent qu'une faible minorité par rapport aux Hispano-Romains, deux obstacles s'opposaient à la fusion des deux peuples : l'un tenait au système de la " personnalité des lois ", selon lequel les Wisigoths étaient régis par leur droit coutumier, tandis que le droit romain restait appliqué aux populations hispaniques, les mariages mixtes étant interdits ; l'autre résidait dans l'opposition religieuse entre les deux groupes ; les Wisigoths avaient embrassés l'arianisme, tandis que l'Espagne était attachée au Credo de Nicée. […] Comme dans tous les états barbares, l'autorité royale se heurte à la résistance de l'aristocratie, et l'absence de règle successorale entraîne de féroces rivalités entre les nobles qui se disputent la couronne. Après la mort de Wamba (680), une lutte acharnée oppose ses descendants à ceux de Receswinthe. Contre Rodrigue (de la famille de Receswinthe), ses adversaires font appel à Musa, gouverneur du Magreb tombé depuis trente ans au pouvoir des Musulmans. En 711, son lieutenant Tariq franchit le détroit ; une seule bataille suffit à décider du sort du royaume hispano-gothique et à changer les destinées de l'Espagne ".

En Afrique du Nord : " Ce fut également dans cette période que fut organisé, pour résister aux incursions des Maures, l'Exarchat de l'Afrique du Nord. Véritables vice-rois, détenteurs dans leurs gouvernements de l'autorité souveraine qu'ils exerçaient au nom de l'empereur, les exarques recevaient les mêmes honneurs et s'arrogeaient les mêmes privilèges, jusqu'à celui d'arbitrer les conflits religieux. Il était inévitable que l'excès de leur puissance les entraînât à se révolter parfois contre l'empire et en 610, ce fut à la suite d'une rébellion de l'exarque africain que son fils, Héraclius, put succéder à Phocas sur le trône impérial, après l'emprisonnement et la mise à mort du souverain ".

Dans les Balkans : " Les peuples slaves, ou plus exactement yougoslaves, ont commencé à pénétrer dans la péninsule des Balkans au 6e siècle, à la suite des Avars, et y ont fondé à l'époque d'Héraclius des établissements permanents. […] Depuis le milieu du 6e siècle, les tribus slaves englobées sous la domination des Avars avaient pris part à toutes leurs expéditions contre l'Empire, les avaient aidés à prendre Sirmium en 582, s'étaient même infiltrées en Grèce et avaient participé à leurs entreprises contre Thessalonique et Constantinople. Dès les dernières années du 6e siècle, les Slaves, encouragés par les Avars, s'étaient créé une marine, faite pour la course et la piraterie, et ravageaient les côtes d'Istrie, de Dalmatie, de Grèce, tandis que les hordes de l'intérieur réduisaient par leur avance vers la mer l'ancien Illyricum à une étroite bande de côtes. En 614, elles avaient même incendié et détruit de fond en comble la grande métropole chrétienne de Salone, qui, par ses martyrs et ses évêques, avait tenu une si grande place dans l'histoire de l'?glise. La ruine d'?pidaure suivit de près ce désastre. Les populations effrayées se réfugièrent dans les îles, sur le rocher de Raguse, dans le palais de Dioclétien, à Spalato, derrière les murailles de Trau, Zara, Veglia, Ossaro. A l'avènement d'Héraclius, les Slaves occupaient la Dalmatie, l'Istrie, les deux Mésies, les deux Dacies, la Dardanie, une partie de la Thrace et de la Macédoine, et ils aidèrent les Avars à assiéger Constantinople en 626. Ce fut là, semble-t-il, la dernière manifestation de l'alliance entre les deux peuples. Après l'échec des Avars, la confédération des peuples barbares qu'ils dominaient se disloqua ".

Dans les territoires appelés aujourd'hui Russie : " Vers la fin de leurs migrations, au déclin du 7e siècle, les tribus slaves s'étaient emparées de la grande plaine d'Europe orientale, fertile et coupée par de nombreuses rivières, territoire où, dans l'Antiquité, vivaient Scythes et Hyperboréens. Les Slaves y subsistaient des produits d'une agriculture primitive, de la pêche et de la chasse aux animaux à fourrure ; ils fabriquaient du goudron ; ils se livraient enfin à l'élevage des abeilles. En un temps où le sucre était encore inconnu, le miel était un produit recherché, il servait entre autres usages, à la fabrication de l'hydromel. La cire d'abeilles était en outre indispensable, et en grandes quantités, à la fabrication des cierges utilisés surtout dans les églises et dans les processions religieuses. Les Slaves pourtant étaient païens ; ils pratiquaient la polygamie, adoraient les dieux des vents, du tonnerre et de l'éclair, le dieu protecteur du bétail ainsi que des êtres surnaturels moins puissants, les elfes et les nains. Ils faisaient aux dieux et aux esprits de leurs ancêtres des sacrifices animaux et humains ".

En Perse : " L'apogée de la puissance sassanide et de sa prospérité se place sous Xosrô 1er Anochirvân (531-579), lorsqu'il envahit la Syrie, prit Antioche, et déporta ses fameux ouvriers métallurgistes dans son propre pays. Mais son fils, Xosrô 2 Parviz (590-628), fut victime de son ambition. Envahissant l'Empire byzantin, […] il fut forcé, alors qu'il campait sur le Bosphore devant Constantinople, de faire retraite quand l'empereur de Byzance Héraclius déborda ses flancs et mit à sac sa résidence favorite de Dastgird. […] Les Arabes [Musulmans] remportèrent d'importantes victoires à Dhou Qar vers 611, à la " bataille des Chaînes " et à Oullaïs sur les bords de l'Euphrate (633), quand ils écrasèrent l'armée perse et s'emparèrent de la capitale, Ctésiphon. Yazdgird 3, dernier roi sassanide, s'enfuit dans le Zagros, mais de nouvelles victoires arabes à Jaloula (637) et Néhavend (642) ouvrirent la route du grand plateau iranien. En l'espace de quelques années, les armées musulmanes atteignirent l'Oxus, et l'Iran devint une partie du monde islamique ".

En égypte : " La conquête de l'égypte par Scharbaraz mit le comble à la détresse de l'Empire [romain]. Ce fut seulement en 617, qu'après avoir établi l'ordre en Syrie et en Palestine, le chef persan, en suivant la côte depuis Gaza, s'empara de Péluse, non sans difficulté, et pénétra en égypte ".

En Inde : " […] Le chef exceptionnellement doué d'un petit royaume du Panjab, Harsa (606-647), restaure pourtant à son profit pour quelques décennies l'unité de l'Inde du Nord, du Kathiyavar au Bengale, mais sous la forme d'un conglomérat instable d'états réduits en vasselage, qu'il doit parcourir sans cesse à la tête de son armée pour en maintenir la cohésion. […] L'administration et les communications sont maintenues en bon ordre par les tournées du souverain, mais la sécurité individuelle n'est guère assurée et le banditisme sévit jusqu'au cœur de l'Empire ".

En Chine : " Le fils de Yang Kien, l'empereur Yang-ti, fut un grand souverain ou plutôt son règne fut un grand règne (605-616). L'homme en effet était inégal, fantasque, partagé entre périodes d'activité dévorante et périodes de découragement et d'inertie. Tel, avec tous ses défauts et ses vices, il eut un vif sentiment de la grandeur impériale retrouvée, une conscience très haute de la mission dominatrice de la Chine en Asie. Nul plus que lui n'aima le luxe et le faste. A la capitale de son père, Tch'ang-ngan, il en ajouta une autre, Lo-yang. - Il en embellit les environs d'un parc de 120 kilomètres de tour avec un lac artificiel de 9 kilomètres, duquel émergeaient les trois îles des Immortels, couvertes de pavillons magnifiques. Le long d'une voie d'eau qui débouchait dans le lac, il fit bâtir seize villas pour ses favorites. On y abordait en barque. […] Le plaisir de l'empereur était de naviguer sur le lac ou de courir le parc à cheval, durant les nuits de clair de lune, avec une bande de jolies filles qui faisaient des vers et chantaient des chansons. - […] A l'extérieur, Yang-ti continua la politique paternelle en attisant les discordes entre les chefs turcs, ce qui lui permit de jouer le rôle d'arbitre entre leurs divers khanats. Le prestige chinois était si bien restauré qu'en 608 l'empereur fit à la frontière du Kan-sou une tournée triomphale au cours de laquelle il reçut l'hommage de plusieurs oasis de l'Ouest, notamment des gens de Tourfan.

Yang-ti fut moins heureux du côté de la Corée. Il dirigea contre ce pays trois grandes expéditions, en 612, 613 et 614. Toutes trois échouèrent. La retraite de l'armée impériale tourna au désastre. Pour rétablir le prestige chinois, notamment envers les Turcs, Yang-ti fit une tournée d'inspection le long de la Grande Muraille, sur la lisière du Gobi. Il y fut surpris par une attaque des Turcs qui le tinrent un mois assiégé dans une place-frontière et ne s'échappa qu'avec peine (615).

" Yang-ti avait fatigué le peuple par sa fiscalité, ses constructions, les excès de la corvée. Dès 616, la révolte était générale. Le Xerxès chinois, comme on l'a appelé à propos du désastre de Corée, finit comme le Sardanapale de la légende. En cette même année 616, il se retira sur le bas Yang-tseu, à Kiang-tou, l'actuel Yang-tcheou, où il chercha à oublier la catastrophe dans une vie de plaisirs. En avril 618, ses gardes du corps firent irruption dans le palais, massacrèrent sous ses yeux son fils préféré, - le sang jaillit jusque sur le manteau impérial, - puis un des leurs étrangla l'infortuné monarque. Il n'avait que cinquante ans ".

Au vu de ce qui se vivait de mauvais à l'époque du Prophète Mohammed (pslf), le Monothéisme révélé aux hommes par les Grandes Ames de son histoire apparaît comme le meilleur régime, même si des dirigeants peu scrupuleux l'ont utilisé comme caution morale et référence à leur volonté terrestre de domination par tous les moyens. Sa finalité islamique est de proposer les références décisionnelles pour qu'un monde où les privilèges et les avantages dus à des rapports de force impossibles à justifier se transforme en un traitement équitable de tous, c'est-à-dire résultant de l'égalité dans les Droits et les Devoirs et non pas fondé uniquement sur les origines tribales, d'amitié, et des relations avec le pouvoir en place. La Vérité-Al-Haqq, la Justice-Al-A'dala et la Paix-Salam seront inscrites, il y a des millénaires, dans le projet monothéiste transmis part les Grandes Ames de l'Histoire des sociétés dont la concrétisation de sa modernité scientifique sera le fameux état constitutionnel de Médine reposant sur des écrits : les Livres révélés antérieurs, le Coran véridique, la Sunna et une Constitution également écrite.

Le projet monothéiste de société est donc le monde de la conciliation, du dialogue entre l'autorité politique et la population, la dignité sociale et la liberté spirituelle d'un être humain reconnu comme doué de pensée, d'intelligence et de raison. Se rappeler que la vie religieuse et sociale à l'échelle planétaire et à l'époque du Saint Prophète Mohammed (pslf) était la guerre générale et la domination par tous les moyens entre les empires, entre les tribus, la guerre entre les uns et les autres dans un outrageant égoïsme qui réclamait véritablement la ré-instauration de la Loi pour mettre un arrêt à la loi du plus fort en lieu d'office de droit. En Arabie, par exemple : " Les Banî Qayla arabes étaient divisés en deux branches, les Aws et les Khazraj, qui étaient ennemis implacables les uns des autres.

Peu avant l'arrivée de Mohammed à Médine, la Bataille de Ba'ath, qui eut lieu la septième année de la Mission du Prophète, entre les frères ennemis, avait brisé le pouvoir des Khazraj qui pensaient maintenant à faire d'Ibn Obay le roi de Médine, afin qu'il les guidât et qu'il consolidât leur force, étant donné qu'ils étaient plus nombreux que l'autre partie.

" A ce moment précis, l'apparition du Prophète [à Médine] et la conversion de la majorité des Aws firent pencher la balance du côté du Prophète, lequel se trouvait dans une conjoncture propice pour résoudre les conflits et rétablir l'ordre ".

Par sa politique de rapprochement, de conciliation, de tolérance, le Prophète Mohammed (pslf) gagnera à la Cause du Message la plupart des tribus mais aussi la plupart des croyances, qu'elle que soit la noblesse de leur origine. Bientôt, l'arbitre incontournable qu'est le Prophète (pslf) verra un accroissement de ses disciples au point où aujourd'hui ils sont plusieurs centaines de millions et sans cesse en augmentation.

Sa grandeur, il (pslf) la doit d'avoir été choisi par Çááå-Dieu pour être l'ultime transmetteur de la règle générale la plus complète et finie : le Coran Inimitable, d'avoir instauré des références décisionnelles en matière d'élévation du niveau spirituel, moral et social de tous les peuples, de réussir beaucoup plus complètement que tout autre réformateur avant lui (pslf). Il peut être dit, sans exagération, qu'il (pslf) a réussi dans tous les domaines du spirituel et du temporel à libérer le regard porté à son époque à regarder vers le bas du monde d'ici-bas pour le redresser à la contemplation vers le haut, le toujours plus haut.

Le Prophète Mohammed (pslf) a accompli le Dessein de Çááå-Dieu consistant à libérer et à émanciper parce qu'il (pslf) est lui-même certain que le Dessein divin est le seul toujours capable à modifier le cours des époques troubles. Au début de sa prédication, le monde est une épave impériale, tribale, à sa mort il (pslf) laisse les bases de la conscience universelle dans la mise en marche de la Nation de l'Islam.

Certes, avant d'en arriver là, il lui (pslf) a fallu consacrer tout son temps inspiré de la Révélation aux problèmes pratiques d'organisation religieuse et sociale, de morale quotidienne, de diplomatie, d'arbitrage entre les tribus, entre les croyances, car la tradition des Prophètes (pse) ne fait aucune distinction entre les affaires séculières et religieuses, car toutes sont soumises à la Grande Juridiction divine même si certains, " les mal intentionnés ", ne veulent pas plier leur ego aux justes décisions de l'arbitre, ce qui aboutissait à ne pas tenir les engagements pris.

En exemple, le cas du Pacte de Paix accepté par les uns et les autres, et tel le raconte l'Histoire Sainte Islamique : " Les juifs Banou Qorayzah : Les Banou Qorayzah vivaient paisiblement selon le Pacte de Paix établi jusqu'au moment de la Bataille du Fossé. Alors qu'il était le chef de la tribu de Bani Nadhir, Houyi Ben Akhtab se rendit à La Mecque pour inciter les Qoraïchites à combattre le Prophète (pslf), et coalisa les partis. Puis, il rencontra les Banou Qorayzah dont le chef était Kaâb Ben Assad qu'il persuada de s'allier à lui pour combattre le Prophète (pslf).

" Les Banou Qorayzah briserènt ainsi le Pacte établi avec le Messager de Çááå-Dieu (pslf), ils se rallièrent aux coalisés qui encerclèrent Médine et déclarèrent ouvertement leurs hostilités au Prophète (pslf). Une fois réglé le problème des coalisés par le Messager de Çááå-Dieu (pslf), Çááå-Dieu lui ordonna d'aller à la rencontre des Banou Qorayzah avec Ali (s) comme porte étendard.

" Les Banou Qorayzah furent assiégés, demeurèrent cloîtrés chez eux pour une période de vingt cinq jours. Alors, la situation devenant insoutenable pour eux, leur chef Kaâb Ben Assad leur fera une proposition comportant trois éventualités : 1. Soit ils s'islamisent et embrassent la Religion de Mohammed (pslf) ; 2. Soit ils tuent leurs enfants et sortent pour combattre Mohammed (pslf) ; 3. Soit, enfin, ils le surprennent le samedi car les Musulmans les ont assurés - les Banu Qorayzah - de ne pas les attaquer ce jour-là !

" Ils refusèrent les trois propositions de leur chef, et ils demandèrent au Prophète (pslf) de leur envoyer l'émissaire Abou Loubâbah Ben Abd Al-Mundhir pour bénéficier de ses conseils car lui-même avait encore sa famille, ses enfants et ses biens chez les Banou Qorayzah. Le Messager de Çááå-Dieu (pslf) le leur envoya. " A l'arrivée de l'émissaire, ils se mirent à pleurer et à sangloter, lui demandant ceci : A ton avis, devons-nous nous en remettre au jugement de Mohammed (pslf) ? - Abou Loubâbah leur répondit par l'affirmative en passant toutefois sa main sur son cou pour leur signifier qu'ils étaient condamnés à être exécutés. Alors, Abou Loubâbah dit : Par Çááå-Dieu, mes pieds n'avaient pas encore bougés de l'endroit où je me tenais que je venais de réaliser avoir commis une trahison à l'égard de Çááå-Dieu et de Son Messager.

" Çááå-Dieu révéla l'attitude de Abou Loubâbah à Son Messager (pslf). Abou Loubâbah se serait senti coupable [d'avoir exprimé une sentence que le Prophète (pslf) n'avait pas prononcée]. Il serait allé se faire attacher à l'un des piliers (un tronc de palmier) de la mosquée. Il aurait juré de ne pas quitter cet endroit tant que Çááå-Dieu ne lui aurait pas pardonné et que le Prophète (pslf) ne serait venu pour le détacher par lui-même. Puis Çááå-Dieu le pardonnera et le Prophète (pslf) viendra le détacher.

" Les Banou Qorayzah [refusant toujours l'arbitrage du Prophète (pslf)] acceptèrent la proposition de médiation de leurs alliés les Aws. Le Prophète Mohammed (pslf) l'accepta également. Saâd Ben Mouadh, le Awsi, fut désigné pour l'arbitrage de l'affaire qui concernait les Banou Qorayzah. Saâd Ben Mouadh se présenta blessé, et lorsqu'on lui demanda de prononcer sa sentence, il s'écriea par ces propos : " le moment est venu pour Saâd de ne craindre, pour Çááå-Dieu, le blâme d'aucun blâmeur ". Il édicta sa décision qui consistait à la condamnation à mort des hommes et à la capture des femmes et des enfants ainsi qu'à être dépossédés de leurs biens. Cette sentence sera exécutée à la lettre… ".

Si les Banou Qorayzah avaient accepté l'arbitrage du Messager de Çááå-Dieu (pslf), ils auraient bénéficié de sa grande clémence, ainsi que de sa bonté mises en pratique lors d'innombrables circonstances. On ne peut imputer le massacre des Banou Qorayzah : " au Prophète qui fit preuve, à diverses occasions, d'une grande réserve et de beaucoup de clémence. Le jugement sommaire et l'exécution brutale des Banou Qorayzah ne ressemblait en rien à la personnalité du Prophète telle qu'elle transparaît dans d'autres événements ".

Rappel au monde de l'Intelligence et de la Raison

Les Grandes Ames de l'Histoire de l'Homme ont toujours énoncé le besoin d'une pensée intelligente et rationnelle pour établir un mouvement Vérité-Haqq, Justice-A'dala et Paix-Salam, de références d'après lesquelles le pouvoir est orienté vers le but de permettre de mener une vie vraie et bonne, haute et droite, juste et pacifique.
Face à la réalité du projet monothéiste, l'être humain peut choisir des références qui l'avantagent sur le plan spirituel, intellectuel, moral et social car elles permettent de connaître sa position socio-culturelle, de développer son fond inné de croyance et d'avoir la maîtrise de l'élévation de ses capacités particulières.

Or, les Grandes Ames de l'Histoire du Monothéisme se heurteront toujours au fait historique régressif et répressif de l'idolâtrie. D'Abraham (psl) à son descendant Mohammed (pslf) les membres des lieux où se pratiquent des cultes polythéistes appartiennent toujours à des visions hétérogènes. C'est le fait du pluralisme idolâtre qui rendra problématique le processus monothéiste de société unie et cohérente, soudée par des références de vie qui font regarder vers le Haut, le Très Haut et non vers le bas, le toujours plus bas. Le pluralisme idolâtrique a toujours fait éclater le corps de l'humanité en voulant trop pousser à l'extrême le principe des libertés en tout où se mélange : le licite et l'illicite. Le pluralisme idolâtrique est le résultat d'un usage anormal de la raison humaine. Raison pour laquelle les Grandes Ames du monde viendront rappeler les notions classiques du Monothéisme pur.

A l'image de son Ancêtre Abraham (psl), le Prophète Mohammed (pslf) aura à affronter les idolâtres intégristes, les militants du polythéisme, qui ne s'accordent pas avec les références de vie claire de la Religion Immuable. Lieu d'écoute du monde de l'Intelligence et de la Raison où les différentes cultures, religions monothéistes, les différents chemins qui mènent à la vie bonne, vraie et juste, en tant que facette d'une même réalité et nécessité humaines forment le consensus raisonnable entre personnes rationnelles, tolérantes, ouvertes à l'autre. Cette conception est celle du Monothéisme pur qui accorde une valeur, une dignité aux autres croyances religieuses révélées aux Gens du Livre même très anciennes et encore pratiquées aujourd'hui.

Une question a été posée à l'Ayatollah Al-Uzma Sayyed Ali Husseyni Khaméné'i à propos justement de l'une de ces religions monothéistes : " Un groupe de gens vivent dans la région de Khuzistan que l'on appelle " Sabéens ", lesquels disent qu'ils suivent les enseignements du Prophète Yahya (Jean-Baptiste) qui, toujours selon eux, leur aurait laissé un Livre révélé. Et d'après les théologiens, ce sont les mêmes Sabéens que le Saint Coran a mentionné. Veuillez donc nous dire s'ils sont ou non des Gens du Livre ? Réponse : Cette communauté a le même hokm que les Gens du Livre ".

C'est justement cette position grandiose de la tolérance monothéiste que les Grandes Ames de l'Histoire de l'humanité ont toujours proposée, instaurée, soutenue et défendue. Les directives, pour parvenir au Commandement de Çááå-Dieu : Instaurez le Bien, éradiquez le Mal, visent sincèrement la finalité du Bien, elles sont et restent des conceptions louables et nobles par-delà même des différences d'école.

L'intolérance païenne

La difficulté pour le Prophète Mohammed (pslf) comme celle qu'avaient rencontrée les Prophètes antérieurs : Noé, Abraham, Moïse, Jésus, vient du fait que les intégristes idolâtres, les fondamentalistes du polythéisme ne veulent pas éradiquer leurs références permissives ni désarmer leur agressivité.
Ces intégristes de l'idolâtrie et ces fondamentalistes du polythéisme ne comprennent pas que leur système de la contrainte, de la force et de la ruse ne mène nulle part et qu'il faut miser sur le projet de société proposé par les Grandes Ames de l'Histoire religieuse et sociale de l'Homme.

Sur ce point, il est raisonnable d'abandonner les illusions d'un système qui mène à reculons, et reconnaître comme vitales et essentielles les références de vie des Grandes Ames et leur intelligibilité certaine. Aussi, leurs détracteurs, en personnes bien déraisonnables qu'elles sont, ont toujours préféré les rejeter. Dans ces conditions, les Grandes Ames ont toujours été les cibles des vexations, des discriminations, faites au nom de l'intolérance païenne où la vérité n'a aucun sens ni dans le domaine privé ni dans le domaine public car l'intolérance elle-même est contre la Vérité.

Ce qui est évidemment une conception étrangère par définition au projet de société humanisée des Grandes Ames de l'Histoire religieuse et sociale, de valorisation de la personne, de libération de la spiritualité et d'émancipation de la condition humaine : " Il y a certes, de par Çááå-Dieu, dans les nations et les univers, des règles (sunnan-traditions) qui ne se modifient pas et ce sont elles que l'on appelle des voies, des ordres ou des lois […] ; or le principe d'organisation des sociétés humaines, et ce qui leur arrive, est un principe unique qui ne change ni ne se modifie. Il est du devoir de celui qui veut établir le bonheur dans la société qu'il considère les sources de ce principe, afin qu'il y adapte son action et qu'il construise son projet et selon ses exigences et qu'il s'y astreigne personnellement. S'il néglige ce principe, qu'il ne s'attende à rien d'autre chose qu'à l'échec ".

Les caractéristiques historiques, cultuelles, culturelles, qui font l'" essence " de la Créature de Çááå-Dieu, son caractère unique dans un tout spirituel-temporel font que la Religion Immuable rappelée au monde par les Grandes Ames du Monothéisme entend ne pas séparer le domaine privé du domaine public, le débat privé du débat public, le domaine géothéologique du champ géopolitique et géosociologique : l'adoption de références spirituelles, intellectuelles, morales et sociales pour l'exercice de la souveraineté temporelle, et la mise en place d'institutions raisonnables, justes et loyales ne sont pas critiquables à moins de préférer les sociétés vides de sens, de raison et de principes qui fondent des sociétés telle la société romaine où la situation sociale des esclaves qui sévissait avant la venue du Prophète Jésus (s) et encore après que Çááå-Dieu l'eut élevé à Ses côtés est ignominieuse : " Quant à l'esclave, il n'avait aucun droit légal quelconque. La loi romaine hésitait à lui appliquer le terme de persona ; par compromis, elle le tenait pour un " homme impersonnel [Gaius, Commentaire, page 64] ".

" […] L'esclave ne pouvait posséder, hériter, tester, contracter un mariage légal ; ses enfants étaient classés comme illégitimes ; les enfants d'une femme esclave étaient eux-mêmes esclaves, leur père fût-il un homme libre [Gaius, 1, 56].

" Les esclaves des deux sexes pouvaient être séduits par leur maître sans recevoir aucune réparation légale. Ils ne pouvaient poursuivre en justice ceux qui leur portaient préjudice ; seul leur maître pouvait agir en ce sens en leur lieu et place.

" Le maître sous la loi de la république pouvait battre son esclave, l'emprisonner, le condamner à lutter avec les fauves dans l'arène, l'exposer à mourir de faim, ou le tuer, même sans cause et sans avoir à subir d'autre contrôle que celui de l'opinion publique, donc des propriétaires d'esclaves.

" Tout esclave fugitif qu'on recapturait pouvait être marqué au fer rouge ou crucifié. Auguste se flattait d'avoir récupéré trente mille esclaves en fuite et crucifié tous ceux que leurs maîtres n'avaient pas réclamés [Davis, Influence of wealth, 211]. Si provoqué de la sorte ou autrement, un esclave tuait son maître, la loi exigeait que tous les esclaves de la victime fussent mis à mort ".

Le Droit islamique viendra alléger et humaniser considérablement les conditions de vie des esclaves. Ne pas rattacher au Droit islamique le comportement de certains dynastes dits musulmans qui seront tout autant cruels à leur égard que les propriétaires d'esclaves de l'époque romaine.