LES PREUVES DE DEVOUEMENT DANS LE REGNE ANIMAL REVELENT L'ŒUVRE D'ALLAH
 

LES PREUVES DE DEVOUEMENT

DANS LE REGNE ANIMAL REVELENT L'ŒUVRE D'ALLAH

HARUN YAHYA

INTRODUCTION

De nos jours, la théorie Darwiniste est progressivement en train de perdre sa crédibilité. Cette théorie, défendue et présentée comme un fait scientifique par les matérialistes du début du 20ème siècle, est à présent reconnue comme fausse, et ce grâce aux développements en microbiologie, paléontologie et biochimie, les sciences sur lesquelles se base la théorie de l'évolution, et qui ont influencé ce changement. Les découvertes réalisées dans ces différents domaines scientifiques révèlent que la vie n'a pas pu se développer progressivement, par hasard ou par erreur, comme le suggère la théorie Darwiniste.

La théorie de l'évolution n'a jamais pu fournir de preuves scientifiques pour justifier ses affirmations concernant l'origine de la vie sur terre.

Elle laisse également sans réponses les questions qui concernent les multiples facultés extraordinaires que possèdent les créatures vivantes.

Le dévouement dont font preuve les créatures vivantes - thème principal de ce livre - est l'un des nombreux éléments qui tendent à prouver la nullité de la théorie de l'évolution.

Les animaux font souvent preuve de dévouement et d'altruisme dans leurs relations basées sur la solidarité et la coopération ; ils ont des comportements bienveillants les uns envers les autres, ce qui constitue un problème particulièrement embarrassant pour l'évolutionnisme.

Pour justifier sa théorie, Darwin validait ses affirmations grâce à un mécanisme appelé "sélection naturelle" qui n'a aucune capacité d'évoluer.

Selon cette théorie, toute forme de vie provient d'un ancêtre commun qui a évolué en des espèces différentes suite à des modifications environnementales. Ceux qui se sont le mieux adaptés à leur environnement ont survécu. Ils ont réussi à se reproduire et à transmettre aux générations futures les moindres changements génétiques acquis. Ainsi, après une très longue période, seuls les individus les plus expérimentés et les mieux adaptés seraient restés en vie. Darwin suggérait que chaque espèce était engagée dans une lutte pour survivre et durant laquelle le plus apte vainquait et le plus faible périssait.

Julian Huxley, un fervent partisan de darwinisme, définit la nature en ces termes :

... La plupart des luttes pour la survie n'est pas dirigée contre des forces naturelles, contre des ennemis ou contre des rivaux d'autres espèces, mais contre d'autres membres d'une même espèce. Non seulement une espèce dans son ensemble doit se battre pour survivre et pour se reproduire (au sens métaphorique), mais il en est de même pour chaque individu appartenant à cette espèce.1

Mais est-il vrai, comme l'affirment les partisans de darwinisme, que la nature est gouvernée par des lois sans pitié d'une lutte égoïste pour la survie et durant laquelle le fort domine et le faible est éliminé ?

Il est possible de trouver la réponse à cette question en cherchant directement dans la nature. Chaque créature vivante cherche évidemment à se protéger et à se nourrir, et chaque créature qui doit chasser pour trouver de quoi se nourrir se défend de manière agressive. Cependant, les enjeux qui se déroulent dans la nature ne se résument pas à ce simple fait. La grande majorité des êtres vivants font preuve d'altruisme et de dévouement envers leurs semblables, les membres de leur famille, d'autres individus de leur espèce ou parfois même des individus qui appartiennent à d'autres espèces. Le royaume animal est le théâtre de comportements qui reflètent le dévouement, la coopération, la solidarité et le respect des intérêts de chacun.

La théorie de l'évolution qui prétend que la nature est uniquement le théâtre de guerres ne peut pas expliquer ces exemples de dévouement. Le comportement de ces créatures vivantes infirme de manière indiscutable et irrévocable l'affirmation fondamentale des partisans de darwinisme. La sélection naturelle ne pourra jamais expliquer pourquoi un zèbre qui vient tout juste d'échapper à l'attaque d'un prédateur risque sa vie en faisant demi-tour pour venir en aide à ses semblables en danger. Elle ne pourra pas non plus expliquer pourquoi l'athérine risque sa vie en sautant en dehors de l'eau afin d'assurer la survie de ses œufs. D'après les affirmations des partisans de la théorie de l'évolution, la sélection naturelle aurait dû éliminer ce type de comportement altruiste depuis longtemps.

Tout en infirmant la théorie de l'évolution, le dévouement et la coopération dont font preuve les animaux attestent d'une vérité importante : tout l'univers a été créé par un être supérieur et chaque créature agit selon l'inspiration d'Allah, notre Créateur.

Dans les pages suivantes, vous allez lire des informations qui concernent les comportements étonnants dont font preuve les animaux qui ne possèdent pas de capacités intellectuelles. Tout être doté de raison et de volonté comprendra facilement qu'un tel comportement se produit uniquement selon la volonté et le dessein d'Allah. Comme Il le révèle dans le Coran :

A travers ta conception et à travers toutes les créatures vivantes qu'Il a créées il existe des signes pour les croyants. (Sourate al-Jathya, 4)

LA CONSCIENCE ANIMALE : UNE VOIE SANS ISSUE POUR LA THEORIE DE L'EVOLUTION

Sur terre, l'homme est le seul être doué de raison et d'intelligence. En plus de ses capacités physiques, son intelligence et sa raison le distinguent des autres créatures vivantes - sa capacité à comparer, décider, raisonner, prédire, planifier, se protéger, comprendre, travailler dans un but précis et d'autres qualités similaires. Aucune autre créature ne possède un tel degré de discernement ou d'intelligence. Il est par conséquent impossible d'imaginer qu'un animal puisse planifier, anticiper l'avenir ou mettre en application des calculs scientifiques pour résoudre un problème.

Alors comment pouvons-nous expliquer les comportements raisonnés et intelligents si souvent observés dans la nature? En particulier lorsqu'il s'agit de comportements d'êtres dénués d'intelligence. Avant de tenter de répondre à cette question, nous comprendrons plus facilement son importance en relatant des exemples évidents de comportement animal raisonné et intelligent.

Les barrages de castors : des projets ingénieux

Les castors calculent comme des ingénieurs, travaillent comme des constructeurs expérimentés et bâtissent des abris à partir de plans intelligents.

Avec la même compétence, ils bâtissent des barrages dans le but de ralentir le débit du cours d'eau dans lequel ils construisent leurs abris. Pour ce faire, ils doivent mettre en place des procédures très fastidieuses. Tout d'abord, ils doivent se procurer une très grande quantité de bûches et de branches qui servent à la fois de nourriture et de matériaux de construction pour leur barrage et leurs abris. Ils font tomber les arbres en rongeant le tronc à l'aide de leurs dents. Durant tout le processus ils déterminent si l'endroit choisi est convenable : ils préfèrent généralement travailler à l'endroit où le vent dominant souffle en direction du cours d'eau. De cette manière la plupart des arbres qu'ils abattent tombent en direction du cours d'eau, ce qui leur facilite le transport des bûches.

Les abris de castors sont conçus à partir d'un plan complexe. Chaque abri possède deux entrées sous-marines ainsi qu'un garde-manger, situé un peu plus haut, juste au-dessus du niveau d'eau, une sorte de chambre dotée d'un dispositif d'aération.

Pour construire les murs extérieurs de leurs abris, les castors empilent les matériaux de construction qu'ils rassemblent puis remplissent chaque cavité avec des bûchettes et de la boue tout en prenant soin de ne laisser aucune ouverture.

Les matériaux de construction qu'ils utilisent empêchent les abris de glisser et les protègent contre le froid. En hiver, ces abris sont recouverts de neige et même si la température extérieure atteint les -35°C, la température intérieure ne descend pas en dessous du point de congélation. Durant l'hiver, lorsque la nourriture se fait plus rare, les castors utilisent un garde-manger caché sous l'eau.

Les castors construisent également des réseaux de canalisations mesurant chacun un mètre de large. Ceux-ci leur permettent de rejoindre les arbres à partir desquels ils se nourrissent et qui se trouvent généralement sur des terrains plus hauts et plus secs et à une certaine distance des abris.

Les castors construisent leur barrage à partir de matière végétale et de pierres, de la même manière que leurs abris. Ils commencent par mettre en place un treillage de branches entre les deux berges du cours d'eau de façon à former une structure triangulaire. Afin de remplir les cavités de cette construction et d'augmenter sa hauteur, les castors travaillent à contre-courant en ajoutant sans cesse des branches et de la boue jusqu'à ce que leur barrage finisse par transformer un fin courant d'eau en une vaste piscine d'eau dormante. Le fait d'augmenter la largeur et la profondeur du bassin d'eau leur permet d'obtenir un environnement idéal pour stocker la nourriture nécessaire pour l'hiver et de construire un espace où il leur est possible de nager en toute liberté et de transporter facilement la nourriture et les matériaux de construction. En outre, cela permet d'obtenir une fosse profonde et sécurisée autour des abris, comme les douves de châteaux qui protègent des attaques ennemies.2

Ce bref résumé montre comment chaque étape de construction des barrages et des abris de castors résulte d'un travail intelligent, planifié, raisonné et calculé. Mais il serait insensé de croire que tout le mérite revient aux castors, un animal dénué d'intelligence et de raisonnement. Il existe donc une autre justification qui explique le comportement des castors. Si ces derniers ne sont pas à l'origine de ce travail intelligent et planifié, qui en est la source ? La réponse est Allah, Qui donne aux castors ainsi qu'à toute autre créature leurs facultés spécifiques dont nous allons étudier quelques exemples dans les chapitres suivants. Avec Sa raison et Son pouvoir infinis, Allah a donné vie à ces créatures, les a dotées de leurs capacités extraordinaires grâce à Son inspiration et leur a ordonné d'exécuter ces plans ingénieux.

La chenille d'Attacus atlas capable de planifier

Il est évident que les castors ne sont pas les seules créatures à planifier, calculer et faire preuve de raisonnement. Une de ces créatures est une espèce de chenille, animal bien plus petit que le castor, et que personne ne soupçonne de posséder la moindre intelligence. Il s'agit de la chenille d'Attacus atlas.

Comme toutes les autres chenilles de papillons de nuit, cette chenille se transforme en chrysalide et se cache sous les feuilles une fois qu'elle est sortie de son état de larve. Elle le fait à partir d'un plan ingénieux dont chaque étape requiert une grande intelligence. Puisque la feuille fraîche ne peut pas être repliée pour servir d'abri protecteur, la chenille résout le problème en utilisant une solution très simple. Elle accroche tout d'abord la feuille à la branche à l'aide de sa soie afin que la feuille ne tombe pas quand la chenille commence à ronger sa tige.

Inévitablement, la feuille coupée se dessèche et après un certain temps, elle commence à se replier sur elle-même. De cette façon, la chenille obtient une feuille en forme de tube en l'espace de quelques heures.

Au premier abord, on pourrait penser qu'en se cachant dans une feuille desséchée afin d'avoir un abri sûr la chenille fait preuve d'un comportement intelligent. C'est sans doute vrai. Mais elle serait en même temps une proie idéale et facile à attraper pour ses prédateurs. La différence de couleur entre la feuille desséchée et la feuille fraîche attirerait l'attention des oiseaux et condamnerait inévitablement la chenille.

Là encore, la chenille agit afin d'éviter qu'elle ne soit repérée facilement. Tel un mathématicien qui effectue des calculs de probabilités, elle prépare cinq ou six autres "feuilles enroulées" comme celle dans laquelle elle va se cacher, et tisse sa soie autour. De cette façon, tout oiseau affamé devra choisir parmi six ou sept feuilles desséchées avant de trouver celle qui contient la chrysalide. Toutes les autres feuilles sont "factices" : si un oiseau aperçoit l'une des feuilles desséchées, les chances qu'il trouve la chenille sont de une sur six.3

Il est évident que de tels comportements sont réfléchis et planifiés. Mais est-il réellement possible qu'une chenille dotée d'un cerveau aussi microscopique et d'un système nerveux aussi simple puisse faire preuve d'un tel comportement ? La chenille n'a pas la capacité de penser ni de planifier. Elle ne peut pas non plus avoir appris ce stratagème par l'intermédiaire d'une autre chenille. Elle n'est même pas consciente du danger que les oiseaux peuvent représenter. Par conséquent, de qui provient cette idée qui réussit à tromper les prédateurs de la chenille ?

Si vous demandiez à un partisan de la théorie de l'évolution, il ne vous donnerait aucune réponse claire et satisfaisante. Mais une fois acculé, celui-ci évoquera sans doute la notion d'"instincts". D'après les partisans, de tels comportements sont instinctifs. Dans le cas évoqué ci-dessus, la première question à leur poser serait de définir le mot "instinct". Si de tels comportements sont instinctifs, comme celui de la chenille qui se cache à l'intérieur d'une feuille, il doit alors exister un mécanisme ou une force qui la pousse à faire cela. De la même façon, une force similaire doit obliger les castors à construire leur barrage et leurs abris. Et ce mécanisme doit inévitablement provenir des créatures vivantes.

D'où provient l'instinct ?

Les scientifiques utilisent le mot instinct pour définir le comportement inné des animaux. La question de savoir comment ces comportements instinctifs sont apparus pour la première fois et comment les animaux ont développé ces instincts et les ont transmis aux générations futures est restée sans réponse.

Dans son livre, The Great Evolution Mystery le partisan de la théorie de l'évolution et généticien Gordon Rattray Taylor admet la vérité suivante : Lorsque nous nous posons la question de savoir comment un comportement instinctif naît en premier lieu et devient héréditaire par la suite, nous ne trouvons aucune réponse.4

Certains darwinistes qui n'acceptent pas ce dilemme comme Taylor tentent de passer outre de telles questions avec de vagues rhétoriques. Selon la théorie de l'évolution, les comportements instinctifs sont codés dans les gènes. D'après cette même théorie, les abeilles construisent leur nid avec une extrême précision mathématique grâce à leurs instincts. En d'autres termes, quelqu'un doit avoir programmé dans les gènes de toutes les abeilles de la terre l'instinct qui leur dicte comment construire des rayons à six côtés.

Ainsi, toute personne douée de raison et de bon sens se demande : Si les créatures vivantes agissent la plupart du temps parce qu'elles sont programmées pour le faire ainsi, qui a créé ce programme au départ ? Aucun programme ne se crée lui-même, chaque programme est conçu par un programmateur.

Les darwinistes ne parviennent pas à trouver de réponse satisfaisante à cette question. Dans leurs publications à ce sujet, ils utilisent des notions floues : l'affirmation selon laquelle soi-disant "mère nature" donne à toute créature ses qualités innées. Mais "mère nature" dont ils parlent est constituée de rochers, de terrains, d'eau, d'arbres et de végétaux. Lequel de ces éléments est responsable du comportement rationnel et conscient des animaux ? Quel élément naturel possède la capacité ou l'intelligence suffisante pour programmer les créatures vivantes ? Tout ce que nous voyons dans la nature a été créé et n'a donc pas pu se créer lui-même. Quelle personne intelligente, en voyant une peinture, s'exclamerait :

"Quelle jolie peinture ces couleurs ont réussi à créer ! " C'est une question tout à fait insensée. De la même façon, il serait insensé d'affirmer que les créatures sans intelligence peuvent programmer leur propre naissance ainsi que leur comportement rationnel et intelligent. Nous sommes ici en face d'un fait évident : puisque ces créatures n'ont pas acquis ces facultés supérieures grâce à leur intelligence, mais sont nées avec ces aptitudes, il faut par conséquent qu'un Etre Supérieur doué de raison et d'intelligence leur ait donné ces talents et ait créé ces créatures de façon à ce qu'elles puissent utiliser leurs facultés. Aucun doute que c'est Allah Qui possède cette intelligence et cette connaissance.

Dans le Coran, Allah donne les abeilles comme exemple, en disant que c'est Lui Qui est la source de leur comportement intelligent. En d'autres termes, l'inspiration d'Allah est ce que les partisans de l'évolutionnisme tentent de définir comme "l'instinct" et le fait que les animaux soient "programmés" pour faire certaines choses. Cette vérité est évoquée dans le Coran de la manière suivante :

Ton Seigneur a révélé les informations suivantes aux abeilles : "Construisez vos abris dans les montagnes et dans les arbres mais également dans les structures érigées par l'homme. Puis nourrissez-vous à partir de n'importe quel fruit et empruntez le chemin que vous montre votre Seigneur, un chemin facile à suivre." Au sein des abeilles se fabrique un liquide aux couleurs variées qui contient des substances cicatrisantes pour l'homme. Il s'agit là d'un signe pour les gens intelligents. (Sourate an-Nahl, 68-69)

Les darwinistes dénient ce fait évident afin de réfuter l'existence d'Allah. Ils recherchent l'explication à ces comportements, mais savent parfaitement que la théorie de l'évolution n'est pas capable de les justifier. Dans un livre traitant l'évolutionnisme ou dans une publication évoquant le comportement animal, on peut lire des phrases telles que : "Il faut une intelligence supérieure pour que les animaux réalisent cela, mais comment ces créatures à qui l'intelligence fait défaut y parviennent-ils ? C'est une question à laquelle la science ne peut pas répondre." Les commentaires du célèbre partisan de la théorie de l'évolution Hoimar Von Ditfurth au sujet de la chenille constituent un exemple parfait de ce que les darwinistes pensent à propos de la conscience animale :

L'idée que la chenille puisse construire des leurres (les autres feuilles desséchées) pour tromper ses prédateurs nous paraît surprenante, mais d'où vient cette idée ingénieuse en réalité? Il s'agit d'une stratégie extrêmement originale pour détourner les oiseaux affamés à la recherche de chenilles en réduisant la probabilité que la chenille soit découverte parmi les feuilles desséchées. Qui a conçu ce stratagème utilisé par la chenille très peu de temps après sa sortie du cocon ?... Ce sont des méthodes de survie que les humains peuvent utiliser. Cependant, si nous prenons en considération le système nerveux primitif de la chenille d'Attacus atlas ainsi que ses autres comportements, nous nous apercevons que celle-ci est tout à fait incapable de raisonner ou de concevoir de tels stratagèmes. Alors comment cette chenille parvient-elle à se protéger de cette manière ? Autrefois, les naturalistes qui observaient des faits similaires croyaient non seulement en l'existence de miracles, mais également en l'existence d'un Dieu Créateur Qui, afin de protéger Ses créations, avait doté celles-ci d'un savoir afin qu'elles puissent se défendre par elles-mêmes. Une telle explication n'est qu'un anathème pour les naturalistes d'aujourd'hui. Il est également inutile pour la science moderne de tenter d'expliquer un tel phénomène en utilisant les instincts.

Contrairement à la pensée commune, le fait d'attribuer de tels comportements aux instincts - ceux de la chenille dans le cas présent - revient à dire que ces instincts sont innés. Cela n'aboutit à rien et nous empêche de trouver la réponse adéquate à ce problème… Cependant, il est totalement irraisonné d'évoquer "l'intelligence" de la chenille, créature vivante qui ne possède pas de cerveau développé. Si nous observons attentivement les comportements que nous venons d'étudier, nous pouvons néanmoins remarquer l'utilisation d'aptitudes intelligentes. Si le fait de vouloir atteindre un objectif précis, planifier les évènements à venir, calculer les comportements probables des autres espèces et répondre de manière adéquate n'est pas un indicateur d'une intelligence, alors qu'est-ce qu'il est ?5 Un célèbre évolutionniste a tenté d'expliquer les comportements d'une chenille qui agit de façon intelligente et planifiée. Ses livres et publications proposent d'autres explications que ces phrases démagogiques et ces questions sans réponses.

Charles Darwin, père de la théorie de l'évolution, s'est aperçu que la notion du comportement instinctif des animaux représentait une menace pour sa théorie. Dans son livre, L'origine des espèces, il a clairement admis les faits suivants :

De nombreux instincts sont si extraordinaires que leur développement apparaîtra probablement aux nombreux lecteurs comme une difficulté suffisante pour réfuter toute ma théorie.6

Dans In The Life and Letter of Charles Darwin, Francis Darwin, le fils de Darwin, évoque le dilemme de son père au sujet des instincts :

Le chapitre III [de L'origine des espèces] qui conclut la première partie traite des différences observées dans les comportements et les instincts des animaux... Ce chapitre se situe au début de l'essai afin d'éviter qu'un lecteur, pour qui l'idée d'une sélection naturelle agissant sur les instincts semble impossible, ne rejette d'emblée la théorie. Ceci est tout à fait probable puisque dans "L'origine", le chapitre sur les instincts est spécifiquement mentionné comme l'une des "difficultés les plus évidentes et les plus manifestes pour la théorie".7

Les instincts ne se développent pas grâce à l'évolution

Les partisans de cette théorie affirment que la plupart des comportements des animaux sont instinctifs, mais comme nous l'avons mentionné auparavant, ils ne sont pas capables d'expliquer l'origine de ces instincts, la manière dont ceux-ci sont apparus ni comment les animaux ont acquis leur comportement qui semble intelligent. Lorsque les évolutionnistes sont acculés, ils affirment que les animaux acquièrent certains de leurs comportements grâce à l'expérience et que le processus de sélection naturelle choisit automatiquement les aptitudes les plus performantes qui sont ensuite transmises aux générations futures.

Il n'est pas besoin de réfléchir pour déceler les erreurs scientifiques de cette logique. Nous allons à présent examiner les aberrations de ces affirmations réclamées par les évolutionnistes.

1. Invalider l'affirmation selon laquelle les comportements profitables sont choisis via la sélection naturelle

La sélection naturelle, l'un des éléments fondamentaux de la théorie de Darwin, signifie que tout changement (physique ou comportemental) bénéfique à un animal est choisi parmi d'autres comportements moins profitables et devient alors une faculté permanente qui sera transmise aux générations futures.

Mais nous ne devons pas omettre l'élément crucial suivant : la théorie suggérée par Darwin suppose que la nature est capable de distinguer entre le bon et le mauvais en prenant des décisions de façon consciente. Cependant, aucune force ou conscience présente dans la nature n'est capable d'une telle prouesse. Les animaux ou toute autre créature vivante ne sont pas capables par eux-mêmes de déterminer quels sont les comportements favorables. Seul un Etre conscient doué d'intelligence Qui a créé à la fois la nature et les animaux peut réaliser ce genre de sélections.

Même Darwin avoue l'impossibilité d'acquérir un comportement complexe et profitable via la sélection naturelle. Il confesse que ses affirmations découlent plus de l'imagination que de faits scientifiques et qu'elles sont par conséquent erronées. Cependant, il persiste :

Enfin, en admettant même que la déduction ne soit pas rigoureusement logique, il est infiniment plus satisfaisant de considérer certains instincts, tels que celui qui pousse le jeune coucou à expulser du nid ses frères de lait, -les fourmis à se procurer des esclaves... non comme le résultat d'actes de création spéciaux, mais comme de petites conséquences d'une loi générale, qui conduit au progrès de tous les êtres organises, à savoir la multiplication, la variation, que le plus fort vive et que le plus faible meure.8

Le professeur Cemal Yildirim, l'un des plus célèbres évolutionnistes turcs, admet que la sélection naturelle ne peut pas expliquer la tendresse et l'amour que l'on retrouve dans la nature : l'amour d'une mère peut-il s'expliquer par le processus de sélection naturelle qui n'a pas de valeur spirituelle ? Les biologistes darwinistes sont incapables de donner une réponse satisfaisante à cette question.9

Les créatures vivantes dénuées d'intelligence et de raison possèdent des qualités "spirituelles" innées qu'elles ne peuvent pas avoir acquises par elles-mêmes. Par conséquent, il existe obligatoirement une puissance extérieure qui leur a donné ces qualités. Ni la nature ni le processus de sélection naturelle n'ont la spiritualité et l'intelligence nécessaires pour cela. Elles ne sont donc pas à l'origine de ces qualités. La vérité est que tous les êtres vivent selon la volonté et sous les ordres d'Allah. C'est la raison pour laquelle nous sommes si souvent témoins de comportements conscients chez les animaux dénués d'intelligence et nous pouvons alors nous poser la question suivante : "Comment les animaux sont-ils conscients de cela ?" ou "Comment cette créature peut-elle réaliser cela ?"

2. Invalider l'affirmation selon laquelle les comportements sont acquis et transmis aux générations futures grâce à la sélection naturelle

La seconde thèse des darwinistes est que les comportements acquis par les individus qui réussissent à survivre peuvent être transmis aux générations futures. Mais cette affirmation est irrationnelle. Tout d'abord, même si les animaux peuvent apprendre un comportement par expérience, il leur est impossible de le transmettre à leur descendance. Le comportement appris appartient à l'animal qui l'a acquis, c'est tout. Il est impossible de transmettre des comportements via l'information génétique.

Gordon R. Taylor, que nous avons cité précédemment, réfute les affirmations de certains biologistes qui prétendent qu'un comportement peut être transmis à la descendance :

Les biologistes admettent ouvertement que la transmission de comportements spécifiques est tout à fait possible et qu'elle se produit régulièrement.

Ainsi Dobzhansky (un professeur en zoologie évolutionniste) affirme que : "toutes les fonctions du corps sans exception sont le produit de l'hérédité survenue dans un environnement précis. Il en est ainsi pour les diverses formes de comportements, sans exception." Ceci est faux et il est tout à fait regrettable qu'un homme aussi connu que Dobzhansky puisse s'exprimer ainsi. Certains comportements peuvent être héréditaires, mais nous n'avons aucun moyen de vérifier que tous les comportements le sont.

Le fait est que les mécanismes génétiques ne semblent pas être capables de transmettre des modèles de comportements spécifiques. Leur rôle est de fabriquer des protéines. En produisant plus d'hormones spécifiques, ils peuvent affecter le comportement de manière générale en rendant l'animal plus agressif ou plus passif ou bien encore plus maternel. Mais il n'existe pas la moindre preuve qu'ils permettent de transmettre un programme comportemental spécifique tel que la séquence d'actions nécessaires à la construction d'un nid.

Si le comportement est héréditaire, quels sont les éléments comportementaux qui sont transmis, s'il y'en a ? Personne n'a encore soumis de réponse.10

Comme Gordon Taylor l'a spécifié, il est tout à fait illogique d'affirmer que le schéma comportemental est héréditaire. Les séries d'actions conscientes telles que les oiseaux qui construisent un nid, les castors qui bâtissent des barrages ou les abeilles qui réalisent des nids, sont complexes et requièrent la conception d'un plan d'actions. Le fait que les abeilles et les fourmis ouvrières soient stériles démontre une fois encore que les comportements ne peuvent pas être innés.

Les travailleuses dans les colonies de fourmis font preuve de comportements qui requièrent un certain niveau de connaissance. Cependant il est impossible que les fourmis travailleuses puissent avoir acquis ces facultés génétiquement puisqu'elles sont stériles ; elles ne peuvent pas non plus transmettre ces caractéristiques aux générations futures. Nous devons poser la question suivante aux partisans de l'évolution : comment la première travailleuse dotée de ces capacités spécifiques les a-t-elle transmises aux générations suivantes ? Les abeilles travailleuses et les termites, qui sont aussi stériles, se montrent également intelligentes, expertes, solidaires, disciplinées, dévouées et coopératrices. Mais depuis les premiers jours de leur apparition sur terre, il y a environ un million d'années, elles ont été incapables de transmettre ces caractéristiques spécifiques.

Elles n'ont pas non plus appris ces comportements exceptionnels. Toutes ces créatures utilisent ces qualités extraordinaires dès leurs premiers jours d'existence. Elles n'ont pas besoin de passer par une phase d'apprentissage ; leur comportement est déterminé par des connaissances qu'elles possèdent dès la naissance. Ceci est vrai pour le comportement "instinctif" de toutes les autres créatures vivantes de la planète également. S'il en est ainsi, qui leur apprend à utiliser ces facultés ?

Darwin a développé cette idée il y a 150 ans :

Mais ce serait une grave erreur de croire que la plupart des instincts ont été acquis par habitude dans une génération, et transmis ensuite par hérédité aux générations suivantes. On peut clairement démontrer que les instincts les plus étonnants que nous connaissons, ceux de l'abeille et ceux de beaucoup de fourmis, par exemple, ne peuvent pas avoir été acquis pas l'habitude.11

Si la fourmi ouvrière ou les autres insectes neutres étaient des animaux ordinaires, j'aurais admis sans hésitation que tous leurs caractères se sont accumulés lentement grâce à la sélection naturelle : c'est-à-dire que des individus nés avec quelques modifications avantageuses, les ont transmises à leurs descendants, qui, variant encore, ont été choisis à leur tour, et ainsi de suite. Mais la fourmi ouvrière est un insecte qui diffère beaucoup de ses parents et qui cependant est complètement stérile ; de sorte que la fourmi ouvrière n'a jamais pu transmettre les modifications de conformation ou d'instinct qu'elle a graduellement acquises. Or, comment est-il possible de concilier ce fait avec la théorie de la sélection naturelle ?12

L'objection émise par Darwin reste aujourd'hui sans réponse.

Cemal Yildirim évoque le dilemme soulevé par ce sujet à ses compatriotes :

Parmi les insectes sociables, prenons l'exemple des fourmis et des abeilles ouvrières. Puisqu'elles sont stériles, il leur est impossible de transmettre aux générations futures les caractéristiques ou modifications génétiques qu'elles ont acquises au cours de leur vie. Et cependant ces ouvrières se sont ajustées à leur environnement et ont adapté leur comportement de façon remarquable.13

Comme nous pouvons le voir d'après ces exemples, les comportements étonnants des créatures vivantes ainsi que leurs instincts ne peuvent pas s'expliquer par les mécanismes évolutionnistes. Les facultés de ces animaux n'ont pas été acquises par le processus de sélection naturelle, elles n'ont pas non plus été transmises par hérédité d'une génération à l'autre.

3. Invalider l'affirmation selon laquelle les instincts évoluent et changent en même temps que l'espèce

D'après la théorie de l'évolution, les espèces évoluent d'une génération à l'autre. Selon cette affirmation, les amphibiens auraient évolué en poissons. Mais nous ne devons pas oublier que le comportement de chaque espèce est spécifique. Le comportement d'un poisson est différent de celui d'un amphibien. S'il en est ainsi, le comportement des créatures a-t-il changé en fonction de modifications biologiques ?

Cette question soulève les dilemmes et les contradictions rencontrés par les darwinistes. Darwin était tout à fait conscient de l'existence de ce dilemme, il étudia même l'idée que les instincts puissent évoluer par la sélection naturelle :

… Les instincts peuvent-ils être acquis et modifiés par un processus de sélection naturelle ? Que pouvons-nous dire de l'instinct qui pousse l'abeille à créer des alvéoles et qui a pratiquement anticipé les découvertes des mathématiciens ?14

Nous pourrions trouver une multitude d'exemples démentant la théorie de l'évolution en observant d'autres créatures vivantes telles que les poissons, les reptiles et les oiseaux.

Les poissons possèdent leurs propres méthodes pour chasser, construire et défendre leurs nids et procréer. Ces caractéristiques sont en parfaite harmonie avec leurs conditions de vie sous-marines. Durant la période de reproduction, certains poissons accrochent leurs œufs aux rochers situés sous la surface de l'eau et augmentent l'apport en oxygène en ventilant à l'aide de leurs nageoires. De leur côté les oiseaux cachent leurs œufs à l'intérieur d'un nid spécialement conçu et les font éclore après une période d'incubation.

Certains poissons construisent leurs nids dans les cavités rocheuses sous-marines et certains animaux terrestres construisent leurs nids dans les arbres en utilisant l'écorce et les brindilles comme matériaux de construction, tandis que les oiseaux utilisent de l'herbe et d'autres matériaux plus fins. Les reptiles tels que les crocodiles enterrent leurs œufs dans le sable où ils restent pour une période d'incubation de deux mois.

Les mammifères, qui ont évolué en reptiles selon les darwinistes, ont des méthodes de reproduction complètement différentes de celles des autres espèces. Tandis que les autres espèces pondent des œufs, les mammifères portent leur progéniture dans leur utérus pendant des mois avant de lui donner naissance et de la nourrir avec du lait maternel.

Chaque animal a sa propre méthode de chasse pour trouver sa nourriture. Certains se tapissent pendant de longs moments, d'autres arborent des camouflages et d'autres encore profitent de leur rapidité ou du fait de savoir voler. Comme nous le savons, les comportements des animaux terrestres varient considérablement de ceux des animaux marins. Ils sont cependant tous liés à l'environnement dans lequel ils vivent.

Dans certains cas l'instinct animal subit de nombreux changements durant ce processus d'évolution. Dans le cas d'un poisson qui obéit à ses instincts en accrochant ses œufs sur un rocher et en agitant l'eau afin de leur apporter plus d'oxygène, le comportement inné utilisé par ce poisson doit lui aussi se modifier durant le processus d'évolution. L'instinct doit ensuite subir des modifications supplémentaires jusqu'à ce que l'espèce puisse construire des nids de parfaite structure au-dessus du sol pour incuber les œufs.

Ce qui est tout à fait impossible.

Un autre problème subsiste : si le caractère et l'environnement d'une espèce biologique change, mais que son comportement reste le même, elle ne pourra pas survivre. Par exemple, un poisson capable de se cacher dans les océans doit pouvoir rapidement développer de nouveaux mécanismes de défense. Ses fonctions corporelles, son comportement et son mode de vie doivent changer simultanément. Autrement, cette espèce sera condamnée et risque de s'éteindre rapidement.

Il est évident qu'une créature dénuée de logique et de conscience ne peut pas prendre de décisions raisonnées et stratégiques aussi rapidement.

Comment se fait-il alors que les comportements des créatures vivantes soient parfaitement adaptés aux conditions biologiques et environnementales ? Dans L'origine des espèces, Darwin s'exprime ainsi à ce sujet :

On a émis l'objection suivante à propos de l'idée énoncée précédemment sur l'origine des instincts : "les changements d'instincts doivent s'ajuster de manière précise et instantanée à chaque espèce, car une modification chez une des espèces sans changement immédiat correspondant dans une autre serait tout à fait fatale."15

Comme nous l'avons vu, ni le processus de l'évolution, ni les coïncidences, ni soi-disant "mère nature" ne peuvent expliquer le comportement des animaux et la véritable origine des instincts. Comment les espèces ont acquis ces qualités qui leur permettent de survivre ?

En réalité, la réponse est claire et évidente. Toute personne ayant déjà observé des organismes vivants admettra l'idée que ces comportements ne procèdent pas de ces organismes et ne sont pas non plus issus d'une succession de "coïncidences". Le comportement animal ne découle pas de leur organisme ni de leur environnement. Il est évident que c'est Allah, bienveillant et miséricordieux, Qui, par un pouvoir et une intelligence invisibles, est maître de ces comportements.

Conclusion : Toute créature vivante agit selon la volonté et le désir d'Allah

Comme évoqué dans les pages précédentes, les évolutionnistes qui traitent le comportement animal sont confrontés à un sérieux dilemme. La vérité reste néanmoins évidente. Si les animaux, dénués d'intelligence et de raisonnement, parviennent à différencier certains détails, à établir des liens entre différents évènements, à prendre la bonne décision, à planifier et à prévoir les évènements futurs, alors, il n'y a aucun doute qu'une puissance extérieure gouverne ces animaux. Les darwinistes prétendent que les animaux sont "programmés" pour se comporter d'une certaine manière, mais qui est l'inventeur de ce programme ? Quelle force incite les abeilles à construire leur nid de cette façon ? La réponse est manifeste. Toute personne ayant déjà observé des organismes vivants se rend compte que ces comportements ne résultent pas de ces organismes et ne sont pas non plus issus d'une succession de "coïncidences". Il est évident qu'il existe une intelligence et une puissance qui contrôle tout dans la nature et qui gouverne ces comportements. Celui Qui possède cette intelligence et ce pouvoir est Allah, Créateur de tout ce qui existe.

La théorie de l'évolution ne peut pas expliquer comment un organisme se transforme en être vivant, encore moins la raison du comportement de cet être vivant. Il faut donc observer le comportement animal si on veut réussir à révéler qu'aucune créature ne crée ses propres stratagèmes. C'est Allah, le Seigneur de toute chose sur terre et dans le ciel, Qui crée, contrôle, surveille et commande chaque être vivant ainsi que ses comportements à partir du néant. Comme le révèle le Coran :

[Hud a dit], "J'ai mis ma confiance en Allah, mon Seigneur et ton Seigneur. Il n'existe aucune créature dont Il n'ait pas le contrôle. Mon Seigneur m'indique le chemin à suivre." (Sourate Hud, 56)

Le dévouement animal dément la thèse darwiniste selon laquelle seuls les plus aptes survivent

Comme nous l'avons étudié au cours des dernières pages, d'après la théorie de la sélection naturelle suggérée par Darwin, les animaux les plus forts et les mieux adaptés à leurs conditions environnementales réussissent à survivre et à prolonger l'existence de leur espèce tandis que les plus faibles qui n'ont pas su s'adapter finissent par périr. D'après ce scénario proposé par Darwin, la nature est une arène où chaque créature vivante mène un combat sans merci contre d'autres espèces afin de survivre et où les individus les plus faibles succombent face aux plus forts, entraînant ainsi l'extinction de leur espèce.

Selon cette affirmation, tout être vivant doit être plus fort et mieux armé que son semblable et doit se battre pour survivre. Un tel contexte ne laisse aucune place pour des actes de dévouement, d'abnégation ou d'entraide, car ceux-ci seraient alors nuisibles à l'animal en question. Ainsi, chaque individu doit être aussi égoïste que possible et ne doit prendre en considération que ses propres besoins (nourriture, sécurité personnelle et défense de son nid).

La nature est-elle réellement remplie d'individus égoïstes et obnubilés par la compétition et d'animaux luttant les uns contre les autres ? Jusqu'à aujourd'hui, toutes les observations réalisées à ce sujet démentent ces affirmations évolutionnistes. Contrairement à ces assertions, la nature n'est pas uniquement le théâtre de guerres. Bien au contraire. Il existe de nombreux exemples d'animaux dévoués qui mettent souvent leur propre vie en danger et font preuve d'abnégation pour le bien de leur troupeau et qui utilisent leur intelligence au profit de l'ensemble du groupe.

Dans son livre Evrim Kurami ve Bagnazlik (La théorie de l'évolution et du sectarisme), Cemal Yildirim, partisan de l'évolutionnisme, explique pourquoi Darwin et d'autres évolutionnistes de son époque ont conclu que la nature était un terrain de bataille :

Les scientifiques du 19ème siècle étaient facilement induits en erreur en admettant la thèse selon laquelle la nature n'est qu'un champ de bataille, parce qu'ils restaient la plupart du temps enfermés dans leurs laboratoires sans se soucier de mener des observations à partir de la nature. Même un scientifique aussi respectable que Huxley n'a pas échappé à cela.16

Dans son livre, Mutual Aid: A Factor in Evolution, l'évolutionniste Peter Kropotkin exprime l'erreur de Darwin et de ses compatriotes de la manière suivante :

... Les innombrables partisans de la théorie de Darwin ont réduit la notion de lutte pour la survie à sa définition la plus simple. Ils ont fini par concevoir le monde animal comme un monde de luttes perpétuelles entre des individus à moitié affamés et assoiffés à la recherche du sang d'autres individus… En effet, Huxley considéré comme l'un des représentant les plus compétents de la théorie de l'évolution nous a enseigné dans un article sur la "Lutte pour survie et ses incidences sur l'homme" que "d'un point de vue moraliste, le monde animal est à peu près similaire à un spectacle de gladiateurs. Les créatures vivantes sont destinées à lutter contre le plus fort, le plus rapide et le plus malin un jour ou l'autre."… Il est évident que le point de vue d'Huxley ne peut pas être assimilé à une preuve scientifique.17

Cette position permet de souligner le fait que cette théorie ne repose pas sur des faits scientifiques. Afin de soutenir l'idéologie évolutionniste, les scientifiques ont interprété de manière erronée certaines aptitudes développées par la nature. La guerre imaginée par Darwin qui se déroule dans la nature n'est qu'une pure invention de sa part, car il n'existe pas une seule créature qui combatte uniquement pour son propre intérêt.

De nombreux animaux sont sociables les uns envers les autres, voire même entre espèces différentes. Ils agissent de façon altruiste. Ainsi, les partisans de l'évolutionnisme ne parviennent pas à expliquer de tels comportements désintéressés. Un article sur ce sujet publié dans un magazine scientifique aborde ce dilemme :

La question est de savoir pourquoi les être vivants s'entraident. D'après la théorie darwiniste, chaque animal se bat pour sa propre survie et pour le maintien de son espèce. D'après la théorie évolutionniste, aider d'autres créatures diminuerait ses chances de survie, et par conséquent, ce type de comportement ne devrait pas exister. Nous pouvons cependant observer de nombreux animaux se comporter de manière désintéressée.18

Le dard des abeilles à miel peut tuer les prédateurs qui menacent leur ruche. Néanmoins, en piquant l'animal ces abeilles se suicident. L'aiguillon de leur dard se rompt dans la bataille emportant avec lui une partie de l'abdomen inférieur de l'abeille ainsi que ses organes internes. Comme nous pouvons le constater, l'abeille sacrifie sa propre vie pour la survie du reste de la ruche.

Les pingouins mâles et femelles protègent leur progéniture jusqu'à la mort. Les deux parents sont entièrement dévoués à leurs petits. Le pingouin mâle protège ses petits entre ses pattes pendant quatre mois, période durant laquelle celui-ci ne peut pas s'alimenter. La femelle plonge en mer à la recherche de nourriture pour ses petits et la rapporte en la transportant dans son gosier.

Le crocodile est l'un des animaux les plus féroces, mais la femelle est capable de faire preuve d'actes de dévouement incroyables envers ses petits. Une fois sortis de leur coquille, les petits sont transportés entre les mâchoires de leur mère jusqu'au point d'eau. A partir de cet instant, elle les tiendra dans sa gueule et elle les portera sur son dos jusqu'à ce qu'ils deviennent autonomes. Lorsque les petits sont confrontés à un danger, ils recherchent instantanément à se protéger en se cachant dans la gueule de leur mère.

Le crocodile n'est pas simplement féroce, c'est également un animal dénué de raison et de logique. Il ne serait donc pas surprenant d'imaginer la mère manger ses petits pour se nourrir au lieu de les protéger.

Chez les animaux, certaines mères sont obligées de quitter leurs semblables jusqu'à ce que leur progéniture soit sevrée, ce qui les expose à des dangers considérables. De nombreuses espèces prennent soin de leurs petits pendant des jours, des mois, voire des années, en leur fournissant nourriture, abri, chaleur et protection. Beaucoup d'espèces d'oiseaux nourrissent leur progéniture entre quatre à vingt fois par heure durant la journée. Chez les mammifères, les mères sont confrontées à d'autres problèmes : elles doivent ingérer de plus importantes rations alimentaires afin d'allaiter leurs petits. Elles sont par conséquent obligées de chasser pour trouver de plus grande quantité de nourriture. Tandis que leurs petits continuent de grossir, elles perdent du poids.

On pourrait s'attendre à ce que des animaux dénués de raison délaissent leur progéniture dès la naissance puisqu'ils n'ont pas conscience que ces petits êtres sont le symbole de la survie de leur espèce. Ils endossent néanmoins toutes les responsabilités et s'engagent à s'occuper entièrement de leurs petits.

Les animaux ne se comportent pas de manière désintéressée uniquement parce qu'ils veulent protéger leurs petits. Généralement, les animaux se comportent de manière prévenante et pragmatique envers les autres individus de leur communauté. C'est le cas lorsque la nourriture se raréfie. Dans une telle situation, on pourrait croire que le plus fort va éliminer les autres et chercher à répartir la nourriture entre les individus restants.

Mais le fait est que cela ne se passe pas de la manière dont les darwinistes le prétendent. Dans ce livre, Peter Kropotkin fournit des exemples de ces comportements : lorsque la nourriture se fait plus rare, les fourmis commencent à puiser dans leur garde-manger. Les oiseaux migrent en groupe.

Et dans un cours d'eau où le nombre de castors est trop important, les plus jeunes migrent vers le nord et les plus vieux vers le sud.19 Comme le démontrent ces exemples, il n'y a aucune lutte sans merci pour la recherche de nourriture ou d'abri. Au contraire, même durant les périodes les plus difficiles, les animaux font preuve de solidarité et d'entraide, comme si chaque animal essayait de faciliter les conditions de vie des autres.

Un autre élément mérite également toute notre attention : aucun de ces animaux ne possède l'intelligence ou la conscience nécessaire pour prendre des décisions ou pour aboutir à de tels protocoles. Comment se fait-il alors qu'ils puissent établir un objectif commun auquel chacun adhère et que le but choisi soit le plus profitable pour tous ?

Il n'y a aucun doute que c'est Allah, le Seigneur de l'univers, Qui a créé ces êtres vivants, leur a donné les comportements les plus avantageux et les a surveillés à chaque instant. Allah évoque Son pourvoir de protection sur toutes Ses créations de la manière suivante :

Il n'existe aucune créature sur terre qui ne dépende pas d'Allah pour trouver sa nourriture. Il sait où elles vivent et où elles meurent. Tout est déjà clairement écrit. (Sourate Hud, 6)

Face à cette réalité, les affirmations des partisans de l'évolutionnisme qui soutiennent que la nature est un champ de bataille où les plus égoïstes qui luttent pour leurs propres intérêts dominent, sont totalement fausses. Le célèbre évolutionniste John Maynard Smith pose la question suivante à ses compatriotes :

Une des questions cruciales concerne les actes altruistes : comment se fait-il que la sélection naturelle puisse privilégier des comportements qui ne favorisent pas la survie de l'individu ?20

L'instinct de survie de l'espèce

Comme nous l'avons vu précédemment, les évolutionnistes ne peuvent pas expliquer les actes de dévouement dont font preuve les animaux. Les nombreux exemples observés dans la nature démentent les idées principales de la théorie de l'évolution. Stephen Jay Gould, un célèbre évolutionniste, a déclaré que les actes de dévouement observés dans la nature soulèvent le "problème contrariant de l'altruisme".21 Gordon R. Taylor affirme que le dévouement dont font preuve les êtres vivants "a longtemps représenté un défi pour les darwinistes."22 Les qualités hautement "spirituelles" telles que la protection et la compassion portent un coup fatal à l'idée matérialiste selon laquelle la nature n'est qu'une somme d'interactions aléatoires.

Certains évolutionnistes qui refusent d'admettre leur échec ont abouti à une idée nommée "la théorie du gène égoïste". Richard Dawkins, l'un des plus fervents défenseurs de cette notion, affirme que ce qui semble être des actes de dévouement désintéressés sont en réalité engendrés par des pulsions égoïstes. Selon son point de vue, les animaux ne font pas preuve de dévouement pour venir en aide aux autres individus de leur espèce, mais parce que cela est inscrit dans leur patrimoine génétique. Par conséquent, une mère qui sacrifie sa vie pour ses petits aide à transmettre ses gènes. Si sa progéniture survit, celle-ci pourra alors transmettre ses caractéristiques à la génération suivante. Selon cette théorie, toute créature (y compris les êtres humains) n'est qu'une simple "machine génétique". La principale responsabilité de tout organisme vivant est de transmettre ses gènes aux générations futures.

Les évolutionnistes affirment que les êtres vivants agissent selon une programmation afin de "vouloir" perpétrer l'espèce en transmettant leurs gènes aux générations suivantes. La citation suivante tirée du livre évolutionniste Essentials of Biology un parfait exemple des explications formulées par les darwinistes sur le comportement animal :

Qu'est-ce qui justifie les comportements autodestructeurs ? Les actes altruistes résulteraient des soi-disant gènes égoïstes. Des parents qui font tous les efforts possibles pour nourrir leur progéniture affamée, ou qui restent le ventre vide lorsqu'un prédateur guette dans les environs, possèdent probablement un comportement génétiquement programmé, comportement qui augmente les chances que les gènes des parents soient transmis à leur progéniture puis aux générations suivantes. Ces réponses innées et instinctives peuvent sembler "réfléchies" pour un observateur humain, mais ces programmes comportementaux sont en fait provoqués par des soupirs, des sons, des odeurs et autres stimuli variés.23

Dans cette citation le comportement animal semble viser un objectif précis, un "but spécifique" dont les êtres vivants ne sont pas conscients, mais qu'ils exécutent parce qu'ils sont "programmés pour le faire ainsi". La question que l'on doit se poser est la suivante : D'où provient cette programmation ? Certes les gènes sont des banques de données encodées, mais ils ne peuvent ni penser ni raisonner.

Les gènes n'ont ni la capacité de réfléchir ni celle de juger, par conséquent, si les gènes d'un être vivant contiennent l'ordre d'effectuer des actes de dévouement, ils ne peuvent pas en être la source. Si vous appuyez sur le bouton MARCHE/ARRET de votre ordinateur celui-ci va s'éteindre parce qu'un programmateur compétent et expérimenté l'a conçu ainsi. Notez bien la subtilité : l'ordinateur ne s'éteint pas lui-même ; le bouton MARCHE/ARRET n'est pas apparu par hasard ou par erreur. Un ingénieur a conçu l'interrupteur de manière consciente et délibérée.

Dans le cas présent, même si les gènes d'une créature étaient programmés pour agir de manière désintéressée afin que l'espèce perdure, cela prouve avant tout l'existence d'une puissance intelligente et experte qui a programmé les gènes de cette façon. Allah a ce pouvoir, et Il dirige tous les êtres vivants, les surveille et leur ordonne d'agir selon son désir. Comme le Coran l'indique :

Toute chose dans le ciel et toute créature sur terre se prosterne devant Allah, comme le font les anges. Elles ne sont pas orgueilleuses. Elles craignent le Seigneur Qui les commande et font tout ce qui leur est ordonné de faire. (Sourate an-Nahl, 49-50)

C'est Allah Qui a créé les sept paradis et les sept terres ainsi que les commandements qui sont apparus par leur intermédiaire ; vous savez ainsi qu'Allah a le pouvoir sur toute chose et qu'Allah englobe toute chose dans Sa connaissance. (Sourate at-Talaq, 12)

Les êtres vivants viennent non seulement en aide à leurs semblables dotés des mêmes gènes, mais également aux individus d'autres espèces

Dans le Chapitre 3, nous aborderons plus en détails des exemples d'animaux qui viennent en aide à leur progéniture et aussi à d'autres animaux. Cela constitue un sujet inextricable pour les évolutionnistes parce qu'un tel comportement ne favorise pas la transmission des gènes. L'exemple suivant évoqué par John Maynard Smith expose ouvertement le dilemme de la théorie de l'évolution : malgré l'absence de parenté génétique du babouin mâle, celui-ci affiche des attitudes de collaboration bien particulières. Lorsque deux babouins se combattent, l'un d'entre eux fait parfois appel à un troisième babouin pour lui venir en aide. Le babouin qui demande de l'aide émet un signal facilement identifiable, balançant sa tête de manière répétitive d'avant en arrière entre son opposant et le babouin qui lui vient en aide.24

En résumé, les animaux s'entraident et agissent de manière désintéressée parce qu'Allah leur ordonne de faire ainsi.

En poursuivant la lecture de ce livre, vous rencontrerez d'autres exemples d'actes de dévouement, de compassion et d'altruisme. Nous ne devons pas oublier qu'Allah a créé ces animaux de la manière la plus parfaite en leur ordonnant d'agir précisément selon cette dernière.