AR-RIHLA AL-MADRASIYYA OU (PARCOURS D’UN JEUNE CHRETIEN EN QUETE DE VERITE)
 
TROISIEME PARTIE

Au non d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Louange à Dieu, le Vénéré par excellence, et que la prière et la paix soient sur ses messagers, ses prophètes et ses amis.

Eliezer: Cheikh, j’aurais souhaité que vous nous donniez davantage d’explications au sujet des démonstrations du Coran sur les enseignements divins.

Emmanuel: Pour ma part, je vous demanderai de procéder en tenant compte de la capacité toute limitée des gens simples et leur perception primitive de ces choses-là, mais aussi de manière à fournir au philosophe les éclaircissements qui le satisferont, dans le respect des règles scientifiques, cela va de soi, et c’est justement ce qui est attendu du Livre céleste, révélé aux fins de guider l’humanité entière.

Le cheikh: Certaines vérités, en raison de l’incapacité des esprits à en saisir toutes les finesses, deviennent par la force des choses objet de doute et de négation, pendant que d’autres sont indiscutables du fait de leur évidence dont ne doutent que les dénués de perception ou ceux qui ont sacrifié leur humanité à leurs penchants. Pour cela, le Coran se charge de répondre par la clarté de la preuve, aussi bien à l’incapacité des gens à comprendre, qu’aux mauvaises suggestions de leurs passions. Ainsi, nous pouvons lire aux versets 19 et 20 de la sourate al-‘Ankabout (l’Araignée): « Ne voient-ils pas comment Dieu commence la création et la recommence? Cela est si aisé, en vérité, pour le Seigneur! Dis: « Parcourez la terre et voyez comment il a commencé la création, comment il la fera renaître de nouveau pour la dernière fois. » Car la puissance de Dieu n’a point de limite ».

On serait tenté de croire que par ces paroles, le Coran est en train de blâmer beaucoup de gens de notre époque, et dont les esprits sont sous l’emprise d’idées qu’ils écrivent et propagent à leur tour sans considération pour la vérité, se permettent de déclarer leur incapacité à admettre la possibilité de la création de l’existence à partir du néant. Quand je pense que le monde pullule d’exemples sur l’apparition de l’existence après le néant et que toute personne douée de raison ne peut faire autrement que de le constater, j’en arrive à me demander où sont passés leur discernement et leur clairvoyance. « Ne voient-ils pas?» Comment toutes ces créatures: hommes, animaux et plantes ont une existence après qu’elles n’en eurent point? Ne voient-ils pas comment elles se renouvellent âge après âge, peuple après peuple. Ont-ils dû renier leurs propres sens pour ne rien avoir vu de cette évidence? « Parcourez la terre! » Sortez de chez vous et quittez les ténèbres de votre ignorance « et voyez comment il a commencé la création » et fait exister les créatures après leur inexistence.

Ramzi: Ce qui apparaît du néant et finit par disparaître n’est en réalité que l’image générique de ce que vous identifiez. Quant à la matière, étant éternelle, elle n’apparaît pas plus qu’elle ne disparaît.

Emmanuel: D’où tenez-vous que cette matière prétendument éternelle, n’apparaît pas après son inexistence? Combien d’humains, d’animaux et de plantes apparaissent à l’existence alors qu’on ne leur connaissait ni image ni matière auparavant? Pourtant, toutes ces créatures grandissent, vieillissent puis disparaissent. Pourquoi ne reconnaissez-vous pas que leur matière apparaît et disparaît tout autant que leur image?

Ramzi: C’est un genre d’apparition que je ne constate pas pour le soleil, la terre et les autres planètes. Alors je ne leur imagine pas de disparition.

Emmanuel: Vous n’avez pas non plus assisté à l’apparition de votre mère, votre père et vos grands parents. Estimez-vous pour autant qu’ils ont toujours existé? Vous n’étiez pas encore né, alors que la plupart de ces oliviers existaient déjà, et vous ne vivrez certainement pas assez longtemps pour assister à leur disparition. Pour autant, iriez-vous jusqu’à juger de leur éternité? Qu’est-ce qui vous prend, Ramzi? Ne savez vous donc pas que ce sont justement ceux que vous imitez qui affirment que le soleil et toutes les planètes sont apparus à la suite de changements survenus dans les conditions de l’espace, et que l’ensemble est subordonné au pouvoir de la désintégration et de la disparition, au terme qui lui est estimé.

Ramzi: Je dis que l’apparition et la disparition, ainsi que les différents états de croissance, de la petitesse à la grandeur ne sont pas le fruit de l’apparition de la matière ou de sa disparition, mais seulement le résultat de sa concentration et de sa dispersion dans un mouvement qui aboutit au changement de la forme de l’objet existant.

Emmanuel: C’est tout de même extraordinaire! Est-ce à dire que chaque partie de l’animal ou de la plante n’est autre que la matière éternelle, et dont la forme se serait transformée en animal ou en plante par exemple, et que le processus serait le même pour chaque chose existante? D’où tenez-vous cela, afin que nous puissions en profiter nous aussi? Quel secret de la connaissance avez-vous percé pour découvrir que chaque partie qui disparaît de n’importe quelle créature, n’est que de la matière éternelle qui aura changé de forme? Voyons Ramzi, quel que soit votre allégeance aux idées de tel ou tel aventurier du matérialisme, les nouvelles découvertes ne cessent de démontrer l’une après l’autre l’apparition et la disparition de la matière.

Savez-vous que le radium se forme lors de la désintégration radioactive de l’uranium? Qu’il se transforme en énergie en envoyant dans l’espace son électricité, sa température et son rayonnement et sa période radioactive est de 1600 ans. De la décomposition radioactive du radium se forme un gaz, le radon, dont la période radioactive est de seulement quelques jours. Les auteurs de ces découvertes dont les idées gouvernent, ou plutôt asservissent votre esprit, bien qu’ayant observé le mode et les effets de désintégration du radium, n’ont pas été jusqu’à prétendre que c’est sa matière qui prend une autre forme.

N’avez-vous pas eu vent de ces découvertes qui ont bouleversé les règles dites scientifiques au sein du courant matérialiste, et sonné le glas de l’hypothèse qui fait de l’atome l’origine de toute chose? Ces découvertes viennent ni plus ni moins remettre en cause le principe sacro saint, si cher aux adeptes de ce courant, à savoir que l’atome est le plus petit corps dans la matière, qu’il est indivisible et qu’il est éternel. Et bien, figurez-vous que l’atome n’est pas aussi indivisible qu’on voudrait le faire croire, puisque nous savons désormais que lui-même est composé d’autres particules dites élémentaires, comme les électrons, les protons, les neutrons, etc.

Vous savez très bien, cher Ramzi, que nous avons déjà plus que suffisamment expliqué que le divisible ne peut être un être nécessaire, et ce qui n’est pas un être nécessaire ne peut être éternel; il a au contraire besoin d’un agent extérieur pour lui donner existence. Enfin, il est définitivement établi que la matière, étant sujette au changement dans son essence, il est bien exclu qu’elle soit un être nécessaire. Nous avons beau ignorer ce balai d’apparitions et de disparitions de corps de toutes sortes, il n’en demeure pas mois que la preuve nous est donnée sur le caractère fondamentalement accidentel de la forme générique. N’y a-t-il pas là de quoi contraindre les plus réticents, à admettre que la création d’une chose après son inexistence est quelque chose de tout à fait raisonnable, palpable, concret?

Ramzi: Nous ne pouvons pas nier la contingence des formes génériques après leur inexistence et les exemples ne manquent pas, je veux bien l’avouer. Le Darwinisme, dans sa doctrine de l’évolution des espèces, est fondé sur le fait que les espèces, par la dynamique de l’évolution, se renouvèlent à chaque fois dans de nouvelles formes. Mais ceci ne constitue pas une preuve de la création de la matière et son apparition après son inexistence.

Emmanuel: Je ne vous renverrai ni aux dernières découvertes scientifiques, ni devant les arguments de la raison. Dites-moi seulement: comment pouvez-vous vous rendre à l’idée de la création des formes génériques après leur inexistence et refuser le même principe pour la matière?

Ramzi: Simplement parce que l’apparition des formes n’est pas le fait de la création; elles naissent de la matière, car il ne peut y avoir de forme sans matière.

Emmanuel: Pourriez-vous être plus explicite? J’avoue éprouver quelques difficultés à saisir la portée de votre raisonnement.

Ramzi: Vous seriez peut-être satisfait si je vous disais que c’est la matière qui se transforme pour devenir une forme, étant donné que cette dernière ne peut être que par la transformation de la matière.

Emmanuel: Ne savez-vous donc pas que la matière ne peut exister en dehors de sa forme? Sinon, comment pouvez-vous expliquer l’existence de la première forme de la matière, celle-là même qui accompagne la matière dans son existence; d’où peut-elle être issue?

Ramzi: Je maintiens que la forme ne peut pas être sans matière, ce qui veut dire encore que sa contingence ne peut être un effet de la création.

Emmanuel: La création, c’est l’action de faire exister après le néant, et l’applicabilité de cette définition aux formes génériques ne laisse aucun doute. Ceci étant, rien ne vous autorise à restreindre le sens de la création à l’action de faire exister une chose indépendante dans son existence, sans lien avec une autre, comme le lien qui rassemble la matière et la forme et ce, quelle que soit l’aversion que vous pouvez éprouver à l’endroit du principe même de la création, parce que ne rentrant pas dans le moule de votre doctrine. Je vous dirai tout de même que l’apparition de la forme est la plus claire des preuves sur l’apparition de la matière, puisque comme vous le disiez si bien, l’une ne peut être sans l’autre. Nous ne pouvons donc parler de l’éternité de la matière, laquelle s’accompagne obligatoirement de la forme, contingente de par sa nature; à moins que nous nous mettions cette fois-ci à défendre l’éternité de la forme.

Ramzi: C’est vrai, mais la forme initiale qui accompagne la matière est tout aussi éternelle que celle-ci et non contingente.

Emmanuel: Tous les scientifiques s’accordent sur le principe selon lequel que les formes disparaissent, laissant place à d’autres qui apparaissent pour la première fois dans l’existence. Comment voulez-vous par conséquent que la forme soit éternelle? Même la forme de l’éther considérée comme la base de votre théorie est soumise à la disparition, pour que d’autres formes apparaissent à sa place.

Ramzi: La science nous démontre que depuis des millions d’années, la matière de l’univers ne cesse de changer de forme. Je ne vois donc pas ce qui vous permet de parler de contingence de la matière.

Emmanuel: Vous m’étonnez, Ramzi. Je ne sais si vous avez oublié ou si vous faites semblant. Dois-je encore vous rappeler combien nous avons débattu de ces questions qui ont été d’ailleurs consignées dans le détail? Vous y trouverez de quoi satisfaire votre curiosité et même vos objections sur le sujet.

Ramzi: Ce n’est pas pour sauter du coq à l’âne, mais à en juger par la Torah, les origines de la création ne remontent pas au-delà de huit mille ans, pendant que la science nous montre qu’une si courte période ne suffit même pas à la formation d’une des couches géologiques.

Emmanuel: Au terme des investigations que nous avons menées sur la Torah courante, il nous est apparu que celle-ci ne peut pas être la Torah authentique. C’est pourquoi, il ne serait ni judicieux ni honnête de recourir à son contenu pour alimenter votre polémique. Néanmoins, le Coran des musulmans rapporte que la création de la terre et de ses habitants a précédé de loin celle du genre humain, du moins celui à travers lequel nous nous identifions, et que cette espèce humaine a été créée en successeur à une ou plusieurs autres qui s’étaient éteintes. Dieu dit au trentième verset de la sourate al-Baqara (la Vache): « Puis vint le jour où ton Seigneur dit aux anges: « Je vais installer un représentant sur la terre». »

Ramzi: Permettez-moi d’insister, mais il est établi que la formation de notre système solaire a duré des millions et des millions d’années, alors que la Torah aussi bien que le Coran disent que les cieux et la terre ont été créés en six jours.

Emmanuel: Dans ce qui a été précédé de cette étude, la preuve a été faite sur la contingence de la matière et de ses formes qui, pour exister, nécessitent au préalable l’existence d’un Créateur. Dites-moi maintenant: qui a bien pu fixer les limites du pouvoir et de la sagesse de ce Créateur, de sorte qu’il serait incapable de créer l’univers en six jours? Ne soyez donc pas si prompt à faire objection au Coran. Vous seriez au contraire bien avisé d’interpréter ces six jours en six ères, à plus forte raison que la durée de certaines journées dans le Coran équivaut à cinquante mille de nos années.

Il est vrai que le texte de la Torah courante ne prête pas à ce genre d’interprétation, à voir la description qui est faite de la journée et ce, tout au long du premier chapitre de la Genèse. Le plus drôle chez certains se réclamant de la spiritualité chrétienne et qui se sont imprégné l’esprit d’idées matérialistes et de la théorie de l’évolution des espèces, c’est qu’ils se sont embrouillés dans l’affaire des six jours cités dans le début de la Genèse. Ainsi, l’auteur de ‘adja?ib al-makhlouqat insiste à la troisième page de son livre pour interpréter les six jours par six ères, en prenant bien soin de rappeler que son point de vue est corroboré par les scientifiques et approuvé par les sages du christianisme aux quatre coins du monde civilisé. Mais ceci n’est pas sans contredire les termes de la Torah qui, elle, n’accepte pas l’interprétation. En outre, j’ai lu le livre min ayna ji’na, édité en 1912 et dédié à l’archevêque de Beyrouth. Il dit à la page 134: « L’Eglise n’a jamais envisagé de déterminer d’une façon ou d’une autre la date à laquelle remonte l’existence de l’homme, car ce serait en contradiction avec les paroles de la Torah. D’ailleurs, la Torah ne nous apprend rien à ce propos. Concernant les chiffres avancés par celle-ci, désormais, il n’échappe à personne que la Torah a fait l’objet d’une falsification involontaire du copiste, en conséquence de quoi, nous nous retrouvons avec différentes versions. De ce fait, il devient impossible d’accorder le moindre crédit aux enseignements qu’elle contient».

Pouvez-vous me dire si, après cela, il restera la moindre considération pour la Torah que même les religieux ont jugée falsifiée et inexacte et ce, même si elle ne l’est qu’en partie. De toute manière, je n’imagine pas ces spiritualistes reconnaître la falsification de l’ensemble des enseignements de la Torah, tant sur l’interdiction faite par Dieu à Adam de manger les fruits de l’arbre, que sur la marche de Dieu dans le paradis à la recherche d’Adam, ou même sur les craintes de Dieu devant la construction de la tour de Babel. C’est évident, ils auront bien de la peine à admettre la remise en question de l’histoire, qu’il s’agisse de celle des visiteurs d’Abraham et de Lot, ou celle de la bénédiction de Jacob et de sa lutte contre Dieu.

Parmi les exemples témoins de l’acharnement darwiniste, le plus ahurissant est sans doute ce qui a été rapporté sur Ibn Rochd (Avéroes). Celui-ci, en s’appuyant sur des versets du Coran, aurait soutenu la thèse de l’éternité de la matière par le genre et sa contingence par la forme, essayant par là de réfuter l’existence d’une chose après sa non-existence: « Il créa les cieux et la terre en six jours pendant que son trône était sur l’eau », ou encore: « ensuite, il se tourna vers le ciel, qui était fumée ». Ceci implique pour le premier verset, l’existence de l’eau avant la création des cieux et de la terre, pendant que pour le second verset, l’existence de l’univers par la volonté divine à partir d’une matière antérieure à l’univers, en l’occurrence la fumée. Il aurait soutenu également que rien ne prouve que Dieu ait existé dans l’inexistence des choses, et qu’il est inconcevable qu’il les ait créées à partir de ce néant.

Renversant, n’est-ce pas! Qu’est-ce qui peut bien suggérer dans les versets cités, que l’eau et la fumée qui existaient avant les cieux et la terre n’ont pas été créées après leur inexistence? Ce qui existait avant les cieux et la terre est-il nécessairement éternel? Ensuite, comment la fumée peut-elle être la matière éternelle par le genre et à partir d’elle, l’univers contingent par la forme? La fumée serait-elle une matière sans forme? Peut-il exister une matière sans forme?

La forme et la matière

Je vous suggère, cher Ramzi, de regarder attentivement en direction de votre corps d’homme, de considérer ses différents organes et outils de perception et songer au premier stade de votre existence; je veux parler de la goutte de sperme à partir de laquelle vous êtes formé. Osez dire ensuite que votre existence dans ce corps humain ne se distingue pas de l’existence de la goutte de sperme par quelque chose d’existant! Pourriez-vous affirmer que votre corps d’homme ici présent n’en est pas un, qu’il n’existe pas et qu’en réalité vous êtes toujours une goutte de sperme et que rien n’a existé à travers cette forme humaine? Je dis que toute personne raisonnable ne saurait passer à côté de l’évidence, ignorer la contingence de l’existence et l’existant après le néant, même si certains se plaisent toujours à dire que l’apparition de l’existence à partir du néant est quelque chose d’impossible. L’humanité, le monde animal et le monde végétal ne sont-ils pas existants? Les formes génériques de toutes les espèces ne sont-elles pas existantes? N’est-il pas arrivé à chaque membre de ces espèces une existence après le néant? Ne vous vous rendez pas compte, Ramzi, que les théories élaborées dans les cercles de l’athéisme ne cessent de faire l’objet de démenti et de remise en cause chaque jour, tant par l’esprit critique que par les découvertes scientifiques?

Le Coran et l’origine de la matière

Ramzi: Dites-nous, cheikh: n’y a-t-il pas dans le Coran des versets qui soutiennent les affirmations de ceux qui réfutent l’idée de la contingence effective et de la création d’une chose à partir du pur néant? J’entends par « chose», la substance et le corps simple non formé. Ne peut-on pas dire tout au moins qu’il n’a pas été prouvé que le Coran ait été opposant à cette opinion, surtout qu’il dit: « Ou bien auraient-ils été créés de rien? » Remarquons le caractère négatif de l’interrogation.

Emmanuel: Il ne vous échappe pas, de même qu’à toute personne connaissant le noble Coran, que ce verset, ainsi que le suivant viennent en guise d’argument sur l’existence de Dieu le créateur, mais aussi en guise de désaveu et de réprobation en direction de ceux qui en doutent, mais sûrement pas pour démontrer l’éternité de la matière ou de cette prétendue substance non formée, car ceci la ferait sortir du cadre des créatures de Dieu et de son pouvoir de la faire exister après sa non- existence. Franchement, imaginez-vous le Coran se prononcer contre la raison et supposer l’existence d’une substance non formée, qui serait éternelle, non créée et non précédée du néant, et pour laquelle serait créée ultérieurement une forme? Qui peut concevoir l’existence d’une matière sans forme, alors que l’existence de la matière se reconnaît par sa forme? N’avez-vous donc pas lu dans ce même Coran que Dieu est «Créateur de toute chose », comme dans la sourate al-An‘am (les Bestiaux) (102), ar-Ra‘d (le Tonnerre) (16) et az-Zoumar (les Groupements) (62). N’avez-vous pas lu le verset 50 de la sourate Taha, qui dit: « Celui qui a donné à chaque chose création » et dans le verset 7 de la sourate as-Sajda (la Prosternation): « Celui qui a excellé en tout ce qu’il a créé ». Si cette matière, fruit de votre imagination est quelque chose dont on peut supposer l’existence, le Coran, lui, lève toute équivoque en déclarant dans la plus franche des expressions que Dieu est le Créateur de toute chose. Alors Ramzi, dites-vous toujours que le Coran ne s’est pas opposé à l’idée de l’éternité de la matière? De plus, à quoi vous avance le caractère négatif de l’interrogation, alors que vous en saisissez très bien le sens à travers le cours des idées défendues dans ces versets?

Le cheikh: Je ne crois pas que l’interrogation de Ramzi émane d’une conviction; je pense plutôt que c’était dans une intention d’investigation. Comment en serait-il autrement alors qu’il avait réfuté les assertions d’Ibn Rochd disant qu’il n’y a rien en apparence qui prouve l’existence de Dieu sans celle d’autre chose.

Emmanuel: Il aurait été bien inspiré de faire l’économie d’une telle investigation, qui n’a eu pour résultat que de la faire tomber dans la contradiction, au lieu d’être attentif et raisonnable lorsqu’il s’agit d’évoquer les enseignements du noble Coran et leur probité. En tous cas, cette attitude n’est pas sans rappeler ses propres paroles sur l’argumentation du savant Nassireddine sur la contingence de la matière et de l’univers, voulant pour preuve son nécessaire changement; il dit: « Ceci confirme la contingence de la matière de façon partielle et non comme ils disent, générique, et cela n’empêche pas son éternité substantielle.» Allons, cheikh, Peut-on concevoir une existence générique éternelle sans existence partielle? Et peut-on concevoir une existence de la matière sans forme?

Le cheikh: Précédemment, nous avons eu à argumenter par le troisième et le quatrième verset de la sourate al-Jathiya (l’Agenouillée). Voici à présent ce que dit le cinquième verset: « De même dans l’alternance de la nuit et du jour, dans ce que Dieu fait descendre du ciel comme subsistance par laquelle il revivifie la terre sèche, dans le déploiement des vents, il y a des signes pour les gens qui raisonnent.» Pensez donc aux signes clairs et aux buts nobles et extraordinaires qui nous sont révélés par le biais de ces questions. Quand le profane pense à l’alternance du jour et de la nuit, à la perpétuité de cette alternance à travers les âges et ses effets, il comprend que cela n’a rien de fortuit et que cette mesure est le fruit de la Sagesse suprême, celle d’un Omniscient et Tout-Puissant. De son côté, le connaisseur regarde cette expression de la nature en se tournant vers le mouvement des planètes et leur trajectoire autour du soleil, dans un imperturbable cycle annuel. La soumission de cette immensité à une telle discipline du rythme et de la précision a bien entendu pour effet de susciter l’admiration et l’humilité devant l’incommensurabilité du savoir et de la puissance qui sont à son origine. Le profane, de même que le savant, voient encore plus clair en étant les témoins de ce que Dieu fait descendre du ciel, source de vie de toute chose. Cette sagesse manifeste ne laisse pas le moindre espace au doute, que cette savante combinaison de bienfaits ne peut être que l’œuvre d’un Sage Miséricordieux.

Autant le profane que le connaisseur, ne pourront trouver matière à douter en voyant l’orientation et la distribution des vents, leur rôle dans l’adoucissement de l’atmosphère, la conduite des nuages vers des régions en manque de pluie, la fonte des neiges, l’élimination des moisissures: « C’est lui qui envoie les vents annonciateurs de sa miséricorde. Et quand ils sont chargés de lourdes nuées, nous les dirigeons vers une contrée morte de sècheresse et nous en déversons l’eau avec laquelle nous faisons pousser toutes sortes de fruits. » (al-A‘raf, 57).

Entre la raison et les suggestions de l’impiété

Ramzi: La science ne s’appuie que sur le monde sensible, le concret, alors que tout ce que vous avancez au sujet de la divinité ne repose que sur les appréciations de la raison abstraite.

Votre conception des choses est que l’existant accidentel ne peut être sans créateur, la cause devant nécessairement remonter jusqu’à l’E^tre nécessaire, le Créateur de toutes les créatures, dans des buts déterminés par lui. Vous soutenez par ailleurs que cet E^tre nécessaire ne se multiplie pas, ne se divise pas, ne s’incarne pas. Ce ne sont là que des estimations sans lien avec les sens et ne trouvent de support que dans la raison, toute abstraite qu’elle est.

Le cheikh: Si la situation n’est pas aussi claire pour vous, sachez qu’il est de notoriété pour les hommes de science, qu’il n’est de domaine scientifique qui ne tienne compte de l’appréciation de la raison. C’est sur elle que sont construits les raisonnements et que sont appuyées les démonstrations et les preuves. Elle est le fondement même de la science et la pierre angulaire des théories scientifiques. Sans le recours à la raison dont la lumière permet de mieux cerner la vérité, les sens ne seraient pas de grande utilité dans l’établissement de la preuve scientifique.

Le sens ne peut pas être institué en base universelle pour l’intérêt de la science et on doit l’imaginer sans peine pour le cas de l’induction, par exemple. A propos, savez-vous ce qu’est l’induction? Quelle est son utilité? L’induction en logique est un processus de pensée qui consiste à aller du particulier au général, à l’inverse de la déduction. L’induction présuppose que si une affirmation est vraie dans un certain nombre de cas observés, elle sera aussi vraie dans des cas similaires, mais non observés. La probabilité que l’affirmation soit juste dépend du nombre de cas observés. Sachez alors qu’il n’y a rien dans les sciences pratiques qui se base sur l’induction.

Par ailleurs, l’une des sciences les plus proches du sens est sans doute le calcul, dont les bases ne trouvent pourtant pas leur origine dans les sens. Parmi les règles du calcul, nous savons que chaque nombre pair est divisible en deux nombres entiers égaux, que le «un» ne se divise pas, que trois additionné à quatre donnent la somme de sept et que chaque cinq dont on soustrait trois donne deux, etc.

Est-ce à dire que nous obtenons ce savoir par le raisonnement inductif? Certainement pas. N’est-ce pas la raison qui, du fond de son abstraction, juge que la paire, compte tenu de sa nature, est divisible en deux parties égales, et que la nature de trois et de quatre impose que de leur addition résulte un total de sept? Ainsi vont les évidences du calcul, et si les sens avaient une quelconque influence sur les choses, c’est seulement pour interpeller la raison sur la nature du monde sensible, afin de lui permettre de juger avec les évidences du bon sens.

J’ajouterai que si vous considérez toujours que la connaissance des ces questions relève des sens, sachez que celles qui intéressent les théologiens sont encore en plus étroite relation avec le monde sensible, car toute chose concrète observée dans l’univers attire l’attention sur l’évident besoin de celle-ci pour un créateur, l’E^tre nécessaire. Ce sujet est également abordé dans le livre anwar al-houda, p.3 et 4.

Visions Epicuriennes

Ramzi: Nous pouvons lire à la page 120 de la revue al-hourriya al-baghdadiya ces paroles d’Epicure sur l’athéisme: « Soit Dieu veut effacer le mal mais ne le peut pas, soit il le peut mais ne le veut pas, soit il ne le peut pas et ne le veut pas, soit il le peut et le veut. Les trois premières suppositions sont inconcevables pour un Dieu digne de ce nom. Quant à la quatrième, si elle est juste, pourquoi le mal continue-t-il d’exister? »

Emmanuel: Savez-vous, Ramzi, ce que Epicure voulait dire par le terme « mal»?

Ramzi: Le mal est connu, tout le monde le sait; je ne vois pas de raison à cette question.

Emmanuel: Les prétentions de l’homme l’ont conduit à généraliser la signification du terme « mal» en y introduisant tout ce qui est susceptible de déranger les penchants, l’affinité, l’avidité, la convoitise, etc. C’est tellement vrai que le fornicateur en est arrivé à considérer l’interdiction de l’adultère comme une injustice et un mal, de même que les criminels de tous bords prennent pour un mal toute action visant à mettre en échec leurs méfaits. C’est également l’exemple de l’ingrat qui vit toujours comme une grande injustice la rupture, pour une raison ou pour une autre, du bienfait dont le comblait jusque là son bienfaiteur.

Mais que dire des bienfaits de Dieu pour ses créatures? Le genre humain, tout en estimant son espérance de vie à quatre vingt ans en moyenne, avec les nombreux risques qui concourent à son raccourcissement, s’y agrippe plus qu’à tout autre chose. Déterminé à vivre le plus longtemps possible pour ce but, tout éphémère qu’il soit, il n’hésite pas à recourir à tous les moyens que lui procurent les voies de la cupidité, de l’injustice et de la méchanceté, même dans un état de vieillesse, de décadence physique porteuse de la perte des sens les plus importants, de solitude et de désespoir. Tout cela pour profiter des quelques plaisirs de la vie, même en voyant la fin toute proche, et c’est précisément toute la dimension que l’animal donne au bienfait de la vie et à sa valeur.

Pensez à la richesse, aux enfants, au pouvoir et aux honneurs; pensez à leur importance dans la vie des hommes en tant qu’immenses privilèges et en tant que buts à atteindre. Enfin, pensez aux bassesses dont l’homme est capable pour les atteindre et les préserver.

Parallèlement, pensez à ceux dont l’âme noble se satisfait humblement de ce qu’elle possède. Vous seriez surpris de voir la jouissance qu’est celle de ces gens-là, à savourer le peu qu’ils ont et qu’ils considèrent surtout comme un énorme bienfait. Alors, ne soyez pas contrarié si je vous demande de m’expliquer ce que voulait dire Epicure par le terme «mal».

Ramzi: Il fait bien sûr allusion aux calamités qui font le quotidien de l’humanité: la mort, les maladies, les souffrances, la pauvreté, la perte des proches, la déchéance après la gloire, l’humiliation et l’avilissement après la grandeur, bref, tous ces maux qui privent la vie de son plaisir et de son bien-être.

Emmanuel: Je m’en doutais bien, et c’est sur quoi j’ai voulu attirer votre attention tout à l’heure, en disant que l’ingrat considère la rupture du bienfait comme une injustice. Je vous invite à plus de détails sur ce sujet, dans le livre anwar al-houda, p 61-73.

Comprenez bien que l’homme n’a aucun mérite pour l’existence, la vie, la santé, la richesse, la gloire, la progéniture, les amis et tout ce qu’il aime d’autre. A vrai dire, rien de ceci ne dépend de son pouvoir, car ce sont des bienfaits, témoins de la bonté et de la générosité de leur donateur, sans que l’homme y ait un mérite, quel qu’il soit. Partant de ce principe, ce qui pourrait vous sembler être un mal dans la mort, les maladies, les souffrances et les autres malheurs, n’est en réalité que la rupture du bienfait déterminé et pour une raison que connaît le bienfaiteur. N’y voyez ni mal, ni atteinte, ni oppression, ni préjudice contre le mérite, ni une dépossession de l’individu de ses droits.

Seulement, le pécheur, habitué qu’il est à la cupidité, l’avarice et l’ingratitude, n’hésite pas, compte tenu de son ignorance, sa bassesse et son arrogance, à qualifier de mal, injuste et condamnable la rupture du bienfait; il nie tous les bienfaits passés et ose même entrer en colère contre le bienfaiteur.

Il faut comprendre que si l’âme jouit de privilèges physiques, dont l’existence du corps et la bonne santé, c’est sans conteste grâce au lien indéfectible qui unit cette âme à son corps. C’est en raison de ce lien que l’âme souffre lorsque l’homme perd de sa bonne santé et de sa bonne humeur, suite à la décision de son bienfaiteur de lui retirer temporairement ou définitivement quelques uns de ses bienfaits. Alors, du fait de l’osmose qui caractérise la relation du corps avec l’âme, cette dernière reçoit de plein fouet les effets de chaque contrariété imposée au corps, telle les maladies, le vieillissement, etc. Et l’âme ne cessera de ressentir ce que le corps subit, qu’avec la rupture de leur relation, après quoi s’estompent pour l’âme tous les besoins de nature physique. De ce fait, nous devons bien reconnaître que les douleurs et les souffrances ne sont nullement un mal que Dieu doit effacer.

Sachez enfin que la plus noble des sciences, celle qui ouvre la voie vers la véritable civilisation, vers le progrès social et le bonheur permanent, est celle qui permet d’aboutir à la connaissance de Dieu, le donneur de la vie, le Bienfaiteur et le détenteur du destin. La connaissance des attributs de puissance, de beauté et de majesté de Dieu, conjuguée à l’observation de ses enseignements sont les clefs de la plénitude spirituelle et du bonheur éternel. L’univers a été créé sur cet ordre en tant que portail ouvert sur cette connaissance de Dieu, et dans tous les cas un guide vers elle, car la considération portée aux différents aspects de la création se chargera de guider ceux qui ne sont pas asservis à leurs penchants, vers la conviction que cet univers merveilleusement ordonné ne peut être que le produit d’un Créateur, l’E^tre nécessaire.

Ramzi: Et que faites-vous de la tyrannie des tyrans, la perversité des pervers, l’injustice des injustes et la rébellion des rebelles? N’est-ce pas un mal? Un Dieu digne de ce nom ne doit-il pas l’effacer? Pourtant, le mal règne et persiste et le monde n’en est que plus sombre et l’humanité plus triste.

Emmanuel: Votre question appelle deux types de réponses: l’un concerne l’origine du mal, pendant que l’autre concerne celui qui subit le mal.

Nous dirons donc que le premier type concerne la rupture du bienfait pour le lésé ou le défavorisé, selon ce que requiert la sagesse ou ce que dictent les raisons. Nous savons que Dieu subordonne ses bienfaits à certaines conditions et leur rupture ne peut être considérée comme un mal que par ceux dont l’esprit est manipulé par le vice et l’ingratitude. En effet, qui pourrait exiger de Dieu la perpétuation de ses bienfaits? Quel principe raisonnable, quelle politesse et quel esprit sain pourraient les justifier? Dieu le créateur étant le donateur, il lui appartient de décider de la destination de ses bienfaits, de leur nature et de leur quantité, et s’il décide de suspendre ou d’arrêter définitivement ses faveurs, nul ne pourra lui en tenir rigueur, car ce ne sera pas un mal. De ce point de vue, je doute qu’Epicure et ses adeptes disposent du moindre bout d’argument imaginaire à opposer.

Le second type de réponse intéresse le fait que l’homme est créé libre et responsable de ses actes. Là encore, les prétentions d’Epicure tombent en miettes devant l’accomplissement de Dieu pour ses bienfaits sur l’homme, en l’honorant de ce qu’il convient d’appeler le libre arbitre et ce, dans le but de lui ouvrir les voies de l’ascension vers la perfection et le bonheur. Dieu a réellement privilégié l’homme en introduisant dans les évidences de sa perception et de sa conscience la connaissance des bonnes et des mauvaises mœurs, les bonnes et mauvaises actions, ainsi que leurs retombées spirituelles et sociales.

En prélude à l’accomplissement de ses bienfaits, Dieu envoya les prophètes en les soutenant de ses Livres sacrés et en leur donnant pour charge de montrer aux humains ce qui leur est inconnu, par la démonstration et la prédication. Ne savez-vous pas que le bien et le mal dans les actions de l’homme sont du même genre, sauf qu’ils diffèrent dans leurs intentions et leurs impacts? Et que son aptitude à faire le bien est cette même aptitude à faire le mal? Mais peut être ne vous rendez-vous pas compte que parmi les gens, il y a ceux qui choisissent les bonnes actions et le droit chemin, ce qui leur ouvre toutes grandes les portes de la distinction des mœurs, du comble spirituel, de la paix et du bonheur éternels, pendant que d’autres préfèrent la souillure de l’âme par les actions les plus méprisables et les mœurs les plus basses.

Dites-moi donc, Epicure voudrait-il que Dieu retire à l’homme son libre arbitre et sa capacité à faire des choix? Voudrait-il que Dieu ferme la porte du bienfait et de la miséricorde devant ses créatures en les privant d’atteindre la perfection par les voies de la bonté et de la piété? Est-il nécessaire que Dieu dépouille l’homme de sa volonté et se situe ainsi à l’encontre de sa propre miséricorde, de sa grâce et de sa générosité et ce, dans le seul but d’empêcher ses créatures de se rebeller? Pourtant, il n’en est guère besoin, puisque l’homme s’est vu montrer les limites de sa liberté, d’abord par sa propre raison, ensuite par la démonstration, la prédication et les autres freins ô combien nombreux, qui sont mis à contribution pour sa dissuasion.

N’est-il pas suffisant que l’homme ait une conscience lui permettant de situer volontairement d’un côté, le bien et les immenses avantages qui en découlent, et de l’autre, le mal et ses conséquences néfastes? A cela s’ajoute l’apport considérable des prophètes, des livres sacrés, des prêcheurs et des mises en garde de la loi. C’est dire si Epicure et ses adeptes préfèrent que Dieu Dépossède l’homme de ses choix, de son libre arbitre et de sa volonté, de telle sorte qu’il prive indistinctement le bon et le mauvais de ses bienfaits et de sa miséricorde.

Voyez-vous, Ramzi, Dieu a rendu la nature et la durée de ses bienfaits tributaires de conditions ordinaires et conventionnelles, et cette limitation ne les fait nullement sortir de leur qualité de bienfait, de même que cela ne constitue aucunement un mal. Alors, Epicure avait-il raison de se demander pourquoi le mal continue de sévir?

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Le docteur: Est-il convenable que Dieu, dans sa majesté et sa sainteté, aide le pécheur à vivre dans ses mauvaises actions? A moins que ce ne soit Dieu, le créateur de ces actions, qui pousse vers elles le coupable et l’égare.

Emmanuel: Non, certainement pas! Loin de Dieu une telle infamie.

Le docteur: Eh bien! ce discours qui semble tant vous choquer est pourtant bel et bien le leitmotiv de nombre de religieux, non seulement, mais bien de livres attribués à la révélation font également la promotion de ces idées.

Emmanuel: Les propos confus et malintentionnés de certains ne doivent pas exercer une telle influence sur la vérité, ni servir d’instrument pour entamer l’honneur de l’équité et de la raison. Combien de fois des esprits sournois ont exploité les paroles d’autrui à des fins inavouées, et combien de fois ils ont tenté de déformer la vérité! Mais docteur, voudriez-vous avoir l’amabilité de m’apprendre quels sont ces livres de la révélation qui disent que Dieu aide le malfaiteur à accomplir ses méfaits, qu’il est le créateur de la mauvaise action, vers laquelle il pousse ses créatures.

Ramzi: Ce sont les livres des deux Testaments, ainsi d’ailleurs que le Coran.