AR-RIHLA AL-MADRASIYYA OU (PARCOURS D’UN JEUNE CHRETIEN EN QUETE DE VERITE)
 
La morale et les enseignements du Coran

Emmanuel: Cheikh, ce sont les bonnes mœurs qui donnent tout son sens à la vie humaine. La morale est l’esprit même de toute civilisation, un code social et un tremplin pour le progrès et le bonheur. Aussi, il me semble difficile d’imaginer un livre de la révélation dans lequel serait négligé l’enseignement de cette valeur qui, par ailleurs, constitue la caractéristique centrale du croyant. Alors, je me demandais, cheikh, si vous auriez l’amabilité de nous lire quelques versets qui aient trait à cette valeur, et nous expliquer les visées du Coran à ce sujet.

Le cheikh: Je suis à votre disposition pour la lecture; mais pour ce qui est de l’explication, je souhaiterais que monsieur le prêtre ici présent s’en charge, en fonction de sa propre compréhension pour le texte. Si vous n’y voyez pas d’objection, nous commencerons par la lecture du verset 63 de la sourate al- Forqan (le Discernement): « Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre; ceux qui répondent avec douceur aux ignorants qui les interpellent. »

Le prêtre: Extraordinaire, mes amis. Voyez comme il est exigé des pieux qui aspirent au bonheur éternel, d’être du nombre des serviteurs de Dieu et non les adorateurs du Diable et des passions. Il faut comprendre que le progrès vers le mérite et l’avantage de n’adorer que le Miséricordieux est du privilège exclusif de ceux qui marchent humblement sur la terre. C'est une façon de décrire ceux qui font preuve de bonne conduite, de noblesse de caractère et de bonne éducation, d’abord vers leur propre personne et ce, en l’entraînant constamment dans le sens des exigences de la foi; ensuite vers leurs semblables, par l’humilité, la générosité, la disponibilité et le pardon. Ceux-là suivent alors leur chemin humblement, en quête de ce bonheur, avec application et discernement, en tachant de se préserver contre le relâchement et contre les périls de l’ignorance complexe, de l’arrogance et de la vanité. Voyez comme le mot « humblement » exprime à lui seul toutes les notions de valeurs nobles qui sont à l’origine du bonheur, de la prospérité et du bien-être de la société humaine.

Ils répondent aux propos agressifs et injurieux des ignorants par un discours paisible et pacifique, en privilégiant selon la priorité du moment, le conseil ou le sermon. Lisez, cheikh, et soyez-en remercié.

Le cheikh: D’autres versets s’enchaînent avec celui-ci: « Ceux qui passent la nuit, prosternés ou debout, à prier leur Seigneur. Ceux qui disent: « Seigneur, épargne-nous le supplice de l’enfer » qui est le plus implacable des supplices.»

Le prêtre: On ne peut mieux exprimer l’état de soumission, d’adoration sincère et de crainte, qui lient l’individu à son créateur. Mes amis, quelle merveilleuse expression que celle du Coran, lorsqu’il décrit les serviteurs du très miséricordieux: « Ceux qui passent la nuit, prosternés ou debout »! On ne peut imaginer meilleure expression pour évoquer la sincérité dans une adoration saine de toute forme de papelardise qui, malheureusement empoisonne la relation de certains avec leur religion. Beaucoup, en effet, souvent sans se rendre compte, montrent plus de disponibilité et d’enthousiasme vers la prière et la supplication lorsqu’ils se trouvent parmi d’autres personnes, que lorsqu’ils sont seuls où cet engagement et cette frénésie ont une fâcheuse tendance à reculer devant l’indolence. Ceci nous éloigne évidement de ces pieux sincères qui profitent des lieux calmes et retirés, ainsi que de l’obscurité de la nuit; ils se lèvent, le cœur chargé de crainte, mais aussi d’espoir, pour mettre toute leur énergie dans l’adoration et la supplication. Quelle noblesse dans cet enseignement qui est véritablement la nourriture de l’âme et le sentier des adorateurs!

Le cheikh: « Et ceux qui dans leurs dépenses ne sont ni prodigues ni avares, mais tiennent un juste milieu.»

Le prêtre: Voilà encore un enseignement d’une valeur inestimable sur l’organisation des moyens de subsistance et sur la rationalisation de la dépense. C’est à n’en pas douter, une valeur qui procure à la communauté équilibre et prospérité économique.

Le verset nous parle de ces hommes accomplis qui dépensent conformément à des besoins définis par la sagesse. Leur démarche échappe au vice de l’avarice qui empêche la satisfaction des besoins, sans toutefois tomber dans la calamité du gaspillage et de la dilapidation qui, en provoquant la ruine et la pauvreté, deviennent la source de tous les fléaux, de toutes les déviations. Nous vous écoutons, cheikh.

Le cheikh: « Ceux qui n’invoquent aucune autre divinité à côté de Dieu; ceux qui n’attentent pas à la vie de leurs semblables que Dieu a déclaré sacrée, à moins d’un motif légitime; ceux qui ne s’adonnent pas à la fornication, car quiconque commet de tels péchés encourra la sanction de ses forfaits et le jour du jugement dernier, son supplice sera doublé et il le subira éternellement, couvert d’ignominie. »

Le prêtre: Cela s’intègre parfaitement dans ce qui a précédé, mais l’importance capitale de ces enseignements dicte au sage qui a la lourde charge de guider la société, d’en imposer le respect aussi bien par la récurrence du prêche, que par l’intransigeance de la loi.

Le cheikh: « Excepté ceux qui se repentent, qui croient sincèrement en Dieu et font des œuvres salutaires. Ceux-là Dieu transformera leurs mauvaises actions en œuvres méritoires, car Dieu est toute miséricorde et toute indulgence. Celui qui se repent et pratique les bonnes œuvres, Dieu agréera son repentir.»

Le prêtre: C’est un enseignement qui coule de sagesse. Il appelle à la réforme et à l’amélioration; il guide dans le bon sens et montre la voie de la miséricorde divine. Il explique que le repentir et les bonnes œuvres sont une nécessité indéniable à la purification de l’âme, ce qui, à son tour ouvre les voies de l’ascension vers la quintessence de la sublimation. En Effet, ceux qui choisissent d’abandonner l’impiété et la dépravation regrettent et souffrent pour le mal qu’ils ont causé, s’engagent devant Dieu à ne plus se laisser entraîner dans l’infamie, se purifient avec les bonnes œuvres, notamment en s’acquittant de leurs devoirs envers ceux qu’ils ont lésés, ceux-là retrouvent la pureté de l’âme, retournent véritablement à Dieu par une adoration sincère et s’intègrent dans le groupe des bienfaisants. Ils deviennent dés lors pardonnables pour ce qui a pu précéder de leurs mauvais actes.

Je voudrais ajouter que cette modeste explication ne prétend pas percer toutes les subtilités des enseignements transmis à travers ce verset. Souhaitons que sa lumière guide nos esprits vers la connaissance de ses inestimables trésors. Lisez, cheikh.

Le cheikh: «Ceux qui ne portent pas de faux témoignages et qui, se trouvant en présence de frivolité, s’en écartent avec dignité.»

Le prêtre: J’aime beaucoup l’expression « s’en écartent avec dignité ». Parce qu’ils savent la vertu qui se trouve dans la bonne action de s’en écarter de la sorte, ils le font dans l’attitude requise par la situation, comme l’évitement, le sermon, le conseil, la douceur, la sévérité, la réprimande, etc. Ainsi, le choix de la bonne attitude relève de la dignité, comme son abandon relève de la bassesse et l’infamie; je vous en prie cheikh, poursuivez.

Le cheikh: « Ceux qui ne font ni les sourds ni les aveugles quand les versets de leur Seigneur leur sont rappelés. »

Soudain, le prêtre éclata en sanglots en implorant Dieu: - Oh, Seigneur! C’est toi qui détiens la vérité. Illumine nos cœurs et ouvre nos esprits; préserve-nous de la surdité de l’ignorance et de l’entêtement; garde-nous de l’aveuglement du fanatisme et de l’égarement; guide-nous vers notre salut.

Le cheikh: « Ceux qui disent: « Seigneur, fais de nos épouses et de nos enfants une source de bonheur pour nous, et fais de nous des exemples de piété pour ceux qui craignent Dieu. »

Le prêtre: Que peut-on souhaiter de plus cher que de faire partie d’une famille unie sur le chemin du bonheur éternel? Et nos épouses ainsi que nos enfants deviennent une source de ce bonheur, par la persévérance dans la voie de la piété et de la bonté, si bien que pour les autres, ils ne sont que cause de bien-être. Cet enseignement met en exergue la nécessité pour les adorateurs de Dieu, l’Unique, d’œuvrer à l’accomplissement de leur être, et veiller constamment à la réforme de leurs mœurs en vue de leur amélioration, de manière à devenir par leur conduite des modèles pour les gens pieux et des guides pour le droit chemin. Continuez, Cheikh, abreuvez nous de cette sagesse; arrosez nos esprits et nos cœurs de ces valeurs de politesse et de civilité; laissez-nous profiter de ces nobles enseignements, garants de la quiétude de l’être et du bien-être social.

Le cheikh: Je vous lirai maintenant quelques versets de la sourate al-Ma?arij (les Voies d’Ascension), qui ont trait aux attributs des bienheureux, à la pureté de leur morale et à leur grandeur d’âme. Si vous permettez, je commencerai par le verset 23: « Ceux qui sont assidus à leurs prières. »

Le prêtre: Il s’agit bien sûr de ceux qui font leurs prières par amour de l’obéissance et de la soumission à Dieu. Ils agissent en connaissance de sa grandeur et leur adoration est motivée par un désir ardent de gagner sa miséricorde. Ils ne sont pas de ceux qui prient par sentiment d’obligation, ceux à qui la paresse fait abandonner la prière, ni de ceux qui la font par hypocrisie, au point de la négliger dans la solitude.

Le cheikh: « Qui prélèvent sur leurs biens la part due (la Zakat) au mendiant et au pauvre démuni. »

Le prêtre: Cela signifie que leur aide pour les nécessiteux n’émane pas d’une obligation de conjoncture, ou d’élans passagers de générosité, car ce ne sont là que des actes conditionnés par les besoins du moment et ne prennent que de façon éphémère la prédominance sur l’avarice et la cupidité. Cela signifie que loin de ces basses considérations, l’altruisme des gens pieux a instauré dans leurs biens un droit déterminé pour les pauvres, au titre du devoir fixé par le droit islamique, mais surtout au titre de ce que leur impose leur compassion et leur sensibilité à la situation des autres. Alors, avec ce qu’ils possèdent, ils vont au secours du mendiant et de celui que les autres ont privé.

Le cheikh: « Ceux qui croient sincèrement au jour de la rétribution et qui redoutent le châtiment de leur Seigneur. »

Le prêtre: Cette catégorie de gens dont l’épanouissement et la plénitude invitent l’individu à se fier à eux en toute confiance, s’ils ont atteint cette dimension dans la noblesse de leurs mœurs, autant en public qu’en privé, c’est parce que leurs âmes ont constamment aspiré à cette élévation et à ce bonheur immense et permanent qui vous font mépriser les plaisirs éphémères de ce monde; des âmes qui vivent de façon permanente dans la crainte du châtiment, une crainte par laquelle deviennent supportables tous les maux de la vie présente, une crainte qui pousse à la négation de soi, de ses envies et de ses passions. En effet, ceux qui savent le caractère inéluctable du jour de la rétribution ne le prennent pas à la légère et n’en sont jamais distraits.

Le cheikh: « Ceux qui veillent à leur chasteté, en n’ayant de rapports qu’avec leurs femmes ou leurs esclaves; auquel cas, ils n’encourent aucun blâme, et celui qui portera ses désirs au-delà de ces limites sera le véritable transgresseur. »

Le prêtre: L’adultère est réellement le pire des maux pour la société humaine. Il annihile le dynamisme de l’espèce et la chaleur familiale.

Le cheikh: « Ceux qui gardent fidèlement les dépôts qui leur sont confiés et qui respectent la foi jurée; ceux qui font honneur à leurs témoignages. »

Le prêtre: Quels êtres plus nobles que ceux qui ne trahissent jamais la confiance placée en eux, qui respectent au pied de la lettre les engagements pris envers Dieu et les hommes. Ils font honneur à leurs témoignages, ne s’écartent jamais de la vérité qu’ils rapportent telle qu’elle, sans défaut, sans falsification. Continuez, Cheikh; Dieu vous bénisse.

Le cheikh: Voici maintenant quelques versets de la sourate al-Houjourat (les Chambres), en commençant par le dixième verset: « Les croyants ne sont-ils pas frères? Réconciliez donc vos frères et craignez Dieu, dans l’espoir de mériter sa miséricorde. »

Le prêtre: Il faut croire que l’entente et la réconciliation sont l’un des piliers de l’équilibre et de la paix sociale, d’où l’appel lancé aux gens, les invitant à craindre Dieu et à implorer sa miséricorde, en prenant le plus grand soin de cette valeur qu’est la réconciliation, sacrée dans la société islamique.

Le cheikh: « O^ vous qui croyez! Ne vous moquez pas les uns des autres, car parfois ceux qui sont tournés en dérision valent mieux que ceux qui les raillent. Que les femmes ne se moquent pas non plus les unes des autres, car là encore, les raillées sont parfois meilleures que leurs railleuses. Ne vous dénigrez pas et ne vous donnez pas de sobriquets injurieux. Quel vilain caractère que la « perversion » qui s’allie mal avec la foi! Ceux qui ne se repentent pas sont les vrais injustes. »

Le prêtre: Je dirai seulement ceci: puissent les moqueurs avoir une foi pour les détourner de la moquerie et un honneur pour les en dissuader, car le raillé peut très bien être meilleur que ses railleurs. Les dénigreurs doivent cesser de jeter le discrédit sur les créatures de Dieu; ils ne doivent pas calomnier leurs prochains ni les injurier avec des surnoms rabaissant. Tout cela n’est que trop vrai, cheikh; continuez je vous prie.

Le cheikh: « O^ croyants! Evitez de trop conjecturer sur les autres, car il est des conjectures qui sont de vrais péchés. Ne vous épiez pas les uns les autres! Ne médisez pas les uns les autres! Lequel d’entre vous voudrait manger la chair de son frère mort? Non! Vous en auriez horreur! Craignez donc Dieu! Il est Indulgent et Miséricordieux. »

Le prêtre: Le verset n’interdit pas de penser du bien des autres, car cela améliore les relations entre les gens, renforce les assises de la concorde et les liens d’amitié, de même qu’il purifie la société humaine. Inversement, la disposition à soupçonner constamment le mal chez l’autre conduit inéluctablement à l’aliénation des cœurs, sème le mal et nourrit la haine. Pour ces raisons, certaines conjectures s’avèrent être de vrais péchés, car injustes envers les innocents, tout comme elles sont productrices de haine, de méchanceté et d’agressivité. Quant à l’espionnage, il est source de mal et de conflit; il pervertit les relations et perturbe gravement l’ordre social. Enfin, la diffamation n’est pas moins grave, puisqu’elle sème la haine, ternie les réputations, porte atteinte à l’honneur et aux sentiments des autres, mais surtout renseigne sur l’immoralité du diffamateur qui fait abstraction de ses propres défauts et s’acharne à en chercher chez les autres, d’où la mise en garde du verset coranique, en disant: Toi le médisant, celui que tu dénigres est ton frère et son honneur t‘est confié; en son absence, il est tel un mort, incapable de protéger sa dignité contre ta langue. Pourquoi donc te remplir la bouche d’une diffamation puante et t’acharner à déchirer une réputation avec les crocs de la médisance? Serais-tu capable de manger la chair de ton frère alors qu’il est mort? C’est pourtant bel et bien ce que tu fais en le calomniant durant son absence. Quelle belle leçon de civilité! N’est-ce pas, cheikh?

Le cheikh: Les instructions du Coran sur la morale sont nombreuses et nécessitent à elles seules un chapitre entier, après ceux de la métaphysique et de la prophétie.

Le prêtre: Justement, cheikh, vous seriez bien aimable de nous faire connaître les enseignements du Coran sur la métaphysique, en nous donnant les explications qui nous en faciliteraient la compréhension.

Le cheikh: Avec l’aide de Dieu, je vous citerai les enseignements concernant ce sujet. Ils sont contenus dans le Coran avec des arguments et des preuves qui ne peuvent que convaincre les consciences libres et contenter autant le philosophe que le grand public.

Le prêtre: Je vous avertis, n’attendez pas de nous que nous acceptions tout ce que vous pourriez qualifier de preuve claire, car nous ne prendrons pas votre seule parole pour argent comptant. Une preuve doit être faite d’informations utiles qui donnent lieu à la découverte de vérités ignorées.

Le cheikh: Absolument, ce n’est sûrement pas moi qui vous dirai le contraire.

Emmanuel: Je trouve chez des auteurs de ce siècle et même ceux du siècle dernier des preuves qui mettent franchement mal à l’aise et me laissent personnellement perplexe. Je n’y vois que des semblants de preuves, fondées sur des approximations ne dépassant pas le plus bas niveau du probable, et c’est malheureusement sur cela que d’importantes conclusions sont bâties. Ils appellent ceci: la science.

Je vous demande pardon, Cheikh, mais j’espère que cette fois nous n’allons pas assister à l’évolution des espèces les unes vers les autres, à l’instar de l’évolution du singe vers l’homme. Qui a vu la nature sélectionner le meilleur puis le meilleur parmi les caractères d’une espèce, indépendamment des influences extérieures qui agissent tantôt en facteur de régression et de décadence, tantôt en facteur d’amélioration, selon les capacités d’adaptation du « sujet », comme nous pouvons en faire le constat lors d’une expérience? Partant de là, comment peut-on avancer que la sélection et la transformation sont une loi de la nature et un principe auquel sont soumis les êtres vivants? Même si Darwin a constaté cette transformation à plusieurs reprises chez certaines espèces, et constaté aussi à plusieurs reprises la sélection naturelle, mais sans tenir compte des influences régnantes et de leurs effets sur la création, il n’était pas convenable pour l’homme de science qu’il était, au moins par respect aux principes de la science expérimentale, d’ériger le principe de la loi de la nature en règle pour toutes les espèces depuis leur origine. Même si les observations de Darwin s’avéraient exactes et qu’elles pouvaient parfois concerner des périodes allant jusqu’à cent siècles, elles n’auraient été d’aucune utilité pour ses allégations qui ne reposaient que sur des conclusions de portée générale, établies sur la base de données insuffisantes et incomplètes. Autrement dit: ces supposées observations attribuées à Darwin peuvent très bien n’être qu’un état occasionnel résultant de la combinaison de divers facteurs au sein d’une époque donnée. Même si cette période peut parfois durer plusieurs siècles, la sensibilité des espèces à certaines conditions peut parfaitement coïncider avec l’influence exercée par ces mêmes conditions qui sont spécifiques à cette époque précise. Tout bien considéré, on ne peut pas ériger un phénomène en loi de la nature.

Le cheikh: Et ceci n’est encore valable, que si l’on admet que Darwin a effectivement pu observer sur plusieurs siècles ce qui lui est attribué. Mais ce ne sont jamais que des suppositions et on se demande quelle peut bien être l’origine de ce rêve. Dites-moi, Emmanuel: sur quoi s’appuie Darwin dans ses écrits pour soutenir cette grande et redoutable théorie qu’est la sélection naturelle?

Emmanuel: J’ai lu son livre « l’origine des espèces », lequel a fait scandale dés sa publication en 1859. Cette théorie de la sélection naturelle repose sur une déduction a posteriori que, dans la lutte pour la vie, ce sont les plus aptes qui s’adaptent et survivent, transmettant leurs caractéristiques à leurs descendants, chaque génération étant donc mieux adaptée à l’environnement, que la précédente. Dans son livre, il se réfère à l’étude d’un élevage de pigeons avec l’assistance de deux associations privées, à Londres.

Le cheikh: Dites-nous donc sur quelles preuves Darwin assoit-il sa théorie, afin que nous puissions bien saisir le fondé de vos critiques.

Darwin et l’origine des espèces

Emmanuel: Il faut dire que Darwin a provoqué un véritable brouhaha parmi ses contemporains, précisément à cause de sa fameuse théorie sur l’origine des espèces, leur transformation les unes vers les autres et l’origine commune de toutes les espèces animales, et de même pour les espèces végétales, si bien qu’il est devenu établi par cette théorie que l’homme est le descendant du singe qui à son tour est le descendant d’autre chose. De cela, je me dis personnellement que la morale scientifique et le droit à la vérité exigent que tout ceci s’accompagne de grandes démonstrations basées sur des observations claires, évidentes pour la conscience et qui forcent la certitude. Je me dis aussi que lorsqu’on veut faire la révolution de l’état du savoir de son temps par de nouvelles théories dites scientifiques, il ne convient pas de les fonder sur des suppositions, ni compter sur de tels arguments. Ayant donc consulté les dires de Darwin et des autres sur le sujet, je trouve que leurs hypothèses invitent à bien des réserves, comme celles qui vont suivre.

Darwin et l’origine des espèces

Selon l’hypothèse, c’est la nature qui sélectionne les plus évolués parmi les caractères des espèces, jusqu’à la transformation de l’espèce en une autre. Il s’agirait d’un phénomène par lequel des individus de la même espèce survivent, alors que d’autres sont éliminés. Ainsi, ce phénomène conduirait à une évolution et à la conservation des caractéristiques adaptatives de cette espèce. Toujours selon l’hypothèse, dans le cas de l’homme, la sélection ayant atteint le stade du plus évolué des singes, celui-ci évolua encore vers l’homme noir, ensuite vers l’homme blanc caucasien.

Emmanuel: Darwin est né en 1809 et a vécu 73 ans. Dans son livre, il aborde avec un certain intérêt les points de différence entre les diverses espèces de pigeons et déclare que les différences atteignent des proportions étonnantes. Il ajoute: « Quelle que soient les différences entre les générations de pigeons, je reste persuadé qu’ils descendent des pigeons des rochers.» Pourtant, il dit également: «Nous ne connaissons des pigeons des rochers que deux ou trois espèces et elles n’ont rien des caractères appartenant aux pigeons domestiques.» D’un autre côté, il dit: « J’avais pris l’habitude, durant l’époque où je m’occupais de l’élevage des pigeons, de faire face à de nombreuses difficultés qui rendent impossible leur rattachement à une origine déterminée. Mais beaucoup sont convaincus que les différentes générations sont issues d’espèces primitives définies.»

En pensant à l’importance de ces différences et à leur nombre incalculable, tout en sachant que les pigeons des rochers n’ont rien des caractères appartenant aux pigeons domestiques, il apparaît absurde, et l’évidence se passe de preuves, de s’entêter à vouloir faire remonter l’origine des différentes espèces de pigeons au pigeon des rochers. Je ne crois pas qu’il soit bon pour la gloire de la science et de l’esprit scientifique, que les gens se contentent de cette énormité qui veut que la conclusion soit le contraire du raisonnement, même si c’est ce que Darwin semble attendre de nous.

En fin de compte, si notre homme s’était contenté de déclarer sous forme de décision juridique, que les espèces de pigeons domestiques descendent toutes du pigeon des rochers, s’il prétendait connaître l’époque de leur ramification et leurs points de liaison, puis l’enchaînement des générations à partir de ces chaînons, et enfin, s’il déclarait, toujours sous forme de décision juridique, sans démonstration aucune, que toutes les espèces descendent d’une même origine, cela aurait été au moins plus aisé que d’user le crayon dans d’interminables introductions, pour arriver à conclure contre le raisonnement soutenu.

Eliezer: Ce que nous montrent l’expérience et l’observation, c’est que les espèces ont des traits physiques qui, sous l’effet de facteurs accidentels deviennent sujets à l’évolution ou à la régression, sans que cela ne conduise les individus concernés à sortir du cadre caractéristique de leur espèce. Parmi ces facteurs, nous pouvons citer le facteur géographique, alimentaire, l’éducation, ainsi que d’autres agents dont certains sont d’un effet plus ou moins rapide, alors que d’autres possèdent un effet plus lent, du fait même de l’interaction des différents facteurs. Par exemple: Si l’homme noir se déplace vers la région du Caucase, l’influence de son nouvel environnement sera lente et son évolution vers ce qui définit l’homme du Caucase prendra de nombreuses générations et ce, en raison de la persistance de l’empreinte de son environnement d’origine. Cependant, son évolution vers le type caucasien peut être plus rapide par le biais du mariage. Notez que la règle est la même pour l’homme caucasien qui ferait le déplacement en sens inverse.

Par ailleurs, l’action agissant sur la définition des caractères physiques par les conditions du pays d’origine peut dans certains cas se transformer une fois dans les contrées d’accueil et agir selon les influences du nouveau milieu, pour en montrer les effets au bout de quelques générations seulement. Cet exemple a pu être observé sur des hommes aux caractères physiques spécifiques, qui ont émigré avec leurs femmes dans des pays où les caractères sont nettement différents. Au bout de la seconde génération déjà, on a pu voir la plupart des caractères de la population autochtone apparaître sur la descendance des émigrés.

Le prêtre: Darwin avance d’après ce que nous pouvons lire à la soixantième page de la traduction arabe de l’origine des espèces: « Les volailles actuelles sont représentées dans les bas reliefs de l’Egypte ancienne, ainsi qu’autour des lacs de Suisse. D’après les représentations, ces volailles ne semblent pas avoir connu une quelconque évolution à travers leurs différentes générations jusqu’à ce jour.» Voilà donc qui prouve que, malgré la domestication de la volaille depuis la haute antiquité, les longs cycles de l’élevage n’ont produit aucun effet de transformation dans les caractères de l’espèce par la sélection imaginée par Darwin. Certes, l’accouplement entre des races différentes, ainsi que les facteurs accidentels, peuvent très bien concourir à la transformation toute relative de certains caractères. Mais avec le temps, avec la disparition des facteurs accidentels, l’espèce finit par reprendre ses caractères initiaux et ce, par la loi de l’hérédité que Dieu a fixée dans le patrimoine génétique des espèces.

Voici ce que nous lisons encore dans le même livre (p 261-262): « Nous avons parlé dans les premiers chapitres de ce livre sur les disparités et avons démontré qu’elles sont aussi nombreuses que multiformes. Si ces dissemblances atteignent de telles proportions sous les effets de l’apprivoisement, elles se produisent beaucoup moins par la seule influence de la nature. Nous avons tendance à attribuer ces disparités au pur hasard, bien que le mot « hasard » soit un terme faux et qu’il ne prouve que notre ignorance absolue des raisons qui sont derrière la survenance de toute hétérogénéité chez les êtres de la même espèce. » Il ajoute (p 279-280): « Tout comme le bon sens nous fait souvent défaut pour la réalisation d’un thésaurus complet et précis, afin de nous guider dans les ténèbres de ces recherches. »

Emmanuel: Tous ces aveux, monsieur le curé, auraient été d’une grande utilité s’ils avaient servi à détourner Darwin et ses adeptes de leurs obsessions et leur croyance aveugle en le mythe de l’évolution des espèces par la sélection naturelle et leur rattachement à une même origine. Leurs sens leur auraient pourtant bien suffi, en s’aidant quelque peu de la logique de l’histoire, pour comprendre qu’il y a un cadre restreint dans lequel se manifestent jusqu’à un certain degré, sur l’aspect extérieur de chaque espèce, les traces de l’amélioration et de la régression, en fonction des causes. C’est plus simple et plus probant que d’aller chercher des chaînons manquants dans le labyrinthe de la fiction. Combien de chercheurs ont été frappés de désillusion lorsque le rêve leur fit miroiter la découverte d’un de ces fameux chaînons et qui s’avéra n’être qu’un mirage dans le désert de leur imagination.

A la page 132 de la version arabe, toujours du même livre, il est écrit: « La distinction entre les espèces et les diversités n’est valable qu’à deux condition: La première est la découverte des formes intermédiaires qui les relient.» Mais, monsieur, où voulez-vous qu’on aille découvrir ces formes intermédiaires qui servent de lien dans la transformation? Suffit-il de les imaginer en élevant des pigeons pendant vingt ans? Pour ce qui est de la deuxième condition, voilà ce qu’il dit: «Connaître le degré d’hétérogénéité qui les caractérise. » Précisons qu’il n’accompagne cette condition d’aucun commentaire; il ajoute seulement à la page 133: «Cependant, on ne saurait lever le voile sur la vérité, ni y trouver un sens en considérant que les espèces ont été créées séparément.»

Monsieur le curé, si nous admettons que les espèces sont créées séparément, avec des modes de reproduction spécifiques; devient-il pour autant impossible pour les chercheurs d’étudier leurs natures, leurs propriétés et leurs milieux naturels? Cela empêche-t-il de leur trouver un sens ou de lever le voile sur la vérité à leur sujet? Sinon, comment se fait-il que les scientifiques aient étudié les êtres vivants, leur anatomie, leurs caractéristiques, etc., tout cela avant la naissance de la doctrine de Darwin? Pourtant, le mérite de tous les bénéfices que nous tirons aujourd’hui des sciences naturelles et de la médecine revient sans l’ombre d’un doute aux efforts déployés par les chercheurs aussi bien antérieurs que postérieurs à Darwin, qui n’ont tenu aucun compte de ses hypothèses, et c’est grâce à eux que s’est modernisé le monde dans lequel nous vivons. Mais Darwin semble ne pas trouver de sens à l’existence de similitudes chez des espèces créées séparément.

La sélection naturelle ou la survie du plus apte

Eliezer: La question de la survie des plus évolués dans la lutte pour la vie et la relation de cette question avec la sélection naturelle sont les arguments principaux du darwinisme dans la thèse de l’évolution des espèces.

Emmanuel: Pourtant, à bien regarder, il ne fait à ce propos qu’évoquer des habitudes courantes et des manières d’être chez les êtres vivants: certains animaux se nourrissent de la chair des autres animaux; certains sont les ennemis des autres; certaines plantes ont besoin, pour s’élever et s’épanouir, d’endroits appropriés où elles seront à l’abri des autres plantes dont la proximité est un empêchement à leur croissance; certaines plantes sont toxiques pour d’autres plantes et certaines sont réparatrices pour les autres; certaines espèces d’animaux disparaissent; certaines plantes évoluent et s’améliorent par les soins de l’agriculture, etc., et nous pouvons citer ainsi des exemples à en remplir des pages entières.

Seulement, qu’est-ce qui prouve que le but de ces caractéristiques est la préservation des espèces les plus évoluées? Et quelle est la relation entre ces singularités, la sélection naturelle et l’enchaînement des espèces? Ne voyez vous pas que les fauves attaquent l’homme pour le dévorer, que les animaux venimeux tels que les serpents et les scorpions peuvent le tuer d’un coup de morsure ou de piqûre, et que les virus tuent également dans des épidémies dévastatrices? Et l’homme? Avec ses savants, ses aptitudes et techniques de toutes sortes, n’est-il pas le plus évolué de tous les êtres vivants? Signalons, d’autre part, que les fossiles et les ossements exhumés lors des fouilles archéologiques révèlent que parmi les espèces éteintes, beaucoup étaient des plus évoluées, au regard de la corpulence et de la robustesse de leurs structures, ainsi que nous pouvons le constater aujourd’hui dans les musées d’histoire naturelle. L’exemple de quelques espèces est édifiant: le Brontosaure atteint 15 m de long; le Diplodocus pouvait dépasser les 30 m de long et 5 m de haut; le Tricératops mesurait jusqu’à 9 m de long et pesait 6 tonnes, pendant que le Tyrannosaure mesurait 14 m de long et le Stégosaure 7 à 9 m; l’Hadrosaure pouvait dépasser les 15 m de long et peser 5 tonnes; quant au Brachiosaure, qui pouvait atteindre 27 m de long et 12 m de haut, son poids était d’environ 80 tonnes.

Eliezer: Le plus drôle, c’est que certains journalistes et autres écrivains aux esprits asservis au darwinisme ont voulu expliquer l’extinction de ces animaux hautement évolués, par la sélection naturelle, prétendant qu’ils ont été simplement remplacés par des animaux plus petits, moins forts, mais répondant mieux aux besoins des gens. On se demande si cet auteur avait étudié la nature des espèces éteintes, pour découvrir que les serpents, les scorpions et les fauves étaient plus adaptés aux besoins des gens, que ceux qui ont disparu. Décidément, la science de notre ami n’a d’égal que la sagesse de la théorie qu’il défend.

Emmanuel: Parmi les arguments qu’ils aimaient exhiber pour faire valoir leur théorie de l’enchaînement des espèces, l’existence de certaines ressemblances entre des individus d’espèces différentes, à l’exemple des quelques aspects de similitude visibles chez le singe et certaines races de l’homme. Mais dites-moi: n’est-il pas permis au hasard de la nature de faire que des espèces d’êtres vivants se ressemblent dans certaines parties de leurs corps? Ou peut être encore, n’est-il pas permis au sage suprême, le créateur de toutes choses, de créer des espèces semblables, puis nous révéler sa toute puissance à travers une diversification extraordinaire des caractéristiques principales et de leurs effets, tout en ne laissant que de légères différences au niveau des organes? A croire que ces gens ne trouvent d’intérêt dans l’apparition des espèces, que par le moyen de l’évolution.

Mais, ce n’est pas tout; ils ajoutent que certains organes sont devenus archaïques et inutiles chez les espèces évoluées, qui continuent de les porter dans leur corps comme des vestiges de l’espèce précédente. Pour prendre des exemples du corps humain, nos amis citent les muscles de l’oreille, l’appendice situé au bout du colon et les mamelons chez le male. Décidément, que ne faut-il pas faire pour entraver la recherche pour la vérité et empêcher la science d’avancer! Les scientifiques et rien qu’eux sont dignes de respect, en particulier pour leur aveu que l’univers recèle de vérités extraordinaires et que le savoir humain est loin d’en percer tous les secrets. Ce sont ceux-là qui ouvrent toutes grandes les voies de la recherche, pour réduire la distance avec l’inconnu. Sans eux, l’ignorance serait érigée en preuve scientifique comme nous venons de le voir. D’où tiennent-ils que les muscles de l’oreille ne remplissent aucune fonction chez l’homme, tant pour la fixation et l’orientation de l’oreille, que pour les besoins de l’appareil auditif? D’où tiennent-ils également que l’appendice vermiculaire n’a aucune utilité pour la vie de l’homme?

Tels sont les arguments des défenseurs de la théorie de l’évolution des espèces. Et ce n’est certainement pas la fameuse phrase de Darwin qui leur inspirera un quelconque esprit scientifique: « On ne saurait lever le voile sur la vérité, ni y trouver un sens, en considérant que les espèces ont été créées séparément. »

Le prêtre: Je vois déjà tous ceux qui sont acquis au darwinisme te répondre: ‘’ votre ignorance est votre excuse, jeune homme!’’ C’est ce qu’a écrit Chabli Chamil à certains chercheurs dans ce domaine.

Emmanuel: Monsieur le curé, le code de la science m’a appris à reconnaître mon ignorance sur bien des vérités, mais la tare de l’homme est dans l’ignorance complexe, ainsi que dans l’absence d’arguments, lorsqu’il s’agit de défendre ses opinions.

Le darwinisme et les organes dits archaïques

Comment peuvent-ils affirmer que certains organes n’ont pas de fonction dans la vie de l’individu, aucune utilité pour la conservation et la perpétuité de l’espèce? Ils qualifient ces organes d’archaïques, des vestiges témoins de la transformation d’une espèce précédente qui en avait besoin. C’est le cas pour les muscles de l’oreille, objet du raisonnement grotesque suivant: Le mouvement étant la seule fonction des muscles, et l’homme n’ayant pas besoins de bouger ses oreilles, la conclusion est que les muscles de l’oreille chez l’homme sont archaïques et constituent un vestige de sa transformation de l’animal qu’il était il fut un temps, et qui avait besoin de remuer les oreilles.

Dans ce cas, que peut-on dire des muscles du nez humain? De même pour l’ensemble des muscles à contraction involontaire, comme les muscles lisses qui se trouvent dans la peau, les viscères, les appareils urinaire et génital, ainsi que les vaisseaux sanguins; ce sont des muscles qui sont sous contrôle du système nerveux autonome. Quant à ceux dont la contraction concerne en partie la volonté, et qu’ils appellent muscles de la vie animale, il se trouve que pour la plupart, le but n’est pas de répondre à la volonté de bouger le membre, mais plutôt à celle de le ramener à sa position initiale après le mouvement, volontaire ou involontaire, à l’exemple du muscle palpébral.

Ainsi, par fanatisme pour le darwinisme, ou simplement par ignorance, ils jugent archaïques et inutiles des organes dont le rôle, indispensable au bon fonctionnement du corps, a été prouvé.

L’appendice vermiculaire

Qu’est-ce qui rend les adeptes du darwinisme si persuadés de

l’inutilité de l’appendice à cet endroit de l’appareil digestif? Et bien, ils considèrent arbitrairement l’appendice comme le témoin d’un état plus primitif, plus animal de l’homme, qui aurait précédé son évolution vers le stade actuel, à cause de la longueur du gros intestin, importante chez les animaux, mais réduite chez l’homme. Celui-ci aurait abandonné l’usage d’une partie de son gros intestin, laquelle partie se serait atrophiée jusqu’à cette forme.

Les darwinistes seraient bien surpris devant la diversité des appareils digestifs chez les animaux vertébrés, et de voir que ces différences trouvent leur explication dans la nature de l’espèce et ses besoins spécifiques. Les ruminants par exemple, possèdent une pense à la place de l’estomac; c’est une énorme poche, comparée à l’estomac de l’homme. La présence de plusieurs poches dans l’appareil digestif de certains animaux se justifie par la fonction de rumination. Par ailleurs, l’intestin chez les ruminants est beaucoup plus grand que chez les animaux de même taille qui ne ruminent pas. L’éléphant, lui, n’a ni pense ni estomac; il est pourvu d’un intestin très enchevêtré et enroulé, qui précède un autre intestin.

Certains animaux possèdent une vésicule biliaire, alors que d’autres n’en ont pas, tout comme certains autres sont dépourvus de pancréas. En outre, certains oiseaux sont pourvus d’un jabot dans lequel les aliments restent quelque temps, avant de descendre dans l’estomac ou d’être régurgités, alors que d’autres possèdent à la place du jabot un large pylore, pendant que certains oiseaux possèdent les deux et que d’autres encore n’ont ni l’un ni l’autre. Les canards, enfin, ont un long intestin, comparé aux autres animaux.

La présence d’un bouchon pour l’appendice témoigne de manière irréfutable qu’il remplit bien une fonction, ce qui fait tomber l’affirmation selon laquelle il n’est qu’une partie du c?cum, qui aurait perdu sa fonction et se serait atrophié. Par ailleurs, l’épaisseur des parois de l’appendice est une autre preuve que l’appendice joue un rôle dans l’équilibre de l’organisme, sinon comment expliquer l’existence de parois épaisses pour un organe sans fonction? En outre, si l’appendice était vraiment sorti de son état naturel, aurait-il besoin des attributs de la vie organique, tels les vaisseaux sanguins?

Admettons qu’aucune fonction ne soit attestée pour l’appendice, pourquoi se précipiter à nier son utilité, sans laisser le moindre espace au doute et se dire que peut être les capacités futures de la science permettront une meilleure connaissance de cet organe?
Les tétons du male

Pourquoi réduire l’utilité des tétons à la seule fonction d’allaitement, au point de les considérer chez le mâle comme un organe archaïque, et pendant que nous y sommes, pourquoi pas un vestige de son évolution à partir de la femelle?

On ne peut qualifier les tétons d’archaïques, puisqu’ils révèlent bien des aspects qui prouvent leur relation avec la pérennité de l’espèce. D’un côté, les glandes de ces tétons agissent sur une importante quantité de secrétions, ce qui démontre déjà leur rôle non négligeable dans le maintien de l’équilibre vital de l’organisme. De l’autre, les tétons s’excitent lorsque le garçon atteint la puberté, avec l’apparition des spermatozoïdes. La glande se développe et le mamelon, ainsi que son pourtour changent de couleur. Mais l’excitation des tétons s’estompe progressivement, au fur et à mesure des éjaculations. N’est-ce pas là une preuve suffisante de l’intervention des tétons, d’une façon ou d’une autre, dans la reproduction, et qu’à ce titre ils constituent une partie intégrante de l’appareil génital?

Pour étayer nos dires, prenons l’exemple de ceux qui ont été castrés pendant leur enfance: les manifestations que nous venons de décrire pour les tétons à partir de la puberté n’apparaissent pas sur les individus castrés lorsqu’ils atteignent cet âge- là et même au-delà. Et vous, cheikh, avez-vous des preuves aussi solides pour vos prétentions.

Les outils de silex

Le cheikh: Les fouilles archéologiques révèlent d’importantes quantités d’éclats de pierres qui ressemblent par leurs formes à certains outils métalliques comme la hache, le couteau, les pics de lances, les pointes de flèches, etc. Pour cette simple raison, non seulement les gens affirment sans hésitation qu’il s’agit d’outils fabriqués de la main de l’homme, mais les rattachent également à des époques définies où ils servaient disent-ils d’instruments dans la vie quotidienne, bien avant l’utilisation du fer. Pourtant, personne n’a jamais observé ces éclats de pierre dans leur supposé contexte d’utilisation.

On pourrait tout aussi bien dire que ces éclats de pierre dans leurs différentes formes ne sont que le résultat des effets de la nature et formés sous l’action de facteurs tels que l’érosion ou la sédimentation, ayant conduit à la formation de figures comme celles-ci. Il n’est pas rare en effet de trouver des pierres aux formes géométriques très variées, dont la symétrie et la régularité laissent perplexe plus d’un. Nous avons même vu au marché de Samara, en Irak, des morceaux de sel sous forme de récipients ayant une grande ressemblance avec les ustensiles de verre utilisés couramment. Ces formes sont si proportionnées qu’elles respectent même le concave, le convexe, l’épaisseur et la base, avec des formes hexagonales, octogonales et même d’autres formes assez raffinées. Pourquoi ce ne serait pas le cas également pour les éclats de silex? Quelqu’un a-t-il vu de ses yeux l’homme s’en servir pour des besoins précis? Je trouve que cette affirmation ne diffère pas beaucoup de celle de l’évolution des espèces, sans autre preuve que les suppositions et les conjectures.

Les outils, témoins de la volonté et des objectifs de leur fabricant

Emmanuel: Désolé de vous contredire, cheikh; ceci n’a rien de ce que nous avons mentionné sur la question de l’évolution. Toute personne sensée qui verrait les milliers de ces éclats, tous façonnés sur un même principe, reconnaîtrait sans hésiter que ces formes leur ont été choisies en réponse à des besoins d’utilisation et en vu de fonctions déterminées, alors que la sagesse considèrera comme relevant du sophisme ce que vous venez d’évoquer pour justifier vos doutes. Ne savez vous pas que les scientifiques du monde entier qui ont étudié ces éclats de pierre ont tous abouti à la conclusion qu’ils ont été façonnés dans un but précis et ce, bien que personne n’en ait observé l’utilisation dans son contexte.

Le cheikh: Et vous, monsieur le prêtre, que pensez-vous du point de vu d’Emmanuel?

Le prêtre: Je pense qu’il vous a admirablement répondu, en dépoussiérant définitivement la vérité par un raisonnement qui ne laisse pas de place à la polémique. C’est un instinct naturel chez l’humain que de reconnaître ce chemin clair et droit dans lequel tout objet créé est en étroite relation, dans son état et sa composition, avec les intentions du créateur et les intérêts qui ont motivé sa création. C’est cette même relation qui devient la preuve évidente selon laquelle tout objet est le produit d’un créateur connaissant l’intérêt de son existence. Plus cette relation sera évidente et étroite, plus la preuve du savoir et de la sagesse du créateur sera claire et irréfutable.

Eliezer: En résumé, la créature nous apprend que son créateur l’a créée de sa propre volonté et pour des raisons qu’il connaît.

Le prêtre: Absolument; tout le monde sait que des objets créés pour des objectifs l’ont été selon le savoir et la sagesse de leur créateur, pour la destination qui leur est assignée. C’est donc le cas pour les outils de silex dont personne n’a vu le créateur.