Notre Saint Prophète,Ibn Adballah Abu Qassim Mohammed (SAW)
 
Aperçu historique de la vie du Prophète Mohammad

I. A la Mecque Qouraych et Hachim

Qouraych est le nom d'une tribu vivant dans la région du Hijaz, c'est-à-dire à l'ouest de la Péninsule Arabe; cette tribu était la plus célèbre et la plus prestigieuse de toutes les tribus arabes.

Le prestige de la tribu de Qouraych revenait déjà au quatrième grand père de notre Prophètes Mohammad SAW,Qauçaye fils de Kilèb qui avait l'honneur de gérer des affaires de la demeure divine : la Kaâbe autour de la laquelle la ville de la Mecque était bâtie.

La tribu de Qouraych était constituée de plusieurs grandes familles dont la plus honorables était celle des enfants de Hachem à laquelle appartient le sceau des prophètes.

Hachem était très connu par sa générosité et sa grandeur d'âme et il était respecté par tous les habitants de la Mecque; en réalité sa réputation dépassait bien les limites de cette ville puisqu'il avait la fonction de préparer les repas des pèlerins de la sainte demeure à chaque saison de pèlerinage.

Hachem avait mérité son surnom depuis une année de sécheresse et de famine qui frappa la région et toucha sérieusement la tribu de Qouraych.

A ce moment là, il fut le premier à avoir l'idée de faire cuire et distribuer un potage à base de pain, ce qui permit à tous les gens de manger à leur faim.

En outre, Hachem était le premier à organiser les grands commerces de l'hiver et de l'été; méritant ainsi le surnom de Seyyed (maître : appellation qui reste jusqu'à nos jour comme spécification de da descendance).

Abdoumoutaleb et Abdoulah.

Après Hachem, Abdoulmoutaleb lui succéda au pouvoir spirituel et moral de la tribu de Qouraych, et c'est à son époque que le roi d'Abyssinie, Abraha voulut détruire la Kaâba, et que par la puissance de Dieu, Le Tout Haut, ce mécréant et son armée furent détruits à la proximité de la demeure sacrée.

Ce grand miracle donna encore plus de prestige à Abdoulmoutaleb qui vit ainsi sa position parmi toutes les tribus arabes fortifiée et consolidée.

Abdoulmoutaleb avait beaucoup d'enfants, mais Abdoullah était parmi eux le meilleur et le plus aimable.

Abdoullah avait vingt ans quand il se maria avec Aminah fille de Wehb et le fruit de ce mariage béni fut notre maître et Prophète Mohammad SAW. Enfance et jeunesse du Prophètes SAW.

La naissance du Prophète fut deux mois après l'année de l'éléphant pendant laquelle l'armée d'Abraha fut détruite. Le père de notre grand Prophète fut décédé alors que sa glorieuse femme était encore enceinte.

Lorsque Aminah mit au monde le plus prestigieux bébé de l'univers, il fut adopté par son grand-père Abdoulmoutaleb; et c'est ainsi que Mohammad SAW passa une bonne partie de son enfance sous la tutelle de son honorable grand-père qui était une véritable compensation divine de l'orphelinat de notre maîtres et Prophète.

Depuis sa jeunesse, Mohammad SAW jouissait d'une réputation hors du commun. Les gens de la Mecque ne l'appelaient que par des surnoms comme : le sincère, le probe etc... Et ils consignaient chez lui leurs biens et argents.

Mohammad (SAW) aimait beaucoup les pauvres et avait l'habitude de partager ses repas avec eux. Il prêtait toujours l'oreille à leurs lamentations et n'épargnait aucun effort pour résoudre leurs problèmes.

Une fois, des jeunes de la Mecque établirent une alliance dite pacte des vertueux pour la protection des faibles et des opprimés et la défense de leurs droits contre tout prévaricateur ou oppresseur; Mohammad SAW les joignit rapidement et leur prêta aide et soutien puisque les principes sur lesquelles ce pacte fut construit s'accordaient parfaitement avec sa morale.

Sous la demande de son oncle Abou taleb, Mohammad SAW participa à l'une des caravanes commerciales de Khadîdja, dame honorable de Qouraych, qui lui confia son commandement et sa gestion.

Lorsque Khadîdja prit état des qualités morales de Mohammad SAW, elle lui proposa le mariage et il accepta.

Khadîdja était une femme vertueuse et riche. Son soutien et dévouement absolus pour son mari en font d'elle une femme exemplaire pour toute l'humanité.

Avec ces qualités, elle méritait bien d'être l'unique mère de la descendance purifiée du grand Prophète SAW. En effet, c'était elle qui mit au monde la prestigieuse Fatima AS, mère de Hassan et Husseyn AS et leur sœur Zaynab; et c'était de Husseyn AS, son petit-fils, qu'allaient naître les neuf Imams des Ahl-ul-Bayt, l'un de l'autre, pour bénir tout l'univers. Une étincelle de la sagesse de Mohammad SAW.

Dix ans après le mariage de Khadîdja et de Mohammad SAW, de grandes inondations submergèrent la Mecque et endommagèrent sérieusement la demeure sacrée.

Qouraych décida alors de reconstruire la Kaaba, et toutes les tribus se partagèrent cet honneur. Lorsque la construction fut achevée et le temps de remettre la pierre noire à sa place arriva, toutes les familles de Qouraych se disputèrent l'honneur de son transport.

Cette dispute ne tarda pas à dégénérer en une prémisse de bataille armée.

A ce moment critique, Mohammad SAW intervint, pour calmer les esprits et ramener la paix et la concorde en proposant à toutes les tribus, en querelle, de participer toutes ensemble à ce grand honneur :

C'est ainsi qu'il enleva son pardessus, le posa sur terre, prit la pierre noire avec ses propres mains, la remit sur son habit et invita toutes les tribus à la transporter en tenant le tissu chacun par un bout.

La Révélation.

Quand Mohammad SAW eut ses quarante ans, il avait déjà l'habitude de quitter la Mecque pour s'abriter dans la grotte de Hira où il s'adonnait à l'adoration de Dieu, l'unique qu'il eût toujours connu et prié.

Au mois de Ramadan de cette année là, l'Ange Gabrielle (Jibra'il) descendit chez Mohammad SAW à la grotte de Hira et lui Apporta la grande nouvelle : la prophétie et la mission d'être le Messager de Dieu.

Mohammad SAW était en pleine contemplation et son esprit était dans un état de dévotion absolu de Dieu, Le Tout puissant, Lorsque l'Ange Jibra'il l'appela par les paroles de Dieu :
"Lis au nom de ton Seigneur quia crée..."

Et c'étaient les premiers versets du Saint Coran (S.96 V.1).

Mohammad SAW descendit la montagne appelée de nos jours le mont Annour, se situant à environ six km. De la Mecque et il se dirigea vers toutes l'humanité à laquelle il fut chargé par le Seigneur des mondes de faire parvenir le message de divin.

La propagation de la foi pure fut d'abord enveloppée du secret, et les premiers à l'avoir adoptée étaient Khadîdja parmi les femmes et 'Ali AS, cousin adopté du Prophètes, parmi les hommes.

Le début de la répression.

Trois années passèrent, l'Islam se propagea lentement mais sûrement parmi les déshérités de la Mecque. Après quoi, l'ordre de Dieu, Le Tout Haut, parvint à Son Messager de déclarer le contenu de Son Message.

Dans un environnement totalement hostile et complètement dévoué à l'idolâtrie, le messager de Dieu Mohammad SAW déclara que

"Je témoigne que point de dieu sauf Dieu et que c'est moi le messager de Dieu"

Après cette déclaration, les païens idolâtres de Qouraych attisèrent le feu de la haine et commencèrent à battre le tambour de la guerre contre la foi de l'Islam dans laquelle ils voyaient un danger mortel pour leurs intérêts et privilèges injustes.

Au début, ils essayèrent de corrompre le Messager de Dieu SAW et d'acheter son silence en lui proposant des fortunes immenses et un pouvoir absolu sous condition d'abandonner la foi de l'Islam; mais tous efforts étaient vains.

Quand les idolâtres de Qouraych virent la détermination du Messager de Dieu SAW, ils optèrent pour la manière forte et entamèrent une oppression générale contre tous les adeptes de la nouvelle religion qui ne jouissaient d'aucune position sociale pouvant les protéger :

Ainsi, les plus déshérités furent torturés à mort. Certains autres purent supporter la torture et survécurent, alors que d'autres musulmans jouissant d'une protection familiale ou tribale se virent ridiculisés et insultés là où ils allèrent.

De surcroît, leurs biens furent saisis; et chaque fois que le rapport des forces tribales ou familiales le permettait, même leurs maisons furent pillées... La guerre économique contre l'Islam.

Toute cette campagne d'oppression n'avait pu empêcher la foi de Dieu de se propager; tout au contraire, chaque fois que l'oppression prenait un aspect plus spectaculaires, le Message divin parvenait à encore à plus d'oreilles et de cœurs assoiffés de justice...

Cette marche irrésistible du message de l'Islam amena les têtes pensantes de l'idolâtrie à essayer la méthode de l'isolement et du blocus total contre les proches de Mohammad SAW et ses disciples.

Ainsi, les chefs de toutes les familles et tribus mecquoises signèrent un pacte selon lequel les proches du Prophète et ses disciples devraient être renvoyés de la ville et assignés à un boycottage total; et toute transaction avec aux fut interdite. Après quoi, les croyants furent encerclés dans un endroit appelé com d'Abou taleb où ils durent subir des conditions inhumaines d'isolement social et de privation totale.

L'encerclement des proches du prophète était sans merci et leur besoins vitaux restèrent insatisfaits : l'approvisionnement en eau et en vivre était presque impossible et ce n'était que par des moments de la nuit que les fidèles du Prophète SAW pouvaient leur faire parvenir quelques secours.

Ces petites violations du blocus n'avaient pas empêché la famine et la soif de faire un grand ravage parmi les victimes du blocus, et certains des proches du Prophète SAW furent décèdes. Mais la résistance des musulmans était tellement farouche et spectaculaires que le blocus devint une source de désaccord et de discorde entre les idolâtres de Qouraych; et de crainte que l'isolement économique des musulmans pût provoquer une sympathie générale parmi les arabes, les mécréants finirent par lever le blocus et commencèrent à préparer un plan pour la liquidation définitive du prophète SAW et de ses adeptes; et dans une réunion secrète à la maison des congrès ( Dar ennadoua ) ils décidèrent d'assassiner Mohammad SAW.

La Hijra.

Par révélation, le messager de Dieu SAW fut informé du plan des mécréants : il proposa alors à son cousins 'Ali AS de venir dormir à sa place pour pouvoir quitter la Mecque la nuit même de l'attentat.

Le fidèle cousin accepta la proposition de son maître sans aucune hésitation et le prophète SAW put ainsi quitter la Mecque en pleine nuit sans que les ennemis s'en aperçussent.

Lorsque les mécréants attaquèrent la maison du Prophète SAW pour exécuter leur complot, ils furent surpris de se trouver non pas devant Mohammad SAW mais face avec son fidèle cousin tout à fait prêt pour la bataille.

Pris de panique, les mécréants s'enfuirent pour avertir les grands chefs de l'idolâtre qui organisèrent aussitôt une grande campagne à la poursuite du Prophètes SAW.

Sous la protection divine, Mohammad SAW échappa à ses poursuivants qui revinrent bredouilles à la Mecque.

Après neuf jours de parcours, le prophète de Dieu SAW arriva à sa destination : la ville de Yathreb. Les habitants musulmans de cette ville lui réservèrent un accueil inouï et ils se disputèrent l'honneur de le servir...Et dans un endroit de la ville de Yathreb appelé Qibê, il ordonna de construire la première mosquée de l'Islam.
Ce fut entamé avec enthousiasme exemplaire et le Prophète SAW y participa lui-même.

Ainsi, la première prière de Vendredi après l'arrivée du Prophète SAW à la ville de Yathreb fut établie dans cette mosquée bénie.

Yathreb fut aussitôt rebaptisée El-Medina (la Médine) par le Prophètes SAW lui-même qui y demeura parmi ses habitants appelés dès lors Ansar (c à d. soutenant, militants et sympathisant) pour enseigner le Coran et les sciences divines.

En attendant l'arrivée de son fidèle cousin 'Ali AS auquel il avait la mission de restituer les consignes déposées chez lui à leurs propriétaires et de ramener avec lui les femmes et les enfants de Beni Hachem, le Prophètes SAW commença rapidement son action constructive.

L'attente du Prophètes (SAW) ne dura pas plus que trois jours au bout desquels son fidèle compagnon et soutien 'Ali (AS )le rejoignit à Qibê après avoir rempli héroïquement sa mission.

II. Après la Hijra

Le premier état islamique

La rentrée du Prophète (SAW) et ses compagnons exilés avec lui à la ville de Médine était un évènement décisif en Islam : c'est la grande Hijra, c'est-à-dire l'exil volontaire pour l'amour de Dieu.

Les musulmans de Médine étaient conscients de la valeur de l'évènement et ils se disputèrent l'honneur d'accueillir le Prophète (SAW) dans leurs maisons. Mais le Messager de Dieu (SAW) trancha rapidement les discutions en informant tous ses accueillant que sa chamelle, sous l'ordre de Dieu, va, elle-même, désigner son futur lieu de résidence provisoire. Et devant l'impatience de tous les accueillant, la chamelle s'arrêta devant l'un des Ansars appelé Abou Ayyoub qui eut l'honneur d'être l'hôte de la personnalité la plus digne de l'univers.

Après l'arrivée du prophète (SAW) à Médine, cette ville connut la paix pour la première fois depuis cent vingt ans pendant lesquelles ses deux grandes tribus : Les Aous et les Khazrejs s'entredéchiraient sans merci ; alors que les tribus juives voisines tiraient un grand profit et ne manquaient jamais d'attiser le feu de la guerre chaque fois qu'il commence à s'éteindre.

Ainsi, la Hijra pacifia les deux tribus de Médine et annula le rôle diabolique de leurs voisins juifs... Et chaque fois que l'unité des Ansar était menacée par un nouveau complot, le Messager de Dieu (SAW) intervenait pour ramener la paix.

Les musulmans immigrés à Médine devenaient de plus en plus nombreux et ils étaient généralement déshérités et démunis après la saisie de leurs biens par les idolâtres. Le Prophète (SAW) fraternisa ces nouveaux venus avec les Ansars avec les exilés pour l'amour de Dieu appelés Mouhajirines la première société musulmane fut établie pour concrétiser les aspects sociaux du message de l'islam.

La défense de l'Islam.

1. La bataille de Badr.

Pour protéger Médine contre toute incursion ou trahison, le Messager de Dieu (SAW) conclut rapidement des pactes et des traités avec les tribus vivant au voisinage de la cité musulmane.

Pour récupérer une partie des biens que les mécréants avaient saisis à la Mecque et pour réduire de l'autorité de la tribu de Qouraych parmi les Arabes, le Prophète (SAW) organisa des incursions contre les caravanes commerciales des têtes de l'idolâtrie mecquoise.

C'était ainsi que le premier affrontement armé entre les musulmans et les idolâtres eut lieu aux alentours des puits de Badr, et ce fut alors la célèbre bataille de Badr qui avait donné aux musulmans une bonne réputation parmi les Arabes.

En effet, bien que le nombre et l'équipement des idolâtres dans cette bataille étaient trois fois supérieurs à celui des musulmans, la victoire du Prophète (SAW) et de ces adeptes fut écrasante et plusieurs grands chefs des idolâtres de la Mecque y trouvèrent la mort.

2. La bataille d'Ohod

Après sa défaite à Badr, Qouraych fut prise de fureur et de désir de vengeance. Son nouveau chef Abou Soufian commença aussitôt à organiser les préparatifs de la nouvelle bataille tout en interdisant les femmes de Qouraych de manifester les signes de deuil avant que la mort de leurs parents fût vengée. Abou Soufian voulait par ces restrictions raviver la rancune et attiser encore plus le feu de la colère de Qouraych.

D'un autre côté, les juifs de Médine furent très angoissés par la victoire des musulmans et ils essayèrent à tout prix de pousser la tribu de Qouraych vers sa revanche. Ainsi, l'un de leurs chefs appelé Kaâb Ibn El'Achraf qui était aussi un poète, fut envoyé à la Mecque pour réciter devant Qouraych des poèmes appelant à la vengeance.

Qouraych organisa alors une réunion à la maison des congrès pour discuter les modalités pratiques de la prochaine bataille. Ils décidèrent alors d'attaquer Médine et destinèrent pour cette fin un budget colossal et ils ne manquèrent pas de demander de renfort de la part de leurs alliés traditionnels.

L'armée des mécréants dépassa les trois mille guerriers. Ils étaient animés par une rancune profonde et aveuglés par le désir ardent de vengeance.

Lorsqu'ils avancèrent vers Médine en essayant de garder le secret autant que possible, la nouvelle de cette campagne parvint au Prophète (SAW) par une terre de son oncle 'Abbas qui demeurait à la Mecque et cachait son Islam.

Abou Soufian prit le commandement de la campagne, alors que la cavalerie de l'armée fut confiée à Khaled Ibn Walid. Et alors que ces mécréants s'avancèrent vers Médine, les musulmans, avertis, tinrent une réunion générale dans la mosquée et décidèrent d'aller à la rencontre de l'ennemi en dehors de la ville.

Et lorsqu'ils se rassemblèrent, leur nombre était d'environ un millier dont le tiers ne tarda pas de manifester hypocrisie en rebroussant chemin juste avant le début des combats. Mais ceci n'avait pas altéré la volonté des musulmans qui s'impatientaient de mourir pour l'amour de Dieu. Le Prophète (SAW) s'avança alors avec ses fidèles à la rencontre d'un ennemi qui leur était quatre fois supérieur en nombre et en équipement.

Le Prophète (SAW) choisit de bonnes positions stratégiques aux pieds de la montagne d'Ohod, à la proximité de Médine.

La rencontre des deux armées fut le samedi 7 Chaoual de l'année 3 de l'hégire et les musulmans se trouvèrent alors entre la montagne et l'armée ennemie.

Pour parer toute attaque contre l'arrière de l'armée des musulmans, le Prophète (SAW) ordonna à une cinquantaine d'archers d'occuper une colline dominant la seule voie possible du danger.

Et vue l'importance stratégique de la position occupée par les archers, le Prophète (SAW) les somma catégoriquement de ne pas l'abandonner quel qu'en soit le prétexte.

Le premier affrontement entre les deux armées se solda par une défaite cinglante des mécréants qui s'empressèrent alors de fuir le champ de bataille et les musulmans se lancèrent à leur poursuite.

Les archers, observant le déroulement des combats du haut de la colline, crurent que la bataille fut terminée et qu'ils étaient de leur droit de descendre près de leurs frères combattants pour ramasser avec eux les butins laissés par les vaincus.

Mais Khaled Ibn Walid, chef de la cavalerie observait tout cela de loin et quand il vit l'arrière des musulmans découvert par l'abandon des archers de leurs position, il mena une attaque surprise par cette voie, semant ainsi le désordre dans les rangs des musulmans et renversant le cours des combats.

La plupart des musulmans n'étaient pas à la hauteur de cette nouvelle épreuve, et croyant que le Prophète (SAW) fut tué dans l'attaque des cavaliers, ils se dispersèrent dans toutes les directions laissant une petite minorité de combattants courageux et fidèles qui résistèrent au choc et empêchèrent les mécréants d'atteindre le Prophète (SAW).

Dans cette phase décisive et dangereuse de la bataille, le fidèle 'Ali (AS) se distingua par sa défense héroïque du prophète et put enfin finir la bataille en sauvant la vie au petit nombre de défenseurs qui de ressemblèrent alors dans une position plus solide pour préparer une contre-attaque...

Quant les mécréants virent la possibilité d'une deuxième victoire des musulmans, ils abandonnèrent le champ de bataille, se réconfortant du grand nombre de musulmans qu'ils avaient pu tuer.

La bataille d'Ohod avait été une véritable leçon pour les musulmans; en effet, si les archers avaient obéi aux ordres du Prophète (SAW), le renversement des cours du combat n'aurait jamais eu lieu.

D'autres part, la fuite hâtive d'un grand nombre de musulmans et particulièrement de certaines personnalités bien connues des Mouhajirins qui crurent à le défaite au moment même où le Prophète (SAW) les appelait à résister, montre que l'amour de la vie était toujours maîtres des cœurs de la majorité des musulmans.

Tout cela montre que le corps de la jeune communauté musulmane souffrait de faiblesse sérieuse que seule une bataille de niveau aurait pu révéler à tout le monde et enregistrer pour l'histoire.

3. La bataille du fossé.

Le déroulement des évènement et la consolidation de plus en plus sensible de la société islamique de la religion de l'Islam étaient une source d'angoisse et d'inquiétude permanente chez les juifs de Médine qui essayèrent alors de rassembler toutes les forces de l'idolâtrie arabe sous l'égide de Qouraych pour une bataille finale contre les musulmans.

Leur effort n'était pas sans résultat et une alliance très large entre les tribus arabes mécréantes fut établie pour réunir enfin une grande armée de plus de douze mille guerriers... Et la marche vers Médine commença.

Des cavaliers de la tribu voisine de Khouza'âh portèrent la nouvelle de la campagne aux musulmans de Médine qui furent aussitôt convoqués par le Prophète pour une réunion générale afin de décider le stratégie de la défense de la cité.

L'avis de Salman Elfarisi qui consistait à creuser un fossé tout autour de la ville fut accepté à l'unanimité et le travail commença aussitôt.

Le grand fossé de douze kilomètre de longueur, de cinq mètres de profondeur et de six mètres de largeur, fur déjà achevé quand les troupes ennemis encerclèrent le ville.

Les mécréants furent stupéfaits et ne surent quoi faire ni comment procéder puisque, non seulement ils se trouvèrent devant un fossé profond dont la traversée s'avérait périlleuse, mais derrière le fossé, il y avait des barricades abritant des archers au qui-vive !

En somme, la situation était très gênante pour les assaillant jusqu'alors trop confiants de leur victoire, vue leur supériorité numérique et matérielle.

Le siège de Médine dura encore quelques jours pendant lesquelles les musulmans souffrirent de toute sorte d'inquiétude et d'angoisse, et durent non seulement surveiller le fossé, mais aussi, leurs frontières avec leurs anciens alliés qui les ont trahis: la tribu juive de Bani Qouraydha...

En effet, suite à la trahison de cette tribu et de sa rupture de son alliance avec le Prophète (saw), les musulmans ont dû réserver pas moins que cinq cents combattants pour surveiller ses traîtres et les empêcher de mener une attaque surprise.

Les assiégeants essayèrent à maintes reprises de percer les défenses musulmanes et de pénétrer dans la cité, mais toutes ces tentatives échouèrent à l'exception d'une attaque menée par un cavalier de renommée inquiétante pour les musulmans : c'était Amr Ibn Abdouedd connu pour être le héros des Arabes et le cavalier invincibles de la Péninsule.

En effet, Amr en compagnie de cinq cavaliers put percer les premières lignes de défense musulmane, il s'arrêta au milieu du champ de bataille et demanda le duel en défiant tous les musulmans d'un air moqueur.

Les musulmans se regardèrent les uns les autres les plus courageux parmi eux n'osèrent pas relever le défi, non par crainte de la mort, mais de peur que leur défaite devant cet ennemi redoutable pourrait briser le moral des musulmans.

Une fois encore, Ali sauva la situation et releva le défi. Ce n'étaient que quelques instants et ce fut le soulagement général des musulmans lorsqu virent Amr trébucher sous le coup fatal d'Ali (as).

Les cinq autres mécréants prirent la fuite et Ali rattrapa l'un d'entre eux dans le fossé et le tua.

Ce duel releva sensiblement le moral des musulmans, alors que celui des mécréants commençait déjà à se dégrader surtout après l'échec de la tentative de pénétration des cavaliers de Khaled Ibn Walid et les rumeurs diffusées par des musulmans infiltrés parmi eux et selon lesquelles leurs alliés juifs auraient pactisé avec le Prophète (SAW).

Ceci durant, quelques autres tribus arabes alliées de Qouraych commencèrent à se demander s'ils avaient choisi le meilleur parti et acceptèrent l'offre du Prophète (SAW) de se retirer vers leur terre en contre partie du tiers de la récolte des dattes de Médine.

Mais la détermination d'Abou Soufian, le commandant général des alliés arabes, ne fut altérée que lorsque Dieu, Le Tout Hautn, intervint en envoyant sur aux des vents inhabituels que semèrent le trouble et l'angoisse parmi les mécréants.

Et, voyant que toutes les conditions humaines et naturelles ne pouvaient plus permettre la poursuite du siège, Abou Soufian lança l'ordre de retraite et ce fut alors la fin de la plus dure épreuve qui avait menacé l'existence de la première entité Islamique de l'histoire.

L'armistice de Houbeydiwa.

Pendant la sixième année de l'hégire, le Prophète se vit dans un rêve en train de tourner autour de la Ka`bah et d'accomplir toutes les cérémonies du pèlerinage avec ses partisans. Le matin suivant, il communiqua ce qu'il avait vu dans son rêve à ses adeptes, lesquels furent très heureux de cette nouvelle, étant donné qu'ils brûlaient déjà d'envie de revoir leur ville natale et leurs maisons qu'ils avaient été forcés d'abandonner six ans avant. C'était le premier jour du mois de Thilqa`dah, pendant lequel il était interdit de faire la guerre dans toute l'Arabie, et à fortiori sur le territoire sacré de la Mecque. Par conséquent, la `Omrah, ou le Petit Pèlerinage, pouvait être accomplie durant ce mois-là sans aucun risque de voir les Quraych ou les Mecquois déclencher les hostilités. Des préparatifs rapides en vue du pèlerinage furent faits, après que le Prophète eut annoncé qu'il voulait seulement accomplir le Pèlerinage. Les préparatifs du voyage ayant été terminés au début du mois, le Prophète conduisit environ quatorze cents de ses partisans à Holayfah, sur le chemin de la Mecque. Ils prirent avec eux soixante-dix chameaux pour le sacrifice. Ils ne portaient pas d'armes, sauf le sabre rengainé de voyageur. Seule une des femmes du prophète, Om Salma, l'accompagna dans ce Pèlerinage.

La nouvelle de la marche du Prophète parvint rapidement à la Mecque. Malgré l'attitude non belliqueuse et pacifique des pèlerins, et bien qu'ils n'eussent pas d'armes sur eux, les Quraych les soupçonna de tricherie. Aussi, rassemblant une force considérable et bien armée, sortirent-ils de la Mecque pour camper à environ dix kilomètres de la ville, et occuper une position sur la route de Médine. Pour contrer l'avance de Mohammad, ils lancèrent un corps expéditionnaire de deux cents cavaliers sous le commandement de Khâlid Ibn al-Walîd et `lkrima Ibn Abî Jahl. Le Prophète continua sa marche jusqu'à ce qu'un informateur l'ait mis au courant du mouvement des Mecquois, et peu après, les cavaliers mecquois apparurent à l'horizon.

Désormais, il n'était plus possible pour le Prophète de continuer à avancer, étant donné qu'il n'était pas venu dans l'intention de livrer bataille aux Mecquois. Il tourna donc à droite pour arriver à Hudaybiyyah, à la limite du territoire sacré autour de la Mecque. Là, son chameau, Qaswah s'arrêta de lui-même et s'agenouilla, refusant de faire un pas de plus en avant. Les gens dirent qu'il avait des ennuis, mais le Prophète considéra son arrêt spontané comme un présage divin lui indiquant de ne pas aller plus loin. Aussi campa-t-il à Hudaybiyyah. Il n'y avait pas d'eau disponible à cet endroit, car malgré l'existence de quelques puits, ceux-ci étaient ensablés. Le Prophète sortit alors une flèche de son carquois et la planta dans l'un de ces puits. L'eau jaillit alors à gros bouillons, au grand soulagement de tout le camp. Les Quraych envoyèrent alors successivement trois messagers au Prophète pour s'informer sur la raison de sa venue là. `Orwah, un chef de' Tâ'if et l'un des trois messagers, dit au Prophète que les Mecquois étaient exaspérés et qu'ils étaient décidés à périr plutôt que de lui permettre d'entrer à la Mecque. Il partit en disant que les Mecquois ne supporteraient pas la populace qui l'accompagnait ni ne la laisseraient s'approcher de la ville, et jura qu'il était en train de se représenter celle-ci désertée par cette populace dès que les Mecquois l'attaqueraient. Là, Abû Bakr commença à être très irrité par ces assertions. Le Prophète répondit, toutefois, à chacun des trois messagers que c'était par un pur désir pieux de visiter le sanctuaire sacré et d'accomplir les rites sacrés liés à ce lieu qu'il avait entrepris ce voyage de Pèlerinage. Les messagers virent même la file de chameaux de sacrifice avec des marques sur leur cou, indiquant qu'ils étaient attachés depuis longtemps dans ce but pieux. A leur retour, ils exprimèrent leur conviction de la sincérité des intentions pacifiques de Mohammad, mais ils ajoutèrent que les Quraych resteraient fermes et qu'ils ne les écouteraient pas.

Le Prophète envoya à son tour l'un de ses hommes (Kharrach B. Ommayyah) sur son propre chameau appelé Tha`lab, aux Quraych pour leur donner toutes les assurances qu'il n'était pas venu avec un dessein hostile, mais ils le traitèrent brutalement, estropièrent le chameau sur lequel il était venu, et menacèrent même sa vie. Et sans l'intervention de deux Ahabich qui l'aidèrent à fuir, il aurait été tué. Le Prophète exprima son désir que `Omar fasse la même commission, mais ce dernier s'excusa, prétextant qu'il n'était pas en bons termes avec les Quraych, et proposa `Othmân comme étant l'homme qui convenait à cette tâche. Finalement c'est celui-ci qui fut envoyé pour leur faire savoir que le Prophète était venu uniquement dans l'intention de visiter la Maison Sacrée et qu'une fois qu'il aurait abattu les chameaux sacrificatoires, il repartirait avec tous ses partisans. Mais les Quraych répondirent qu'ils avaient juré de ne pas permettre à Mohammad d'entrer dans la ville cette année et que s'il (`Othmân) désirait lui-même visiter la Ka`bah, il pourrait le faire. `Othmân déclina l'offre, et décida de retourner au camp, en leur disant qu'il ne pouvait se permettre de le faire, sans que le Prophète n'ait accompli le premier les rites du Sanctuaire. Entre-temps, son voyage de retour ayant duré trop longtemps, une rumeur de son assassinat par les Quraych circula dans le camp musulman. Le Prophète était très affligé par cette nouvelle.

La nécessité de livrer bataille à l'ennemi étant devenue ainsi inévitable, il convoqua tous les pèlerins autour de lui. Et se plaçant sous un arbre, il prit de chacun d'eux l'engagement sous serment d'une adhésion irréversible à lui, de ne pas fuir, et de combattre jusqu'à la fin. Cet engagement est appelé "L'Engagement sous l'Arbre" (cf. Sourate A1-Fat-h, verset 18, "Dieu était satisfait des Croyants quand ils te prêtaient serment sous l'Arbre. IL connaissait le contenu de leurs cœurs.
IL a fait descendre sur eux la tranquillité. IL les a récompensés par une prompte victoire"). IL est mémorable dans l'histoire de l'Islam, car il illustre le dévouement et la loyauté des Musulmans envers leur Prophète, et comment ils se glorifièrent de leur ferveur religieuse et pensèrent qu'ils avaient mérité le salut, alors que les plus raisonnables d'entre eux étaient conscients des actes condamnables commis plus tard par certains adeptes du Prophète, après "L'Engagement sous l'Arbre" et après la mort du Prophète. Les hommes qui n'étaient pas présents à cette occasion regrettèrent de n'avoir pas eu cette chance.

On découvrit plus tard un groupe de quatre-vingts Mecquois qui guettaient le camp des Musulmans, cherchant à attraper les personnes égarées. Tous ces hommes furent entourés, faits prisonniers, et amenés auprès du Prophète, lequel, par sagesse, les traita très généreusement. Les Mecquois, craignant le déclenchement d'une bataille, après avoir appris la teneur de l'engagement sous l'Arbre, dépêchèrent Suhayl Ibn `Amr et quelques autres représentants au camp musulman pour conclure un traité de paix avec Mohammad. Après de longues discussions, les termes de la paix furent posés et le Prophète demanda à `Ali, son lieutenant, de transcrire les termes du Traité au fur et à mesure qu'ils seraient dictés. Le texte du Traité commença ainsi : "Au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux". Mais Suhayl fit objection et dit qu'il fallait qu'il commence par la formule que les Mecquois avaient l'habitude d'utiliser, à savoir : "En Ton nom, ? Dieu !" Le Prophète concéda et demanda à `Ali d'écrire : "Bismeka Allâhomma". Puis il dicta : "Ceci est le Traité conclu entre Mohammad, le Prophète d'Allah et Suhayl Ibn `Amr". Là encore, Suhayl objecta que si les Mecquois le reconnaissaient comme Prophète d'Allah, ils n'auraient pas porté les armes contre lui. Il demanda au Prophète de mettre le nom de son père au lieu de l'expression "Prophète d'Allah". Le Prophète céda une seconde fois, mais `Ali avait déjà écrit les mots "Mohammad, le Prophète d'Allah". Le Prophète ordonna à `Ali d'effacer les mots contestés, mais comme ce dernier semblait hésiter, il prit les instruments d'écriture, effaça l'expression "le Prophète d'Allah" et la remplaça par les mots : "fils de `Abdullah". IL prophétisa en même temps, en s'adressant à `Ali, qu'il devrait lui aussi céder, à son époque, dans une occasion similaire. Cette prophétie fut réalisée lors de la conclusion d'un traité entre `Ali et Mu`awiyeh, quelque trente ans plus tard.

Les clauses suivantes furent inscrites dans le traité : aucune des deux parties ne commettra d'agression ni d'attaque contre l'autre partie ou ses alliés pendant les dix années à venir. Quiconque désirera se joindre à Mohammad et entrer en ligne avec lui sera libre de le faire, et de même, quiconque désirera se joindre aux Quraych et entrer en traité avec eux aura la liberté de le faire. Si quelqu'un passe à Mohammad et qu'il est réclamé par son tuteur, il devra lui être renvoyé, mais si quelqu'un parmi les partisans du Prophète passe aux Quraych, il ne sera pas extradé. Mohammad et ses partisans retourneront cette année à leur base de départ sans entrer dans l'enceinte sacrée. L'année suivante, ils pourront visiter la Mecque pendant trois jours après que les Quraych s'en seront retirés. Mais ils devront y entrer sans aucune arme, excepté celle de voyageur, c'est-à-dire chaque homme avec une épée rengainée.

Certains parmis les partisans éminents du Prophète, s'étant fiés à son rêve, ne pouvaient s'attendre qu'à une victoire totale sur les Mecquois. Or, constatant à présent que ces derniers avaient l'avantage sur le Prophète qui sollicitait une permission (d'entrer dans l'enceinte sacrée) qu'ils s'entêtaient à lui refuser, ils furent exaspérés par la déception après de longs jours de fatigue et d'inquiétude. `Omar Ibn al-Khattâb dit carrément qu'il n'avait jamais jusqu'à présent suspecté si fort la véracité du fait que Mohammad était le Prophète d'Allah, et il osa même s'adresser à lui dans les termes suivants : "N'es-tu pas un vrai Prophète d'Allah ?" "Si, sans aucun doute", répondit le Prophète. `Omar lui demanda encore : "N'avons-nous par raison et notre ennemi n'a-t-il pas tort ?" "Bien sûr ! Nous avons raison et nos adversaires ont tort". `Omar conclut : "Pourquoi devrions-nous donc mettre une tache à notre foi et supporter le choc de l'humiliation ?" Le Prophète répondit : "Je ne suis que le Messager d'Allah, et je ne peux rien faire contre Sa Volonté". Toutefois, `Omar ne fut pas satisfait des réponses du Prophète, puisqu'il tint des propos similaires indignés devant Abû Bakr : "Quoi ! Mohammad n'est-il pas le Prophète d'Allah ? Ne sommes-nous pas Musulmans ? Ne sont-ils pas des infidèles ?". "Si ces clauses avaient été fixées par toute autre que Mohammad lui-même - fût-il le Commandeur de ma propre nomination - j'aurais jugé indigne de moi des les accepter".

Alors que le Traité était en train d'être rédigé, Abû Jandal, fils de Suhayl, un converti à l'islam, mais que son père avait confiné à la Mecque, s'enfuit et gagna le camp de Mohammad. Il fut vite découvert et réclamé par son père Suhayl en vertu des termes du traité. Le Prophète ordonna son retour à son tuteur. Abû Jandal se mit alors à crier. Le Prophète l'exhorta à patienter, et lui promit qu'Allah lui accorderait bientôt la liberté et la prospérité, comme IL le ferait pour tous ceux qui étaient dans la même situation. Mais `Omar bondit pour le conforter avec des idées telles que : "Le sage des infidèles n'est pas meilleur que celui des chiens", et il l'incita à tuer son père pour compromettre toutes les négociations de paix. Abû Jandal récusa cette proposition. Le Traité fut achevé lorsque `Ali termina d'en écrire le texte. Il fut certifié par les compagnons les plus éminents du Prophète, malgré le fait qu'ils considéraient la paix ainsi obtenue, comme étant la paix la plus humiliante et la plus déshonorante. Une copie du Traité fut remise à Suhayl, lequel repartit avec ses compagnons. Le document original fut gardé par le Prophète.

Ayant conclu le Traité, le Prophète désira accomplir des cérémonies du pèlerinage adaptées à la nature des circonstances présentes. Aussi ordonna-t-il à ses compagnons d'abattre leurs chameaux sacrificatoires et de se couper les cheveux. Mais il fut attristé en constatant que personne ne suivait son ordre. IL ressentit si fortement cette désobéissance qu'il en parla à sa femme, Om Salma qui l'accompagnait dans ce pèlerinage. Mais une fois qu'il eut égorgé ses propres chameaux, et qu'il eut coupé ses propres cheveux, le premier, tous ses compagnons l'imitèrent progressivement. Ayant donc terminé les rites du pèlerinage, le Prophète se mit en marche avec tous ses partisans, en direction de ses bases de départ, et ce, après un séjour de vingt jours à Hudaybiyyah. Sur le chemin du retour et vers la fin de la première étape de sa marche, le Prophète reçut la révélation de la Sourate al-Fath qui commence ainsi : "Oui, Nous t'avons accordé une éclatante victoire", et alors qu'il était sur le dos de son chameau, il la récita à haute voix. Certains de ses compagnons furent étonnés et demandèrent si cela était une victoire. Le Prophète leur répondit que, sans aucun doute, c'était une victoire glorieuse. `Omar et les autres rappelèrent au Prophète sa promesse d'entrer à la Mecque sans obstacle et sans opposition. Ce à quoi il répondit que Dieu l'avait promis en effet, en ajoutant : "Mais quand a-t-il promis que ce serait cette année-ci ?"

Les événements subséquents prouvèrent toutefois que la paix de Hudaybiyyah constituait une victoire glorieuse pour le Prophète sur les Mecquois. En effet, en vertu du traité, toute personne, toute famille, tout clan, toute tribu avait la liberté de rejoindre le Prophète, de professer son credo, d'influencer les autres pour qu'ils le reconnaissent en tant que leur chef spirituel, de prier selon ses enseignements sans courir le risque de subir la persécution des incroyants qui n'avaient plus la possibilité de les maltraiter ou de les mettre au ban de la société. Chaque Musulman était désormais libre d'établir des rapports sans restriction avec les non Musulmans. Ainsi, des relations mutuelles d'amitié ayant pu se rétablir, la paix et la tranquillité fut restaurées grâce au Traité. Dans un laps de temps incroyablement court tout le Hijâz chantait les louanges du Prophète qui l'aidait à sortir du paganisme obscurantiste vers la lumière joyeuse du monothéisme.
Désormais l'Islam progressait d'un pas ferme à travers tout le territoire. Il n'y avait aucune personne de bon sens et de jugement parmi les idolâtres qui n'éprouvât un sentiment de profonde considération envers les commandements du Prophète. Immédiatement après le Traité, les Banû Khozâ`ah, qui avaient depuis fort longtemps une inclination pour la nouvelle Religion, entrèrent ouvertement en alliance avec le Prophète. C'était là le premier résultat concret du Traité. Bref, en deux ans après le Traité, la Mission Divine de Mohammad eut plus de succès qu'elle n'en avait eu pendant les dix-neuf années précédentes. Tout cela était le résultat glorieux de la Paix, cette même paix qui avait été considérée sur le moment comme déshonorante et humiliante et comme étant propre à rabaisser le niveau de la Religion de Dieu, et qui n'avait été possible que grâce à ce Traité que le Prophète n'avait pas hésité à conclure avec les Mecquois, malgré les remontrances de ses principaux compagnons. C'est évidemment subséquemment à ce même Traité que deux ans plus tard, il fut suivi par dix mille hommes dans sa marche pour la Conquête de la Mecque, alors qu'à présent, à Hudaybiyyah, il n'avait pu amener avec lui qu'à peine mille cinq cents partisans. C'était là vraiment une grande victoire, dépassant toutes les autres dans ses effets de grande portée. Sans combat ni effusion de sang, le Traité fit plier les infidèles et les amena à reconnaître ce même Mohammad - dont ils avaient abusé et qu'ils avaient persécuté et banni - comme une Force indépendante, au point de conclure avec lui un Traité lui donnant le droit d'occuper en toute quiétude et pendant trois jours, leur cité, l'année suivante.

Des Pays étrangers appelés à l'Islam

Avec la conclusion du Traité de Hudaybiyyah, le Prophète se débarrassa de tous les ennuis venant des Mecquois. Désormais il était en mesure de diriger son attention vers un prêche plus étendu de sa Religion pour accomplir ainsi le principal objectif de sa Mission Divine. Aussi décida-t-il d'inviter les ?tats et Empires voisins à la Foi Divine en leur envoyant des Ambassadeurs munis d'une missive de sa part. Et étant donné que les missives n'étaient reconnues par les cours étrangères que si elles étaient validées par un sceau, le Prophète se fit faire vers la fin de la sixième année de l'Emigration un anneau d'argent sur lequel étaient gravés les mots suivants: "Mohammad, le Messager de Dieu". Des lettres furent écrites et scellées, et au début de la septième année, au mois de Moharrem, six ambassadeurs furent dépêchés simultanément à : Najjachi le roi d ?thiopie; Yamama; Khosrô, le monarque de Perse; César, l'Empereur romain; la Syrie et l'Egypte. Les messagers choisis pour convoyer les missives connaissaient la langue des pays auxquels ils étaient destinés respectivement.

`Amr Ibn Omayyah fut envoyé en Abyssinie avec deux missives dont l'une invitait le roi d'Ethiopie à la Religion Divine, et l'autre, faisait état du désir du Prophète que les émigrés restant encore en ?thiopie, puissent retourner à présent à Médine, ainsi que d'une requête singulière dans laquelle le Prophète demandait au Roi de le fiancer à Om Habîbah, la veuve de `Obaydullâh qui avait émigré en ?thiopie et qui y mourut plus tard. Le Roi reçut l'ambassadeur avec la plus grande hospitalité et répondit à la première missive par des propos laissant comprendre un humble acquiescement, donnant l'assurance qu'il avait d'ores et déjà embrassé l'Islam et exprimant son regret de ne pas être présent pour pouvoir recevoir personnellement les bénédictions du Prophète. Conformément à la requête exprimée dans l'autre missive, le Roi accomplit la cérémonie des fiançailles d'Om Habîbah et prépara deux bateaux pour le retour des émigrés conduits par Ja`far. Les deux bateaux arrivèrent au port de Médine en automne, au mois de Jumâdi-I de l'an 7 de l'hégire, soit en août 628 A. J.-C.

Salit Ibn `Amr fut envoyé à Yamama avec une missive à Hauza, le Chef chrétien de Banî Hanîfah, qui reçut l'ambassadeur cordialement et fit l'éloge du Prophète. Mais par la suite, il congédia le messager en lui répondant qu'il n'était prêt à suivre le Prophète que s'il faisait de lui un partenaire dans ses privilèges, car, ajouta-t-il, il jouissait déjà de révérence en tant que seigneur et orateur de son peuple, du fait qu'il était un poète éloquent de sa tribu.

`Abdullah Ibn Hothâfah porta la missive en Perse. Lorsqu'elle fut délivrée au Roi Khosrô, il la déchira en petits morceaux. Le messager retourna auprès du Prophète et lui fit son rapport. Le Prophète pria : "? mon Dieu ! Déchire de la même façon son royaume". (Le vœu du Prophète sera exaucé quelques années plus tard, lorsque les dominions perses se trouvèrent entièrement déchirés). Khosrô envoya des ordres à son gouverneur du Yémen pour qu'il ramène le Prophète à la raison ou qu'il l'envoie enchaîné à la Cour Royale. Bazhan, le gouverneur perse du Yémen, envoya une missive courtoise au Prophète, lequel en la recevant sourit et invita l'ambassadeur à l'Islam en l'informant que Khosrô n'était plus de ce monde et que la nuit dernière il avait été poignardé par son fils, l'héritier présomptif. IL lui ordonna ensuite de retourner pour rapporter à son maître la nouvelle et lui demander d'offrir sa soumission auprès du Gouverneur du Yémen et de lui faire son rapport. Bazhan avait entre-temps reçu une missive du nouvel Empereur. Convaincu par la prophétie ou animé par des motifs d'intérêt personnel, toujours est-il, qu'il signifia son adhésion au Prophète, embrassa l'Islam et dénonça l'autorité de l'Empereur perse.

Dehya Kalbi qui avait été envoyé à l'Empereur Héraclius, le monarque chrétien de l'Empire romain fut reçu d'une façon respectable. L'empereur sembla bien disposé envers la nouvelle Foi, mais après avoir écouté les opinions de ses courtisans qui étaient indifférents à cette Foi, il congédia l'ambassadeur en le chargeant de quelques cadeaux précieux pour le Prophète.

Chuja Ibn Wahab fut envoyé en Syrie muni d'une lettre invitant Hârith VII, Prince de Banî Ghassân à l'Islam. Celui-ci fut très irrité par le contenu de la lettre qu'il fit parvenir à l'Empereur Héraclius en lui demandant la permission d'envoyer une expédition pour en châtier l'auteur. Le messager du Prophète fut détenu dans l'attente de la réponse de l'Empereur. Celui-ci, n'ayant pas approuvé la suggestion du Prince, Hârith éconduit le messager après lui avoir offert des cadeaux. Lorsque le Prophète apprit l'attitude de Hârith, il prédit la perte de son royaume. Peu après, Hârith mourut.

Habîb Ibn Abi Balta`ah fut envoyé comme ambassadeur à Alexandrie, le siège du Gouvernement d'Egypte à l'époque. Le vice-roi romain, Maqawqas le reçut très respectueusement, lut la lettre dont il était chargé, et y répondit en promettant d'en prendre note. Il écrivit notamment qu'il savait qu'un Prophète devait déjà être envoyé, mais qu'il attendait son apparition en Syrie. Pour concrétiser ses sentiments respectueux envers le Prophète, il chargea son messager de beaucoup de cadeaux, dont deux belles-sœurs coptes (race à laquelle appartenait Moqawqas lui-même). L'une d'elles s'appelait Marya et eut l'honneur d'épouser le Prophète, et l'autre, Sirîne, fut offerte au poète Hassan. De même une mule blanche, chose très rare en Arabie à l'époque, figurait également parmi les cadeaux. On l'appelait Duldul. Elle fut utilisée par le Prophète, et après sa mort, par son petit-fils al-Hussayn.